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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Les grandes éruptions volcaniques, qui ont eu lieu en Italie et dans le Caucase, ont-elles donné le "coup de pouce" final au processus d'extinction de l'homme de Néanderthal, il y a environ 40.000 ans ?

 

723px-Ferrassie_skull-copie.jpg          Crâne d'un homme de Néanderthal - La Ferrassie - France - doc.wikimedia


L'examen des couches de sédiments dans la grotte russe Meznaiskaya, fréquentée à l'époque par l'homme de Néanderthal (*), montre une accumulation de cendres volcaniques, à une époque précédant leur extinction.

Parmi les couches analysées, la plus riche en cendres volcaniques , et correspondante aux « ignimbrites Campaniennes » (**) est dépourvue de pollens d’arbres, attestant que la majorité des plantes importantes pour la vie avait été détruite par les énormes éruptions volcaniques à cette époque … cette couche était « stérile, non adaptée à la vie ». Ce déficit en plantes a été suivi d’une baisse importante des populations de mammifères herbivores, source de nourriture essentielle pour les Néanderthaliens, chasseurs de grands mammifères. Privés de nourriture dans un environnement glacial nécessitant un apport calorique substantiel (estimé jusqu’à 5.000 calories par jour !) pour espérer survivre, les Néanderthaliens étaient condamnés à mourir de façon lente et assurée.


Selon l’équipe de Naomi Cleghorn, l’homme de Néanderthal, qui avait affronté avec succès différents âges glaciaires et de nombreuses catastrophes naturelles, n’aurait pas pu survivre à cette conjonction d’énormes éruptions survenant dans un laps de temps court.

 

800px-Carte_Neandertaliens.jpg

 

De plus, leur petit nombre et la dispersion des groupes de population à travers l’europe, ne leur a pas permis une reconstitution des populations après le cataclysme. Affaiblis et en mauvaise posture par rapport à l’homo sapiens, pour diverses raisons, ils auraient été supplantés par celui-ci. Parmi ces causes, relevons

- une moindre diversification dans le choix de la nourriture, les Néanderthaliens étant plus inféodés aux grands mammifères touchés par le manque de végétaux consécutif aux éruptions,

- une natalité plus faible – à mettre en relation avec le type peu différencié de nourriture -,

- une mortalité accentuée due aux rapports conflictuels avec l’homo sapiens, beaucoup plus belliqueux.

 

 

C’est certainement des causes multiples qui ont réussi à décimer l’homme de Néanderthal : les éruptions volcaniques majeures et rapprochées ayant engendré des modifications climatiques puis « en boule de neige » des perturbations dans la flore et la faune, font partie de l’explication globale.

 

Les volcans seraient-ils de grands destructeurs d'espèces et de civilisations ? ... pas uniquement, nous verrons demain qu'ils ont permis des évolutions positives pour l'espèce humaine !

 

Lexique :

(*) - Les néanderthaliens sont les premiers hommes préhistoriques qui aient été découverts et étudiés. Leur nom provient du lieu de leur découverte : la vallée de Neander (en allemand : Neanderthal).

Les hommes mesurent environ 1,70m et les femmes 1,60m. Ils sont très musclés, avec des os très épais et solides. Les hommes pèsent environ 100kg et sont très forts.

Ils ont une tête un peu différente de la nôtre : un crâne plus allongé (chignon vers l'arrière), des arcades sourcilières proéminentes, un menton fuyant.

 

(**) - les Ignimbrites Campaniennes :

L’ignimbrite campanienne est le plus vaste recouvrement pyroclastique de l’aire méditerranéenne avec 30.000 km2 de superficie supposée et un volume de matériaux émis estimé de 80 km3 à 500 km3 (Fisher et al., 1993).

Elle résulte d’une phase éruptive majeure initialement supposée dans les Champs Phlégréens (Rosi et al., 1987 ; Fisher et al. 1993) mais également localisée au Nord de Naples (Scandone et al., 1991 ; Rossano et al., 1996)
L’extension jusqu’alors reconnue est déjà considérable. Cet écoulement pyroclastique a franchi des reliefs de mille mètres d’altitude vers le Nord-Est, traversé sur 25 km l’emplacement actuel du golfe de Naples jusqu’à Sorrento avant de franchir les crêtes de la péninsule sorrentine et de napper les dépressions du littoral amalfitain au Sud-Est.
Dans l’hypothèse d’un point éruptif localisé au Nord de Naples ,
l’ignimbrite aurait parcouru radialement au moins 80 km. Sa vitesse minimum à 50 km. du point éruptif a été estimée à 100 m/s (Sparks et al., 1978) et sa vitesse initiale à 160 m/s (Rossano et al., 1996).
Plusieurs datations obtenues par différentes méthodes sur cette formation la situent aux environs de 35.000 ans BP mais la dispersion des âges suggère qu’elle se place dans une période éruptive marquée par plusieurs événements ("Campanian Ignimbrite Series) .

À l'échelle des plaques, les causes de ce volcanisme s'apprécient dans le cadre du rapprochement entre l'Europe et l'Afrique. Le contexte tectonique de la formation des champs Phlégréens est complexe et lié à la subduction de la lithosphère adriatique sous l'Italie vers l'Ouest. Cette ancienne zone de subduction, maintenant bloquée, est visible sous les Appenins par les méthodes géophysiques. (voir ci-dessous : Kieffer & al.)

 


Sources :

- Volcanoes killed off neanderthals - National Geographic daily news

- Pourquoi l'homme de Néandertal a disparu ? - Hominidés.com

- Reconstitution de l'homme de Néanderthal - National Geographic.

- Global Volcanism Program - Campi Flegrei

- Les champs Phlégréens

- Reconnaissance de l'ignimbrite Campanienne près du golfe de Policastro .. - implications volcanologiques et paléoenvironnementales - par Kieffer, Vernet et Raynal.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Après ces semaines de vagabondage entre le Kamchatka et Taiwan, un retour vers notre vieille Europe avec un tableau de Pierre George, ayant comme thème Vulcano.


 

VULCANO--de-Pierre-GEORGE.JPG

            "Vulcano" - acrylique sur bois - 125 x 180 cm. - © Pierre GEORGE

 

 

Dans un "survol synthétique", qualité qui donne à la peinture une suprématie sur la photo, mon ami Pierre a su rendre à la fois la lumière et l'ambiance des îles Eoliennes et l'atmosphère plus aride du cratère de La Fossa.

Après une vision globale de la scène, on peut se promener dans son tableau et faire un tour de l'énorme cratère, dont l'échelle est donnée par les personnages à l'avant-plan. Les ravines nous guident tout naturellement vers le fond du cratère occupé par un petit lac transitoire, résultat des orages de la nuit. Le regard dérive ensuite vers les fumerolles qui habillent ses lèvres, avant de s'intéresser à la presqu'île de Vulcanello et ses trois cratères... en notant au passage, le Faraglione de Porto di Levante, avec quelques voiles blanches dans le port.

Ensuite, ce sera les rochers de Porto di Ponante, et les faraglioni qui ornent le passage entre Lipari et Vulcanello.

Derrière la massive Lipari, l'esprit s'évade vers Salina, l'île aux sommets jumeaux vers la gauche, ou vers Panarea et Stromboli, au loin à droite ... sous une couverture de nuages moutonnants, éclairés de cette lumière particulière de fin d'après-midi venteuse.

 

Quelques photos prises le jour de notre escalade commune sur La Fossa :

 

Actu-5 6241 copieAutre regard sur les fumerolles de La Fossa et les îles de Vulcanello, Lipari, Salina et Panarea - © B.Duyck

 

Actu-5 6248 copieLe tableau reprend fidèlement la teinte des tufs rouge-rosâtre datant du stade II des émissions de La Fossa - © B.Duyck

 

L'impression de fureur contenue du volcan est dominée par la sérénité du paysage des îles, accentuée par le bleu changeant de la mer sous les nuages qui défilent ... charme des Eoliennes.

 

Merci à Pierre pour cette promenade picturale.

 

D'autres dérives "vulcaniennes" sur ce blog :

- La forge de Vulcain - Vélasquez

- Vulcano, vu par J.Houël en 1770

- Les Eoliennes - Vulcano - La Fossa

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Publié le par Bernard Duyck

Les faits :

Ils remontent à 2009 : entre avril et juin, plus de trente mille séismes ont touché un ancien champ de lave, nommé Harrat Lunayyir, en Arabie Saoudite; au plus fort de la crise sismique, le 19 mai, 19 d'entre eux étaient d'une magnitude égale ou supérieure à 4 sur l'échelle de Richter, laissant présager une possible éruption. A la suite de quoi, le gouvernement Saoudien décida d'évacuer 40.000 personnes présentes dans la zone.

On découvrit une cassure longue de 3 km. qui s'était allongée sur 8 km. au cours du séisme le plus important.

 

earthquake-rupture-saudi-arabia-100926-02---Amazing-planet.jpgHarrat Lunayyir - vue de la faille 2009 qui se poursuit à flanc de colline jusque dans l'échancrure - doc. Amazing planet.


                                               Date   Time   Mag.   Depth
                                                5/17   19:50   M4.6   10 km
                                                5/19   06:38   M4.9   10 km
                                                5/19   16:54   M4.9   10 km
                                                5/19   17:35   M5.7   7.6 km
                                                5/19   19:57   M4.6   10 km
                                                5/19    20:35  M4.6   10 km

 

Saudi-Earthquakes2.jpg

Caractéristiques et localisation des séismes les plus importants - doc. archives USGS

On aperçoit en noir les coulées de lave basaltique.

 

Un déclin de la sismicité à partir du mois d'août 2009 a fait conclure à la fin de la période de crise et permis le retour des évacués.

 

Le contexte :

Le champ de lave d'Harrat Lunayyir fait partie d'une "province volcanique" d'une superficie de 180.000 km², qui s'est formée il y a 30 millions d'années quand la plaque arabique s'est séparée de l'Afrique, lors de la création de la Mer Rouge. Ce champ était considéré jusque là comme "inactif" du fait de sa localisation éloignée par rapport au centre actif de rifting en Mer Rouge, comportant une chaîne volcanique sous-marine.

 

Arabian_Plate_map-fr.pngLa plaque arabique et le rift de la Mer Rouge - après séparation de la plaque Arabique de la plaque africaine et sa "remontée" vers la plaque Eurasienne.

 

cinder-cone-volcanoes-100926-02.jpg              Le paysage volcanique du champ Harrat Lunayyir - photo USGS.

 

L'explication a-posteriori :

Les séismes volcaniques génèrent un mélange d'ondes sismiques de hautes et de basses fréquences; ces signaux peuvent être amortis par la nature du terrain traversé, mais dans ce cas-ci, ils furent détectés au travers de roches cristallines.

Les ondes sismiques de basse-fréquence détectées durant ces séismes semblent montrer du magma s'écoulant sous terre, tandis que les ondes de haute-fréquence indiquent la fracturation des roches durant la montée magmatique en direction de la surface.

Des images satellite radar suggèrent que la cause de la faille remarquée était une intrusion magmatique sur une dizaine de kilomètres.

Une étude de John Pallister de l'USGS, parue dans "Nature geoscience", nous révèle que, sur base des données informatiques des séismes et l'interférométrie radar révélant les déformations, le magma aurait coulé à 2 kilomètres sous la surface terrestre, mais que plutôt de mener à une éruption, il se serait répandu dans la croûte en formant un sill de lave basaltique. Cette activité a débouché sur une fissure longue de 8 km., qui aurait pu devenir l'évent si le magma avait atteint la surface ... éruption ratée mais intrusion réussie !

Cette étude a mis en relief le réel danger volcanique existant en Arabie Saoudite pour les décennies à venir, d'autant que le champ volcanique Harrat Lunayyir ne constitue qu'une des nombreuses structures volcaniques récentes de la péninsule arabique. Le volcanisme est lié dans cette région au rifting de la Mer Rouge, et se manifeste sous forme de coulées de lave basaltique et de cônes de scories.

Ceci fait revoir les effets d'une zone de riftà longue distance ; le champ volcanique est en effet situé à 200 km. de la mer Rouge.  G.Foulger, sismologue à l'université de Durham, avoue devoir revoir certaines théories : pourquoi avons-nous ici un volcanisme actif et un étirement dans une zone éloignée des frontières de plaque tectonique. 

La compréhension de ce type de signaux prouve aussi la nécessité d'instrumentaliser pour prévoir ces évènements et éviter des pertes humaines, dans cet environnemment où aucune éruption n'a plus eu lieu depuis le 1° millénaire. Ce champ volcanique est situé à proximité de Medine, région habitée. 

 

Sources :

- Nature Geoscience :Broad accomodation of rift-related extension recorded by dyke intrusion in Saudi Arabia - by John S. Pallister & al.

- Geophysical research abstracts : InSAR observations of the 2009 Harrat Lunayyir dyke intrusion and post-dyking deformation - by S.Jonsson, Z.Lu and P.Lundgren.

- Global Volcanism Program - Harrat Lunayyir

- Live Sciences / environnement : Swarm of 30.000 earthquakes reveals volcanic potential.

- ABC News /technology : Northwest Saudi Arabia vulnerable to volcanoes

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Toujours plus au sud ...


Taïwan, ou Formose (la « Belle île », du portugais ilha Formosa), est une île, aujourd'hui siège de la république de Chine, cependant que la république populaire de Chine la considère comme une partie de son territoire. Elle est séparée de la Chine continentale par un détroit peu profond, large en moyenne de 160 kilomètres (vraisemblablement un fossé tectonique), et est située sur le cercle volcanique et sismique circumpacifique, à mi-distance des Philippines et de l'archipel japonais d'Okinawa.

 

Tectonique et formation :

 

Le projet TAIGER – Taiwan Integrated Geodynamics Research – et son volet, Tectonique active et risque sismique à Taiwan, vise à analyser une zone où la tectonique est complexe.

Les plaques Philippine et Eurasiatique se révèlent à la fois plongeantes et chevauchantes selon les endroits : à Taiwan où l’Eurasie plonge sous la plaque philippine, la subduction, océanique au Sud devient continentale au Nord. A l’Est de Taiwan, comme rien n’est simple, la plaque philippine subduit sous la marge continentale de l’Eurasie le long de la fosse de Ryukyus, avec une convergence qui atteint 10 cm/an. Tout au long de ces frontières complexes, l’intense déformation s’accompagne d’une forte activité sismique avec de nombreux séismes pouvant atteindre des magnitudes 8, toujours cantonnés au voisinage de l’île.

 

BlocTaiwanAngelier2001-custom-size-572-543.jpg

Plate tectonic situation of Taiwan. Schematic block-diagram illustrating the lithospheric structure of Taiwan (the asthenosphere is left transparent ). View from southeast to northwest. Modified after Angelier (1986, see image above). Different colors indicate the major units and tectonic boundaries. Source: ANGELIER J., LEE, J.C., CHU, H.-T., HU, J.-C., LU, C.-Y., CHAN, Y.-C., LIN, T.-J., FONT, Y., DEFFONTAINES B. et TSAI, Y.-B. (2001).


Un réseau de 15 "sismomètres de fond" (OBS – Ocean Bottom Seismometer) déposés au fond de l’océan a permis trois mois continus « d’écoute passive » de cette zone au cours de l’été 2008. (4000 micro-séismes enregistrés !). Lors d’une seconde phase « d’écoute active » en mai dernier, 25 OBS ont été alignés pour enregistrer les tirs sismiques du Marcus Langseth, un navire américain. C’est au navire école taïwanais Yu Ying 2 qu’est revenu la tâche de déployer et de récupérer les OBS.

Cette seconde phase a été suivie par 10 étudiants en Master de Géosciences Montpellier accompagnés d’étudiants taïwanais et américains. Le dépouillement des 4000 séismes a commencé. Ils ont été enregistrés par 15 OBS français + une dizaine d’OBS américains ainsi que par des dizaines de stations sismiques à terre. Un travail de bénédictin, réalisé par Thomas Theunissen, qui doit permettre de préciser la géométrie des failles actives. Il doit aussi permettre d’élaborer des scénarios possibles de « transfert de contraintes ». Un séisme qui relâche ici les contraintes sur un plan de glissement les recharge ailleurs sur un autre, transfert susceptible de déclencher de nouvelles ruptures… N’est-il pas envisageable de voir se rompre l’ensemble - longtemps endormi - du plan de subduction des Ryukyus provoquant un séisme majeur ?

La poursuite des recherches sur la dynamique de la chaîne de Taiwan et les interactions entre tectonique et érosion fait l’objet d’un projet en cours d’évaluation à l’Agence Nationale de la Recherche.


Taiwan se serait créée par la collision entre l'arc de Luzon et l'ancien arc des Ryukyus.

Elle peut être décrite en cinq étapes:

1.  L'ancienne zone de subduction des Ryukyus s'étendait du sud-ouest de Taiwan au sud du Japon.

 2.  La subduction de la partie sud-ouest de la fosse des Ryukyus aurait cessé, favorisant la formation de l'arc de Luzon.

3.  A l'ouest de 123,5°E, l'arc des Ryukyus aurait subi une indentation due à la collision de l'arc de Luzon dans la direction de N310°. Le début de la surrection de Taiwan daterait de 8 Ma avec début de la fermeture de l'ancien bassin arrière-arc.

4.  La collision s'est poursuivie accompagnée par une compression plus active au niveau des arcs de Luzon et des Ryukyus et la reprise du fonctionnement des failles inverses dans le bassin arrière-arc soulevé.

 5. Actuellement, la collision arc-arc est toujours active mais se situe préférentiellement dans la partie centrale de Taiwan. Au Nord, le bassin sud-ouest d'Okinawa se trouve de nouveau en extension.


Les volcans de Taiwan :

 

Name Elevation Location Last eruption
meters feet Coordinates
Tatun Volcano Group       -
Chilung Volcano Group       -
Guanyin Mountain       -
Caoling Mountain       -
Gueishan Island      / 24.85°N 121.917°E 1775-1795 AD
Coast Mountains (Taiwan)       -
Green Island       -
Orchid Island      / 22.05°N 121.533°E -
Pescadores      / 23.583°N 119.583°E -

 

Le groupe volcanique Tatun – ou Datun – est situé dans la pointe nord de l’île de Taiwan.

Il comprend une vingtaine de volcans alignés selon deux axes, est-ouest et nord-est / sud-ouest. Le volcan situé le plus au sud est seulement à 15 km. de Taipei, la capitale.

Le Cising est le volcan le plus jeune du groupe ; ce dôme de lave est haut de 1.120 mètres.

L’activité volcanique du groupe se décline principalement en éruptions magmatiques, datées entre 23.000 et 13.000 ans ; il y a seulement 6.000 ans, une éruption phréatique, associée avec un effondrement d’un dôme de lave, suivi d’effusion de lave, rappelle que la région est toujours « volcanologiquement active ». Par ailleurs, une large zone, parallèle à la faille Chinshan (orientée SO-NE), abrite des sources chaudes, des fumerolles et solfatares ; l'analyse isotopique de l'hélium dans les gaz révèle que 60% de l'hélium provient de source mantellique.

 

Domes-de-lave-du-Tatun---Taipei---A.Belousov.jpg          Groupe volcanique Tatun proche de la capitale Taipei - photo A.Belousov.

 

800px-Chihsingshan-_Tatun_volcanoes---Peellden-wiki.jpg          Groupe volcanique Tatun - le Chihsingshan - photo peellden /wikipedia.

A phreatic eruption from a fissure on the west side of Cisingshan lava dome, seen from the west, took place at the time of the Cisingshan debris avalanche about 6000 years ago. The fissures contain small funnel-shaped craters that were the sources of explosive breccias several hundred meters wide and several meters thick that were considered to possibly be related to lithostatic unloading of the youngest lava flows of Cisingshan, which may have occurred only a few years before the collapse. - GVP.

 

Yangmingshan_Taiwan_hot_springs---Seven-star-mountain.jpg                  Seven star mountain - Yangmingshan hot springs - doc.wikipedia.

 

Kueishantao, Gueishan ou "turtle mountain island" :

Kueishantao est l'île située la plus au sud d'un groupe de cinq situation-.jpgpetites îles volcaniques au large de la côte NE de Taiwan. Elle est considérée comme le volcan, de nature andésitique, le plus au sud de l'Okinawa trough back-arc basin ( bassin d'arrière-arc déprimé d'Okinawa).

Carte de situation - volcanic characteristics of Kueishantao réf. en sources.


Vue de la côte Taiwanaise, l'île a un profil qui rappelle la tortue, ce qui lui a valut son surnom.

Des récits historiques du 18° siècle rapportent que la montagne Gueishan , un autre nom pour Taiwan, avait été "fendue par une coulée de lave rouge sang". Le GVP date son activité, avec flots de lave, de 1785 +/- 10 ans.

 

Kueishantao---Taiwan.jpg"Turtle mountain island" - décoloration des eaux au niveau des solfatares - photo bureau du Tourisme de Taiwan / GVP.


L'activité volcanique se manifeste par de vigoureuses fumerolles sous-marines avec des décoloration des eaux au niveau des solfatares.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tatun group

-                                       - Kueishantao

- Taiwan aujourd'hui : un laboratoire d'exception - lien

- Active collision in Taiwan : geophysical and tectonic contributions - Hsu Shu-Kun / Sibuet - Université de Brest.

- Plate convergence and eartquake hazard in Taiwan - J.Angelier & al.

- Volcanic characteristics of Kueishantao in northeast Taiwan - by Ching-Lung Chiu & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Nouvelles brèves :

- Piton de La Fournaise : la Préfecture a de nouveau autorisé l'accès du public à l'Enclos Fouqué et aux sentiers balisés jusqu'au sommet du Piton de la Fournaise.


- Karangetang - Sulawesi : le VSI a relevé le niveau d'alerte de 2 à 3, en raison de projection de fragments incandescents jusqu'à 50 m. de hauteur et chute de cendres dans les environs, suite à une activité strombolienne.

 

- Mérapi - Java :après un relèvement de niveau au 20 septembre, pas d'autres infos du VSI sur le Mérapi depuis le 23.09

 

 

sources :

- OVPF - Observatoire Volcanologique Piton de La Fournaise.

- VSI - Volcanological survey of Indonesia

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quelques autres belles structures volcaniques de l'arc de Ryukyu, avec parmi elles un volcan très actif et peu connu :

 

Suwanose-jima : toujours actifen 2010.

Localisé à 200 km au sud de la baie de Kagoshima (pointe sud de Kyushu), il est en fait constitué de la coalescence de quatre stratovolcans : Tondashi-dake, Suzaki, O-take et Negami-dake et forme une île orientée nord-est/sud-ouest longue de 8 km sur son plus grand axe. Malgré le fait qu'il soit méconnu du grand public, il s'agit de l'un des volcans les plus actifs du Japon, à l'instar de son voisin, le Sakura-jima.

 

suwamose-topo.jpg

  Carte topographique du Suwanos-jima - doc. T.Shimano / Global Volcanism Program.

 

suwamose-jima-er.14.11.2008-H.Seo.JPG

Suwanose-jima - Eruption du 14.11.2008 - cratère O-take dans la caldera Sakuchi. photo H.Seo / GSJ.

 

L'activité historique y est toutefois différente, largement dominée par un dynamisme alternant entre le vulcanien et le strombolien (presque continu entre 1949 et 1996) affectant essentiellement la zone sommitale, au niveau des cratères O-Take et Bunka, bien que des éruptions de flanc (parfois sous-marines) aient été répertoriées. L'activité a pu atteindre une grande ampleur comme ce fut le cas lors des éruptions

- de 1600 : VEI 4 +, daté par téphrotechnologie.

- de 1813-1814 : VEI 4 , à la fin de l'éruption, le sommet du cratère On-take s'effondra formant une avalanche de débris et créant la caldeira en fer-à-cheval Sakuchi. L'île fut dépeuplée pendant près de 70 ans, après le paroxysme de 1813, avant que des résidents s'y installent à nouveau.

 

suwamose--jima---H.Seo.JPG                      Suwanose-jima, vue du sud-ouest - photo H.Seo / GSJ.


- de 1877 et 1889, respectivement de VEI 4 ? et 4.

- en février 2001, deux cratères subsidiaires furent découvert

- 2009 : l'éruption vue par satellite.

- 2010 : panaches de cendres et activité strombolienne se succèdent.


 

Suwanose---ThB-12.09---01.10.jpgSuwanos-jima - activité strombolienne 01.2010 - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel - un clic sur la photo vous emmène sur son site.

 

Le complexe Yokoate :

Ce complexe comprend deux îles volcaniques majeures : Yokoate-jima et Kan'none-jima.

 

Yokoate-jima---Nakajima.JPG                    Carte bathymétrique - Japan coast guards - M.Tanaka.


Yokoate-jima, île bilobée longue de 3,5 km., abrite deux stratovolcans : le Toho (pic est - 512 m.) et le Seiho (pic ouest - 268 m.).

Les études bathymétriques montrent une caldeira sous-marine de 7 km. sur 10. ce qui ferait considérer que les deux îles se sont formées "post-caldeira" à la fin du Pléistocène. La dernière et seule éruption connue est datée de 1835.

 

yokoate---Seiho-volc.---S.Nakano-2004.JPG      Yokoate-jima  -  volcan Seiho - photo GSJ by S.Nakano 2004.

 

yokoate---Toho-volc.-H.Seo-2005.JPG

          Yokoate-jima  -  volcan Toho - photo GSJ by H.Seo 2005.

 

Okinawa-Tori-shima :

Okinawa-Tori-shima, aussi connue sous le nom d'Iwo-Tori-shima, est une petite île de 2.7 km. sur 1. Elle se compose de deux volcans andésitiques.

Il faut bien tenir compte du nom complet, car "Tori-shima", autrement dit "l'île aux oiseaux", est un nom commun pour plus d'une île au large du Japon.

Le dôme de lave Gusuku occupe le centre de la plus intérieure des deux "somma" situées au sud-est.

Le Mae-dake est le volcan situé au sud.

 

Mae-dake-et-Gusuku---S.Nakano-2007.JPG

Iwo-Tori-shima  -  à droite, le Mae-dake, à gauche, un dyke vertical qui a aidé à canaliser les flux pyroclastiques du volcan Gusuku, fortement érodé en arrière-plan. - photo GSJ by S.Nakano 2007.

 

L'Iwo-dake, cratère sommital du volcan situé au nord-ouest de l'île, contient un petit lac acide, une solfatare et des dépôts de soufre exploités dans le passé.

 

Io-dake-crateres----S.Nakano-07.2007.JPGIwo-Tori-shima  -  cratère de l'Iwo-dake : lac acide et solfatare - photo Nakano 2007.

 

Io-dake-fumerolles----S.Nakano-2007.JPG                   Iwo-dake - évent fumerollien soufré. - photo S.Nakano / GSJ.


L'activité postérieure à 1664 est qualifiée "d'activité explosive moyenne à modérée" par le GVP; les éruptions principales eurent lieu en 1664, 1796, 1829, 1855, 1868, 1903, 1959, 1967, et 1968 (les dates soulignées furent de VEI 2).

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Suwanose-jima - Yokoate-jima - Iwo-Tori-shima

- Geological Survey of Japan - Suwanose-jima - Yokoate-jima - Io Tori-shima.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Notre périple nous mène toujours plus au sud : après la péninsule du Kamchatka, les îles Kouriles, l'archipel Japonais, voici les îles Nansei situées sur l'arc de Ryukyu.

 

L'arc de Ryukyu est une structure à la topographie et la géomorphologie complexes et se divise en :

- la fosse de Ryukyu (Ryukyu trench)

- arc externe : avec de grandes îles, dont Tanegashima, Yakushima, Amamioshima Okinawa et Ishigaki.

- arc interne : la caldeira Kikai, Iwo-torishima, avec un volcanisme en diminution direction sud.

- la cuvette d'Okinawa (Okinawa trough), en subsidence prononcée au Pliocène ; cette subsidence continue à l'heure actuelle.

- la plate-forme continentale de la mer de Chine ouest.

 

nansei_islands.gifGéomorphologie des îles Nansei. - Doc Introduction to the landform and geology of Japan

 

Ryukyu-islands-copie-copie.jpg                 Géomorphologie et situation du volcanisme - d'après Google Earth.


La tectonique générale résulte de la subduction de la plaque Philippines sous la plaque Eurasienne, marquée par la fosse de Ryukyu. Le volcanisme s'exprime avec la formation de l'arc volcanique de Ryukyu.

Un bassin d'arrière-arc s'est formé par extension (rifting) au sein de la lithosphère continentale eurasienne, le long de la cuvette d'Okinawa.

Ces mouvements tectoniques laissent prédire une future (dans les prochains 10 millions d'années) poussée de l'arc de Ryukyu en direction de l'Eurasie (plaque Yangtse)

 

okinawabackarc.jpg

                 Schéma tectonique de l'arc volcanique Ryukyu - Ole Nielsen.

 

Tectonic_map_of_Japan-fr.pngCarte tectonique régionale et vitesses de déplacement relatif par rapport à l'Afrique exprimée en millimètres par an. Le nom des plaques et microplaques en en "blanc-large"; avec formation d'une microplaque baptisée (pour le moment) "Okinawa", comprise entre la zone de subduction (bleu) d'une part et une zone de limite de plaque complexe (multicolore hachurée) d'autre part.


La caldeira Kikai :

 

La caldeira, submergée en grande partie, est de larges dimensions : 20 km. sur 17. Elle fut source d'une des plus grande éruption mondiale il y a 6.300 ans : des coulées pyroclastiques rhyolitiques traversèrent la mer sur 100 km. en direction du sud de Kyushu, les chutes de cendres atteignant Hokkaido. Le centre et le sud de Kyushu fut dévasté et demeura inhabitable pour plusieurs siècles.

Yahazu-dake (une partie de Satsuma Iwo-jima) et Takeshima sont des volcans "pré-caldeira", localisé sur les contours de celle-ci.

Des éruptions "post-caldeira" ont formé le dôme de lave Iwo-dake, le cône de scories Inamura-dake et divers dômes sous-marins.

Au 20° siècle, une petite île de 3 km. sur 6 s'est formée sur le contour NO. de la caldera : Satsuma Iwo-jima.

Showa Iwo-jima, un dôme de lave, forme un îlot situé 2 km. à l'est de Tokara, consécutivement aux éruptions sous-marines de 1934-35.

La dernière activité en date a marqué Iwo-dake, un dôme rhyolitique, situé à l'extrémité est de Tokara Iwo-jima.

 

Kikai-caldeira.JPGLes caldeiras jumelles de Kikai sont délimitées en rouge. Selon les sources, on trouve Io-jima.

 

 Iojima_Kagoshima_Japan.jpg                   Io-jima et le volcan Io-dake fumant  - dic. academic.ru

 

Le Kuchinoerabu-jima :

Un groupe de jeunes stratovolcans andésitiques forme l'extrémité est de Kuchinoerabu-jima : les Furu-dake, Noike et Shin-dake sont entrés en éruption et formé un cône composite. Toute l'activité historique se rapporte au Shin-dake, où on note de fréquentes éruptions explosives depuis 1840; la plus importante eu lieu en 1933, et engendra des dégâts dans plusieurs villages.

 

Kuchinoerabu-jima---crat.-du-shin-dake---H.Seo-2000.JPG

  Kuchinoerabu-jima - cratères du Shin-dake (ou shin-take) - photo GSJ by H.Seo.

 

Kuchinoerabu-jima - Jap Met agency

Panaches de vapeur au Shin-dake le 29.09.1980 - photo Japan Meteorological Agency.

sur la fissure provenant d'une brève éruption le 28.09.80 et longue de 800 m.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kikai - Kuchinoerabu-jima

- Geologiacl survey of Japan - Kikai cakdera - Kuchinoerabu

- Introduction to the landforms and geology of Japan - glgarcs

- Tectonic sliver plates - par Ole Nielsen

- Okinawa trough backarc basin : early tectonic and magmatic evolution - Ifremer par Sibuet J.-C., Deffontaines B., Hsu S.-K., Thareau N., Le Formal J.-P., Liu C.-S. and the ACT party, 1998,  J. Geophys. Res., 103, pp: 30245-30267.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le champ volcanique Ibusuki, situé à la pointe sud de l’île de Kyushu, se compose de nombreux cônes et maars, de la caldeira Ikeda-ko et du stratovolcan Kaimon-dake. Actif à l’holocène, il voit son activité se concentrer depuis 2.650 ans sur le Kaimon-dake.

Le Geological Survey of Japan le subdivise en trois zones principales :

- Le vieux-groupe Ibusuki , avec le volcan Yahazu-dake.

- Le groupe Ibusuki moyen , avec des volcans antérieurs aux dépôts pyroclastiques provenant de la caldeira Ata. (environ 110.000 ans)

- Le jeune-groupe Ibusuki, plus jeunes que les dépôts pyroclastiques de l’Ata, avec l’Ikeda-ko, les dômes de lave Washio-dake et Kiyomi-dake.


 

Topo-et-geologie-du-groupe-Ibusuki---Nakajima.JPGTopographie et géologie du groupe volcanique Ibusuki - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

Maar-Unagiike---Ikeda-caldeira-aD---Kiamondake-a-G---2---.JPGle maar Unagiike à l'avant-plan, la caldeira et le lac Ikada à droite et le volcan Kaimon-dake en arrière-plan à gauche. - photo GSJ by H.Seo 2008.

 

La caldeira Ikeda-ko fut formée suite à une éruption explosive majeure, il y a 4.600 ans, qui a libéré 3km³de ponces. Elle est large de 4,5 km.

 

caldeira-Ikeda.JPGLa caldeira Ikeda-ko, avec au centre, le dôme Nabeshima-dake, en partie effondré dans le lac. - photo GSJ by T.Ui.

  Le lac Ikeda est un lac de caldeira ; sa superficie est de 11 km² pour une profondeur maximale de 233 m. Un dôme de lave, le Nabeshima-dake, s’est formé en bordure de la caldeira /du lac.

Il est rempli d’une eau douce d’excellente qualité, utilisée pour la pêche et l’irrigation ; la qualité des eaux a diminué depuis 1955, étant donné la pollution engendrée par la forte population des zones riveraines, augmentée d’un arrivage saisonnier massif de touristes.

 

12e_g_0.JPGLe jeune groupe Ibusuki - avec la caldeira Ikeda-ko, le dôme Nabeshima-dake, les maars Unagiike et Yamagawa. - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

De nombreux maars sont associés à la caldeira : l’Unagiike, l’Ikezoko, le Matsugakubo, le Narukawa et le Yamagawa.

 

maar-Unagiike---S.Nakano-2004.JPG                        Le maar Unagiike - photo GSJ by S.Nakano 2004.

  

Le Kaimon-dake est un stratovolcan andésitique, haut de 992 m., qui s’est formé au cours des derniers 4.000 ans.

Son activité est caractérisée par des éruptions sub-pliniennes :

- Il y a 2.000 ans : éruption accompagnée de chute de scories.

- Au 7° siècle : eruption sub-plinienne et phréatomagmatique, accompagnées de chute de scories.

- 29 mars 874 : éruption sub-plinienne accompagnée de chute de scories et lahars ; les flancs sud et sud-ouest sont recouverts de ces éruptats.

- Août-septembre 885 : l’éruption est suivie de la construction d’un dôme, qui chapeaute le volcan.

 

Kaimon-dake - Lee Siebert Smithsonian inst.

               Le Kaimon-dake - photo Lee Siebert / Smithsonian institute / GVP.

 

Kaimondaka---H.Seo-2005.JPG               Le Kaimon-dake vu du SSO. -  photo GSJ by H.Seo 2005

 

Sources :

-Global Volcanism Program - Ibusuki volcanic field

- Geological Survey of Japan - volcans de Kyushu et Okinawa

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Planchon-Peteroa - Chili:

Situé à la frontière entre le Chili et l'Argentine, le volcan, entré en éruption le 6 septembre, a vu son activité augmenter le 18 septembre avec l'émission d'un panache de cendres s'étendant sur 22 km. en direction du Sud-est et de l'Argentine.

L' ICES (Centro Internacional de Ciencias de la Tierra) – REGIONAL MALARGUE, DEPARTAMENTO DE RIESGO AMBIENTAL Y TERRTIORIAL - dans son rapport du 20.09, signale un panache atteignant la ville de White Bardas, à 60 km. à vol d'oiseau du complexe volcanique.

peteroa01-Avcan.jpgDurant le vol d'observation, les teneurs en SO2 ont été analysées; il est confirmé que l'éruption continue au cratère double sommital du Peteroa, appelé N3 par le groupe de suivi de l'ICES.

cratère du Peteroa - doc. Avcan.

Le Sernageomin chilien précise que l'éruption initiale était de nature phréatomagmatique.

 

peteroa_ali_2010.09.21-EO1---Ali.jpg  NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon. Instrument: EO-1 - ALI - 21.09.2010

 

Sur cette photo satellite prise par l'Advanced Land Imager (ALI) à bord de EO-1 , on voit un panache brun chargé en cendres prendre la direction du sud-est; et déposer au passage des cendres qui recouvrent les neiges; on aperçoit un petit lac acide coloré au nord-est du cratère.

 

Sources :

- Sernageomine - Avcan.

- Nasa Earth Observatory.

 

Piton de la Fournaise - La Réunion :

Selon Andréa di Muro, directeur de l'OVPF - Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise : "petit à petit, tous les voyants passent au rouge".

Une augmentation de la sismicité, le nombre d'éboulements dans le cratère en hausse et l'inflation du volcan, tous ces signes montrent que le processus éruptif se met lentement en place, de façon continue.

 

05.01.10---12h45-PB-OVPF.jpg                Le cratère Dolomieu le 06.01.2010 - doc. OVPF/Undervolc/ BRGM.


Ci-dessous, les rapports de l'OVPF/IPGP des 18,21 et 24 septembre :

 

VENDREDI 24 SEPTEMBRE 2010 - 5:15 (GMT+4)

BILAN : remontée de magma à l’aplomb du Dolomieu ; intrusion de magma dans l’édifice du Piton de la Fournaise.

Cette nuit, entre 2h et 3h50 (heure locale GMT +4) une crise sismique a été observée sur le Piton de la Fournaise. Cette succession de plusieurs dizaines de séismes a été localisée à l’aplomb de la zone sommitale, sous le cratère Dolomieu. A partir de 5h (heure locale) on remarque une sensible diminution de cette sismicité.
A la crise sismique a été associée un gonflement sensible (environ 3 cm) de l’édifice du Piton de la Fournaise, notamment de sa partie sommitale. Les déformations les plus significatives ont été mesurées sur le bord et flanc nord du Piton de la Fournaise et sur le bord sud.
Ces données indiquent qu’une propagation du magma vers la surface a eu lieu à l’aplomb du Piton de la Fournaise. Le magma n’a pas atteint la surface.

En conséquence, l'accès à la partie haute de l'enclos du Piton de la Fournaise, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, est interdit au public par arrêté préfectoral à compter du 24 septembre 2010 jusqu’à nouvel avis.

 

 

MARDI 21 SEPTEMBRE - 9h45 (GMT+4)

Dans la journée du 20 septembre, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré une importante augmentation du nombre de séismes : 103 séismes volcano-tectoniques ont été détectés. Malgré leur nombre croissant, la magnitude moyenne des séismes est plutôt faible (M <1.6 non ressenti par la population). Comme observé dans les jours précédents, les foyers sismiques sont toujours localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise (secteur ouest et sud du cratère Dolomieu).
L’augmentation précédemment détectée du nombre d’éboulements dans le cratère sommital de Dolomieu se confirme (19/jour). Une faible tendance à l’inflation est mesurée sur l’édifice volcanique, notamment dans sa portion sommitale.
Les émissions de SO2 restent dans la norme.

 

SAMEDI 18 SEPTEMBRE - 9h10 (GMT+4)

BILAN : niveau de la sismicité toujours élevé ; inflation du volcan : stable.
Dans la journée du 17 septembre, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré 51 séismes volcano tectoniques. Malgré l’important nombre, la magnitude (énergie) des événements sismiques est de niveau faible (<1.4, non ressentis par la population).
Les foyers sismiques sont toujours localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise (secteur ouest du Dolomieu ; limite Bory – Dolomieu). Un petit nombre d’éboulements dans le cratère sommital du Dolomieu (8/jour) est détecté.
Déformations de l’édifice volcanique : stables
Emissions de SO2 : dans la norme

 

Sources :

- OVPF- IPGP - lien

- Le quotidien de la Réunion - "l'éruption se précise ..."

 

Kamchatka - 3 volcans en alerte orange :

Le KVERT signale trois volcans en alerte orange : Le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Shiveluch.

Ce dernier présente une sismicité supérieure au niveau basal, avec émission de panaches à 6,5 km. les 3-4 septembre, à 4,5 km. cette semaine (rapport du 16.09). Une anomalie thermique a été observée par les satellites au niveau du dôme de lave. L'éruption explosive-extrusive continue.

 

shiveluch_ali_2010.09.07.jpg

The Advanced Land Imager (ALI) on NASA’s Earth Observing-1 (EO-1) satellite acquired this image on September 7, 2010.

 

Le volcan est couvert de cendres du nord-est à l'est et de dépôts divers - cendres, débris, lahars - sur son versant sud, tandis que le versant nord reste couvert de neige et glace.

 

Sheveluch-21.07-2010---Y.Demyanchuk-copie-1.jpg        Shiveluch - un beau panache le 21.07.2010 - photo KVERT / Y.Demyanchuk

 

Sinabung - Sumatra :

En fonction de la sismicité, de la déformation, des niveaux de SO2 et de l'observation visuelle, une diminution de l'activité a fait rabaisser le niveau d'alerte du niveau 4 à 3 (alerte effective), à partir du 23.09.10 -15h.50.

 

Sinabung---Keystone.JPG                                      Sinabung - photo Keystone


Depuis le 22 septembre, seules de petites émissions blanches montent à 50-100 mètres au dessus du cratère. Un risque de lahar et d'éruption phréatique demeure, et une zone d'exclusion de 3,5 km. reste effective, englobant trois villages... les habitants non concernés ont été autorisés à rentrer chez eux et à reprendre leurs activités.

 

Source : Volcano live news - John Seach.

 

Sources :

- KVERT

- Nasa Earth Observatory.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #bizarreries

 

Un phénomène intéressant, couplé à l'entrée dans la mer de coulées de lave, et photographié par Stephen & Donna O'Meara en 2008 à Hawaii, a été mis à l'honneur comme "Cool science picture of the day" par Discover Magazine.

 

ASPcyclone---Kilauea-2008.jpg                                                    photo S. & D.O'Meara. /Discover Magazine.

 

La rencontre entre la lave et l'océan provoque ces nuages de vapeur importants mais aussi réchauffe considérablement les eaux aux environs du point d'entrée ... créant ainsi les conditions favorables au phénomène cyclonique, tout en gardant à l'esprit que les mensurations du cyclone seront restreintes.

 

Conditions de formation d'un véritable cyclone:

 

La condition principale pour la formation d’un cyclone est la température de l’océan : l’eau doit au minimum être à 26°C, c’est ce qui explique que les cyclones se forment dans les zones tropicales.

 

25923812pv4.png            Doc.http://ma-meteo.over-blog.com/article-19849276.html


Le rayonnement solaire sur l’océan permet l’évaporation d’un air chaud et humide qui en se condensant donne naissance à un énorme système nuageux formé de cumulonimbus qui stationne à une altitude variant de 10 000 à 15 000 mètres. Il se forme alors un tourbillon, au départ de près de 100 km de diamètre comme nous l’avons indiqué déjà plus haut, qui se développe pour atteindre parfois plus de 1000 km de diamètre. En octobre 1979, le typhon Tip, né dans le nord-ouest du Pacifique a atteint un diamètre de 2200 km, c’est un record.

 Le sens de rotation du cyclone est déterminé par la rotation de la terre et la force de Coriolis.

 

Rapporté au cas de la photo, nous avons la formation d'un mini-cyclone. Le moteur thermique est ici la lave du volcan; l'air chaud et humide ne forme qu'une ébauche de nuage et le diamètre du tourbillon est plus petit ... mais la colonne et le vortex se forment bien. Les gros cumulonimbus sont ici remplacés par le panache de vapeur et ... le cyclone par une "trombe marine", terme plus approprié.


Source : Discover magazine - "after volcanic eruptions come volcanic cyclones"


You can see images made by the O’Mearas and other adventurous souls in the upcoming exhibit Extreme Exposures at the Annenberg Space for Photography in Los Angeles.

Extreme Exposure will be open for viewing October 23, 2010 through April 24, 2011 at the Annenberg Space for Photography in Los Angeles.

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