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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sakura-jima_from_space-Radar.jpg

                        La caldeira Aira et le volcan Sakura-jima - image radar doc. Nasa

 

Le graben Kagoshima et ses caldeiras :

La baie de Kagoshima et ses volcans sont compris dans les limites du graben Kagoshima.

Une série de grandes caldeiras parsème le sol de Kyushu, du nord au sud : La caldeira Aso - vue antérieurement -; et dans le graben, cinq caldeiras : les caldeiras Kakuto et Kobayashi, à proximité du volcan Kirishima; les caldeiras Aira et Ata, situées dans la baie de Kagoshima; et la caldeira Kikai, en grande partie submergée, dans l'arc de Ryukyu, au sud de Kyushu. Ces cinq caldeiras "majeures" incluent des caldeiras de plus petites tailles et des cônes formés post-caldeira.

Ces diverses caldeiras ont été reconnues grâce à des études géologiques et gravitationnelles, et au fait qu'une roche moins dense remplit les caldeiras après leur formation.

 

Kagoshima-graben-et-caldeiras.jpgCarte des caldeiras du graben Kagoshima - doc Eartquake Research Institute University Tokyo. - le tracé du graben est constitué d'une "ligne grise pleine".

 

Différents modèles ont été proposés pour expliquer une anomalie thermique coïncidant avec la localisation des caldeiras. Le rifting et la rotation de la croûte terrestre dans le nord de l'arc volcanique de Ryukyu sont liés au retrait accéléré de la fosse de Ryukyu durant les 2 derniers millions d'années. Ces phénomènes ont fourni un environnement tectonique favorable à la création d'une chambre magmatique importante à un niveau élevé dans la croûte, et un "point chaud" /une anomalie thermique.

 

Topographie-sous-marine.jpgSituation de la fosse de Ryukyu (Ryukyu trench) par rapport au Japon et aux fosses du Japon,  Nankai et Izu-Bonin. - d'après une carte bathymétrique Google / NOAA US.gov.


La baie de Kagoshima est essentiellement formée par la caldeira Aira au nord, la caldeira Ata près de l'entrée de la baie au sud, et un certain nombre de dépressions situées entre les deux.

La caldeira Aira est une dépression, de 23 km. sur 17, en forme d'entonnoir profonde de 4.000 mètres, mais remplie de matériaux de l'explosion originelle et d'explosions ultérieures, ainsi que de sédiments ... si bien que la baie n'a plus actuellement qu'une profondeur d'une centaine de mètres.elle est datée de 24.000 ans environ.

Dans son coin nord-est, une sub-caldeira, nommée Wakimako, d'un diamètre de 6 km. et formée à l'holocène, possède un fond plat à une profondeur de 190 m. et un petit cône responsable de fumerolles sous-marines.

L'éruption qui a conduit à la formation de la caldeira a entraîné un dépôt de plus de 400km³ de ponces et cendres, ce qui équivaut à plus de 100 km³ de magma rhyolitique.

La caldeira Ata, au sud de la baie, s'est formée il y a 95.000 ans; le volume émis lors de l'éruption causale est estimé à 300 km³de ponces et cendres dacitiques.

 

Le Sakura-jima :

Ce volcan, l'un des plus dangereux du Japon, se dresse à l'intérieur de la caldeira Aira, à seulement 8 km. de Kagoshima, une des villes les plus peuplée du Japon.

 

aG-Kita-Dake---aD-Mina-Dake---S.Takeuchi.JPG    Sakura-jima - à gauche, le Kita-dake et à droite, le Minami-dake  -  photo S.Takeuchi.


Ce volcan constitue une présence obsédante dans la vie des habitants de Kagoshima, car ils doivent vivre avec les explosions courantes et leurs retombées de cendres. Ils sont prévenus des moindres risques d'éruption grâce à une surveillance moderne et de tous les instants. Des simulations par ordinateurs, couplées à une surveillance des vents, permettent même de préciser les quartiers où les perturbations sont attendues.

 

La construction du Sakura-jima a débutée il y a environ 13.000 ans, sur la rive sud de la caldeira d'Aira, avec la formation d'une île. Différents cônes furent successivement responsables de l'activité : Le Kita-dake vit son activité se terminer, il y a 4.850 ans, au profit du Minami-dake.

 

3204sak3.jpgTopographie du Sakura-jima avec les différentes coulées de lave datées - les points d'émission sont K: Kita-dake, N : Nika-dake, M : Minami-dake - J : le point de jonction île-continent suite à l'éruption de 1914-1915.- doc. GSJ / GVP.

 

Cratere-Kita-Dake-et-aD-Naka-Dake.JPGLe cratère du Kita-dake - à droite, le Naka-dake - les flancs du volcan sont marqués par d'impressionnantes vallées dénudées. - photo GSJ by H.Seo 2004.


Les éruptions les plus importantes ont pris place en :

- novembre 1471 à octobre 1476 : éruption plinienne de VEI 5 (?) avec émission de volume de téphras : 1.300Mm³ >> vol. de lave : 500 Mm³.

- janvier 1914 à mai 1915 : éruption plinienne de VEI 4 - avec émission de vol. de lave : 1.600 Mm³ >> vol. de téphras : 570 Mm³. Les coulées de lave ont rempli le canal large de 400 m. séparant le Sakura-jima de la péninsule d'Oosumi, connectant le volcan à l'île de Kyushu. L'éruption n'a fait que 58 morts, la population de l'île ayant été évacuée dès les premiers séismes.

 Sakura---er.-12.01.1914-du-port-de-Kagoshima---ph.S.Shashi.JPG

   L'éruption du 12.01.1914, vue du port de Kagoshima - doc. archives GSJ by S.Shashinka.

 

Après quelques éruptions explosives mineures en 1935, 1938, et 39, le volcan resta calme jusqu'en 1946, où un volume estimé à 180 Mm³ de lave fut produit effusivement au cratère Showa (VEI 2).

L'activité fut ensuite de type vulcanien avec chutes de cendres


Ces grandes coulées de lave andésitique ont modifié la côte du Sakura-jima. La nature andésitique des éruptats est probablement le résultat du mélange de deux sources dans une chambre magmatique située à 3-6 km. de profondeur dans la partie sud-ouest de la caldeira Aira. La source dacitique se trouverait sous le centre de la caldeira, alors que la source de basalte serait plus profonde. L'analyse de la composition des laves montre une tendance à la réduction progressive des niveaux de silicates : Bunmei 1471 - 66% contre Showa - 59%. (Arakawa & al. 1988).

La caldeira d'Aira subit en effet une subsidence après l'éruption de 1914, pour retrouver son niveau juste avant celle de 1946, et de subir un nouvel épisode de subsidence ensuite.

Des éruptions vulcaniennes mineures se succèdent dans la seconde moitié du 20° siècle. Depuis 2004, l'activité est incessante ...

 

z01-16.gif                       Eruption Frequency of Mt. Minamidake - Doc. SIVSC / Sabo center


Un beau reportage de Thorsten Boeckel, fin 2009 - début 2010, nous illustre le type d'activité actuelle.

 

Sakura-TB-01.01.10.jpgLe passage à l'année 2010 s'est fait, pour Thorsten Boeckel, en observant des fontaines montant à 700 mètres - Merci à lui de nous faire partager son réveillon ... un clic sur la photo vous mène à son reportage.

 

explosion-cratere-Showa-14.01.2010----S.Nakano.JPG               Sakura-jima - explosion au cratère Showa le 14.01.2010 - photo S.Nakano.

 

Deux spécialités du coin : les daikons et le Sabo.

D'intenses précipitations et la présence sans cesse renouvellée de tonnes de cendres volcaniques engendrent de nombreux lahars.

JAP09_0851.jpg

Photo R.Roscoe / Photovolcanica - accès à sa page sur le Sakura-jima en cliquant sur la photo.

 

 

Pour protéger les populations de ce phénomène destructeur, le système anti-lahar Sabo s'est développé à partir de 1976 : les lahars sont canalisés dans des cheneaux équipés de grilles, de barrages divers, de bassin de décantation, et surveillé en temps réel en divers points du système par toutes sortes d'instruments (caméras et senseurs divers reliés au système informatique).

 

Les Sakura-jima daikons sont des radis blancs géants, d'un poids moyen de 6 kg., mais pouvant peser jusqu'à 30 kg. et qui arrivent à cette taille uniquement sur ce sol volcanique.

 

800px-Sakurajima_daikon.jpgDes Sakurajima Daikon - radis géants de Sakurajima - photo wikipedia /Jason7825.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program -  Sakura-jima

- Geological Survey of Japan - Sakura-jima

- The caldera eruptions in Ryukyu arc : as infered the thermal anomaly in Kyushu. - Chang-Hwa Chen - Kyoto Univ. - lien

- Japan : Kyushu and Tokara islands - 25.12.2009/09.01.2010

  From Etna to Stromboli, le site de Thorsten Boeckel.

- Sakurajima international volcanic Sabo center - lien

- Photovolcanica - Sakurajima volcano - par R.Roscoe : le volcan et le système Sabo.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le sud de l’île de Kyushu renferme quelques volcans importants, dont le groupe Kirishima et le Sakura-jima ; ils font partie du graben Kagoshima.

Ce graben comporte de nombreuses caldeiras distribuées N-S., dont le produit des énormes éruptions du Pléistocène, coulées et dépôts pyroclastiques, ont couvert les plaines entourant la baie de Kagoshima pour former un plateau (voir en rose, partie basse de la carte ci-dessous : les roches ignées quaternaires entourent la baie de Kagoshima)

 

geo kys 2                         Carte géologique de Kyushu - Geological survey of Japan.


Le groupe Kirishima :

Ce groupe important s’est formé de la fin du Pléistocène à l’Holocène ; il occupe une large zone de 20 km. sur 30, au nord de la baie de Kagoshima, et se compose de stratovolcans, cônes pyroclastiques, maars et volcans-boucliers sous-jacents.

 

kirishima_volcano_japan_photo.jpgLe Takachihonomine au centre, et l'Ohachi-dake à droite - photo prise du Shiinmoe-dake / GSJ/J.Itoh.

  14 15map

               Carte de situation de la caldeira Kakuto et du groupe Kirishima - GSJ.

Au centre du groupe, les plus grandes structures se déclinent en :

-        stratovolcans alignés sur un axe E-O. : le Karakumi-dake en constitue le point culminant avec 1700 mètres. Le Shinmoe-dake, l’Ohachi-dake et le Takachihonomine complètent la série.


kirishima-gr.---Crat-Karakuni-dake-aG-Onamiike---H.Seo.JPG

Le cratère du Karakuni-dake - à gauche de la photo, l'Onami-ike - photo GSJ by H.Seo

 

kirishima - Shinmoe-daka - 99 T.Arimura

Le cratère du Shinmoe-dake occupé par un lac de cratère et deux autres petits cratères à l'avant-plan (centre et à droite) - photo T.Arimura .

 

kirishima gr. - Shinmoe-dake - H.Seo 2002

Vue aérienne du Shimnoe-dake permettant de bien positionner les 3 cratères internes et une chaîne d'évents fissuraux sur le flanc à droite -  photo H.Seo / GSJ.


Kirishima-gr.---Crta.Ohachi---Takachihonomine-arr-plan---H-JPG

Le cratère de l'Ohachi vu de l'ouest - le Takachihono-mine à l'arrière-plan

photo GSJ by H.Seo.


-        deux larges maars, l’Onami-ike et le Mi-ike sont localisés au sud-ouest et à l’est du Karakuni-dake.

 

Kirishima gr. - Onamiike maar

                    L' Onami-ike - maar - photo GSJ / T.Arimura 2001

 

L’activité aux 20-21° siècles concerne l’Ohachi-dake et le Shinmoe-dake :

-        16.02.1900 : éruption de l'Ohachi – 2 morts

-        08.et 11.1903 : éruption de l'Ohachi

-        11.1913- 01.1914 : 3 éruptions et chute de cendres à l’Ohachi

-        1923 : éruption de l'Ohachi – 1 mort

-        17.02.1959 : Eruption phréatique au Shimnoe-dake, avec chutes de cendres

-        12.1991-02.1992 : éruption phréatique et panache de cendres au Shinmoe-dake

-        22.08.2008 : éruption phréatique au Shinmoe-dake.

 

Sources :

- Geological Survey of Japan : Kirishima-yama

- Global Volcanism Program - Kirishima

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Unzen_volcano.jpg

Image radar de la péninsule de Shimabara et du massif de l'Unzen - Image courtesy: NASA/JPL-Caltech

 

Le complexe volcanique Unzen-dake:

Situé sur la péninsule de Shimabara, sur l'île de Kyushu, dans le graben Beppu-Shimabara, le complexe de l'Unzen se compose de trois édifices distincts répartis dans un secteur de 20 km. de diamètre : Le Kinugasa au nord, le Fugen-dake au centre-est et le Kusenbu au sud.

Chaque édifice est à son tour formé d'un grand nombre de dômes de lave andésitique et dacitique qui se sont construits sur des matériaux pyroclastiques.


AGU2001-8.gif

De haut en bas : les divers stades de formation de l'Unzen - GSJ 

Pre-Unzen stage  0.5-2 Ma
Monogenetic volcanism of olivine basalt & pyroxene andesite across the whole Shimabara Peninsula
Weak development of magma chamber
Fractional crystallization dominant differentiation

Older Unzen stage  0.15-0.5 Ma
Birth of Unzen startovolcano(hornblende andesite) in the middle of the Shimabara Peninsula
Development of Unzen graben (crustal thinning and the rise of Moho)
Formation of felsic magma by crust melting
Development of crustal magma chamber and effective magma mixing of mafic and felsic magmas
Explosive pumice eruption

Younger Unzen stage  0-0.15 Ma
Conversion of volcanic and fault activities in the central part of the Shimabara Peninsula
Lava dome growth and dome-collapse pyroclastic flows
Repeated edifice failure

 Unzen map 2 K.Nakajima

                       Image topographique 3D del'Unzen - doc. GSJ by Nakajima.

 L'avalanche de débris du Mayu-yama est signalée en brun (M).

 Le nouveau dôme est aussi appelé Heisei-Shinzan.; ses émanations sont colorée en parme (P-D)

 

Les volcans Fugen-dake et Mayu-yama , situé au centre du complexe Unzen, ont été actif durant l'holocène.

Le complexe de dôme de lave Mayu-yama s'est formé voici 4.000 ans et fut la cause del'éruption de 1792. Le sommet du volcan fut secoué par une série d'explosions phréatiques, avec des coulées de lave dacitiquede 3,5 km. sur les flancs. quelques mois plus tard, l'écroulement du dôme de lave engendra une avalanche de débris qui engloutit 9.528 personnes sur son passage vers la mer; la majeure partie de l'avalanche déclencha, en entrant dans la mer, un tsunami qui tua 4.996 autres personnes.

Ce fut la pire catastrophe d'origine volcanique de toute l'histoire du Japon.


L'activité s'est reportée ensuite sur le sommet et les flancs du Fugen-dake.

En 1989, le volcan enregistre une crise sismique qui dure 12 mois, au cours desquels l'épicentre, situé d'abord à 10 km. au large, se rapproche progressivement du volcan.

En novembre 1990, deux cratères sommitaux présentent une activité explosive, avec des phases phréatiques ou phréatomagmatiques, qui se poursuit jusqu'en mai 1991.

 

Fugen-dake---Kitakami-koba-15.04.91-avant.JPGLe Fugen-dake, le 15 avril 1991, vu de Kitakami-koba : avant l'émergence du dôme - ce village fut détruit par une coulée pyroclastique en juin 1991 - doc. GSJ by N.Ozeki.


Le 20 mai 1991, un dôme dacitique émerge du cratère Jigku-ato. Il s'appelera Heisi-shinzan.

Quatres jours plus tard, les premières portions du dôme commencent à s'écrouler, avec production des premières coulées pyroclastiques.

 

Unzen - coulée pyro 29.05.91 vu du plateau Inaoyama - N.OFugen-dake - coulée pyroclastique du 19 mai 1991, vue du plateau Inaoyama au NO - photo GSJ by N.Ozeki.


Le 3 juin 1991, à 15 h.58, une nuée plus importante parcourt un chenal de 4 km. en direction de la ville de Shimabara, tuant au kraffts.JPGpassage 43 personnes dans les environs du village de Kitakami-koba, dont trois volcanologues bien connus, Katia et Maurice Krafft, et Harry Glicken, un spécialiste des nuées ardentes.

Ironie du sort, ces volcanologues , pourtant bien tansan5.JPGau courant des dangers des coulées pyroclastiques, se trouvaient pile sur un couloir lui permettant un parfait déploiement. Plus encore, Glicken s'était fait remplacer par David Johnston, le 18 mai 1980, au St.Helens pour pouvoir passer un entretien dans une université californienne... et avit échappé de ce fait à un mort violente.

Petites images des Krafft et de la nuée ardente extraites de clip vidéo d'époque.

 

18_64A4---03.06.91.JPGUnzen - 03 juin 1991 - LA nuée ardente qui a tué les Krafft et 41 autres personnes, vue du flanc nord - photo GSJ by N.Ozeki.

 

Unzen---avant-la-coulee-pyro---N.Ozeki-20.09.91-copie-1.JPGFugen-dake - le dôme vu de nuit le 10 septembre 1991, 5 jours avant un nouvel effondrement causant une coulée pyroclastique - photo Ozeki / GSJ.


Ce type d'activité s'est poursuivi jusqu'en février 1995. En 1996, deux nouvelles phases d'effondrements accompagnées de nuées ardentes eurent lieu.

 

Fugen-dake-1994.JPGFugen-dake - le dôme de lave Heisei-shinzan, vu du nord-est, le 25 octobre 1994 - photo T.Soya / GSJ.

 

 

                                                        *     *     *     *     *     *     *     *

 

krafftnuee-copie-2.jpg

 

Une pensée pour Katia et Maurice Krafft, qui nous ont quittés trop tôt, dévorés par leur passion.

Géologue-volcanologue, il a fondé avec son épouse, géochimiste, le centre Vulcain, spécialisé dans la phénoménologie des éruptions volcaniques. Auteurs d'une vingtaine de livres et de six longs métrages, ils ont aussi rassemblé la plus grande bibliothèque volcanologique au monde et une importante collection iconographique.

"Ils ont parcouru le monde pendant vingt-cinq ans, d'éruption en éruption, pour retranscrire avec sensibilité leurs émotions vécues sur le terrain et fait ainsi un travail novateur de vulgarisation scientifique dans le domaine de la volcanologie. ...

Ne faisant partie d'aucun organisme officiel, indépendants d'esprit comme sur le plan financier, travailleurs acharnés, souvent jalousés, ils ont marqué le monde de la volcanologie".  (A.Demaison)

Maurice Krafft écrivait en 81 : " ... Si nous avons encore le courage de vivre dans notre société moderne, c'est grâce aux volcans, aux joies qu'ils nous apportent, pour leur beauté, leur sérénité, leurs embrasements, leur violence qui, peut-être un jour, aura raison de notre témérité. " ... ou disait encore, dans un énorme éclat de rire :

  "la vie est la seule aventure dont on ne sort jamais vivant ! "

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- Volcanotectonic history and magmatic evolution of the Pliocene-Quaternary volcanism of the Shimabara peninsula, Southwest Japan - par K.Uto, H.Hoshizumi, H.Nguyen, K.Oguri et M.Sudo /Geological Survey of Japan. - lien

- Geological Survey of Japan- Unzen-dake

- Geological survey of Japan - Kirishima-yama

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Kyushu, l'île la plus méridionale de l'archipel nippon, est considéré comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise.

Elle contient de nombreux volcans importants : L'Unzen-dake, l'Aso-san, le Kirishima-yama, le Sakura-jima pour ne citer que les plus connus.


Kyushu                                      Carte de situation des volcans de Kyushu - doc. GSI.

 

Tectonique locale :

Kyushu peut se diviser en trois zones délimitées en partie par de grandes failles :

- Kyushu sud, au sud de la ligne tectonique Usuki-Yatsushiro, prolongement de la MTL - mediantectonic line qui court depuis le nord d'Honshu.

- Kyushu centre : constitué des terrains entourant et faisant partie d'une aire de subsidence, appelée graben de Beppu-Shimabara, a  comme limite sud une branche de la ligne tectonique Usuki-Yatsushiro.

- Kysushu nord : le reste de l'île.

 

Tectonic_map_of_southwest_Japan-copie-copie-1.jpgLigne tectonique et grabens (tracés approximatifs) de Kyushu - d'après la carte tectonique sud-Japon / Wikipedia.

Beppu-Shimabara graben : entre ...  -  Kagoshima graben : entre  ...

 

A l'extrême sud de Kyushu, les volcans datant du quaternaire suivent parallèlement l'arc de Ryukyu. Le graben Kagoshima a vu une intense activité volcanique au Pléistocène, avec la création de grande caldeiras qui ont poinçonné le graben du nord au sud, respectivement les caldeiras Kakuto, Kobayashi, Aira, Ata, et "inferred caldera". Les produits pyroclastiques de ces énormes éruptions se sont répandus largement sur les terres entourant l'actuelle baie de Kagoshima pour former un plateau.

 

Le centre de Kyushu abrite entre autre deux volcans importants : L'Aso-san (dernière manifestation en 2008) et l'Unzen-dake (dernière éruption en 1996)

 

Le complexe volcanique de l'Aso :

Une énorme caldeira, de 24 km. sur 18, résultant de la coalescence de plusieurs caldeiras, abrite une quinzaine de cônes et de nombreuses sources thermales.

 

AsoSan----N.Nakajima.JPG               Carte topographique de la caldeira Aso - doc. GSJ by Nakajima.

 

caldeira-ASO---Oikawa-10.2006.JPG                    La caldeira Aso - vue de la paroi NO. - photo Oikawa 2006.


La formation des caldeiras se décline en plusieurs périodes: la première caldeira est datée de 300.000 ans, date à laquelle une énorme éruption et l'émission d'un volume considérable de ponces vida en quelques heures la chambre magmatique provoquant l'effondrement de son toit, avec formation de la première caldeira. Les ignimbrites ont couvert la majeure partie de Kyushu.

Quatre phases d'éruptions avec émission de produits pyroclastiques , qualifiées d'Aso 1 à Aso 4, se succédèrent.

La caldeira prit sa forme actuelle, il y a 70 à 80.000 ans., avec l'Aso 4 : 600 km³ de tephras et dépôts pyroclastiques.

 

Un groupe de 17 cônes se sont élevés au centre de la caldeira; parmi ceux-ci, le Neko-dake, estimé être le plus ancien (1.408 m.), le Kishima-dake (1.270 m.), le Narao-dake (1.331 m.), l'Eboshi-dake (1.337 m.), le Taka-dake, le plus élevé (1.592 m.) et le Naka-dake, le plus actif au cours des temps historiques.

 

Aso-caldeira---Cone-scories-Yonezuka---S.Nakano-1989.JPGComplexe Aso - Le cône de scories Konetzuka formé il y a 1800 ans- photo GSJ by S.Nakano.

 

Le Naka-dake a un cratère large de 600 mètres pour une profondeur de 160m. Il contient un lac de couleur verte, acide, fumant et parfois bouillonnant. Ces émanations sont contrôlées et les résultats conditionnent l'admission des visiteurs au cratère. L'inflation du volcan est contrôlée par des mesures laser, faites par l'Aso Volcanological Laboratory.

 

MountAso_Nakadake_crater---Von-Tasha.jpg                 Le cratère du Naka-dake et son lac acide et chaud - photo Von Tasha.

 

Les éruptions historiques - 170 depuis l'an 553 -  furent de nature basaltique à basalto-andésitique, avec des émissions de cendres, des épisodes strombolien et phréatomagmatiques prenant périodiquement le relais.

 

800px-MountAsoBunkers---Von-tasha.jpg                       Les bunkers anti-bombes du Naka-dake - photo Von Tasha.

 

La caldeira est fortement occupée par quelques 100.000 personnes, sans compter les nombreux visiteurs de ce site volcanique prisé. Aso, une grande agglomération, compte à elle seule 30.000 habitants en 2005.

 

Les gorges de Takachiho-Kyo, à proximité de l'Aso, abritent de superbes orgues volcaniques.

 

gorges-de-Takachiho-kyou-et-chute-Manai.jpg                La gorge de Takachiho-kyo et la chute Manai - photo Juunyoh Tanaka.

 

Demain, les volcans Unzen et Kirishima, puis...

 

Lectures :

- Visite de l'île de Kyushu - par Nathalie Duverlie, revue LAVE n°130 janvier 2008.

- Volcans sacrés et sacrés volcans de Kyushu - par Patrick Barois, revue Lave n°143 mars 2010.

 

Sources :

- Global Volvcanism Program - Aso

- Geological Survey of Japan - Aso-san

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

800px-Onsen_in_Nachikatsuura-_Japan---C.Gunther.jpg

            Un Onsen à Nachikatsuura, sur l'île de Honshu - photo Christian Günther.

 
L'onsen, littéralement "source chaude", est un bain thermal japonais, bain chaud dont l'eau est généralement issue de sources volcaniques, parfois réputées pour leurs vertus médicinales.

Selon la loi, il faut que la source délivre de l'eau à plus de 25°C, devant contenir plusieurs éléments minéraux.

Ces ont des lieux de détente et relaxation, qui proposent bien souvent en plus du bain lui-même, des possibilités d'hébergement et de restauration. Le terme "onsen" désigne d'ailleurs indifféremment la source et les installations qui l'entourent.

Les plus appréciés sont situés à l'extérieur, face à un paysage préservé et construits en matériaux naturels, pierre et bois.

 L'Onsen est souvent complété par un sanctuaire Shintoïste et des statues Bouddhistes ce qui permet de purifier son corps et son âme.
Certains onsen, du fait de leur association avec un sanctuaire religieux, sont emprunts de légendes et mysticismes en tout genre.

 

Quelques particularités :

En ce lieu, la nudité est de rigueur et les visiteurs ne disposent que d'une serviette susceptible de cacher leur partie génitale. Autrefois les deux sexes étaient mélangés, mais depuis l'ère Meiji et l'ouverture vers l'occident très peu de bains acceptent cette pratique mixte, critiquée par les Américains.


onsen--magazine-du-tourisme.jpg

                                                Onsen mixte - doc. magazine du tourisme.

La petite serviette blanche, sur la tête du nageur du fond, va lui servir à couvrir pudiquement une infime partie de son anatomie au sortir de l'eau.

 

Le maillot de bain n’est donc pas autorisé dans les Onsen, excepté dans les centres qui ressemblent plus à des parcs aquatiques que des centres thermaux.

La nudité n’est pas perçue de la même façon selon les pays et au Japon, si attaché aux traditions anciennes, le corps nu n’offense pas la vue. Au contraire, les japonais considèrent les onsen comme des lieux où la nudité collective permet de mieux se connaître.


Certaines règles de propreté doivent être respectées, tous les baigneurs doivent se laver et se rincer AVANT d'entrer dans les bassins. Les japonais ne comprennent pas notre manière de prendre le bain, qu'ils trouvent impropre. Ils estiment que les occidentaux se lavent dans un eau sale, car ils n'ont pas pris la peine de se nettoyer avant.
Sachez que vous ne pourrez pas entrer dans un onsen  si vous possédez une tatouage. Au Japon, ils sont peu appréciés car assimilés aux pratiques des samouraïs et des marginaux.

 

Les onsens m'intéressent particulièrement , non seulement pour leur alimentation par des sources chauffées par les volcans, mais aussi parce qu'ils ont été adopté par des cousins primates. 

 

JapaneseMacaqueM2262---Fg2-wiki.jpg      Epouillage méticuleux dans la douce chaleur d'un onsen fumant - photo Fg2/wikipedia.


Le Macaca fuscata, le macaque japonais, est aussi le singe le plus "nordique" au monde. Aidé par son pelage fourni, il résiste bien au froid. La neige est bien souvent abondante dans sa zone d'habitat, et lorsque les températures chutent sous les moins cinq degrés, ils viennent se réchauffer dans les sources thermales existant dans ce même habitat. Ils ont gardé cette bonne habitude même par des temps moins froids... adaptation à un certain confort ?

Ils s'adaptent à leur milieu et bien qu'appartenant à une espèce, chaque groupe de macaques acquiert sa "propre culture" au gré des découvertes, influencées par l'apprentissage ou l'environnement. Un singe de l'île de Koshima a appris à laver les patates douces qu'on lui donnait, pour les débarrasser du sable qui les souillait ... l'habitude s'est transmise à ses congénères, qui la reproduise même avec des patates propres.

 

5171_1264012859_81475.jpg                  En voilà trois qui sont en passe de faire un "coup de chaleur"  - photo Wazoo.


Ils sont célèbres à Shiga Kogen et Jigokudani Yaen Kōen, au plus profond de la vallée de l'enfer... au japon, on donne l'appellation d'enfer - jigoku - à un endroit dès qu'il y existe un geyser, ou une source chaude.

 

Beatitude---french.china.org.jpg                         "C'est le pied ! " - photo french.china.org.

 

Il existe des onsen sur toutes les îles de l'archipel Japonais ... ici sur Kyushu, où dès demain, nous analyserons d'autres volcans.

  

 

Chinoikejigoku in Beppu Japan 001 -yosemite                             Chinoike jigoku à Beppu, sur l'île de Kyushu- photo Yosemite /wikipedia

Le Chinoike Jigoku, ou "enfer du bassin de sang" contient un lac dont la couleur est dûe à une forte concentration en boues ferrugineuses.

 

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                                      Un dernier ... " vu de In Poo" - photo J.Harvey.

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Publié le par Bernard Duyck
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                                            Le Fuji-san chapeauté  - photo Declan Murphy

 

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                       Le Fuji-san, vu du sud-est - photo M.Shirao, le 07.01.2010.


Le mont Fuji est situé dans le centre  de l'île principale de Honshu, encadré par les Alpes japonaises au nord-ouest et l'océan Pacifique au sud-est. S'élevant à 3 776 mètres d'altitude au pic appelé Shin-Fuji , il constitue ainsi le point culminant du Japon  , visible les jours de beau temps deTokyo, situé à moins de 100 kilomètres au nord-est.

Il est bordé au nord par les cinq lacs Fujigoko : le lac Motusu, le Shoji, le lac Sai, le lac Kawaguchiet le lac Yamanaka.  À ses pieds s'étend la forêt d'Aokigahara.

La topographie est celle d'un stratovolcan : cône symétrique de trente kilomètres à la base, ses pentes régulières s'élèvent à 3.776 mètres d'altitude, conférant à ce volcan un volume impressionnant de 870 km³.

 

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                      Le cratère sommital du Fuji-san  -  photo GSJ by S.Nakano.


Le cratère sommital est large de 5 à 700 mètres, pour une profondeur variant entre 100 et 250 mètres.

La seule irrégularité de ses pentes est constituée par le cratère Hôei-san, situé à 2.300 m. d'altitude.

 fuji---T.Iwaya.JPG             Topographie du Fuji-san et des cins lacs Fujigoko. Doc.GSJ.

Toponymie et étymologie :

L'origine du nom Fuji reste incertaine. Une étymologie populaire récente affirme qu'il provient de 不二 (négation + chiffre 2), signifiant « sans égal ». Une autre affirme qu'il provient de 不尽 (négation + « échappement »), signifiant « sans fin ». Un enseignant classique japonais de la période Edo, Hirata Atsutane, explique quant à lui que le nom est dérivé d'un mot ayant pour sens « une montagne s'élevant avec la forme de l'épi d'un plant de riz ». Un missionnaire britannique, John Batchelor (1854-1944) émet l'hypothèse que le nom provient du mot aïnu pour « feu » (fuchi) de la déesse Kamui Fuchi mais il est contredit par le linguiste japonais Kyōsuke Kindaichi (1882-1971) sur la base des développements phonétiques. Aussi, huchi signifie « vieille femme » et ape « feu », ape huci kamuy étant la déesse du feu. Des recherches sur la distribution des noms de localités incluant fuji suggère que l'origine du nom est yamato plutôt que aïnu. Enfin, un toponymiste japonais, Kanji Kagami, explique que le nom a la même racine que « glycine» (fuji) et « arc-en-ciel » (variante de niji) et provient de ses « longues pentes bien formées »     . Un texte du Taketori monogatari   dit que le nom vient d'« immortel » (不死, fushi) et de l'image d'abondants (富, fu) soldats (士, shi) grimpant les versants de la montagne.

 

Formation :

La forme conique régulière du Fuji-san, symbole d'une perfection toute japonaise, ne reflète pas son origine complexe.

Les études géologiques ont déterminé quatre phases d'activité volcanique distinctes dans la formation du mont Fuji. La première phase, appelée Sen-komitake, est composée d'un cœur d'andésite récemment découvert en profondeur sous la montagne. La deuxième, Komitake-Fuji, consiste en une couche de basalte probablement formée voici plusieurs centaines de milliers d'années. Il y a 100 000 ans environ, le « Vieux Fuji » se serait formé par-dessus le Komitake-Fuji.

Le stratovolcan symétrique moderne s'est construit à une époque post-glaciaire sur ce groupe de volcans qui se chevauchent.

La croissance du jeune Fuji a débuté, entre 11.000 et 8.000 ans avant JC. par de volumineuses coulées de laves, qui ont produit les 4/5 du volume du volcan.

L'activité se traduit ensuite, de 8.000 à 4.500 avant JC., par des éruptions explosives mineures, puis par des coulées de laves majeures entre 4.500 et 3.000 avant JC.

Ensuite, des éruptions explosives se succèdent par intermittence, accompagnées de coulées pyroclastiques et de lave.

Entre 3.000 et 2.000 avant JC., ce sont les éruptions sommitales qui dominent; puis l'activité se déplace vers les évents de flancs.

 

Les flux basaltiques émis par le cratère sommital et les quelques cent cônes de flanc sont bloqué les drainages côté nord, permettant la formation des "cinq lacs du Fuji".

Le mont Fuji est actuellement classé actif avec un faible risque éruptif. La dernière éruption enregistrée a commencé le 16 décembre 1707 et s'est terminée autour du 24 février 1708, durant l'époque Edo. Elle est parfois appelée « grande éruption Hôei». Pendant cet évènement, un nouveau cratère, ainsi qu'un second pic, appelé Hōei-zan, se sont formés à mi-pente  , sur le versant sud-est de la montagne. Les scientifiques prédisent une activité volcanique mineure dans les prochaines années.

 

Fuji-et-Hoei-crat.du-SE---S.Suto-2005.JPGLe cratère sommital et le cratère Hôei, vus du SE. - photo S.Suto 2005 / GSJ.

 

Les éruptions les plus importantes :

- 1350 avant JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 1.100 Mm³

- 1030 av. JC : VEI 4+ - vol.téphras émis : 650 Mm³

- 930 av. JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 1.300 Mm³

 

- 800 après JC : VEI 4

- 864 ap. JC : VEI 3 - vol. laves émis : 1.300 Mm³

  de la lave comble le vaste lac Senoumi, le divise en deux pour

  former les actuels lacs Sai et Shoji ; c'est "l'Aokigahara lava"

   lieu actuellement couvert par le forêt d'Aokigahara.

- 1707 ap. JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 2.100 Mm³ - cratère Hôei

 

Le Fuji : sacré montagne et montagne sacrée.

Le mont Fuji est une montagne sacrée depuis le 7°siècle  De nombreux synonymes japonais du mont Fuji rendent eux aussi compte de son caractère religieux.

Dans le shintoïsme, la légende raconte qu'un empereur ordonna de détruire au sommet de la montagne un élixir d'immortalité qu'il détenait : la fumée qui s'en échappe parfois serait due à ce breuvage qui se consume.

fuji-2-ceb36.jpgDe plus, selon la tradition, les divinités shintô Fuji-hime et Sakuya-hime y habiteraient tout comme Kono-banasakuya-hime, « La princesse qui fait fleurir les arbres » (en particulier les cerisiers).

 


Le bouddhisme vénère quant à lui sa forme rappelant le bouton blanc et les huit pétales de la fleur de lotus.Toutes ces raisons font que son ascension est interdite aux femmes jusqu'en 1872: une chapelle appelée Nyonin-do (« refuge des femmes ») leur permet d'attendre à l'abri leurs maris, fils ou frères.

Des confréries (fuji-kô) se sont établies depuis le 17° siècle au pied du Fuji afin de vénérer la montagne et d'y organiser des pèlerinages. C'est à l'époque du décès de Jikiguô Miroku, mort en jeûnant au mont fuji,en 1733, que la foi s'est transformée en religion et que l'ascension est devenue rituelle.

 

fuji07.jpg

 

Pour ceux que l'ascension intéresse :

L'équipement "montagne-de nuit" est indispensable, la nourriture et la boisson aussi !

Actu-7-0464-copie.jpgOn peut acheter pour 1200 yen un bâton de pèlerin, muni de clochettes et d'un fanion, que l'on fera estamper à chaque refuge ... souvenir !

Les pistes (au nombre de 4) vous menant au sommet se trouvent sur la partie est du volcan. Les pistes sont divisées en 10 étapes. A chaque étape vous trouverez une infrastructure d’accueil plus ou moins sommaire.
Des bus peuvent vous conduire directement à l’étape n°5. Au-delà il vous faudra marcher. De l’étape n°5 au sommet il vous faudra environ 5 heures par la piste Kawagusgi-ko, 4h30 par la piste Subashiri, plus de 8 heures par la piste Gotenba et, environ 3h30 en utilisant la piste Fujinomiya.
Un sentier accessible par l’ensemble des pistes au niveau de l’étape n°5 permet de faire le tour du mont Fuji. Pour cette promenade il vous faudra plus d’une heure.
Les piste sont ouvertes en été (juillet - août). Le soleil peut vite devenir insupportable. Aussi nous vous conseillons de grimper de nuit et en semaine (moins de monde).
Vous assisterez ainsi au lever du soleil, un événement particulièrement apprécié des Japonais.

 

Demain, les "onzen" ...

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fuji

- USGS photo glossary : VEI - Volcanic explosivity index

- liste des éruptions de VEI > 4, durant l'holocène sur le GVP

- fiche pratique pour la montée au fuji - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'île de Honshu est la plus grande de tout l'archipel japonais avec 230.800 kilomètres carrés, soit plus de la moitié de la superficie totale du pays. Elle est même la huitième plus grande île au monde.

Elle est située au centre de la nation et elle est la plus dense en population avec 93 millions d'habitants, soit près de 75% de la population totale.

Les principales villes du pays comme Kyoto, Osaka et Tokyo, la capitale, y sont situées. Plusieurs multinationales, comme celles de l'industrie de l'automobile et de l'électronique, y ont établi leur siège social, principalement dans la région de Tokyo et de Osaka.

Le relief, très accidenté dans le centre de l'île, est principalement couvert de forêts. Toutefois, sur les côtes, on y retrouve des plaines qui ont vu naître quelques unes des plus grandes villes du monde. C'est aussi sur l'île de Honshu que l'on retrouve le point le plus élevé du pays, le mont Fuji.

 

Les volcans de l'île de Honshu :

 

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            Carte des volcans d'Honshu, situés majoritairement au nord et au centre de l'ile.

                                   Doc. Geological Survey of Japan.

 

Nous examinerons les volcans du centre de Honshu, plus accessibles au départ de Tokyo, et jouissant d'un environnement tectonique propice à leur activité courante.

 

L'Asama-yama :

 

AsamaYama---Fievartsy-wiki.jpg                  L'imposante masse de l'Asama-yama - phot Fievartsy /wikipedia.

 

L'Asama est situé à un point de jonction triple; c'est ici que se rencontrent l'arc Izu-Bonin, l'arc du Japon-NE., et l'arc du Japon SO. De profondes modifications de la croûte terrestre ont créé un contexte complexe : le centre de Honshu est parcouru de nombreuses failles; les plus importantes sont l'ISTL - la faille Itoigawa-Shizuoka et la MTL - la faille tectonique médiane.

L' ISTL est à la frontière entre les parties SO. et NE. de l'arc japonais; la MTL, longue de 1.000 km., est une zone de faille consistant principalement en failles de décrochement latéral et sépare l'arc japonais du SO. en deux zones, une "zone pacifique" et une "zone intérieure"... le front volcanique, qui suit l'arc japonais depuis le nord-est d'Honshu, bifurque soudain à l'approche de la faille ISTL en direction du sud et de l'arc volcanique Izu-Bonin.

 

Tectonic_map_of_southwest_Japan-copie.jpgPosition des failles sur Honshu - modifications d'après carte tectonique Wikipedia /Pekachu                  

 

La Fossa magna : (en rose sur la carte tectonique)

C'est une dépression tectonique, située à l'est de la faille ISTL; sa frontière ouest suit la faille ISTL, sa frontière-est est moins bien définie mais semble suivre les failles Kashiwazaki-Chiba et Shibata-Koide.

La Fossa magna s'est effondrée à une période où les îles japonaises se sont déplacées depuis le bord du continent asiatique vers leur position actuelle, avant de s'élever. Elle est fort profonde; les sédiments néogènes s'y sont accumulés sur une épaisseur de 5.000 à 10.000 mètres par places. Les roches volcaniques, produites par un volcanisme intense au cours de l'expansion de la mer du Japon, s'y sont également déposé.

 

Les monts Tanzawa, qui faisaient partie de l'arc Izu-Bonin en mouvement vers le nord, sont entré en collision avec Honshu, il y a 6 millions d'années, et furent rehaussés par le collision continue avec l'arc Izu-Bonin.

La péninsule Izu est elle entrée en collision avec Honshu, il y a un à deux millions d'années et les volcans du quaternaire se sont édifiés sur ce sous-bassement péninsulaire composé de laves, roches volcaniques et sédiments sous-marins.

 

Ce contexte tectonique vaut pour les différents volcans illustrés ici et pour le Fuji-san également.

 

Asama---Topogr.---K.Nakajima.JPG                               Topographie de l'Asama-yama - Doc.GSJ by K.Nakajima.

 

Asama---cone-Maekakeyama--crat.-Kamayama---somma-Kuforuyam.JPGLe cône pyroclastique Kama-yama, situé dans le cratère du Maekake-yama. On aperçoit la somma Kurofu-yama sur la droite - photo GSJ by M.Shirao

 

Un ancien volcan andésitique, le Kurofu-yama, vit sa caldeira en partie détruite par un glissement de terrain à la fin du Pléistocène (- 20.000 ans BP).

Le moderne Maekake-yama s'est édifié dans la partie est de la caldeira en fer-à-cheval du Kurufu-yama. La croissance du volcan-bouclier dacitique s'est accompagnée de coulées pyroclastiques ponceuses, il y a entre 14.000 et 11.000 ans BP. Le dôme de lave Ko-Asama-yama, situé sur le flanc est, a commencé à croître à la même époque.

Le Maekake-yama n'est âgé que de quelques milliers d'années (7.200 ans av.JC, selon le GVP) ; il est coiffé par le cône pyroclastique Kama-yama, qui forme l'actuel sommet. Son activité fut marqué par de nombreuses éruptions pliniennes, les deux dernières en date eurent lieu en 1108 et 1783 après JC, avec une VEI respectivement de 5 et 4, pour un volume de tephras émis de 1.300 Mm³ et 430 Mm³.

Il est toujours fort actif au 21° siècle , avec des éruptions en février 2003, septembre 2004, août 2008 et janvier 2009.

 

Asama---16.09.2004---M.Ohwada.JPG                     L'éruption de 2004 - photo M.Ohwada prise le 16 septembre 2004.

 

Le groupe Yake-dake :

 

Le Yake-dake, du nom générique signifiant "Montagne brûlée" appliqué à plusieurs structures volcaniques japonaises, est situé dans les monts Hida près de la station Kamikochi.

 

Yakedake01s2010---663highland.jpg                Le lac Taisho et le Yaka-dake - photo 663highland/wikipedia.


Ce petit stratovolcan andésitique s'est construit à califourchon sur une crête séparant deux anciens volcans : le Warudani-yama et le Shiratani-yama.

Il possède un cratère sommital de 300 mètres de large et ses flancs SE. et N. sot troués de cratères d'explosion.

L'Akandana-yama est un stratovolcan avec dôme de lave, situé à 4 km. au SSO. du Yake-dake.

 

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             Carte topographique du groupe Yaka-dake - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

Yake-dake---crateres-sommit.---S.Nakano.JPG        Les cratères sommitaux du Yaka-dake - photo S.Nakano / GSJ.

 

L'activité du Yake-dake consiste, au 20° siècle, en de fréquentes éruptions phréatiques; en 1995, une explosion dans la zone géothermale a tué deux personnes sur le site de construction d'une autoroute.

 

Le complexe Hakone-yama :

 

Deux caldeiras qui se recouvrent abritent les structures volcaniques de l'Hakone-dake; la plus grande mesure 10 km. sur 11.

Elles furent formées lors de deux éruptions majeures suivies d'effondrements, respectivement il y a 180.000 et 49.000-60.000 ans.

 

Hakone.JPG                         Carte topographique du complexe Hakone-yama. - doc GSJ .


Six dômes de lave se sont formés "post-caldera" sur un vague axe NO-SE.; leur croissance s'est effectuée du nord vers le sud.

Le plus grand et le plus jeune d'entre eux, le Kami-yama, forme le point culminant du complexe. Une éruption phréatique, il y a 3.000 ans, fut suivie de l'effondrement de la partie NO. du Kami-yama, ce qui a créé un barrage au niveau du canyon Haya-kawa, qui permettait l'écoulement des eaux de la caldeira en direction de son côté-est ébréché ... ce barrage a permis la création du lac Ashi.

 

Hakone-yama----du-SSE---S.Suto.JPGLe complexe Hakone - caldeiras, dômes de lave et stratovolcans, lac de retenue ... et des habitations nombreuses dans la zone. - photo SGJ by S.Suto.

 

Hakone----G-D-Kamiyama--Komagatake--Futagoyama-----S.Nakano.JPG

Le lac Ashi et les cônes centraux : de gaucheà droite, le stratovolcan Kamiyama, les dômes de lave Komagatake et Futagoyama - photo S.Nakano 2002.

 

Hakone---Kanuurigatake-dome---fumerolles-Owaku-dani---S.Na.JPGLe dôme de lave Kanmurigatake et la zone de fumerolles d'Owaku-dani - photo S.Nakano 2007

 

La dernière éruption magmatique, datée de 1.200 avant JC, a produit un dôme de lave dans le cratère d'explosion.

Des éruptions phréatiques eurent lieu au 12° siècle; le 20° fut marqué par des essaims sismiques.

Le lac Ashi et les zones thermales du complexe forment aujourd'hui une destination touristique appréciée pour ses paysages, le lac et les nombreux "onsen" gérés par les hôtels.

 

Ces volcans nous ont amenés dans les parages du Fuji-san ... demain, nous parlerons du volcan sacré du Japon et des "onsen"

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - link Asama

-                                           - Yaka-dake

-                                           - Hakone

- Quaternary volcanoes in Japan

- Introduction to the landscape and geology of Japan.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi les énormes massifs volcaniques d'Hokkaidô, l'île la plus au nord de l'archipel nippon, l'Usu-Zan et le Koma-ga-take sont également remarquables.

 

La caldeira Toya et l'Usu-Zan - 有珠山  :

 

La caldeira Toya, âgée de 110.000 ans, abrite diverses structures volcaniques : un groupe de dômes de lave andésitique, maintenant recouverts de forêts, le Naka-jima, s'est érigé au centre du lac de caldeira large de 10 km.

 

Usu-et-Toya-caldera---avec-Nakajima-domes---Yoteisan-au-loi.JPGDe l'avant vers l'arrière-plan : l'UsuZan, la caldeira et le lac Toya abritant les dômes Naka-jima et au loin le Yotei-san - Photo GSI by H.Seo 2008.

 

2506usu7-copie.jpg   Vue topographique de la caldeira Toya et de l'Usu-Zan, d'après une photo satellite Aster / Nasa. - 04.2000.


L'Usu-zan, un petit stratovolcan, se situe sur le bord sud de la caldeira.

Le sommet de cet édifice basaltique à andésitique est coupé par une "somma" formée, il y a 7 à 8.000 ans, lorsqu'un collapsus du volcan a produit une avalanche de débris qui a atteint la mer proche.

Des dômes de dacite se sont installés sur deux lignes orientées NO-SE au sommet de cette caldeira. Trois d'entre eux, l'O-Usu, le Ko-Usu et le Showa-Shinzan, ont connu des éruptions au cours des temps historiques : Le Ko-Usu s'est formé en 1663, après une éruption plinienne - l'O-Usu en 1853, suite à une éruption plinienne - le Showa-Shinzan après des épisodes éruptifs explosifs et phréatiques de flanc, entre 1943-1945; sept cryptodômes se sont aussi formés durant cette période.

 

Map-Usu---Nakajima.JPG  Topographie des dômes (en parme) et cryptodômes(en brun) de l'Usu-Zan -  carte GSI by K.Nakajima .

 

One--yama-cryptodome---Showa-Shinzan-lava-dome---S.Nakano-8.JPGUsu-Zan - le cryptodôme One-yama arboré à droite, et le dôme de lave Showa-Shinzan (1943-45) à gauche - formations à droite sur la carte ci-dessus- photo S.Nakano 1983.


L'éruption de 2000 fut bien suivie - détails sur GVP

En résumé : après l'évacuation de 9.000 personnes, le 29 mars 2000, une augmentation très forte de la sismicité et l'apparition de failles au dessus des hypocentres sismiques sont observées.

 

Usu---31.03.2000-climax-eruptif----Y.Kawanabe.JPG                   L'éruption de l'Usu-Zan à son climax le 31.03.2000 - photo Y.Kawanabe / GSI.


2603usu1.png

L'éruption débute le 31.03 avec une phase phréatomagmatique, suivie d'une phase phréatique de début à mi-avril, avec la formation de plus de 50 cratères au début pour se concentrer par coalescence en quelques cratères en 3° phase.

Une inflation importante de la zone des cratères et une subsidence avec formation de graben entre deux failles sont constatées ; une complète dislocation de certaines maisons en résulte, sans victimes heureusement.

 

Usu-cratere-Nishiyama-et-failles-de-soulevement.JPGUsu-Zan - la zone des cratères Nishiyama et les failles de soulèvement, le 24.04.2000 - Photo S.Nakano / GSI.

 

Mt-usu---J.Becker.jpg     Usu-zan - maison disloquée, laissée comme témoin de l'éruption de 2000 - photo J.Becker

 

Le Komaga-take :

 

Le volcan tronqué Komaga-take présente deux pics sommitaux, nommés Kenga-mine et Sawara-dake, restes d'un large cratère ébréché en fer-à- cheval suite à un effondrement en 1.640.

  Komaga-take - Kenga -mine peak àD - Sawara-dake àG - T.

Le Komaga-take : les pics Kenga-mine à droite et Sawara-dake à gauche - photo T.Ui 1994 / GSI


Des débris d'avalanche en hummock sont visibles sur les pentes basses, au sud et à l'est.

Les flancs du volcan sont couverts de coulées pyroclastiques ou de dépôts de surges pyroclastiques - voir carte ci-dessous.

La plus grande part de ce stratovolcan est andésitique et date du Pléistocène.

 

Topogr.-Komaga-take---N.Nakajima.JPG                      Topographie et carte des coulées historiques - doc. GSI - K.Nakajima.

 

Activité éruptive : deux éruptions pliniennes datées de la fin du Pléistocène et deux autres datées de l'holocène précèdent la première éruption historique : en 1640, une énorme éruption plinienne a produit des débris d'avalanche atteignant le mer et des chutes de cendres ont affecté le centre d'Honshu, le grande île. Un tsunami résultant a causé 700 morts.

Cette éruption fut de VEI 5 et a émis, entre juillet et octobre 1640, un volume de téphras de 2.900 millions de m³.

 

Komaga-take---crat.-1929-et-fissures-1942.JPGKomaga-take : cratères de l'éruption 1929, coupés par une fissure éruptive datée de 1942.

Photo GSI by H.Seo 2002


D'autre éruptions plinienne  sont survenues depuis : en 1694, 1856, et 1929, toutes de VEI 4 et des émissions fortes de téphras, respectivement de  360, 300 et 190 Mm³.

En 1942, une éruption phréatomagmatique, puis en 1996, 1998 et 2000 des éruptions phréatiques sont enregistrées.

 

komaga-take---er.-17.06.1929---archives-K.disaster-prevent.jpgKomaga-take - le panache plinien qui est monté à 13 km. le 17.06.1929 - doc archives Komaga disaster prevention council.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Usu - Komaga-take

- Geological Survey of Japan  - Quaternary volcanoes / Hokkaido active volcanoes.

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Publié le par Bernard Duyck
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 Hokkaidô - 北海道, Hokkaidō  - ou Hokkaïdo, autrefois appelée Yeso, est la plus septentrionale des quatre îles principales de l'archipel Japonnais. Parmi les Japonais qui vivent sur Hokkaidō se trouvent une minorité d'Aïnous, qui furent les premiers habitants de l'archipel. Elle est entourée par le Pacifique(à l'est), la mer du Japon (à l'ouest) et la mer d’Okhotsk(au nord). Elle est séparée de Honshu par le détroit de Tsugaru.

Hokkaido, traversée par de nombreuses chaînes montagneuses, est célèbre pour ses paysages naturels : forêts vierges (71%) , volcans en activité ou grands lacs. Les marécages de Kushiro, à l’est d’Hokkaido, sont un paradis pour les oiseaux migrateurs comme la grue à crête rouge.

Son climat est rude : Hokkaidō est connu pour ses étés frais et secs et ses hivers rigoureux.  La température moyenne en août est d'environ 22 °C, tandis que celle de janvier varie entre -12 °C et -4 °C, en fonction de l'altitude et de la latitude. Ces conditions climatiques attirent les touristes : en été, le reste du Japon est trop chaud et Hokkaidô est prisée par son été tempéré, par contre en en hiver, le froid et la neige font le bonheur des amateurs de sports d’hiver. La capitale, Sapporo, a d’ailleurs accueilli les jeux olympiques hivernaux. Les tempêtes de neige, apportées par les vents en provenance de Sibérie, ne sont pas rares. En hiver, la mer d’Okhotsk gèle en grande partie, rendant la navigation impossible sur toute la côte Nord. Les poissonneries doivent cesser leur activité jusqu'au dégel.

 

Les volcans d'Hokkaidô :

 

 

Volcans-Hokkaido.gif                                           Situation des volcans de l'île d'Hokkaidô .


Parmi les nombreux volcans de l'île d'Hohhaidô, on n'examinera que les structures phares reprises par l'USGS.

 

Le complexe volcanique Akan :

 

La caldeira allongée du complexe volcanique Akan - 13 km. sur 24 - s'est formée, entre le début et le milieu du Pléistocène, au cours de quatre éruptions explosives majeures.

L'activité post-caldeira est caractérisée par l'édification de quatre stratovolcans : l'Oakan, le Meakan, le Furebetsu et le Fuppushi. La taille du lac de caldeira s'est vu restreinte du fait de la croissance de ces volcans, trois au SO. et un au NE. de la caldeira.


 

Akan caldera - Meakan-dake à G Akan Fuji centreLe complexe volcanique Akan : Le Meakan-dake à gauche, le conique Akan Fuji au centre et le lac Akan, toutes ces structures entrent dans la composition de la caldeira d'Akan - photo GSI by H.Seo - 2007.

 

Seul le Meakan-dake a eu une activité significative à l'holocène, avec quatre éruptions magmatiques majeures et depuis le début du 19°siècle, des éruptions de type phréatique.

Le Meakan-dake se compose de neuf cônes qui se recouvrent, et comprend l'Akan-Fuji, le Ponmachineshiri et le Nakamachineshiri.

 

Le cratère du Nakamachineshiri, large de 1.000 m., s'est formé, il y a 13.500 ans, au cours d'une éruption qui a émise force ponces et scories - VEI 4.

 

Meakan-dake , Nakamachineshiri crater 2                Meakan-dake - le cratère du Nakamachishiri vu du nord-est - photo GSI by H.Seo 2007.


Le cratère sommital Ponmachineshiri est triple; son activité au 20° siècle est essentiellement phréatique, avec émission de panaches de cendres : janvier-février 1988, novembre 1996, novembre 1998, 31 mars 2006 au niveau du cratère Akanuma, novembre 2008.

 

Meakan-dake , Ponmachineshiri crater - H.Seo 2007

Meakan-dake - le cratère triple du Ponmachineshiri vu du sud-est - photo GSI by H.Seo 2007.

 

Meakan-dake , Ponmachineshiri crateret Akanuma crater - H.Meakan-dake - le sommet du Ponmachineshiri vu du nord ; le cratère actif Akanuma à l'avant-plan - l'ancien cratère Aonuma qui abrite un petit lac rond - le stratovolcan Akan-Fuji en arrière-plan à droite.

 

Meakan-dake-2008.jpg

Meakan-dake - 28.11.2008 -  la zone fléchée montre la présence de cendres récentes recouvrant le sommet enneigé ; le panache principal éruptif est originaire du cratère 96-1 du Ponmachineshiri - photo JMA.

 

 Le groupe Tokachi-dake :

 

Il se compose de stratovolcans, pour la plupart andésitiques, et de dômes de lave, alignés NE-SO. sur un plateau de tuff datant du Pléistoccène.

De nombreux cratères d'explosion et des cinder cones sont localisés sur les flancs supérieurs des stratovolcans les plus petits.

Le groupe comprend les volcans Tokachi-dake, Biei-dake, Kamihorokamettoku-yama et Biei-Fuji.


groupe-Tokachi.JPG

Une partie du groupe Tokachi vu du NE. (voir carte ci-dessous) - à l'avant-plan l'Oputateshike-yama, au milieu, le Biei-dake et le Tokachi-dake à l'arrière-plan.

 

Tokachi-dake-map---K.Nakajima.JPG

                                         Carte du groupe Tokachi - par Nakajima. GSI.

 

Depuis le milieu du 19° siècle, l'activité de ce groupe est essentiellement phréatique, avec deux éruptions plus importantes en 1926 et 1962.

 

Tokachi-Dake----H.Seo-2007.JPG                        Tokachi-dake cratère 62-2 ; photo GSI by H.Seo août 2007.


L'éruption de 1926 fut marquée par un effondrement partiel d'un cône situé sur le flanc ouest du Tokachi-dake, accompagné d'avalanche de débris et de lahars. Deux villages furent brûlés et le nombre de morts avoisina les 150.


Barage-Acier.JPGLa lutte contre ces lahars a depuis métamorphosé les vallées, avec l'installation du système Sabô. A l'amont des vallées de drainage, de gigantesques digues composées de grilles métalliques piègent les matériaux solides charriés (arbres, rochers ), tout en laissant passer les éléments fluides. Barage.JPGPlus bas, des barrages disposés en chicanes (série d’obstacles sur une voie afin d’imposéer un parcours en zigzag) brisent l’élan et la vitesse des coulées de boues. Celles ci se déposent, en aval, dans les bassins de décantation. Au terme de ces filtres successifs, les coulées, devenues quasiment liquides, sont canalisées dans des chenaux.

 

Sources :

- Global Volcanism Program : Akan - Tokachi

- GSI - Geological survey of Japan

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Selon la légende, les plus grandes îles du Japon furent formées par un sabre qui fut plongé dans l’eau par les dieux et les 4 gouttes d’eau parfaites qui glissèrent de la lame formèrent les terres du Japon.

Dans la réalité, le Japon est un archipel composé de plusieurs milliers d’îles dont quatre principales (Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu) qui se situent sur l’une des zones tectoniques les plus actives du monde.

 

Les plaques tectoniques en présence :


Cet archipel d’îles en arc est affecté par la subduction des plaques du Pacifique et des Philippines sous la plaque Eurasie.  Le Japon se trouve dans l'une des régions du globe terrestre les plus complexes au niveau volcanique et sismique. Ces zones de subduction se caractérisent par la présence de trois fosses océaniques : la fosse du Japon, la fosse d'Izu-Bonin et la fosse de Sagami. Ici, le plan de Wadati-Benioff se situe à une profondeur moyenne comprise entre 150 et 200 kilomètres.

 

Arc-Izu-bonin---Geology.um.maine.edu.jpg

Les plaques tectoniques en présence et les fosses océaniques caractérisant les zones de limites de plaques www.geology.um.maine.edu

 

geodynjapon

Vue 3D plus explicite de la subduction au niveau de l'archipel nippon et de la position du point triple. - Geodynjapan.

 

Ce schéma général est compliqué par une récente découverte: en 2008, des scientifiques de l'Active fault research center - Tsukuba, Japon - et de l'USGS, ont mis en évidence d'un fragment de plaque sous la plaine du Kanto, sous la capitale japonaise et sous une région peuplée par plus de 30 millions de personnes. Ce fragment, d'une centaine de kilomètres de long et 25 km. d'épaisseur, se serait détaché de la plaque Pacifique, il y a 2 ou 3 millions d'années, à la suite de la collision entre deux chaînes de montagnes sous-marines au niveau de la fosse du Japon, 200 km. à l'est de Tokyo.

Les géologues ont détecté sa présence en analysant les secousses du sous-sol de la plaine du Kanto lors de 300.000 petits tremblements de terre. Ils ont isolé une zone considérée comme faisant partie de la plaque philippine mais dont les réponses aux secousses s’apparentaient à celles de la plaque pacifique.

Cette dernière pousse vers l’ouest et s’enfonce sous la plaque eurasienne, tandis que celle des Philippines pousse vers le nord, s’enfonçant également sous l’Eurasie.

 

 

Ce contexte géodynamique est particulièrement propice à l’activité sismique et volcanique qui caractérise non seulement cette région, mais également toute la ceinture de feu du Pacifique.

 

1.36a.gifCarte des séismes superficiels, intermédiaires et profonds : superposition entre les zonde sismiques et les limites de plaques - fosses océaniques.

 

Volcanisme dans le contexte d'arc insulaire :

 

De la subduction d’une plaque océanique sous une autre plaque océanique ou continentale résulte un prisme d’accrétion qui se forme par apport constant de magma en provenance de la fusion partielle de la plaque qui subducte. L’arc ainsi créé peut faire de 200 à 300 kilomètres de large par plusieurs milliers de long et peut créer un arc secondaire ainsi qu’un bassin d’arrière-arc.

Tout ceci est régi par une série de facteurs qui influencent la pétrogenèse des magmas tels que le taux de subduction qui varie de 0.9 à 10.8 cm/an, l’âge de la zone de subduction, l’âge de la plaque subductée ainsi que l’étendue de l’écoulement dans le manteau sus-jacent induit par la plaque

Le volcanisme qui en découle n’est pas constant dans toute la zone et va grandement varier selon l’angle de plongée de la plaque. En effet, ce dernier contrôle la génération de magmas par les pression-température et par la déshydratation de la croûte subductée.(M-A.Laporte - Géoscope)

arc-trench system

                                 Schéma idéal de subduction dans le contexte d'arc volcanique.

 

Le cas de l'archipel nippon est plus complexe du fait de la subduction de deux plaques océaniques, la Pacifique et la Philippine, sous une plaque continentale, l'Eurasienne; de ce fait, il y a création d'un arc perpendiculaire à l'île de Honshu, l'arc Izu-Bonin, qui se prolonge jusqu'à la fosse des Mariannes.

 

Magmatisme de subduction dans l'archipel japonais :

 

Dans le modèle de subduction classique, le magma qui arrive en surface est généré par la croûte océanique faite de basalte, qui se déshydrate au cours de la subduction et hydrate le manteau sus-jacent ... ce qui cause une fusion partielle de la croûte (par diminution de la température de fusion) à des températures de plus de 1.000 °C..

Le magma remonte à travers la croûte continentale, où il engendre une fusion partielle de celle-ci. Durant cette ascension, le magma va s'enrichir en oxydes de silice. Les laves qui sortiront seront alors de composition plus andésitique (SiO2 > 57% wt) que basaltique comme à l'origine.

Ce type de magma est propice à un volcanisme explosif, ce qui est le cas pour le Fuji San (île de Honshu) et le Sakurajima (île de Kyushu).

 

origine-des-series-magmatiques-en-subduction.jpg

 

Par contre, certains volcans tels que le Daisen ou le Naguro montrent des compositions de lave allant de la dacite à la rhyolite, ce qui est inexplicable par le modèle classique. Un nouveau modèle de fusion bimodale est nécessaire : il y a remobilisation de l'andésite, avec une nouvelle fusion du matériel en place (Tamura 2003).

Ces mécanismes sont toujours à l'étude dans le cadre du volcanisme japonais.

 

Quelques volcans parmi les 140 édifices que compte l'archipel nippon :

 

map_japan_volcanoes.gif

 

Aperçu géologique et implications :

 

Les géologues expliquent l'organisation et la nature des terrains du Japon par la superposition d'au moins trois grands épisodes d'orogenèse.

 

Japon-geologie-8.jpgJapon-geologie-9.jpg

 

La seconde orogenèse (en ligné sur la carte) est, avec les volcans, à l'origine des reliefs actuels.

Le Japon, suite à cette histoire géologique complexe, est un pays de montagnes aux fortes pentes (les 3/4 ont une pente de plus de 15%) et de zones de plaine relativement restreintes, à la périphérie du territoire.


Les glissements de terrain sont fréquents et découlent de terrains meubles - cendres et tufs volcaniques - , fortement inclinés, fragilisés par des ruissellements d'eau abondants et soumis à une importante sismicité.

 

La liaison du Japon au continent, lorsque le niveau marin était plus bas ou lors des glaciations, a permis le passage des populations depuis l'asie. Les traces humaines les plus anciennes remonteraient à moins 40.000 ans, avec unpremier véritable peuplement entre moins 20.000 et moins 12.000 ans, lors de le dernière période glaciaire.

 

 

Sources :

Le volcanisme au Japon, nouveau modèle de la genèse des magmas. -  Marc-Antoine Laporte (2008). in SpectroSciences / Géoscope, le journal d'information du département de géologie et de génie géologique de l'Université Laval.   -  http://www.spectrosciences.com/spip.php?article98.

- Une plaque tectonique découverte sous Tokyo - France 24.

- Aperçu du Japon sous l'angle géologique - lien

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