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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


             Le Mont Méru, sa caldeira et le Ash cone datant d'une des dernières éruptions - Wikipedia.

Le mont Méru est situé dans le vallée du grand rift africain, à 70 km. au sud-ouest du Kilimandjaro. Il surplombe la petite ville d'Arusha et Kili-airport du haut de ses 4.565 mètres.

Topographie :
Ce stratovolcan surplombe le parc d'Arusha de plus de 3.000 mètres de dénivellé; ses pentes nord, ouest et sud sont régulières; le centre du volcan et le versant-est forment une caldeira en fer à cheval, entourée de parois atteignant 1.500 m. de hauteur.
Un cône de cendres (ash cone), entouré de coulées de lave occupe une aire excentrique de la caldeira de 5 km. de large.

                                photo NASA - PIA03356 - en fausses couleurs selon les altitudes.
                                            le cratère à droite est celui du Ngurdoto.


Sur les flancs, des antécimes au nom évocateur : Little Méru (3.795 m.) et Rhino Point (3.800 m), situé sur le chemin de l'ascension, qui doit son nom aux restes d'ossements de rhinocéros qui s'y trouvent.
De nombreux cônes volcaniques parsèment les flancs et la base du volcan.


Historique :

Le mont Méru avait une forme conique régulière et typique d'un stratovolcan avant la formation de la caldeira, il y a 7.800 ans.
Lors de ce collapsus, des avalanches de blocs et des lahars ont atteint les flancs ouest du Kilimandjaro à 70 km.
Son histoire éruptive, vraisemblablement variée, n'est vraiment connue que depuis 1878, date à laquelle une éruption engendre explosions et coulées de lave émise depuis le cône de cendre situé dans la caldeira. Des coulées de lave sont notées en 1886; sa dernière éruption date de fin 1910, avec une activité explosive au niveau du cône.
Sans autre éruption depuis, il est néanmoins considéré comme "actif".

Ascension :

Faisable en quatre jours, dont 3 d'ascension, il constitue une "mise en jambe idéale" pour tenter un futur trek au Kilimandjaro. Les nuits sont abritées, en refuges : Mirakamba Hut à 2500 m. et Saddle Hut à 3600 m.


http://www.summits-africa.com/Mt%20Meru/climb-Mt-Meru.htm

Le mont Méru, bien arrosé, est un ilot naturel luxuriant et le refuge de nombreux animaux sauvages ; il est nécessaire de se faire accompagner d'un ranger armé afin de prévenir d'éventuelles attaques d'animaux (léopards, buffles) ... guides et porteurs sont conseillés.
On passe de clairières habitées par la faune sauvage vers 2.000 m., à une forêt dense et humide vers 3.000 m. pour arriver ensuite dans l'univers rocailleux et volcanique.

                                                                                               Wikipedia - Stebu 2007


sources:
- Global Volcanism program : Méru
                                  http://www.volcano.si.edu/world/volcano.cfm?vnum=0202-16=
- Montagnes en chaines : http://www.montagnes-en-chaines.org/

Demain : le parc naturel d'Arusha et le Ngurdoto.























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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu




Dans la mythologie grecque, Encelade est un des géants, fils de Gaïa (la terre) , fertilisée par le sang s'écoulant des organes génitaux d'Ouranos (le ciel).
Avec les autres géants, Encelade apparut dans une région bien particulière, Phlégra (les terres ardentes, enThrace) - on retrouve ici l'origine du terme "Phlégréen" -.
Durant la bataille entre les Géants et les divinités de l'Olympe - La Gigantomachie -, Encelade fut mis hors de combat par Athéna, selon les uns, par Hercule selon d'autres.
Quand Encelade quitta le champ de bataille, Athéna lui lanca une île : la Sicile qui l'ensevelit. Il n'en est pas mort et les respirations du Géant se manifesteraient par les éruptions volcaniques de l'Etna; Ses mouvements de retournement sous la montagne seraient les secousses telluriques... en Grèce, on continue d'appeler un tremblement de terre "une frappe d'Encelade".

A Versailles, l'iconographie du triomphe d'Apollon et des divinités olympiennes contre les Géants inclue la fontaine d'Encelade, installé au milieu d'un bosquet du même nom et entourée d'un treillage de grande valeur.
L'ensemble a été récemment restauré, sur le modèle d'une gravure de la fontaine, établie par Antoine Le Pautre (1677). La statue de bronze doré a été sculptée par Gaspar Mercy de Cambrai.


                                       Le bassin d'Encelade, dans les jardins du Palais de Versailles.

                Intérieur d'un plat attique à figures rouges, illustrant le combat d'Athena et d'Encelade
                                                                    525 av JC - Louvre

Pour ceux que l'histoire des jardins de Versailles au temps de Louis XIV intéresse, un lien vers "les lieux scéniques et la chorégraphie ... "

Selon Virgile, qui relate la même histoire concernant Encelade, son frère Minas fut lui enseveli sous le Vésuve par Héphaïstos, le dieu du feu.
Le sang d'autres géants vaincus jaillit de dessous les Champs Phlégréens.
Les subtilités des panthéons grec et romain reflétent déjà la complexité des phénomènes volcaniques.

Ceci pourrait faire l'objet d'un article futur : "Les volcans, demeure des dieux"

à suivre ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après 10 mois de relative tranquillité, SOUFRIERE HILLS, le volcan de l'ile de Montserrat a repris de l'activité début de mois (voir article du 9.10 concernant l'évènement du 07.10)
Le Modis du satellite Terra de la Nasa a capturé l'image d'un panache de cendres montant à près de 4.000 mètres et s'étendant, selon l'U.S.air force weather agency, jusqu'à 540 km.

Le M.V.O. signale "une brève mais intense nuée ardente" le 13.10.2009
voir une photo sur http://www.mvo.ms/



                                                          image Modis du satellite Terra - Nasa      12.10.2009

Sources :
- Nasa Earth Observatory : image satellite Terra
- M.V.O. : Montserrat Volcano Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Itinéraires : 

Il faut compter entre 6 et 10 jours pour l'aller-retour.

La voie Rongai  (trait bleu sur la carte) est peu fréquentée et demande 5 à 6 jours d'ascension pour 45 km. de marche. Les 3 premiers jours sont effectués exclusivement en camping, la seconde partie est équipée de refuges.
C'est cette voie que suivent les voyages "Aventure et Volcans".

La voie Marangu  (trait vert sur la carte) est la plus ancienne... la moins spectaculaire et la plus fréquentée. Par contre, 6 jours suffisent pour parcourir les 36 km. et il est possible de passer les nuits en refuge (réservation obligatoire) ... peu d'expérience ed de matériel sont nécessaires.


La voie Machame  (trait brun sur la carte)  est la plus spectaculaire, mais longue - 40 km. -, difficile et elle offre peu d'abris. La partie intermédiaire, plus plate, est par contre favorable à l'acclimatation.



                      Carte des itinéraires, refuges et portes (points de départ) des différentes voies.

De nombreux randonneurs (20.000 chaque année) veulent entreprendre cette ascension;
Il faut savoir, avant de se lancer dans cette aventure, qu'une excellente condition physique est nécessaire ... et si possible, un entrainement ou un séjour préalable en altitude. Si les risques sont faibles, seuls 40% des ascensions sont couronnées de succès et certains n'en reviennent pas indemnes.
Lien renseignant sur "le mal de montagne".
La meilleure période se situe de juillet à octobre, ou en janvier-février afin d'éviter les saisons des pluies.
Comme il s'agit d'un parc national et en raison du taux élevé de fréquentation, des règles strictes sont à observer: un droit d'entrée est demandé; il faut suivre les sentiers de randonnée et se cantonner aux zones autorisées pour le camping; il faut être accompagné d'un guide homologué; des porteurs et un cuisinier sont recommandés; et l'équipement adapté aux conditions extrêmes régnant au sommet.

Faune et flore du massif du Kilimandjaro :

                                  rencontrées et o = portes de départ des voies empruntées - Wikipedia.


1. Forêt pluviale :
Cette zone subit une forte pression démographique, surtout au sud et de nombreuses plantations et zones de sylviculture non respectueuse de l'environnement y sont intégrées. Des coupe à blanc y sont encore pratiquées !
Quelques exemples de sa flore initiale :
On y trouve le Genévrier d'Afrique (Juniperus procera), Olea europaea subsp. cuspidata, Olea welwitschii, Albizia schimperiana, Terminalia brownii, Ilex mitis, Ocotea usambarensis, Euclea divinorum, Prunus africana, le Bois de rempart (Agauria salicifolia), Croton macrostachyus, Croton megalocarpus, Macaranga kilimandscharica, Impatiens kilimanjari, Viola eminii, Impatiens pseudoviola ainsi que des espèces des genres Combretum, Pittosporum, Tabernaemontana ou encore Rauvolfia.


2. Forêt de brouillard et de nuage :

La forêt de brouillard est présente au sud entre 2300 et 2500 m. d'altitude; l'eau est apportée majoritairement par évaporation dela forêt pluviale, située en contrebas ... et en danger.
Elle est caractérisée par la présence de Podocarpus milanjanus et celle de plantes épiphytes qui recouvrent 80% des arbres.
La saison sèche y est courte.

La forêt de nuage est présente à l'ouest, nord et nord-est, entre 2500 et 2700 m. d'altitude.
Elle diffère de la forêt de brouillard par une longue saison sèche et son alimentation en eau par précipitations.
On y retrouve le Genévrier d'Afrique mais également Afrocarpus gracilior, Hagenia abyssinica, la Bruyère arborescente (Erica arborea, principalement dans son stade de développement jeune) et quelques mousses et lichens (Usnea fibrissima, Usnea articulata).


3. Landes et maquis :
Entre 2800 et 4000 m., cette zone est occupée par des bruyères, plantes colonisant les zones incendiées et occupées auparavant par la forêt de nuage.
On trouve aussi des protées dont une endémique.
La protection de cette zone est nécessaire, car il faut y conserver des zones où les feux sont "contrôlés", car nécessaires à la survie de certaines espèces.
De nombreux espèces de nectariniidés aux couleurs vives peuplent la limite supérieure de la forêt : Souimanga du Kilimandjaro (Nectarinia mediocris), Souimanga olivâtre (Nectarinia olivacea), Souimanga à tête verte (Nectarinia verticalis), Souimanga à gorge verte (Nectarinia rubescens), Souimanga améthyste (Nectarinia amethystina), Souimanga à poitrine rouge (Nectarinia senegalensis), Souimanga malachite (Nectarinia famosa), Souimanga de Fraser (Anthreptes fraseri), Souimanga bronzé (Nectarinia kilimensis), Souimanga tacazze (Nectarinia tacazze) et Souimanga à ailes dorées (Nectarinia reichenowi). Il en est de même pour l'Aigle huppard (Lophaetus occipitalis)[52]. Rhabdomys pumilio, aussi bien présente dans la savane, constitue une de ses proies, tout comme Lophuromys (Lophuromys) aquilus, Dendromus melanotis et le Rat-taupe nu (Heterocephalus glaber). Par ailleurs, des buffles, des lions, des léopards, des éléphants, des élands, des céphalophes et des hyènes transitent parfois à cette altitude pour relier un point à un autre de la plaine[50].


                        Souimanga malachite femelle sur une fleur de Protea caffra kilimandscharica.

4. L'étage Afro-alpin :
Ses limites sont situées entre 4.000 et 5.000 m. ; il est caractérisé par une atmosphère sèche, peu de précipitations mais d'importants écarts de température.
Les espèces qui y vivent sont adaptées à ce climat rigoureux. Certaines sont endémiques : e.a. le Lobelia deckenii, le Dendrosenecio kilimanjarii (Sénecon géant), l'immortelle du Kilimandjaro.













Lobelia deckenii, endémique de l'étage afro-alpin
du Kilimandjaro - Wikipedia








5. L'étage nival :


                          Versant occidental du Kibo avec ses glaciers et sa double caldeira centrale.
                                                  vol Kili airport vers Addis Abeba.

                          Aspect acéré caractéristique de la glace au Kilimandjaro - 08.2003 - Yosemite

La partie la plus dure du trek: marche de nuit, altitude et ses inconvénients : oxygène raréfié, froid intense (-15°C), fatigue accumulée ... pour ne stationner au sommet que quelques minutes, étant donné les conditions extrêmes, mais pour un instant sublime et la satisfaction de l'exploit accompli.

                                       Uhuru peak - 5895 m. - le sommet .   Wikipedia.

A lire :
- un récit d'ascension par la voie Machame, avec Terre
d'aventures sur :
http://www.didier-kilimandjaro.com/
- un autre, par la voie Rongai, avec Atalante sur :http://www.kilimandjaro-fr.com/dossiers/dossier_36_kilimandjaro+voie+rongai.html
- le portail sur le Kilimandjaro : http://www.kilimandjaro-fr.com/



Demain, d'autres volcans du grand rift africain.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Spécialement pour mes compagnons de voyage au Lengai - 2006.

Sa silhouette arrondie couronnée de neiges éternelles domine la plaine africaine et sert de toile de fond à sa faune : le Kilimandjaro, s'élève dans le nord-est de la Tanzanie, à 5.891,8 mètres (mesures 2008 GPS /gravimétrie). Son altitude en fait le point culminant de l'Afrique, et la montagne isolée la plus haute du monde.

                      Le Kibo, en décembre 2006 - Photo Wikipedia.

Toponymie :

Appelé Ol Doinyo Olibor en maa, langue des Maasai, soit "montagne blanche", son nom, adopté en 1860, viendrait du swahili Kilima Ndjaro (kilima : petite montagne, ndjaro : blancheur,éclat), soit "montagne étincelante".

Topographie :

Ce complexe volcanique de forme ovale : 70 km. (N.O. - S.E.) par 50 km. (N.E. - S.O.), couvre 388.500 hectares.
Ce stratovolcan est composé de trois sommets principaux, qui sont tous des volcans éteints : le Shira, à l'ouest (3962 m.), le Kibo, au centre (5892 m.) et le Mawenzi à l'est (5149 m.)
Le Kibo est couronné d'une caldeira elliptique - 2,4/3,6 km. - renfermant un cratère de 900 m. de diamètre, le Reusch crater, au milieu duquel s'élève un cône de cendre de 200 m. de diamètre, nommé Ash pit. Le pic principal, situé sur le bord méridional de son cratère externe, s'appele Pic Uhuru ("liberté" en swahili); au S.O. du sommet, un glissement de terrain a donné naissance, il y a 100.000 ans, à Western Breach qui domine la Baranco Valley.
 
                Montage Wikipedia (04.2008), d'après photo Nasa - Landsat 7



Géologie :

Le volcanisme du Kilimandjaro débute au cours du Pliocène et la construction de cet édifice se fait en 4 grandes phases, qui ont émis un total de 5.000 km³ de roches volcaniques. Les trois dernières ont formé les stratovolcans imbriqués : Shira, Kibo et Mawenzi. Le rift qui les traverse a donné naissance à de nombreux cônes satellites.

1. Le paléo-volcan KILEMA :
Cette phase est probablement antérieure à 2,5 Ma, mais reste mal connue en raison du faible nombre de datations effectuées sur le volcan et de l'enfouissement des coulées par d'autres plus récentes.
Au total, le volume émis par ce paléo-volcan représenterait près des 2/3 du volume actuel.


2.Le SHIRA :
La naissance du Shira remonte à 2,5- 2 Ma et se caractérise par des émissions volcaniques à la jonction et le long des dorsales d'Ol Molog et de Kibongoto, orientées en gros N/S.
Un volcan bouclier basaltique allongé se met en place à partir de pyroclastites, de tufs et de laves.
Le Shira présente une caldeira ouverte vers le N-E., avec des remparts marqués à l'ouest et au sud. Une centaine de dykes, témoins d'une ultime activité, s'élèvent en son centre.
L'érosion, principalement glaciaire, puis les émissions du Kibo ont modifié son relief.

3. Le MAWENZI :
La naissance du Mawenzi remonte à 1,1 - 0,7 Ma, résultant de la migration de l'activité volcanique vers l'est, au niveau de l'ancienne dorsale du Kilema.
- dans un premier temps, le Mawenzi connait des intrusions basaltiques (Neumann tower) et des extrusions de trachy-basaltes et de trachy-andésites, formant des cônes et des necks (*) érodés (South Peak, Pinnacle Col et Purtscheller Peak).
L'érosion post-volcanique est maximum sur ces matériaux fins et le relief prend un aspect chaotique, laissant émerger des sills (*).
- dans un second temps, vers 600 - 500.000 ans, des nuées ardentes éventrent le rebord N-E. de la caldeira du Mawenzi. Un volcanisme de type Peléen se met en place avec émission de pyroclastites (*) et des lahars.
S'en suit une seconde phase érosive du à la glaciation des sommets.


4. LE KIBO:
La naissance du Kibo remonte à 600 - 500.000 ans et se fait en cinq étapes.
- 1°étape : jusqu'à 400.000 ans, un stratovolcan conique se forme, au dessus de la dorsale de Kibongoto; les éruptions irrégulières favorisent une érosion et des dépôts morainiques engendrés par une première période de glaciation. Elles se concluent par un évènement explosif (le Weru Weru) et les premières irruptions de cônes secondaires dans la zone d'Ol Molog.
- 2°étape : entre 400.000 et 250.000 ans, un dôme de trachytes et phonolites se forme, qui émet des coulées de lave à porphyre suivies de l'effondrement de l'édifice. Une deuxième période de glaciation provoque une nouvelle érosion.
Un lac se forme, comme en atteste la présence de Pillow lavas (*).
- 3°étape : entre 250.000 et 100.000 ans avant notre ère, des explosions de type plinien se succèdent.
Une érosion causée par une 3° période de glaciation entraîne un effondrement partiel et la vidange de la caldeira, notamment par des lahars et des nuées ardentes.
- 4°étape : entre 100.000 et 18.000 ans, la caldeira et le dôme actuels se forment à l'intérieur des restes de la précédente. Des traces d'éruptions phréatiques et d'érosion valident l'existence des 4° et 5° glaciations, entrecoupées d'épisodes plus humides.
- 5°étape : entre 18.000 et 5.000 ans, le Kibo accueille un lac de lave; sa vidange crée le Pit carter, en couvrant le sommet de scories et le versant nord de coulées de lave.

Alors que la dernière éruption sommitale remonte à plus de 500 ans, et qu'il est aujourd'hui considéré comme éteint, le Kilimandjaro connait des secousses sismiques et émet des fumerolles (CO²,SO², HCl) au fonnd du cratère Reusch, dont la température en surface atteint 78°C. Des scientifiques ont conclu en 2003 que du magma était présent à 400 m. de profondeur sous le sommet.

Les dernières éruptions se sont déroulées le long de la dorsale de Rombo et au maar du lac Chala, au S-E. du volcan; elles sont de différents types : strombolien, vulcanien ou hawaïen... ceci montre la complexité des cycles d'ouverture du rift, de migration de l'activité au niveau des dorsales du volcan et de la différenciation du magma.


Les neiges du Kilimandjaro :

Connues depuis Ptolémée, qui le décrit comme une "grande  montagne enneigée", rendues célèbre mondialement par Ernest Hemingway dans "les neiges du Kilimandjaro", les neiges de la calotte du volcan n'en diminuent pas moins depuis 1850 environ, en raison d'une baisse naturelle des précipitations qui s'est sensiblement accélérée au cours du 20° siècle.

Régression des neiges et glaciers au sommet du Kilmandjaro, entre 02.1993 et 02.2000 - Wikipedia

Le réchauffement climatique, tout d'abord incriminé dans ce rapide retrait des neiges et glaciers, a été remis en cause en 2003 par G.Kaser et Ph.Mote : la forte régression serait due à la baisse des précipitations, qui pourrait être liée à son tour à une évolution locale provoquée par la déforestation ... et en cascade diminution de l'humidité atmosphérique, la forêt jouant un triple rôle de réservoir ( dans le sol, dans la biomasse et dans l'air) .En raison de la forme des glaces, on apu déterminer que le rayonnement solaire et l'absorption de chaleur au niveau de la roche volcanique sombre, ensuite diffusée à la base des glaciers, entrent aussi en ligne de compte.
La pression anthropique se manifeste par la déforestation et par le détournement de l'eau au profit de la consommation en eau potable  et de l'irrigation des cultures.

Les grands "consommateurs" sont les Wachagga , cultivateurs, situés au sud et à l'est du massif...
au contraire des Maasai, pasteurs au NO.


Lexique : (*)
- neck : piton rocheux formé par une colonne de lave solidifiée
             dans une ancienne cheminée volcanique
             et ultérieurement mis en relief par l'érosion.
- sill : "filons-couches", plus ou moins horizontaux, respectant
            la stratigraphie générale du volcan
- pillow lava : boules semblables à des oreillers, formées par de
             la lave fluide, émise sous une certaine pression d'eau
             et se refroidissant rapidement au contact de celle-ci.
- pyroclastites : matériaux "cassés par le feu", projetés à
             grande vitesse, à des altitudes et distances
             considérables.

Sources :
 - "Guide des volcans" de Rosi & al.
 - "Volcanologie" de J.M.Bardintzeff
 - articles divers du web : e.a. http://fr.wikipedia.org/wiki/Kilimandjaro

Demain : les voies d'accès au volcan et la nature rencontrée.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Je vous emmène en Afrique de l'est à la rencontre de ses plus hauts sommets et de volcans intéressants : Le Kilimandjaro, le mont Kenya, le mont Méru, le mythique Ol Doinyo Lengaï, l'Empakaï, le Ngorongoro, le Niyragongo et le Nyamuragira pour ne citer que les plus connus.

Le rifting Africain est une des merveilles géologiques de notre monde, un endroit où les forces tectoniques créent de nouvelles plaques aux dépens d'anciennes. Le processus concerne plusieurs pays : l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, et plusieurs plaques tectoniques : la plaque Arabique, la plaque Nubienne (ou Africaine) et la plaque Somalienne, se rencontrant à un point de triple jonction, dans l'Afar.


             Colored Digital Elevation Model showing tectonic plate boundaries,outlines of the elevation
             highs demonstrating the thermal bulges and large lakes of East Africa.
             The basemap is a Space Shuttle radartopography image by NASA.


Le rift Ethiopien, au nord, se poursuit par une série d'autres rifts :
la branche Ouest, connu sous la dénomination de "Albertine rift", contient les grands lacs africains de l'ouest; la branche Est coupe le Kenya du nord au sud. Des parts de cette branche Est sont dénommées "Rift Kenyan" ou "Gregory rift" du nom du géologue qui l'a cartographié au début du 20° siècle.
L'ensemble s'étend sur plus de 1.000 km.

                   Rift segment names for the East African Rift System. Smaller segments are sometimes
                    given their own names, and the names given to the main rift segments change depending
                    on the source. The basemap is a Space Shuttle radar topography image by NASA.

               Les escarpements du rift Gregory vus du sommet de l'Ol Doinyo Lengai - © B.Duyck


Comment se sont formés ces rifts ?

Le modèle le plus communément admis à l'heure actuelle, est la présence d'anomalie thermique, remontée de l'asthénosphère avec un volcanisme fissural en Afar et au centre du Kenya (les dômes Ethiopiens et Kenyans - voir carte du dessus). La poursuite du "bombement" continue ensuite associé à un effondrement, créant un rift et formant la structure caractéristique "horst et graben" .





Ces zones où la croûte terrestre est amincie, sont constituées d'un mélange de roches continentales et basaltiques... si les phénomènes d'étirement perdurent, ils peuvent mener à la naissance d'un futur océan et à la séparation de la plaque somalienne du continent.



Le rifting de l'Afrique de l'Est est compliqué par le fait du développement de deux branches. Le grand lac Victoria est situé entre ces deux branches. Il est admis que les rifts ont suivi les anciennes cicatrices entre les masses continentales qui sont entrées en collisions, il y a des milliards d'années en formant le craton (*) africain ... les rifts est et ouest se séparent autour du lac Victoria à cause de la présence de ce "coeur" de roches métamorphiques anciennes - le craton Tanzanien.


* CRATON : Les boucliers continentaux sont apparus par remontées de matériaux profonds du manteau le long de panaches convectifs. Des sédiments se sont ensuite accumulés tout autour pour former des plaques quasiment indéformables : les cratons qui forment aujourd'hui les continents.

Sources :
- "East Africa's Great Rift Valley : a complex rift system" par
   James Wood & Alex Guth  - Michigan Technological University.
- "Volcanologie" - chapitre sur Dorsale et ouverture océanique -
  de J.M.Bardintzeff - Dunod.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ceci n'est pas une analyse du volcan Chaiten et de son histoire éruptive, simplement deux précisions importantes en rapport avec l'actualité du moment.

Données du Global Volcanism Program - Chaiten:


Country: Chile
Subregion Name: Southern Chile
Volcano Number: 1508-041
Volcano Type: Caldera
Volcano Status: Historical
Last Known Eruption: 2009 
Summit Elevation: 1122 m 3,681 feet
Latitude: 42.833°S 42°49'58"S
Longitude: 72.646°W 72°38'45"W



Situation des dômes sommitaux du Chaiten - sept.2009 - photos Nasa E.O.

Un simple rappel de l'éruption spectaculaire du 05.05.2008 avec le cliché du Nasa Earth Observatory - sat. Terra - Modis.




Formation d'un troisième dôme dans la caldeira du Chaiten :


29 de septiembre de 2009 (B, fotografía e interpretación realizada por Jorge Muñoz), demostrando la notable evolución del complejo de domos y los depósitos en su entorno.
The original document is available as a PDF via the informes page of the Observatorio Volcanológico de los Andes del Sur (OVDAS) website.

Le récent rapport hebdomadaire de l'USGS/SI signale un effondrement au niveau d'un des deux dômes de la caldeira du Chaiten. La population vivant aux alentours du volcan a pu voir que le panache de cendres s'était élargi et devenu plus sombre le 29 septembre 2009.
Des observations visuelles ont confirmé ultérieurement le collapsus d'un des dôme et la formation débutante d'un troisième dôme dans la partie S.O. L'éruption continue donc et de la rhyolite nouvellement émise pourrait continuer à combler la caldeira. (Sernageomin)


Les volcans rhyolitiques doivent être surveillés en premier !

Si vous ne savez pas à quoi correspond l'appelation " volcan rhyolitique", vous connaissez par contre le Vésuve, le Krakatau, le St Helens ...et le Chaiten : tous ces volcans sont de type rhyolitique et sont parmi les plus explosifs !

La rhyolite est une roche ignée extrusive; elle se solidifie rapidement lors de son refroidissement en surface et est responsable d'éruptions explosives : sa haute teneur en silice est responsable de sa haute viscosité, qui entrave le dégazage. Lorsque des poches de gaz se forment, elles peuvent causer l'explosion du magma et sa fragmentation en ponces et petites particules de poussière volcanique.
L'adhésivité de ce type de magma suggère que son transit sous-terrain doit être lent, tout au moins plus lent que celui d'un magma basaltique.


Ceci est infirmé par l'étude des docteurs Castro et Dingwell sur le volcan Chaiten (article paru récemment dans le journal "Nature") :

                                                     L'éruption de mai 2008, vue de l'ISS  - B.Watson - Wired Science.

L'éruption du volcan Chaiten, le 1° mai 2008, fut inattendue et hautement explosive; les habitants de la ville proche du volcan ne ressentirent le tremblement de terre que 24 heures avant l'éruption du magma rhyolitique et la formation de la colonne Plinienne. La très courte période d'avertissement pré-éruptif reflète une ascencion fort rapide du magma au travers du système sub-volcanique. L'étude d'échantillons de rhyolite a montré qu'elle provient ici d'une source située à environ 5 km. sous la caldeira ; le Dr. Castro révèle des données pétrologiques et expérimentales qui indiquent que le magma rhyolitique hydraté monte très rapidement au Chaiten, à la vitesse d'un mètre par seconde ... une ascension aussi rapide implique un temps de transit depuis la zone de stockage jusqu'à la surface, égal à +/- 4 heures, ce qui raccourcit considérablement le temps disponible pour alerter les populations sous la menace du volcan.
Suggestion est donné par cette étude de surveiller d'un peu plus près les grands systèmes rhyolitiques - e.a. Medicine Lake et Newberry Caldera aux USA - puisque le temps nécessaire pour une réaction après les premiers signes d'éruption est ultra-court.

Sources :

* Article du Journal "Nature" du 08.10.2009 - Références complètes ci-dessous.

Nature 461, 780-783 (8 October 2009) | doi:10.1038/nature08458; Received 27 April 2009; Accepted 21 August 2009

Rapid ascent of rhyolitic magma at Chaitén volcano, Chile

Jonathan M. Castro1 & Donald B. Dingwell2

  1. Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Institut National des Sciences de l'Univers (INSU), Université d'Orléans, Université François Rabelais–Tours, Institut des Sciences de la Terre d'Orléans, UMR 6113, Campus Géosciences, 1A Rue de la Férollerie, 45071 Orléans cedex 2, France
  2. Department of Earth and Environmental Sciences, Ludwig-Maximillians Universitaet, 80333 Muenchen, Germany.

* Ovdas - Sernageomin :Observatorio Volcanologico De Los Andes del Sur.

* Global Volcanism Program

* Photos sat. du Nasa Earth Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

En juin 2009, la "Wildlife conservation society of Tanzania" - section de Birdlife international en Tanzanie - a projeté le film des studios Disney intitulé "Crimson wing" sur les flamants du lac Natron aux membres du parlement Tanzanien.
Devant l'enthousiasme soulevé par cette projection, il ne faut pas douter que la cause du lac Natron compte quelques supporters de plus.
Seulement, le gouvernement n'a pas abandonner son intérêt envers le projet d'exploitation au niveau du lac sodé par la firme indienne TATA Chemicals... la vigilance reste de rigueur.

Ci-dessous, un article de Birdlife sur le film et la protection vitale de ce lac concernant la survie des flamants nains africains.


 
Disneynature
Walt Disney have chosen Lake Natron’s Lesser Flamingos to star in their first wildlife blockbuster in nearly half a century.
Zoom In
Natron's flamingos star in Disney film!

19-12-2008

Walt Disney have chosen Lake Natron’s Lesser Flamingos Phoeniconaias minor to star in their first wildlife blockbuster in nearly half a century. ‘The Crimson Wing - Mystery of the Flamingos’ takes viewers to the isolated shores of Lake Natron, in northern Tanzania, for a birds-eye view of the mysterious and perilous lives of Lesser Flamingos. The film was premiered in Paris this week, and reminds the world of the threats facing one the world’s greatest wildlife spectacles.

 

Walt Disney produced wildlife documentaries called the ‘True-Life Adventure’ series between 1948 and 1960. These Oscar-winning films showed people the beauty of the natural world. The Crimson Wing marks the return of Disney to the genre. “We hope these films will contribute to a greater understanding and appreciation of the beauty and fragility of our natural world”, said Robert A. Iger, president and CEO, The Walt Disney Company.

 

Disney chose Lake Natron’s Lesser Flamingo population to relaunch their new company - Disneynature. For filmmaker Matthew Aeberhard, the extraordinary gathering of one and a half million flamingos on the shores of Lake Natron surpasses all the wonders of the natural world. “What’s fascinating to me is that so few people have been here”, said Aeberhard. “More people have walked on the moon than have been out on the mudflats where the flamingos have their breeding colonies”.

“There are certainly a lot of Lesser Flamingos … it doesn’t mean their future is secure” —Matthew Aeberhard, Filmmaker of ‘The Crimson Wing’

Lake Natron is one of the largest soda lakes in the Rift Valley, its eight saline lagoons covering an area of approximately 80 km2. It’s extremely alkaline; providing ideal environment for the salt-loving micro organisms which support East Africa’s largest population of Lesser Flamingos.

 

The Crimson Wing tells the story of the birth, life and death of a million Lesser Flamingos. Life at Natron is tough for the flamingos, with many predators threatening  their daily survival. According to Aeberhard: “they have a number of predators such as Marabou Stork Leptoptilos crumeniferus, hyenas and jackals... The contrast here between life and death is very stark”.

 

 

 

 

Sadly, this wonder of the natural world is under threat. There is a proposal to construct a plant capable of producing 500,000 tonnes of soda ash at Lake Natron. BirdLife International believes the development and associated infrastructure will displace and scatter the Lesser Flamingos.

 
Disneynature
The Crimson Wing tells the story of the birth, life and death of a million Lesser Flamingos.
Zoom In

“The protection of Lake Natron is vital for the long term survival of the lesser flamingo” —Disneynature, Makers of The Crimson Wing

Speaking about the future of Lesser Flamingo at Lake Natron, Aeberhard warned: “There are certainly a lot of Lesser Flamingos right now, but it doesn’t mean their future is secure”.

 

“They [Natron’s flamingos] could be very heavily impacted by minor developments”, said Aeberhard. He also stressed the fragile nature of Lake Natron’s beautiful pink flocks. A company starts mining here and the water level may change, the salt balance may change”.

The Crimson Wing is on release in France and Switzerland and will be on general release in more than 50 countries around the world during 2009. BirdLife International is leading the "Think Pink" campaign to conserve Lake Natron. Similarly, the Lake Natron Consultative Group - a consortium of 46 concerned institutions in Africa, Europe, Americas and Asia - has called for a halt to the soda ash plant plans. Please click to find out how you can help...

 

 










Voir l'article du mois de septembre sur ce blog.

voir aussi l'article de Birdlife sur
http://www.birdlife.org/datazone/sites                  /index.html?action=SitHTMDetails.asp&sid=6994&m=0

A suivre !









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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


                                 Ashfall moving past MVO towards Salem.Photo courtesy of Tine Bretton, Isles Bay.

L'activité à Soufrière Hills - Montserrat a augmenté ces dernières heures, avec une sismicité montrant des chutes de pierres et de petits flux pyroclastiques sur le côté sud du dôme de lave, dans la White river valley.
Ceci a été observé également lors d'un survol de la zone en hélicoptère, le 7 octobre.
De petites quantités de cendres sont tombées sur Salem, Friths, Olveston et Woodlands ...d'autres sont attendues dans les prochains jours.
La quantité moyenne de SO² émise cette semaine est de 269 tonnes par jour. Il y a eu une forte diminution du flux de dioxyde de soufre entre  les 2,3 et 4 octobre avec des scores respectifs de 73,45 et 108 tonnes par jour, et ceux du 1°octobre mesurés à 508 tonnes par jour.
Cette diminution des flux de SO² a été observée auparavant en association avec une augmentation de l'activité volcanique (mai et décembre 2008).
LEs flux de dioxyde de soufre augmentèrent ensuite avec des taux de 565, 273 et 313 tonnes/jour les 5,6 et 7.

L'activité de la semaine écoulée semble être centrée sur la portion sud du dôme de lave, avec concentration des chutes de pierre et flux pyroclastiques du même côté sud, canalisés dans la région de la White River.
Cependant de petites aires incandescentes ont été observées sur les flancs nord du dôme les 7 et 8 octobre.


Source : MVO 09.10.2009 - 11.00 h am
rapport de P.Cole , directeur du Montserrat Volcano Observatory.




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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

                Première rencontre dans le désert, avec des enfants curieux ...et "muets" - © B.Duyck

Partagé entre trois pays, le peuple Afar est aujourd'hui un peuple semi-nomade.
Coupés du monde, isolés sur des terres desséchées où les points d'eau sont quasi inexistants, ils survivent avec obstination.

                             Gilé et dromadaire ... les attributs masculins.

                         Palabres avec le chef du village, kalachnikov à l'épaule.
- © B.Duyck

Une grande fierté étincelle dans leur regard. Gilé (ce grand poignard à lame courbée) porté anciennement sur la hanche, aujourd'hui kalachnikov négligemment portée sur l'épaule, ces hommes de légende, dont le seul nom évoque aventure et violence, sont restés indépendants et libres, toujours prompts à sauter les frontières qu'ils ignorent.
La meilleure preuve que pouvait donner un afar de ses droits au respect et à l'honneur était d'avoir massacré un étranger, qui aurait pu leur disputer le peu de nourriture que produit le pays. nul Danakil n'était considéré comme suffisamment sérieux pour les responsabilités du mariage s'il ne pouvait pas se vanter d'au moins un assassinat, et faire parade des organes sexuels de sa victime, qui se portaient comme un ornement autour du cou.


Les guerriers, morts au combat, avaient le droit à une sépulture "spéciale" :ils étaient enterrés debout, avec leurs armes, leur corps entourés de pierres formant d'étranges tours dans le paysage.



La légendaire hostilité des Afars doit être placée dans un contexte culturel : ils ne sont pas plus hostiles envers l'étranger qui traverse leurs terres que nous ne le serions envers un inconnu qui passerait le portail de notre propriété pour traverser le jardin sans autorisation !
Ces moeurs appartiennent au passé...mais on comprend mieux dans un tel contexte, qu'il faille demander - à plusieurs niveaux - des autorisations de passage. Pour faciliter ces démarches, les autorités délèguent des gardes armés avec les groupes s'aventurant dans ces terres reculées.
Cette agressivité "naturelle" est d'ailleurs encore palpable chez les enfants qui nous font le "signe de nous trancher la gorge" ... en gage de bienvenue !

Eleveurs de chèvres, ils assuraient autrefois le transport caravanier du sel et des esclaves... seul reste le transport du sel et quelques activités de brigandage.
S'ils respectent les cinq prières quotidiennes, ils ont réussi un mélange de conceptions païennes et islamiques, où se mèlent puissance divine et croyances surnaturelles.
Leur société, toujours soumise à des structures sultaniques, est construite sur la "tradition" et une hiérarchie tribale, avec un conseil des anciens pour régler litiges et problèmes.
L'hospitalité - une fois admis - est une règle morale dont le manquement est sanctionné par les lois coutumières. Respect et réserve font qu'ils gardent toujours une distance  envers les étrangers.


                  Le toukoul, habitation nomade, et les femmes en habits traditionnels.
                           En fond, à gauche, le volcan Dalafilla.
- © B.Duyck

Dans le désert, ils vivent dans des huttes nomades réalisées avec des armatures de branchages couvertes de nattes, et facilement démontables : les "toukouls". Il y régne la journée une obscurité et une chaleur difficilement supportables.
Les rôles sont aussi répartis selon la tradition : aux hommes, la conduite des troupeaux et caravanes; aux femmes,et aux fillettes, la corvée d'eau et les tâches ménagères.

             Corvée d'eau au dernier puit avant le désert de sel du lac Karoum -  ©JM. Mestdagh


Les femmes sont vêtues d'une jupe ample, et d'un châle qui leur couvre les épaules et la tête; les hommes portent la même jupe et une chemise, remplacée aujourd'hui par un T-shirt.

                                  Plaque funéraire rédigée en amharique - © B.Duyck


Les langues couchitiques (environ 25 millions de locuteurs) sont surtout utilisées dans la région d'Addis-Abeba, dans le Centre, le Sud et tout l'Ouest; ces langues occupent des frontières communes avec l'Érythrée, Djibouti et la Somalie. Les langues couchitiques sont les suivantes: l'afar, l'agaw (awngi), l'alaba, l'arbore, le baiso, le bussa, le daasanach, le dirasha, le gawwada, le gedeo, le haaiyya, le kambatta, le komso, le libido, l'oromo (plus de 17 millions de locuteurs), le saho, le sidamo (près de deux millions de locuteurs), le somali (plus de trois millions de locuteurs), le tsamai et le xamtanga.


Même si l'amharique est une langue minoritaire (30 %), il constitue la langue officielle et administrative du pays. Le gouvernement fédéral l'utilise comme langue de travail. L'amharique sert également de langue véhiculaire entre les différentes ethnies du centre du pays. On estime que l'amharique est parlé par autant de locuteurs comme langue seconde, ce qui fait que 60 % de la population peut s'exprimer d'une manière ou d'une autre dans cette langue.Jetez un oeil à la plaque funéraire ci-dessus et vous aurez compris qu'il est inutile de s'essayer à déchiffrer ce langage.

Sites sur l'ethiopie :

http://www.dear-ethiopia.com/
http://www.toiquiviensdethiopie.com  - suivre : région Afar et photos.

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