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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’analyse de poteries à usage domestique et cérémoniel, provenant de cités Mayas localisées sur le côté Caraïbes de l’Amérique centrale, révèle l’utilisation d’un mélange de calcaire et cendres volcaniques, facilitant la cuisson de ces céramiques. Cette façon de faire est caractéristique de la Période classique tardive, entre les années 600 et 900.

Comme des milliers de mayas habitaient de grandes cités, comme Tikal et El Pilar, les potiers ont dû manipuler des tonnes de cendres volcaniques chaque année … mais quelle est leur provenance ?

Aucun volcan n’est présent dans cette partie Est de l’Amérique centrale !

Vase cérémoniel Maya – Période classique terminale (600-900) – Copan  / Honduras – photo Durova

Vase cérémoniel Maya – Période classique terminale (600-900) – Copan / Honduras – photo Durova

Les pratiques de transport peu performantes des Mayas orientent vers une ressource locale, plutôt que vers un transport sur longue distance de ces cendres. L’option d’une présence locale de cendres volcaniques implique un transport aérien de celles-ci. De plus, l’examen microscopique des poteries révèle une source volcanique récente.

Kevin Coffey, de l’Université de Californie à Los Angeles, mise, parmi 11 volcans potentiellement responsables, sur le volcan Salvadorien Ilopango, dont l’éruption dévastatrice de VEI 6+  a détruit les cités proches dans le courant du 5° siècle (450 +/- 30 ans - GVP), et recouvert de ses cendres l’Amérique centrale. A l’époque, les centres de civilisation Mayas se déplacèrent du Salvador vers le nord et le Guatémala.

La caldeira et le lac Ilopango / Salvador - photo crédit Nasa

La caldeira et le lac Ilopango / Salvador - photo crédit Nasa

Le lac Ilopango - photo Mateosal

Le lac Ilopango - photo Mateosal

La caldeira Ilopango  et son lac :

A proximité de la capitale du Salvador, la caldeira Ilopango, large de 8 km. sur 11, et cernée par des murailles hautes de 150 à 500 mètres, est occupée par un grand lac.

Quatre éruptions dacito-rhyolitiques majeures ont produit, entre la fin du Pléistocène et l’Holocène, des dépôts de cendres et de coulées pyroclastiques qui ont tapissé une grande partie du Salvador. Le dernier effondrement de la caldeira est lié à l’éruption TBJ – Terra Blanca Joven – du 5° siècle.

Des éruptions post-caldeira ont formé une série de dômes de lave au sein du lac et sur ses rives. Les île Quemadas, un groupe d’îlets centraux, témoignent d’un dôme largement submergé, consécutif à l’éruption de l’Ilopanga en 1879-80.

Ilopango - La formation TBJ - Tierra Blanca Joven - exposée dans une carrière près de Cojutepeque, à 9 km. de la caldera émettrice, est datée du 5°siècle  Photo G.Kysar / Smithsonian.

Ilopango - La formation TBJ - Tierra Blanca Joven - exposée dans une carrière près de Cojutepeque, à 9 km. de la caldera émettrice, est datée du 5°siècle Photo G.Kysar / Smithsonian.

Dessin de la caldeira Ilopango – doc in « Los Volcanes Activos de Guatemala y El Salvador » by Helmut Meyer-Abich 1956.

Dessin de la caldeira Ilopango – doc in « Los Volcanes Activos de Guatemala y El Salvador » by Helmut Meyer-Abich 1956.

Mais le mystère reste cependant entier !

Les équipes de l’UCLA ont finalement recalé l’Ilopango. L’étude des cristaux de zircon présents dans la cendre des poteries suggèrent des éruptions et des dépôts plus anciens, et des signatures chimiques différentes selon les fragments examinés pointent une origine des cendres impliquant au moins deux volcans différents.

Affaire à suivre ...

Sources :

- Live Science - Volcanic Evidence Opens New Maya Mystery - link

- Global Volcanism Program - Ilopango

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