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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Reventador - 3D - Doc. IGEPN

Reventador - 3D - Doc. IGEPN

Le Reventador maintient une activité qualifiée de haute et continue. De l'incandescence nocturne était visible lorsque le sommet était dégagé ; au matin du 31 août, des chutes de blocs sont observées sur tous les flancs, atteignant 800 mètres sous le cratère, ainsi que l'émission d'un panache de vapeur d'eau et cendres à 400 mètres au dessus du cratère, se dispersant vers le nord-ouest.

Source : IGEPN.

Reventador - incandescence nocturne le 01.09.2017 / 6h16-6h30 - webcam Copete / IGEPN

Reventador - incandescence nocturne le 01.09.2017 / 6h16-6h30 - webcam Copete / IGEPN

Le bilan de l'éruption du Piton de La Fournaise du 14.07 au 28.08 vient d'être publié par l'OVPF.

Je le transmets in extenso ci-dessous:

" Au cours des 45 jours d’éruption, du 14 juillet - 28 août 2017, moins de 10 millions de m³ de lave ont été émises en surface.
Après de forts débits de lave (22-30 m³
/s) enregistrés le premier jour de l’éruption, les débits moyens, estimés par imagerie thermique satellite via les plateformes MIROVA (Université de Turin ) et HOTVOLC (OPGC - Clermont Ferrand ), ont baissé progressivement tout au long de l’éruption, passant de 5 à < 1 m³/s. Cette baisse progressive des débits de lave s’est accompagnée d’une baisse de flux de SO2 dans l’air .

Piton de La Fournaise - Evolution des flux de lave (en m3/s, bleu) et des volumes (en millions de m3 rouge) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme MIROVA). (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - Evolution des flux de lave (en m3/s, bleu) et des volumes (en millions de m3 rouge) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme MIROVA). (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise -  Evolution des flux de lave (en m3/s) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme HOTVOLC). (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - Evolution des flux de lave (en m3/s) émis. Estimations obtenues à partir d’imageries thermiques satellites (plateforme HOTVOLC). (© OVPF/IPGP)

Le champ de lave associé à l’éruption a très peu évolué au cours de l’éruption. L’extension maximum a été atteinte dès les premiers jours de l’éruption, avec une longueur maximale de 2.8 km. Par la suite la coulée s’est légèrement élargie mais la croissance s’est principalement faite par un épaississement du fait d’une activité majoritairement en tunnels de lave et de débits extrêmement faibles.

Piton de La Fournaise - Evolution de l’extension du champ de lave au cours de l’éruption, déduite de l’étude d’images satellites radar. (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - Evolution de l’extension du champ de lave au cours de l’éruption, déduite de l’étude d’images satellites radar. (© OVPF/IPGP)

Les déformations associées à la migration du magma vers le site éruptif (dans la nuit du 13 au 14 juillet) se sont concentrées sur la partie sud et est du volcan et n’ont pas excédé 30 centimètres. Les données satellites (interférométrie radar) associées à cette injection du 13 juillet montrent que les déformations ne sont pas propagées au-delà de la fissure éruptive.

Piton de La Fournaise - (à gauche) Déplacements de surface associés à la migration du magma vers le site éruptif (nuit du 13 au 14 juillet). Les vecteurs représentent les déplacements horizontaux (échelle en mètres donnée par la valeur VECTEUR MAX) et les ronds colorés les déplacements verticaux (échelle en mètres donnée par la barre colorée). La fissure éruptive est indiquée en rouge, et le trajet supposé de l’injection du magma en profondeur est indiqué par le trait noir. (à droite) Interférogramme couvrant l’injection du 13 juillet 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - (à gauche) Déplacements de surface associés à la migration du magma vers le site éruptif (nuit du 13 au 14 juillet). Les vecteurs représentent les déplacements horizontaux (échelle en mètres donnée par la valeur VECTEUR MAX) et les ronds colorés les déplacements verticaux (échelle en mètres donnée par la barre colorée). La fissure éruptive est indiquée en rouge, et le trajet supposé de l’injection du magma en profondeur est indiqué par le trait noir. (à droite) Interférogramme couvrant l’injection du 13 juillet 2017. Un cycle de phase rouge-bleu-jaune (i.e. une frange) correspond à un éloignement du sol par rapport à la position du satellite de 2,8 cm. (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - Illustration de la déformation depuis le 14 juillet 2017. Est ici représentée une ligne de base (distance entre deux récepteurs GPS) traversant le cratère Dolomieu du nord au sud (en noir les données brutes, en bleu les données lissées sur une semaine). Une hausse du signal est synonyme d’élongation et donc de gonflement du volcan ; inversement une diminution du signal est synonyme de contraction et donc de dégonflement du volcan. (© OVPF/IPGP)

Piton de La Fournaise - Illustration de la déformation depuis le 14 juillet 2017. Est ici représentée une ligne de base (distance entre deux récepteurs GPS) traversant le cratère Dolomieu du nord au sud (en noir les données brutes, en bleu les données lissées sur une semaine). Une hausse du signal est synonyme d’élongation et donc de gonflement du volcan ; inversement une diminution du signal est synonyme de contraction et donc de dégonflement du volcan. (© OVPF/IPGP)

Migration du magma en profondeur à la fin de l’éruption
Un certain nombre d’indices montre que deux migrations de magma se sont produites à la fin de l’éruption. Sans être exceptionnelle cela n’est pas commun.

Associés à la reprise de la sismicité sur le secteur sud-sud est le 16 août, et au pic de SO2 le 18 août, les données satellites ont mis en évidence en août des zones de déformations (en inflation) plus en aval de la fissure ouverte le 14 juillet. Ces zones de déformation en inflation (gonflement) correspondent à deux injections de magma.

Sous l’impulsion de remontées de magma lors de la première phase de l'éruption (inflation jusqu’au 15 août), le système d’alimentation s'est pressurisé permettant ainsi au magma de continuer sa propagation plus en aval vers le sud - sud-est, sous la forme de deux intrusions qui se sont produites entre le 07 et le 25 août (dates d’acquisition des images satellites). La variation rapide en émissions de SO2 pourrait indiquer une première intrusion à faible profondeur le 18 août. La deuxième phase d’intrusion, quant à elle, s’est très certainement mise en place dans la nuit du 24 au 25 août lorsqu’un essaim sismique a été enregistré sur le réseau sismologique de l’OVPF et localisé dans ce secteur.

Les survols effectués par la Section Aérienne de Gendarmerie et le personnel de l’OVPF le 25 août indiquent qu’aucune nouvelle fissure associée à ces deux injections ne s’est ouverte en surface.

Compte tenu de la faible extension spatiale des déformations associées à ces deux intrusions, les stations géodésiques (GPS, inclinomètres, extensomètres) au sol, qui sont en dehors du champ de déformation, n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche la sismicité enregistrée depuis le 16 août se situe dans la zone intrudée par le magma.

 

En conclusion : suite à l’arrêt de l’éruption, la sismicité sous la région sud-est de l’Enclos Fouqué se poursuit et les concentrations en CO2 dans le sol en champ proche restent élevées. De ce fait, aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation (reprise d’une activité ou non).

Source : OVPF


 

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