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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Ci dessous deux photos de la Nasa, satellite Terra et observation ASTER (Advanced Spaceborne Thermal Emisssion and Refelection Radiometer)

les images sont prises en fausses couleurs :" In these false-color images, vegetation appears red, water appears dark blue, and clouds, water vapor and ice all appear white. Bare rocks, including lava flows, range in color from gray to dark brown.
"

                                                                 photo prise le 26 mai 2007 - Nasa - sat.Terra - Aster



                                                           photo prise le 30 juin 2009 - Nasa - sat.Terra - Aster


entre les deux, d'importantes modifications, pour cette éruption suivie de l'espace :
   - changement de morphologie de l'île : différences au NO. et
      disparition de la végétation sur la zone NO.
   - la couverture neigeuse a disparue
   - la végétation printanière (rose) a fait place à une végétation plus
      estivale (rouge) mais de distribution réduite.

Biens exploités, ces satellites sont de pures merveilles ... et leurs images aussi !

source :
* http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards - photo 30.06.2009

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après la cordillera central, nous changeons de massif volcanique avec la Cordillera du Guanacaste et le volcan Rincon de la Vieja.

Nom bizarre pour un édifice volcanique, le "coin de la vieille" doit son nom à la légende. Une jeune princesse, Curabanda, était tombée amoureuse du chef d'une tribu ennemie, Mixoac. Afin d'empêcher cette mésalliance, le roi Curabande, père de la princesse, fit jeter Mixoac dans le cratère du volcan. La jeune fille, désespérée, se retira dans la montagne pour y accoucher ... elle jeta son fils dans le cratère afin de l'unir à son père. Par la suite, Curabanda devint une guérisseuse célèbre et les indigènes baptisèrent le lieu en son honneur. On dit aussi qu'elle crachait de la fumée quand elle était en colère ?!


Se découpant sur des pâturages relativement plats, cet imposant massif volcanique se compose de plusieurs édifices alignés NO-SE , e.a. le Braun (1895 m.), le von Seebach (1861 m.), le crater Activi (1800 m.), le Rincon de la Vieja (1806 m.) et le Santa Maria (1916 m.).

Photo Marco Stopatto - guide des volcans - Rosi

L'activité récente est concentrée à l'intérieur du crater Activo, qui abrite un petit lac qui doit sa couleur aux reflets du soleil sur ses eaux mêlées de cendres en suspension et de soufre.

Après une période de calme - 1922 à 1966 - ,le réveil du volcan  fut marqué per une série d'explosions à dominances phréatiques, la dernière en 1998.
Il s'est aussi formé des colonnes de vapeur et de cendres hautes de plusieurs centaines de mètres, accompagnées de pluies de boues sur les pentes du volcan et de lahars.
Son activité actuelle est modérée, avec une activité géothermique variée dans ses formes : fumerolles, lacs de boues chaudes et bouilonnantes,
sources sulfureuses chaudes ...

                                                                                                                        © B.Duyck


Ce superbe arc-en-ciel annonce une journée qui sera marquée par des alternances de périodes ensoleillées et chaudes, et de bruine.
Près de la maison des gardes forestiers, des "pizotes" nous accueillent, tandis que notre guide prend les tickets d'accès.


Ce sympathique petit carnivore, de la taille d'un berger allemand, n'est pas agressif avec les humains, mais il peut, s'il est menacé mettre en fuite le terrible jaguar ; de plus,il grimpe aux arbres pour attraper ses proies. La sous-espèce costaricienne porte bien son nom : Coati blanc-flairé !
© B.Duyck

Dès notre entrée sous le couvert, une superbe cascade, alimentée par les eaux de la caldeira, alimente le Rio Colorado.

                                                                                                                       © B.Duyck


Un chemin forestier, ponctué d'éclairs bleus - des papillons Morpho de 10 à 12 cm. d'envergure, véritables feux-follets -, nous conduit à un petit volcan de boue chaude : "le Volcancito".

                                                                                                                             © B.Duyck


Un sentier transversal nous mène au lieu-dit "Las Hornillas" (les fours) où des fumerolles sifflent et forment des nuages de gaz volcaniques (H²S et SO²) qui jouent dans les arbres avec le soleil ...superbe, mais attention aux endroits où l'on met les pieds !


                                                                                                                               © B.Duyck


Puis le paysage s'ouvre sur un coteau, où des nombreuses fumerolles annoncent d'autres mares boueuses et chaudes, entourés de buissons qui pour se défendrent des émanations délétères, ont remplacé une partie de leurs feuilles par de grosses épines.


                                                                                                                     © B.Duyck


Passons aux "Pillas de Barro" - les "pots de boue" - où sur une cinquantaine de mètres carrés, éclatent avec des glougloutements, des "plops" sonores, des bulles d'une boue irisée, bien grasse et luisante.
Attention aux bords friables de la zone.

          Les membres de Lave se souviendront de celle-ci, qui illustrait le calendrier 2009 .
© B.Duyck

Pour nous restaurer et prendre un peu de repos, pic-nic à "Agua thermales" près des sources chaudes et sulfureuses, qui côtoient
 un petit ruisseau aux eaux fraîches.

                       Les eaux des bassins chauds rongent la pierre et la blanchissent.
  © B.Duyck

 Fin de la journée, par un retour au Rincon de la vieja lodge qui emprunte une fondrière fréquentée par les gauchos et leurs troupeaux de bovins...
un petit décrottage en passant le ruisseau et après une bonne douche et en attendant le souper, un petit apéro en admirant le jardin.





Petits conseils d'équipements :

"Pourquoi porter des guêtres, alors qu'il n'y a ici aucun crassier et qu'il fait chaud ?"  ... pour se protéger des tiques et autres bestioles qui pulullent dans les hautes herbes.
sinon, outre le polar et la veste imperméable, pensez à de l'anti-insectes.






à suivre...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Le volcan du mois : "Ca bouge au ..."
France 2 diffuse, mercredi 1er juillet 2009 à 22 heures 20, le docu-fiction réalisé par Sam Miller "Krakatoa, la plus grande éruption volcanique".

A mettre en relation avec mon article récent "Ca bouge au ... Krakatau"
et son lien sur de bonnes photos récentes sur www.lave.be

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Cet imposant stratovolcan, situé dans la Cordillera central à proximité de l'Irazu, occupe 500 km²; ses flancs sont recouverts pour part par des pâturages, pour part par une "forêt des brouillards", riche en lichens, mousses, broméliacées... par endroit, même les piquets de clôture sont tapissés  d'épiphytes.

Pour notre voyage, nous avons surtout profité de la partie "brouillard".
Heureusement que l'accueil de la patronne du "Turrialba lodge" a compensé ce temps gris et froid !

Le "Turrialba lodge" se vente d'être le seul hôtel à avoir un "volcan dans son jardin" ... aisément vérifiable par beau temps; nous avons du le  croire sur parole.

                                                                                                                                       © B.Duyck


                                                       
D'excellents vins, un bon feu de bois - même dans les chambres - , une cuisine maison à base de produits frais nous ont remonté le moral.
Et c'est d'attaque, et toujours dans le brouillard que nous avons attaqué le volcan le lendemain matin; petit problème cependant : les gardes du parc, devant l'activité fumerollienne soutenue, ne permettent aucune descente dans les cratères et limitent le temps d'observation au sommet.

Une saute de vent a laissé entrevoir le cratère central, occupé par un lac intermittent.

et nous sommes rentrés, trempés, sous un ciel apocalyptique !

                                                                                                                               © JM. Mestdagh

 

 

Activité et historique :

  Actuellement son activité essentiellement fumerollienne ne concerne que deux cratères sur trois. En juillet 2007, une augmentation notoire de la sismicité est observée à l'Ovsicori (observatoire volcanologique basé à Hérédia) , ainsi qu'un dégazage aggressif, à partir de l'automne.

                   Photo d'un document de travail affiché à l'Ovsicori


Les pluies acides consécutives ont roussi la végétation couvrant les parois du Turrialba.
Ces épiphénomènes devaient annoncer le réveil du colosse; en mai 2008, les zones les plus proches ont été évacuées à 60%. En juin 2009, l'éruption se fait toujours attendre.

Ces deux photos ont été prises du même point de vue par des vulcanologues de l'Ovsicori, à huit mois d'intervalle.

photo du dessus : 10 mai 2007
photo du dessous : 14 janvier 2008





Le nom "Turrialba" a deux éthymologies :
- venant des mots indiens "turiri " (feu) et "aba " (rivière) , on l'appelait "la rivière de feu"
- selon les conquistadores espagnols, "torre alba " - tour blanche, avait été attribué en raison des panaches de fumée caractérisant le volcan à cette époque.

Ses dernières éruptions connues datent des années 1864-1866; elles étaient de types strombolien et vulcanien.
Le sommet est percé de trois cratères, dont l'ouest et le central présentent des fumerolles  (temp. : 95°C)
                                                                                                                                                      photo : Global Volcanism Program

à suivre ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques









 The geothermal field at Krafla, Iceland, where a borehole being drilled for a geothermal energy research project hit molten rock at 6,900 feet. (Peter Schiffman/UC Davis)



Essai de forage en grande profondeur effectué par les Islandais et effets observés :
article recommandé par E.Klementti on "scienceblogs/éruptions" :
http://scienceblogs.com/eruptions/

Documents : ©UC Davis / University of California



Scientists' Drill Hits Magma: Only Third Time on Record

June 26, 2009

Scientists drilling a borehole deep into Iceland’s rocky crust to explore new methods of using geothermal energy hit a major roadblock on Thursday: Their drill ran into molten rock at a depth of 6,900 feet.

“This is only the third time that magma has ever flowed into a geothermal drill hole, as far as we know,” said Peter Schiffman, a geology professor at UC Davis and member of the international team conducting the study. “A research project in Hawaii hit magma in 2005, and in 1977 magma erupted out the top of a producing geothermal well not far from our site in Krafla, Iceland.”

In Hawaii, drilling stopped. And Schiffman is doubtful that this project, known as the Iceland Deep Drilling Project, or IDDP, can continue. But if the magma body is narrow — as he and the research team expect it is — it may be possible to bore through it or around it, he said. “We’ve been able to keep circulation of cold water through the drill string, so our equipment is still functional.”

The team had originally planned to drill to 11,500 feet, or almost 2.2 miles into the earth.

The main purpose of IDDP — an international research effort supported by the National Science Foundation, the International Continental Drilling Program, Alcoa Inc., and Icelandic power companies — is to investigate the economic feasibility of extracting energy from hydrothermal systems that are under extremely high temperatures and pressures.

Drilling began at the site near Krafla in northeast Iceland in December 2008. After reaching a depth of 2,600 feet, the project was put on hold for two months before resuming in early March.

Around the middle of April, Schiffman said, drilling became difficult. “We kept drilling, but had lots of technical problems. We just seemed to be stuck at the same depth,” he said. “Just yesterday we realized that we had run into magma.”

Schiffman is receiving updates from his UC Davis colleagues who are onsite in Iceland: geology professor Robert Zierenberg and graduate student Naomi Marks. The pair reported that a phenomenon known as “steam flashing” seems to have occurred on Thursday (June 25), when drilling fluid came in contact with magma, creating an explosion. Glass shards removed from the hole provided evidence for this, Schiffman said. These most likely formed when the

Schiffman is receiving updates from his UC Davis colleagues who are onsite in Iceland: geology professor Robert Zierenberg and graduate student Naomi Marks. The pair reported that a phenomenon known as “steam flashing” seems to have occurred on Thursday (June 25), when drilling fluid came in contact with magma, creating an explosion. Glass shards removed from the hole provided evidence for this, Schiffman said. These most likely formed when the fluid, which is principally water, quenched molten rock.

Based on geophysical mapping of the area, Schiffman said, the team suspects that it has encountered a small offshoot of a larger magma body that lies more than two miles below the surface. “Whether we can keep drilling or not will depend on the thickness of this magma finger, and whether it’s horizontally or vertically oriented,” he said.

If the hole cannot be drilled any deeper, it might prove useful for testing a system of geothermal energy extraction that involves sending cold water into one borehole to be retrieved as superheated steam from deeper holes nearby, Schiffman said.

More information about IDDP can be found at http://www.iddp.is/about.php.

UC Davis news release from November 2007 about the IDDP can be found at http://www.news.ucdavis.edu/search/news_detail.lasso?id=8419.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le nom de l'Irazu
est lié aux indiens locaux : il viendrait de "ara - tzu", signifiant "coup de tonnerre" ou selon une autre hypothèse du nom d'un village indien installé sur ses pentes.

Cartago : à droite, la basilique Nuestra Senora de los angeles, reconstruite en 1926, à gauche, la masse de l'Irazu... peu impressionnante.
- © B.Duyck

Bien qu'étant le volcan le plus élevé du Costa Rica, l'Irazu n'impressionne que peu, vu de la vallée centrale
... parce que sa masse est si énorme qu'on peut difficilement l'apprécier.

                                                                                                              © JM. Mestdagh


Même sur la petite route asphaltée qui parcourt ses flancs, on n'a nullement la sensation d'approcher un volcan : champs cultivés, paysages et maisons semblables à celles qu'on peut rencontrer en Suisse.
Arrivés au parking, un chemin de quelques centaines de mètres nous sépare des cratères ... la vision change dès qu'on l'emprunte ! L'altitude, la température, le vent, les Gunnera en bordure brûlés par les gaz, et dans notre cas, un épais brouillard... tous ces facteurs nous mettent en condition !



Du belvédère qui surmonte les cratères, on ne voit rien... à part la rambarde bombardée par les bombes lors de l'éruption de 1963. Elle s'est produite, pour l'anecdote, lors de la visite du président J.F.Kennedy à San José, la capitale. Cette éruption se prolongea jusqu'en 1965 et produisit une succession de pluies de cendres ininterrompues, endommageant les plantations de café, obligeant les habitants de la vallée à sortir munis d'un parapluie, à déblayer leurs toits pour ne pas qu'il s'effondrent sous le poids de ces cendres. Cartago étant sous la menace permanente de lahars, ceci permit aussi à Haroun Tazieff, appelé en consultation, de "croiser le fer" avec les politiques locaux qui refusaient son idée de construire "un barrage anti-lahars" pour protéger la ville. Les cendres emportées par les pluies, en s'accumulant dans le lit du Reventazon,  le firent déborder; cette inondation détruisit des usines et près de 400 maisons.

Photo Google 2008

Une saute de vent soudaine nous a permis de mitrailler furtivement la zone qui ne s'est découverte que quelques minutes.

La cime est éventrée par deux cratères: le cratère principal, de 1052 m. de diamètre et 300 m. de profondeur est envahi par un lac aux eaux vert kaki (à noter la couleur variable en période d'activité : Haroun Tazieff a photographié le lac alors qu'il avait une teinte lie-de-vin dans les années soixante). La température du lac est relativement basse: 30°C et les fumerolles s'échappent des flancs à 90°C.

                                         Le cratère principal aux eaux vertes -
  © B.Duyck

Le second cratère, qui porte le nom du gouverneur espagnol Diego de la Haya, premier à relater avec précision les manifestations de l'activité volcanique, s'est formé lors de l'éruption de 1723. Plus petit que le cratère principal, - 690 m. de diamètre pour 100 m. de profondeur - , il abrite un lac de couleur variable.

                          Le cratère Diego de la Haya et son petit lac temporaire .
© B.Duyck

D'autres cratères complètent ce paysage lunaire : le cratère Playa Hermosa est recouvert d'une végétation rase; les deux autres constituent l'ensemble des "Fumarolas"; le reste est recouvert de scories.


"La solitude du vulcanophile sur un volcan noyé dans la brume ..."





Ceci pour rappeler que nous sommes à 3432 m., que l'équipement multi-couche doit correspondre, que gants et bonnet ne sont pas superflus.
Petite mis en garde aux personnes souffrant de l'altitude : la montée en voiture est tellement facile et rapide qu'il n'est ici pas question de temps d'adaptation !


Références identiques à celles du volcan Poas.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le volcan Poas fait partie de la Cordillera central, qui compte les volcans les plus élévés du pays : Poas -2708 m.-, Irazu -3432 m.-, Turrialba -3340 m.

L'accès au Poas se fait "dans un fauteuil": on y accède en effet très facilement en voiture ou en bus. La route à flancs de montagne traverse des exploitations maraîchères, horticoles et des plantations de café "arabica".
 
Le café est une plante exigeante et demande pour s'épanouir, un sol drainé, une altitude comprise entre 750 et 1050 m., une température entre 15 et 28°C et des saisons sèches et humides bien distinctes .

                   Une charette à boeufs, décorée à la main, dans les plantations de café du Poas
                                                            
        © B.Duyck

 Parking à disposition, routes et chemins d'accès asphaltés, centre d'information à l'entrée (avec maquette des caldeiras), point d'observation bien délimité et surveillé.
La sécurité ici n'est pas "improvisée" ... et c'est normal, étant donné qu'il s'agit d'un but d'excursion dominicale pour nombre de costariciens.

La promenade vers le mirador surplombant le volcan se fait dans le verdure, le chemin bordé de Gunneras : ces plantes herbacées, appelées aussi "parapluie du pauvre" sont gigantesques - plus de 2 mètres -, avec une inflorescence rouge avoisinant un mètre de haut.
N.B. : Le gunnera forme une association symbiotique avec une cyannobactérie (genre Nostoc), 
qu'il semble avoir "domestiquée".



             Il est essentiel d'arriver au mirador, tôt mle matin, avant l'envahissement du sommet par 
                 les nuages et un jour de semaine...pour ne pas profiter de l'exubérance locale.               

                                                                                
© B.Duyck

 

 

Deux caldeiras sont imbriquées l'une dans l'autre; la plus récente, d'un diamètre de 3 km. abrite trois cratères : le "von Frantzius", quasi inaccessible dans la végétation dense, le cratère actif et le "lago de Boto" avec son lac d'eau douce, situé un peu plus haut.


Le cratère principal
, d'un diamètre de 1,5km. et 300 m. de profondeur, abrite un grand lac acide. Sa formation date de moins de 40.000 ans.
La couleur caractérisant le lac acide -tout au moins dans ses phases de repos- est d'un curieux bleu-vert laiteux ; cette teinte est le reflet de la prédominance des ions ferreux sur les ions ferriques, lorsque les gaz injectés dans le fond du lac sont plus riches en H²S qu'en SO².

                                                                                                                                          © B.Duyck


La température du lac varie entre 20 et 60°C, celle des fumerolles avoisine les 95°C. Le pH varie de 0,1 à 1,4.

Une étude sur quatre années
(2004-2008) montre une relation entre la température du lac acide et son pH.
En dépit de ces caractéristiques extrêmes, le lac contient des algues (Cyanidum caldarium) et des bactéries (Thiobacillus sp.)


Le magma est présent à +/- 500 m. sous le lac, dans le conduit d'alimentation, avec des intrusions dendritiques encore plus proches de la surface ! Dans sa phase d'équilibre, le lac joue le rôle d'un tampon physique et chimique.
La preuve en est donnée par l'absurde : sa disparition en 1989 fut accompagnée d'émissions de gaz, qui ont eus un impact considérable sur l'environnement, humain y compris ( par les aérosols irritants, les pluies acides ...) Cette vidange a laissé place à une poche de soufre liquide de 2 m. de diamètre ... premier "lac" de soufre liquide observé sur terre.

L'intrusion magmatique de 1953, réactivée en 1981, a formé une excroissance en surplomb immédiat du lac (voir photo ci-dessus).
D'après un document de l'Ovsicori sur 15 années d'activité éruptive récente au Poas.
  © B.Duyck

                                    Les parois oxydées du cratère actif. -
© B.Duyck




Depuis le mirador, un chemin forestier peuplé d'espiègles écureuils endémiques au Poas, mène au
"lago de Boto" qui occupe un cratère inactif depuis 7.500 ans. Il est empli d'une eau douce, de température égale à 13 - 14°C; son diamètre est de 400 m. pour 15 m. de profondeur.

© B.Duyck


 

 

  Le volcan fut d'abord appelé "volcan de los votos" (ou "botos") en l'honneur des habitants primitifs de la région...avant d'être dénommé Poas, référence faite aux terres  situées à l'ouest du fleuve "Puas".

© B.Duyck

 

Depuis l'époque hispanique, la plus ancienne éruption répertoriée est datée de 1747. Mais c'est le 25.01.1910 que se produit la plus grande éruption connue : un geyser de cendres, de lave et de gaz monte à plus de 8.000m.
En 1952, l'activité fut phréatomagmatique; le lac disparait et une activité de type strombolien se met en oeuvre de 1953 à 1955. Depuis 1977, l'activité est essentiellement phréatique.

                            Photo de l'Ovsicori, prise après l'éruption phréatique du 13.01.2009

Documents:
     - Ovsicori : photos et publications du site
     - Imagenes tropicales : Les volcans du costa Rica
     - Global volcanism Program : fiche et weekly reports.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Voyage avec un groupe "Aventure et volcans", guidé par Tanguy de Saint-Cyr et sa compagne Roxana Barrantes.





          









Situé dans le sud de l'isthme centro-américain, ce petit pays est étonnant à plus d'un titre et mérite bien son nom, donné par les conquérants espagnols : "la côte riche".

               Petit matin sur le rio Serpe (zone sud-est du Costa Rica)  -
© B.Duyck

Paradis de la biodiversité
, le Costa Rica est l'un des pays les plus riches en espèces animales du globe; il abrite environ 5% des espèces connues, dont un dixième des espèces d'oiseaux répertoriés sur la planète... "le pied" pour un ornithologue.
Cette extraordinaire profusion est due à sa situation géographique, point de jonction entre deux continents, dont les espèces ont migré dans l'un et l'autre sens au fil de millions d'années, tout en s'adaptant aux variations constantes des reliefs et des climats locaux.
Ce petit pays - 50.900 km² - semble contenir tous les paysages du monde : depuis les alpages de montagne, les forêts sèches, les terres humides et la mangrove.

                            La "laguna calliente" du volcan Poas  - 
© B.Duyck

C'est aussi "une terre entre deux eaux", l'océan pacifique et la mer des Caraïbes, que sépare une échine montagneuse traversée de puissantes forces tectoniques à l'origine d'éruptions et de séismes réguliers. Sur les 42 volcans actifs d'Amérique centrale, le Costa Rica en compte six. Malgré leurs apparences menaçantes, ils savent se montrer accueillants ... en se laissant approcher sans trop d'efforts.

                    Contexte géodynamique de l'isthme centro-américain. (Schmincke - "Volcanism")

Cinq plaques lithosphériques interagissent dans cette zone : la plaque Nord-américaine, la plaque Sud-américaine, les plaques Cocos, Caraïbes et Nazca.
La plaque Cocos s'enfonce sous la plaque Caraïbe, à une vitesse moyenne de 9 cm. par an ; la chaîne volcanique quaternaire se trouve en bordure méridionale de la plaque Caraïbes, limitée par la fosse d'Amérique centrale au sud, et par un système de failles à l'ouest et au centre du Guatémala. Ce système de failles correspond à une zone de cisaillement, avec déplacement horizontal. La prolongation de ces failles à l'ouest, vers le point triple - Plaques Nord-américaine, Cocos et Caraïbes - est relativement mal compris .


Le volcanisme d'Amérique centrale résulte d'un mécanisme de subduction avec formation de volcans de marge continentale, la plaque Cocos - relativement "jeune", maximum 65 Ma - s'enfonçant sous la plaque Caraïbes.
Lors de la genése volcanique, un pendage * différent a caractérisé les massifs formés : dont les principaux, la cordillère du Guanacaste - avec le Rincon de la Vieja et le Miravailles - et la cordillère centrale - avec le Poas, l'Irazu et le Turrialba. L'Arenal, situé dans la cordillère de Tilaran, semble "jouir d'une situation intermédiaire".

* : Pendage : orientation d'une couche géologique dans l'espace, et par rapport à l'horizontale; on le caractérise par son orientation et sa raideur (p.ex. pendage vers l'est de 45°).

Subdivision de la chaîne andésitique centro-américaine le long d'une faille majeure. Les petits cônes de scories sont associés à des fractures de tension. ("Volcanism" - Schmincke)

             Situation des massifs volcaniques et position des volcans (montage d'après Google Earth)

Tous les volcans sont sous la surveillance de l'OVSICORI - Observatoire Volcanologique et SIsmologique du COsta RIca.


  à suivre...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
                Belle vue du Tungurahua et des chutes de blocs incandescents, prise par Patrick Taschler en 2007.



Le Tungurahua, un des volcans les plus actifs de la célèbre allée des volcans en Equateur, est en regain d'activité cette semaine.
Cet énorme stratovolcan, haut de 5.023 m., a grandi au sein de la cordillère andine; il est soumis à une érosion forte due aux torrents Chambo et Pastaza, érosion qui a donné naissance à des canyons qui sculptent les coulées de lave et les dépôts de coulées pyroclastiques.
Ce volcan est de type explosif avec retombée de cendres et lapilli, formation de coulées pyroclastiques et de coulées de lave.
Situé près de la ville de Banos, il constitue une menace pour ses habitants et pour le barrage sur le rio Pastaza.


D'après l'IG (Instituto Geofisico - escuela politecnica nacional) :
Présence d'une activité sismique continue et d'éruption du 17 au 23 juin 2009, avec explosions et retombées de cendres.
Des fontaines de lave, jaillissant à 500 mètres au dessus du cratère, furent observées dans la nuit du 21 juin.
Les deux jours suivants, des blocs incandescents sont descendus sur le flanc nord-ouest du volcan sur une distance de 2 km.

sources :
    - www.igepn.edu.ec : observatoire volcanologique Equatorien
    - www.volcano.si.edu : Global Volcanism Program - weekly news.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Amorcée le 11 juin 2009, l'éruption du pic Sarychev se poursuit.

Brève chronologie de cette éruption "suivie par satellites" :
   - 11.06 : le Modvolcs signalent des anomalies thermiques - panache   
      éruptif présentant des cendres chaudes et coulées de lave.
   - 12.06 : les astronautes de la station spatiale internationale
     nous gratifient d'une super photo, où on peut détailler le panache
     éruptif et des coulées pyroclastiques.
   - 14.06 : une explosion importante propulse un nuage de cendres à
     12 km. d'altitude.
   - 15.06 : le VAAC-Tokyo signale un nuage de cendres à 13,7 km.
   - 16.06 : le NOAA (National Océanic and Atmospheric
      administrationà signale un nuage récent à 9,7 km. ,
      tandis que des cendres d'explosions antérieures
      atteignent 13,7 km.


    - 17 & 18.06 : chutes de cendres sur Yuzhno Sakhalinsk, siège
       de "l'institut of Marine geology and geophysics" russe.
       colonnes de gaz et fumée s'éloignent vers le NE et le SW.

          
     Ce cliché du NOAA signale le nuage de SO² vers l'est, à la limite
     des etats-Unis et du Canada.
     ces divergences de direction entre les nuages de cendres et
     poussières volcaniques et ceux de dioxyde de soufre
     s'expliquant par des courants de différentes directions
     en fonction de l'altitude.

sources :
  - Global Volcanism Program, weekly reports
  - Nasa earth Observatory
  - Modvolcs : thermal monitoring pf global hot spots,
     en relation avec le MODIS (MODerate resolution Imaging
     Spectroradiometer : instrument de bord installé sur le
     satellite Terra.
  - SVERT : Sakhalin Volcanic Eruption Response Team
  - NOAA : national Oceanic and Atmospheric Administration
  - VAAC : Volcanic Ash Advisory Center.

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