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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


L'archipel de Madère, région autonome du Portugal, est constitué de deux grands groupes d'îles volcaniques.

- le groupe "Madère" : l'île de Madère (727 km²), Porto Santo et qq. îlots (43 km²) et les Desertas (4km²) formés de 3 îlots: Deserta grande, Bugio et Chao.

- le groupe "Selvagens" : Selvagem grande, Selvagem Pequena et Fora. (4 km² en tout)

 

                      Le groupe "Madère" :

690px-Madeira topographic map-fr.svg

Madère, qui constitue 90% des terres de l'archipel, est probablement connue depuis l'antiquité, e.a. par les intrépides navigateurs Phéniciens.

Elle entre dans l'histoire en 1351, avec des documents géographiques arabes et florentins. Des explorateurs portugais, Joao Gonçalves Zarco et Tristao Teixeira, se réfugièrent à Porto Santo, nommé ainsi en reconnaissance de leur sauvetage. La colonisation portugaise démarra l'année suivante. L'archipel devint un point de relâche à l'époque des grandes découvertes ... Christophe Colomb y séjourna et y épousa la fille du gouverneur de Porto Santo, Perestrello, par qui il put connaître des cartes marines qui ont aidé ses découvertes futures.


Géologie et tectonique :

 Comme les autres îles macaronésiennes, elle est d'origine volcanique et surtout basaltique. Elle est formée par la coalescence de quatre grands centres volcaniques qui ont joué un rôle essentiel dans la formation initiale de l'île et constituent l'ossature élevée de sa partie centrale. Le volcanisme de Madère est associé à une fracture océanique et comporte plusieurs épisodes d'activité éruptive, d'abord sous-marine explosive au Miocène supérieur, puis subaérienne au Pliocène et au Quaternaire. S'épanchèrent alors d'abondantes laves basaltiques (basaltes à olivine, hawaïtes, mugéarites, benmoréites et trachytiques en moindre volume), accompagnées de grandes quantités de produits pyroclastiques. L'activité se termine des phonolites trachytiques, des rhyolites et des pantellerites. Les dernières éruptions ne remontent qu'à quelques milliers d'années.

 

La géomorphologie de Madère, avec des falaises au Sud et au Nord, est surprenante pour une île volcanique de « point chaud » que l’on croyait située sur la même dorsale atlantique que l’archipel des Açores. En réalité, son substratum repose sur un plan presque horizontal, rattaché au plancher océanique dans les zones profondes du manteau terrestre, ce qui explique l’uniformité de l’ensemble des falaises et sa stabilité. Aucune secousse sismique importante n’a été enregistrée depuis sa découverte.

 

Des plongées en bathyscaphe au large de Madère ont permis de découvrir par environ 1200 m de profondeur un dispositif morphologique attribuable à un cratère ou une petite caldéra. Entre 900 et 1700 m de profondeur, des formations volcano-sédimentaires interprétées comme des hyaloclastites d'origine explosive ont été observées. Nous sommes conduits à supposer que ces formations ont été déposées initialement à des profondeurs moins importantes et illustrent les phénomènes de subsidence dont a du être le siège l'archipel de Madère par suite de l'importance de l'épaisseur de la série volcano-sédimentaire (plus de 6000 m).

 


Pico-ruivo.jpg   Le Pico Ruivo, second plus haut sommet de l'île.


 Son relief tourmenté, sculpté par l'érosion, est spectaculaire avec des sommets déchiquetés culminant à 1861 mètres au Pico Ruivo. Elle est entaillée de gorges profondes (les ribeiras) qui découpent d'impressionnantes falaises côtières. Les ribeiras et les contreforts montagneux, difficiles d’accès, sont restés sauvages. Les cultures en terrasses s’étagent de la mer jusqu’à 700 mètres d’altitude. De 700 à 1000 mètres, c’est le domaine de la forêt primaire (la laurisylve), et au-dessus, un univers essentiellement minéral de lave et de cendre volcanique.

 

Faune et flore :

 

L'isolement géographique et le peuplement tardif ont favorisé un endémisme important.

L'avifaune dénombre divers endémiques : Roitelet, pétrel, pinson des arbres...de Madère, pigeon Trocaz, sans compter les nombreuses sous-espèces locales : bergeronnette des ruisseaux, moineau soulcie, pipit de Berthelot, faucon crécerelle ... (birds checklist)


Pinson-male-Madere---Fringilla-coelebs-maderensis----Caldei.jpg             Pinson des arbres de Madère 

            Fringilla coelebs madeirensis. - photo Madeira birds.


De par l'humidité atlantique, son relief accidenté, sa latitude subtropicale et l'influence du Gulf stream, Madère possède une flore d'une grande richesse. La Laurisylve, couvre 16% de l'île et 150 km², ce qui en fait la plus grande entité de Macaronésie. Lauriers et bruyères arborescentes côtoient des plantes endémiques telles que l'orchidée, la digitale ou la vipérine de Madère. Amaryllis, agapanthes, fuchsia, hortensias ... toutes ces plantes fleuries se sont échappées des jardins et ont colonisées Madère, lui donnant son surnom "d'île aux fleurs".

 

Orchidees-des-rochers---laurisylve-de-Madere.jpg         Orchidée des rochers - Laurisylve de Madère.

 

Autre particularité de Madère : son vin.

 

Avec des variétés classiques et un goût distinctif dérivé d’un procédé hors du commun, le vin de Madère est devenu célèbre et leader sur le marché mondial.

Le développement du vin de Madère a commencé grâce au riche sol volcanique, au climat propice et à une diversité de cépages importés de nombreux endroits du monde. Le premier étant la vigne Crete Candia Malvasia de Venise, remontant au XIIIe siècle. Ce n’est pas une surprise puisque Venise était le leader en commerce de vin de la Méditerranée avec des opérations menées dans toute l’Europe.


Pipas_de_vinho_Madeira.jpg                 Pipas de vinho Madeira. - Wikipedia.


Le processus de maturation du vin de Madère fut découvert totalement par hasard ; les conditions difficiles d’expédition, la brise maritime et la chaleur des voyages tropicaux ont développé des goûts différents qui ont rendu le vin encore meilleur et plus fort. On dit qu’au XVIe siècle, pour les plus longs voyages, le vin de Madère était renforcé à 20 % d’alcool pour supporter les conditions de navigation. Cependant, le tangage du bateau et le fait de traverser l’équateur faisait accélérer le processus de vieillissement du vin et le faisait chauffer comme dans un sauna. Les longues expéditions étaient de rigueur jusqu’en 1794, période où l’on a commencé à utiliser la science pour le procédé.

Les Madériens, étonnés par la transformation, commencèrent à créer diverses techniques, telles que la méthode de chauffe, estufa “hot sauna”, par laquelle le vin est chauffé jusqu’à une période de 3 mois à une température de 50 °C.  L’autre méthode traditionnelle s’appelle Canteiros, une méthode de vieillissement par laquelle le vin est stocké pendant 20 à 100 ans à la chaleur naturelle. Ces méthodes sont toujours utilisées à l’heure actuelle.

 

Sources :

- Madère, une île volcanique atlantique par G.Kieffer - CNRS.

- Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic) par J.Geldmacher & al.

 

Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic)

- Observations en bathyscaphe de formations volcano-sédimentaires aux environs de Madère - par G;Bellaiche et JL.Cheminée - CNRS

- Madeira live - vin de Madère

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
A la fois pour ne pas quitter le Macaronésie, et parce que le sujet n'a été qu'effleuré, je reviens vers ces dessins, ces peintures que l'on rencontre dans les ports de ces îles sur le chemin des amériques.

Pico-HortaFaial---wiki.jpg La "galerie" du port d'Horta, face au volcan Pico - Wikipedia.
 

Objets spontanés, nés de l'imagination, du coeur des marins au moment de leur angoisse devant les dangers de la mer, ou pour conjurer ceux-ci, ils expriment la relation entre l'homme et la nature, entre l'homme et le ciel.
Parfois maladroites, naïves, ces représentations sont souvent artistiques, toujours documentaires : représentation de navires, de drapeaux, de dieux marins, de sirènes...

lili-2002.jpg "Lili 2002" - port d'Horta - Faial - Açores - photo A.Guir.

Au départ, gestes de dévotion, de reconnaissance, on leur donne le nom d'ex-voto... don votif, objet ou représentation promis à la suite d'un voeu. c'est un "marché" : le marin, à la merci des éléments déchaînés, face à une mort probable, implore le ciel, les dieux, promet un "don", en échange de son salut. Voeux de toutes sortes, dans toutes les religions, de tous temps, les ex-votos revêtent différentes formes: sculptures, maquettes (de bateau), coquillages, inscriptions et graffitis.


On n'examinera ici que cette dernière forme.
Une photographe, peintre de formation, Annie Guir a passé beaucoup de temps à analyser et photographier ces ex-votos propitiatoires sur la jetée de la marina de Horta, sur l'île de Faial aux Açores.
Dans son analyse, elle distingue différents types d'ex-votos:
- gratulatoire : se rapportant à un fait précis, il s'agit d'une action de grâce pour la protection obtenue
- commémoratif : à la fin d'une traversée ou d'une carrière, le marin le remet, comme marque d'une protection constante. Il rappelle le souvenir du péril en mer.
- propitiatoire : avant une grande traversée, on cherche à s'attirer "les bonnes grâces" ... certaines superstitions incitent le navigateur à accomplir ces dessins ..."propices" au bon déroulement d'une aventure : et même si on n'y croit pas, on le fait quand même ..."on ne sait jamais !"

A Horta, à Funchal ou Porto Santo, aux Açores comme à Madère, les navigateurs laissent une trace de leur passage, en écrivant le nom du bateau, la date et souvent les prénoms des coéquipiers ou des passagers.

arctic_antartic_wandering_albatros.jpg "Arctic to antartic 2006" - Horta - Faial - Açores - document A.Guir

Portugal_Acores-PortoSanto14GT.jpg   "Le Petit Prince" - port de Porto Santo - Madère - photo G.Tane

Sources :
- "Mémoire sauvée du vent - Un rite de traversée à Horta, aux Açores" - par Annie Guir
- Galerie de photos d'Annie Guir
- Les ex-votos marins à travers le monde - lien
- "Les ex-votos propitiatoires de l'archipel des Açores et de Madère" - par Georges Tane sur
http://skreo-dz.over-blog.com


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Ce riche archipel, composé de trois groupes d'îles, révèle encore quelques superbes sites volcaniques dans le groupe le plus proche de l'europe, avec Sao miguel, Santa Maria et les Formigas.

Sao Miguel présente une structure variée : un massif ancien à l'est de l'île, le complexe de Povoçao; trois stratovolcans à caldeira, Sete Cidades, Agua de Pau et Furnas. Ces massifs volcaniques sont reliés entre eux par des alignements récents de cônes de scories : la région des Pics.

Sete Cidades, ce stratovolcan est connu pour sa grande caldeira (5 km. de diamètre et 350 m. de profondeur moyenne) qui abrite deux lacs de cratère, Lagao Verde au sud et Lagoa Azul au nord. Des dômes trachytiques habillent ses flancs.
Cette caldeira se serait formée en trois phases, datées de 36.000, 29.000 et 16.000 ans. Le volcan a connu 22 éruptions post-caldeira, et des éruptions surtseyennes à faible distance des côtes, la dernière datant de 1880.

Sete_cidades_twin_lakes---U.Sverdrug.JPG          Sao Miguel - Caldeira de Sete Cidades - le ciel couvert ne permet pas de différencier les
          couleurs verte et bleu des Lagoa Verde et Azul - photo U.Sverdrug.

Agua de Pau est un stratovolcan central, doté de deux caldeiras imbriquées : l'externe, de 4 km. sur 7, s'est formé il y a 30 à 45.000 ans. Elle abrite une caldeira interne, de 2,5 km. sur 3, formée il y a 15.000 ans et emplie partiellement par un lac de cratère : le Lagoa do Fogo - "le lac de feu". Des dômes post-caldeira habillent les flancs nord et ouest.
Au cours de 5 000 dernières années, sept éruptions très explosives se sont produites dans la zone sommitale, dont la célèbre éruption dite du "Fogo A" datée de 4 640 av. J.-C.  Cette éruption plinienne fut la plus importante connue dans l'archipel des Açores produisit 3,2 km3 de ponces et fut à l'origine de coulées pyroclastiques et de lahars.
La dernière éruption trachytique date de 1563. Quelques sources chaudes sont situées sur le flanc NO. du volcan, témoignant de son potentiel.

Sao-Miguel---Agua-de-Pau-lago-do-fogo---R.wunderman-smith.jpg

                Sao Miguel - Agua de Pau, Lagoa do Fogo  -  photo R.Winderman - Smithsonian inst.

 

 

Lagoa_das_Furnas-_ilha_de_Sao_Miguel-_Arquipelago_dos_Ac.JPG

                                                    Sao Miguel - Lagoa das Furnas  - photo wikipédia.

 

Le volcan Furnas est situé à l'extrémité est de Sao Miguel, ce stratovolcan est actif depuis 100.000 ans. Deux caldeiras caractérisent sa structure actuelle; elles sont emboitées, la plus vaste date de 30.000 ans, et s'est constituée à partir de l'émission d'une nappe d'ignimbrite, dite de Povoaçao.

Les ignimbrites (de ignis, feu et imber, pluie) sont le produit d'éruptions extrêmement violentes, qui s'expriment par l'émission de coulées pyroclastiques (coulées riches en gaz, chargées de particules chaudes, progressant à très vive allure) issues pour la plupart d'édifices volcaniques à base très large qualifiés de strato-volcans.

Les ignimbrites du Furnas sont des ignimbrites fiammées, où des éléments vitreux ont été étirés.

L'autre caldeira date de 12.000 ans environ et abrite le Lagoa das Furnas.

Ce volcan très actif a connu au cours des 5.000 dernières années dix éruptions subplinienne à caractère phréatomagmatique marqué, dont deux lorsque l'île était peuplée. La première s'achevait en 1440, au moment  de l'installation des premiers colons, la dernière provoqua la mort de 200 personnes en 1630. Il est considéré comme dangereux.

Il existe une zone de fumerolles et de mares de boue bouillonnantes à l'extrémité nord du lac. Un secon champ fumerollien est situé dans le village de Furnas auquel il donne un atmosphère particulière... vapeurs, odeurs, bruits, tout participe à rendre ce lieu étrange. Une trentaine de sources,  avec des propriétés et températures propres à chacune d'elles - entre 15 et 60°C -, avoisinent des vasques bouillantes et quelques geysers; les eaux sont riches en bicarbonate sodique, en bore et fluor, et dégazent du gaz carbonique à raison de 50 tonnes par jour.

 

800px-Caldeira_fervendo-_Vale_das_Furnas-_Povoacao-_ilha_.JPG                   Sao Miguel - Vale das Furnas , caldeira fervendo - photo Luis da Silveira.


Ces zones géothermales sont utilisées par les locaux pour cuisiner leur ragoût : le Cozido, servi dans les restaurants. Choux, carottes, pommes de terre et patates douces, boeuf, poulet, boudin noir et chorizo mijotent dans un faitout enveloppé de liges et plongé à 60 cm. de profondeur ... le volcan et le temps font le reste ! Bon appétit !


Santa Maria : morphologiquement, l'île est constituée à l'ouest d'un plateau uniforme, érodé et dénudé dont l'altitude n'excède pas 200 mètres. Sa partie orientale, séparée de la précédente par une chaîne montagneuse - la Serra Verde -, est plus accidentée et relativement boisée ; ce contraste se manifeste par un habitat différent, de type villages-rue à l'ouest et dispersé à l'est.

L'île est d'origine volcanique mais son histoire géologique est complexe: c'est l'île la plus ancienne de l'archipel des Açores et elle a connu plusieurs phases d'édification et d'érosion intense depuis la fin du Miocène. Elle a également connu des phases d'immersion liées à d'importantes transgressions marines. Ce contexte explique la présence de quelques formations sédimentaires intercalées dans des formations volcaniques subaériennes ou sous-marines.

Son volcanisme s'est vraisemblablement exprimé entre 8 et 2 millions d'années et il est considéré comme éteint aujourd'hui. L'île de Santa Maria est épargnée de l'activité sismique intense qui caractérise sa voisine São Miguel ; toutefois elle a connu quelques rares tremblements de terre au cours de son histoire.

 

Formigas_Islets_-_no_watermark.jpg                                 Les Formigas - Wikipédia.

Les îles Formigas, connues aussi sous le nom "banc des Formigas", sont les sommets d'un vaste banc rocheux situé au NE. de Santa Maria. Composés par des coulées basaltiques, ces rochers parsèment une vaste zone de 9.000 m²; seul un phare dépasse des rochers, signalant ce piège parcouru de dangereux courants. Leur intérêt réside dans la riche faune marine que ces rochers abritent.

Prochaine destination : Madère.


Sources :
- Global Volcanism Program - Sete Cidades
                                         - Furnas
                                         - Agua de Pau
- The Formigas bank - WWF - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pico : île allongée de 42 km. sur 15, elle est dominée par le Ponta do Pico, stratovolcan basaltique, haut de 2.351 mètres, qui occupe sa pointe ouest .
Pico a abrité juqu'en 1980 une industrie baleinière importante. La culture de la vigne et son produit, le Vinho do Pico, est un autre atout commercial.

Ilheus-da-madalena--wikimedia-commons.JPG           Ilheus da Madalena - Neck volcanique, solde laissé par l'érosion marine d'une struture palagonitisée
                       résultant d'une éruption phréatomagmatique ancienne.   -  Wikimédia commons.

Ponta do Pico est le plus haut volcan des Açores; son cône est construit sur le "Montanha volcanic complex" et est coiffé d'un cratère large de 500 m., lui-même surmonté d'un petit cône pentu.
Ses éruptions historiques se sont limitées aux flancs du volcan et à la zone de rift située au SE., le "Roque Piedade volcanic complex" parsemé de cône pyroclastiques. Les principales datent de 1562-64, 1718, 1720 ; en 1963, une petite éruption sous-marine a eu lieu près de la côte nord-ouest de l'île.

Pico---Portugal-blogs.jpg            Le volcan et les vignobles, avec les murets protecteurs typiques - photo Portugal blogs.

  
Pico100.jpg            Le port et le village de Madalena, et le volcan habillé d'un nuage lenticulaire - photo C.Johansson 2007

L'escalade du volcan démarre près du Cabeço das Cabras , à 1200 m.; l'aller-retour demande 4 à 5 heures d'efforts et permet d'admirer le majestueux cratère et quelques fumerolles sur le Piquinho, surmontant de 50 m. le bord de celui-ci. Si les nuages le permettent, la vue porte sur les îles du groupe central. Il parait que le lever du jour est inoubliable ... mais comme je ne suis pas partisant des ascencions nocturnes ...

Grutta das Torres est un tunnel de lave situé sur les pentes ouest du volcan, formé dans une coulée Pahoehoe originaire d'un cône parasite, le Cabeço Bravo, et datée de 500 à 1500 ans. Formée d'un groupe de tunnels de lave interconnectés et pas toujours faciles d'accès, cette zone a été décrétée "Monument national" en 2004. On ne visite que les 400 premiers mètres de ce tunnel, long de 5439 m. et haut à certains endroits de 15 m.

Gruta das Torres - 2 Mike Norton


Le tunnel nécessite l'usage d'une frontale ... et le casque n'est pas superflu par endroits.





On peut y photographier de belles stalactites de lave.




Photos Mike Norton.




Gruta das Torres Lavacicles - Mike norton















L'île de Terceira est formée de quatre stratovolcans construits sur une zone de fissure prohéminente, balafre axée SE-NO.

Terceira -cone pyro. Monte brasil - Lda Silveira         Terceira - le cône pyroclastique Monte Brasil domine la cité historique Angra do Heroismo.
                                                                  photo Luis da Silveira.

Le volcan Santa Barbara est tronqué de deux caldeiras; la plus jeune âgée de 15.000 ans.
Pico Alto, dans la partie centrale, date du Pleistocène; sa caldeira est occupée par des coulées de lave et des dômes.
La caldeira Guilhermo Moniz se trouve au sud sur une zone de fissures, et celle de Cinquio Picos, large de 7 km. occupe le SE. de Terceira.
Les dernières éruptions concernent Pico Alto, la zone de fissures entre Pico Alto et Santa barbara et des cratères sous-marins situés à l'ouest de l'île.

Terceira---Santa-Barbara---1021-m-jpg                        Terceira - volcan Santa Barbara - 1021 m. -  Wikipédia

Terceira---Pico-do-Gaspar.jpg                                Terceira - le Pico do Gaspar - auteur non référencé.

Ces éruptions sous-marines récentes - 1999 et 2000 - ont produit des "lava balloons" , blocs flottants retrouvés en surface.

lava-balloon---CVUA---Terceira.jpgLeur formation est attribué à un magma de basse viscosité, se mouvant facilement au travers de fractures. Ces blocs résulteraient du détachement de parties de "pillow-lava" suivi de leur ascencion facilitée par leur haute teneur en gaz ou de fragments de lave riche en gaz résultant de fontaines de lave ou petits lacs de lave sous-marins. lava-balloon--2---CVUA---Terceira-copie.jpgDurant leur montée vers la surface, les gaz sortent et à leur sortie, l'interaction entre l'eau de mer et ces blocs chauds provoque une émission de vapeur et de gaz ... ensuite ils coulent, ou explosent violemment si l'eau entre en contact avec l'intérieur chaud de la structure.


Photo du haut : un ballon de lave arrive en surface et émet vapeur d'eau et gaz.
Photo du bas : ballon de lave récupéré le 10.02.1999 - diamètre de 80 cm. de diamètre.
documents CVUA - Center of Volcanology of the Azores University.

A Terceira, il faut déguster les pouces-pieds, les patelles et les crabes "façon açorienne", ou les balanes et les cigales de mer ... accompagnés de  Verdelho dos Biscuitos, un vin murit sur la roche basaltique et apprécié des Tsars russes.

Sao Jorge : cette île "linéaire" - 54 km.sur 5 - est difficile d'accès, les falaises bordières atteignant plusieurs centaines de mètres de hauteur. Des terrasses basses formées par leur effondrements, appelées Fajas, sont fertiles et dotées d'un micro-climat favorisant des cultures exotiques, dont le café.

Sao Jorge - Pico da velha - L;da Silveira                       Sao Jorge - Pico da Velha - Photo Luis da Silveira.

L'île compte plus de 200 volcans basaltiques d'origine fissurale, alignés sur des failles orientées NO-SE. Les édifices les plus anciens sont datés entre 550.000 et 110.000 ans. Les dernières éruptions datent de 1580 et 1808, toutes deux ont fait quelques victimes.

Sources :
- Global Volcanism Program - Pico
                                         - Terceira
                                         - Sao Jorge
- CVUA - Center of Volcanology of the University Azores.
- photos de Pico sur Flickr - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
L'Eyjafjallajökull, situé dans le sud-ouest de l'Islande montre des signes de turbulence, avec une activité sismique durant ces dernières 56 heures.
Ces essaims de séismes qui ont débuté avec l'année 2010, et l'inflation détéctée par GPS semblent indiquer une intrusion sous le volcan.
Une carte de 04.03.10, établie par l'IMO - Iceland Meteorological Office - pour la région du Myrdalsjökull, dénombre un total de 379 secousses dans les dernières 48 h., dont 13 de magnitude 2-3. (liste des séismes)

Eyjafjal---04.03.10.png
Carte des séismes des dernières 48 h - IMO 04.03.10 - 07:00 h
  en rouge : 0 à 4 h. - en orange : 4 à 12 h. - en bleu : 24 à 48 h.

Un rapport du IMO à 15 h.10 fait passer le total des séismes à 606, ceux de magnitude supérieure à 3 passant à 26.

Eyjafj.-04.03.10-15h10.png
Carte des séismes des dernières 48 h - IMO 04.03.10 - 15:10 h
  en rouge : 0 à 4 h. - en orange : 4 à 12 h. - en bleu : 24 à 48 h.


L'Eyjafjöll, ou Eyafjalla, est un volcan recouvert par une calotte glaciaire, l'Eyjafjallajökull. Par métonymie, Eyjafjallajökull désigne aussi bien le volcan que le glacier qui le recouvre. Il est bordé au sud par l'océan atlantique et à l'est par la calotte glaciaire du Myrdalsjökull qui recouvre des volcans dont le Katla. Il est visible depuis les îles Vestmann au sud-ouest.

VestmannaeyjarEyjafjallajoekull----A.Tille.jpg    L'Eyjafjöll, vu depuis Heimaey dans les îles Vestmann.
                           photo A.Tille.
 

Ce stratovolcan érodé, construit par des laves basaltiques et andésitiques, est couronné d'une caldeira de 2,5 km. de diamètre. Ses éruptions sont pour la plupart de type fissurales. Il est voisin du Katla, avec qui il pourrait être connecté, bien que la composition chimique des laves  en provenance des deux volcans soit différente.
Seules trois éruptions ont été relevées par le GVP : en 550, 1612 (VEI 2 - vol. téphras : 1Mm³) et 1821-1823. Cette dernière éruption sommitale sub-glaciaire, de VEI 2, a émis un volume de téphras égal à 4 Mm³.

Après les séismes qui ont frappé la Reykjanes ridge les 18 et 19.02, ces évènements laissent à penser qu'une éruption pourrait se produire à court terme dans le sud de l'Islande. A suivre ...

Sources:
- Boris Behncke via the Volcanism Blog.
- IMO - Icelandic Met Office
- Global volcanism Program - Eyjafjöll

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
                                      
Les îles de la plaque Eurasienne -  partie centrale.

Geochimie des volcans Faial- tectonique
Les volcans, situés sur la plaque Eurasienne, le sont sur des zones de fractures orientées NO-SE sur la "microplaque des açores - document Pacheco. réf en sources.

 

Faial - Ilha do Faial, île aux hêtres -
connue aussi sous le nom d'Ilha azul - l'île bleue, qualificatif du aux nombreuses hortensias qui y fleurissent en été, à moins que ce ne soit un rappel de sa production d'un pastel bleu. On aborde cette île volcanique pentagonale par le port de Horta, escale courue par les marins qui font la traversée transatlantique. Sur la jetée de la marina, les dalles de béton sont couvertes d'un patchwork de peintures et graffitis, témoignages de marins à la manière d'ex-votos peints; on retrouve cette pratique dans d'autres ports des îles de la Macaronésie e.a. à Funchal sur Madère. Le bar "chez Peter" sert de boite aux lettres aux navigateurs et d'officine de change; il abrite aussi une belle collection de dents de cachalots gravées ou sculptées.

                                      
                             Un  ex-voto belge ...parmi d'autres / port de Horta - Faial - photo Annie Guir

Faial est un concentré des formations volcaniques que l'on rencontre dans l'archipel açorien:
- volcan-bouclier : volcan de Riberinha
- stratovolcan : volcan de la Caldeira
- volcan monogénique basaltique : dans la péninsule de Capelo ou sur la
   plate-forme de Horta
- volcan trachytique : Altar au fond de la caldeira
- volcan sous-marin : Morro de Castelo Branco (trachytique) et
   Monte da Guia (basaltique) , Cabeço dos Capelinhos (sous-marin puis
   aérien)

Active-tectonics---paleoseismological-results-Azor-copie-1.jpg                    document Pacheco - réf. voir sources.

Faial---caldera-from-Cabeco-Gordo.jpg                                 La Caldera, vue de Cabeço Gordo - photo wikipédia.
Profondeur 400 m. - périmètre 2.000 m. - remarquez les cinder cones sur le plancher de la caldeira.

Géologie : l'île se compose d'un proto-volcan bouclier, le volcan de Geochimie-des-volcans-Faial-3.jpgRiberinha, au NE, largement détruit par l'érosion et les forces tectoniques, à l'origine du graben de Pedro-Miguel, du volcan de la Caldeira et de la plate-forme basaltique de Horta, dominée par des volcans monogéniques.
La péninsule de Capelo, formée d'une chaîne linéaire de volcans basaltiques, a connu les deux éruptions les plus récentes : au Cabeço do Fogo (1672-73) et au Cabeço dos Capelinhos ( 1957-58).

capelinhos-volcano---Faial-isl-jpg           Cabeço dos Capelinhos et le phare qui a échappé de peu à l'éruption - Wikipédia.

L'éruption du Capelinhos : 393 jours - 27.09.57-24.10.58

L'éruption du volcan Capelinhos fut une éruption de type Surtseyen parmi les mieux observée, débutant le 27 septembre 1957, avec l'apparition d'une île qui s'effondre le 29 octobre. Une autre île sort de la mer durant la première semaine de novembre, à une centaine de mètres à l'est de la première. Une troisième croit, juste après le collapsus de la seconde, et se connecte par un isthme à Faial vers la mi-novembre; l'activité violente durera quelques semaines avec éjection de matériaux à 1,5 km. de hauteur.
Le 16 décembre, le magma n'interagit plus avec l'eau de mer : c'est la fin de la phase sous-marine.

faial-island-eruption 1957 R.F.Sisson-306337-ga                     L'éruption du Capelinhos en 1957 - photo prise par R.F.Sisson.

Le type d'éruption évolue vers le type strombolien avec des coulées de lave qui atteignent la côte de Faial.
Une autre phase sous-marine débute avec l'année 1958, avec des retombées de poussières volcaniques jusqu'à 70 km. du volcan. elle se termine le 12 mai 1958, avec l'apparition d'un lac de lave dans le cratère, qui s'épanche en coulées sur les flancs. La phase strombolienne se termine le 24 octobre 1958 ... le volcan couvre alors 2,4 km².
Depuis, l'érosion permanente détruit le volcan peu à peu. (traduction de l'article de Marco Fulle)
Données du GVP : VEI 2 - vol de lave émis : 84 Mm³ - tephras : 80 Mm³.

azores_capelinhos_mf1551.jpgCouches d'ignimbrites du cône de tuff, couverte par des bombes de la phase éruptive strombolienne.
             Avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - Un clic sur la photo pour en voir d'autres.

Un intéressant "centre volcanique" a été construit intelligemment en sous-terrain, à proximité du phare épargné par l'éruption.

Sources :
- Global Volcanism Program - Fayal
- Geochemistry of volcanic rocks from Faial island - Pacheco
- Active tectonics and first paléosismologicalresults in Faial - link
- Swisseduc.ch - Surtsey-like cones on Faial 09.2009 - link
- Faial island, by Absolute Astronomy - link
- The Azores islands - blogspot.com

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'archipel Açorien occupe une branche latérale de l'épine dorsale médio-atlantique, à proximité d'une jonction triple entre les plaques tectoniques nord-américaine, eurasienne et africaine.

MAR.jpg         La Mid Atlantic ridge et le point de jonction triple - âge des fonds marins - doc. NOAA.
 

7359164529701.jpg        Le point de jonction triple entreles plaques eurasinne, nord-américaine et africaine.

 Le plancher surélevé du plateau des Açores est interprété comme étant le résultat de l'interaction entre un panache mantellique et la dorsale de l'atlantique nord - MAR : Mid Atlantic Ridge.
La présence d'une large région de plancher marin en surélévation, associée à une croûte peu épaisse entre les seamounts du Great Meteor et la plate-forme des Açores sur la plaque Africaine, par rapport à des structures moins développées sur la plaque nord-amériacaine, penchent en faveur d'une genèse commune pour ces structures dérivant d'un point chaud.

plateau_x_2-copie.jpg                     Les îles açoriennes volcaniques sont indiquées, en noir, par leurs initiales.
              Elles sont réparties sur deux plaques différentes : l'eurasienne et la nord-américaine.
                                                MAR = Mid atlantic ridge.

Une interaction entre la dorsale et un point chaud a eu lieu il y a 85 millions d'années. Cette interaction a migré vers le nord le long de l'axe de faille suite aux mouvements de la plaque africaine vers le SSE, suivant une direction grossièrement parallèle à l'axe du MAR.
La formation du plateau des Açores aurait débutée il y a 20 Ma, pour se finaliser il y a 7 Ma environ.
La géométrie et la distribution des petites structures insulaires sur le plateau est à mettre en relation avec des variations de production de matériaux fondus sous l'action du point chaud, avec une périodicité de 3 à 5 Ma.
L' ensemble du plateau, après la diminution de l'activité volcanique, a subi les effets du rifting de la dorsale médio-atlantique.

Les îles de la plaque nord-américaine
: Corvo et Flores.

CORVO (Ilha do Corvo - île du corbeau) est la plus petite île habitée de l'archipel des Açores.
L'île, mesurant 3,5 km sur 6, est formée d'un seul volcan, couronné d'une caldeira elliptique profonde de 250 mètres; son plancher contient plusieurs petits "cinder cones" et deux lacs peu profonds, et un damier de champs cultivés parent les parois internes de la caldeira.

Caldeirao_do_Corvo_Azores---Angrense.jpg                                                     Caldeirao do Corvo - photo Angrense / Wikipedia.

FLORES  (ilha das Flores - île des fleurs) porte bien son nom : recouverte de milliers d'hortensias bleus, couleur qui leur est donnée par le sol basaltique, et d'innombrables espèces colorées, l'île possède également une végétation endémique composée de mousses et lichens atteignant parfois 30 cm. d'épaisseur. Cette végétation est liée au fort taux d'humidité et aux pluies qui arrosent fréquemment le centre de Flores.

491px-Flores_Azores.png

Née d'un volcan sous-marin au Pleistocène, cette île, de 10 km sur 15, est dotée de nombreux cônes et cratères.
Après une période de repos longue de 200.000 ans, de jeunes cratères d'éruptions phréatomagmatiques et des coulées de lave  furent produits à l'Holocène.







La caldeira "Funda de Lajes" est en fait un anneau de tuff formé il y a 3.150 ans.

Flores---caldeira-funda.jpg                            La Caldeira Funda de Lajes - Açores.net

Caldeira-Funda-et-Rasa----Bjorn-Ehrlich.jpg           La Caldeira Funda (à gauche) et la caldeira Rasa (à droite) - photo Björn Ehrlich.

La caldeira "Comprida" , un anneau de tuff dans la caldeira "Seca", date de 2.900 ans.

La caldeira Negra, qui doit son nom à ses eaux sombres, n'est qu'une des sept formations dotées d'un lac volcanique.
Agua Quentes est un ensemble de sources chaudes et sulfureuses.

Flores---caldeira-negra---Pedro-Santana.jpg                                                                  La Caldeira Negra - photo P.Santana pBase

Flores---rocha-dos-bordoes.jpg                                 Rocha dos Bordoes - orgues basaltiques - photo Sylveira /Wikipedia.

flores31.jpg                 Des coulées basaltiques s'avancent dans l'océan Atlantique.

Sources :
- Global Volcanism Program - FLores
                                         - Corvo
- " Interaction between the Mid Atlantic ridge and the Azores hot spot during the last 85 Myr. Emplacement and rifting of the hot spot-derived plateaus " par P.Gente & al. - CNRS 2003 in G³ electronic journal of the earth science.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le fait que les très puissants tremblements de terre peuvent déclencher une augmentation de l'activité des volcans proches de l’épicentre a été mis en évidence statistiquement par des scientifiques de l'université d'Oxford. (11.2008)

Une analyse des évènements volcaniques au Chili Méridional a prouvé la survenue de jusqu'à quatre fois plus d'éruptions volcaniques au cours de l'année suivant de très puissants tremblements de terre par rapport aux autres années.

Cette augmentation subite d’activité volcanique peut impliquer des volcans jusqu'à au moins 500 kilomètres de l'épicentre d'un tremblement de terre.

Jusqu'à ce jour, les scientifiques avaient identifié quelques cas où les éruptions volcaniques suivaient de très puissants tremblements de terre. Cependant il avait été difficile de prouver statistiquement que de tels séismes étaient responsables d'une augmentation du nombre d'éruptions. Jusqu’ici, cette corrélation spatiale était plutôt mise sur le compte d'une coïncidence.

La partie la plus inattendue de cette découverte est la distance considérable séparant l’épicentre du tremblement de terre et l’endroit du déclenchement de ces éruptions ainsi que la période durant laquelle l’augmentation de l’activité volcanique a été observée.

Ces résultats statistiques suggèrent que les ondes sismiques, rayonnant à partir de la zone de rupture sismique, peuvent déclencher une éruption en agitant ou en secouant la roche en fusion sous les volcans. Les perturbations résultantes conduisent à l’éruption. Cependant, en raison de la période durant laquelle la pression à l’intérieur de l’édifice volcanique augmente graduellement et de la durée d’ascension du magma vers la surface, une éruption peut se produire seulement quelques mois après le tremblement de terre.

Sebastian Watt, un étudiant du département des sciences de la terre d’Oxford, a examiné les évènements d’éruption volcanique et de tremblement de terre au Chili  Méridional où, en 1835, Charles Darwin avait suspecté, pour la première fois, un lien entre les tremblements de terre et les éruptions. Sur base de l’analyse soigneuse des évènements historiques, il a découvert que l'activité volcanique a augmenté durant environ une année après chacun des tremblements de terre les plus puissants du Chili Méridional au cours des 150 dernières années.

Les volcans impliqués, dans un rayon de 500 km de l’épicentre sismique, comprenaient des volcans actifs et en sommeil. Les deux grands tremblements de terre chiliens de 1906 et 1960 (le plus puissant jamais enregistré) furent chacun suivis par l’activité de 6 ou 7 volcans, une augmentation significative par rapport au taux moyen d’activité éruptive durant environ 1 année.

Sebastian Watt avait déclaré : "ce travail est important parce qu'il prouve que le risque d'éruption volcanique augmente nettement après de grands tremblements de terre dans certaines régions du monde, telles que le Chili, particulièrement affecté par ces deux phénomènes naturels. Si tout va bien, nos résultats pourraient aider les gouvernements et agences de ces régions afin de mieux évaluer les risques volcaniques en soulignant le besoin de porter une attention accrue sur l'activité volcanique qui se produit après de grands tremblements de terre."


 

onemi_20090404.jpg           Eruption du Llaima le 04.04.2009 - photo Onemi.


Le tremblement de terre du 27 .02.2010 s'est passé dans la même section de faille qui a causé le séisme observé par Darwin en 1835.

David Pyle, de l'université d'Oxford, déclare que tous les moyens satellites de mesure de température et de déformation des sols seront utilisés pour surveiller tout l'arc volcanique, depuis le volcan Llaima au sud jusqu'au Tupungatito au nord. "En ce qui concerne les volcans déjà actifs, nous pourrions voir une augmentation des explosions gazeuses, mais nous ne nous attendons pas à ce qu'ils présentent un danger sensiblement augmenté", dit-il.

Donc même s'il existe une corrélation entre les séismes majeurs et une augmentation des éruptions volcaniques, il n'y a pas nécessairement une menace additionnelle grave pour les populations vivant dans ces zones de subduction active.


Pour mémoire, le Sernageomin a placé le 11 février le Chaiten en alerte rouge, et le Llaima en alerte jaune - niv.3.

Sources :
- NewScientist - article du 01.03.2010 par K.Ravilious.
- The influence of great earthquakes on volcanic eruption rate along the Chilean subduction zone - 01.11.2008 - Science direct.
Sebastian F.L. Watt, David M. Pyle and Tamsin A. Mather

Department of Earth Sciences, University of Oxford, Parks Road, Oxford OX1 3PR, UK

- Sernageomin - rapport du 11.02.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

En ce début mars, le MVO - Montserrat Volcano Observatory - nous envoie une vue de l'intérieur, rarement dégagé, du cratère de Soufrière Hills, prise le 26 février.

Ce cratère, d'environ 200 mètres de diamètre et d'une profondeur estimée à 50-100 mètres, se trouve au sommet du nouveau dôme et a été formé par les explosions survenues vers la fin de l'effondrement de celui-ci le 11 février. Il donne la mesure du gigantisme de ce dôme, dont les effondrements partiels successifs ont engendrés diverses coulées pyroclastiques impressionnantes et dévastatrices.
Ce cratère, plus profond originalement, a été rempli en partie par des chutes de matériaux provenant de ses parois, comme en témoigne la zone noire à gauche de la photo : il s'agit d'une trace fraiche de matériaux  récemment éboulés


inside_dome-01.03.2010.jpg
Au vu du cratère, il n'est pas inutile de revoir une photo nocturne du dôme complet, prise par Thorsten Boeckel le 5 février 2010.

05.02.10-ThB-7-.jpg
Le dôme de Soufriere Hills, le 05.02.2010, avec l'aimable autorisation de
Thorsten Boeckel - lien vers les photos récentes de ce photographe.

Sources :
- MVO rapport di 01.03.10
- From Etna to Stromboli - le site de Thorsten boeckel et sa page "West Indies, Montserrat".

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


costa-Rica-298-copie.jpg                Le cratère et le lac acide de l'Irazu -
© B.Duyck

Le volcan Irazu, situé au nord de la ville de Cartago, a semé la panique dans la population locale le 01 mars à partir de 19 h.08.
Plusieurs secousses de faibles magnitude - entre 1,5 et 3,2 - localisée à 3 km an NE. du cratère et moins de 5 km de profondeur, ont ému la population, marquée par les récents séismes qui ont frappé le Chili et le tremblement début 2009 aux environs du Poas.
L'Ovsicori a répertorié 12 secousses; celles-ci ne seraient pas en relation avec l'activité volcanique. Détail des secousses.


Poas-24.02.10-Federico-Chavarria.jpg  Le cratère du Poas, le lendemain de l'éruption phréatique
            photo Federico Chavarria - Ovsicori - 24.02.2010


Une éruption phréatique a eu lieu le 23 février 2010, à 11 h.33 locale. Elle a provoqué des dépôts de matériaux fins sur les flancs SO. et SE. du Caliente.
Le volcan Poas est coutumier de ce genre d'évènement phréatique, qui projette eau et boues acides à des dizaines de mètres.
De belles photos aériennes récentes en suivant ce lien.

Ceci, joint à la récente activité de nature phréatique elle aussi au Turrialba, nous montre la vitalité des trois géants du Costa Rica.

Source : Ovsicori-una - observatoire du Costa Rica.




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