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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
 

Kohr-virap---Ararat---Andrew-Behesnilian.jpg

512px-Coat_of_arms_of_Armenia.svg.png

Kohr Virap et l'imposante masse de l'Ararat -

photo A.Behesnilian / GVP.

 

Bien que situé aujourd'hui en Turquie, suite à la Convention de Téhéran en 1932, le mont Ararat est le symbole national en Arménie, où il est appelé Masis; il apparaît en tant que tel sur les armoiries du pays.

 

Situation géographique :

Les monts Ararat se situent à l'extrême est de la Turquie, près des frontières avec l'Arménie et l'Iran; ils se dressent au sein d'un massif de 1.000 km².

Le "Grand Ararat"  culmine à 5.165 mètres et a son sommet recouvert de glaciers. Le "Petit Ararat", d'une altitude de 3.896 m., est situé au sud-est du sommet principal, auquel il est relié par un plateau de lave.

 

Ararat_PIA03399_modest---Nasa.jpg

                                    Image Landsat / Nasa des monts Ararat .

Shuttle Radar Topography Mission (SRTM) Spacecraft: Space Shuttle Instrument: C-Band Imaging Radar X-Band Radar Product Size: 1876 samples x 423 lines Produced By: JPL View Size: 124 kilometers (77 miles) wide, 148 kilometers (92 miles) distance Location: 39.7 degrees North latitude, 44.3 degrees East longitude Orientation: Looking South, 2 degrees down from horizontal, 1.25X vertical exaggeration Image Data: Landsat Bands 1, 2+4, 3 as blue, green, red respectively Date Acquired: February 2000 (SRTM), August 31, 1989 (Landsat)

 

Géologie :

 

Aegean_Sea_and_Anatolian_Plates_map-fr.png

Tectonique de l'est Méditerranéen - Moyen-Orient avec le point de triple jonction concernant les monts Ararat, à l'extrême gauche de la carte.

Source et auteur :

Il est difficile de préciser, géologiquement parlant, la formation des monts Ararat, mais le type de volcanisme rencontré et la position du volcan, à l'intersection de trois plaques tectoniques, l'arabique, l'Eurasienne et la micro-plaque Anatolienne, donne une idée de la relation au volcanisme de subduction qui s'est ici produit au moment de la fermeture de l'océan Téthys au Néogène.

Cette situation tectonique explique la forte sismicité rencontrée dans la région.

 

Les monts Ararat sont de formation récente, entre le tertiaire et le quaternaire, et résultent de l'accumulation de coulées de lave et d'éjections pyroclastiques successives.

Après une période de production de tufs andésitiques, rencontrés dans la base claire du volcan, il y a eu un apport de coulées de basalte et d'andésite, formant les pentes basses plus sombres jusqu'à 3.000 m. d'altitude. Le sommet du Grand Ararat est formé de deux dômes trachytiques séparés par un ensellement long de 400 mètres.

 

STS102-344-23_lrg.jpg

Les monts Ararats sous la neige : au centre, "le Grand " , à gauche, "le Petit", et la gorge d'Ahora au nord-est. Notez les nombreux cratères de flancs.

Image STS102-344-23 was taken from the Space Shuttle on 18 March 2001 using a 35-mm film camera. Courtesy of the Earth Sciences and Image Analysis Laboratory, Johnson Space Center.

 

La mise en place des monts Ararat fut suivie d'une période caractérisée par des éruptions de flancs, suivant des fissures orientées N-S. La phase initiale a produit des cinder cones et des dômes de lave dacitique à rhyolitique, autour du Grand Ararat et une série de cônes pyroclastiques et de dômes sur le flanc ouest du Petit Ararat. Le stade final est responsable des formations de cônes pyroclastiques sur les bas-flancs des deux volcans.

L'activité s'est poursuivie durant le 3°millénaire avant JC; pour témoin, des restes humains et des artefacts du début de l'âge de bronze (2.500 av. JC.) ont été recouverts par des dépôts de coulées pyroclastiques.  Une éruption phréatique et des coulées pyroclastiques sont contemporaines du séisme et du glissement de terrain de juillet 1840; l'épicentre se trouvait aux alentours du gouffre d'Ahora, profond de 1.825 m. par rapport au sommet. (Karakhanian & al. 2002)

 

mount_ararat_695.gif  Le Grand Ararat auréolé d'un nuage lenticulaire - photo les dresseursdoreilles.blogspot.com

 

Histoire et légendes :

Le nom du royaume d'Ararat, correspondant au "royaume d'Urartu" (*), nom dans les sources Assyriennes de cet antique entité politique développée dans les environs des grands lacs du haut-plateau Arménien. Cette région constitue le coeur de l'Arménie historique, qui passa sous le contrôle des romains, des perses, des arabes byzantins, des Ottomans, des russes et enfin des turcs.

 

800px-Van_kalesi.jpg

  Les ruines de Tushpa, surmontées par la citadelle de Van Kalesi : ce site est représentatif du plus ancien stade des forteresses urartéennes.  -  '''Van kalesi''', Van, Turkey. Picture taken by Christian Koehn - Date: August, 2001.

 

Le nom d'Ararat apparait aussi dans la Bible, dans le livre de la Ararat.jpgGenèse, où il est identifié à l'endroit où l'arche de Noé atteint la terre ferme après le déluge.

L'histoire du déluge (*) est reprise dans les mythologies asssyro-babylonienne, grecque, zoroastrienne et même chinoise.

 

  

 

 

(*) : renseignements complémentaires en "Sources"


Sources :

- Global Volcanism Program - Ararat

- Arche de noé - Wikipédia - les différentes hypothèses appliquées

  au récit de l'arche.

- Noah's ark search - lien

- Urartu - Wikipédia - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
  • seismes-10.08.2010-Vanuatu.gifM 5.0, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 09:53:59 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 08:53:59 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 4.3, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 09:21:57 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 08:21:57 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 4.8, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 08:02:57 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 07:02:57 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 5.3, Vanuatu
    Tuesday, August 10, 2010 06:14:37 UTC

    Tuesday, August 10, 2010 05:14:37 PM at epicenter

    Depth: 36.80 km (22.87 mi)

  • M 7.3, Vanuatu
    Tuesday, August 10, 2010 05:23:46 UTC

    Tuesday, August 10, 2010 04:23:46 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

                Legend with age and magnitude scale

    Carte USGS Earthquake Hazards Program  - en bleu et rouge, les séismes du 10.08.2010

    Liste des répliques donnée par le Vanuatu Geohazards Observatory.

 

L' USGS signale une forte secousse de magnitude 7,3 ce matin sur le Vanuatu, avec son épicentre localisé à 40 km de Port Vila, et 35 km. de profondeur.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique a enregistré une vague de 23 cm. à Port Vila, mais ne signale pas de risque de tsunami sur une zone éloignée de plus de 100 km. par rapport à l'épicentre, ce qui met Nouméa hors de danger.

Pas de dommages, pour l'instant; la population a été avertie des répliques qui suivront dans la journée.

 

Tectonique-Vanuatu-CNRS.jpg

                      Carte de l'archipel du Vanuatu (de Pelletier et al., 1998; Calmant et al., 2003).

 

Les zones de subduction sont les régions de la Terre présentant le plus grand risque de catastrophes naturelles, que ce soit des éruptions cataclysmiques, des grands séismes ou des tsunamis générés par ces séismes.  La marge convergente du Vanuatu est un endroit privilégié pour étudier les mécanismes à l’origine des catastrophes grâce à ses fortes vitesses de convergence (10-17 cm/an) , ses déformations importantes (mouvements verticaux jusqu'à 1 cm/an) et son grand nombre de séismes peu profonds (à peu près un séisme de magnitude >=7 par an).- (IPGP)

 

 

Sources :

- USGS Earthquake Hazards Program - lien

- Vanuatu Geohazards Observatory - lien

- IPGP - Institut de Physique du Globe de Paris - lien

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Porak---Armenie---Jim-Luhr-Smithso-jpg

                            Le volcan Porak - photo Jim Luhr / Smithsonian.

 

Le volcan Porak :

Situé sur le haut-plateau arménien, dans la chaîne volcanique de Vardenis, ce volcan est à cheval sur le frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et au sud-est du lac Sevan. Le Porak s'est formé le long de la faille de décrochement "Pambak-Sevan" ; cette faille a littéralement découpé en deux les volcans Khonarassar et Tsursar, reléguant respectivement leurs deux parties à 800 et 400 mètres les unes des autres.

Le stratovolcan Porak est constitué d'un cône principal culminant à 2.800 mètres, entouré de dix autres cônes et fissures éruptives satellites. Ces nombreuses bouches éruptives ont vomi leurs coulées de part et d'autre de la frontière; en Arménie, deux coulées se sont dirigées vers le N. et le NE. sur 21 km., tandis qu'une autre atteignait le lac Alagyol en Azebaïdjan, où elle formait une péninsule.

Le régime du Porak a été rhyolitique-dacitique, puis andésitique-basaltique du milieu du Pléistocène au 8° siècle avant JC., pour devenir basaltique à l'holocène.

La dernière éruption du volcan eu lieu entre 782 et 773 avant JC., selon le manuscrit d'Arghisti ; on y décrit une campagne militaire dans la région du lac Sevan, durant laquelle la prise de la ville fortifiée de Behoura fut facilitée par l'éruption du Porak, accompagnée d'un séisme qui endommagea les fortifications rendant plus facile sa prise. Le récit précise que :" la fumée et la suie s'élèvent de la ville en masquant désormais le soleil".

Des pétroglyphes ont été gravé dans les blocs d'une coulée de basalte à Ukhtassar.

 

Petroglyphes-Ukhtassar---Pencroff-copie.jpg

              Ukhtassar - pétroglyphes sur des blocs de basalte - photo Pencroff/ Flickr.

 

Dar-Alages :

La formation andésitique Dar-Alages se compose de six cônes de cendres et de lave, localisé à les versants ouest de la chaîne Vardenis. Le Smbatassar et le Vaiyots-Sar, cônes pyroclastiques plus jeunes, sont situés dans la même chaîne volcanique.

La dernière éruption est datée de 2.000 avant JC.

 

 

Porak---al.jpg

                * = Position approximative des volcans sur image Aster/ Smithsonian.

 

Tskhouk-Karckar :

Ce groupe de 8 cônes pyroclastiques sont situés sur des segments annexes de la faille "Pembak-Sevan"; ils ont produit à l'holocène des coulées de lave. Des pétroglyphes ont été trouvés sur les laves des coulées les plus anciennes, datant pour les dernières de 3.000 avant JC.

 

Philip-et-al_Tectonophysics01-4.jpg Failles actives et position, date et magnitude des séismes sur celles-ci -  doc. H.Philip & al.

 

 

A suivre : la mont Ararat, volcan "litigieux" ...

 

Sources :

- GlobalVolcanism Program - Porak.

                                            - Dar-Alages.

                                            - Tskhouk-Karckar.

- Estimating slip rates and recurrence intervals for strong
earthquakes along an intracontinental fault: example
of the Pambak–Sevan–Sunik fault (Armenia) -
              Hervé Philip & al. Université de Montpellier.

- photo-reportage sur l'Arménie - site Flickr de Pencroff

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

volcans-Armenie.jpg

                       Situation des volcans en Arménie - d'après Google 2010.

 

L'histoire géologique du "Petit Caucase" a débuté il y a 150 millions d'années avec la fermeture d'un océan, le Téthys, et la collision de deux ensembles continentaux, la plaque Arabique et la plaque Eurasienne.

Depuis la fermeture de l'océan, les déformations de l'écorce terrestre et le volcanisme ont façonné la morphologie Arménienne.

Les plus hauts sommets du pays sont d'imposants volcans; les roches volcaniques, basalte et tuf, ont été utilisé depuis la préhistoire pour les édifices civils et religieux, la sculpture et la joaillerie (obsidienne).

La géologie de l'Arménie est toujours marquée par des déformations actives, témoins les nombreuses failles et leurs ruptures qui produisent fréquemment des séismes, dont le tragique tremblement de terre du 7 décembre 1988 - faille de Spitak, magnitude 6,9. (M.Sosson / CNRS)


 

Philip-et-al_Tectonophysics01-2.jpgFailles et mouvements des plaques tectoniques au niveau du "Petit Caucase" - document Hervé Philip.   -  Active tectonics north of the Arabian plate (after Philip et al., 1989; Rebaı¨ et al., 1993). (1) Major strike-slip faults; (2) major thrust faults; (3) relative motion of blocks with respect to Eurasia. Ar—Armenia; D—Dagestan; T—Talish; E.A.F.—East Anatolian fault; N.A.F.—North Anatolian fault; P.S.S.F.—Pambak – Sevan–Sunik fault; Z.F.—Zagros fault.

 

Le mont Aragats :

Ce grand stratovolcan andésitique à dacitique, haut de 4.095 m., est daté du Pliocène au Pleistocène, et couvert de glaciers qui l'ont façonné; le sommet est constitué de quatre pics. Une ligne de cratères et cônes pyroclastiques, longue de 13 km. orientée OSO-ENE., coupe la bordure nord du cratère et est source des jeunes coulées de lave et de lahars, datée de l'holocène.

La dernière éruption n'a pas été datée.

 
Aragats--.jpg

Le mont Aragats - Photo by Alexander Margarian. Taken from the Smithsonian Museum of Natural History.

 

Ghegam Ridge volcanic field :

Le champ volcanique de Ghegam Ridge est localisé entre la capitale Yerevan et le lac Sevan. Il est composé de dômes de lave et de cônes pyroclastiques, ainsi que de coulées de lave, couvrant une surface de 65 km. sur 35.

 

Ghegam-ridge---Nasa-space-shuttle.jpg      Le Ghegam Ridge volcanic field et la lac Sevan, vu du Space Shuttle -  doc. Nasa.

 

Les formations volcaniques sont grossièrement positionnées en trois axes orientés NNO-SSE. Les écoulements de lave en provenance des groupes "centraux et est" se sont produits jusque dans la lac Sevan.

Les éruptions explosives initiales furent suivies de l'extrusion de dômes et de coulées d'obsidienne rhyolitique. La dernière activité en date a produit une série de cônes de cendres et de coulées de lave de nature andésitique à basalto-andésitique.

 

Mount_Azhdahak_-_Seroujo.jpgLe volcan Azdahak et son lac de cratère alimenté par la fonte des neiges - ph. Seroujo / wikipédia.

 

L'Azhdahak , aussi appelé Karmirsar - le mont rouge - est le point culminant du massif du Ghegam; il culmine à 3.597 mètres.

 

 

Temples et orgues basaltiques de Garni :

 Dans la région de Garni, on trouve de superbes orgues basaltiques et le temple païen, édifié en 77 par Tiridate I°, et dédié au dieu solaire Mithra; ce temple est une des rares constructions païennes ayant échappée à la destruction lors de la conversion au christianisme. Il fut disloqué par le séisme de 1679, et reconstruit avec les pierres basaltiques restées en place.

 

Armenia_Garni---R.Zenner-wiki.jpg                       Garni - le temple ionique de Mithra - photo R.Zenner / wikipédia.

 

Garni---orgues-basaltiques---photo-pencroff-2---flickr.jpg                      Garni - Orgues basaltiques - photo Pencroff / flickr.

 

Tethys_garni---mosaique---wiki.jpgA proximité du temple, on a trouvé des bains, datant du 3°siècle, dont le vestibule possède un pavement de mosaïque, avec une illustration de Téthys. Dans la mythologie grecque, Téthys est une déesse marine archaïque; elle est la fille d'Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la terre), soeur et épouse d'Océan, avec qui elle eut de nombreux enfants, les dieux fleuves et les Océanides... elle personnifie la fécondité marine.

Garni - mosaïque de Téthys - doc.wikipédia.

Le nom de cette déesse se retrouve dans celui du proto-océan, dont question ci-dessus.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Aragats.

                                             - Ghegam Ridge

- Paysages et géologie de l'Arménie - M.Sosson CNRS

- Estimating slip rates and recurrence intervals for strong
earthquakes along an intracontinental fault: example
of the Pambak–Sevan–Sunik fault (Armenia) -
Hervé Philip & al. Université de Montpellier.

- Le séisme du 7 décembre 1988 - P.Bernard / IPGP.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan Elbrus, vu hier, est situé en Ossétie du nord, province russe elle-même contigue à la Géorgie; cette zone a été le théatre d'affrontements entre les deux pays en 2008 et demeure uniquement accessible si vous êtes munis des multiples autorisations exigées, du moins niveau Russie.

 

Caucase.jpg

Le catalogue des volcans actifs renseigne quatre formations volcaniques pour la Géorgie.

 

Name Elevation Location Last eruption
  meters feet Coordinates
Kabargin Oth Group 3650 11975 42°33′N 44°00′E / 42.55°N 44.00°E / 42.55; 44.00 Holocene
Mount Kazbek 5050 16,568 42°42′N 44°30′E / 42.70°N 44.50°E / 42.70; 44.50 750 BC
Unnamed 3750 12,303 42°27′N 44°15′E / 42.45°N 44.25°E / 42.45; 44.25 Holocene
Unnamed 3400 11,155 41°33′N 43°36′E / 41.55°N 43.60°E / 41.55; 43.60 Holocene

  Siebert L, Simkin T (2002)

Le Kazbek :

Ce stratovolcan trachytique, haut de 5.050 mètres, fait partie de la portion Géorgienne de la chaîne du Caucase, et est l'édifice le plus élevé du "groupe volcanique Kazbegi", qui inclut aussi le mont Khabarjina.

 

Kasbek-2----D.Papuashvili.jpg                     Le Kazbek, la tête dans les nuages - photo D.Papuashvili.


Le cône sommital et les dernières coulées de lave sont datées au radiocarbone d'environ 6.000 ans; la dernière éruption daterait, selon Gushchenko, de 800-700 avant JC.

Le volcan est situé le long de la faille "Borjomi-Kazbegi", elle-même à l'extrémité de la faille Anatolienne; la région est active tectoniquement, et soumise à de nombreux et réguliers séismes.

L'activité volcanique se manifeste aujourd'hui au travers d'un système géothermique - sources chaudes - cernant la montagne.

L'effondrement en 2002 du glacier Kolka, situé entre le Kazbek et le mont Jimara, est attribué à l'activité solfatarienne.

 

Kasbek---Nasa-2002-space-shuttle.jpgPhoto prise en 2002 par le Space shuttle de la Nasa, montrant le chemin emprunté par l'avalanche de glace et de débris suite à l'effondrement du glacier Kolka.

 

Au sud-ouest du Kasbek, le groupe Kabargin Oth compte une douzaine de cinder cones et de dômes de lave, de nature andésitique à dacitique, datant du bas-Pleistocène à l'holocène.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kasbek

-                                            - Kabargin Oth group

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une alerte-éruption a attiré mon attention, le 2 août, mais comme d'une part je ne connaissais pas l'existence de volcans à cet endroit, que d'autre part il n'y avait pas urgence ... j'ai préféré me renseigner plus longuement avant d'en parler.

 

D'après des scientifiques Russes, le Mont Elbrus, considéré comme la plus haute montagne européenne, pourrait entrer en éruption au cours du siècle en cours.

 

elbrus-map.jpg

                    Situation géographique du mont Elbrus, dans la chaîne du Caucase.

 

Les scientifiques russes sont arrivé à cette conclusion en découvrant une colonie de mousses sur son sommet !

La montagne est en réalité sous surveillance depuis la fin du 20° siècle et des articles, publiés en 2004 (réf. ci-dessous), synthétisent les résultats de ces études géologiques et géophysiques : cette montagne est un volcan "actif".

Les anciens ne s'étaient pas trompés à son sujet : ils croyaient que Zeus y avait enchaîné Prométhée entre les deux sommets; Prométhée était un titan qui avait volé le feu aux dieux pour l'offrir aux hommes, référence à l'activité éruptive historique.


 

Mt._Elbrus_in_Russia.jpgLe mont Elbrus domine la vallée de Baksan et le village de Terksol. - photo Jason Blue-Smith / de.wikipedia.

 

Elbrus.jpg                   Document Nasa Earth Observatory - User Tigerente on de.wikipedia.

 

L'Elbrus (Elbrouz) est un grand stratovolcan à deux sommets, recouverts de nombreux glaciers. Le sommet "est", culminant à 5.595 m. et présentant un cratère de 250 m. de large, est séparé du sommet "ouest" , 5.633 m., par un col élevé. Les productions du volcan recouvrent 260 km² et la coulée de lave la plus longue court, sur son flanc NNE.,  sur une longueur de 24 km.

Sa dernière éruption date du début de l'ère chrétienne : 50 ans +/- 50. (données GVP).

Ndlr : les sommets sont référencés dans beaucoup de sources à des altitudes respectives de 5.642 et 5.621 m.

L'étude -réf. en sources -, publiée en 2004, a identifié une évolution du volcan en cycles, qu'elle qualifie de "précaldera, caldera et postcaldera" ; la formation de la caldeira  a été datée entre 722.000 et 689.000 ans. Elle mesurerait 17 km. sur 14, pour une surface totale de 230 km² environ. (ce qui correspond grosso modo à l"aire de production donnée par le GVP).

 

L'activité post-volcanique est composée de solfatares près du sommet et de sources chaudes sur les flancs (mesurées à 21°C sur le flanc nord et plus chaudes ailleurs).

 

L'Elbrus est recouvert par une épaisse couche de glace, mais qui n'est pas présente dans le cratère "est", où on a enregistré une température de 20°C - à une altitude de plus de 5.000 mètres -, ce qui permet à la mousse de pousser dans les crevasses.

Une étude est menée par l'Université d'état de Moscou, qui utilise un interféromètre laser pour suivre les changements de la chambre magmatique du volcan et de la croûte terrestre au même endroit.

Vadim Milyukov, qui dirige l'équipe scientifique, constate : "la chambre magmatique superficielle commence à se réchauffer" ... " nous avons développé une méthode avancée pour contrôler les caractéristiques de résonance de cette chambre et en mesurer les changements. Tout montre que le volcan se réchauffe. Il est cependant difficile de prévoir quand il entrera en éruption, mais il y a de fortes probabilités pour que quelque chose se passe".

Selon les scientifiques russes, il sera nécessaire d'étudier les concentrations d'hélium et d'aérosols émis, permettant ainsi de contrôler le début d'une nouvelle phase d'activation. Ils notent qu'il n'y a pas pour le moment de séismes liés à une recharge de la chambre magmatique.

 

Le danger principal reste une fusion de la glace et de la neige qui recouvrent le volcan, suivie de lahars qui menaceraient 20.000 personnes vivant en contrebas de l'Elbus.

 

Quoiqu'il en soit d'un "reveil hypothétique" du volcan Elbrus, ceci nous aura permis tout au moins de découvrir une région où le volcanisme est peu souvent évoqué.


                      

Sources :

- Volcanews .

- The voice of Russia : "Scientists predicting Elbrus eruption" - 02.08.2010.

- Global Volcanism Program - Elbrus

- Russsian journal of earth sciences - Acitivity of elbrus volcano (North Caucase) - lien

- Russian journal of earth sciences - The Elbrus caldera in the northern Caucasus : geological structure and time of formation. - IGEM/USGS - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

3405kar2.jpg

Le Karangetang vu de la mer : on peut observer les multiples pics sommitaux et de jeunes coulées de lave non végétalisées - en 2007, le cône distal était fumant - photo M.Tolosa / GVP.

 

Vendredi 5 août, une petite éruption, qui n'avait pu être prévue par manques de signes par les volcanologues, a cependant provoqué de nombreux dégats et des pertes humaines.

Quatre personnes, vivant à proximité du volcan, sont portées disparues et considérées comme mortes; cinq autres ont été blessées, dont une sérieusement.

Seize familles, soit un total de 65 individus, ont été évacuées.

Une maison a été détruite, de nombreuses autres batiments, dont une église endommagés. Un pont a subit des dommages, isolant six villages, soit 20.000 résidents.

Les communications sont interrompues avec la région; des secours ont été envoyés sur zone.

 

Karangetang.jpg

 

Topographic map and N-S profiles of Karangetang showing the five summit craters. Craters I (KI) and II (KII) are currently active. The topographic base map is from 1962; roughly N-S profiles are from 1992 (top) and July 2001 (bottom), showing the changes caused by dome growth. Courtesy of CVGHM./ GVP.

 

Le Karangetang est un stratovolcan situé à la pointe nord del'île de Siau, au nord de Sulawesi. Ce volcan, élevé de 1.784 m.,comporte cinq cratères sommitaux alignés sur une ligne N-S.

Son activité dans le courant du 20°siècle inclue des explosions, accompagnées de coulées pyroclastiques et lahars. Un dôme de lave est présent dans la structure.

En 2009, des coulées de lave et pyroclastiques ont été rapportées.

 

Karangetang-2009---act.strombolienne-Th.Boeckel.jpgFaible activité strombolienne remarquée par Thorsten Boeckel en juin 2009.

Lien vers son site et d'autres photos de son passage au Karangetang - 8 au 11.06.2009

 

Update : Associeted Press signale au sujet du volcan que "De la lave, des cendres et un nuage de gaz brûlants ont dévalé la pente ouest du volcan".

Comme le signale le Dr Klemetti, il semble qu'il y ait eu un effondrement partiel du dôme, probablement aidé par les fortes pluies, ce qui a causé une coulée mixte de blocs incandescents et cendres ... ce qui n'était pas prévisible par la surveillance sismique du volcan.

 

Sources :

- CNN Jakarta - 06.08.2010

- Global Volcanism Program - Karangetang

- Photos de Thorsten Boeckel - site "FromEtna to Stromboli"

  Voyage 2009 en Indonésie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

arc-eolien-sicile.jpg                 L'arc volcanique Eolien et le bassin de Marsili - doc.îles Eoliennes / Sicile.net


L'arc volcanique Eolien émergé est complété de part et d'autre par des volcans sous-marins (volcanic seamount), dont l'Eolo, l'Enarete, le Sisifo, la Glauco, le Lamethini, l'Alcione, le Glabro et le Palinuro.


Cet arc volcanique enserre un bassin d'arrière-arc : le bassin du Marsili.

 

Formation schématique d'un bassin d'arrière-arc:

 

Tectonique-et-volcanisme-32.jpg

1° étape: subduction et formation d'un arc volcanique : voir détails dans l'article sur la tectonique des îles Eoliennes - lien Les Eoliennes - situations géographique et tectonique.

 

2° étape : formation du bassin d'arrière-arc :

A cause de la subduction, les courants de convection dans le manteau terrestre sont bloqués par la croûte plongeante, en subduction. La chaleur s'accumule sous la plaque surmontante, jusqu'à se que s'initie un nouveau courant de convection qui va étirer la croûte - phénomène d'accrétion -  et provoquer la formation d'une croûte océanique et du bassin d'arrière-arc.

Effet cumulatif : si la pente de la plaque en subduction augmente, cela entraîne un effet de succion sur l'autre plaque, qui sera ainsi étirée.

 

Pour le bassin du Marsili, cette situation a été corroborée par des profils de réfraction sismique. La distribution des vitesses des ondes P avec la profondeur déduite des sismogrammes synthétiques est sur la plupart des profils comparable à celle que l'on trouve pour les zones océaniques, plus particulièrement dans les zones d'expansion telles que la dorsale Atlantique, la dorsale est-indienne, la ride de Reykjanes, etc.: augmentation progressive de la vitesse avec la profondeur, inversions de vitesse dans la croûte, profondeur du Moho voisine de 10–11 km, faible vitesse des ondes Pn, 7,73 km s−1, attribuée à l'existence d'un manteau anormal. Ces données sont en accord avec l'hypothèse d'une accrétion récente sous le bassin central de la Mer Tyrrhénienne. Sur une coupe au niveau de la latitude 40°N entre la marge sarde et le pied de la marge apenninique, la profondeur du Moho passe rapidement de 27 km à 11 km sous la partie centrale du bassin.

 

Le bassin du Marsili :
Il s'est développé dans les deux derniers millions d'années et présente toutes les caractéristiques d'un bassin d'arrière-arc en expansion, avec de hautes valeurs de flux calorifique et de basses valeurs au niveau des isobathes du Moho.
La partie centrale de ce jeune bassin est occupée par le volcan sous-marin Marsili, découvert dans les années 1920; cette énorme formation, de 65 km. sur 40, allongée NNE-SSO., a un volume de 1.400 km³; elle s'élève à 3.000 mètres au dessus du plancher marin et son sommet n'est qu'à 500 mètres sous la surface. Tout ceci en fait un des plus grand volcan européen sous-marin daté du Plio-Pleistocène; son étude permettra de comprendre les mécanismes régissant la formation de la lithosphère et la dynamique de la mer Tyrrhénienne.

Marsili---earthweek.jpg                                Reconstitution sonar du volcan Marsili - doc. Earthweek.


Actuellement, on débat sur l'état d'activité du Marsili : en mars dernier, une interview du Dr Enzo Boschi, directeur de l'INGV,  auprès du Corriere della Sera, courrait sur le web au sujet du danger que ferait peser le volcan sous-marin Marsili : le Dr Boschi y faisait remarquer que le volcan Marsili est actif et qu'il existe un danger potentiel qu'une éruption, associée éventuellement à un collapsus généralisé, puisse générer un tsunami touchant l'Italie du sud. - lien vers cet article.
En 2003, l'INGV - Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia - a largué l'observatoire Geostar (GEophysical and Oceanographic STation for Abyssal Research) à 3300 mètres de profondeur dans la mer Tyrrhénienne au large du volcan Marsili. Pendant 17 mois, ce labo permanent et autonome a transmis des mesures sismiques, géophysiques et océanographiques.
Des cônes satellites d'origine récente ont été détectés.


 

 

Sources :

- Amincissement de la croûte et accrétion au centre du bassin Tyrrhénien d'apres la réfraction sismique- par Maurice Recq, J-P. Rehault, L.Steimetz et A.Fabri.

- Multiparametric seafloor exploration: the Marsili Basin and Volcanic Seamount case (Tyrrhenian Sea, Italy) - par L.Beranzoli (INGV) & al.

- Submarine hydrothermal activity on the aeolian arc - lien    

- The new broad band OBS/H of the INGV - http://legacy.ingv.it/primopiano/OBS_H_eng/OBS_H_eng.html


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Vivre à Stromboli au début du 20° siècle n'était pas aisé: pas d'électricité, de l'eau collectée dans des citernes. Pas facile non plus d'élever sa famille, avec une économie basée sur une pêche artisanale et aléatoire : elle se pratiquait en barque, à la rame, et était fort dépendante des conditions de mer et de la saison. Thon, espadon , poulpes étaient destinés à être revendus en Sicile. En complément, un peu d'agriculture et de petit élevage : quelques pieds de vigne et d'oliviers, deux, trois chèvres.

 

rowing_hard--200dpi.jpgRamer se faisait "debout" à l'époque - photo archives 1952-53 sur le site de Stromboli on line, avec l'aimable autorisation de Marco Fulle


En 1900, Stromboli comptait 3.000 âmes ...50 ans plus tard, ils étaient moins de 600 habitants.

Les conditions de vie se sont détériorées suite aux problèmes économiques dus à l'unification italienne, la répétition des éruptions et des tremblements de terre et enfin au mildiou, qui dans les années trente détruisit la majorité des vignes.

Beaucoup de familles ont considéré, devant ces difficultés , l'immigration comme seule "planche de salut". Destination l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, l'Argentine ... ou l'Italie toute proche.

 

affiche-italienne-du-film.jpg                   L'affiche italienne du film "Stromboli" - document Bernard Philippe.


L'île sera mise en lumière par le film de Roberto Rossellini : "Stromboli, terra di Dio".

Tourné sur place en 1949, avec comme vedettes Ingrid Bergman et Mario Vitale, ce film doit une partie de sa popularité à une éruption du volcan durant le tournage... et aussi à l'idylle entre l'actrice vedette et le réalisateur. Ce film dépeint bien les conditions de vie sur l'île de Stromboli au début des années 50.

L'histoire du film a été évoquée sur ce blog dans la rubrique "L'art sur les chemins du feu".

 

-ruption-durant-le-tournage-du-film.jpgLes images de l'évacuation en barque de lîle pendant le tournage, suite à une éruption, contribua au succès du film - Document Bernard Philippe.

 

Le succès du film lança le tourisme. Le flux touristique, qui constitue actuellement la principale ressource économique de l'île du Stromboli, fut jusqu'à la fin des années 1970, surtout représenté par des personnes à la recherche d'un environnement particulier, encore naturel et intègre, bien que privé des commodités. Dans les décennies suivantes, le manque de confort a commencé à se réduire et le tourisme a beaucoup augmenté, même s'il est globalement resté limité à la saison estivale. L'île est recherchée par ceux qui désirent la tranquillité , et sera avec Panarea la destination des V.I.P. durant quelques temps.

Les films de Tazieff et de Holzer contribuèrent à populariser le volcan et à développer des activités qui y sont liées, et qui amènent sur l'île des visiteurs qui se comptent chaque année par milliers ... l'été, l'île compte de 3 à 5.000 personnes, pour 500 résidents à demeure.

 

Ces résidents et des immigrants qui reviennent en visite sont attachés à l'île et à son volcan, qu'ils appellent "Idu" - "Lui" en sicilien - ... personnification du volcan avec qui ils vivent selon ses humeurs.

 

P1000123-copie.jpg  Maisons blanches à toit plat, plage de sable noir, et le volcan omniprésent... Stromboli.

 

                                                     © Frédéric & Carole Hardy


De nos jours le principal village habité, Stromboli, au nord-est de l'île, est formé par les quartiers de San Vincenzo (anciennement bourg des agriculteurs), Scari, San Bartolo, Ficogrande (anciennement bourg des armateurs) et Piscità près de la plage.

Au sud-ouest, il y a le village Ginostra seulement rejoingnable par un difficile sentier depuis le sommet, ou par la mer ; l'hiver il n'y réside qu'une dizaine d'habitants. Ginostra s'enorgueillit du titre de porto piu piccolo d'Italia (plus petit port d'Italie), les bateaux de ligne réalisent à chaque voyage un exploit pour y accoster et les marchandises étaient encore récemment transportées à terre à dos d'âne.

 

big_ginostra-IMG_0127.JPG          Ginostra et son minuscule port, rempli avec 2-3 barques - photo sunsicily.com


Sources :

- Le blog de Bernard Philippe sur le film "Stromboli".

      http://stromboli-film.skyrock.com 
- Des photos d'archives, sur "Stromboli on line" confirment les dures conditions de vie de l'époque ... pas d'aliscaphe pour rejoindre l'île, mais une barque et des rames maniés par des costaux aux visages burinés !

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Quel est le moteur de cette activité permanente au Stromboli depuis des milliers d'années ?

 

L'hypothèse communément admise est bien résumée par Maurice Krafft : Cette activité strombolienne est principalement régie par la décompression des gaz magmatiques.


modele_explosions.jpgRésumé schématique : dans le réservoir magmatique superficiel (*) les gaz se libèrent du magma et forment de petites bulles qui poursuivent leur ascension d'abord dans le réservoir, ensuite dans la cheminée du volcan. Leur vitesse de montée est d'autant plus grande que leur volume est important. Les bulles les plus volumineuses rattrapent les autres et les incorporent.

Finalement, le conduit éruptif est occupé par une énorme bulle - ou par un train de bulles - dont le volume augmente sans cesse du fait de la décompression.

Les explosions sont dues à la libération violente des gaz arrivés à proximité du cratère, avec expulsion de la colonne de magma située au dessus. La brusque décompression ainsi provoquée est répercutée au niveau du réservoir... immédiatement de nouvelles bulles de gaz se forment, et le processus se répète.

 

stromboli_e3036---11.2006-T.P-jpgStromboli - activité strombolienne en novembre 2006, avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer - un clic sur l'image vous emmène sur son site.

 

(*) :

Les signaux sismiques et acoustiques suggéraient, jusqu'à 2000-2002, une faible profondeur des explosions (~250 m sous le cratère), implicitement admise comme la profondeur de coalescence et formation des poches de gaz. Une équipe franco-italienne à révélé que contrairement aux indications géophysiques, les poches de gaz responsables des explosions ne peuvent avoir une origine superficielle. Leur composition indique un équilibre avec le magma à des pressions atteignant 70 à 80 MPa pour les explosions les plus fortes et 20 MPa pour les explosions les plus faibles. Pour conserver cette composition, il faut donc que ces poches de gaz remontent séparément du magma depuis des profondeurs comprises entre 2,7 et 0,8 km sous le cratère, c'est-à-dire entre la base de l'édifice volcanique et le niveau de la mer. Les résultats ne permettent pas encore de discriminer précisément si les poches de gaz se forment à partir d'une mousse de bulles accumulées à une discontinuité des conduits, ou par coalescence dynamique de bulles de tailles différentes, comme l'ont proposé des études antérieures. Cependant, ils démontrent que les explosions du Stromboli ont des racines dix fois plus profondes que ce que l'on croyait jusqu'alors et que la faible profondeur (250 m) des signaux géophysiques associés reflète très probablement une discontinuité permanente des conduits superficiels où se produit une forte accélération de la vitesse d'ascension des proches de gaz.

 

Actu-5-5221-ThB.jpgStromboli - cratère dégazant sous une pluie de projectiles en provenance d'un cratère voisin en éruption strombolienne - "Volcano Picture Of the Week" - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

 

Cette hypothèse a été récemment réfutée par Jenny Suckale, étudiante au M.I.T.  - Massachusetts Institute of technology - et ses promoteurs.

Selon eux, ces bulles géantes sont incompatibles avec la théorie de la dynamique des fluides; la magma n'aurait pas une tension superficielle ou une viscosité suffisante pour maintenir ces bulles à une une taille supérieure à 12 cm.

Ils proposent une nouvelle approche : les éruptions seraient causées par un bouchon spongieux localisé dans le conduit d'alimentation, jouant le rôle du bouchon pour une bouteille de champagne; ce bouchon se briserait régulièrement sous la pression créée par d'innombrables bulles.

Pour valider cette hypothèse, le département mathématique du Mit a développé un modèle informatique de la mixture interne du volcan : magma, gaz, bulles et leur comportement, et fait varier les paramètres.

Les bulles ne seraient viables que si elles sont petites, quelques centimètres, et accumulées sous un bouchon spongieux. La pression ferait se fracturer celui-ci avec expulsion d'un mélange "liquide, gaz, solide" dans les airs ... ce qui pourrait expliquer pourquoi les roches du Stromboli contiennent beaucoup de petits cristaux.

 

Mais ceci n'est qu'un premier pas dans l'explication d'un système complexe, relativement peu étudié jusqu'à présent. Il faut encore comprendre le rôle que pourrait avoir les cristaux sur le comportement des bulles.

 

La décompression des gaz magmatique reste l'élément de base, les modalités de celle-ci doivent encore être affinées.

 

Demain, "Le Stromboli et des hommes".

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- L'origine des explosions rythmiques du Stromboli - Futura-Sciences 2007 - lien

- MIT media relations - MIT scientists theorize why volcano erupts - 2010

“It takes three to tango: Simulating buoyancy-driven flow in the presence of large viscosity contrasts,” by Jenny Suckale, The Journal of Geophysical Research, 20 July 2010; “It takes three to tango: Bubble dynamics in basaltic volcanoes and ramifications for modeling normal Strombolian activity”, by Jenny Suckale, Bradford H. Hager, and Linda T. Elkins-Tanton, The Journal of Geophysical Research, 20 July 2010.

- Decadevolcano - Stromboli - photos de Tom Pfeiffer

- VPOW - Volcano picture of the week.

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