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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages, #Eruptions historiques
La piste longeant le réservoir d'Azat-Zabasen et le Grand Ararat -  photo © Bernard Duyck 2019

La piste longeant le réservoir d'Azat-Zabasen et le Grand Ararat - photo © Bernard Duyck 2019

Théoriquement facilement accessibles depuis notre base au nord d'Erevan, le monastère de Khor Virap et sa vue renommée sur les deux sommets de l'Ararat, nous ont été rendus très fifficiles à cause d'un glissement de terrain.

Nous sommes alors passés par Garni, et une piste, doublée d'un col, longeant le réservoir d'Azat-Zabasen ... parcours un peu plus accidenté, mais spectaculaire dans une région semi-désertique où l'on n'a rencontré que quelques bergers et leurs moutons.

Le Petit Ararat (à gauche) et le Grand Ararat (à droite)  dans un paysage pastoral - photo © Bernard Duyck 2019

Le Petit Ararat (à gauche) et le Grand Ararat (à droite) dans un paysage pastoral - photo © Bernard Duyck 2019

Le sommet du Grand Ararat dans une brume de chaleur - photo © Bernard Duyck 2019

Le sommet du Grand Ararat dans une brume de chaleur - photo © Bernard Duyck 2019

Khor Virap - stèle de St. Grégoire - photo © Bernard Duyck 2019

Le monastère de Khor Virap est édifié sur une colline d’Artachat, ancienne capitale de l’Arménie. Les origines du complexe monastique, rattaché à l’Église apostolique arménienne, remontent au VIIe siècle : il fut bâti à l’endroit où saint Grégoire l’Illuminateur, saint patron du pays, fut emprisonné pendant treize ans. En ce lieu, l’histoire biblique se mêle intimement avec celle des chrétiens d’Arménie et de la nation Arménienne.

Le monastère de Khor Virap et la Grand Ararat - photo © Bernard Duyck 2019

Le monastère de Khor Virap et la Grand Ararat - photo © Bernard Duyck 2019

Le monastère de Khor Virap - photo © Bernard Duyck 2019

Le monastère de Khor Virap - photo © Bernard Duyck 2019

Le mont Ararat est vénéré par les Arméniens. Bien que ces derniers aient été les premiers à adopter le christianisme comme religion nationale, en 301, le mont Ararat demeure pour eux la demeure d’Ara, divinité suprême de leur panthéon préchrétien. Jadis, la montagne était comprise dans les frontières de la Grande Arménie.

En 1921, la zone fut incorporée à la Turquie et les sommets s’élèvent désormais à 32 kilomètres de la frontière. Toujours visible d’Erevan, la capitale arménienne, mais inaccessible, le mont Ararat est devenu, pour les Arméniens, le symbole du sort tragique de leur nation, victime, entre 1915 et 1923, des déportations et des massacres perpétrés par la Turquie ottomane. L’accès au volcan sacré est demeuré interdit jusqu’en 1990, pour des raisons stratégiques, la république d’Arménie étant sous domination soviétique. Les Arméniens n’en sont que plus attachés : l'Ararat figure sur le blason national, sur les billets de banque et les timbres, et il est à l'honneur dans les peintures, poèmes et chansons.

Les premiers timbres émis après l'Indépendance, avec l'Ararat (1992)

 

Le Mont Ararat est un stratovolcan polygénique couvrant 1.100 km² et formé de de deux cônes volcaniques distincts, le grand Ararat, 5.165 mètres et le Petit Ararat, 3.896 mètres, reliés par un plateau de lave . Ses mensurations – 45 km sur 30 km. - en font le plus grand des volcans alignés sur un axe SSO-ESE depuis le Nemrut Dagi.

L'Ararat vu de la navette spatiale en 2001 - le Grand Ararat, au centre - le Petit Ararat, à droite - photo Earth Sciences and Image Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center, 2001 in GVP

L'Ararat vu de la navette spatiale en 2001 - le Grand Ararat, au centre - le Petit Ararat, à droite - photo Earth Sciences and Image Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center, 2001 in GVP

De formation récente, entre le tertiaire et le quaternaire, dans un contexte peu fréquent de volcanisme des zones de collision, les monts Ararat résultent de l'accumulation de coulées de lave et d'éjections pyroclastiques successives.

Après une période de production de tufs andésitiques, rencontrés dans la base claire du volcan, il y a eu un apport de coulées de basalte et d'andésite, formant les pentes basses plus sombres jusqu'à 3.000 m. d'altitude. Le sommet du Grand Ararat est formé de deux dômes trachytiques séparés par un ensellement long de 400 mètres.

La mise en place des monts Ararat fut suivie d'une période caractérisée par des éruptions de flancs, suivant des fissures orientées N-S. La phase initiale a produit des cinder cones et des dômes de lave dacitique à rhyolitique, autour du Grand Ararat et une série de cônes pyroclastiques et de dômes sur le flanc ouest du Petit Ararat. Le stade final est responsable des formations de cônes pyroclastiques sur les bas-flancs des deux volcans.

L'Ararat semble avoir été actif pendant le 3ème millénaire avant notre ère; des dépôts pyroclastiques recouvrent des artefacts et des restes humains du début de l'âge du bronze. Karakhanian et al. (2002) ont rapporté des preuves historiques d'une éruption phréatique et d'un flux pyroclastique lors d'un séisme et d'un glissement de terrain en juillet 1840.

 

L'histoire ancienne de l'Ararat est lié à celle du déluge vers 5.000 ans avant JC, du à la rupture du seuil du Bosphore en raison de la fonte des glaciers, et reprise par diverses sources anciennes: la légende de Gilgamesh, la mythologie grecque et la Bible ( l'arche de Noé y aurait touché terre après le déluge)

 

A suivre : Erevan, la cité rose en tuf volcanique.

 

Sources :

- Global Volcanism Program – Ararat

- Le plus méconnu des volcanismes, le volcanisme des zones de collision, et son volcan actif le plus emblématique : le Mont Ararat (Turquie orientale) – Planet Terre / Pierre Thomas - link

 

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