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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Pulvermaar, parfois appelé Gillenfelder maar, est enchassé dans la forêt, et occupé par un lac, dont le niveau se trouve à 411 mètres d’altitude.

Ses mensurations : 900 m de long sur 800 de large, et 120m de profondeur. Ses parois sont taillées dans des sédiments datés du Dévonien, et recouverts d’une dizaine de mètres de tuf au sommet.

Ses berges abritent un centre de plein air et une piscine ; le surpâturage touristique en réduit de beaucoup l’intérêt.

Le Pulvermaar enchassé dans la forêt - photo Eifel tourism gmbh

Le Pulvermaar enchassé dans la forêt - photo Eifel tourism gmbh

Plus au sud, se trouve le stratovolcan du Römerberg ; il est entamé par une carrière de tufs d’éjection du maar de Strohn. La cuvette, de 210 mètres sur 140, est occupé par une tourbière,  le Strohner Määrchen, et entourée de champs.

Le petit maar de Strohn, appelé aussi Dürresmaar, s'est formé il y a 8.100 ans, lors d'une éruption de flanc du Römerberg. D'un diamètre de 170 mètres, et une surface de 113 hectares, c'est le type "finalmaar", un maar sur le point d'envasement : des dépôts de tourbe épais d'une dizaine de mètres, encore intacts, couvrent le fond du réservoir... ce qui en fait un lieu d'importance pour la géologie, la paléobotanique et la biodiversité (250 espèces de plantes y trouvent leur habitat).

Pulvermaar, stratovolcan du Römerberg et Strohner Määrchen.

Pulvermaar, stratovolcan du Römerberg et Strohner Määrchen.

Strohner Määrchen" - photo Eifel GPS

Strohner Määrchen" - photo Eifel GPS

Une éruption fissurale importante, datée de 20-30.000 ans, a formé trois cônes de cendres coalescents, alignés sur un axe N-S. terminé par le Sprinker maar. Les volcans sont tellement proches qu'ils ne sont plus identifiables individuellement; ils forment le Wartgesberg.

Le plus jeune cinder cone situé au sud a produit la coulée de lave la plus longue de l'Eifel : 5.500 mètres.

Situation du Wartgesberg, largement entamé par les carrières, et du Sprinker maar - tous deux au sud du Pulvermaar - d'après une affiche locale.  La Vulkanhaus de Strohn  (en gris) se trouve elle aussi sur la coulée.

Situation du Wartgesberg, largement entamé par les carrières, et du Sprinker maar - tous deux au sud du Pulvermaar - d'après une affiche locale. La Vulkanhaus de Strohn (en gris) se trouve elle aussi sur la coulée.

Cette carrière expose des scories soudées et quelques langues de lave ; elle présente aussi deux bombes "mythiques" : une vraie et une ... autre !

La plus grande (vraie) bombe volcanique de l'Eifel pèse 1,46 tonnes et fut découverte en 2007.

Wartgesberg - coupe dans des scories soudées, présentant quelques langues de lave.- photo © Bernard Duyck 08.2015

Wartgesberg - coupe dans des scories soudées, présentant quelques langues de lave.- photo © Bernard Duyck 08.2015

Wartgesberg - la plus grosse bombe (véritable) de l'Eifel - photo © Bernard Duyck 08.2015

Wartgesberg - la plus grosse bombe (véritable) de l'Eifel - photo © Bernard Duyck 08.2015

Panneau didactique sur le Wartgesberg et vignette montrant l'extraction de la bombe de 1,46 T par les carriers. - un clic pour ouvrir - photo © Bernard Duyck 08.2015Panneau didactique sur le Wartgesberg et vignette montrant l'extraction de la bombe de 1,46 T par les carriers. - un clic pour ouvrir - photo © Bernard Duyck 08.2015

Panneau didactique sur le Wartgesberg et vignette montrant l'extraction de la bombe de 1,46 T par les carriers. - un clic pour ouvrir - photo © Bernard Duyck 08.2015

La "Ströhner lava bombe", vedette du lieu, n'est en rien une formation pyroclastique. Ses gigantesques mensurations, 5 mètres de diamètre pour un poids de 120 tonnes, laissent supposer qu'elle n'a pu a aucun moment être propulsée dans les airs. On peut la qualifier de "boule de basalte formée par l'activité volcanique ".

C'est néanmoins une curiosité géologique : découverte en 1969 lors d'un tir de mine, elle fut mise en évidence dans une paroi de la carrière, avant d'être placée à son emplacement actuel, sur une plaque de métal, dans les années 80.

La "Ströhner lava bombe" - photo © Bernard Duyck 08.2015

La "Ströhner lava bombe" - photo © Bernard Duyck 08.2015

Un trou à sa base a permis de comprendre sa formation : durant l'une des éruptions du Wartgesberg (entre il y a 15 et 31.000 ans), un morceau du cratère s'est effondré dans l'évent. Lors de sa chute, il a rencontré des fragments de lave incandescente, qui se sont collés à la surface. Rehaussé lors d'un nouvel épisode éruptif, ce gros morceau de basalte a joué le "yoyo" et s'est enrichi de nouveaux lambeaux de lave, qui l'ont fait grossir jusqu'à atteindre sa taille respectable, un peu à la façon dont une petite boule de neige grossit lorsqu'on la roule dans une couche de neige. La structure s'est installée dans les parois du cratère, dont elle a été délogée par un tir de mine lors de l'exploitation industrielle du site.

 

Sources :

- Vulkane der Eifel – par H-U. Schmincke – éd. Spektrum

- Guide des volcans d’Europe et des Canaries – par M.Krafft et FD. De Larouzière – éd. Delachaux & Niestlé

- Maarmuseum Manderscheid

- Vulkaneifel geopark - link

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