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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le passage par Afdera est indispensable: il faut y faire viser les autorisations de circuler, et embarquer des militaires armés. Le groupe s'étoffe ; chauffeurs, cuisinier, guides, policiers ou militaires ... tous casés dans les cinq véhicules 4x4 de l'expédition.



Etant donné la logistique et pour des raisons de sécurité, il est impensable de vouloir pénétrer seul ce territoire; cette expédition a été organisée par "Aventure et Volcans" et minutieusement préparée par plusieurs voyages de Guy de Saint-Cyr, relatée dans ses "Carnets de trek".


Durant ces formalités, nous visitons les salines, où le travail se fait encore manuellement.

                                                                                                                © B.Duyck


                                                                                         © B.Duyck


A partir d'ici, nous sommes "en autonomie totale" : carburant, vivres, eau ...tout doit avoir été prévu et emmené pour tenir huit jours dans ce désert.

                                                                                                                © B.Duyck


                                                                                                             © B.Duyck


Le paysage se fait de plus en plus minéral; plus de pistes, sauf quelques traces laissées par les caravanes chamelières ... nous comptons sur nos chauffeurs et le GPS, pour rejoindre Kursewad, lieu de regroupement de plusieurs campements nomades autour du dernier point d'eau, pas toujours alimenté. Il faudra y rencontrer le chef du village, palabrer un peu et ressortir les autorisations, avant de s'enfoncer dans un terrain vraiment difficile ... direction nord-est vers le massif de l'Erta Ale.

                                              Le massif du Erta Ale et ses volcans collatéraux.

Durant cette journée, balottés de rocher en rocher dans des véhicules avançant au pas, abrutis par le bruit des moteurs et la chaleur, il faut absolument se forcer à boire suffisamment de cette eau chaude et fadasse ... pour ne pas avoir de problèmes de déshydratation en fin de soirée;

                                Au loin, le Erta Ale - "la montagne qui fume" en afar. -
© B.Duyck

Cette journée sera très longue, car une fois atteint le stop-véhicules et attendu la tombée de la nuit pour nous mettre en route, il nous restera à marcher 4 bonnes heures, à la lueur des frontales, sur un terrain peu incliné et "facile". (pas pour moi, car je déteste ces marches de nuit)
Nous arriverons vers minuit sur les bords de la caldeira; certains courageux descendront voir le lac de lave, les autres rechercheront un trou où s'abriter et essayer de dormir un peu, masque sur le nez et couchés à même le sol...les dromadaires qui portent nos sacs n'étant pas arrivés.

 Deux petits conseils de "bourlingueur" : boire "énormémént", car une déshydratation même minime diminue de beaucoup les capacités physiques et augmente les risques de cystite - affection courante dans ces conditions - ; emporter une polaire et une veste coupe-vent, car la nuit est relativement frâiche ( 20°C de différence avec la température diurne) et pouvoir ainsi récupérer en somnolant, au chaud, quelques heures.

Je suis réveillé par les courageux qui sont allés au bord du lac... et qui discutent beaucoup; mais leur exaltation retombe vite : fatigués - ils ont eu de plus du mal à retrouver le petit chemin de remontée - et mal équipés, ils se refroidissent... en naissent engueulades, reproches et plans divers pour le lendemain.
Au matin, le moral n'y est pas : les dromadaires ne sont toujours pas là ! Sans eau, ni vivres, va-t-on pouvoir réaliser le programme prévu ?
Décision est prise d'aller voir le lac de lave - on est venu pour cela - et de redescendre ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Avec le printemps sur l'hémisphère sud, la vision satellitaire s'améliore.
Le satellite EO-1 de la Nasa nous gratifie d'une belle vue dégagée sur le volcan, où la croissance du dôme continue.


The Advanced Land Imager (ALI) aboard the NASA/USGS Earth Observing-1 (EO-1) satellite acquired this natural color image of Chaitén on September 27, 2009, at roughly 10:30 am local time. The U.S. Air Force Weather Agency reported an ash plume extending 56 km (35 miles) northwest of the summit at the time the image was taken.

L'actualité du Chaiten peut être suivie en direct sur les webcams



webcam du 27.09.09. - 9h.49






L'éruption débutée en mai 2008 se poursuit toujours, avec production de panaches de vapeurs et cendres hauts en moyenne de 1,5 à 2,5 km. ; ils sont accompagnés d'effondrements périodiques du dôme avec productions de flux pyroclastiques.

               Le dôme en date du 23.01.2009 - 11h.26 - Sam Beebe - Wikimedia commons.


                                               Photo et shéma du GVP - H.Moreno - mai 2008.


Incidence sur la santé des populations proches du volcan ou subissant des retombées :
La production continue de cendres/poussières volcaniques peut induire des crises d'asthme chez les personnes prédisposées et aggraver les symptômes chez les personnes ayant des problèmes respiratoires.
Le port du masque est conseillé lorsque l'exposition à cette poussière augmente e.a. par temps sec, venteux et lorsque la poussière est remuée par le trafic local.
La composition des échantillons est de la rhyolite (à 72,5-74,5 % SiO²);
la taille des particules est fine et la quantité de particules respirables
 ( <4µm) est comprise entre 8,8 et 11,9 % en vol. (Report on the microbiological and geochimical characterisation of Chaiten ash for the assessment of respiratory health hazard).

Pour suivre l'historique de l'activité du volcan, voir le Global Volcanism Program .

sources :
  - Nasa earth observatory
  - Global Volcanism Program
  - Sernageomin : http://www.sernageomin.cl

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après avoir vu, il y a quelques semaines, le site de Dallol, je reviens sur zone pour vous parler du Triangle Afar, du complexe volcanique de l'Erta Ale et du peuple Afar.

                              Le triangle Afar - situation générale et massif du Erta Ale et Dallol

                                           montage d'après photo sat. Nasa - © B.Duyck



Au départ d'Addis Abeba, deux jours sont nécessaires pour vraiment arriver dans le triangle et pénétrer le brûlant désert du Danakil, ou plus exactement la dépression Danakil, qui n'est autre que la partie la plus basse de la Rift valley, la grande faille Africaine.

Effondrée à 130 mètres au-dessous du niveau de la mer, enclavée entre les énormes empilements basaltiques des hauts-plateaux Ethyopiens et Somaliens, plusieurs fois envahie par la mer qui y a entassé des dépôts de sel de plusieurs milliers de mètres d'épaisseur, cette étendue désetique est une étuve : 50 à 55°C, les vents torrides du Khamsim.
Ici la terre est en perpétuelle construction : séismes fréquents, cônes volcaniques percés de cratères occupés par des lacs de lave, failles et crevasses.


Les plaques arabique, nubienne et somalienne se rencontrent en un "point de jonction triple"; le régime extensif poursuit la séparation des plaques africaine et arabique, avecl'activité permanente du point chaud situé en Afar.
Dans quelques millions d'années, l'Arabie sera définitivement séparée de l'Afrique, et un océan prendra place en Afar.

Ndlr : tous les volcans soulignés ont un lien direct avec le GVP.

Les derniers preuves de cette activité :
 - en 1978, l'ARDOUKOBA, un nouveau volcan voit le jour. Actif durant une semaine, il éjectera 43 mégatonnes de basalte et 6 milliards de m³ de gaz.

     Eruption de l'Ardoukoba - Al.Cros


 - Septembre 2005, un violent séisme  est suivi de l'éruption du DABBAHU.

 - Le volcan JEBEL AT TAIR, situé en Mer rouge, se réveille à son tour, en 2007, causant des pertes humaines.

 
 Image Nato - Street / 30.09.07


 - Le 4 novembre 2008, nouvelle éruption en afar : le DALAFILLA éjecte de la lave sur 300 km², recouvrant partiellement le volcan ALU, et émettant un nuage de dioxyde de soufre qui ira jusqu'en Thaïlande, à plus de 6.000 km. (0201-07=)

 - Les 29-30 juin 2009, c'est au tour du MANDA HARRARO de se manifester, après une éruption fissurale en 2007.






**

En quittant Addis abeba, nous rencontrons notre premier volcan Ethiopien, le FANTA ALE ( 0201-19=  ; 8,97N - 39,93E ; alt. 2.007 m), un stratovolcan dont la dernière éruption remonte à 1820. La caldeira elliptique de 2,5 x 4,5 km. est orientée perpendiculairement au rift Ethiopien; elle est entourée d'une muraille haute de 500 m. photo T.Pfeiffer, in GVP.

                                                      Le Fanta Ale ( ou Fentale) - © B.Duyck


La route se taille dans des étendues désertiques, mélange de sable, de roches et coulées volcaniques...univers minéral d'où émergent des volcans sans noms et quelques habitations traditionnelles des nomades Afars: les toukouls.

                                                                                                              © B.Duyck


                                                                                                              © B.Duyck


Lors d'un arrêt - ici, du à la perte du pot d'échappement - venus d'on ne sait où, quelques jeunes enfants Afars apparaissent ; on ne peut échanger avec eux que quelques babioles qu'ils acceptent sans manifester aucun sentiment.

                                                   © B.Duyck


                        Filon d'obsidienne, échantillon à belle cassure conchoïdale - © B.Duyck


C'est lors d'un arrêt "technique", au milieu de nulle part, que nous découvrons un filon d'obsidienne... des champs d'obsidienne étaient exploités en Ethiopie depuis le néolithique, et redistribué, durant le royaume de Saba, dans toute la Méditerranée.

 

Nous roulons toute la journée sur une piste relativement bonne pour arriver à la tombée du jour au lac Afdera, situé à moins 114 m.
Des salines, des sources chaudes témoignentde son occupation antérieure par la mer; le lac estbordé par les volcans HAYLI GUBBI
 ( 0201-091 - alt.521 m. ) et BORAWLI (alt. 821 m. - 0201-107), ce dernier sur les photos.

                                                Le lac Afdera et le Borawli - © B.Duyck


                                     Lac Afdera - salines, le lac et le Borawli - © B.Duyck

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Dans tous les voyages "volcaniques" que je fait, je m'intéresse à la vie, à la culture et aux racines des peuples rencontrés ... les Maasai près de l'Ol Doinyo Lengai, les Tenggers sur Java-est, les Tica & Ticos et leurs prédecesseurs indiens au Costa-Rica ...
Aux Etats-Unis, grosse déception : on ne parle pas des Indiens, on ne les voit pas - à moins de se rendre dans des "réserves", mais je n'aime pas les zoo -
...pourtant des villes portent le nom de tribus ou de chef indien : Blackfoot, Pocatello; des formations volcaniques également : Sheepeater cliff.; quelques boutiques offrent de l'art natif à Jackson, mais dans cette ville, on parle beaucoup plus des cow-boys.

J'ai eu la désagréable impression que la civilisation américaine, pourtant récente, a littéralement "gommé" toute trace des peuples qui ont précédé l'envahissement par les blancs dans un premier temps, par toutes sortes d'immigrants par après !

Je ne vais pas vous narrer toutes les histoires de guerres entre indiens et colons/armée américaine. Des liens ci-dessous peuvent vous renseigner.

Une anecdote cependant :
Tout le monde connait William Cody, alias "Buffalo Bill" : il fut mandaté pour exterminer les bisons, pour nourrir les ouvriers du chemin de fer, satisfaire les besoins européens en peaux, ... et pour affamer les indiens des plaines, dépendants de ces animaux.


et deux courts extraits de l'encyclopédie Encarta, en rapport avec les conflits entre natifs et colons :

http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761570777_5/Amerindiens.html

La politique des États-Unis envers les Amérindiens fut, dans les faits, impitoyable : guerres indiennes, déportations, massacres, dévastations des territoires et de leurs ressources, spoliation (Indian Removal Act de mai 1830, Homestead Act de 1862), alliances non respectées (l’Oklahoma, officiellement territoire des « Cinq Nations » en 1834, fut ouvert aux colons en 1889 et devint un État de l’Union en 1907). Les populations amérindiennes atteignirent leurs taux les plus bas au début du XXe siècle. En juin 1924, le Congrès accorda finalement à ces Américains d’origine la citoyenneté des États-Unis.


http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761553925_2/indiennes_guerres.html

À partir de 1840 environ, lorsque les Américains se lancent à la conquête des territoires de l’Ouest (à la suite de l’expédition de Lewis et Clark, 1804-1806), ils rencontrent la résistance des tribus amérindiennes vivant sur ces territoires. Jusqu’années 1880, les forces américaines livrent de nombreuses batailles pour ouvrir la voie aux émigrants, et pour permettre au gouvernement d’établir son contrôle sur ce vaste territoire.

La ruée vers l’or de 1849 est un désastre pour les Amérindiens du Far West. Les Bannocks et les Shoshones de l’Oregon et de l’Idaho, les Utes du Nevada et de l’Utah, et les Apaches et Navajos du Sud-Ouest entreprennent une résistance organisée contre les spoliations. Vaincus, ils finissent parqués dans des réserves. Le conflit majeur a lieu dans les Grandes Plaines. Les restes de nombreuses tribus de l’Est s’entassent dans ce territoire, ayant de grandes difficultés à s’adapter à un environnement si différent, tandis que les tribus originaires de la région s’irritent de la présence de ces nouveaux venus.

Dans les années 1860 et 1870, les Arapahos, les Cheyennes et les Sioux se battent farouchement contre l’installation d’émigrants sur leurs territoires. Parmi tous les combats, la bataille de Little Big Horn est la plus célèbre : le 25 juin 1876, une grande partie du 7e régiment de cavalerie du lieutenant-colonel George A. Custer est anéantie par les Sioux et les Cheyennes, commandés par Sitting Bull et Crazy Horse. Moins d’un an plus tard cependant, la plupart des Sioux et des Cheyennes se sont rendus. Seuls les Nez-Percés, jusqu’à la fin des années 1870, et Geronimo avec les Apaches continuent le combat jusque dans les années 1880. Les guerres indiennes s’achèvent avec le massacre de Wounded Knee dans le Dakota du Sud, le 29 décembre 1890, au cours duquel des guerriers, des femmes et des enfants sioux sont abattus par la cavalerie américaine.






Obama semble s'intéresser au problème des natifs... mais c'était avant les élections et toute voix bonne à prendre; l'avenir nous dira si le dialogue va s'engager.









Journal Le Monde.




Deux petits exemples de l'art indien, qui outre les parures et bijoux plus connus, montre le potentiel de ces hommes qui méritent mieux que d'être spoliés de leurs terres, de leurs droits et d'être parqués dans des réserves.
Ensuite, chacun se fera une idée personnelle du problème.

                                                        Une peinture de Fernando Caro.

                                              Des hiboux , de Jon Anderson  - www.fimocreations.com
                                         Ndlr :Les chouettes et hiboux sont mes oiseaux préférés, et je les collectionne.



Quelques liens :
   - http://amerindiens-libres.over-blog.com
   - http://amerindien.e-monsite.com
   - http://en.wikipedia.org/wiki/Shoshone , aussi suivre "Sheepeater" en   
             bas de page.
   - http://www.shoshoneindian.com
   - http://www.legendsofamerica.com/NA-Shoshone.html

      -

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Brève prospective sur l'avenir du super- volcan :
SEULE CERTITUDE, IL ENTRERA EN ERUPTION !
mais   QUAND   et   COMMENT ?



Robert Christiansen, dans son étude très complète parue en 2000 - "The quaternary and pliocène plateau volcanic field of Wyoming, Idaho, and Montana" - prévoit trois scénarii possibles.

1. le plateau du Yellowstone représente le stade final d'un cycle de résurgence du chaudron infernal... avec possibilité d'un volcanisme de type rhyolitique déclinant dans la caldeira et à proximité de celle-ci.

2. du volcanisme basaltique peut accompagner ou succéder à la fermeture du cycle rhyolitique actuel, tout d'abord hors de la caldeira  et finalement au sein de la caldeira.

3. après 160.000 ans, un autre cycle rhyolitique s'amorce avec un nouveau remplissage de la chambre magmatique et une nouvelle éruption paroxysmale, digne d'un super-volcan.
Dans ce cas, l'ensemble des etats-Unis risque d'être touché par les effets directs de l'éruption, par les retombées de cendres ensuite et toutes les perturbations sur la santé humaine et animale, sur les activités commerciales diverses ... et à terme un "hiver volcanique" dommageable pour la planète entière.

Des études plus récentes n'ont pas conclus différemment... malgré le battage médiatique sur les super-volcans depuis 2 ans, et l'annonce de catastrophes dans la mythologie des peuples d'Amérique centrale prévue pour 2012.

Situation actuelle de la chambre magmatique d'après :
"Volcanism" de H.U.Schmincke :


Smith & Chang - Utah university :



qui constatent une chambre magmatique double, ou à double lobes, respectivement sous les dômes de résurgences Mallar Lake et Sour Creek.

De toute façon, l'avancée de la plaque américaine, au dessus du point chaud statique, va lui faire rencontrer des terrains beaucoup plus "costaux" que dans la Snake River Plain ... les Rocky Mountains !
Et ceci pourrait modifier son comportement cyclique... mais ceci est une autre histoire, étant donné les connaissances actuelles en volcanologie.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

                                      Le sahara au centre des Etats-Unis. -
© B.Duyck

Les dunes de sable de St.Anthony couvrent une surface de 453 km²., surface immense et mouvante.

Les dunes anciennes - "historiques" - , maintenant stabilisées par des plantations, couvrent les environs du site actuel. Elles sont appelées "Barclan dunes", car leur forme va croissante et finit par une paire de cornes, dans la même direction que le sable en mouvement.
Les collines au nord du champ dunaire et Juniper Butte sont des volcans éteints.

                                                                                                           © B.Duyck


Il y a 10.000 ans, lorsque le temps de l'Idaho était plus froid et humide qu'aujourd'hui, la végétation luxuriante était broutée par des mammouths, des grands bisons et des cheveaux de la taille d'un poney.
Ces animaux se sont sans doute abreuvés sur les bords sableux de Mud Lake et Market Lake, situé au SO. du site actuel.
Bien qu'existant toujours, ces formations ont considérablement retrécies avec le réchauffement climatique à la fin de l'âge glaciaire.
Quand le rivage sableux s'assécha, du sable, en provenance des dépôts dela snake river, de la Teton river et autres affluents, a été chassé par les vents à l'actuel emplacement.

                                       Sous le sable, des terrains volcaniques...
- © B.Duyck

                                                                                                                © B.Duyck


                                           Un peu de douceur dans ce monde minéral - © B.Duyck

Mud Lake -actuel - abrite de nombreux oiseaux, qui ont fait mon bonheur d'ornithologue.


                   Des Ibis à face blanche ( Plegadis chihi) ci-dessus, et des bernaches du Canada
                   (Branta canadensis) ci-dessous, parmi la dizaine d'espèces aperçues au passage.

                                                                                                                         © B.Duyck



En direction du plateau du Yellowstone, deux stops intéressants:
"Columnar jointing": des orgues basaltiques se sont formés au refroidissement du flot de lave. Après cristallisation sous forme hexagonale, encore accentuée par les périodes successives de gel et dégel, elles furent percées par la Snake River.

                                                                                                         © B.Duyck


"Mesa Falls" : Upper et Lower Mesa falls constituent le seul site "non domestiqué" pour cause d'irrigation ou production électrique en Idaho.
Elles chutent de respectivement 33,5 et 26 m. de haut.

                                                                           Upper Mesa Falls
- © B.Duyck

                                                                                                          © B.Duyck


Un merle d'amérique - American Robin - s'apprête à nourrir ses jeunes.
Ses couleurs sont un gage des merveilleuses nuances que nous offrira le Yellowstone ... nous sommes à la porte du parc.

Ndlr : pour ceux qui prendraient le train en marche, le site du Yellowstone a été décrit précédemment ... cliquez sur le lien pour y arriver rapidement.

sources:
  - " Mafic volcanism and environmental geology of the ESRP"
     par S.Hughes.
  - la détermination des oiseaux vus au Yellowstone, grand Teton
     et Snake River Plain s'est faite grâce au " Fielf guide to the
     birds of Western north America " de D.Sibley -éd. Helm.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Un communiqué du PHIVOLCS :

Ce 15 septembre, à 5h.37 , trois émissions mineures de poussières volcaniques ont été observées au cratère sommital du volcan Mayon. La colonne de poussières brunes a atteint la modeste altitude de 700 m. et dérivé vers le SO.
Pour les dernières 24 h., on a relevé 11 seismes d'origine volcanique; les émissions de vapeur varient de faible à  modérée et les émissions de dioxyde de soufre ont diminué à 50 tonnes par jour ( contre 818 tonnes par jour le 12.09.09).
Le statut reste fixé au niveau 2 et la zone d'exclusion de 6  km étendue à 7 km. en raison de possibilités d'explosions et chutes de pierres; les zones identifiées comme susceptibles d'être affectées par des lahars sont à eviter spécialement en cas de mauvais temps et fortes précipitations.




                            Le volcan Mayon - Philippines - photo : K.Fredrickson - Smithsonian inst.


 
 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pour mériter pareil dénomination, il doit s'être passé des drames à cet endroit !
Massacres ethniques et Bouleversements géologiques seront les fils conducteurs de cette page.

                                                                                                           © B.Duyck


"Gate of Death" et "Devil's Gate pass", voilà deux autres noms qui caractérisaient l'endroit resserré par où devaient passer les caravanes de colons. Ici se confondaient trois grands chemins : Lander road, the main Oregon trail et the California trail.
Ce couloir étroit, reste d'un ancien volcan, était le lieu de toutes les embuscades menées par les indiens défendant l'accès à leur territoire.
Les Shoshones de l'ouest étaient un peuple de cueilleurs et chasseurs de petit gibier, habitant de légers abris de branchages, faciles à déplacer afin d'exploiter au mieux les rares ressources de leur milieu de vie.
En 1859, des gisements d'argent furent découvert sur la zone occupée par les Paiutes et les Shoshones de l'ouest. Conduits par leur chef "Bear hunter", les Shoshones harcelèrent les colons envahissant leur territoire, s'attaquant aux campements de mineurs, aux lignes du télégraphe et aux convois d'immigrants vers la Californie sur la piste de l'Oregon.
Les 9 et 10 août 1862, à l'est de Devil's Gate, une série d'escarmouches eu lieu entre indiens et colons...plus de 10 pionniers et un nombre indéterminé d'autochtones y furent tués. Cet épisode donna le nom de "Massacre rocks" à l'endroit.

Non loin de là, "Register rock" était un site prisé par les voyageurs sur l'Oregon trail . Il laissairent, sur un gros rocher, une trace de leur passage... graffitis de l'époque à la manière des tags actuels. Beaucoup de ces témoignages datés furent effacés par l'érosion; seuls demeurent sur le rocher, quelques noms et dates, maintenant protégés par un toit et des grilles des assauts du temps et des dépradations.

                                   ©JM. Mestdagh


Outre un lieu de batailles, ce fut d'abord ici celui de la fureur de la nature.

Coupe géologique du Massacre volcanic complex - Luessen 1987.

Il y a 6,5 millions d'années, de violentes éruptions phréatomagmatiques eurent lieu ici, lors de la rencontre du magma et de l'aquifère de l'antique Snake river, formant un cône de tuff.
Ce volcan fut balayé par le Bonneville flood : lorsqu'il y a 15.000 ans, le barrage naturel de Red Rock pass céda, les eaux de l'ancien lac de Bonneville, qui couvraient la plus grande part de l'Utah et du Nevada, se déversèrent dans la Snake river et en modifièrent la topographie.
En plus de détruire le cône de tuff, ce gigantesque déversement entraina des rochers arraché aux montagnes, les roulants et les polissants. Ces "boulders" échouèrent en hauteur par rapprt à l'actuelle Snake River.


© B.Duyck


                        Un des "Boulders" , posé en hauteur par le Bonneville Flood - © B.Duyck


Des restes de l'antique cône de tuff se retrouve sur les parois érodées de l'actuelle rivière.

                                                                                                               © B.Duyck


"Lake channel outlet" est l'emplacement de l'ancienne chute d'eau d'un des nombreux canaux de déversement creusé par le Bonneville Flood;
durant quelques mois, un flot, au débit quatre fois supérieur à celui de de l'Amazone, déferla par ces cascades.

                                                                                                           © B.Duyck

 

Sources:

  - "Mafic volcanism and environmental geology of ESRP"

     par S.Hughes.

  - Doc.web sur "Massacre Rocks"

 


N.B. : je vous quitte quelque temps pour examiner les rhyolites du
massif de l'Estérel ... mais le blog continue, à une fréquence de vacances !


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

          North Menan Butte, à gauche - South Menan Butte, à droite.

                                                                                                                     © B.Duyck



Les cônes jumeaux de Menan Buttes font partie d'un groupe de six cratères alignés le long d'une fissure orientée NO., qui forment un complexe composés de tuff cones (cônes de tuff) basaltiques et de tuff rings (anneau de tuff) plus petits.








Ces formations trouvent leur origine dans la rencontre entre le magma véhiculé dans un dyke basaltique et les sédiments alluviaux gorgés d'eau ... en résulte une éruption phréatomagmatique; celles -ci sont hautement explosives !
Lorque le magma en fusion rencontra les eaux froides de la Snake River qui coulait à cet endroit, il refroidit si rapidement qu'il n'y eu aucune formation de cristaux, mais formation de Tachylite, verre volcanique basaltique. La transformation instantanée de l'eau en vapeur pulvérisa le verre en fragments minuscules qui se soudèrent entre eux quand les cendres chaudes retombèrent sur le sol.
Il n'y a pas de traces de coulées à Menan Buttes, indiquant une interaction permanente entre l'eau et le magma ... au contraire de la plupart des cônes de tuff, où la première phase est phréatomagmatique, avec ensuite une coupure vis à vis de l'aquifère qui permet à des flots de lave de prendre le relais. (J.Sing - in Volcanoes of North America)



  South Menan Butte est de forme allongée dans un axe SO.-NO., étant donné les vents soufflants au moment de l'éruption.Dans des conditions climatiques plus clémentes, les cônes de tuff sont circulaires.

Les Menan Buttes sont uniques, car elles représentent le seul cas d"éruption volcanique survenant dans des eaux froides aux Etats-Unis.



                                                           Vue aérienne : USGS



             Le début de la montée est facile, mais ensuite la pente atteint 30°.
- © B.Duyck

            De la rive sud de North Menan Butte: vue sur South Menan privatisée.
- © B.Duyck

                      Tuffs palagonitisés -bords sud du cratère.
- © B.Duyck





Les dépôts des tuff cones sont monotones... égayés par quelques plantes pionnières.


                                           © B.Duyck



Les Tuff rings appelés North and South Little Buttes, situés au sud des Menan Buttes, sont plus petits, ont des pentes moindres et des dépôts cycliques reflétant des phases stromboliennes (décharge "sèche") et surtseyennes (décharge "humide") successives.

Sources:
   - "Menan volcanic complex" , in Guidebook to the Geology of
      Eastern Idaho par B.Hackett.
   - "Volcanoes of North America" - Menan Buttes, par J.S.Sing
   - Schémas : "Guide des volcans" par M.Rosi.
   - "Volcanologie" par J-M.Bardintzeff.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Continuons notre exploration de la Snake River Plain en direction du nord-est : sur la route entre Arco et Blackfoot, nous traversons un paysage plat où règnent les buissons de Sagebrush et dominé par les "Buttes".
Ce sont des domes rhyolitiques, datant du Pleistocène, qui tranchent franchement sur la plaine basaltique nivelée.


Une vue aérienne des trois buttes : à l'avant-plan, Big Southern butte, puis vers la gauche, Middle butte et East Butte.

BIG SOUTHERN BUTTE est la plus grande formation de la SRP; cette butte dépasse de 800 mètres la surface de la SRP et s'enfonce de 1.000 mètres sous celle-ci;  elle est formé par deux lobes endogéniques coalescents datés respectivement de 294.000 et 309.000 ans (datation K-Ar - Kuntz & al. 1994), bien visibles sur la photo aérienne. Ce genre de formation est aussi appelée "cumulodome".
Placard explicitant la formation de Big Butte.

Sur son flanc nord, un énorme bloc de basalte, ferrolatites et sédiments : la présence de ferrolatites implique l'existence d'un centre volcanique à proximité... une source possible pour cette lave serait le centre éruptif de Cedar Butte, situé à 8 km. à l'est.
Cedar butte, daté de 400.000 ans est un assemblage complexe de laves, de composition intermédiaire mais contenant une coulée de lave rhyolitique.

                  Big Southern Butte, vu de la centrale EBR-1.
Les petits écritaux, placés un peu partout sur le plaine, rappelle que le terrain est interdit d'accès, ..."zone radio-active" , déchets enterrés !

MIDDLE BUTTE est une formation élevée composée d'une vingtaine de coulées de lave basaltique, apparemment soulevée, comme par un piston, par un cryptodome silicique souterrain d'âge non déterminé.

EAST BUTTE est un dôme rhyolitique endogénique, daté de 600.000 ans.
Séparant Middle et East Butte, un petit dôme rhyolitique, lui aussi, date de 1,2 Ma, classé sous le nom d'Unnamed Dome.

                    Middle Butte, à gauche et East Butte, surmontée d'un groupe d'antennes.

LA zone axiale est considérée comme "une zone de transition", à cause de sa proximité avec le plateau du Yellowstone et Crater of the Moon.
Plus on se rapproche du Yellowstone et plus les structures rhyolitiques deviennent communes, au contraire des structures basaltiques.
voir schéma développé antérieurement.

sources :
  - "Mafic volcanism and environmental geology of the ERSP"
  - "Cedar butte and cogenetic quaternary rhyolite domes of the ES
RP" -   

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