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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique de Panarea - 460 km² -, pour la plus grande part submergé, est situé à mi-chemin de Lipari et Stromboli, dans la partie est des Eoliennes.

 

Panarea_panoramique---E.Brunnier.jpg         L'île de Panarea, vue de l'est - point culminant : le Punte del Corvo - doc.wikipedia


mappa_panarea.jpg

L'île de Panarea culmine à 421 m. à Punta del Corvo et git sur le côté ouest d'une plate-forme peu profonde située à moins 130 m. Elle a une surface de 3,3 km². La morphologie de Panarea est fortement asymétrique : tandis que les zones est et sud de l'île possèdent des côtes relativement plates marquées de 3 terrasses d'érosion formée à une époque où le niveau marin était plus élevé, les zones ouest et nord-ouest ont des côtes abruptes; ceci est du à une combinaison de phénomènes d'érosion, d'activité volcano-tectonique le long de faille et d'effondrement.

Au sud de Panarea, deux pics se dressent à 300 m. Ce sont des dômes de lave dacitique.

 

Panarea_Castello_Tribunale---italian-wiki.jpg  Panarea - dômes dacitiques : au centre, le Castello et à droite, le Punta del Tribunale.

   Italian wikipedia.

 

Panarea est habité en permanence par quelque 300 personnes, mais ce nombre décuple en saison touristique, auquel s'ajoutent les visiteurs journaliers ... c'est la cohue !.

 

Une série d'îlots - Dattilo, Lisca Bianca, Bottaro, Panarelli et Lisca Nera - perce la surface pour former le bord d'un cratère submergé et contenant des ruines romaines. 

Le dôme de lave submergé Secca dei Pesci et le dôme rhyolitique Basiluzzo sont situés le long d'une crête qui s'étend en direction de Stromboli.

 

Panarea-x-Capo_Milazzese-copie.jpg

Panarea - Capo Milazzese - péninsule constituée de coulées andésitiques, et abritant les restes d'un village de l'âge de bronze. - doc.wikipedia.

 

L'histoire volcanique du complexe Panarea débute il y a 200.000 ans, caractérisée par des laves calco-alcalines.


Trois grandes étapes caractérisent la formation de Panarea :

1. le Paléo-Panarea : dômes et coulées mineures de composition andésito-dacitique (Calcara, Punta Palisi, Scoglio La Nave, Punta Scritta) dans la partie nord; le dôme de Ditella appartiendrait à cette période; dans la partie sud, l'émission de laves andésitiques a été suivie par l'extrusion de deux dômes dacitiques - des épines - la Punta del Tribunale et Castello.

2. la période intermédiaire : l'extrusion de dômes de lave caractérise cette période : ils ont formé une crête orientée SE-NO et une rangée de dômes au SSO de Punta Muzza. Les laves andésitiques composant la péninsule de Capo Milazzese datent de cette période.

3. Après une période de repos, une dernière phase est responsable de la formation d'un dôme à Cardosi au NO. de l'île. L'activité explosive a déposé des scories andésitiques dans le Falcone-Punta del Corvo et des ponces dacitiques près de Castello di Salvamento.

Cette période d'activité se termine il y a 130.000 ans.


Carte relatant ces épisodes : sur le site de Boris Behncke.

 

Panarea---INGV.jpg       Zones de décoloration de Bottaro et Lisca Blanca - photo INGV 2002 / GVP. - Légende ci-dessous.

 

zones-de-decoloration-2002.jpgAprès cette phase, le foyer de l'activité volcanique s'est déplacé de l'île principale vers la mer, à l'est.

Il y a moins de 10.000 ans, un dôme de lave sort de la mer pour former l'île de Basiluzzo; cet épisode est suivi d'un effondrement et d'un affaissement qui a continué jusqu'en période historique... des ruines de l'époque romaine se trouvant actuellement sous le niveau marin en témoignent.

Une activité hydrothermale vigoureuse a marqué la plate-forme submergée, y créant des champs fumerolliens; des explosions hydrothermales sous-marines ont été enregistrées. Ces fumerolles ont augmenté leur production à partir de novembre 2002 - détails sur GVP.

En janvier 2004, des perturbations du même genre ont été attribuées à des glissements de terrain sur les pentes sous-marines de Lisca Bianca.

 

Sources :

- Italy's volcanoes - the cradle of volcanology - Panarea, volcanic island

- Global Volcanism Program - Panarea

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'activité magmatique subaérienne de Vulcano a débuté il y a environ 120.000 ans, à la fin de la dernière période d'oscillation du niveau des mers.

Selon les auteurs, on distingue entre 3 et 6 grandes étapes ; j'ai favorisé l'explication de la GNV correspondant le mieux aux cartes géologiques simplifiées. - Documents INGV/GNV/DPC.

 

Sicile-08-931-copie.jpg

 

Phase 1 : formation du volcan "primordial".

La partie la plus ancienne de l'île s'est formée entre il y a moins 120.000 et 100.000 ans, dans une période interglaciaire. Le cône avait à l'origine un diamètre approximatif de 5 km au niveau de la mer et une élévation de 800 à 1.000 m. Plusieurs stratovolcans trachybasaltiques s'édifièrent en fait dans la partie sud de l'actuelle Vulcano : les Monte Aria, Luccia et Saraceno en sont des témoins bien conservés.

 

Phase 2 : Il Piano caldera.

Cet ensemble s'est effondré il y a environ 97.000 ans, pour former la caldeira del Piano, vaste dépression entourée d'une couronne de reliefs : diamètre 2,5 km. - parois subverticales de 300 m.

(Ndlr : coquille dans le schéma GNV )

La dépression s'est peu à peu remplie par des coulées de lave et des produits pyroclastiques générés par des éruptions qui ont eu lieu il y a 99.000 à 50.000 ans.

Puis le volcan s'est endormi pendant plus de 30.000 ans.

 

Sicile-08-931-copie-3.jpg

Phase 3 : Lentia.

A la fin de la glaciation Würmienne, entre moins 24.000 et moins 15.000 ans, de nouvelles activités se produisent dans les zones périphériques de l'île, l'ensemble le plus important étant le Monte Lentia, complexe de coulées et dômes rhyolitiques à trachitiques.

Des éruptions de tufs ignimbritiques, d'origine non élucidée, comblent en partie la caldeira del Piano.

Le nord de l'île s'effondre pour former une caldeira de 3 km. de diamètre et 500 m. de profondeur : la caldeira della Fossa.

 

Phase 4 : La caldera della Fossa.

Des fissures concentriques et radiales à la caldeira facilitent la montée du magma.

Une partie de la caldeira est envahie par le mer causant des éruptions hydromagmatiques.

Un édifice sort dans la partie nord de l'effondrement : le Faraglione.

Une période d'activité, datée de moins 6.000 ans à aujourd'hui, débute : de nombreux cycles éruptifs  sont identifiés. Au 6°siècle après JC., le cratère actuel Fossa II commence à s'ériger, à 400. m. au sud-ouest de Fossa I.

 

Lazzaro-Spallanzani---Vulcano.jpgGravure parue dans le livre de Lazzaro Spallanzani (1729-1799) - il descendit dans le cratère du volcan, notant des colonnes basaltiques, attachées aux côtés intérieurs de celui-ci.

Dans son livre "Viaggi alle due Sicilie e in alcune parti dell'Appennino" - 1797.


En 1739, la coulée d'obsidienne "Pietre Cotte", de 2,5 millions de m³, se met en place.

La dernière éruption a lieu de 1888 à 1890. Cette dernière éruption a permis à Giuseppe Mercalli de définir le type "vulcanien".

 

Vulcano_-Mercalli1889-14.02.jpgVulcano - éruption de 1889 - photo G.Mercalli / à noter les belles bombes émises par le volcan.

 

Giuseppe Mercalli, abbé, sismologue et volcanologue  (1850-1914),enseigna la géologie et la minéralogie à l'Université de Catane, puis la volcanologie et la sismologie à celle de Naples. En 1911, il a pris la direction de l'Osservatorio Vésuviano. Il a crée une échelle, subjective, de mesure de l'intensité des séismes sur base des effets produits, et classifié les types d'éruptions volcaniques.

 

 Vulcano in 1889

                       Vulcano - éruption du 21.09.1889 - archives photo G.Mercalli.

 

Elle ne fit pas de victimes, l'île n'étant peuplé que de bagnards extrayant le minerai.

Guy de Maupassant relate sa visite à Vulcano, en 1890, dans son livre "La vie errante" ; en voici un extrait :

 

"Je commence à monter par un étroit sentier qui serpente dans la cendre et dans la lave, escarpé, glissant et dur. On aperçoit une immobile cascade de soufre qui s’est épanchée par une crevasse. On dirait des ruisseaux de féerie, de la lumière figée, des coulées de soleil. J’atteins enfin, sur le faîte, une large plate-forme autour du grand cratère. Le sol tremble, et, devant moi, par un trou gros comme la tête d’un homme, s’échappe avec violence un immense jet de flamme et de vapeur, tandis qu’on voit s’épandre des lèvres de ce trou le soufre liquide, doré par le feu. Il forme autour de cette source fantastique, un lac jaune bien vite durci. Plus loin, d’autre crevasses crachent aussi des vapeurs blanches qui montent lourdement dans l’air bleu. J’avance avec crainte sur la cendre chaude et la lave jusqu’au bord du grand cratère.

Au fond de cette cuve immense appelée la Fossa, large de cinq cents mètres et profonde de deux cents mètres environ, une dizaine de fissures géantes et de vastes trous ronds vomissant du feu, de la fumée et du soufre, avec un bruit formidable de chaudières. On descend le long des parois de cet abîme, et on se promène jusqu’au bord des bouches furieuses du volcan. Tout est jaune autour de moi, sous mes pieds et sur moi, d’un jaune aveuglant, d’un jaune affolant."

 

Phase 5 : Vulcanello.

Actu-5-6176-copie.jpg

Carte géologique simplifiée - photo prise au centre GNV "Marcello Carapezza à Vulcano.

 

 

Tandis que se construit le cratère de Fossa I, Vulcanello naît sur la faille N-S. L'activité de ce volcan à trachyandésite, trachyte et téphrite à leucite, commence selon plusieurs historiens en 183 avant JC., et se poursuit en 126 et 91 av.JC. Il s'agit d'abord d'une île.

Vulcanello---Keller-1980.jpgTrois cratères partiellement imbriqués sont responsables de l'activité volcanique, qui durera jusqu'en 1550 après JC; à cette date, Vulcanello est reliée à l'île principale par une accumulation de dépôts pyroclastiques, qui va former un isthme entre les ports de Vulcano levante et V. ponente.

Carte schématique des cratères de Vulcanello - Keller 1980.

 

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Les cratères de Vulcanello, vus du haut de La Fossa - avec à gauche, Lipari et à droite, Panarea - © Frédéric & Carole Hardy


Un lieu de l'île s'appelle la « Vallée des Monstres » - la Valle dei Mostri, située non loin du volcan. En fait ce sont de très vieilles projections de bombes qui ont formé des silhouettes naturelles torturées.

 

Actu-5-6260-copie.jpg                                   Vulcanello - Valle dei Mostri - © B.Duyck


Actu-5-6266-copie.jpg  Les « rochers errants » évoqués par Circé, dans le chant XII de l'Odyssée d'Homère, seraient les faraglioni situés entre Lipari et Vulcanello. - © B.Duyck

 


 

Sources :

  - Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Documents INGV - Instituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia & GNV - Gruppo Nazionale per la Vulcanologia, reçus au Centro GNV "Marcello Carapezza"  de Vulcano.

 

- Lazzaro Spallanzani, “Viaggi alle due Sicilie e in alcune parti dell'Apennino”, 1797 (Voyages dans les deux Siciles et dans quelques parties des Apennins).

- Guy de Maupassant - "La vie errante".

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Excursion à La Fossa :

 

Actu-5-6124-copie.jpgVulcano - l'état de l'esplanade du débarcadère après le lahar ... l'auto a faillit finir dans la mer; il a fallu deux jours pour tout déblayer au bulldozer. - © B.Duyck  

 

 

Je suis arrivé en fin d'après-midi sur Vulcano, avec les nuages. La nuit s'est passée sous de violents orages; au matin, les rues basses étaient sous 15 cm. d'eau et un mini lahar avait fait descendre cendres et pierres du volcan jusque dans le port ... ascension compromise : nous avons dû attendre le feu vert d'un guide "arnaqueur", qui a profité de l'occasion pour augmenter ses tarifs, pour pouvoir enfin, vers 16 h., monter à La Fossa.

 

Actu-5-6209-copie.jpg      Vulcano - montée à La Fossa - une partie du chemin a été emportée par un lahar

        (voir au niveau des personnages au centre )  -  © B.Duyck  

 

Après la montée dans les cendres en suivant le trajet supposé du chemin qui avait en partie disparu, emporté par le lahar, on accède à une zone de tufs rouge-rosâtre, représentant les éjections de Fossa II, au stade initial.

 

Actu-5-6248-copie.jpg         Vulcano - montée à La Fossa , zone de tufs rouge-rosâtre. - © B.Duyck


Puis, arrivée sur des tufs noirs, correspondant à l'activité récente de ce même volcan.

Le cratère se découvre, sous un vent violent : des fumerolles habillent les lèvres est et nord, et sortent du cratère de quelques 500 mètres de diamètre. On aperçoit le fond, d'un diamètre de 200 mètres, encore perturbé par les pluies de la nuit précédente.

 

Vulcano-pano--copie.jpg

                                                                                                                 © B.Duyck

 

La traversée des fumerolles se fait, masque obligatoire, à l'endroit indiqué par le guide ... "chaud aux fesses", on ne s'attarde pas dedans !

 

z-IMG 6243 copie

              "C'est LA ... qu'il faut passer !"  - © B.Duyck


Eric Reiter précise dans un article sur "les minéraux fumerolliens de Vulcano" que : "La composition chimique des gaz (et donc des fumerolles) dépend en grande partie de leur température :

- Jusqu’à 100°C, les fumerolles sont constituées d’eau et de gaz carbonique
- Entre 100 et 300°C, le composant majoritaire est l’eau mais elle est accompagnée d’acide borique, de gaz carbonique, de méthane, d’hélium, d’argon, d’ammonium, et de sulfure d’hydrogène
- Entre 300 et 500°C contiennent de l’eau, de l’hydrogène sulfuré, du dioxyde de soufre, de l’hydrogène et de l’acide chlorhydrique
- Au dessus de 500°C, les fumerolles sont dites sèches car elles ne contiennent plus d’eau. Leurs constituants sont alors l’hydrogène, le dioxyde de soufre, le fluor et le chlore."


Les températures des fumerolles ont beaucoup varié dans le temps avec des pics observés en 1920, 1930 et 1945.  Quelques exemples : en 1924, 624°C - en 1934, 465°C - en 1972, 210°C - en 1989, 550°C - entre février 1995 et décembre 1996 : entre 400 et 500°C. - en 2004, 500°C  (Krafft - Reiter - GNV)

 

L'examen de l'intérieur du cratère se fait toujours sous surveillance : tous les états du soufre sont ici visibles, monoclinique, en bloc, liquide, différents sulfures. Les magnifiques petites aiguilles jaunes sont malheureusement intransportables ... et le réalgar - sulfure d'arsenic - aussi ... j'ai dû éjecter vite fait un morceau que j'avais mis en poche, transformé pour part en acide sulfurique sous l'effet de l'humidité. (prenez des boites plastiques pour échantillonner)

 

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                  Vulcano - cratère de La Fossa -  évent coloré par le soufre  -  © B.Duyck


z-IMG_6228-copie.jpg  Vulcano - cratère de La Fossa - le réalgar colore les dépôts de soufre en orangé - © B.Duyck


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                  Vulcano - cratère de La Fossa - bloc de soufre  -  © B.Duyck

 

Les éruptions vulcaniennes projettent des fragments de lave déjà consolidés ou très visqueux, qui forment ces bombes "en croûte de pain". La croûte, formée lors de la trajectoire atmosphérique, se craquelle sous l'effet de la sortie des gaz contenus dans la lave. La plupart des bombes sont de composition trachytique à plagioclase et olivine.

Il est interdit de descendre dans le fond du cratère, en raison des concentrations mortelles en dioxyde de carbone, gaz inodore et "lourd", qui s'accumule dans la dépression.

 

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  Vulcano - cratère de La Fossa - bombe en croûte de pain (hauteur 50-60 cm.), éjectée lors de la dernière éruption  -  © B.Duyck

 

Sur le flanc nord de La Fossa, une coulée d'obsidienne rhyolitique, la coulée "Pietre Cotte" date de l'éruption de 1731-39. La haute viscosité de cette coulée ne lui a pas permis de s'étendre jusqu'à la base du cône; le front de la coulée présente de nombreux microplissements.

 

Actu-5-6191-copie.jpg                                Obsidienne rhyolitique de Vulcano - © B.Duyck  

 

Descendre du cratère se fait par deux voies : le même chemin qu'à la montée, ou directement en "surfant" sur les cendres du flanc occidental.

 

P1000554-CHB.JPG

             Fin de journée sur les Eoliennes, du sommet de La Fossa, à l'avant-plan.

          De gauche à droite : Filicudi, Salina, Lipari  -  © Frédéric & Carole Hardy

 


 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Documents INGV - Instituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia & GNV - Gruppo Nazionale per la Vulcanologia, reçus au Centro GNV "Marcello Carapezza"  de Vulcano.

- Terre et volcans - les minéraux fumerolliens de Vulcano - lien

- Spectro-sciences : les fumerolles - E. Reiter

- Réalgar - mindat.org

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Vulcano, l'île la plus au sud de l'archipel Eolien, voit son nom rattaché depuis toujours au volcanisme.

Les grecs, puis les romains, intrigués par ces montagnes fumantes, ont assimilé Vulcano, l'ancienne Hiéra, à l'île sacrée d'Héphaïstos - Vulcain - qui forgea, avec l'aide des cyclopes, les armes des dieux.

Le nom même de "volcan" en dérive et ses éruptions ont été qualifiée de "type vulcanien" :


600px-Vulcanian_Eruption-fr.svg.pngCes éruptions sont de type explosif et très violentes, car la lave, acide et très visqueuse, se solidifie facilement au sommet de la cheminée, bloquant ainsi les voies de sortie. Les gaz prisonniers et soumis à des pressions de plus en plus fortes, provoquent à un certain moment une violente explosion qui projette dans les airs de grandes quantités de matériaux éruptifs. Ce type de volcan est caractérisé par une activité discontinue. Comme la quantité de matériaux rejetés au cours d'une éruption est très élevée, il doit se passer un certain intervalle de temps avant que le magma se soit accumulé en quantité suffisante dans la chambre intérieure, pour ranimer l'activité volcanique.

 

Actu-5-6127-copie.jpg   Vulcano - arrivée à Poro di Levante avec La Fossa en point de mire - © B.Duyck

 

Le premier contact avec le volcanisme de Vulcano  est visuel : de nombreuses fumerolles animent le sommet plutôt plat de la structure qui domine le port ... ensuite, ça devient olfactif : une odeur d'oeuf pourri va en s'accentuant avec l'approche du débarcadère, jusqu'à entêter !

On a Vulcano dans les yeux, dans le nez, et même dans la peau, si on y reste quelques jours ...l'odeur de soufre reste sur le corps, se remarquant dans la transpiration.

 

Géomorphologie :

L'île est située 600 mètres au sud de Lipari, dont elle est séparée par un chenal peu profond; ses 22 km² de surface peuvent se diviser en trois grandes unités géomorphologiques.

 

Isola_vulcano---Brisk-wiki---indications.jpg        Vue aérienne de l'ensemble Vulcano - Vulcanello - d'après un doc. Brisk/Wikipédia.

 

Au sud, de nombreux volcans,  comme le Monte Aria (point culminant :500 m.), le Monte Saraceno (481 m.) et le Monte Luccia (188 m.) Le vulcano Piano est une caldeira d'effondrement, zone dépressionnaire, en forme de fer-à-cheval ouvert vers le NO.

 

Actu-5-0518-copie-bis.jpg  Géomorphologie de Vulcano - in Guide des volcans d'Europe - Krafft & de Larouzière

 

Au centre, la grande caldeira de Vulcano, large de 3 km. et profonde de 500 m. Elle set bordée à l'ouest par le Monte Lentia (187 m.) , ensemble de dômes et de dykes dégagés par l'érosion, comme le Capo Grosso et la Cala del Formaggio.

 

Vulc_Lentiadome.JPG                  Vulcano - Dôme rhyolitique de Lentia au nord-ouest de La Fossa -


43.1201954971Dans la partie NE. de la caldeira, se dresse le reste d'un édifice volcanique restreint, le Faraglione di Porto di Levante.

 

 Au centre de l'ensemble effondré, s'est érigé le cratère de Vulcano Fossa, fortement entamé de barrancos; il se compose d'un vieux cratère, Fossa I, et de l'actuel cratère, Fossa II, au sud-ouest du premier.

L'appareil volcanique a une base de 2.000 mètres de diamètre, culmine à 391 mètres, et des pentes à 35° d'inclinaison; le cratère sommital actuel a 500 mètres de diamètre ... nous l'examinerons en détail demain.

Bien que les éruptions vulcaniennes soient explosives, il existe plusieurs coulées de lave sur les flans de La Fossa : épanchements de lave à Punta Nere, Palizzi et Piano Forte; une belle coulée d'obsidienne, la coulée Pietre Cotte, est bien en relief sur le flanc NO. de La Fossa.

 

Au nord, le petit volcan Vulcanello (123 m.) a trois cratères alignés sur une fissure NE-SO. Au départ une île, Vulcanello, est relié à Vulcano par un isthme qui n'est qu'à un mètre au-dessus du niveau de la mer.

 

Actu-5-6241-copie.jpgVus depuis la zone fumerollienne située sur la lèvre nord de La Fossa : l'isthme reliant Vulcano à Vulcanello, plus loin Lipari, masquant en partie Salina (sur la gauche); on aperçoit Panarea à l'extrême droite. - © B.Duyck  

 

Les principaux appareils volcaniques de Vulcano et Vulcanello sont alignés sur une faille majeure, la faille de Tindari-Letojanni, de direction N-S., qui se pousuit à Lipari; cette faille est mise en évidence par l'alignement des zones de fumerolles et des anomalies thermiques.

 

L'activité actuelle de Vulcano est toujours présente, et il reste un des volcans les plus dangereux des Eoliennes :  au pied du volcan, s'est maintenant développé un centre touristique et de villégiature fortement peuplé et sous la menace d'une nouvelle éruption; bien que son activité soit latente depuis une centaine d'années - seulement - le risque est potentiellement élevé.


L'activité sismique est encore intense de nos jours, et deux foyers de séismes d'origine volcanique ont été détectés, probablement en rapport avec le réseau de failles et trahissant peut-être l'existence de deux réservoirs magmatiques superficiels : l'un à 1 km. sous La Fossa, l'autre à 2 km. sous l'isthme reliant Vulcano à Vulcanello. (M.Krafft)


Des phénomènes fumerolliens se manifestent sur trois zones : le cratère de Fossa II, la baie d'Acqua Calda et les fonds sous-marins de Spaggia Lunga.

Les fumerolles de La Fossa se localisent sur des fisssures radiales et concentriques au cratère, avec le développement de champs fumerolliens principalement sur les lèvres est et nord du cratère.

 

z-IMG 6216 copie 2       Vulcano - champ fumerollien de la lèvre du cratère La Fossa II - © B.Duyck


Le champ fumerollien de Porto di Levante comporte le long de la plage d'Acqua Calda, de nombreuses fumerolles qui s'exhalent même sous l'eau : composées principalement de vapeur d'eau et gaz carbonique, elles peuvent atteindre les 100°C ... attention où vous mettez les pieds !

 

Actu-5-6169-copie.jpgVulcano - Acqua Calda (eaux chaudes) - des fumerolles percent le sable noir - © B.Duyck


Le Faraglione proprement dit est riche en grottes artificielles, qui furent exploitéess jusqu'à la dernière éruption, avec production d'alun, de soufre,et d'acide borique.

Il y a une trentaine d'années, la société pétrolière Agip fit un forage à Acqua Calda, atteignant vers 300 mètres de profondeur une source de vapeur, insuffisante cependant pour une production géothermique. L'emplacement du forage est occupé par les bains de boue, les Pozza dei Fanghi.

Les courageux s'y enduiront de boue chaude et pestilentielle, aux vertus prétendues thérapeutiques; ils s'y prélasseront - attention, pas trop longtemps ! - avant de se rincer dans la mer proche, tiédie par d'autres émanations. Votre maillot risque d'y "laisser sa peau",

littéralement mangé par les émanations volcaniques ... et si vous testez, faite le en couple ou pas du tout, question rémanence d'une douce odeur.

 

Actu-5-6183-copie.jpg            Vulcano - Pozza dei Fanghi bordant la mer, côté levant - © B.Duyck

 

Demain, nous montons à La Fossa !

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vulcano

- INGV - Vulcano, isole Eolie

 

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

z---IMG_6203.jpg      Lipari, la ville et le "Castello",à flanc de volcans, sur l'île du même nom  -   © B.Duyck


Brève historique :

Lipari, l'île la plus vaste et la plus complexe des Eoliennes, a eu une importance majeure en méditerannée dès le Néolithique, où elle était un des centre d'exploitation et de commerce de l'obsidienne et de la ponce.

 

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Lipari - vestiges d'habitations de l'âge de bronze, près de l'église St Catherine - © B.Duyck


 

Elle vit défiler tous les conquérants et leurs armées : Lipari fut colonisée par les grecs dès 580 avant JC., puis vinrent les Etrusques, les Carthaginois, les Romains. Suite à l'invasion Arabe, en 839, et après massacres et déportations de la population réduite en esclavage, l'île demeura déserte pendant quelques siècles ... jusqu'à la reconquête par les Normands. Les Ottomans, avec Barberousse, déportèrent à nouveau les habitants.

Lipari fit repeuplée sous Charles Quint et suivi à partir de là, les destinées de la Sicile et du royaume de Naples.

 

Géomorphologie :

Sur 38 km², Lipari comporte trois grandes unités géomorphologiques.

1. A l'ouest, de nombreux stratovolcans : Timpone, Monte Mazzacaruso, Monte San angelo, Monte Chirica, Costa d'Agosto, Monte Rosa

2. Au sud, les dômes extrusifs du Monte Guardia et Giardina.

3. Au nord-est, deux volcans : Forgia Vecchia et Monte Pilato. La coulée principale du Monte Pilato, Rocche Rosse, est un des plus beaux exemples d'épanchement d'obsidienne. Les nappes de ponce atteignent 200 mètres d'épaisseur autour du Pilato et étaient exploitées jusque récemment à Porticello et Acquacalda.

 

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Lipari - à gauche, le dôme extrusif du Monte Guardia, à droite un autre cratère, la tête dans les nuages - © B.Duyck

 

Les appareils volcaniques récents de Lipari sont situés sur un réseau de failles de direction nord-sud qui passe également par Vulcanello et La Fossa de Vulcano.

Le volcanisme ne se manifeste actuellement uniquemment par quelques sources thermales et fumerolles.

 

Actu-5-0519-copie.jpgActu-5-0519-copie-bis.jpg

 

Age des éruptions : (Krafft et de Larouzière - carte de situation cidessus)

Le développement du complexe volcanique s'est fait en quatre grandes périodes.

1. L'activité débute entre 160 et 130.000 ans avec l'édification de 12 stratovolcans andésitique à trachyandésitique dans la partie ouest  de l'île : c'est d'abord un volcanisme sous-marin à hyaloclastites et pillow-lavas, aved les premières manifestations sub-aériennes vers 150.000 ans. S'en suit une phase de repos assez longue, comme en témoigne un épais paléosol (1,5 mètres d'épaisseur).

2. entre 100.000 et 80.000 ans, l'énorme stratovolcan central Monte San Angelo se met en place : cratère de 450 m. de diamètre et 100 m. de profondeur.

Le Costa d'Agosto date de la même ére.

Pour les deux volcans, la première phase est explosive, avec des tufs andésitiques et latitiques d'une épaisseur de 300 m. Six paléosols s'intercalent, correspondants à autant de phases de repos.

3. entre 40.000 et 8.000 ans, un volcanisme acide marque le sud de Lipari. Une première génération de dômes rhyolitiques surgit, suivie d'une phase explosive avec éjection de nappes de ponce.

Ces structures sont masquées ensuite par les dômes extrusifs du Monte Guardia et du Monte Giardina.

4. entre moins 7.000 ans et le 6° siècle après JC. :

Au pré-néolithique, ponces et obsidienne marquent le nord-est de l'île - Punta di Sparanello et Vallone del Gabelotto

Après une phase de repos, une nappe de ponces jeunes eépaisse de 200 m. se met en place.

Puis les coulées d'obsidienne de Roche Rosse et de Forgia Vecchia s'épanchent dans le cratère du Monte Pilato et au niveau du village de Pirrera.

De jeunes ponces ont recouvert les vestiges romains des 4° et 5° siècles après JC. de l'acropole de Lipari.

 

Carriere-de-ponce-et-Coulee-obsidienne-Rocce-Rosse--T.Pfe.jpgLipari - carrière de ponce de Porticello et coulée d'obsidienne "Rocche Rosse" , à la pointe NE de l'île -  avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer - un clic sur la photo vous emmène vers sa page / Volcanodiscovery.

 

L'activité volcanique se serait arrêtée vers le 6° siècle après JC selon une légende rapportée par Dolomieu : San Calogero, qui vécut sur Lipari entre 542 et 562 après JC., "aurait chassé les diables et le feu qui étaient dans les cratères d'obsidienne et de ponces; ils se seraient alors réfugiés à vulcanello, puis à Vulcano."

 

L'obsidienne et la ponce :

l'obsidienne,verre volcanique noir le plus souvent et à cassure conchoïdale, est une lave ayant probablement refroidie rapidement (état amorphe),et ayant un manque complet de cristaux. De belles figures de fluidité sont souvent soulignées de plans devitrifiés. L'écoulement laminaire est mis en évidence par des niveaux de ponce bulleuse intercalés dans l'obsidienne compacte.

C'est un équivalent de la ponce - même composition chimique - mais sans bulles de gaz emprisonnées lors du refroidissement ... après l'émisssion des ponces, le magma étant dégazé en grande partie, met en place une coulée d'obsidienne, avec des états de passage entre la ponce et l'obsidienne.

 

Lipari-CHB.JPG                                Obsidienne de Lipari - © Frédéric & Carole Hardy  

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M.Krafft et F.de Larouzière

- Global Volcanism Program - Lipari

- Volcanodiscovery - photos de tom Pfeiffer - Lipari

- Stromboli on line -  photos de J.Alean - Lipari

 


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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         Salina "nature"  -  © Frédéric & Carole Hardy 05.2009

 

Avec une superficie de 26,8 km², Salina est la deuxième île de l’archipel tant par sa superficie que par sa population. Elle est divisée en trois communes : Santa Marina Salina, Malfa et Leni pour une population totale de 2.300 habitants.

Formée par six anciens volcans, elle possède les reliefs les plus élevés de l’archipel. Le mont « Fossa delle Felci » qui culmine à 961 m d’altitude et le mont « Monte dei Porri » à 860 m, ont conservé la typique forme conique. De ces deux volcans éteints dérive l’ancien nom grec de l’île Didyme qui signifie jumeaux. Le nom actuel, en revanche, dérive d’un petit lac dont on extrayait le sel.

 

Les fouilles archéologiques ont révélé la présence de populations remontant à l’âge de Bronze ainsi qu’une alternance de périodes de complet abandon et d’autres de fort développement. Les fouilles réalisées aux alentours de Santa Marina ont mis en évidence un fort peuplement de l’île au 4°siècle av. JC.  Au 7° siècle ap. J.-C., l’île de Salina devint la plus peuplée des îles Éoliennes en raison d’un mouvement migratoire lié à l’activité volcanique de l’île de Lipari. Par la suite, les invasions arabes la rendirent déserte jusqu’au 17° siècle, où elle commença à se repeupler.

Salina est la plus fertile et la plus luxuriante des îles Éoliennes : on y cultive de précieux raisins à partir desquels on produit la « Malvasia delle Lipari », un vin très doux, ainsi que des câpres exportés dans le monde entier.

 

Salina-aerea01---Salvatore-88-wiki.jpg        Salina et ses stratovolcans coalescents - vue aérienne Salvatore88/Wikipedia.

 

Géologie : 

Deux strato-volcans,  le Fossa delle Felci (962 m) et le Monte dei Porri (860 m), sont séparés par la dépression de Valdichiesa, caractérisée par une orientation nord-sud.

Selon les études et les datations, il existe 3 autres édifices plus anciens qui sont Secca del Capo, Monte Rivi et Pizzo Corvo (roches les plus anciennes datées de 500 000 ans).

 

Salina-carte-2.jpg                             Salina et ses 3 formations géologiques principales.

 

L’île se compose de trois formations géologiques principales: deux  d’entre elles remontent au Pléistocène Moyen et l’autre à la période Wûrmienne.

La première de ces formations se caractérise par un grand cratère ouvert, culminant dans le sommet du monte Rivi.

La deuxième est représentée par mont Fossa delle Felci, créé, à une époque successive, par de forts écoulements de lave, des scories volcaniques, des dépôts de tufs et de brèches d’origine volcanique, qui couvrent une grande partie du versant méridional du Rivi.Le cratère du mont Fossa delle Felci, d’un diamètre avoisinant les 500 mètres, constitue, malgré son érosion, l’un des reliefs les plus imposants de l’archipel.

La troisième formation, remontant à la période Wûrmienne, se compose d’un seul cône volcanique; monte dei Porri. Le versant occidental est occupé par un grand cratère, partiellement conservé, dont le fond forme un plan incliné de 50 à 100 mètres accueillant le village de Pollara.

  Salina massifs volcaniques - F

Les massifs volcaniques de Salina - doc. F.Speranza - Univ.Catania, Inst. di Geografia


L’éruption la plus récente eût lieu, il y a 13.000 ans, sur le versant occidental de l’île et créa le cratère semi-circulaire de Pollara Nuovo ; les gisements de pierre ponce ne sont que le résultat de cette activité, principalement explosive, Des traces d’activité endogène ont été localisées à plusieurs endroits.

Le mont Rivi (854 mètres) se caractérise par un ancien édifice volcanique, actuellement détruit, composé de laves d’andésite et de basalte.

Un cratère plus récent s’ouvre sur la forme conique de Fossa delle Felci (962 mètres au-d.n.m. le sommet le plus haut de l’archipel éolien). Les restes de ces deux cratères sont visibles dans la section orientale de l’île, alors que la zone occidentale  présente trois appareils volcaniques: Pizzo del Corvo, le monte dei Porri et le cratère de Pollara, où l’on peut observer les pierres ponces blanches typiques de ces îles.

 

1995_38_24.jpgLes dépôts de coulées pyroclastiques émis lors de l'éruption cataclysmique de Pollara, environ 13.000 ans, le long de la route reliant les villages de Malfa et Pollara. L'érosion a mis en évidence une stratigraphie brute à l'intérieur du gisement. Photo Boris Behncke  

 

Pollara-et-Mt-Porri---BBehncke.jpgL'hémi-cratère du Pollara montre une succession de dépôts pyroclastiques - en arrière-plan, le Monte Porri exposant sa stratification interne après avoir été éventré par l'éruption du Pollara - photo Boris Behncke.

 

L’activité endogène ne se manifeste, désormais, que par quelques phénomènes post-volcaniques appelés les "sconcassi" et par une source thermale qui jaillit  près de Pertuso. Les "sconcassi", se produisent à proximité de Rinella, et consistent en de fortes émanations sous-marines de gaz (hydrogène sulfuré) et de vapeurs qui, dans les phases de plus grande intensité, engendrent un bouleversement du fond de la mer et tuent les poissons.

 

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                                                                           © Frédéric & Carole Hardy 05.2009


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Vue panoramique du haut du Monte Fossa delle Felci, la plus haute montagne dans les îles Eoliennes, du volcan Monte dei Porri, et de Filicudi et Alicudi.   Photo 2005 par Boris Behncke

 

Sources :

- INGV Catania - Salina, isole Eole

- Italy's volcanoes, the cradle of volcanology - Salina

   l'excellent site de Boris Behncke.

- Sicilytourist - lien

- photos de Frédéric et Carole Hardy, et de Boris Behncke / INGV Catania. Merci à eux pour le partage d'images.

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Un petit break ... avant d'attaquer les quatre îles Eoliennes les plus importantes la semaine prochaine.

 

Voici une nouvelle qui réjouira les philatélistes et les vulcanophiles, aussi friands de ce genre de collection "à thème" : l'Islande a décidé d'éditer trois timbres relatant les phases éruptives 2010 du volcan Eyjafjöll.

Cet évènement risque d'intéresser également les nombreux voyageurs bloqués par l'éruption ... une fois les inconvénients du nuage digérés, ces timbres constitueront un souvenir exploitable par les adeptes du scrapbooking.

 

La particularité et l'innovation, cette fois, vient du procédé d'impression offset avec de la cendre trachyandésitique micronisée - 3 microns ou moins - venant de l'éruption du 17 avril 2010. Pour mémoire, le magma trachyandésitique contient environ 60 % de silice et provient dans ce cas, d'une profondeur d'environ  7 km. et s'est micronisée lors de la rencontre entre la couverture glaciaire et le magma chauffé à plus de 1.100 °C.

 


 

          

 

On peut commander cette série, transaction possible en langue française, auprès de  Iceland post philatelic sales.

 

Date d’émission : 22-07-2010 Procedé d'impression : Offset Litho + volcanic ash silk screen printed
Nombre d'unités par feuille : 10 Imprimerie : Joh. Enschedé
Dimensions : 31.50 x 39 mm Maquette : Borgar H. Árnason, Hany Hadaya, H2 hönnun
Prix : 75, 165, 220 ISK

 

A noter que la série de timbres reprend trois photos pour les trois phases, admises par certains volcanologues islandais : fissurale et décentrée, sous-glaciaire phréatomagmatique, strombolienne.

 

Ces timbres sont aussi présentés sous la forme de "presse-papier" d'un diamètre de 68 mm. (à commander sur le même site - 13 €)

 

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L'Islande a déjà illustré, sous forme de timbre-poste, une éruption dans le passé ; celle de l'Eldfell, dans les îles Vestmann, qui dura de janvier à juin 1973 et qui fut de VEI = 3. Après avoir provoqué l'évacuation des habitants d'Heimaey, les laves menacèrent de condamner le port et l'économie locale; les islandais réussirent à stopper la progression de la lave, la refroidissant grâce à un arrosage permanent.
Le timbre commémoratif date du 25.01.1975.

 

                                                                  

 

 

BREAKING NEWS: Eyjafjallajökull volcano stamp with volcanic ash, 5.0 out of 5 based on 2 ratings  

 

Source :

World Stamp News

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Publié le par Bernard Duyck
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                              Filicudi - photo aérienne outdoorwebshots.

 

Filicudi, autrefois appelée Phoenicusa en raison des nombreuses fougères qu'on y trouve, et de mensurations réduites - 9,5 km² et 774 m. au point culminant, est le résultat de l'activité de plusieurs centres volcaniques anciens.

Ceux-ci ne sont pas répertoriés par le Global Volcanism Program et considérés comme éteints; trois structures principales composent le relief de l'île : la Fossa delle Felci (774 mètres), la Montagnola (383 mètres), le Capo Graziano.


filicudi-la-canna-roz.jpg

 

 

 

 

Deux curiosités de Filicudi : le faraglione "La Canna" (85 mètres)

et "la grotta del bue marino" (le grotte du boeuf marin), habitée par une colonie de lions de mer dans la précédente décennie.

 

Filicudi-grotta-del-bue-marino.jpg                        Filicudi - la grotta del bue marino - photo sunsicily.com

 

Habitée en permanence par environ 300 personnes, Filicudi le fut très tôt, vers 3.000 avant JC.; on y retrouve deux sites archéologiques datant de l'âge du bronze, l'un en hauteur sur le cap Graziano, l'autre en bord de mer. L'île resta un centre vital jusqu'à la fin des années 2.000 av JC., puis suite à une destruction, désertée jusqu'ai 4°-5° siècle av.. JC.

Des restes de maisons romaines et des tombes en pierre ont été trouvés sur la partie est du port.

 

Evolution géologique :

L'activité volcanique sur Filicudi peut être subdivisée en trois grandes périodes, au cours desquelles au moins six édifices et différents centres périphériques ont été actifs simultanément.


1° période : Des coulées de laves et des xénolites crustaux contenant des lapilli accrétionnés (surtension humide), ont été émis par le centre de Zucco Grande, situé aujourd'hui au large des côtes et des affleurements le long de la côte nord-est de l'île. Le sommet est une succession de dépôts pyroclastiques. Ces roches volcaniques sont les plus anciennes de l'archipel , datées de un million vingt mille ans.(Saint et al. 1995). À la fin de l’activité du Zucco Grande, il y eu un effondrement volcano-tectonique qui a complètement démantelé l'édifice volcanique. Il a ensuite été suivie d'une période de stagnation et d'érosion d'environ 700.000 ans, après quoi l'activité a repris dans les centres de Filo del Banco et de Bue Marino.

2° période : Après une nouvelle période de repos, l'activité volcanique a repris avec la construction de grands stratovolcans centraux qui ont construit la plupart de l'île.

Fossa Felci est le plus importante et ses produits sont constitués principalement de laves et de scories ... À la fin de l'activité sur le côté sud de l'appareil, a été mis en place le dôme de la Montagnola.

 Dans le même temps se sont édifiés le cône de cendres de Monte Guardia et le dôme de Capo Graziano. L'âge de ces centres a été établi autour de 190.000 ans. A ce stade, les stratovolcans actifs furent les monts Chiumento et Riberosse.. À la fin de la séquence, ont été mis en place dans les dômes de lave andésitique Terrione Monte, qui forment maintenant le bord d'une structure en caldeira.. Le centre de Riberosse, cependant,a eu une activité mixte effusivo-explosive de moyenne intensité.

3° période : Durant cette phase, dans la partie haute de l'île, a commencé l'activité explosive du centre Benefizio. L'ultime activité volcanique s'est produite au large des côtes et est mise en évidence par la présence du faraglione de Canna.   


L'activité volcanique à Filicudi est donc la résultante de l’interaction de plusieurs centres éruptifs dispersés dans toute l'île. 

 

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La scoglio del Giafante, un neck volcanique, à la forme évoquant un éléphant - photo CyboRoz / Filicudi.info.

 

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                    La Fossa delle Felci - photo Petr Vykonkal / wikipedia

Sources :

INGV Catania - Filicudi, isole Eolie

  

 
 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Alicudi, appelée autrefois Ericusa du nom grec désignant une éricacea qui y poussait, est l'île située le plus à l'ouest de l'arc volcanique éolien; c'est aussi une des plus complexe géologiquement.

La structure de ce volcan subaérien est faussement simple : un seul cône, présentant les signes d'un seul centre éruptif sommital.

On ne lui connait pas d'éruptions historiques.

 

Isola_Alicudi_by_Figiu.jpgAlicudi, vue de la mer, présente quelques habitations accrochée au volcan - photo Figiu

 

Evolution géologique :

Alicudi est, avec ses cinq kilomètres carrés, la plus petite île de l'archipel; ses mensurations : 675 m. au dessus du niveau de la mer et 1.500 m. en dessous.

 

De forme ronde, tout semble indiquer une activité passée, principalement alimentée par un système axisymétrique.


De études géologiques récentes indiquent que l'île s'est construite au cours de quatre périodes d'activité, séparées de période de stagnation de l'activité. (Nappi 1975 - Manett & al. 1995). Un système de dykes atteste que l'activité n'a pas été uniquement liée à un système central d'alimentation. Les dépôts volcaniques ont eu un angle de plongée qui suggère une activité au niveau de cônes de cendres situés le long de la côte ouest, et qui sont aujourd'hui érodés.

 

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800px-Alicudi_-_Porto.jpgLe petit port, Alicudi Porto, accroché à son volcan ... pas de plages, quelques cultures en terasse, un hôtel, des centres de plongée sous-marine, l'île est peu touristique.  - Doc.wikipedia.

 

Les quatre grandes périodes d'activité :


1° période : les produits associés au centre éruptif "paléo-Alicudi" affleurent à l'ouest et ce sont principalement des dépôts de fontaines de lave et des retombées entrecoupées de rares coulées pyroclastiques. Des scories noires sont parsemées de blocs de lave de teintes grise à noirs; de l'olivine est présente dans les coulées basaltiques; la séquence est traversée de dykes diversement orientés, et se termine vers le sommet par des dépôts hydromagmatiques laminés contenant des lapilli accrétionnés.

 

2°période : les produits du centre éruptif "Malopasso" diffèrent de ceux de la 1°période par l'angle que forment leurs dépôts : une alternance de retombées pyroclastiques et de lave provenant de coulées minces ou de fontaines. Au sommet de la séquence éruptive, on trouve des cendres laminées, contenant des lapilli accrétionnés et des débris grossiers de coulées.

Les laves produites sont de type basaltique à andésito-basaltique.

 

3° période : les produits retrouvés au centre, au sud et à l'ouest de l'île, sont principalement issus de coulées massives de lave dans le centre de Bazzini et des dômes de Dirittusu-Angone.

 

4° période : des coulées de lave visqueuse ont colmaté le dépression sommitale (centro di Filo dell'Arpa) et sont présentes le long d'une fissure orientée NNO-SSE, datée de 28.000 ans.

 

Comparée à d'autres îles, l'évolution structurale du volcan est relativement simple parce qu'il n'y a pas eu migration au cours du temps de la source d'alimentation, mais seulement un positionnement vers le sud-est du conduit éruptif (souligné par l'emplacement des différentes coulées pyroclastiques et l'orientation des dykes d'âges différents).

On soupçonne donc la présence d'un édifice volcanique primordial aujourd'hui complètement démantelé, le Paléo-Alicudi, constitué d'une série de cônes de scories basaltiques alignés sur une fracture d'alimentation orientée nord-sud, sur lequel s'est surimposé l'édifice constituant l'actuel Alicudi.

 

Before-the-sunset--Alicudi-vista-da-Filicudi--portaleole.jpg                Vu de Filicudi, coucher de soleil sur Alicudi  -  photo Portaleeolie.

 

Sources :

INGV - Catania - Alicudi , Isole Eolie

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Publié le par Bernard Duyck
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Homère, Ulysse et Eole m'ont donné l'envie de revisiter les îles Eoliennes.

 

Aeolian Islands map             Les îles Eoliennes émergées - Situation par rapport à l'Italie et la Sicile.

 

Situation géographique :

Sept îles volcaniques principales forment l'archipel éolien, aussi appelé "îles Lipari", du nom de l'île principale. Elles reposent sur le fond de la mer Tyrrhénienne dont le profondeur, à cet endroit, varie entre 1.000 et 2.000 mètres. Ces îles émergées côtoient au moins six volcans sous-marins qui prolongent l'arc éolien à la fois vers le nord-est et vers l'ouest.

 

Tout ce volcanisme est d'âge quaternaire; le Stromboli est en activité permanente; Vulcano a, aujourd'hui, une activité fumerollienne; Lipari, quant à elle, a connu des éruptions "dans les temps historiques.

 

Tectonique :

Du point de vue tectonique, l'environnement des îles éoliennes est fort complexe. A cause de la proximité de la limite entre les plaques africaine et eurasienne, plusieurs domaines, initialement distincts et séparés, se trouvent aujourd'hui accolés.

 

Tectonique-mediterranee.jpg

                          Tectonique des volcans italiens  -  Document ac.nice.fr

 

On peut voir, d'après Krafft :

- que la chaîne hercynienne, bien développée dans le bloc corso-sarde, appartient à la plaque eurasienne.

- les plissements récents des Apennins du sud et les monts Péloritains (Sicile) dessinent un arc parallèle à celui des îles Eoliennes. Le Moho (*) y est localement à plus de 40 km. de profondeur.

- que la mer Tyrrhénienne, dont la partie centrale est une plaine abyssale profonde de plus de 3.000 mètres, est constituée d'une croûte océanique jeune. Le Moho y est à une profondeur de 8 à 15 km.



arc-eolien--2-.jpg

 

Les données sismiques ont suggéré aux géologues la présence d'un plan de subduction au niveau des Eoliennes, avec les différents domaines représentés : la fosse océanique (la fosse Ionienne), l"arc d'îles volcaniques (l'arc Eolien) et le bassin d'arrière-arc (la mer Tyrrhénienne).


Mais ce modèle n'est pas adapté !

Divers points diffèrent de son interprétation classique :

- la subduction concernant l'Italie du sud est antérieure au volcanisme éolien (oligocène et miocène inférieur, d'après la datation des sédiments de la fosse ionienne)

- la plaine abyssale Tyrrhénienne s'est développée avant le début des éruptions des îles Eoliennes.

- la taille de l'archipel - moins de 75 km. séparent Stromboli et Alicudi - est trop faible par rapport à celle du plan de Benioff (*) supposé.

- l'évolution du chimisme des laves et leur ordre d'apparition ne coïncident pas avec ce qui est observé dans les arcs insulaires classiques, où elles sont de plus en plus alcalines au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la fosse ... et les émissions alcalines plus tardives.


 

arc-eolien---1-.jpg

            Document in "les roches associées aux zones de subduction" - réf. ci-dessous.

 

Toujours d'après Maurice Krafft, le volcanisme quaternaire des éoliennes n'est qu'une conséquence tardive de la subduction datée de l'oligo-miocène. Il est probablement dû à l'évolution d'un lambeau de lithosphère enfoui en profondeur au moment de la collision entre les plaques tectoniques.

La variation du chimisme des laves est liée à l'épaisseur et la nature de la croûte sous-jacente : croûte océanique mince au nord  pour les volcans sous-marins tholéitiques, et plus épaisse au sud pour l'arc éolien et ses volcans calco-alcalins (voir schémas ci-dessus).

L'arc éolien complet, volcans émergés et immergés compris, pourrait correspondre à une vaste intrusion annulaire... voir l'anneau, symbolisé en vert, sur la carte tectonique.

 

 TAS.gif

              Classification des roches volcaniques selon leur teneur en silice - doc. BRGM.


Glossaire (*) :

- MOHO : La discontinuité de Mohorovicic, abrégée Moho, est la limite entre la croûte terrestre et le manteau terrestre supérieur. Entre la croûte continentale, ayant une épaisseur moyenne de 35 kilomètres (allant jusqu'à 75 km sous les chaînes montagneuses récentes) et la croûte océanique d'une épaisseur moyenne de 6 kilomètres, le Moho est en moyenne situé à 43 kilomètres de profondeur, avec d'importantes variations.

- Le Plan de Wadati-Benioff est la surface plus ou moins complexe formée par la distribution des hypocentres des séismes associés à une subduction

 

Sources :

- Guide des volcans d'europe et des Canaries - M.Krafft & F.de Larouzière. - Ed. Delachaux et Niestlé.

- INGV - Catania - Geologia delle isole Eolie

- Volcanism - H.U.Schmincke

- Global Volcanism Progran - Aeolian islands - 0101...

- Les roches associées aux zones de subduction - lien

- Classification des roches volcaniques - BRGM

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