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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
A proximité de la caldeira de Long Valley, se trouvent deux structures intéressantes, formée de roches volcaniques de nature différentes :
Mammoth Mountain et Devil's Postpile.

long valley copie
   Carte géologique simplifiée - types de roches volcaniques et grandes failles.
                 Doc. Journal of Petrologie.

Mammoth Mountain :

Ce volcan, haut de 3.369 m., est situé sur la rive SO. de la caldeira de Long Valley; ce complexe de dômes de lave trachydacitique représente un système magmatique distinct de celui de la caldeira de Long Valley.
L'activité volcanique a débutée ici il y a 110.000 ans et sa dernière éruption date de 57.000 ans.
Mammoth Mountain est entouré de 35 cratères, faisant partie du même système magmatique et inclut aussi les Red Cones, deux cinder cones basaltiques localisés au SO. Ces cônes de scories sont datés de 8.900 ans (datation radiocarbone). Sur le flanc nord de Mammoth Mountain, des éruptions phréatiques ont eu lieu il y a seulement 700 ans.

Mammoth-Mountain---R.Brantley-USGS.jpg Mammoth Mountain , vu du dôme résurgent - photo R.Brantley / USGS
Sur la droite, on peut voir les "minarets" de la Sierra Nevada - Sous Mammoth Mt., la ville de
Mammoth Lakes et la route qui passe entre deux coulées de lave dans la caldeira, datée de
152.000 à 64.000 ans.
 

Une instabilité récente, caractérisée par des séismes, des émissions de gaz et des destructions d'arbres, sont à mettre en relation avec une intrusion sous forme de dyke en 1989.

CO2.gifLe dégazage de grandes quantités de dioxyde de carbone - 45 à 150 tonnes par jour - à proximité de Horseshoe lake, a causé la mort d'arbres en six endroits, couvrant au total 690 m². Le camping a été interdit dans cette zone en 1995, à cause de risques d'asphyxie; des problèmes ont été rencontrés dans les cabanes de location, utilisées par les skieurs... les concentrations en CO2 sont mesurées en permanence depuis.
treekilb                 Aires de végétation touchées - failles de remontées gazeuses - doc. USGS

Les causes probables de sources de dioxyde de carbone sont le dégazage des intrusions magmatiques et la relache à partir de roches sédimentaires riches en calcaire, et qui ont été chauffée par les intrusions. L'uniformité chimique et isotopiques des prélèvements de CO2 indique la présence d'un grand réservoir de gaz sous la montagne, et sa remontée par des failles vers la surface.

Mammoth-Mountain---Red-cones--Lee-Siebert-.jpg        Mammoth Mountain - Red cones - photo Lee Siebert / Smithsonian GVP

Mammoth Mt - Treekill - Dave Wieprecht 1995 USGS          Mammoth Mt - Horseshoe dead tree area - photo Dave Wieprecht / USGS 1995


Devil's Postpile National Monument :

Cette colline formée de colonnes basaltiques fut créée lorsqu'un flot de lave à commencé à remplir la Reds meadows valley, entre 80 et 100.000 ans; cette lave très chaude et visqueuse a descendu le cours de la rivière jusqu'à être bloqué par une moraine glaciaire, barrage naturel. Elle a alors formé un lac de lave de profondeur (d'épaisseur) supérieure à une simple coulée; un refroidissement lent a permis longueur et symétrie optimales des structures : largeur 60 cm. à 1,10 mètre - longueur jusqu'à 18 mètres - régularité des colonnes : 44,5% sont des hexagones, 37,5% des pentagones, révélés après érosion glaciaire.

Devil-s-postpile-NPS.JPG                                 Devil's Postpile - photo NPS

view_top_post.jpg                           Devil's Postpile - la face érodée des prismes basaltiques -  doc. NPS
        La surface légèrement striée est due à l'érosion glaciaire qui s'est terminée il y a 15.000 ans

Iron-soda-spring.JPG                            Devil's Postpile - Iron soda spring - Doc. NPS

Sources :
- Global Volcanism Program - Mammoth Mountain
- NPS - National Park Service - Devils Postpile
- Devils postpile national monument - Wikipedia
- History of the volcanism in Long Valley - USGS

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Voici quelques jours qu'une intervieuw du Dr Enzo Boschi, directeur de l'INGV,  auprès du Corriere della Sera, court sur le web au sujet du danger que ferait peser le volcan sous-marin Marsili : le Dr Boschi y faisait remarquer que le volcan Marsili est actif et qu'il existe un danger potentiel qu'une éruption, associée éventuellement à un collapsus généralisé, puisse générer un tsunami touchant l'Italie du sud. " Cela peut se passer demain. Les dernières recherches nous révèlent que l'édifice n'est pas costaud et que ses parois sont fragiles. De plus nous avons mesuré les dimensions de la chambre magmatique formée récemment et constaté qu'elle est de grandes dimensions."

Les phénomènes hydrothermaux aux environs du Marsili sont devenus plus intenses récemment, et une évidence quant aux glissements de terrain a été découverte par le bateau océanographique Urania en février dernier. Selon le Dr Boschi, un effondrement de flanc au Marsili mettrait en oeuvre des millions de mètres cube de matériaux, ce qui pourrait générer une vague de grande puissance. Le Marsili n'est pour le moment pas sous monitoring constant; un réseau de sismomètres devrait être installé autour de l'édifice, en liaison avec le continent et un centre terrestre ... mais tout est question de budget ! et de priorités du gouvernement italien.

 

De plus, ce n'est pas nécessairement le scénario catastrophe qui va se produire et il est impossible de prédire un tel évènement.

 

L'an passé, une question posée sur le site "Eruption" du Dr Klemetti à ce sujet, a reçu cette réponse du Dr Behncke :

 

(Aldo Piombino) Last year I wrote a post on my blog about Mount Marsili, the giant volcano deep in the Thyrrenian sea. (http://aldopiombino.blogspot.com/2008/04/il-monte-marsili-un-gigantesco-vulcano.html). Why this volcano is so poorly known and what do you think about his history? Why this volcano is completely ignored by the INGV?
BB:
Well, it is not exactly true that Marsili is ignored by the INGV, although I agree that it has so far received relatively little attention. There are three main publications discussing different aspects of this volcano, one on its volcanic and petrological evolution by Trua et al. (2002), one on its presumed hydrothermal activity (Uchupi and Ballard, 1989), and - most recently - a report on seismic studies carried out by the INGV in 2006 (D'Alessandro et al., 2009). From this it appears that the volcano is active, if not erupting. However, the INGV's main mission is to deal with volcanic hazards and volcano surveillance for the sake of Civil Defence, which grants much of the funding for the institute, and Marsili is not to be considered among the really, really hazardous volcanoes in Italy, considering that we've got to deal with pretty monstrous examples such as Vesuvius, Campi Flegrei, Vulcano, and possibly even the Colli Albani. This is why Marsili is not given much priority, although I believe all of us find it a pretty intriguing object of study.

 

 

Le volcan sous-marin Marsili, d'une hauteur de 3.000 mètres, est situé en mer Tyrrhénienne au SO. de Naples. Ses dimensions : 70 km. sur 30 de large environ ; il git à 500 m. sous le niveau de la mer.


Marsili---INGV-2006.jpg

          La localisation de l'OBS/H lors de l'expédition de l'INGV 2006 . - Doc. INGV

 

Pour résumer : rien de nouveau, donc pas de catastrophisme, malgré la mode du moment...

et faisons confiance aux scientifiques, pour autant qu'on leur laisse les moyens de faire convenablement leur travail ... la balle est dans le camp des politiques, comme bien souvent !

 

Sources :

- Submarine hydrothermal activity on the aeolian arc - lien

 

- The new broad band OBS/H of the INGV -

         http://legacy.ingv.it/primopiano/OBS_H_eng/OBS_H_eng.html

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

 

                              
                    The coalesced vent of the Fimmvörðuháls fissure eruption in late March 2010.

                    photo : arctic-images / Eruptions

 

L'éruption toujours en cours, semble décliner depuis quelques jours, bien qu'une augmentation de la sismicité ait été signalée lundi soir.

 

De nombreux visiteurs ont posté sur le site Flickr de nombreuses (>1.300) et somptueuses photos : à découvrir et vous en mettre plein les yeux, en toute sécurité et en restant au chaud.

"Faute de grives, on mange des merles!"

 

Lien vers Flickr :

http://www.flickr.com/search/?s=rec&ss=1&w=all&q=eldgos&m=text#page=0

Lien cers un autre blog islandais : Iceland banking crisis news and more - Dori blogspot

http://iceland-dori.blogspot.com/2010/03/photos-and-video-of-volcano-in-iceland.html



Source : Site "Eruptions" du Dr.Eric Klemetti

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Long_Valley_caldera_NE_rim---USGS.jpg        Le côté NE. de la caldeira de Long Valley - document USGS.

Cette grande caldeira, 17 km. sur 32, située à l'est de la Sierra Nevada, est le résultat de la volumineuse éruption qui a produit le Bishop Tuff il y a environ 760.000 ans.
Cet épisode fait suite à une activité volcanique datant de 3,5 millions d'années, avec des éruptions de rhyodacite entre 3,1 et 2,5 Ma, puis des éruptions de rhyolite entre 2,1 et 0,8 Ma; les dernières ont formé Glass Mountain, au NE de la caldeira.
Un dôme résurgent s'est formé par après au centre de celle-ci, suivi par des éruptions de types rhyolitique et dacitique. Cette activité volcanique a cessé il y a 50.000 ans, mais la caldeira demeure active thermalement, avec la présence de sources chaudes et de fumeroles; un phénomène de déformation (inflation) et des essaims de séismes volcaniques et tectoniques s'y sont rajoutés au cours du dernier siècle.
Les Inyo craters et Mammoth Mountain  sont des structures chimiquement et tectoniquement distinctes du système magmatique de Long Valley, et seront examinés ultérieurement (GVP).


CrssSecLVmap.gif

Le Bishop Tuff :

 

Journal-of-Petrology.jpeg

                 Situation du Bishop Tuff( en gris foncé : les zones exposées)

                 Le sous-bassement pré-quaternaire est en gris clair

                 La caldeira de Long Valley : grosse ligne en pointillé; RD : dôme résurgent;

                 GM : Glass mountain pré-caldeira.  - Doc. Journal of Petrology réf. en "Sources".


Bishop_tuff---Roy-Bailey-USGS-copie.jpg             Coupe dans le Bishop Tuff - photo Roy Bailey / USGS.


Cette coupe dans le Bishop Tuff est située dans une carrière dans la Chalfant Valley, au sud-est de la caldeira.

Deux unités bien distinctes sont visibles : la couche inférieure, de 5 mètres d’épaisseur, est constituée de ponces émises lors de l’éruption ; la couche supérieure est la partie basale des coulées pyroclastiques. Les lignes sombres au contact des deux sont des souillures dues à la présence d’oxydes de manganèse.

Une analyse fouillée de la composition zonale et de la stratigraphie peut se trouver dans le « Journal of Petrology », réf : http://petrology.oxfordjournals.org/cgi/content/full/egm007v1#F2.

 

LongValleyMap.png.gif

Ces dépôts d’ignimbrites sont distribués principalement à proximité de la caldeira, selon le sens des vents dominants au moment de l’éruption, mais se retrouvent aussi bien plus loin, jusqu’au Nebraska.

 

Bishop-tuff---Curved-columnar-joints---R.V.Fisher.jpg

       Owen river gorge - Rosette formée par de orgues volcaniques dans le Bishop Tuff.

                   Photo R.V.fisher - Univ. of California Santa Barbara / GVP

 

Une rosette, formée par la conjonction basale de plusieurs colonnes, sont le site de fumeroles fossiles, dont les bouches furent résultantes de la rencontre entre les flots de poussières chaudes du Bishop et l'ancestrale Owen River, qui fut vaporisée.

Des pétroglyphes exécutés par les indiens, dans les temps préhistoriques, ornent les couches exposées du Bishop Tuff; ils ont trait aux rites liés à la chasse.

 

 

La caldeira , d'un diamètre de 10 km. pour une surélévation moyenne de 500 m.,est traversée par la rivière Owen, qui coule entre le dôme résurgent habillé de forêts et le bord de la dépression; une étendue plate à l'est du dôme est couverte des sédiments laissés par le lac qui a occupé jadis la caldeira. Durant la période glaciaire, des icebergs se sont déplacés sur le lac et ont laissé, sur les flancs du dôme, de gros rochers de granit enlevés à la Sierra Nevada.

 

La caldeira abrite diverses manifestations hydrothermales, dont des sources chaudes, des fumeroles et des dépôts minéraux. Les sources chaudes sont concentrées dans les zones basses à l'est; le fumeroles sont cantonnées dans les zones plus hautes à l'ouest, tandis que les dépôts minéraux se trouvent sur le dôme résurgent, à Little Hot creek springs, et Hot Creek gorge, où la décharge en eau est de 250 litres par seconde ( ce qui correspond à 80% de la décharge totale de la caldeira en eaux thermales)


Hot_Creek_in_summer--Alchemica-W.jpg     Le dôme résurgent, Hot Creek et ses zones thermales au centre droit - photo Alchemica/Wikipedia.

hot-creek.jpg               Hot springs à Hot Creek - doc. USGS

Hot Creek est apprécié depuis longtemps comme lieu de baignade; depuis les années 1960, une douzaine de décès y ont été constatés suite au non respect des consignes de baignade ... les "hot tubs" sont susceptibles de présenter des éruptions d'eau super chaude, et l'instabilité géothermale a récemment fait fermer ces zones de baignade.

Sources :

- Global Volcanism Program -
Long valley
- USGS - Long Valley Observatory
- Nova Geoblog - the Bishop Tuff
- Journal of Petrology - mars 2007 - Compositionnal zoning of the Bishop Tuff , Wes Hildreth & Colin Wilson - texte intégral
- History of volcanism in the Long Valley region - USGS

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après huit jours d'animation islandaise et en attente d'une évolution du volcan, nous traversons l'Atlantique en direction d'une région au climat plus doux : la Californie ...
et d'une zone volcanique potentiellement active :

                Long Valley et Mono-Inyo craters.

Depuis San Francisco, sur la côte ouest des Etats-Unis, la région de la caldeira de Long Valley et des Mono-Inyo craters est facilement accessible en traversant le somptueux parc national du Yosemite. Toute la zone regorge de centres d'intérêts aussi bien géologiques que naturels, notamment les dépôts ignimbritiques de Bishop Tuff, les coulées d'obsidienne des Mono-Inyo craters et au passage les séquoias et les aiguilles granitiques du Yosemite.

800px-Yosemite national park mirror lake 2010u   Yosemite National Park - Mirror Lake - photo Chensiyuan.

Long-valley-cald.---Larry-Martin-USGS.jpg   Long Valley caldera - photo Larry Martin - USGS/GVP

Brève historique volcanique :

1. Eruptions antérieures à la formation de le caldeira de Long Valley : 3,5 à 0,79 Ma.
- 1° période de 3,5 à 2,5 Ma : Eruptions basaltiques à dacitiques
- 2° de 2,2 à 0,79 Ma : une série de dômes est à l'origine de Glass Mountain . En tout, l'émission d'à peu près de 100 km³ de magma a formé des dépôts de 1.000 mètres d'épaissuer.

2. Formation de la caldeira de Long Valley : 760.000 ans.
Une éruption gigantesque de 600 km³ de magma en 6 jours est suivie de l'effondrement du volcan, suite à la vidange de sa chambre magmatique, formant la caldeira de 350 km². Les ignimbrites émises ont formé les Bishop Tuff.

3. Eruptions intra-caldeira : 700.000 à 100.000 ans.
durant ces 660.000 ans, différentes structures intra-caldeira sont formées :
  - Lookout mountain : 692.000 - 677.000 ans
  - Hot Creek flows : 288.000 ans
  - Deer mountain : 115.000 ans
  - Mammoth knolls : 100.000 ans

4. Eruptions extérieures à la caldeira : 110.000 à 57.000 ans.
Vingt-cinq à trente dômes se chevauchant sont entrés en éruption sur une période de 50.000 ans, pour former Mammoth mountain, sur le bord SO. de la caldeira.
De nombreuses autres éruptions ont formé de petits cônes basaltiques et des coulées incluant Devil'sPostpile et Red cones ( sur une période vaguement étalée de 160.000 à 8.500 ans).

5. Mono-Inyo et Mono lake : 50.000 à 300 ans seulement.
La zone allant de Mono lake, au nord, à Mammoth mountain, au sud, compte environ 30 dômes et cratères, incluant Panum crater, Obsidian dome, Glass Creek et la dernière en date : Paoha island, daté de seulement 300 ans.


MonoCraters LongValley   Les différents centres d'intérêts de la Long Valley et Mono-Inyo craters.

Ces sites sont , depuis 1982, sous la surveillance directe de l'USGS - United States Geological Survey - au même titre que le Yellowstone et les volcans de la chaîne des Cascades e.a.
Ils sont toujours actifs, comme en témoigne les phénomènes  hydrothermaux, les mouvements d'inflation-déflation au niveau de la caldeira et les essaims de séismes récurrents.


L'examen détaillé de ces différentes structures se poursuit dans la semaine ...

Sources :
- USGS - LVO : Long Valley Observatory
- Nova Geoblog - Northern Virginian Community College.
- Global Volcanism Program - volcanoes of western USA

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
Pour le week-end, un sujet plus "léger" , une troll d'histoire.

Avec seulement un peu plus de deux habitants par kilomètre carré, l'Islande est un pays vide d'habitants ... mais attention, comme disent les Islandais, la nature toute entière est habitée par le "huldufolk", le peuple caché.

aiguilles-de-Reynisdrangur---Vik.jpg                  Les aiguilles de Reynisdrangur, près de Vik ...
                      en réalité, un groupe de trolls pétrifiés !

Dans un pays où la nature est aussi imprévisible, il est difficile de s'en tenir au rationnel pur. Quand le lit des rivières se déplace de plusieurs dizaines de mètres, pour un oui ou un non, quand de riches pâturages se muent d'un jour à l'autre en étendues de cendres stériles ou en champ de laves fumantes, quand une île apparaît en quelques heures là où il n'y avait que des vagues...on n'est jamais sûr de rien !
Les Voettir, les esprits, sont partout; ils prennent la forme d'elfes, de trolls, et les humains ne peuvent les ignorer.
En Islande, il s'agit d'une chose sérieuse, et peu d'islandais oseraient affirmer qu'ils n'y croient pas ... ils préféreront dire : "je n'en ai jamais vu, mais je sais".
Mont-des-sorciers---troll-Kerlingar.jpgOn peut voir, en campagne rase, des routes effectuer un bizarre crochet que rien ne justifie; les ingénieurs des "Ponts et chaussées" ont joué la prudence et ont choisi de ne pas dynamiter ou déplacer un rocher connu depuis toujours comme étant un lieu habité par un troll.
(photo: au lieu-dit "Monts des sorciers, la piste contourne un gros rocher ... qui n'est autre que le troll Kerlingar - photo au pays des elfes ...)
Avant de bâtir une nouvelle maison à la campagne, on consulte un sage du lieu, qui s'assure que le "peuple caché" n'y verra pas à redire... il existe ici de nombreux alfastadir, "des lieux à elfes". On ne laisse pas les enfants jouer sur les rochers, pas à cause d'un risque de chute, mais pour ne pas déranger les créatures chthoniennes qui vivent à l'intérieur des pierres. En ville, on ne débroussaille pas totalement les jardins pour laisser de quoi s'alimenter aux animaux des elfes.

Un peu de Voettologie (typologie des esprits) :
  • Les elfes ("Álfar") sont à priori les plus familiers. Ce sont des créatures plutôt féminines, aériennes et vaporeuses.
    Ils interviennent surtout dans le domaine de la santé physique et mentale des humains.
    D'après un conte populaire islandais, Dieu demanda un jour à Eve, la première femme, de lui montrer ses enfants. Comme elle n'en avait lavé qu'une partie, elle n'osa pas lui montrer ceux qui n'étaient pas encore lavés. Dieu insista pour les voir tous, mais Eve rougissante lui dit qu'il n'y en avait pas d'autres. Mais Dieu sait tout et il ne se laissa pas abuser par ce mensonge. Il décida alors que ces enfants qu'on ne voulait pas lui montrer auraient une existence éternellement cachée aux yeux des hommes (d'où le nom de " huldufólk ", le peuple caché).
    Les elfes habitent des grottes, des collines, des roches isolées, et la mémoire de ces lieux très respectés se transmet de génération en génération.

  • 642px-John Bauer 1915"Les trolls et la princesse enlevée" - tableau de John Bauer, artiste suédois.

  • Les trolls, catégorie sans doute la plus répandue, sont des êtres aux apparences grotesques, le plus souvent malveillants. Parfois isolés, parfois en petits groupes, ils détestent être dérangés et ils sont toujours prêts à fomenter un " mauvais coup " contre les humains …
    Comme les elfes, ils sont très respectés mais c'est un respect qui se fonde plutôt sur la peur.
    Ils habitent un peu partout dans la nature, souvent dans des lieux inattendus mais que tout le monde connaît.
    Les trolls ont une particularité singulière : ils commettent leurs mauvais coups la nuit, surtout pendant les très longues nuits de l'hiver islandais, mais lorsqu'ils sont retardés et qu'il se font surprendre par le soleil levant, ils sont à tout jamais transformés en pierre !

  • Dans la mythologie nordique, le troll vit dans les buttes (bergtroll). Odin avait du tuer Ymir,le géant dont il était né, pour assurer le règne des dieux et des hommes; les trolls étaient des géants qui avaient surgi du corps d'Ymir. La christianisation de la Scandinavie a fait se diminuer la taille des trolls et altérer  leur réputation : ils sont dorénavant considérés comme des êtres bêtes et naïfs ... et comme elle n'a pas pu éliminer totalement ces croyances populaires, elle a fait du troll un être de petite taille et un monstre satanique. (semblable aux lutins du folklore français).
  • Autre catégorie d'esprits, les "hamingja" et les "fylgja".
    Ces termes sont intraduisibles … il s'agit en quelque sorte de figurations du destin ou d'anges gardiens, non pas pour un individu comme nous le concevrions chez nous, mais plutôt pour une famille ou un lignage.
    Ces esprits tutélaires n'apparaissent que dans des circonstances majeures, pour annoncer un mauvais présage ou au contraire apporter leur protection et leur bienveillance.

  • Enfin, les "afturganga", terme qu'on pourrait traduire par "revenants", sont les plus redoutés. Ce sont des fantômes qui reviennent parfois parmi les humains pour les entraîner dans l'au-delà.
    Ils sont difficiles à démasquer car ils prennent l'apparence corporelle des vivants. Leur point faible cependant (car ils en ont heureusement un) est qu'ils ne peuvent pas prononcer le nom de Dieu ("Guð" en islandais). Ce qui justifie que le prénom féminin le plus répandu en Islande est Guðrún ("Rune de Dieu") : avec un tel prénom en effet, on ne peut pas être interpellée par un " afturganga " !
    Dans les textes anciens et les sagas islandaises, on trouve des récits les mettant en scène. Ces histoires épiques montrent que, pour en venir à bout, il faut les combattre soit par la puissance religieuse d'un exorciste, soit par la force physique d'un colosse humain qui se dévoue pour les affronter en combat singulier, au péril de sa vie et - qui plus est - de son âme.
Source :
-"Au pays des Elfes et des Trolls" : http://pagesperso-orange.fr/saga.gilabert/page_trolls.html
- Revue d'etnologie Française ; "Elfes et rapports à la 
  nature en Islande" - Vanessa Doutreleau.
  http://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2003-4-page-655.htm
- "Les Elfes" : http://www.willowheartwicca.com/les%20elfes.htm


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

        

Photo Credit:
RAX /Ragnar Axelsson/via MBL.
L'échelle est donnée par le personnage à gauche de la photo.

A Fimmvörduhals, la lave a subitement changé de canyon : tout le flux se déverse dans le canyon de Hvannargil en lieu et place du canyon de Hrunagil; une nouvelle "cascade" de lave haute de 100 mètres s'est formée.

Le changement semble s'être effectué hier matin, tandis que les nuages de vapeur recouvraient Hrunagil.
Simultanément le débit de la rivière Hvanna (dont dérive le nom du canyon) a augmenté, ce qui ne permet pas l'ouverture de la route emprutant la vallée de Thorsmörk.
Le canyon de Hvarnnagil mesure approximativement 5 km.de longueur, ce qui laisse du temps avant que la lave n'atteigne Thorsmörk.

VORIS_likan.jpg  Cette carte des débits de rivière, datée du 25.03.10, avant le
  changement de direction de la lave, n'est à prendre que
  comme carte de situation ! - Document Vedurstofa islands.

 Lava-21-26-March2010.jpg
    Carte des coulées de lave du 21 au 26.03.2010 - Inst. Earth Sciences &
      Coast guard - 26 : jaune - 24 : violet - 22 : orange -
      fissure : ligne rouge.

La lave recouvrait le 26 mars à 10 h. une surface de 0,65 km² ; elle a progressé dans Hvannargil d'environ un kilomètre.

Sources:
- Iceland Revieuw on line
- Vedurstofa islands - carte des variations de niveau
   des rivières au 25.03.10
- Ruv.is

Bonnes vidéos sur les deux canyons : ruv.is
- canyon de Hvannargil :
     http://http.ruv.straumar.is/static.ruv.is/vefur/26032010_hvannargil.wmv
- canyon de Hrunagil:
      http://http.ruv.straumar.is/static.ruv.is/vefur/26032010_hrunagil.wmv

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

   

Cette photo, prise par le satellite de la Nasa EO-1 / par ALI - Advanced Land Imager- le 24 mars, montre la fissure éruptive (en rouge orangé), les cônes de scories formés par l'action éruptive (zone noire) et le cheminement des coulées dans le canyon de Hrunagil; des gaz s'échappent des cratères à gauche (éruption fissurale), et au niveau où la lave rencontre la couche neigeuse, au centre de la photo (activité phréatomagmatique)

 

fimmvorduhals ali 2010083 - 24.03.10
NASA image by Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 team. Caption by Robert Simmon.

Cette image est à mettre en relation avec le schéma de distribution fourni par l'Université islandaise - département des sciences de la Terre, ci-dessous.

lava-flow-2 

                   Schéma Institute of Earth Sciences / Icelandic coast guard
                   La surface couverte par les laves : 0,37 km² le 24.03 à 3 h.

Un schéma explicatif, présenté par un scientifique sur une chaine de télé islandaise (je n'ai malheureusement pas compris son nom) illustre le phénomène éruptif en cours.


Sturkell etal 2009b-14
  Cette coupe schématique illustre le phénomène éruptif - d'après un document
  de 2004 - Erik Styrkell & al. réf.ci-dessous.
  Les intrusions magmatiques de 1994-2004 : en rouge - les glaciers

  en bleu - le dôme rhyolitique et le cryptodôme : en jaune

  - le cheminement de la lave ajouté en orange

  (ce trajet ne reflète que le principe, pas nécessairement aussi direct)


Avertissement de danger par ICE-SAR :

Le « Search and rescue association Landsbjörg” a prévenu que de dangereuses fumes toxiques sont présentes dans la zone entourant le(s) cratère(s) à Fimmvörduhals, où il vaut mieux rester sur les hauteurs et éviter de rester face au vent. La composition chimique des gaz est, outre le soufre, du fluor, du monoxyde et du dioxyde de carbone, gaz inodores et mortels.

Quant au canyon de Hurnagil, il est demandé de ne pas y pénétrer ; le canyon est étroit et des fumées s’y accumulent, les gaz mortels étant plus lourds que l’air y forment un piège mortel.


 Photo de gauche : le canyon de Hrunagil le 25.03 - photo Bj.Brynjolfsson
                              Iceland Revieuw
 Photo de droite : le canyon de Hrunagil envahi par les gaz - photo ruv.is

25.03.10 Bj.Brynjolfssonhrunagil3 - ruv.is





















Sources :
- ruv.is
- Iceland Revieuw 26.03.2010
- Katla and Eyjafjallajökull Volcanoes par :
Erik Sturkell, Pall Einarsson, Freysteinn Sigmundsson, Andy Hooper, Benedikt G. O feigsson, Halldor Geirsson and Halldor Olafsson.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
La nouvelle "structure volcanique" qui se construit à Fimmvörduhals, suite à l'éruption toujours en cours, va devoir être nommée.

Islande 03.10 Porsteinn Gunnarsson                  Cinq fontaines de lave ... cinq tumulus ?
                          photo Porsteinn Gunnarsson - 03.10.10

C'est en effet le rôle de l'Iceland Toponymy Committee que de trouver un nom pour tout nouveau phénomène naturel.
C'est ainsi que furent nommer "Surtsey", la nouvelle île sortie des flots suite à l'éruption de 1963, et "Eldfell" , montagne formée par les cendres volcaniques en 1973 aux îles Westman.
Nommer les sources chaudes est aussi traditionnel en Islande : le nom donné à la plus réputée des sources chaudes, "Geysir", est d'ailleurs devenu le terme générique pour "une source chaude en éruption".
Toute suggestion est bienvenue !

Parmi les premières :
- Fimmvördufjall, ou Montagne aux cinq tumulus (voir photo ci-dessus)
- Elle pourrait prendre le nom du canyon Hrunagil, dans lequel les laves s'écoulent pour l'instant. Le traduction littérale d'Hrunagil est "canyon d'effondrement".

De Heljarkambur looking down into Hrunagil - 22.03.10 16 hPlongée vers Hrunagil, canyon où coule la lave - Photo Iceland Met Office.

Les paris sont ouverts ... quoiqu'il en soit, ce sera un nom impossible à énoncer !


Source : Iceland Revieuw.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

029En 1864, Jules Verne décrivit dans son « Voyage au centre de la Terre » un épisode où ses explorateurs pénètrent une grotte fabuleuse aux parois habillées de cristaux géants translucides.

 

Voyage au centre de la terre -

gravure de Riou.

Prémonition géniale du célèbre auteur, cette vision est restée du domaine de l’utopie jusqu’en avril 2.000.


article-1081072-02441A96000005DC-634_634x421_popup.jpg Cueva de los cristalles - photo Carsten Peter Speleoresearch & films.

La découverte :

A cette date, deux mineurs, les frères Delgado, travaillants dans une des plus grandes mines de zinc et d’argent, à Naica, dans le désert de Chihuahua au Mexique, percent un tunnel d’aération. Au moment où la pelleteuse traverse une paroi, de l’eau très chaude inonde le conduit et révèle une grotte, ou plutôt une immense géode abritant des cristaux énormes. « C’était beau, comme si la lumière se reflétait sur les morceaux d’un miroir cassé » , diront-ils.

Après une première et courte exploration, la grotte est fermée par un sas qui la met à l’abri des influences extérieures. «  Les cristaux de sélénite reposaient les uns sur les autres comme si des rayons de lune avaient soudain pris poids et substance … » d’après les explorateurs. (Sélène est la déesse grecque de la Lune).

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 Naica - la cueva de los cristalles - Speleoresearch & films.


Cette grotte, située à 190 mètres sous terre, est explorée en 2002 par La Venta, un groupe de spéléo italiens et la compagnie mexicaine Speleoresearch & films, toutes deux agréées par la compagnie minière Industrias Penoles. L’équipe La Venta est composée e.a. du spéléologue Tullio Barnabei et du cristalogue Paolo Forti, de l’Université de Bologne.

Les conditions de température et d’humidité maximale ne permettent pas une longue exploration sans danger pour l’homme et l’équipe doit mettre au point un scaphandre réfrigérant. Ainsi équipé, les travaux sérieux peuvent commencer, sous la surveillance d’une équipe médicale qui contrôle la température corporelle, la tension et le rythme cardiaque des intervenants.

 

La question qui vient tout d’abord à l’esprit est : « comment de tels cristaux géants ont-ils pu se former ? »

La Sierra de Naica  « dort sur un volcan qui ne s’est jamais réveillé ! ».

Celui-ci est responsable du moteur thermique alimentant l’hydrothermalisme régnant sous la montagne. Des eaux chaudes ont dissout le calcaire (carbonate calcique) pour donner, après réaction avec le soufre, une solution sursaturée capable de déposer de la matière qui va précipiter dans des conditions particulières pour donner des cristaux géants.

A Naica, le niveau de sursaturation est faible, d’où une formation de cristaux peu nombreux.

Le milieu est clos et les conditions constantes : dans cette grotte inondée en permanence, étant donné le niveau de la nappe phréatique antérieurement, l’eau est à température adéquate, de 54°C, pour permettre une cristallisation de sélénite (gypse, sulfate calcique). Au-delà de cette température, l’évolution se serait faite vers l’anhydrite.

 

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  Cristallisation du gypse -  Mineralienatlas.


Ces conditions idéales se sont maintenues durant une très longue période : des centaines de milliers d’années ont permis la formation de cristaux mesurant jusqu’à 12-13 mètres de longueur, 1,5 mètres de diamètre et d’un poids estimé à 30 tonnes.

 

Des expériences ont été menées pour connaître l’âge des cristaux : du gypse a été déposé dans de l’eau, aux conditions climatiques de la grotte, et durant un an pour déterminer la vitesse de croissance des cristaux. L’âge moyen a été défini comme avoisinant les 400.000 ans.

D’autres techniques de datation ont été employées : datation par les pollens inclus dans le gypse, datation des inclusions cristallines.

Ces inclusions solides d’oxydes de fer et manganèse, liquides ou gazeuses démontrent que la grotte n’est pas un « système fermé » … elles ont été datée de maximum 500.000 ans.

 

L’équilibre de la grotte a été rompu, à sa découverte, par la mise hors de l’eau et le contact avec l’atmosphère extérieure ; la grotte évolue depuis : elle se rafraîchit peu à peu, des inévitables échanges thermiques ayant lieu depuis sa vidange, et malgré la sas de protection. Elle est en contact avec l’atmosphère extérieure par des failles ; cette relation est constatée par des mesures fines des températures nocturne et diurne qui varient cycliquement ; augmentation de température la journée et diminution la nuit.


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Coupe de la mine de Naica - position des 4 cuevas - en pointillé :

niveau antérieur et actuel de la nappe phréatique.


Cette évolution va se poursuivre dans les années qui viennent pour retourner vers l’état initial quand la mine cessera son activité. Le pompage nécessaire à l’exploitation minière a fait baisser fortement la niveau de la nappe phréatique dans la montagne. Avec l’arrêt des activités, le niveau de la nappe va peu à peu remonter et permettre une nouvelle inondation des géodes. Pour peu que les conditions de température soient atteintes, les cristaux, dont la croissance a été brutalement interrompue à la découverte de la grotte, vont pouvoir recommencer à croître.

En 2007, une cartographie totale de la grotte a été réalisée au moyens de méthodes modernes ; elle permettra d’en faire une copie conforme, dans le modus operandi de celle faite à Lascaux.

 

Certains cristaux géants sont cassés et développent, sur la cassure, une nouvelle cristallisation plus fine. Ce développement secondaire montre que la chute des cristaux n’est pas due à l’ouverture et à la vidange de la géode. La chute des cristaux serait due à des tremblements de terre… la grotte est donc aussi un sismomètre.

 

A Naica, d’autres géodes, d’autres grottes ont été découvertes. Ces systèmes, fermés eux aussi, ont cependant d’autres caractéristiques.

- La grotte des Epées – la cueva de las Espadas – a été découverte beaucoup plus tôt, en 1910 ; située 170 m. plus haut, elle contient des cristaux de sélénite non limpides, avec des bandes de croissance bien visibles. Leur taille est moindre : plus de 2 mètres, pour un diamètre de 25 cm.

- La grotte des Chandelles – la cueva de las Velas - : dans celle-ci, les cristaux contiennent de nombreux dépôts d’hydroxydes ( fer, manganèse, zinc).

 

Sources :

- La Venta - Naica - I giganti di cristallo

- Projet Naica - Naica.com

- Ushuaia nature - expédition de Nicolas hulot

- Naica, la grotte aux cristaux géants - docu. de Ruben Korenfeld - Arte 2008 diffusé le 06.03.10

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