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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Stromboli a marqué la volcanologie en donnant son nom à une catégorie d'activité explosive : l'activité strombolienne.

 

Elle consiste en l'éjection de lambeaux de lave et de cendres, lapilli, bombes, sortant alternativement des bouches situées dans le cratère, 200 mètres en contrebas de La Cima. Des explosions se succèdent à intervalle moyen de 10 minutes expulsant les matériaux à des centaines de mètres de hauteur; la plupart des scories retombent autour des bouches, mais une partie dévale les pentes de la Sciara del Fuoco jusqu'à la mer.

Cette agitation est accompagnée du bruit des explosions, du bruit sourd des cognements de la lave contre les parois, le sifflement des gaz expulsés, et les hurlements du vent, parfois d'une secousse, plus perceptible si on s'allonge sur le sol.

 

11.2006-TBoeckel.jpg                   Stromboli -  six (à sept) bouches éruptives actives en novembre 2006.

       Merci pour cette superbe photo à Thorsten Boeckel ; un clic sur celle-ci vous relie à

       son site - références en "Sources".

 

P1000308

             Une bouche modérément active, les autres émettant des fumerolles

                                                            - © Frédéric & Carole Hardy 2009

 

L'habituel point d'observation du Pizzo et le chemin d'accès sont "ordinairement" à l'abri des retombées; celles-ci sont occasionnellement remarquées dans une aire beaucoup plus grande avec des retombées jusque sur les villages, et occasionnant la "fermeture du volcan".

 

Cette activité strombolienne explosive est parfois relayée d'éruptions beaucoup plus fortes, avec des coulées pyroclastiques. Ces épisodes de paroxysme sont suivie de périodes d'émissions effusives, avec des coulées de lave atteignant le niveau de la mer .

Ce type de dynamisme éruptif est naturellement à l'origine de l'édification de ce type de stratovolcan, formé par une accumulation de matériaux pyroclastiques - cendres, lapilli, scories, bombes - en alternance avec des coulées de lave. Les activités effusives (volcanisme avec faible dégazage) et explosives (volcanisme à dégazage plus ou moins important) sont ainsi le plus souvent séparées dans le temps, les premières suivant les secondes.

 

03.2007-delta-Sciarra---TBoeckel.jpgStromboli - activité effusive avec coulées de lave atteignant la mer, par la Sciara del Fuoco, et y formant un petit delta - 03.2007 - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel .

 

Stromboli_20030405SC_400.jpg

Eruption de type "vulcanien" - photo du Dr.Sonia Calvari / INGV - 05.04.2003.  Ce type d'activité est particulièrement dangereux pour les habitants comme pour les visiteurs.

 

Le paroxysme du 11 septembre 1930 :

Une période éruptive nouvelle débute en février par une forte explosivité et une coulée de lave descendant la Sciarra del Fuoco; Le 11 septembre, à 8 h.10, le cratère explose libérant un panache de cendres; à 9 h.52, le paroxysme débute avec deux violentes explosions, produisant une nuée éruptive de 2.500 mètres et un panache en "parasol".

Des blocs de 3 tonnes sont expulsés à 3 km. et tombent sur des maisons; des scories incandescentes pleuvent durant 40 minutes et une coulée pyroclastique dévale vers la mer, empruntant le vallon de Vallonazzo et tuant 4 personnes; des coulées de lave descendent la Sciara del Fuoco ... 75.000m³ sont émis en 15 minutes.

Tout l'ouest et le nord de l'île ont été touché.

 

De rares tsunamis liés au volcanisme sont étroitement associés aux périodes d'activité violente du volcan. En 1930, 1944 et 1954, ils ont été associés au paroxysme, à des glissements de terrain au niveau de la Sciara del fuoco, ou à des coulées pyroclastiques.


En 2002, une éruption effusive débute le 28 décembre; on remarque 3 coulées de lave sur la Sciara atteignant la mer  et qui ne sont plus alimentées le 29.12.

Le 30.12.2002,une petite coulée se reforme et subitement, à 13 h.15  et 13 h.22, surviennent deux glissements de terrains, l'un de 600.000 m³, l'autre de 5 millions de m. L'entrée de ces masses en mer cause deux tsunamis dont les vagues atteignent tant Ginostra au SO. que Stromboli au NE. causant de sérieux dommages aux habitations et aux bateaux et blessant quelques personnes.

Le rapport de l'INGV mentionne : "le 28.12, la hauteur des éjectats au cratère NE atteint les 200 m. et le faciès des explosions suggère la présence du magma à une hauteur proche du bord du cratère. Le climax de l'activité est atteint à 18 h.30 avec une forte explosion, causant des chutes de cendres sur le village de Stromboli, et accompagné par l'ouverture d'une fissure éruptive NE.-SO. une coulée de lave sort à la base de la fissure et se divise en trois branches sur la Sciara del Fuoco. les coulées de lave atteignent la mer, distante de 1 km, en 30 minutes. elles sont larges de 300 m. au niveau de la mer, mais plus étroites le long de la pente."

 

Demain : Qu'est-ce qui anime ces éruptions stromboliennes ?

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Le volcan Stromboli - Alain Melchior, géologue et webmaster du site Lave-Belgique.

- Global Volcanism Program - Stromboli.

- INGV Catania - Stromboli, isole Eolie.

- Stromboli par Thorsten Boeckel

  2006 - 2007 - 2009  

- Stromboli on line - Stromboli 2000-2010

- Decadevolcano - Stromboli - photos de Tom Pfeiffer

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Place au Stromboli, un des deux volcans Européens les plus actifs, avec l'Etna.

 

stromboli_b-edmayer_01-copie.jpg                Une des meilleures photo aérienne du Stromboli - par B.Edmayer

On remarque le Vancori, point culminant de l'île, et les zones habitées du NE.; les cratères se devinent à droite de la photo, grâce aux fumées émises.


L'île présente un aspect conique typique des stratovolcans, ce qui lui a valu sa dénomination grecque de "strongyle", ce qui signifie "toupie". Sa particularité réside dans ses éruptions régulières (à raison de plusieurs par heure) visibles de fort loin, de nuit, d'où son surnom de « phare de la méditerranée ». Outre la randonnée nocturne au sommet , il est également possible d'observer, depuis la mer, la chute des projections incandescentes le long d'une sorte de toboggan naturel, la Sciara del fuoco (allée du feu) situé sur la face nord-ouest de l'île.

 

Dengler-St---SW-Stromboli-2004.jpg

                      Stromboli, cône parfait vu SO. - photo St Dengler 2004.

 

Topographie et aperçu géologique :

L'île culmine à Vancori - 924 mètres -, mais se prolonge de 2.200 mètres sous le niveau de la mer ... c'est donc un grand stratovolcan qui pourrait rivaliser en taille avec l'Etna, si la mer Tyrrhénienne n'en dissimulait pas les deux-tiers.

La surface de l'île couvre 12 km².

Une photo aérienne, réalisée par le scanner WAOSS, découvre les principaux traits morphologiques du volcan et les zones habitées : le village de Stromboli au NE., et Ginostra au SO.

 

07.96---Martin-scheele---scanner-WAOSS.jpg                      Photo-scanner prise en juillet 1996 - Martin Scheele / GVP.

 

Trois domaines principaux caractérisent la géologie de Stromboli:

1. la partie sud et sud-est est composée des formations volcaniques les plus anciennes, constituées de 3 stratovolcans successifs : les Paléostromboli I, II et III. Les reliefs tuffo-volcaniques du stratovolcan Vancori (924 m.) , ouvert en demi-cercle vers le NE. reposent sur les formations précédentes.

2. Cinq cent mètres au nord du Vancori, le sommet de la Cima (918 m.), séparé du précédent par une dépression profonde d'une centaine de mètres, est le témoin d'un deuxième stratovolcan installé dans l'effondrement du Vancori.

3. A trois cent mètres au NO. de la Cima et 200 mètres en contrebas, se nichent les bouches actives du Stromboli.

Le nombre, la dimension et l'activité des bouches éruptives, localisées sur un replat, varient sans cesse au cours du temps.

 

1994---Andy-Harris.pngStromboli-crateres-05.2001.png

 

 

Les cartes de Andy Harris / in GVP illustrent les changements observés entre 1994 et 2001.

 

 

 

 

Le replat se termine de façon abrupte au NO. par la Sciara del fuoco, qui plonge à 35-38° vers la mer, principale voie empruntée par les coulées et débris du volcan. Le "chemin du feu" s'est formé dans la zone effondrée il y a moins de 5.000 ans , correspondant au Vancori, limitée au nord-est et au sud-ouest par des falaises, Filo del Fuoco et Fili di Barona, qui exhibent une alternance de tufs et coulées recoupées de nombreux dykes.

 

P1000292.JPGStromboli - Les bouches éruptives dominent la Sciara del Fuoco enserrée entre deux falaises, qui paraissent, selon l'angle de prise de vue, assez proches... mais qui sont distantes de 500 à 1.100 m, respectivement au niveau des bouches et de la mer.

-   © Frédéric & Carole Hardy  

 

Au nord-est de Stromboli, se dresse une ancienne cheminée volcanique culminant à 43 m. : le neck du  Strombolicchio, examiné dans un autre article.

 

Stromboli-failles.jpgL'appareil volcanique du Stromboli est probablement situé à l'intersection de deux failles, l'une direction SO.-NE., passant par Panarea et Lipari, l'autre de direction E-O.

 

Document d'A.Tibaldi - A new geological map of Stromboli ... / Stratigraphy and geology of volcanic areas - The geological society of America.

 

L'activité sismique de Stromboli est intense et se traduit par des microséismes liés aux explosions du cratère et aux mouvements du magma dans les conduits volcaniques.

 

Evolution géologique de Stromboli :

- Activité datée de 200.000 ans du Strombolicchio; sa lave est de composition andésito-basaltique. A cette époque, l'île du Stromboli n'existait pas encore.


- Il y a 160.000 ans, le Stromboli émerge des flots, dans la partie SE. de l"actuelle île, tandis que le Strombolicchio est en voie d'érosion... et va continuer à "disparaitre" durant la "croissance" du Stromboli.

- Le Paléo-Stromboli :

  * Paléo-Stromboli I & II : 158.000 à 56.800 ans +/- 9.100 ans

     des coulées de laves et des dépôts pyroclastiques édifient

     un stratovolcan.

  * Paléo-Stromboli III : 37.000 ans +/- 6.000 ans.

     le centre d'activité se déplace au NO., avec édification d'un

     cône s'élevant à 700 m. au dessus du niveau de la mer.

- Le complexe de Scari et le volcan Vancori :

  Le complexe de Scari est visible à Scari et au sud-ouest, dans

  une séquence formée de bombes et dépôts pyroclastiques et

  de lahars, datés de 36.600 ans.

  Volcan Vancori : des laves et pyroclastites shoshonitiques,

  âgées de 28.000 à 15.000 ans, sont empilées au dessus des

  dépôts du complexe de Scari. Cette période se termine par

  l'effondrement des parties ouest et nord-ouest du volcan.

- Néo-Stromboli : 15.800 à 7.600 ans.

  Des coulées basaltiques reconstruisent les parties effondrées

  du Vancori à partir d'un centre éruptif, localisé au

  centre-nord de l'actuelle crête de Vancori.

  Des centres éruptifs secondaires sont responsables de la

  formation du "Timpone delFuoco", un petit cône-bouclier

  localisé près de Ginostra et de coulées de laves au N. de l'île.

- Le volcan actuel et la Sciarra del Fuoco :

  Entre 10.000 et 5.000 ans, le flanc nord-ouest du Stromboli

  s'effondre à nouveau.

  Les dépôts émis à cette époque sont visibles au fond de

  la mer, au NO. de l'île, jusqu'à une profondeur de 2.000

  mètres.

  Le glissement de terrain laisse une dépression en fer-

  à-cheval, dans le secteur sommital, puis le cratère actuel

  apparait en contrebas de La Cima.

  Ce cratère est en activité quasi permanente depuis au moins

  2.500 ans et émet des produits trachybasaltiques.

 

Des schémas clairs illustrant cette littérature sont disponibles sur le site de "Stromboli on line" - évolution géologique.

 

Actu-5-0521-copie.jpg  Document in "Guide des volcans d'Europe et des Canaries" - M.Krafft et de Larouzière.

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Le volcan Stromboli - Alain Melchior, géologue et webmaster du site Lave-Belgique.

- Global Volcanism Program - Stromboli.

- INGV Catania - Stromboli, isole Eolie.

- Stromboli on line - schéma sur l'évolution géologique du volcan Stromboli.

- Neck, pouvoir et religions : le Strombolicchio et les légendes - sur ce blog - lien

 


 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un intermède artistique en ce dimanche, avant d'attaquer le phare de la Méditerranée, le Stromboli.


 Vulcano---Hermitage---JP.Houel-copie-1.jpg

          "Vue intérieure du cratère de Volcanello"  -  Houel, Jean-Pierre-Laurent.

 

Malgré son intitulé, cette gouache représente bien le cratère de La Fossa à Vulcano, avec en fond, comme on peut encore le voir de nos jours, les îles de Filicudi, de Salina avec ses volcans jumeaux, de Lipari, les Faraglioni et Vulcanello, inhabité et dénudé à cette époque.

D'une précision presque photographique, et datant d'avant son invention, elle dévoile le cratère, profond et présentant de nombreuses fumerolles, ainsi que les parois de La Fossa, ravinées et parsemées de bombes.

A titre de comparaison, la photo ci-dessous prise en 2009.

 

P1000554 CHB

                                                                                         © Frédéric & Carole Hardy


Cette oeuvre, gouache et crayon, de 30,8 cm sur 45, date de 1770.

Elle fait partie d'une série de dessins préparatoires à une édition constituée de gravures s'appelant " Voyage pittoresque des îles de Sicile, Malte et Lipari, où l'on traite des Antiquités qui s'y trouvent encore; des principaux phénomènes que la nature y offre; du costume des habitants, et de quelques usages".

 

Une autre gouache, du même peintre, nous dévoile Vulcano vu de l'île voisine de Lipari, avec cet aspect "grand angle" souvent adopté par les pratiquants de la technique du croquis. Cette gouache, retouchée au pinceau, mesure 29,5 cm sur 42,5. et est datée entre 1776 et 1779.

Ces deux oeuvres sont conservées au Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.

 

Vulcano-from-Lipari---Hermitage---JP.Houel.jpg                 "Vue de l'île de Vulcano depuis l'île de Lipari"  -  Houel, Jean-Pierre-Laurent.

 

Une photo, un peu reserrée mais qui ne manque pas de piquant, de la falaise à gauche et de Vulcano, permet de faire ressortir les talents de paysagiste de Houël.

 

Vulcano-vu-de-lipari3-CHB.JPG

                                                                                 © Frédéric & Carole Hardy

 


Jean-Pierre Louis Laurent Houël est un graveur, dessinateur et peintre français né le 28 juin 1735 à Rouen et mort le 14 novembre 1813 à Paris. Né dans une famille d’artisans prospères, Houël fit connaître de bonne heure son goût pour l’art du dessin, dont il commença l’étude à l’âge de quinze ans à l’école des Beaux-Arts de Rouen, sous la direction de Jean-Baptiste Descamps. Il y acquit une familiarité avec les œuvres des peintres néerlandais et flamands qui fut déterminante sur le choix qu’il fit de se spécialiser dans la peinture de paysages. Placé ensuite chez un habile architecte, il y étudia la perspective ; puis, toujours poussé vers son art de prédilection, il alla à Paris, où il entra dans l’atelier de Le Bas, le fondateur de la belle gravure à l’eau-forte. Devenu l’un des meilleurs élèves de ce maître, Houël, encouragé par un amateur des plus distingués, M. Dazincourt, reçut des leçons de Casanova et se livra à l’exercice de la peinture sans néanmoins négliger la gravure ; puis, mettant à exécution le projet, qu’il avait formé depuis longtemps, d’aller se perfectionner en Italie, il obtint une pension du roi et partit pour Rome.

Plus tard, animé du désir de visiter l’Italie une seconde fois, il partit de nouveau et parcourut le royaume de Naples, la Sicile, les îles de Malte et Lipari en 1776. Ce fut dans ce voyage qu’il amassa les matériaux de son grand ouvrage pittoresque, ouvrage dont, à son retour en France, il grava, d’après ses propres dessins, cent soixante-quatre planches à l’aquatinte et rédigea le texte explicatif, qu’il publia de 1782 à 1787 (4 volumes in-folio). Certaines de ses planches seront achetées par Catherine II de Russie entre 1782 et 1783, et sont conservées au musée de l’Ermitage. (Wikipedia)

 

Sources :

- Arthermitage - Jean-Pierre-Laurent Houël - lien

- The State Hermitage Museum - lien

 

Les oeuvres reproduites ici le sont à titre "personnel et non commercial"

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