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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
                                                    from HVO ... and me


                    a bonus pic from the Hawaiian Volcano Observatory send on 31.10.2007.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le cratère du Ngorongoro a été classé au "patrimoine mondial" et est devenu le principal sanctuaire mondial pour le rhinocéros noir.
La configuration de l'endroit, le fait qu'il ne soit pas habité et par contre fort surveillé, a permis au rhinocéros d'échapper à l'appétit des "chasseurs de cornes".

Ces mêmes caractéristiques profitent à un ensemble vaste d'espèces : on y rencontre la plupart des espèces herbivores des plaines du Serengeti : des gnous, des zèbres, des gazelles, des buffles, des cobes, des phacochères.
Des herbivores plus discrets habitent les zones forestières : des élands du Cap, des guibs, des hippopotames et quelques éléphants.
Les prédateurs sont aussi en nombre : lions, hyènes, chacals, servals, otocyons.

                           Gnous et zèbres sur les zones de savane sèche.
- © B.Duyck
 
Alors qu'ils forment d'énormes packs-migratoires dans le Serengeti, les gnous - Connochaetes taurinus- sont sédentaires dans le cratère du Ngorongoro. Viennent même s'y ajouter quelques éléments migrateurs.
Ces antilopes peu gracieuses, d'allure "préhistorique" s'associent aux zèbres, leur façon de brouter se complètant pour bien exploiter le terrain.

                 Zèbres de Burchell - à l'avant-plan, un adulte et un juvénile. -
© B.Duyck

Les zèbres du Ngorongoro ne sont pas non plus migrateurs, le cratère leur offrant tout le nécessaire durant l'année complète. Leur nom en swahili -"âne rayé" - ne fait pas la distinction entre les trois espèces vivantes.
Ici, ce sont les zèbres de Burchell, plus spécifiquement la sous-espèce boehmi soit le zèbre de Grant - Equus burchelli boehmi -, qui sont représentés.
 Le pelage blanc est zébré de larges rayures marron (chez les juvéniles) à noires, bien espacées sur les flancs et s'interrompant sur le ventre.
Au fait, les zèbres sont-ils blancs à rayures noires, ou noirs à rayures blanches ?
 La question n'est pas tranchée ... des observations récentes sur la formation des rayures au cours du développement suggèrent qu'ils "seraient noirs à rayures blanches".

                   La gazelle de Grant (mâle) affectionne les paysages ouverts. -
© B.Duyck

Les gazelles de Grant et les gazelles de Thomson sont toutes deux présentes dans le cratère et forment souvent des troupeaux mixtes, tout au moins lorsque la végétation n'est pas trop sèche. Elles supportent des environnements chauds et déshydratants grâce à la possession de particularités morphologiques (pelage clair, morphologie efflanquée) et physiologiques (régulation de la température corporelle). Elles ont cependant un régime alimentaire différent : le Thomson est strictement herbivore, la gazelle de Grant est phyllophage et se nourrit de feuilles de buisson.

  Gazelles de Thomson, plus colorées, plus trapues, et aux flancs barrés d'une bande noire.

  © B.Duyck


                  Groupe de buffles âgés d'au moins 8 ans (aspect des cornes) - © B.Duyck

Le buffle africain - Syncerus caffer caffer -fait partie de ces "big five" que tout chasseur-photographe se doit d'épingler. Cet animal imposant (jusqu'à 1,7 m .au garrot et pesant entre 500 à 900 kg.) est imprévisible et ses charges dangeureuses.
Leurs formidables cornes attirent non seulement les nemrods de tout poil, mais aussi les sorciers qui les utilisent, réduites en poudre, pour guérir le stérilité féminine. Pour le buffle, ce sont surtout des armes anti-prédateurs : en cas d'attaque, ils forment un cercle, protégeant ainsi les juvéniles et les animaux affaiblis à l'intérieur de celui-ci, et présentent aux assaillants un rempart de cornes infranchissable.

       L'heure de la chasse approche : étape préliminaire, examen des environs.
- © B.Duyck

Malgré une bonne forme apparente, les lions - Panthera leo - du Ngorongoro sont menacés: isolés topographiquement des autres groupes du Sérengéti, ils ont privés également d'un apport génétique nécessaire. La baisse de la variabilité génétique a engendré une baisse de la fécondité et un affaiblissement immunitaire, attribués à la consanguinité.

                                   Une belle famille ! -
© B.Duyck

Réputée lâche et poltronne, l'hyène tachetée - Crocuta crocuta - est en fait un prédateur audacieux et très dangereux dès qu'elle chasse en groupe. Dotée d'un appétit féroce, elle dévore tout ce qu'elle rencontre, proies vivantes ou charognes; elle joue ainsi un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre naturel en éliminant les bêtes affaiblies et en débarassant la savane des cadavres qui, laissés sur place, favoriseraient le développement d'épidémies.

                                      © B.Duyck


Elles chassent surtout la nuit, se reposant de jour, affalées sur le sol ou vautrées dans la boue.

                                     © B.Duyck


Ayant un peau fragile et ne possédant pas de système de thermorégulation efficace, l'hippopotame - Hippopotamus amphibius - s'immerge de jour et passe ses nuits à brouter les prairies à herbe rase la nuit. Il joue un rôle important dans l'équilibre naturel des plans d'eau qu'il fréquente : la dispertion des ses fécès apporte les engrais nécessaires à la vie aquatique.

L'avifaune est très riche et représentée par 250 espèces d'oiseaux : en zones humides, des canards, des cormorans, des pélicans, des flamants nains et nombre de petits échassiers; partout ailleurs, de nombreux rapaces, dont des vautours, des grues couronnées, des rolliers, des martins-pêcheurs, des calaos et beaucoup de passereaux.
Pour illustrer ceci, juste deux photos, parmi quelques dizaines, d'oiseaux particulièrement élégants:

     La grue royale - Balearica regulorum - arpente son domaine, en cherchant sa pitance. -

                                    © B.Duyck

 

              Un groupe d'Ibis sacrés, très fashion, en bordure d'un hippopool. - © B.Duyck

A noter : un comportement déviant, induit par la fréquentation humaine, chez les Milans royaux.
Lors de la halte de midi, et l'habituelle dégustation de sandwiches, les visiteurs se font harceler, pour ne pas dire attaquer par des milans, rapaces au vol acrobatique, qu'ils ont nourris dans un premier temps.
Seulement ceux-ci se sont spécialisés dans la récolte facile, livrée à heure fixe et en abondance, et n'attendent plus qu'on la leur présente mais la vole littéralement des mains des touristes, malgré leur vaine tentative de "manger sous le manteau" !
Après deux bouchées avalées à la sauvette, nous avons du nous replier dans les véhicules pour terminer le repas, avec une main entaillée par les serres d'un milan un peu "moins précis".

               Pasteurs Maasai pénétrant dans le cratère avec leur troupeau. -
© B.Duyck

 Le cratère du Ngorongoro est inclus dans un ensemble beaucoup plus vaste - 8.288 km² - appelé "Ngorongoro Conservation Area" , créée en 1959 pour permettre aux Maasai de coexister avec la faune sauvage. Les règles y sont différentes et les Maasai ont p.ex. le droit d'abreuver leurs troupeaux dans le cratère,mais il est interdit de les faire pâturer.
Ce compromis semble bien fonctionner, si on le compare à ce qui se passe au Kenya,dans certaines réserves.

Espérons que la dénomination "arche de Noé" ne se vérifie pas et que cette faune sauvage si riche continue à se retrouver partout dans le pays et en Afrique en général et ne devienne pas une attraction limitée à quelques zones restreintes.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques




                                        La lave traverse la "Old Kalapana road" , le 24.10.2009 - photo HVO

La lave traverse la "Old Kalapana road" depuis le 23.10.2009 à 1,45 h. am locale; bien que la coulée se soit arrêtée, la route continue de brûler.
Les coulées sont toujours bien visibles depuis le trailhead non touché.

                                                             photo HVO 25.10.2009

La lave continue de brûler la végétation du kipuka, situé au sud de la route d'accès; de petites exposions de méthane sont observées.

Une vidéo de D.Cornigan illustre bien cet épisode - signalée par le Dr Klemetti sur son site "Eruptions".

Sources :
 - HVO - Hawaiian Volcano Observatory
 - Eruptions : excellent site du Dr Klemetti

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Ce mois-ci, le Chaiten est à l'honneur !

Après en avoir parlé dans "Le volcan du mois" - octobre 2009 :
 - construction du 3°dôme
 - article dans le journal Nature du 08.10.2009  ...

Une super photo de la Nasa, en date du 27.10, est venu nous le rappeler

Un article du CNRS, daté du 28.10.2009, reprend le thème en détails et en français ...   A LIRE !

                                               Le Chaiten, toujours actif - INSU-CNRS.

et finalement, FR3, dans son émission hebdomadaire Thalassa, va y consacrer quelques minutes :

                     "Chaiten, sous les cendres de la Cordillère"
                      FR 3 - vendredi 30 octobre - 20 h. 35


à vos magnétoscopes !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le NGORONGORO

Ce volcan-bouclier est surtout renommé pour sa caldeira : le plus grande caldeira entière au monde.

      Une partie de la caldeira - le lac salé Magadi en saison sèche : septembre 2006 -
© B.Duyck

D'une hauteur actuelle de 2.380 mètres, le Ngorongoro à un diamètre total de 35 km.
Sa caldeira, de 19 sur 22 km., a son plancher à 1.700 m asl. et il faut donc descendre entre 400 et 600 m. le long des parois du cratère pour y accéder.

                                    La piste de descente dans la caldeira -
© B.Duyck

Avant son effondrement, la hauteur du volcan était comprise entre 4.500 et 5.000 mètres.

Sa formation date du Pliocène.
Un schéma intéressant de Pickering , dans les Annales de Géographie, nous explique la tectonique de la région du Ngorongoro.



A. à la fin du Miocène : formation d'une proto-Eyasi rift valley et du massif montagneux de Doinyogol.
B. au Pliocène : formation du Ngorongoro et des volcans environnants,
avec émission primaire de basalte, puis passage à une phase plus explosive avec production de tuffs et brèches. Apparition du lac Eyasi.
C. Fin du PLiocène-début du Pleistocène : formation du rift de Manyara/ Gregory rift et effondrement / formation de la caldeira du Ngorongoro.
D. Au Pleistocène supérieur : activité volcanique dans la caldeira du Ngorongoro et au NE. du massif, avec les volcans Kerimasi et Lengai.
Apparition du lac Manyara.

L'hydrologie du Ngorongoro est complexe : sur le plancher du cratère et à la base des parois, sourdent des sources d'eau fraîche.
Le lac Magadi est un lac saisonnier alcalin, nourri partiellement par les eaux de la Munge river descendant du volcan Olmoti, situé au nord de la caldeira. (datation : 24.000 ans BP)

                Des zones de forêts avoisinent la savane entrecoupée de zones humides. -
© B.Duyck

La composition des terrains : basalte à olivine, trachybasalte et trachyte.
Des cônes de scories parsèment la caldeira dont Engitati Hills, de composition basaltique et d'une texture suggérant sa formation lors d'une éruption subaquatique.


Cette caldeira, de par sa grandeur -370 km²- et ses parois qui l'entourent complètement offre un biotope protégé à une faune diversifiée et riche.
Demain : l'arche de Noé Africaine.

Sources :
- Persee.fr : Annales de Géographie n°438 - L'évolution de la Rift
  valley du Kenya ... - R.Battistini
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1971_num_80_438_15294

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après avoir parcouru le nord et l'est de la carte ci-dessous, reste à voir la zone ouest qualifiée par Dawson de :
                         CRATER HIGHLANDS.




On retrouve dans cette zone principalement des volcans-boucliers basaltiques alignés sur un axe NE-SO, à partir du semi-graben d'Eyasi.
Beaucoup de ces volcans ont de larges cratères : l'Empakai, l'Olmoti et le Ngorongoro. D'autres, comme le Loolmalosi, le plus haut volcan du groupe, n'ont pas de cratère sommital.

Le plateau de lave, entrecoupé de failles, qui recouvre le plancher de la Rift Valley entre les lacs Natron et Manyara, est constitué d'écoulements en provenance des Craters Highlands et de volcans plus distants, dont le Ketumbeine et le Gelai.

        Montage effectué à partir d'une photo de la Nasa et d'un schéma de Dawson.

En partant du nord, voyons d'abord le volcan EMPAKAI (aussi Embagai, Elanairobi):
              volcan-bouclier
              altitude : 3.235 m. - dont dénivellé : 2.000 m.
              diamètre : 30 km.
              cratère : 6,3/7,8 km.
              datant du Pliocène
              composition : limburgite, trachybasalte,
                          néphélinite, peralkaline phonolite.

                  Le cratère de l'Empakai, avec à gauche l'Ol Doinyo Lengai
                                                       photo "African road safari".

Le cratère elliptique mesure 6,3 km sur 7,8 et a une profondeur maximale de 980 mètres. Sa partie Est est occupée par un lac circulaire de 3,5 km. de diamètre dont le niveau est à 2209 m. asl.
Les trachybasaltes forment les parties basses des parois du cratère, avec des flots de limburgite à la base, et la phonolite, les parties hautes.
De petits cônes, situés sur le plancher du cratère, l'ont recouvert de tuff trachybasaltique.

Sur les parties basses des pentes situées au nord du volcan, des tuffs trachybasaltiques surmontent des flots de basalte, néphélinite et olivine dans la gorge d'Engare Sero.

Plus au sud, nous trouvons l'OLMOTI.

                                           Le cratère de l'Olmoti -
© TommyImages.com
            Un clic sur la photo pour accéder au site et à son blog contenant
                   des astuces photographiques intéressantes ... à consulter.

              volcan-bouclier
              altitude
: 3101 m . - dont dénivellé : 1580 m.
              diamètre : 30 km.
              cratère : diamètre 6,5 km.
              datant du Pliocène
              composition : trachybasalte, trachyte,
                                  trachyphonolite.

L'Olmoti est un large dôme, dont les flancs sud et est sont couverts de forêts.
  Le cratère présente un petit "bouchon central" haut de 130 mètres.  Son sommet est constitué de trachyte.
Le reste du cratère est couvert de sédiments lacustres épais de +/- 50 m.

Le LOOLMALOSI
: moins connu, cette "montagne", la plus haute des Craters Highlands, est un volcan.
            volcan-bouclier
            altitude : 3.648 m. - dont dénivellé : 2.600 m.
            diamètre : 25 km. - sans cratère
            datant du Pliocène
            composition : basanite, basalte, trachyte.
     

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Jolie vue aérienne du Chaiten prise par le satellite Nasa EO-1 et ALI (Advanced Land Imager) le 20 octobre 2009.
La couleur pâle du panache émis par le volcan suggère une proportion importante de vapeur d'eau en regard de celle de poussières volcaniques.
Le sommet du volcan se trouve caché par le panache (endroit où celui-ci parait le plus clair)

Petit rappel : le Chaiten est une caldeira contenant un dôme de lave formée durant l'Holocène (9.400 ans). Après une période de sommeil longue - plus de 9.000 ans -, le réveil, en mai 2008, fut brutal : une éruption rhyolitique dévasta la région, inondant sous poussières et lahars la ville proche du même nom et forçant ses habitants à l'évacuer durablement.

NASA Earth Observatory image created by Jesse Allen, using EO-1 ALI data provided courtesy of the NASA EO-1 team. Caption by Michon Scott.




Rappel photographique et satellitaire de l'éruption 2008 :

                                        La ville de Chaiten sous les lahars, le 19.05.2008
Formosat image © 2008 Dr. Cheng-Chien Liu, National Cheng-Kung University, and Dr. An-Ming Wu, National Space Organization, Taiwan. Caption by Robert Simmon.


Source : Images satellites de la Nasa / Nasa Earth Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les lacs salés sont une particularité du Rift est-africain :

EN ETHIOPIE, pour n'en citer que quelques-uns : le lac Karoum avec le Dallol, le lac Abbe, le las Assal.

Le lac Karoum et son exploitation de sel, près du volcan Dallol, ont été étudiés précédemment.

Le lac Abbe, situé à la frontière de l'Ethiopie et de djibouti, est un lac endoréique nourri par les eaux de l'Awash.
D'origine tectonique, il se situe dans un graben encadré de deux horsts, et se situe à proximité d'un volcan endormi, le DAMA ALI.
Des cheminées ruiniformes surgissent du fond du lac et lachent des fumerolles soufrées, ce qui confirme le terrain volcanique.
De profondeur variant entre 8,6 et 31 m., son volume atteint 3 millions de mètres cubes, sa surface étant de 320 km².
Ses berges abritent une colonie de flamants roses.

                                               Le lac Abbe (11,10N-41,47E) - photo Nasa.

Le lac Assal est situé dans le triangle Afar; inscrit dans un graben entouré de deux horsts, il est séparé du Ghoubbet-el-Kharab - prolongement du golfe d'Aden via le golfe de Tadjourah - par le volcan Ardoukoba.
A moins 153 m. sous le niveau de la mer, c'est le point le plus bas du continent africain.
          Le lac Assal, au centre, séparé par l'Ardoukoba, du Ghoubbet-el-Kharab, en bas à droite.
                                                    11,41N - 42,25E - photo Nasa.

Les apports en eau sont irréguliers et proviennent d'oueds véhiculant les eaux des précipitations orageuses et d'infiltrations d'eau de mer, via e.a. une source de faible débit. Son évaporation est due à la sécheresse, la force du vent et la température élevée régnants dans cette région.

                                    Les rivages du lac Assal, avec la plaine de sel - Wikipedia.

Les conditions de cristallisation, jointe à la forte teneur en minéraux, permettent de découvrir de très gros cristaux d'halite (jusqu'à 1 cm. de côté) et de gypse cristallisé en rosace ou "en fer de lance", dont l'accumulation peut former des buttes de plusieurs dizaine de mètres.



AU KENYA, on en compte cinq. Du nord au sud, ce sont les lacs Magadi, Elementeita, Nakuru, Bogoria et Turkana.



Le lac Magadi est le lac le plus "salé"; il est alimenté par une série de sources chaudes dont la température monte à 45°C, les principales sources jaillissent au sud-ouest du lac, là où se forme sa seule nappe d'eau claire et où se concentre les oiseaux.
La forte concentration en sel constitue un danger pour les poussins de flamants ; lorsqu'il ne pleut pas suffisamment, l'eau se transforme en une gelée épaisse qui se cristallise autour du bas des pattes... empêchant les poussins de suivre les adultes, de se nourrir convenablement, et ils finissent par en mourir.

                             Image satellite du lac Turkana - Wikipedia.

Le lac Turkana est le plus grand des lacs de la Rift Valley : avec 250 km. de long sur 50 km. de large., il couvre 7.500 km² .
Ce lac fut appelé "lac Rodolphe", en l'honneur du premier homme blanc arrivé sur ses rives, l'archiduc Rodolphe d'Autriche.
Les teintes vertes dues aux algues, lui ont valu la surnom de "mer de jade".

Il fait référence au "berceau de l'humanité" à la suite de la découverte en 1967 de fossiles par le Dr. Richard Leakey. En 2007, on a trouvé une machoire supérieure d'homo habilis et un crâne d'homo erectus vieux de 1,55 millions d'années proches l'un de l'autre ... impliquant que ces deux espèces différentes se seraient côtoyées pendant plusieurs centaines de milliers d'années.
Des traces de pieds datant de 1, millions d'années attestent de la bipédie à cette époque.

Le lac Turkana est une halte importante pour les oiseaux migrateurs; c'est aussi un lieu de reproduction pour les hippopotames.
Des crocodiles habitent l'île centrale du lac; leurs oeufs fournissent un bonus alimentaire apprécié des pêcheurs locaux.

                  L'ile centrale du lac Turkana - Yann Arthus-Bertrand - fond d'écran
                                                   téléchargeable.                         


Le lac Bogoria présente de nombreuses sources chaudes et fumerolles. Deux zones géothermales  différentes ont été identifiées; la première est alimentée par des sources d'eau bouillante localisées aux rives ouest du lac et en rapport avec un aquifère superficiel. La seconde, situé au sud, est liée à un réservoir géothermal profond et plus chaud.
Il présente sur ses rives quelques beaux cônes volcaniques, dont le photogénique Nabuyatom.
Ce lac est peuplé lui aussi de troupes de flamants.

Le lac Nakuru, désigné comme site Ramsar, est sous contrôle depuis 1951 et 1953, années où il s'assécha. Il subit la pollution agricole (pesticides, engrais) et humaine de la ville de nakuru proche et peuplée de plus de 210.000 habitants. Le parc naturel adjoint est reconnu comme sanctuaire pour les rhinocéros noirs (45individus) et blancs(30 individus), et pour la girafe de Rothschild.
Trois cent espèces d'oiseaux en font un site ornithologique majeur.

                                                Les oiseaux du lac Nakuru - wikipedia.


EN TANZANIE, les lacs salés sont le lac Natron, le lac Manyara et le lac Magadi.

Le lac Magadi, dans l'enceinte du Ngorongoro, n'est pas à confondre avec son homologue Kényan ... "magadi " signifiant "salé" en swahili.

Le lac Natron vient d'être analysé.

                                    Le lac Manyara, en bordure du rift.
- © B.Duyck

Le lac Manyara, de taille limitée - 230 km² sur les 330 du parc -, est entouré de paysages variés : savane arborée à l'est, forêt sèche au sud-ouest et forêt tropicale au nord-ouest.
Son nom vient d'un terme Maa, emanyara, désignant une euphorbe, utilisée par les Maasai pour constriure les clôtures des enclos à bétail.
Selon Hemingway, le lac Manyara était le plus beau lac d'Afrique.


Il est alimenté e.a. par des hot springs suffisamment chaude pour "ébouillanter" un mabouya, lézard local.


 Un imprudent mabouya y a laissé sa peau.

© B.Duyck



Sa faune est extraordinairement riche : outre les big fives, c'est un paradis pour les ornithologues, qui y retrouvent, en plus des colonies de flamants, des pélicans, des jabirus, des cormorans pour les espèces aquatiques, divers rapaces, des calaos terrestres, des pintades, espèces de savane.

Un attroupement de cormorans et pélicans, infime partie des oiseaux rencontrés sur et le long du lac Manyara. -
  © B.Duyck

Dans ce parc, les lions ont pris l'habitude de faire leur sieste en hauteur dans les arbres ... particularité locale !

D'autres lacs, dont l'Eyasi, le Tanganika, le Victoria, l'Albert, le Kivu sont localisés dans la Rift Valley, mais ne sont pas considérés comme "salés".


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques




Un article récent de "Think pink" , de BirdLife international, nous rend un peu d'espoir concernant les perturbations qui menacent le lac Natron, suite aux projets d'implantation d'une usine de soude par Tata Chemicals.

"
Speaking at a meeting organised by WCST at Ngare Sero village, a Maasai elder, Mr Lasoi Ole Nareshoi, said: “God gave us this resource for use by ourselves, our children and children’s children. We will protect it from any industrial exploitation that may chase away the flamingos and damage the environment. “No one can take the Lake Natron away from us”, he added. "

"
The future of the local communities lies in exploiting Lake Natron’s natural beauty and not the soda ash. We all need to move on”. "
Ken Mwathe - Bird life Africa partnership secretariat.

suite de l'article sur :
 
Ken Mwathe - BirdLife
“No one can take the Lake Natron away from us”, said Mr Lasoi Ole Nareshoi – a Maasai Elder.
Zoom in

Natron community vows to protect the lake and its flamingos

26-10-2009




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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Situé au nord de la Tanzanie, au nord de l'Ol Doinyo Lengai et au nord-ouest du Gelai, le lac Natron est logé dans une dépression allongée, délimitée par deux horsts.
Fiche signalétique :
  - superficie selon les saisons : 600 à 1.40 km²
  - volume : 350.000 m³ en moyenne.
  - profondeur max : 3 mètres
  - bassin versant : 932 km².

Le côté sud du lac Natron, désséché en septembre, avec en toile de fond les escarpements du rift Grégory et le Lengai.
  -  © B.Duyck

Les flamants nains sont peu nombreux en septembre, après leur période de nidification. -
© B.Duyck

Un milieu très particulier :

Peu profond et alimenté par les seules précipitations et les eaux des hauteurs environnantes, e.a. quelques cours d'eau dont la rivière Ewaso Ng'iro, ce lac est qualifié d'endoréique.
Un lac endoréique est caractéristique des régions où l'écoulement des eaux (superficielles ou non) n'atteint pas la mer et se perd dans les dépressions fermées. Toute pluie ou autre forme de précipitation qui tombe sur un bassin endoréique ne peut le quitter qu'en s'évaporant.

Sa superficie, son volume et sa profondeur varient en fonction des saisons sèche et humide; à la saison des pluies, le lac atteint sa taille maximale et peut franchir la frontière Kenyanne au nord.
Autrefois rempli d'eau douce, le lac Natron s'est transformé au fil des siècles, et à cause d'une évaporation importante en une saline naturelle peu profonde. Ses eaux sont très alcalines - pH entre 9 et 10,5 - et chargées en sels dont du bicarbonate de soude qui donne un aspect visqueux à l'eau.

En saison sèche et avec une température qui peut atteindre les 50°C, l'évaporation est maximale. La concentration des minéraux est telle qu'elle dépasse le point de saturation et qu'ils précipitent formant des croûtes et plateformes blanches à rosées.
Cette coloration est dûe à la présence de micro-organismes aquatiques qui y prospèrent : cyanobactéries et spirulines.

photo du satellite Nasa - Aster
ref 2003067.



Ce milieu particulier est lié aux terrains volcaniques environnants, les volcans Lengai et Gelai alimentant en minéraux alcalins les eaux de précipitation et ensuite les rivières formées. Il conditionne ainsi toute la chaine alimentaire et est un milieu indispensable à la survie de certaines espèces.
Pour n'en citer que deux : un poisson, le Tilapia alcalin (Oreochromis alcalica), vit dans ce milieu hostile (chaleur, eaux basiques et chargées en sels).

                                 Image courtesy of J.Warwick.co.uk / birdlife international
                                     Lesser Flamingo - Flamant nain - Phoenicopterus minor.

Le lac Natron est aussi LE lieu de nidification et de reproduction des flamants nains (Phoenicopterus minor) en Afrique de l'Est. Les concentrations aviaires peuvent atteindre les 2,5 millions d'individus en période favorable : c'est à dire quand les eaux se sont suffisamment évaporées pour obtenir une concentration en spirulines et diatomées, dont les flamants nains se nourrissent. Le flamant y retrouve, outre une nourriture abondante, la présence de substrat pour la construction de son nid, l'absence de perturbations humaines et de la part de prédateurs... cette paix est nécessaire à une espèce peu prolifique ( un oeuf unique tous les 5 à 6 ans) "sur liste rouge" de l'union internationale pour le Conservation de la nature.

La couleur du plumage des flamants est liée aux pigments rouges, les caroténoïdes, contenus dans leur alimentation et qui colorent les eaux et dépôts salins en saison sèche (voir photo satellite ci-dessus).

Le lac Natron est aussi un lieu de vie temporaire ou permanent pour une centaine de milliers d'oiseaux aquatiques soit migrateurs, soit sédentaires.

Menaces sur le Natron :

Ce biotope particulier est fragile; la salinité des eaux est mise en péril par la déforestation au Kenya ( 70.000 hectares de la Mau Forest), par le projet de construction d'une usine hydro-électrique sur la rivière Ewaso Ng'iro en Tanzanie, qui risquent de faire baisser la concentration en sels minéraux.
Un projet d'exploitation de ceux-ci par Tata chemicals est pour l'instant le péril le plus grave : non content de modifier irréversiblement l'équilibre du lac Natron, il introduirait un cortège de nuissances vis à vis des oiseaux qui en dépendent et perturberait le calme de la région et la vie des nomades Maasai qui y vivent. (voir articles prédédents sur ce blog).
Toutes ces menaces sont toujours d'actualité malgré que la Tanzanie ait signée le classement du site en 2001 en "zone Ramsar", en raison de son environnement et de sa faune unique.
A toutes ces interventions humaines, viennentt s'ajouter les effets pernicieux du réchauffement climatique jouant lui aussi sur le régime des eaux et de l'évaporation de celles-ci.

Dernière minute : Article de birdlife sur le Natron


Quelques infos sur le volcan Gelai qui borde le lac Natron :

                               Le Gelai et le Natron - Wikipedia Clem23

C'est un volcan-bouclier, datant du Pliocène, et haut de 2.942 m.
Ses mensurations sont de 20 sur 36 km. Il ne présente pas de cratère sommital visible et voit ses flancs couverts de petits cônes de scories de cônes de tuff.
Composition : trachybasaltes alcalins.


Sources:

- Birdlife international
- Lakenet - lake Natron
- "The Gregory Rift Valley and    
  Neogene-recent volcanoes of
  Northern Tanzania "
  - J.B.Dawson -
  The Geological Society.









à suivre : les lacs salés du Rift.

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