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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

27.04.10---Sigrun-Hreinsdottir.jpg

                L'Eyjafjallajökull le 27.04.2010 - photo Sigrun Hreinsdottir / IMO.

 

Depuis 6 jours, l'activité du volcan Eyjafjöll est considérée comme constante par l'Icelandic Met Office/Institute of Earth Sciences - University of Iceland.

 

Panache éruptif : le panache n'est pas détecté au dessus du plafond nuageux, à une moyenne de 4 km. Sa couleur est le plus souvent blanche (vapeur) avec occasionellement un peu de gris (poussières) au dessus du cratère. Des retombées de cendres sont signalées sur le glacier et à Hvolsvöllur, 32 km. à l'ouest du site éruptif.

Le bruit des explosions est entendu à 40 km. et des éclairs signalés le 28.04.

 

Eaux de fonte : la décharge du Gigjökull a augmenté, sans atteindre toutefois les niveaux du 16 avril. Des mesures efféctuées le 28.04 à 11h.30, à 18 km du bas du glacier, donnaient une décharge de 250 m³/sec., redescendue depuis à 130-150 m³/sec. La température de l'eau : +/- 11°C.

La conductivité électrique des rivières Krossa et Steinhatsa reste élevée.

 

Situation au site éruptif : les conditions générales, de même que le trémor, sont semblables à celles des 5 jours précédents.

Des images radar montrent un cratère bien formé; la lave se répand du cratère en direction du Gigjökull, avec fusion de la glace.

Les déformations GPS confirment uns subsidence verticale et donc la déflation du réservoir magmatique sous l'Eyjafjöll.

 

Séismes : le 29, à 13 h.10, un séisme de Magnitude 1,5 à faible profondeur sous le sommet est attribué à une explosion au niveau du cratère.

Malgré quelques petits séismes sous le Myrdasjökull voisin ( M 1,7 - profondeur 6 km. - à 15h.28), aucun changement géophysique n'est mesuré au Katla.

 

Pas de signes indiquant la fin de l'éruption.

 

Sources :

- Icelandic Met Office

- Institute of Earth Sciences

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une photo de famille de quelques volcans du Salvador, publiée ce 31 mars par la Nasa, nous offre l'occasion d'analyser d'un peu plus près 

 

                                 les volcans du SALVADOR.

 

 

ISS023-E-22411.jpg

Astronaut photograph ISS023-E-22411 was acquired on March 31, 2010, with a Nikon D3X digital camera fitted with an effective 340 mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 23 crew.

 

 

Sur cette photo prise par l'équipage de la station spatiale internationale de la région proche d'Usulutan, on découvre quatre stratovolcans : le San Miguel, connu aussi sous le nom de Chaparrastique, le Chinameca, ou El Pacayal, avec sa large caldeira; plus à l'ouest, le volcan El Tigre, le plus vieux des quatre, et le volcan Usulutan avec son cratère ouvert du côté est. Deux zones urbanisées sont visibles à proximité des volcans : Santiago de Mara et Usulutan.

 

map el salvador volcanoes

 

Riche de nombreux sites précolombiens batis par les Mayas, ce pays est coincé entre le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua. Plus de 25  volcans, partie de la chaîne volcanique centro-américaine, sont issus du volcanisme de subduction de la plaque Cocos sous la plaque Caraïbes, à la vitesse moyenne de 5-8 cm par an.

Beaucoup sont considérés comme inactifs, les plus turbulents sont l'Izalco, le Santa Ana et le San Miguel.

 

Image1.jpg

 

Sources :

- Nasa Earth Observatory

- Global Volcanism Program - El Salvador and Honduras

- USGS - map

- USGS - El Salvador volcanoes and volcanics

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

07msh30th-600x400.jpg

 

A l'attention des volcanophiles : les cérémonies commémoratives de l'éruption du volcan St Helens, le 18 mai 1980, vont bientôt débuter. Il y aura sur place diverses animations et portes ouvertes du 7 mai au 25 septembre 2010.

Des émissions spéciales lui seront sans doute consacrées et les horaires communiqués en temps utile.


 

1980 -                     Eruption du St Helens, le 18 mai 1980 - Document archives USGS.

 

MSH80_david_johnston_gas-detection_equipment_04-04-80_med.jpgDavid Johnston, mesurant les gaz volcaniques en avril 1980 - document USGS.

Il annonça l'éruption avant d'être pulvérisé par celle-ci le 18 mai 1980 - L'observatoire volcanologique en charge du volcan porte son nom.

 

 

Un résumé de l'éruption de 1980 et de l'évolution du volcan entre 1980 et 2010 sur ce blog.


Sources :

- USGS - Mount St Helens, 30 years since the may 18, 1980, eruption

- Mount St Helens institute - programme des animations

- Mount St Helens national volcanic monument - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Quelques nouvelles de notre planète volcanique bien agitée et dans des endroits diamétralement opposés : Aléoutiennes, Chili, Vanuatu, Islande...


Aléoutiennes - Rat islands : crise sismique

 

Magnitude 5.3 (Preliminary magnitude — update expected within 15 minutes)
Date-Time
  • Tuesday, April 27, 2010 at 18:15:15 UTC
  • Tuesday, April 27, 2010 at 09:15:15 AM at epicenter
Location 50.709°N, 178.888°E
Depth 36 km (22.4 miles) set by location program
Region RAT ISLANDS, ALEUTIAN ISLANDS, ALASKA
Distances
  • 458 km (285 miles) ESE (119°) from Attu Station, AK
  • 1408 km (875 miles) E (92°) from Petropavlovsk-Kamchatskiy, Russia
  • 3531 km (2194 miles) NE (49°) from TOKYO, Japan
Location Uncertainty Error estimate not available
Parameters NST= 9, Nph= 9, Dmin=255.5 km, Rmss=0.63 sec, Gp=238°,
M-type=local magnitude (ML), Version=1
Source

 

 

Entre 15 h.48 et 18 h.25, pas moins de six secousses, de magnitude comprise entre 4,3 et 5,3, ont ébranlé les Rat Islands; ces îles sont inhabitées par des humains mais recellent les lieux de nidification de milliers d'oiseaux marins, qui se trouvent menacés. quarante mille oiseaux de mer, soit 80% de l'avifaune marine d'amérique du nord, sont cpncernés.


Les îles Rat sont un groupe d'iles volcaniques dans les Aléoutiennes au Sud-Ouest de l'Alaska.

Les plus grandes îles du groupe sont, d'Ouest en Est, Kiska, Little Kiska, Segula, Rat ou Kryssei, Khvostof, Davidof, Little Sitkin, Amchitka et Semisopochnoi . La superficie totale des îles Rat est de 934.594 kilomètres carrés. Aucune de ces îles n'est habitée.

Le nom de Rat Islands est la traduction anglaise du nom donné aux îles par le capitaine Fyodor Petrovitch Litke en 1827 quand il a visité les îles Aléoutiennes lors d'un voyage à travers le monde. Les îles sont nommées ainsi parce que les rats ont dominé Rat Island depuis environ 1780, suite au naufrage d'un navire japonais. En 2009, l'île a été considérée comme libre de tout rat. (R.Matabosch)

 

Vanuatu - Gaua : toujours pas d'évacuation générale, malgré une recrudescence de l'activité.

 

 

gaua ali 2010114

NASA image by Jesse Allen & Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 team. Caption by Robert Simmon. Instrument: EO-1 - ALI  -  24.04.2010

 

Le panache, apparu en octobre 2009, est devenu plus épais et monte plus haut, ces derniers jours. Des bombes volcaniques sont signalées par la population habitant les villages côtiers. Dans le bas à gauche de la photo satellite, on peut remarquer une zone endommagée par les poussières et les gaz acides (plus brune).

Le plan d'évacuation de la population, menacée par les poussières, les gaz et les glissements de terrain, n'a toujours pas été appliqué malgré un regain d'activité.


Chili - volcan Llaima : niveau d'alerte relevé à 4.

 

Ls Sernageomin a relevé le niveau d'alerte du Llaima de 3 à 4, ce 25 avril à cause de séismes de haute énergie et de trémor en séquences de durée supérieure à 20 minutes. Selon les volcanologues qui ont survolé le volcan, le cratère resterait obstrué, augmentant le risque d'éruption. L'activité fumerolienne se maintient dans le cratère sommital.

 

fumerolles.JPG       Activité fumerollienne au sommet du Llaima - photo Sernageomin.

 

Islande - Eyjafjöll : cône intra-caldérique

 

En absence d'observations directes, les images radar témoignent de la construction d'un cône de tephras dans la partie nord de la caldeira; le diamètre du cratère est de 200 m. et la hauteur du cône comprise entre 130 et 170 m.

Le niveau de la décharge en magma reste comparable aux autres jours; la lave continue à couler vers le nord en direction de la tête du Gigjökull. La décharge aqueuse du Gigjökull, due à la fonte glaciaire, est estimée à 100 m³/seconde (taux de base : 30 m³/sec.)

Les observations GPS confirment la déflation du réservoir magmatique sous l'Eyjafjallajökull.

 

ejafjalla19apr2010-mfulle4405j.jpgTunnel de fonte glaciaire - l'échelle est donnée par l'hélicoptère à droite de la photo.

Avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - lien vers son site : Stromboli on line

 

Sources : exprimée dans les différents chapitres.

Voir aussi le blog de Raymond Matabosh :

                 http://desorchideesetdesorties.20minutes-blogs.fr/

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ce 24 avril à 18 h.01 locale, un séisme sous-marin a été détecte au sud-est de la Crête et ressenti juqu'à l'île de Santorin : Magnitude 5,2 - à une profondeur de 10 km.


Crete---24.04.10-seisme5-2.---2jpg.jpgCrête + 24.04.10 séisme5,2. - 2jpg

Magnitude 5.2
Date-Time
Location 34.351°N, 26.055°E
Depth 10 km (6.2 miles) set by location program
Region CRETE, GREECE
Distances 135 km (85 miles) SE of Iraklion, Crete, Greece
225 km (140 miles) SE of Chania, Crete, Greece
305 km (190 miles) SW of Rodos, Dodecanese Islands, Greece
455 km (280 miles) SSE of ATHENS, Greece
Location Uncertainty horizontal +/- 7.4 km (4.6 miles); depth fixed by location program
Parameters NST=167, Nph=168, Dmin=557.7 km, Rmss=0.66 sec, Gp= 54°,
M-type=body wave magnitude (Mb), Version=6
Source
  • USGS NEIC (WDCS-D)

 

Crête + 24.04.10 séisme5,2. - 2jpg

Crete---24.04.10-seisme5-2.---2jpg-copie-1.jpg Crête + 24.04.10 séisme5,2. - 2jpg

  Document USGS Earthquake Hazards Program. - Ligne rouge : zone de subduction de la plaque

  africaine sous la plaque indo-européenne.

 

Ce séisme n'aurait fait ni victimes, ni dégats. Il fait suite à une série de séismes de magnitude supérieure à 3,5 observés depuis le 1 janvier 2010 dans cette région.

 

Subduction-Cyclades-CNRS---Jolivet-2002.jpg        Subduction au niveau de l'arc volcanique des Cyclades - Document CNRS - Jolivet 2002.  

 

Localisée sur la limite entre les plaques africaine et indo-européenne, zone de subduction active, cette région estle siège de fréquents séismes importants : pour ne citer que les plus importants ...

 - 29.05.1508 : M 7,1

 - 08.11.1612 : M 7,5

 - janvier 1665 : M 6,7

 - 28.11.1780 : M 7,7

 - 16.02.1810 :  M 7,8 - 2000 morts

 - 12.10.1856 : M 6,8 - 538 morts.

La région crêtoise est une "lacune sismique" depuis 1856. Ces séismes 2010 pourraient annoncer un évènement de magnitude plus importante, éventuellement lié au volcanisme de l'arc Egéen.

 

Source :

USGS Earthquake Hazards Program

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Quatre explosions, entre 18 h.50 et 20 h. locales le 26 avril 2010, se sont produites au Santiaguito, un dôme de lave dacitique, actif depuis 1922 sur le flanc du volcan Santa Maria. Deux explosions ont été  qualifiées de fortes, deux autres de "modéreés à fortes", par l'Insivumeh.

Un panache de cendres est monté entre 7,3 et 8,5 km.d'apràs différentes sources (VAAC Washington, journaux locaux/Insivumeh).

Le niveau d'alerte a été fixé à "naranja" - orange., avec, pour les avions, une zone d'exclusion de 80 km. autour du volcan.

 

14mar21f.png                               Carte de situation - GVP, par M.Conway.


Les populations locales ont signalé des grondements en provenance du volcan dans la nuit du 25 avril. Le 26, des petits séismes liés à l'éruption mirent les villageois en alerte et les retombées de cendres causèrent des problèmes de visibilité routière à proximité du Santiaguito.

Les retombées ont affecté les districts de Quetzaltenango, Totonicapan, San Marcos, Huehuetenango, Suchitepequez, Retalhuleu et Solola, où les écoles ont suspendus les cours.

 

Santiaguito-26.jpg                           Photo C.Ventura


Le bulletin de l'Insivumeh du 26.04 / 21 h.30 signalait un volcan calme, malgré 14 explosions dans la journée.


Sources :

- Insivumeh

- Global Volcanism Program - Santa Maria

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

prominence_sdo_2010090.jpg

 

NASA image and animation from the Goddard Space Flight Center Scientific Visualization Studio and the Solar Dynamics Observatory. Caption by Rebecca Lindsey.                 Instrument: SDO - AIA

 

Juste pour la beauté du phénomène, et un peu aussi pour ceux qui rèvent d'éruption gigantesque, une jolie vue d'une éruption solaire.

 

Cette image a été prise en mars, et assemblée et diffusée le 30.03.2010; ce panache plasmatique, dense et relativement "froid" par rapport aux températures règnant sur notre étoile, effectue un looping en suivant les lignes de champ magnétique solaire.

De taille insignifiante par rapport au soleil, cette protubérance solaire est d'un diamètre environ égal à dix fois le diamètre de notre terre. (échelle en bas à gauche de l'image)

Sur la séquence complète, on peut voir une partie du cercle de plasma (*) s'échapper dans l'espace, les deux tiers de la protubérance retournant vers le soleil, comme aspirés par celui-ci.

 

Ce programme d'analyse du soleil devrait aider à une meilleure compréhension du climat solaire et des cycles (longueur et intensité) qui influencent notre planète et troublent les émissions de nos satellites GPS.

 

SunSDOfulldisk_c900.jpgImage en UV prise par le satellite SDO le 23.04.2010 - crédit Nasa / Goddard / SDO AIA Team


Une mosaïque en fausses couleurs permet d'identifier, en ultraviolet extrême, les émissions solaires d'une part et son plasma très chaud - un million de Kelvin (*)- ; ces images devraient permettre une étude détaillée : chaque jour, 1,5 téraoctets de données sera envoyé, soit l'équivalent de 500.000 chansons en MP3.

 

(*) - Lexique :

- Plasma : très schématiquement ... le plasma, tout comme le solide, le liquide ou le gaz, est un état de la matière.  Il n'est visible sur Terre qu'à très haute température, quand l'énergie est telle qu'elle réussit à arracher des électrons aux atomes. On observe alors une sorte de « soupe » d'électrons extrêmement actifs dans laquelle « baignent » des noyaux d'atomes.

- Kelvin : unité de température thermdynamique, système international.

. Le point triple de l'eau    est à la température à laquelle peut coexister l’eau à l’état solide, à l’état liquide et à l’état de vapeur : soit + 273,15 K à la pression atmosphérique normale (760 mm de mercure)

 

. La température de 0 K est égale à -273,15°C et correspond au zéro absolu

. Le kelvin est une mesure absolue de la température (référence au troisième principe de la thermodynamique).

. Température absolue, le kelvin n'est jamais précédé du mot « degré » ni du symbole « ° »


Sources :

- Satellite SDO / Nasa - lien

- Prominences from the solar dynamics observatory - Nasa Earth Observatory.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Parler de soufre à un vulcanophile lui fait immédiatement venir à l'esprit des images de volcans, en particulier le Kawah Ijen ou Vulcano.

 

z--IMG_6219-copie.jpg       Vulcano - solfatare dans le cratère de La Fossa - © B.Duyck


Bien que le Kawah Ijen soit une des plus grandes réserves de soufre naturel d'origine volcanique, son exploitation à l'ancienne reste anecdotique au niveau mondial : 99% du soufre utilisé dans l'industrie est d'origine sédimentaire, c'est-à-dire associé à des calcaires, à des sulfates ou de la matière organique, hydrocarbures et lignite.

 

Caractéristiques du soufre élément :

 

Non-métal de couleur jaune pâle (jaune "soufre") de dureté 2, il est insoluble dans l'eau et soluble dans le sulfure de carbone CS2; solide à température basse, sa température de fusion est de 115,21°C, celle d'ébullition de 444,61°C.

Il se combine avec l'hydrogène pour former le sulfure d'hydrogène, gaz toxique à odeur d'oeuf pourri.

Il brûle avec une flamme bleue en émettant un gaz suffocant, le dioxyde de soufre.

Deux formes cristallines : des octaèdres orthorhombiques et des prismes monocliniques, la forme orthorhombique étant la plus stable à température ordinaire.

 

219_soufre01.jpg            Cristallisation de soufre et de calcite - auteur non référencé.


Le soufre d'origine volcanique :

 

Il provient de fumerolles riches en vapeur d'eau, dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène et dioxyde de soufre. Ces fumerolles, encore appelées solfatares (de l'italien "solfo" = soufre) sont à l'origine des dépôts de soufre.

En arrivant dans l'atmosphère, l'hydrogène sulfuré (H2S) réagit avec l'oxygène de l'air pour produire du soufre qui se dépose à la sortie des fissures, et en profondeur :

                  2 H2S + O2 -> 2 S + 2 H2O

Il réagit aussi avec le dioxyde de soufre (SO2) :

                  SO2 + 2 H2S -> 3 S + 2 H2O

 

Ijen-0223-MR---TB.jpg        Kawah Ijen, le soufre en feu - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel

       Un clic sur la photo vous mène vers son reportage et de superbes flammes !

 

  z-IMG_6236-copie.jpg

      Vulcano - cratère de La Fossa - bloc de soufre hauteur 35-40 cm. - © B.Duyck

 

z-IMG_6228-copie.jpg Vulcano - cratère de La Fossa -  évent fumerollien coloré par le soufre et le réalgar

(sulfure d'arsenic très caustique) - © B.Duyck


Inutile d'échantillonner les aiguilles de soufre de haute température ... au déballage, les beaux cristaux se seront transformés en une poudre sans intérêt de soufre basse température.

 

Le soufre d'origine sédimentaire :

 

L'association du soufre avec le gypse, le calcaire et la matière organique s'explique par son origine. En effet ce soufre provient la plus part du temps de la réduction des sulfates par de la matière organique :

          2 CaSO4 + 3 C* ---> 2 S + 2 CaCO3 + CO2

                   (C* étant le carbone organique).

Cette réduction peut avoir lieu de façon "minérale" pendant la diagénèse, mais surtout de façon "biologique" à l'intérieur du sédiment (avant la diagénèse, ou pendant sa phase précoce), sous l'action de bactéries sulfato-réductrices.

 

Le cycle du soufre :

 

Sulfur cycle

                                                                Doc.Wikipedia


Le rôle du soufre dans la santé :


Le rôle biologique du soufre est important : les acides aminés cystéine, méthionine, taurine, de même que des enzymes, contiennent du soufre. Les liaisons disulfure entre les polypeptides sont importantes dans l'assemblage et la structure des protéines.


Le soufre intervient activement dans la guérison des sinusites, rhino-pharyngites et autres infections respiratoires ; Son action locale est fluidifiante, anti-inflammatoire, anti-oxydante et anti-pollution.

Il est présent dans la kératine : solidité de la peau, des cheveux et des ongles.

Le soufre soigne également les affections articulaires.

Il stimule la sécrétion de la bile et participe à la détoxication hépatique.

Le soufre participe à l'activité nerveuse et la production d'énergie.

Ce macro-élément contribue à la respiration des cellules, avec un effet de détoxication.

 

Toxicité de l'H2S : 

 

  - Seuil de toxicité (mg/m³) : 14 

  - Seuil de perception (mg/m³) : 0,000 66

C'est-à-dire que notre système olfactif est capable de détecter cette substance en très faible quantité. Ceci nous permet d'être alerté avant une absorption pouvant être toxique. Ceci n'est pas toujours le cas pour toutes les substances nocives.

Attention, à partir d'un certain seuil, facile à atteindre, le nerf olfactif est paralysé et la détection du gaz devient impossible.

L'exposition à des concentrations inférieures peut entraîner des irritations oculaires et de la gorge, une toux douloureuse et une perte de capacité respiratoire. L'exposition à de faibles concentrations mais sur le long terme a pour conséquences : perte d'appétit, fatigue, maux de tête, irritabilité, vertiges et pertes de mémoire.

 

Toxicité du SO2 :

 

L'inhalation de dioxyde de soufre provoque une irritation du nez et de la gorge, une constriction des bronchioles, des difficultés respiratoires, aggravées par l'effort physique, des douleurs cuisantes aux yeux et un larmoiement.


Sources :

- La géologie des soufres de haute et basse températures -

  Eduscol - P.Thomas

- Le soufre du Kawah Ijen - Eduscol - PlanetTerre

- Volcanos of east Java - Thorsten Boeckel

- Effets du SO2 sur la santé - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Images "avant et après"  fournies par la Canadian Space Agency :

 

volcano_iceland-Radarsat-2-09-versus-20.04.jpg

Images Radarsat-2 : prises, à gauche, le 09.04 avant l'éruption et à droite le 20.04 après celle-ci.

Courtesy of Canadian Space Agency. - 22.04.2010.

 

Sur ces photos, on remarque :

- en A : les nouveaux cratères sur l'image de droite, par rapport à la couverture glaciaire à gauche.

- en B : le lac glaciaire, au pied de Gigjökull, visible le 09.04, est maintenant rempli par des sédiments volcaniques.

- en C : le réseau de drainage du glacier est affecté par le jökulhlaup et les eaux de fonte du glacier.

- en D : la présence de glace fondue et de poussières sur la glace modifient l'image radar.

- en E : les terres agricoles situées au sud du volcan sont maintenant recouvertes par de la poussière volcanique (les limites des parcelles cultivées sont moins visibles)

 

D'après l'IMO, le niveau de l'eau dans la rivière Markarfljot (au nord-ouest du volcan) a augmenté Vendredi et Samedi, par une alimentation continue en provenance de la zone éruptive;

Samedi, à 7 h.30, le nuage a changé et pris une extension plus verticale, suite à l'action de vents tournés au nord-ouest, et aussi peut-être à cause d'une petite subsidence de la caldeira durant la nuit de vendredi à samedi.

La plupart des retombées de cendres sont attendues sur une zone NO. et à proximité du volcan, sans atteindre Reykjavik.

 

Kort toppgígur Eyjafjallajökull enska - Ásta Rut og Pál       Carte de situation récapitulative  - Institute of Earth Sciences . 24.04.2010.

 

Kort_toppgigur_Eyjafjallajokull_enska---Asta-Ru-copie-1.jpgZoom dans la même carte : en orange : fissures volcaniques et en vert fluo : failles sur Fimmvödurhals.

 

 

Résumé des dernières estimations quantitatives d’après les traitements d’imagerie satellitaire du service HOTVOLC de l’OPGC (21/04/2010) :


La diminution de la quantité de cendres se poursuit depuis le 19 avril, atteignant 2 Kilotonnes le 21 avril (images Météosat).
La masse de SO2 a diminué par rapport au pic du 19 avril mais reste encore assez élevée 5.4 Kilotonnes (images OMI).
Taille moyenne des particules : 2.5 microns ;
Concentration de cendres : environ 1-3 mg/m3 ;
Bien qu’une dépolarisation significative était encore visible au Lidar sol de l’OPGC sous 3000m d’altitude le 22 avril, le nuage d’aérosols et cendres volcaniques au dessus de Clermont-Ferrand se distinguait difficilement des aérosols habituellement présents dans cette couche, à l’inverse de la trace nettement observée le 19 avril entre 2500 et 3000m d’altitude. Le 23 avril, pas de trace claire du nuage volcanique au Lidar (nuages météorologiques au-dessus de 3000m).
Pas de traces détectables du panache le 22 avril sur la zone Europe (données Lidar satellite CALIOP-Calipso).

 

Deux diagrammes sur le site de l'Observatoire du Globe de Clermont-Ferrand illustrent cette deuxième phase de l'éruption:

 

Masse de cendres volcaniques injectées dans l'atmosphère (données MODIS)

 

 

Masse de SO2 injectée dans l'atmosphère (données OMI)

 

Il est intéressant de constater que le taux de SO2 augmente à partur du 17.04 et l'augmentation du taux d'émission de cendres le 18.04., prédisant celle-ci.

D'autre part, ce niveau reste élevé et en légère augmentation les 20-21.04, alors que les émissions de cendres ont diminué.

 

Les prévisions pour l'aviation ne sont pas mauvaises pour le week-end :

 

VAG_127208572---24---25.04.10.png 

Update - samedi 17 h.  from Icelandic Meteorological Office and Institute of Earth Sciences, UoI - Compiled by: MTG / HB
Based on: IES/IMO Inspection flight with aircraft from Ernir at 1600-1700.

Le panache éruptif atteint 4.000 m., dérivant SO.

Peu de retombées de tephras. Le trémor est de magnitude similaire aux autres jours. Les mesures GPS indiquent une légère subsidence au centre du cratère.

Le cratère nord est toujours actif avec émission de paquets de lave projetés 100 m. au dessus de celui-ci. Les ondes de choc se succèdent rapidement. Des panaches de vapeur sont émis à partir d'une dépression située au nord du cratère; ils sont du à des coulées de lave, qui auraient commencé mercredi et se produisent lors du contact de cette lave et de la glace.

 


 

Photo: Jóhannes Benediktsson/Iceland Review

 


 

Une intéressante page spéciale sur cette éruption est à consulter sur le site de Lave-Belgique

 

 

Sources :

- Canadian space agency

http://www.asc-csa.gc.ca/eng/satellites/radarsat2/iceland_volcano.asp

- HotVolc - Observatoire de physique du globe Clermont-Ferrand

http://sites.google.com/site/iavceirscweb/eruptions/eyja

- Icelandic Met Office

- Institute of Earth Sciences - University of Iceland

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

14.04---HO-X80001.jpg

           La ferme Thorvaldseyri , au pied de l'Eyjafjallajökull, le 14.04.2010. Doc. Der Spiegel

 

Olafur Eggertsson, fermier à Thorvaldsery, a décidé de faire un break dans son activité au vu des circonstances.


"Il n'est pas pensable de continuer à cultiver des céréales, à faire du foin et de l'herbe comme nous l'avons toujours fait. Il est probable que des cendres vont continuer à tomber du glacier dans les prochains mois avec des dommages pour la végétation" a-t-il déclaré. "le sol a besoin de récupérer".

"Nous n'avons pas prévu de tuer les bêtes ou de les envoyer à l'abbatoir, mais nous devons les déplacer. Lorsqu'il est impossible de sortir à l'extérieur pendant de longues périodes, il n'est pas concevable ni pour les personnes, ni pour les animaux de continuer à vivre dans la ferme".

 

Cette exploitation est tenue par la même famille depuis plus de cent ans. La ferme fut acquise en 1906 par le grand'père; maintenant c'est le petit-fils qui travaille ici. Sur une superficie totale de 1.000 hectares, il y a 150 hectares de terres cultivées et l'élevage compte 60 vaches laitières et 130 autres bovins. La géothermie fournit la ferme en électricité et en eau chaude (66°C). Récemment Eggertsson s'est même lancé dans la culture de colza en vue de production de biocarburants... c'est dire si cette exploitation est moderne et rentable !

 

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La ferme avant l'éruption et maintenant ...

 

 

Sources :

- Iceland Revieuw

-  mbl.is

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