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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

newbritian_geb_2010200.jpg

NASA Earth Observatory image created by Jesse Allen, using earthquake and plate tectonics data from the USGS Earthquake Hazard Program, elevation data from the Shuttle Radar Topography Mission (SRTM) provided by the University of Maryland’s Global Land Cover Facility, and ocean bathymetry data from the British Oceanographic Data Center’s Global Bathmetric Chart of the Oceans (GEBCO). Caption by Michon Scott.

Instrument:  Space Shuttle - SRTM

Un fort séisme, de magnitude 7,3 localisé à 35 km. de profondeur, a frappé l'île de New Britain faisant partie de la Papouasie Nouvelle-Guinée, le 18 juillet 2010, à 13 h.34.

Il a été suivi de nombreuses répliques les 19 et 20 juillet. Les cercles plus larges, qui indiquent le séisme de 7,3 et sa plus forte réplique de 6,9, apparaissent très proches l'un de l'autre.


Selon l'USGS, le séisme s'est produit au niveau d'une faille de chevauchement (*) située sur/ou à proximité de la frontière entre deux microplaques : la microplaque océanique Salomon et la microplaque South Bismarck, la première passant sous la seconde et plongeant vers le N-NO. Le séisme de 6,9 se serait vraisemblablement passé dans la plaque Salomon en subduction.

Le déplacement de la plaque Salomon en direction du nord, avant le séisme, n'était que de 1,2 cm. par an.

(*) : définition sur Objectif Terre.

 

 

10-degree map showing recent earthquakes Legend with age and magnitude scale

 

 

Magnitude 7.3
Date-Time
Location 5.939°S, 150.572°E
Depth 35 km (21.7 miles) set by location program
Region NEW BRITAIN REGION, PAPUA NEW GUINEA
Distances 65 km (40 miles) SE of Kimbe, New Britain, PNG
115 km (75 miles) ENE of Kandrian, New Britain, PNG
540 km (335 miles) NE of PORT MORESBY, Papua New Guinea
2400 km (1490 miles) N of BRISBANE, Queensland, Australia
Location Uncertainty horizontal +/- 4.9 km (3.0 miles); depth fixed by location program
Parameters NST=297, Nph=297, Dmin=537.4 km, Rmss=1.08 sec, Gp= 22°,
M-type=teleseismic moment magnitude (Mw), Version=V
Source
  • USGS NEIC (WDCS-D)

 

La région de l''île New Britain est très active sismiquement parlé ; elle est également le siège d'une activité volcanique marquée, avec entre autre, les volcans Ulawun, Langila, le groupe Garbuna, la chaîne Sulu et la caldeira du Rabaul dont font partie le Vulcan et le Rabaul.

 

Newbritain_lrg-copie.jpg

Sur cette photo - rare - du satellite Aqua /Modis de la Nasa prise le 21.06.2005, on peut voir trois panaches volcaniques simultanés émis par des volcans de l'île New Britain : le Languila, l'Ulawun et le Rabaul  -  photo Jesse Allen / Nasa.

 

 

Sources :

- Nasa Earth Observatory

- USGS Earthquake Hazards Program

- poster du séismes sur le site de l'USGS - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Strombolicchio, petit îlot rocheux au large de Stromboli, ne serait autre que le sommet du volcan de l'île, projeté au milieu de la mer durant une éruption violente, selon une légende transmise de père en fils par les habitants de l'île volcanique.

L'îlot est dépourvu d'eau et de terres cultivables, l'empêchant d'être habité en permanence. Le sommet de Strombolicchio fut aménagé de façon à recevoir, en 1905, un tout petit phare blanc, alimenté aujourd'hui par l'énergie photo-voltaïque; il est accessible par un escalier réputé dangereux.

 

Strombolicchio2---Giovanni-wiki.jpg   Le Strombolicchio et son phare, sur son sommet arasé - photo Giovanni / wikipedia.


En réalité, il s'agit d'un neck andésito-basaltique, portion interne solidifiée d'un édifice volcanique correspondant à l'une des plus antiques manifestations volcaniques de l'arc Eolien, et lentement démantelé par l'érosion marine. Il daterait de 204.000 +/- 25.000 ans av.JC., constituant la première phase de l'évolution géologique du complexe volcanique strombolien.

 

Les îles Eoliennes sont indissociables de la mythologie grecque et de ses dieux, des écrits d'Homère et de l'Odyssée d'Ulysse.


L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse, roi d'Ithaque, dans son pays après la guerre de Troie ( le titre du récit, Odyssée, en grec ancien Ὀδυσσεία, est formé sur le nom grec d'Ulysse, Ὀδυσσεύς ).

 

Strombolicchio_-ITA--wiki-man-77.jpg       L'échelle du Strombolicchio est donnée par le bateau, à droite - Photo Man77 / wiki.


Dans le chant X, Ulysse et ses compagnons arrivent sur "Eolie", résidence d'Eole, le petit-fils de Neptune, qui vit sur une île entourée de rochers escarpés et ceinte d'un mur d'airain. Eole, roi ou dieu des Vents, leur offre l'hospitalité dans cette île, où les vents sont enfermés chacun dans une caverne, vaste, sombre et profonde, où ils mugissent, toujours prêts à se déchaîner ... sur l'ordre de leur souverain, qui, pour les libérer, obéit aux ordres de Jupiter (Zeus) , son grand-oncle, et de Neptune (Poséïdon), son aïeul, qui gèrent respectivement les vents de terre et les vents de mer.

EOL.jpgEole veut aider Ulysse  à rentrer chez lui et lui offre une outre, où il a enfermé tous les vents contraires, et lui envoie une brise légère qui devrait porter son navire à bon port. Au 10° jour de navigation, la flotte d'Ulysse aperçoit les côtes d'Ithaque ... Ulysse, rassuré et épuisé, succombe au sommeil. Par malheur, ses compagnons, persuadés que l'outre contient des trésors, ouvrent celle-ci, libérant tous les vents néfastes, qui emportent de nouveau les bateaux vers "Eolie", d'où ils sont cette fois chassés sans ménagements par le roi, irrité du piètre usage qu'Ulysse a fait de son cadeau ... et l'errance en Méditerranée se poursuit.

La petite figurine de terre cuite représente Eole, dieu des vents, soufflant avec efforts.

Elle est présentée partout dans les îles Eoliennes ( photo prise sur Vulcano)

 

Sources :

- Odyssée, d'Homère - chant X

- Belles histoires de la Mythologie, par Maurice Rat

- Geological evolution of Stromboli - Stromboli on line

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Kawio-Barat---indonesie---NOAA.jpg

Kawio Barat: This is a perspective view of the Kawio Barat (West Kawio) seamount looking from the northwest. The underwater volcano rises around 3800 meters from the seafloor. Image courtesy of NOAA Okeanos Explorer Program, INDEX-SATAL 2010.


Une nouvelle expédition du NOAA - National Oceanic and atmospheric administration - a lieu en ce moment au large des Philippines. Programmée de juin à août 2010, des scientifiques américains et indonésiens y collaborent en vue d'explorer les profondeurs marines dans la région "Sangihe - Talaud".


carte-Sangihe-Talaud.gifSangihe et Talaud sont deux chaînes d'îles qui s'étendent entre le nord de Sulawesi et l'archipel Philippin : 77 îles, dont 56 peuplées essentiellement par des agriculteurs profitant du sol volcanique fertile.


L'Okeanos explorer, le bateau du NOAA, a cartographié le 26 juin dernier un énorme volcan sous-marin dans les profondeurs océaniques au nord de Sulawesi : le Kawio Barat.

 

Kawio-Barat---NOAA-mapping_hires.jpg

  Zone d'exploration de la mission "Index 2010 Okeanos explorer", délimitée par le trait rouge                    Image courtesy of NOAA Okeanos Explorer Program, INDEX-SATAL 2010.

 

Le volcan Kawio Barat dépasse les fonds marins de 3.800 mètres et son point culminant se trouve à 2.000 mètres sous le niveau de la mer ; la température mesurée au niveau du cratère est de 400°C.

Les mesures ont été effectuées grâce au CTD/Rosette, mesurant la température, la salinité, la profondeur et la concentration en particules de la colonne d'eau.

Ensuite, le ROV Little Hercules fit envoyé pour vérifier le présence suspectée d'une émission hydrothermale active.

 

rov_overview_hires-Kawio-Barat---NOAA.jpg

The Little Hercules ROV nears active hydrothermal vent sites on the summit of Kawio Barat submarine volcano. Image courtesy of NOAA Okeanos Explorer Program, INDEX-SATAL 2010.

 

Kawio-Barat-Plume-2010---NOAA.jpg

                 Le panache du Kawio Barat - NOAA Ocean explorer 30.06.2010.


vent_colony_hires---Kawio-Barat.jpg

Sulphide chimneys on Kawio Barat were completely covered with barnacles. Image courtesy of NOAA Okeanos Explorer Program, INDEX-SATAL 2010.

Remarquez les remous créés par l'émission de fluides chauds, le long de la cheminée centrale. 

 

L'exploration a permis de découvrir un champ de cheminée sulfureuses et de roches couverts de balanes, crevettes et bactéries, qui étendent leurs communautés sur une large zone périphérique, animée de décharge diffuse.

L'analyse est importante et en cours, cette région étant située entre les "lignes Wallace et Weber", transition entre les aires de domination par les espèces asiatiques d'une part, et d'autre part par les espèces d'origine australienne (ou d'océanie). De plus elle fait partie du "triangle de Corail", zone de biodiversité marine spécialement riche et peu connue.

 

biogeography_lines_600.jpg

                         Image courtesy of Encyclopedia Britannica, Inc. 1997.

 

Ceci ne constitue qu'une partie des premières retombées de cette expédition toujours en cours ... à suivre donc dans les prochains mois ! 


Sources :

- INDEX 2010 - INdonesia-Usa Deep-sea EXploration of the Sangihe Taluad region - NOAA

- Geology and geological history of the Sanghihe-Talaud region  - Dr P.Fryer - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Nous restons au Guatémala, avec quelques peintures naïves.

Les principaux sujets évoqués par ce type de peinture évoquent le vie des ruraux, des indiens, avec joies et peines, pratiques rurales et religieuses ... bref "la vie de tous les jours" dans des paysages où les volcans sont bien souvent présents.

 

Peinture_Guatemala_2010-4-CHB-copie-1.JPG

                                                                              © Frédéric & Carole Hardy

 

Un chien méchant, si pas enragé au vu de la bave qui lui dégouline de la gueule, a semé la pagaille parmi le petit groupe de paysans s'en allant au marché.. la femme a chuté, renversant le panier qu'elle portait sur la tête, contenant des volailles qui s'égayent en tous sens; elle semble avoir déséquilibré son compagnon, qui portait des récipients de terre cuite; un troisième personnage, vraisemblablement un enfant, ne doit son salut qu'à son agilité ... il saute dans un arbre.

La scène se déroule dans un paysage de volcans et lac, ce qui la situe au pourtour du lac Atitlan.

 


Peinture_Guatemala_2010-5-CHB.JPG

                                                                                  © Frédéric & Carole Hardy

 

Cet épisode est plus dramatique : un lahar ou un glissement de terrain a emporté personnes et maisons, tandis qu'on pleure les morts. Au milieu de la scène, deux personnages et un animal sont charriés par un flot ... rivière en crue ou coulée de lave ? je penche pour la deuxième solution, avec ce que je prend pour des bords de coulée consolidés.

A gauche, un homme en guenille met des enfants dans des cercueils.

Drame engendré par le déchaînement des forces de la nature.

 

D'autres peintures décrivent des scènes de pratiques religieuses mayas : la scène est décrite ici comme se passant dans la nature, à proximité d'un village et de son église - à moins que la symbolique présence de l'église n'évoque que l'antagonisme entre religion chrétienne et chamanisme maya ?

 

ixt007_l.jpg                               Document "Guatemala, cradle of the Maya civilization".


J'ai personnellement vécu un évènement similaire au Chiapas, à San Juan Chamula. Dans ce village totalement "autonome", seul la police et la justice locales ont droit de citer ... c'est le domaine réservé des mayas Tzotziles.

Dans l'église, vidée de ses habituelles chaises, des épines de pins jonchent le sol, le laissant découvert par bandes, où sont collées à la cire des multitudes de bougies filiformes. Dans les fumées de Copal, des familles se prosternent en buvant force rasades de Posh, un alcool de canne local, alternées de lampées de Coca-cola, liquide noir et faisant "roter", destiné à faire sortir "le mauvais", tout en psalmodiant des chants. Les enfants, même en bas âge, ont droit aux mêmes libations.

Des Curanderos (hommes-médecine, ou chamane ?) aident psychologiquement les croyants, prescrivant des offrandes et faisant de temps en temps sacrifices de poulets. La photo étant strictement interdite par les autorités - y déroger finirait au mieux par des coups de gourdins, au pis par un emprisonnement sous l'arbitraire de la justice tzotzile - , je ne peux transmettre la cérémonie qu'en vous la racontant : regroupés autour du chamane, le famille lui offre un poulet; le chamane l'attrape par les pattes et la tête, et passe plusieurs fois, en psalmodiant, la bête, étirée au maximum et comme en catalepsie, à quelques cinq centimètres au dessus des flammes de nombreuses bougies allumées à même le sol.

Subitement, d'un mouvement sec, il tord le cou du poulet qui disparaît de la scène, comme par magie.

Gageons qu'il finira dans une assiette !

Après quelques prières, la famille se relève et quitte respectueusement l'endroit ... j'hésite à dire l'église, étant donné les pratiques observées.

 

Sources :

- d'autres photos de peintures naïves Guatémaltèques sur le site d'Alain Catté, dont de nombreuses de Carole Hardy.

- Guatemala, cradle of the Maya civilization - site très complet. http://www.authenticmaya.com/index.htm

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

P1070298.JPG

                          Le Pacaya  -  © Frédéric & Carole Hardy mars 2010.


Situé à une trentaine de kilomètres au sud de Guatemala City, la capitale, le Pacaya est un massif volcanique complexe édifié en partie sur l'ancienne caldeira du lac Amatitlan, dépression qui abrite la "laguna de calderas".

Son nom étrange, "Pacaya" signifie "courge" en langue maya, lui a été donné en raison de nombreuses cultures de courge profitant de la fertilité de ces terres volcaniques.


2005pac2.png                                                     Carte de situation - GVP


Structure du Pacaya :

Le complexe Pacaya se compose d'un ancien stratovolcan surmonté de dômes de lave dacitique, le Cerro Chino, au nord-ouest, et le Cerro Grande à l'est, et un stratovolcan plus jeune.

Ce dernier comporte une caldeira en forme de fer à  cheval qui s'ouvre vers le sud-ouest et à l'intérieur de laquelle s'est formé l'actuel cône actif : le Mac Kenney, qui doit son nom à un médecin guatémaltèque, Alfredo Mac Kenney, qui a relaté son activité depuis le début.

 

Cerro-grande-du-Pacaya-GVP--1.jpgLe Cerro Grande, vu du cône Mac Kenney en 2005 - Doc. GVP / Richard Roscoe - photovolcanica.com

 

2005pac1.pngCarte topographique du Pacaya et dess villages environnants - G.Chigna / GVP.

x : cratère McKenney - y : pré-cône 1965 - z : spatter cone 1984 (El Hornito)

 


Activité volcanique du Pacaya :

Il a enregistré depuis 1565, au moins 23 éruptions, avec une activité intermittente, les périodes de paroxysme alternant avec d'autres d'activité plus faible ou de repos.

Après une période de repos de presque cent ans, le Pacaya s'est réveillé en 1961, émettant 1,5 Mm³ de lave, l'activité étant concentrée sur son flanc sud, au niveau de l'évent Cachajinas.

 

Pacaya - Rolf cosar wiki  Pacaya - Cône McKenney - activité strombolienne et coulée. - photo Rolf Cosar 01.2007 

  

L'activité du Mac Kenney date, selon le GVP, de 1.160 +/- 75 ans (épisode présumé de VEI = 3).

Depuis 1965, le Mac Kenney se trouve dans une période d'activité persistante, avec une alternance d'activité strombolienne - puissantes fontaines de lave en 2.000; émission de coulées de lave scoriacées -  et vulcanienne.

 

Pacaya-2000---Gene-West.jpg                                     Activité du 16.01.2000 - photo Gene West / GVP

Fontaine de lave, coulées scoriacées et panaches respectivement pauvre et riche en poussières.

 

 

bouche incandescente CHB

            Coulée scoriacée et bouche incandescente  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

bouche-incandescente1-CHB.JPG                                           Incandescence  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

 

bouche-incadesente-CHB.jpg

                     Zoom sur les entrailles du Pacaya  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

La dernière crise éruptive date de fin mai 2010.

L'Insivumeh a déclenché l'alerte le 26 mai.

Le 27 mai, à 14 h.15, une éruption strombolienne fait jaillir des fontaines de lave à 2.000 mètres, et plus rare, deux coulées pyroclastiques sur le flanc sud; vers 18 h.30, le paroxysme survient, avec une réapparition des fontaines de lave et un effondrement sommital en direction du nord ... les matériaux pyroclastiques, poussés par le vent en direction nord aussi, touchèrent les villages de San Francisco de Sales, Calderas et El Cedro. Résultat: toits perforés et effondrés, maisons brûlées, récoltes perdues... et une seule victime, un journaliste qui tentait d'approcher les coulées de lave.

Dans la soirée du 27 mai, les vents ont rabattu le nuage de cendres en direction de la capitale guatémaltèque, causant la fermeture de l'aéroport La Aurora et de nombreux désagréments aux trois millions d'habitants.

Le 28 mai, alors qu'on s'attendait à une troisième éruption paroxysmale, c'est un cône adventif qui apparaît sur le flanc sud-est du volcan,permettant la libération du magma. Ce cinder cone est le siège d'activité strombolienne et effusive, avec deux flux principaux de magma très fluide.

(Récit d'éruption d'E.Delstanche, d'après le récit du volcanologue G.Chigna - in Revue Lave de juillet 2010)

L'activité strombolienne s'est maintenue jusqu'au 3 juin; les flots de lave, de moins en moins rapides, ont continué jusqu'au 15 juin, avec des explosions au  niveau du cratère latéral.

(Insivumeh, via le Global Volcanism Program)

Le parc national du Pacaya, fermé depuis mai, pourrait réouvrir et l'ascension se faire par de nouveaux chemins, d'après le bulletin spécial émis par l'Insivumeh le 14 juillet 2010. L'activité sommitale strombolienne se maintient au McKenney avec des explosions de faible puissance espacées de 5 à 10 minutes, et de petits écoulements pyroclastiques, principalement en direction du sud.

P1070384 copie CHB                                               © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

P1070371-copie.jpg

               Le Pacaya, toujours menaçant ...  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010


 Sources :

- Global Volcanism Program - Pacaya

- Insivumeh

- Revue LAVE N°145 - 07.2010

- articles sur l'activité du Pacaya en mai 2010 - 28.05 / 29.05 / 30.05


 

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Cette photo satellite montre bien l'imbrication du volcan dans le dense tissu urbain qui s'est constitué à ses pieds.

 

Agua---Google.jpg

Photo satellite révélant la symétrie du volcan et des ses drainages - on remarque aussi une grande urbanisation de la zone au nord de l'édifice - d'après Google earth.

 

Ce stratovolcan symétrique forme, avec ses voisins le Fuego et l'Acatenango, une toile de fond surprenante à l'antique cité Antigua Guatemala.

Haut de 3.760 mètres, il est surmonté d'un cratère relativement petit, de 280 m. de large. Six petits "pit craters" sont localisés sur son flanc nord-ouest, et deux petits cônes, Jaboncillo et Cerro,  sur son flanc sud.

Vu son profil symétrique, il s'agit d'un édifice jeune ... aucune éruption historique n'a été remarquée; cependant il tient son nom - Agua, "volcan d'eau" - d'un lahar qui a dévasté, le 11 septembre 1541, la première capitale du pays, Santiaguo de los Caballeros, rebaptisée depuis Ciudad Vieja. Le gouvernement a déplacé la capitale vers Antigua, relativement proche, après cette catastrophe... celle-ci a perdu depuis son statut de capitale, à la suite de sa destruction en 1773, par un séisme, au profit de Guatemala City.

Ses principaux monuments sont toujours préservés en tant que ruines. Construite selon un plan en damier inspiré des principes de la Renaissance italienne, elle s'est, en moins de trois siècles, enrichie de monuments superbes. Antigua est aujourd'hui la cité-marché des hautes terres environnantes, qui produisent blé, canne à sucre, fruits et légumes, ainsi qu'un café réputé ... toutes ces productions sont dues à la richesse de la terre volcanique.

 


GT056-Antigua_ArchHorz---ph.Zack-clark.jpeg   L'Agua domine Antigua Guatemala et l'Arco de Santa Cataline - photo Zack Clark.

 

Agua---1988-Lee-Siebert---vu-de-Ciudad-Vieja.jpgLe volcan Agua depuis Ciudad Vieja, la première capitale détruite par un lahar - photo Lee Siebert / Smithsonian.

 

 

P1080332---CHB.JPG

                        Lever de soleil sur l'Agua  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010                  

 

P1080456---CHB-copie.jpg          L'Agua , suivi des volcans Fuego et Acatenango  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

Toutes les cités du nord, Ciudad Vieja, Antigua Guatemala, San José La Arada, San Miguel Duenas , pour ne citer que celles-là, et Escuintla au sud, restent toujours sous la menace, certes distale,  des lahars que peut produire le volcan, comme en témoigne une récente carte de risques éditée par l'USGS. (réf.ci-dessous)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Agua

 - Paintings of volcanoes : Agua. - site d'Alain Catté , avec de nombreuses photos de Carole Hardy.

- USGS - Guatemala volcanoes and volcanics - Lahar hazards at Agua volcano

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

472px-Solola_market.jpg

                   Marché de Solola - Vêtements et commerce traditionnels. Doc. wikipedia

 

La civilisation Maya est apparue environ 1.000 ans avant l'ère chrétienne et s'est développée dans presque tout le Guatemala actuel, au Belize, au Honduras et dans l'actuel Chiapas mexicain, avant d'être brutalement soumise par Pedro de Avarado et ses conquistadors espagnols entre 1523 et 1527.

Mais c'est dans les environs du lac Atitlan qu'elle reste de nos jours la plus "visible".

Une fois quitté Panajachel, alias "Gringotenango" - ceux qui sont passé par là comprendront ! - , on accède en quelques heures de bateau aux petits villages qui bordent le lac, dans lesquels la civilisation Maya est toujours bien vivante.

Deux principales ethnies sont ici représentées : les Tzutuhils et les Cakchiquels.

 

600px-Idiomasmap.svg.png   Les principaux dialectes et ethnies du Guatemala - Tzutuhils et Cakchiquels entourent le lac Atitlan en bas à gauche de la carte.


Santiago Atitlan, ancienne capitale du royaume Tzutuhil à l'époque précolombienne, reste le village le plus important de ce groupe ethnique. Les femmes tissent et portent toujours le huipil, blouse brodée de fleurs colorées ou de volées d'oiseaux, ainsi que le tocoyal, Satitlanwoman.jpgun intriguant couvre-chef, étoffe rouge enroulée très serré autour de la tête et terminée d'un bout brodé aux couleurs de l'arc-en-ciel. Le costume masculin ne passe pas non plus inaperçu; chemise blanche ou colorée et bermuda ample à larges bandes blanches et fines bandes bleu ou pourpres, avec dans le bas, des oiseaux ou des fleurs brodées, tenu par une large ceinture.

L'accueil y est sympathique ... à condition d'échanger quelques pièces contre des bananes ou des ocarinas de terre cuite, vendus par les enfants qui vous attendent au débarcadère.

A l'époque, nous étions accompagné d'un guide, archéologue parlant un français acceptable et féru de culture Maya, qui nous a longuement expliqué les subtilités des rites religieux qui n'ont pas disparu malgré la pression hispano-chrétienne. Nous avons ainsi visité l'église, ou le long des murs, nous attendaient des bataillons de saintes statues habillées par les villageoises de foulards Hermès et autres étoffes précieuses. Ils nous a fait connaître également le culte local de Maximon (prononcez Machimonne) : divinité locale, issue d'un amalgame entre anciens dieux mayas, Saint Simon, Pedro de Alvarado, le conquistador et Judas Iscariote.


"Au fond d'une petite maison, au cœur de Santiago de Atitlán, résonnent des incantations. Au centre de toutes les attentions, un étrange personnage. Maximón est là, figure emblématique de la culture guatémaltèque. Noyé dans les fumées d'encens, de tabac et les vapeurs d'alcool, il trône au milieu des offrandes. Enveloppé de foulards multicolores, vêtu d'un pantalon indien typique, il est coiffé de deux chapeaux superposés. Son visage est suggéré par un masque de bois sculpté. Au creux de ses lèvres, une cigarette se consume" . (d'après G.Véron - journal du CNRS)
 

atilan_maximon.jpg  Maximon, couvert de foulards et entouré de membres de la maison qui l'accueille, différente chaque année. Remarquez la tenue traditionnelle des hommes présents à la cérémonie.

 

Après m'être retrouvé seul en fin d'après-midi dans le marché local en train de remballer - moment intimidant - la nuit s'est calmement passée dans le petit village de Santa Catarina Palopo, où nous avons pu admirer les tenues et les ouvrages traditionnels Cackchiquel : splendide camaïeu de bleu et vert, teintes qui donnent à mon avis les plus beaux huipils.

 800px-Chichicastenango-004---nanosmile.jpg

                  Vêtements traditionnels de Santa Catarina Palopo. - doc. Wikipedia.

 

Les couleurs, qui ont inspirés les Cackchiquels, viendraient des couleurs constamment changeantes du lac Atitlan, qui peuvent passer du lapis lazuli, au vert émeraude puis au bleu azur.

 

Santa_Catarina_Palopo_---Simon-Burchell.jpg Santa Catarina Palopo : la calle, menant à l'hôtel (à gauche) et au lac Atitlan - photo Simon Burchell.

 

Le syncrétisme religieux, où religions et rites mayas et chrétiens se côtoient, trouve ses limites en maints endroits : ainsi à Chichicastenango, en pays Quiché, l'église de Santo Tomas, d'ailleurs bâtie en 1540 sur un lieu de culte Maya, sacrifie plus aux rituels mayas que chrétien ... le curé catholique a failli se faire étriper le jour où il a voulu interdire ces rites indiens; depuis il n'est que supporté parce qu'il soigne les locaux dans un dispensaire jouxtant l'église. Nous avons pu assister à une cérémonie, où dans un nuage d'encens et dans l'église au sol jonché de branches de pin, d'épis de maïs et d'une myriade de fines bougies, officient des chefs de prière appelés "chuhkajaus" - qui se traduit par "mère-père" - en scandant des paroles magiques. Les bougies et les offrandes diverses sont placées là, en souvenir des ancêtres, dont beaucoup sont enterrés sous les dalles de l'église.

 

Ces mêmes chefs de prière officient aussi en pleine nature au lieu-dit "Pascual abaj" , la pierre du sacrifice, un oratoire situé sur une colline et dédié au dieu maya de la terre, Huyup Tak 'ah. Flagellation avec des plantes mouillées, aspersions diverses avec de mystérieux liquides (alcools recrachés) suivis d'impositions des mains, se passent sur la colline proche du cimetière, entre des foyers rituels et de nombreuses bougies allumées.

 

Je pourrais raconter encore bien d'autres anecdotes, mais l'Agua nous attend ... dès demain.

 

 

Sources :

- Arte Maya Tzutuhil - Maya artists from the highla,ds of Guatemala - lien

- Authentic Maya - Cradle of the Mayan civilization - lien

- Maximon, dieu aux mille visages - le journal du CNRS - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Le lac Atitlan, carte postale bien connue des hauteurs Guatémaltèques, emplit une partie nord du complexe Caldérique Atitlan. Il mesure 128 km² et sa profondeur moyenne est estimée à 340-360 m. (non sondé). C'est un lac endoréïque sujet à la pollution (article à ce sujet).

 

         Le lac Atitlan ,vu de Santa Catarina Palopo - doc. wikipedia

         De gauche à droite, les volcans Atitlan, Toliman et San Pedro.

Atitlan_Lake.jpg

La caldeira Atitlan (à ne pas confondre avec le volcan du même nom):

elle s'est formée en trois phases :

- Atitlan I : il y a 11 millions d'années

- Atitlan II :  il y a 8 millions d'années

- Atitlan III : il y a 84.000 ans; cette éruption plinienne a émis 250 km³ de magma rhyolitique. Les dépôts d'ignimbrites "Los Chocoyos" sont estimés à 600 km³, de quoi recouvrir la France sous plus d'un mètre de ponces.

 

Ponce-rhyolitique-Los-Chocoyos---Carr-Juan-Ostuncalco.jpgLes dépôts de ponces rhyolitiques sont exploités dans la carrière Juan Ostuncalco, dans la région de Quetzaltenango ; la couche est épaisse de plus de 200 mètres.

Photo bill Rose - GVP.


Depuis, la caldeira Atitlan a produit au moins quatre séquences explosives rhyolitiques, de nombreux tephras andésitiques et construit trois stratovolcans : l'Atitlan, le Toliman et le San Pedro.

Les principaux dépôts éruptifs, "San Pablo" et "Las Canoas", furent respectivement composés de dépôts pliniens avec des lapilli accrétionnés, compris entre des couches de fines poussières, pour le San Pablo; le Las Canoas est composé lui de dépôts phréatomagmatiques, pliniens et pyroclastiques.

Atitlan_map.gif

 

 

 

Les volcans San Pedro et Toliman se sont édifiés sur le bord sud de la seconde caldeira, et le volcan Atitlan sur le bord de la troisième.

 

Nasa-landsat-2000---L.Siebert-Akton-Univ-jpg               Vue satellitaire Landsat/ Nasa - 2000 - L.Siebert Akton University

 

Atitlan--Toliman--San-Pedro----T.Pfeiffer-Volcanodi-jpgDe gauche à droite, l'Atitlan, le Toliman chapeauté de nuages, le cône Cerro de Oro, et la San Pedro - photo Tom Pfeiffer / Volcanodiscovery , avec son aimable autorisation.

 

Le Toliman est un grand stratovolcan andésitique, haut de 3.158 m., recouvert, à la différence de ses voisins, de coulées de lave.

Aucune éruption historique n'a été relevée; cependant une coulée de lave provenant d'un dôme de lave parasite situé sur son flanc nord, le Cerro de Oro, et qui a pénétré le lac Atitlan, a été datée d'un millier d'années seulement (Newhall -1987)

 

P1070676 CHB   Le Toliman se reflète dans la lac Atitlan; à l'arrière-plan, le volcan Atitlan, à l'avant-plan, le Cerro de Oro  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010.


Le San Pedro est un stratovolcan élevé de 3.020 m. Le volcan est peu documenté.

 

Le volcan Atitlan, stratovolcan élevé de 3.535 m., est le plus haut des trois volcans post-caldeira. Il est plus jeune que le Toliman et en contraste avec celui-ci, couvert d'une épaisse couche de dépôts pyroclastiques végétalisés côté nord, mais dénudé côté sud.

Les principales éruptions historiques datent du 15° siècle; la dernière manifestation récente, de VEI 3, date de mai 1853.

 

L'ascencion des trois structures volcaniques est considérée comme "difficile".

 

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   Le lac Atitlan, au pied des volcans Atitlan et Toliman - © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

P1070623 CH

                      Tout le charme du lac Atitlan - © Frédéric & Carole Hardy

 

Le lac Atitlan est cerné de nombreux villages, peuplés en majorité par des indiens Mayas, Tzutujil et Caqchikel. La culture maya est vivace et les habits traditionnels toujours portés.

Noue en parlerons demain.

 

 

 

Sources :

- Volcanism during the past 84.000 years at Atitlan caldera - ADS

  The Smithsonian/ Nasa astrophysics data system - lien

- Global Volcanism Program - Toliman

-                                           - Atitlan

- USGS  - Guatemala volcanoes and volcanics.

- Volcanodiscovery - Guatemala

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

 

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               Carte topographique des volcans jumeaux Acatenango et Fuego - doc. GVP

 

Les volcans jumeaux Acatenango et Fuego sont situés à côté de l'ancienne capitale "La Antigua Guatemala"; la construction de l'Acatenango était complète avant la formation du Fuego, leurs activités respectives sont responsables du chevauchement des cônes.

 

L'Acatenango :

La formation du stratovolcan s'est déroulée en trois périodes éruptives principales, datées grossièrement de 85.000 ans, d'après les tephras "Los Chocoyos" provenant de la caldeira Atitlan.

Un Acatenango ancestral s'écroula vers le sud, il y a plus de 43.000 ans, formant les dépôts de débris d'avalanches "La Democracia" qui couvrent une grande part de la plaine côtière Pacifique.

La construction du sommet nord, Yepocapa (3.880 m.), fut terminée il y a 20.000 ans, précédant le formation du sommet sud, le plus élevé, appelé Pico Mayor (3.976 m.)

 

 

v6_hp11-Fuego-et-Acatenango.jpg          L'Acatenango et le Fuego, vus d'Antigua Guatemala City - auteur inconnu.

         Le groupe formé par les trois sommets est connu sous le nom des "Tres Hermanas".

 

Une note de 1690, décrit une éruption de 1661 : "le volcan a ouvert une bouche fumante, mais sans émettre de bruits".

Les éruptions historiques documentées datent de 1924-1925 (VEI 3 - Pico Central), de 1926- 1927 (Pico Central - VEI 2), la dernière de 1972 (VEI 1 - Pico Central, col du Yepocapa).

 

Le Fuego ("feu" en espagnol) :

La construction du volcan Meseta, dont on aperçoit un escarpement entre le Fuego et l'Acatenango, date de 230.000 ans et continua jusqu'à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène.

Son effondrement engendra il y a 8.500 ans l'énorme dépôt de débris d'avalanche Escuintla qui s'étend sur 50 km. par dessus la plaine côtière.

L'édification du Fuego moderne a suivi cet effondrement, en induisant la migration vers le sud de l'activité volcanique débutée à l'Acatenango. D'andésitiques à l'Acatenango, les éruptions du Fuego sont devenues de plus en plus basaltiques au cours des siècles.

De fréquentes et violentes éruptions ont été rapportées depuis le début de la colonisation espagnole en 1524, générant d'importantes chutes de cendres ( 1973-74 , 1978) , accompagnées occasionnellement de coulées de lave et coulées pyroclastiques (1971) . L'activité est "toujours en cours" !

Détails sur le site du GVP - Fuego eruptive history

 

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       Belle explosion, accompagnée de quelques bombes - © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

P1080441---CHB.JPG

 

     Le volcan est sous la surveillance de l'Insivumeh et de sa mascotte - © Frédéric & Carole Hardy Fuego 2010.

 

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        "Un volcan, ça trompe ...énormément !"  - © Frédéric & Carole Hardy - Fuego 2010.         

 

2007---ThB.jpg       Eruption nocturne en 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

                        Un clic sur la photo pour accéder à son site.


Sources :

- Global Volcanism Program - Fuego

-                                           - Acatenango

- USGS - Guatemala volcanoes and volcanics

- Volcanoes of central america - Fuego - par Thorsten Boeckel

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Santamaria_from_the_ISS.jpg

Le Santa Maria et le complexe Santiaguito, au NO, vu de la station spatiale internationale le 13.01.2008 - Doc. Nasa Earth Observatory.

 

Un impresionnant stratovolcan se dresse au sud de Quetzaltenango, la deuxième ville du Guatémala, dominant la plaine côtière : le Santa Maria.

On estime que  les éruptions, petites mais fréquentes, qui ont construit cet édifice ont débuté voici 30.000 ans. Suivant la période d'édification du cône, de longues périodes de repos furent entrecoupées d'émission de coulées de lave sur ses flancs, lui donnant un volume avoisinant les 10 km³, constitué d'un mélande de basalte et d'andésite.

Haut de 3.772 mètres, ce volcan a une forme parfaite vu depuis le nord, mais au sud, sa morphologie est différente : un cratère d'1,5 km. de large coupe le flanc sud-ouest.

 

L'éruption catastrophique du 24 octobre 1902, l'une des plus puissantes du 20° siècle, déstabilisa le flanc sud, provoquant une avalanche de débris. Un panache plinien s'éleva à près de 29 km., tuant près de 6.000 personnes.

L'éruption se prolongea moins intensément jusqu'en 1913. Dès 1922, l'activité revint dans le cratère en fer à  cheval, avec des phases explosives intenses entrecoupées par l'émission de lave visqueuse sous forme de dômes, créant le "complexe du Santiaguito".

 

14mar21f.png                                                     Carte M.Conway - GVP.


Le complexe du Santiaguito:

Ce complexe de dômes en comporte quatre dans la dépression : El Brujo, El Monje, La Mitad et El Caliente, le plus récent et aujourd'hui très actif.

 

Domes-Santiaguito---Lee-Siebert-smiths-jpgVue du complexe Santiaguito, du haut du Santa Maria, qui le domine de 1.300 mètres.

De gauche à droite : El Caliente, partiellement visible, La Mitad, El Monje et El Brujo. - photo Lee Siebert / Smithsonian 1993

 

Le complexe de dômes dacitiques s'étend sur 3 km. direction est-ouest. Depuis sa naissance en 1922, l'activité a fluctué, avec des périodes plus intenses de 3 à 5 ans, espacées d'intervalles de 10 à 12 ans. Elle se manifeste par des explosions vulcaniennes, des coulées pyroclastiques ou de lave épaisse, parfois des lahars, qui empruntent les drainages en direction du sud de l'édifice.

 

Un récent épisode envoya un panache de cendres entre 7 et 8,5 km.

 

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 Le complexe Santiaguito et le Caliente, fumant, en mars 2010 - © Frédéric & Carole Hardy


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                            Explosion au Caliente - © Frédéric & Carole Hardy

 

 

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                         Panache mixte vapeur et cendres  -  © Frédéric & Carole Hardy

 

Actu-4-6724_n2---ThB-12.2007.jpg Activité nocturne en décembre 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

Un clic sur la photo vous mène vers sa page - Volcanoes of central America.

 

Sources :

- Merci à Carole et Frédéric Hardy pour leur partage de photos.

- Global Volcanism Program - Santa Maria

- A.L.P.E. - le site de Martin Rietze - Santa Maria 12.2008-01.2009

 

 

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