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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A l'est du plateau du Devès, on a un ensemble volcanique très accidenté, dont l'activité volcanique est pratiquement totalement datée du Miocène, entre 14 et 6 Ma.

  Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - un clic pour agrandir - 1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - un clic pour agrandir - 1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

Le Velay oriental et le Haut-Vivarais : Le Mézenc-Meygal, pays de sucs et lauzes.

A l'origine, il y a 14-13 Ma, quelques coulées de basalte porphyrique et des dômes de trachyte et phonolite se mettent en place dans le bassin de l'Emblavès (3, sur la carte).

Vers 12-11 Ma, le volcanisme procipalement phonolytique s'étend à la région de Lizieux-Meygal (au nord du Velay oriental – 2 sur la carte).

Entre 10 et 8 Ma, le plateau du Mézenc s'édifie : des coulées fluides s'étalent et s'empilent "comme des crêpes" , de composition évoluant de bas en haut des basaltes aux trachandésites.

L'activité se termine entre 7,5 et 6 Ma par l'édification de quelques dômes de trachyte et la mise en place d'une cinquantaine de sucs et dômes-coulées de phonolite,illustrés par les plus connus, le Mézenc et le Gerbier-de-Jonc.

Le rocher des Pradoux, à gauche, et le Suc de Sara - photo  Mossot - Travail personnel, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid=48902971

Le rocher des Pradoux, à gauche, et le Suc de Sara - photo Mossot - Travail personnel, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid=48902971

En dialecte local, "suc " définit un sommet rocheux et aigu, volcanique ou non .

Dans le cas de "suc volcanique", on parle de volcanisme "peléen" ; les laves visqueuses et très épaisses figent très rapidement en arrivant en surface et donnent en refroidissant les formes caractéristiques que l'on observe aujourd'hui. Ils caractérisent le paysage de la montagne Ardéchoise et constituent un ensemble de formations volcaniques uniques.

Très différents des volcans à cratères d'explosion de l'Auvergne, ces sucs phonolithiques (*) présentent un état de conservation tout à fait remarquable. Leur présence est liée au soulèvement alpin. En effet, le contrecoup de la formation des Alpes a entraîné une importante élévation de cette zone du Massif Central dont le socle granitique s'est fracturé. Le magma s'est alors infiltré par les fractures du socle et sa montée s’est faite en plusieurs paliers et petites chambres magmatiques.

Les laves émises, le plus souvent de consistance très visqueuse, ont formé ainsi de véritables dômes.

Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

Le mont Gerbier de Jonc est célèbre pour diverses raisons : sa forme originale et sa hauteur, 1551 mètres, le font ressortir du paysage.

La nature riche et sauvage aux alentours justifie sa protection, car il abrite, outre une faune et une flore de grand intérêt, les sources du plus long fleuve Français.

Son nom étrange n’est nullement lié à un faisceau de joncs … il faut le relier à une étymologie pré-celtique: gerbier correspond à gar, signifiant rocher ( racine retrouvée dans Gers), et jonc à jugum, correspondant à montagne.

Cette protubérance est datée de 8 millions d’années, et due à une extrusion de phonolite à néphéline, renfermant des cristaux de sanidine bien visibles et des aiguilles d’augite.

Sa partie supérieure est grossièrement prismée , alors que la base est cachée par des éboulis accumulés durant une glaciation. Une coulée basaltique repose sur le socle cristallin.

 

A suivre : Le Mont Mézenc.

Les sources de la Loire, avec le Gerbier de Jonc en arrière-plan  - photo Randonnées dans la campagne Ardéchoise.

Les sources de la Loire, avec le Gerbier de Jonc en arrière-plan - photo Randonnées dans la campagne Ardéchoise.

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

- BRGM - Les volcans du Massif Central - par P. Nehlig & al.

- Massif du Mezenc Gerbier, et régions environnantes - par Alexandre Aubry

 

(*) La phonolite est une roche volcanique peu abondante, rencontrée principalement sous forme de coulées ou d’intrusions formant des dômes. Sa teneur en silice est variable mais généralement comprise entre 51 et 61%  pds. ; sa teneur en alcalin (Na2O + K2O) est forte, souvent supérieure à 10% pds.

Elle tire son nom du son aigu qui est produit lorsqu’on en frappe un morceau avec un marteau. Elle se compose principalement de felsdspath alcalin et feldspathoïdes, avec des phénocristaux e.a. de clonopyroxène et d’amphibole, jamais de quartz.

Elle se débite en dalles, appelées lauzes dans la région. Ces pierres plate ont une surface importante par rapport à l’épaisseur, et nécessitent une charpente très solide, à laquelle elles sont accrochées par un trou à des chevilles de bois . Toutes les lauzes ne sont pas en phonolites, il en existe en schiste, calcaire, gneiss ou basalte.

Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki -   Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.
Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki -   Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.

Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki - Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.

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