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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Piton de La Fournaise étant en forme en ce moment, voici venu celui de se pencher sur la formation de l'île de La Réunion et la tectonique des Mascareignes. 

 

15.10.10---Richard-Bouhet---AFP-Getty-images.jpg

Eruption fissurale dans l'enclos Fouqué - 15.10.2010 - photo R.Bouhet AFP/Getty images.


La Réunion est située actuellement au dessus d’un point chaud. Ce point chaud est estimé avoir une activité dans l’océan indien depuis plus de 65 millions d’années.

 

Deccan-4.jpgDorsales océaniques et datation des structures formées par le point chaud lors de son "déplacement relatif". (en vert : les trapps du Deccan)

OFZ, Owen Fracture Zone; MFZ, Mauritius Fracture Zone; VFZ, Vishnu Fracture Zone. Document Mantle plume.org


Une forte éruption liée à ce point chaud (une des hypothèses), il y a 65 Ma, est à la base des « trapps du Deccan », d’énormes épanchements basaltiques ; sur la courbe du temps, elle est aussi probablement liée, par son intensité et ses dégâts collatéraux, à l’extinction des dinosaures.

Tandis que la plaque indienne continuait à dériver en direction nord, le point chaud a continué son travail, créant un cordon d’îles et de plateaux sous-marins ; mentionnons ici les Laquedives, les Maldives, les Chagos.

 

pointchaud1.png

pointchaud2.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a 40 millions d’années, le rift de l’Océan indien est passé au dessus du point chaud, qui est passé du coup sous la plaque Africaine, partie référencée actuellement comme plaque Somalienne.

S’en suit une activité ralentie durant 30 millions d’années.

L’activité du point chaud a repris il y a 10 millions d'années, pour créer les Mascareignes : archipel composé des îles Rodrigue, Maurice et La Réunion. Les deux premières îles ont émergé il y a plus de huit millions d'années, la Réunion plus tard, vers trois millions d'années. Cette théorie est contestée par certains géologues. Connaissant la vitesse de déplacement de la plaque océanique, et les dates d'émergence de l'île Maurice et de la Réunion, les deux îles devraient être plus proches que les 250 kilomètres qui les séparent.

Suite à des campagnes bathymétriques, un volcan sous-marin a récemment été découvert à l’est du Piton de La Fournaise, ce qui démontre la poursuite du déplacement de la plaque au-dessus du point chaud. Celui-ci se trouverait actuellement à environ 280 km au sud-est de l’île. De fait, la partie émergée de la Réunion ne représente qu'un trente-deuxième du massif s'élevant depuis le plateau qui repose à 4 000 mètres sous le niveau de la mer.

 

1148.jpgInteraction entre la ride océanique et la trace laissée par le passage au dessus du point chaud. - doc. NOAA modifié.

 

Si on se réfère à la carte, on s’aperçoit, en suivant le « parcours » de la plaque indienne au dessus du point chaud, d’une interruption entre ses productions. Lorsque la dorsale océanique indienne est passée sur le point chaud, un nouveau plancher océanique a été produit, provoquant ainsi une « cassure » dans le cordon d’îles produites par l’anomalie thermique et le volcanisme correspondant.

Ceci dit, pendant ce temps l’inde poursuivait sa remontée à grande vitesse vers le nord jusqu’à la rencontre avec l’Asie , en créant la chaîne himalayenne.

 

Himalaya-formation.gif                     Déplacement relatif de l'Inde de 71 Ma à aujourd'hui. -

 

Les Comores et la province volcanique Tertiaire du nord de Madagascar suivent une ligne formée de volcans boucliers coupant le canal du Mozambique. La datation des édifices volcaniques montre un accroissement dans l’âge du volcanisme le long de cet alignement, en relation avec une origine de point chaud.

 Le422px-Somali_Plate_map-fr.png ratio de migration de la plaque Somalienne au dessus de la source mantellique est de 45 mm./an. La nouvelle géochronologie de la chaîne îlienne des Comores est utilisée pour modéliser le déplacement de la plaque somalienne au cours des derniers 10 millions d’années.

Carte Sting /USGS map

Le déplacement de la plaque Somalienne se fait à une vitesse de rotation de 0,9783° par million d'années selon un pôle eulérien situé à 58°79' de latitude nord et 81°64' de longitude ouest (référ entiel : plaque Pacifique).

La plaque somalienne s'est créée à partir de la plaque africaine lorsqu'elle s'en est séparée à la suite de l'ouverture de la vallée du Grand rift Africain au cours du Miocène.

 

Demain, le formation de l'île de la Réunion.

 

Sources :

- Connaissance géologique de La Réunion - BRGM - Mais d'où vient ce grand volcan ? La Réunion, émergence actuelle d'un point chaud

- The Deccan beyond the plume hypothesis - by Hetu C. Sheth
Department of Earth Sciences, Indian Institute of Technology (IIT) Bombay, Powai.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Merapi 2006 MR 6

 Merapi, le dôme incandescent en 2006 - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel.


Le Merapi a vu son niveau d’alerte relevé de  2 à  3 (sur 4) , suite à diverses mesures :

- vendredi, 7 séismes volcaniques profonds, 34 séismes volcaniques superficiels et 321 séismes volcaniques multiphasiques ont été enregistrés ;

- de fréquentes émissions de lave sont rapportées ;

-  plus inquiétant, l’inflation serait passée de 8,5 cm/jour mercredi à 16,4 cm./jour vendredi ! Cette info n’a pu être vérifiée auprès de l’observatoire non joignable sur le web.


Les autorités locales ont pris diverses mesures drastiques :

- Fermeture des routes menant au volcan.

- Les habitants vivant sur les flancs du Merapi doivent rester hors d’une zone interdite de 8 km. de rayon autour du sommet.

- Ils doivent s’écarter des couloirs de drainage en vue d’éviter les coulées pyroclastiques.

- Les mineurs de sable ont du cesser leurs activités.

- Les touristes et les grimpeurs sont priés de se tenir à distance de la zone interdite… sans exceptions.

Les autorités préparent activement les routes pour une évacuation.

 

 

15.05.2006 CVGHM

            Merapi, coulée pyroclastique - photo d'archives 05.2006 -CVGHM

 

Le Merapi est connu pour des effondrements de dôme, engendrant des coulées pyroclastiques, qui transitent habituellement sur 6,5 km.

D’après Mr.Surono de l’observatoire du Mérapi, la nouvelle éruption pourrait produire des coulées de lave sur 24 km. Pour rappel, la ville de Yogyakarta, où vivent des milliers de personnes n’est qu’à 32 km. au sud du volcan, et de nombreux villages sont situés entre les deux.

 

Sources :

- Jakarta globe - 22.10.2010

- Rianovosti 22.10.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Samedi, 23 octobre 2010 à 21:35  et Rediffusions : 24.10.2010 à 15:35

                       Naissance d'une île.


(France, 2010, 51mn)  sur ARTE France.

 

Les destins croisés d'un oiseau et d'une crevette dans les îles volcaniques du Pacifique. Des images spectaculaires révélant un écosystème méconnu.

En plein océan Pacifique s'étend un paysage marin surnaturel : l'archipel des Tonga, une myriade d'îles couvertes de cendre ou de roches en fusion, refroidies par les vagues, surgies des profondeurs où rugissent des volcans. Un environnement a priori hostile où, pourtant, des animaux ont appris à vivre.

 

D.Stephenson - 5 - 18.03.2009                   Eruption sous-marine du 18.03.2009 - D.Stephenson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Juste un bref aperçu du volcanisme boueux sous-marin, avec deux structures en Méditerranée, d'importance tant dans le domaine de la volcanologie que dans celui de la découverte et de la compréhension des communautés biologiques profondes.

 

MedDeepSea-fr-1.jpg

Distribution des biocénoses de profondeur actuellement connues en Méditerranée et dans l’Atlantique proche.
Crédits: An Interactive Global Map of Sea Floor Topography Based on Satellite Altimetry & Ship Depth Soundings. Modified. M. Miller, W.H.F. Smith, J. Kuhn, & D. T. Sandwell.  - NOAA Laboratory for Satellite Altimetry. http://ibis.grdl.noaa.gov/cgi-bin/bathy/bathD.pl. And Hermes project (Hotspot Ecosystem Research on theMargins of European Seas).

 

 

 

Les suintements froids (cold seeps) :
Les suintements froids font partie des habitats spéciaux de la Méditerranées. Ils sont associés aux phénomènes tectoniques tels que les volcans de boue. Ils renferment un écosystème unique basé sur l’oxydation du méthane comme source de carbone, et donc pas sur la photosynthèse comme partout sur la Terre. Cet écosystème est dominé par des couches de bactéries et des communautés spécialisées de bivalves et de vers tubicoles. Les biocénoses vivantes des suintements froids ont été découvertes en Méditerranée orientale, dans la Ride Méditerranéenne, dans la Mer du Levantin, et près du delta du Nil, entre 500 et 1900 mètres selon les sites. De nouveaux sites ont également été repérés dans le bassin occidental, près du delta du Rhône et autour des îles Baléares.
Les communautés biologiques profondes de Méditerranée se sont adaptées à un environnement oligotrophe, avec des zones de haute productivité ayant une biodiversité élevée. Ces écosystèmes sont très sensibles aux apports anthropiques, tels que les pollutions chimiques, les déchets, la pêche de profondeur et le changement climatique.
Ces perturbations ont des impacts directs sur les communautés en affectant de façon sélective certains composants (par exemple le prélèvement des prédateurs par les activités de pêche, la destruction des organismes se nourrissant de matières en suspension tels que les gorgones et les coraux). Elles peuvent aussi avoir des impacts indirects en changeant la structure des chaînes trophiques complexes, en modifiant les schémas de production secondaire ou par le changement climatique.

 

Volcan de boue Napoli :

En 1995, des forages conduits par l'ODP - Ocean Drilling Program - ont été effectués en Méditerranée orientale, au large de l'île de Crête, dans un contexte de marge convergente et de zones de compression tectonique. Deux dômes furent prospectés, dans la zone complexe de chaîne d'accrétion en Méditerranée : les dômes Milano et Napoli.

 

07-10-20-0-Napoli---Ifremer-Medeco.jpg                  Image bathymétrique du dôme Napoli - doc. Ifremer Medeco.


Ces dômes furent actifs, de façon périodique, au cours du million d'années passées et dominés par de nombreuses coulées de débris, composées de fragments argileux, gréseux et calcaires dans une matrice boueuse. L'origine la plus probable de cette boue est un fluide sur-pressurisé et riche en sédiments, situé sous le volcan de boue;

 

 

kopf2002-13.jpg

Schéma de construction du dôme Napoli - Doc A.J.Kopf - Signifiance of mud volcanism.

 

La construction du dôme commence par une accumulation instable de sédiments, y inclus des débris de coulées de boue, remontant le long de failles.

La sortie de grandes quantités de coulées de boue, entrecoupée d'accumulation de sédiments marins, ont construit le présent dôme. Il s'en est suivi une subsidence de cet ensemble, en partie contrebalancée par des apports de boue.

 

Sous l'effet des contraintes liées à la convergence Afrique/Europe, les fluides profonds sont expulsés dans le fond de la mer par le biais des accidents tectoniques découpant la région.

 

img-1-small640.pngLocalisation des volcans de boue dans la Méditerranée orientale; position des limites de plaques avec vitesses de déplacement relatif, et des grandes failles.1 : domaine externe de la ride méditerranéenne ; 2 : domaine central de la ride méditerranéenne ; 3 : plaines abyssales ; 4 : plateau interne ou butoir continental ; 5 : fosses helléniques ; 6 : front de déformation externe ; 7 : front de déformation interne ; 8 : principaux champs d’expulsion d’argiles (de 1 à 6 dans l’ordre : Prométhée, Pan di Zucchero, Prométhée II, Olympie, Nations Unies, Ceinture méridionale).

Doc. la ride Méditerranéenne - réf. en sources.

 

Le volcan de boue Chefren - au large de l'Egypte.

En 2007, la seconde campagne Medeco (CNRS- Ifremer) à bord du navire océanographique "le pourquoi pas", sous la direction de Catherine Pierre - Locean - et Jean Mascle - Geosciences-Azur - a atteint la caldeira Menès au large de l'Egypte.

Cette dépression circulaire de 8 km. de diamètre est située à 3.000 mètres de profondeur à la base de la pente continentale égyptienne; elle contient deux cônes boueux, appelés de noms des pharaons Chéops et Chéfren, qui relachent boues, saumure et fluides liquides ou gazeux ( eau, pétrole, méthane, H2S) provenant de quelques kilomètres plus bas encore.

 

volcan-Chefren---ROV-Victor-CNRS-Ifremer.jpgImage bathymétrique multifaisceau du volcan Chéfren avec ses deux cratères jumeaux -  doc. pris par le ROV Victor - CNRS-Ifremer.

 

La pente continentale au large du delta du Nil est parsemée de diverses structures :

- des "pockmarks " : volcans de boue de petite dimensions (quelques mètres)

- de cheminées gazeuses, situées entre 1.200 et 500 m. de profondeur

- de cônes de plusieurs centaines de mètres de diamètre à plusieurs kilomètres, et haut de quelques dizaines de mètres, situés entre 2.700 et 3.000 m. de profondeur, et pourvus de cratères vides ou occupés par des lacs de boues, saumure et fluides chauds.

 


Le volcan Chéfren possède deux cratères jumeaux. Le cratère le plus méridional, inactif, est vide de saumure. Le second, actif, renferme un lac de saumure de 250 à 300 mètres de diamètre. Il atteint en son centre, une profondeur de l'ordre de 150 mètres. Plusieurs mesures de températures (fournissant des températures avoisinant 60°) ainsi que des prélèvements divers de sédiments et de saumures ont été réalisés, soit dans le lac lui-même soit sur ses bordures.

 

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Sortie de fluides et saumures sur un volcan de boue proche de Chéfern, par une profondeur de 3.000 m. - taille : environ 2 m. de diamètre, entouré de filaments bactériens.   -  © CNRS - Ifremer / Victor 6000 / Medeco 2007.

La faune visible, surtout caractérisée par d'assez nombreux petits crabes fouisseurs et des poissons de diverses espèces, ainsi que la présence de vers polychètes, semblent indiquer une nourriture abondante en relation avec de nombreuses tâches, d'origine microbienne, visibles en fond de mer tout au long des bordures du lac. Le lac est lui-même constitué d'une mélange liquide de boue et de saumure. Une ceinture de matériel très fluide, recouverte de radeaux constitués d'amas blanchâtres (bactéries et soufre), se remarque à proximité du rivage.

 

Les produits de la transformation des matières organiques, à cause de l'enfouissement sous des épaisseurs de sédiments en provenance du Nil, s'échappent dans les fonds marins grâce à des failles en relation avec des dépôts massifs de sel (lors de période d'hypersalinité de la Méditerranée). Ces saumures, mélangées aux boues,  et plus denses que l'eau de mer, donnent  naissance à des lacs - brine pools - où se développent des bactéries et des archaea extrêmophiles qui dégradent le méthane et les sulfures, permettant le développement symbiotique d'autres organismes plus évolués.

 

Cet article termine la série sur "les volcans de boue" ... pour de plus amples informations, une revue des structures existantes est disponible sur "Signifiance of mud volcanism" de J.Kopf, ci-dessous.

 

 

 Sources :

- Signifiance of mud volcanism - by Achim J. Kopf
Scripps Institution of Oceanography - University of California at San Diego La Jolla, California, USA

- Geomorphologie - La ride Méditerranéenne : apports de la cartographie multifaisceaux à l'analyse morphologique d'un prisme en accrétion-collision - par C.Huguen et J.Mascle  

- UICN - les écosystèmes profonds de la Méditerranée.

- CNRS - INSU, Institut national des sciences de l'Univers -  journal de campagne Medeco.

- Techno-science : l'Ifremer explore un jacuzzi à 3.000 mètres de profondeur. - lien

- Revue LAVE n°139 - juillet 2009

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Principale nouvelle d'une éruption qui semble s'essouffler :

 

La réouverture de l'enclos Fouqué dans sa totalité le jeudi 20 octobre à 18h le soir, permettant l’accès au site de l’éruption du 15 octobre et l’accès au point de vue du cratère Dolomieu.

Le sentier qui conduit au site du « Château Fort » a été balisé par les services de l’ONF et un point d’observation du site de l’éruption a été aménagé. Le parcours est exigeant, il est réservé aux randonneurs déjà aguerris et exige quatre heures de marche tant à l’aller qu’ au retour.

 

D'utiles conseils de randonnée sur Clicanoo.re

 

Fournaise_rempart_-Bellecombe-Enclos_Fouque.JPG        Piton de La Fournaise : L'Enclos Fouqué, près de Bellecombe. doc Wikipedia

 

carte_20_10_2010.jpg       Carte du nouvel itinéraire - grâce à l'association citoyenne de St Pierre.


Ci-dessous, le rapport du 20.10 / OVPF :

 

MERCREDI 20 OCTOBRE 2010 - 8h40 (GMT+4)

BILAN :
Eruption en cours ; site : en proximité de l’ancien cône du Château Fort, flanc sud-est du Piton de la Fournaise ; éruption dans l’enclos.

Phénomènes :
Éruption sur fracture ; projections et petites fontaines (dizaine de mètres) sur une bouche éruptive; les coulées de lave se propagent lentement vers l’est, sud-est.

L’intensité de l’activité explosive et du dégazage a augmenté depuis hier d’un facteur 2, mais elle reste toujours bien plus faible qu’au début de l’éruption. Des tunnels de lave de courte longueur ont été observés (< 500m). La progression du front actif de la coulée doit être très lente, voir arrêtée. Il se situe actuellement en amont du cratère Catherine à une altitude de 1800m.

Zones de concentrations de gaz : secteur sud et ouest en proximité des fractures éruptives.

Sismicité :
a) trémor (vibration liée à l’écoulement du magma) : augmentation de l’intensité du trémor (1/2 à 1/3 par rapport au début de l’éruption).
b) séismes volcano-tectoniques (VT : liés à la fracturation des roches) : aucun séisme n’a été enregistré hier.

Déformations :
Un léger dégonflement du sommet semble s’amorcer mais le sommet et la base du volcan restent globalement stables.

Gaz :
Diminution des émissions de dioxydes de soufre, dioxyde de carbone, vapeur d’eau et faibles émissions d’acide chlorhydrique ; secteur de dispersion principal : sud et ouest de l’enclos.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Toujours aux etats-Unis, le site géothermal le plus remarquable : le Yellowstone National Park.

 

Quelle est la cause de cette activité géothermale intense ?

geyserbasins.gifL'eau ... chaude et les gaz. Elle est liée à l'activité volcanique passée : sous le parc du Yellowstone, et plus précisément sous sa caldeira, une chambre magmatique bifide est située à faible profondeur (une dizaine de km.) sous deux dômes de résurgence, consécutif à la dernière éruption cataclysmique datée de 640.000 ans. L'énergie thermique nécessaire à ces phénomènes est fournie par le volcan. D'après B.Smith - Univ. Utah - les chambres magmatiques ont une structure spongieuse contenant 8 à 15% de roches fondues au sein de roches chaudes.

Situation des bassins géothermaux dans les limites de la caldeira - doc. National Park

 

tectonique---caldera---domes-2---z.jpgLe sous-sol du Yellowstone avec les chambres magmatiques et les 2 dômes de résurgence.

doc. d'après Schmincke - in Volcanism. - © B.Duyck

 

 

Les "mud pots" sont situés dans plusieurs aires différentes

- la mud volcano area, côté est du parc, où règnent des fumerolles et des bassins à odeur fétide d'hydrogène sulfuré.


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Yellowstone N.P. - Sulphur caldron - mare de boue chaude et liquide - © B.Duyck


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      Yellowstone N.P. - Soubresauts dans une mare de boue à pH 1-2- © B.Duyck


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Grosses bulles de gaz soufré  et bouillons dans ce "chaudron de sorcières" - © B.Duyck

 

- les Fountain paint pots, ainsi nommés en fonction des bassins colorés différemment comme sur la palette d'un peintre.

 

actu-8-8785-copie.jpg         "La palette du peintre"  - Yellowstone fountain paint pots -  © B.Duyck

 Des eaux à ~ 75°C,  dont la couleur est due aux thermophiles et est fonction de la température, des saisons et de l'ensoleillement.

 

actu-8-8805-copie.jpg        Les gaz remuent une boue argileuse bien onctueuse - © B.Duyck


actu-8-8809-copie.jpgSelon la quantité d'eau en présence, la boue est à l'état liquide, crémeux , ou plus sèche et en voie de déssication - © B.Duyck

 

actu-8-8813-copie.jpg         Les bords de la mare de boue se déssèchent et craquèlent - © B.Duyck


Dans les deux cas, peu d'eau et donc pas de lessivage des roches attaquées par l'acide; cet acide est formé sous l'action de micro-organismes utilisant l'H2S en le convertissant en acide sulfurique : des argiles plus ou moins liquides en résultent dans des trous où elles sont brassées par la remontée perpétuelle des gaz (H2S, CO2, vapeur, etc.).

 

Costa-Rica - volcan Rincon de la Vieja :

Le volcanisme de la région est régi par la subduction de la plaque Cocos sous la plaque Caraïbes, à la vitesse moyenne de 9 cm/an.

Le massif du Rincon, aussi appelé le "colosse du Guanacaste", région d'implantation, a un volume estimé à 130 km³ et contient 9 centres éruptifs dont le Rincon. Le volcan actuel a été formé à la suite de l'éruption simultanée de plusieurs centres volcaniques qui a créé un seul et même cône.


Sur les flancs du massif volcanique, une zone de forêt équatoriale est constellée de lacs d'eau bouillonnante et de sources chaudes, boueuses sur les bords : "Las Pailas" (les chaudrons). La température y est variable : 75-106°C. La végétation se tient à distance respectueuse des exhalations, en développant diverses stratégies, comme celle de transformer une part de ses feuilles en grosses épines coniques.

 

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          Rincon de la Vieja - Las Pailas  -  © B.Duyck


Plus loin, c'est le "Volcancito", un mini-volcan cracheur de boue ... une marmite de quelques mètres de diamètre emplie de boue grise agitée de soubresauts qui font gicler la boue sur ses parois.

 

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         Rincon de la Vieja - Le Volcancito  -  © B.Duyck


En pleine forêt, c'estles "Pillas de barro" ( les pots de boue), mares surchauffées où explosent des bulles de boue onctueuses et irisées. Elles s'arrachentà la surface brûlante avec des bruits de succion pour retomber en gouttes grasses et molles. Gargouillis et glougloutements se répondent en rythmes changeants.


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                 Photo sélectionnée pour le calndrier LAVE 2009  -  © B.Duyck

 

costa-Rica-158-copie.jpg

                    Rincon de la Vieja - Pillas de barro  -  © B.Duyck


 

Sources :

- Volcanism de H.U.Schmincke

- Windows into the earth - R.B.Smith & L.J.Siegel

- Yellowstone's plumbing exposed - B.Smith Utah University.

- Volcans du Costa-Rica sur ce blog - Rincon

- Yellowstone sur ce blog - mud volcanoes

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

arboletes_volcano.jpg

 

 

Dans la thématique du moment :

 

Un volcan de boue est entré "en éruption" Lundi vers 8 h.30 dans une région rurale du nord-ouest de la Colombie, dans la municipalité d'Arboletes.

On dénombre des blessés, entre 15 et 25 selon les sources, soignés dans les hopitaux locaux. Le gouverneur d'Antioquia va envoyer de l'aide aux trente familles susceptibles d'avoir été affectées par cette explosion.

Une telle éruption s'était déjà produite, il y a trois ans.

 

Source : Colombia reports 19.10.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après la boue froide de Roumanie, d’Azerbaidjan, et de Sicile, nous sommes passé à des boues plus chaudes sur Lusi en Indonésie, dérivons maintenant vers des boues chaudes liées au géothermalisme et plus directement au volcanisme. 
Divers exemples : La Nouvelle-Zélande avec Roturoa (Wai-O-Tapu), les Etats-Unis avec le Yellowstone et Lassen volcanic park, et leurs mud pots, le Costa-Rica au Rincon de La Vieja.

NZ---Wai-o-Tapu---Mud-Pool.jpg             Nouvelle-Zélande - Wai-O-Tapu - mud pool.

 

Caractéristiques du milieu :

Les hautes températures et les pressions extrêmes régnant en sous-sol favorisent le passage des roches à l’état de boue, qui peuvent remonter gentiment sous l’action des gaz (dont le méthane) ou être éjectées brutalement.

Les « mud pots » sont caractérisés par une série de facteurs, tels que haute température , allant jusque 70°C, et pH fortement acide.

Dans ce milieu extrême, des bactéries sont capables de survivre et mieux de s’y plaire, e.a.

- Acidimethylosilex fumarolicum (son « petit nom » vient de sa découverte dans les fumerolles d’une solfatare des Champs phlégréens (Naples). En laboratoire, elle est capable de supporter un pH de 0,8, une température de 55°C ; elle consomme du méthane.

- Methylokorus Infernorum, une autre adepte du méthane, fut découverte à Hell’s Gate en Nouvelle-Zélande, à un pH 1,5 et une température de 60°C.

- L’espèce Sulfolobus, qui prospère dans les sources chaudes volcaniques du Yellowstone, le fait à un pH 1,5- 5,5et des hautes températures : 70-87°C. Plus précisément qualifiée d’après leur premier milieu d’isolation, on retrouve Sulfolobus solfataricus dans les « mud pots », mais aussi dans les solfatares. Elle puise son énergie dans la transformation du soufre en acide sulfurique, qui va permettre de dissoudre la rhyolite en boue. Pour l’anecdote, Sulfolobus abrite et protège un virus-hôte, de type Lysogénique, qui ne pourrait supporter ces conditions extrêmes hors de l’abri que lui offre l’archéo-bactérie. Ces virus font partie de quatre familles : Rudiviridae, Lipothrixviridae, Fuselloviridae, and Guttaviridae.


La Nouvelle-Zélande :

L’aire géothermale de Wai-O-Tapu, une des aires géothermales de la zone volcanique Taupo, est située sur le périmètre nord de la caldeira Reporoa. Cette large caldeira, de 10 km. sur 15, s’est formée, il y a 230.000 ans, à la suite d’une éruption massive référée comme les Ignimbrites de Kaharoa (100 km³ de ponces et poussières). Les structures de surface sont générées  par des eaux du sous-sol surchauffées par un corps magmatique non encore totalement refroidi.

 

Wai-o-tapu_panorama-radioehead.jpg

                       Les couleurs de Wai-O-Tapu - photo Tokyoahead/wiki.

 

Ces eaux, sous l’effet de la chimie qui les accompagne, dissolvent les roches et dépôts environnants, avant de remonter en surface. Différents minéraux caractérisés par leur couleur sont représentés : le vert pour le mélange soufre colloïdal et sels de fer, l’orange pour l’antimoine, le pourpre pour les oxydes de manganèse, le jaune pour le soufre, le rouge pour les oxydes de fer et le noir pour un mélange de soufre et de carbone.

 

mud-pool---anita-363.jpg                              Wai-O-Tapu mud pool - photo anita363.

 

NZ---Wai-O-TapuExploding-Mud1.jpg    Wai-O-Tapu explosion de boue - photo Wai-O-Tapo geothermal wonderland

 

Les pots de boue voisinent entre autre le Lady Knox geyser et Champagne pool, une source chaude large de 65 m. et profonde de 60 m., entourée de terrasses colorées par les oxydes.

 

Roturoa-hydrothermal-field----T.Pfeiffer.jpg

Roturoa hydrothermal field - Champagne Pool : eaux vertes et concrétions colorées par l'antimoine - avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer/Volcanodiscovery.   Un clic sur la photo vous emmène vers son reportage.

 

Wai-O-Tapu, littéralement "eaux sacrées", est le berceau de la culture Maori. Ceux-ci ont su exploiter depuis toujours la chaleur du sous-sol, pour la cuisson des aliments, ou pour la relaxation dans les bains chauds.

 

Lassen volcanic park :


Lassen_hydrothermal_system.jpgLe géothermalisme du parc National Lassen est lié au volcanisme de la chaîne des Cascades, et à la subduction de la plaque Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine.

Les eaux de fonte et pluviales, qui nourissent le système hydrothermal, sont chauffées par un corps de roches fondues, avant de remonter vers la surface sous l'impulsion des gaz, les principaux étant le CO2, l'H2S, l'hydrogène, l'azote et l'hélium.

 

Lassen-V.P.---Bumpass-Hell---east-pyrite-pool.jpgLassen volcanic park - Bumpass Hell : East pyrite pool - photo American southwest

La Pyrite, sulfure de fer, est transformée en ac. sulfurique, responsable de la dissolution des roches en boues.

 

800px-Boiling_Springs_Lake_Lassen_NP-wiki.jpgLassen volcanic park - Boiling springs - sources chaudes, fumerolles et mud pots - photo wikipedia, auteur non référencé.

 

Lassen-V.P.-bacteries-thermophiles-USGS.jpgLassen volcanic park - les bactéries thermophiles sont responsables des colorations - photo USGS.

 

Californie - Salton sea mud volcanoes :

Salton sea est un lac salé endorhéique situé dans la région bordière Californienne, sur la faille de San Andreas, et dans le contexte de subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine, caractérisant la côte ouest; il couvre 970 km² et sa surface est située à 69 m. sous le niveau de la mer. L'activité géothermique est visible surtout sur le côté est du lac, avec des mud pots et des volcans de boue.

Ce site est très important pour la biodiversité aviaire; 400 espèces d'oiseaux y ont été répertoriées. Il constitue une halte importante en période de migrationet accueille e.a.la mouette de Ross, oiseau arctique.

 

GeologySaltonTrough-5Tectonique et géologie de Salton Trough - Figure by Jack Cook, Woods Hole Oceanographic Institution.
Web Reference http://pubs.usgs.gov/publications/text/dynamic.html

 

Salton-Sea-Seep-Field.---Paul-L.-5.jpg             Salton sea seep field  - mud pots et gryphons -  photo Paul L.

 

Salton-Sea-Seep-Field.---Paul-L.-3.jpg                               Salton sea seep field  - photo Paul L.

 

 

Demain, d'autres "mud pots"...

 

Sources :

- Methane-guzzling bacteria thrive in bubbling mud pots.

By Jeanna Bryner, LiveScience Staff Writer

- Viruses from extreme thermal environments
George Rice, Kenneth Stedman, Jamie Snyder, Blake Wiedenheft, Debbie Willits, Susan Brumfield, Timothy McDermott, and Mark J. Young.
- Volcanodiscovery - Roturoa
http://www.volcanodiscovery.com/en/photos/newzealand/roturoa/april10/p0.html
- Hot waters in Lassen volcanic park - fumaroles, steaming grounds and boiling mudpots - USGS
- Geology of the Salton Trough - by David L. Alles
Western Washington University - http://fire.biol.wwu.edu
- USGS - Salton see national wildlife refuge - birds checklist
- The Salton sea - SDSU center for inland water - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Diminution de l'activité explosive et du dégazage.
Le premier cône, le plus en amont, est toujours éteint. Un hornito s’est formé dans le deuxième cône, et des bouffés de gaz en sortent avec cependant peu de projections.
Le troisième cône est quand à lui très actif, avec des projections entre 5 et 15m de hauteur. De temps à autre de gros lambeaux de lave sont projetés de ce cône.
Le trémor, stable ce matin, a augmenté d'un facteur 2 dans la journée. Des séismes VT liés à la fracturation des roches et aux mouvements magmatiques au sein de l'édifice sont perçus depuis dimanche, à l'aplomb du cratère Bory et 1600 m. de profondeur ... une hypothèse les lient à l'ouverture possible de nouvelles bouches éruptives ? (G.Levieux, responsable de la communication à l'OVPF).

Mesures-16.10.10---Clicanoo.re.jpg            Prise de mesures le 16.10.2010 par une équipe mixte - doc. Clicanoo.re

Des mesures de gaz et des prélèvements ont été effectués par des équipes mixtes OVPF - Métropole et INGV; ils doivent permettre de déterminer l'origine du magma, en provenance des profondeurs ou d'une chambre magmatique proche de la surface.
Selon Andrea Di Muro, directeur de l'Observatoire :

"Je pense qu’on est dans une phase où les alimentations profondes sont fréquentes et déterminent le cycle de vie de ce volcan. Néanmoins, les paquets qui arrivent sont petits. Depuis l’effondrement de la caldeira en 2007, le volcan a du mal à garder dans son ventre de grandes quantités de matière parce que le système est fracturé.

Maintenant, il y a deux écoles : certains pensent qu’il peut y avoir une zone de stockage au niveau de la mer, d’autres pensent qu’il y a des petites poches dans l’édifice qui sont alimentées par des volumes qui viennent d’en dessous du niveau de la mer.

Les mesures de gaz en cours devraient nous aider à apporter des éléments à ce débat puisque la composition du gaz dépend de la profondeur d’origine." (interview du  quotidien de La Réunion).

 

A.Di-Muro---Le-Quotidien-19.10.10.jpg  Andréa Di Muro à l'Observatoire - photo Le Quotidien de La Réunion - 19.10.2010.


L'accès à l'enclos Fouqué reste interdit et le point de vue "conseillé" reste le piton de Bert.
Sources :
- OVPF
- Journaux locaux : Clicanoo, Le Quotidien de La Réunion, Imazpress.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un double exemple de volcans de boue sur Java : l'un assez inoffensif mais photogénique, Bledug Kuwuh, l'autre correspondant à un désastre, appelé Lusi ou Sidoarjo.

 

Volcan de boue Lusi - Sidoarjo : 7,31 S - 112,42 E

 

semburan_dasyat_1_munir_2.jpg                      Eruption boueuse à Sidoarjo - 29.05.2006 archives Lusi.


Rappel des faits :

Le 29 mai 2006, à Sidoarjo, dans l'est de l'île de Java, une éruption de gaz, de boue et de vapeur d'eau s'est produite ... à un endroit où aucun évènement du genre n'avait été documenté. Cette proto-éruption a eu lieu à proximité d'un puits de forage de la société pétrolière P.T. Lapindo Brantas, visant un gisement de gaz. La tige de forage a traversé une épaisse couche d'argile, entre 500 et 1300 m. de profondeur, puis des sables, des schistes, des débris volcaniques et des roches carbonatées ... à 5 h locale, elle atteint la profondeur de 2.834 mètres : c'est alors que ce produit l'éruption. Deux autres éruptions ont lieu les 2 et 3 juin à 800 et 1.000 m. du puits; lors des trois évènements, du sulfure d'hydrogène s'est échappé.

Rapidement les villages environnants sont noyés par le flot boueux, estimé depuis à une moyenne journalière de 60.000 m³.

 

Home_sunk_by_mud_flow-Sidoarjo-copie-1.JPG                   Un des villages inondé par les flots de boue - AFP.

 

Polémique concernant la cause du sinistre, toujours en cours 4 ans après :

Deux hypothèses s'affrontent !

L'hypothèse d'un phénomène naturel, défendue par certains géologues et les prospecteurs de Lapindo, est liée au séisme de forte magnitude - 6,2 - qui a frappé deux jours avant la région de Yogyakarta, causant 6.200 morts. Ce séisme aurait été le détonateur de l'éruption; les 15 autres forages de gaz à proximité n'ayant posé aucun problème. Le séisme implique le système de failles Watukosek.

lusidebatefig.png

La seconde hypothèse est défendue par les habitants de Sidoarjo et un récent rapport de février 2010. Ces experts pensent que le forage profond est à l'origine de l'instabilité ayant provoqué l'éruption, qui se serait produite au moment de retirer la tige de forage. La thèse du séisme ne tiendrait pas étant donné l'éloignement par rapport à l'épicentre et le fait que cette région fréquemment secouée par des tremblements de terre n'ait jamais présenté jusqu'alors des volcans de boue.

 

Sans pouvoir prendre position, il est plausible qu'une conjonction de plusieurs facteurs soit à l'origine de la catastrophe. Des failles ont joué un rôle déterminant dans la remontée des fluides boueux (voir schéma ci-dessous).

Trop d'inconnues demeurent et le "politiquement correct", non négligeable dans ce cas, est à mettre en relation avec le fait qu'un ministre indonésien, Aburizal Bakrie, contrôle la société Lapindo Brantas.

 

porong-1.jpgLa position du forage, les failles (en rouge) et le paleo Colapsus, indiquant un évènement ancien à cet endroit.

 

Quelques particularités de LUSI :

Pourquoi LU-SI ? c'est une abréviation de Lumpur et Sidoarjo, autrement dit "la boue de Sidoarjo".

- La haute température : en février 2007, la température mesurée à 20 m. du cratère était de 97°C ... ce qui laisse suggérer, en tenant compte de l'ébullition de l'eau et des émissions de vapeur, une température égale ou supérieure à 100°C. Les températures mesurées à 2.667 m. étaient de 138°C; ceci démontre un gradient géothermique inhabituel de 42°C par kilomètre, en relation probable avec la proximité de l'arc volcanique.

- La nature des gaz : En complément de la vapeur d'eau, les principaux composés gazeux sont du méthane (83-85%), du CO2 (9,9-11,3%) et des hydrocarbures. Des traces d'H2S ont été mesurées à 35 ppm, perceptibles olfactivement.

(selon étude de Mazzini & al. - réf. en sources)

 

De lourdes conséquences de toute façon :

Les ravages sont importants dans cette région rurale : 14 morts, 12 villages noyés, plus de 50.000 personnes déplacées, 1.000 hectares de terre perdus, la rivière Porong polluée, pour ne pas dire détruite, aquaculture perturbée ...

 

sidoarjo-29.05.08-restes-d-un-village-2-ans-apres---AP-Tri.jpgSituation d'un village en 2008, deux ans après le début de la catastrophe - photo AP Trisnadi.


Outre ces dégâts qui semblent irréversibles à courte échéance, une autre menace pèse sur la région de Sidoarjo : la subsidence de Lusi dans sa propre caldeira.

caldera.pngDes mesures GPS et par interférométrie radar InSAR ont mis en évidence des mouvements de subsidence et d'inflation de cette région très peuplée. Entre juin 2006 et septembre 2007, le ratio de subsidence est de 0,1 à 4 cm. par jour, avec un maximum dans une aire située à 400m. au nord-ouest du cratère. Une inflation de 0,09 cm. par jour concerne l'aire extérieure. Deux moteurs à cet affaissement : le poids de calderabla boue, cumulé à celui du barrage construit pour contenir les boues d'une part; d'autre part, la remontée d'énormes volumes de boue depuis les profondeurs et une modification de l'aquifère.

Schémas : Hihgly Allochtonous - C.Rowan 05.2008.

Selon ce ratio de 4 cm/jour et à condition qu'il reste constant, la subsidence atteindra 44 m. en 3 ans, et plus de 16 m. en 10 ans, au centre de l'édifice.

 

MarkTingay-15Doc. Bakrie media centre / Mark Tingay - ce document suggère une éruption similaire datée de 500.000 ans, ce qui dédouanerait Lapindo/Bakrie. ?!

 

Faute d'un jugement favorable, il ne reste aux indonésiens qu'à se tourner vers le ciel pour espérer que le désastre s'arrête et qu'ils puissent retrouver une vie normale.

 

sidoarjo-29.05.08---AFP.jpg                      Offrandes rituelles en mai 2008 - doc. AFP.

 

Bledug-Kuwu : un volcan de boue "plus sage" !

Il s'agit d'un vaste champ de boue, situé dans la province de Java centre - département de Grobogan, où se produit de façon continue une succession d'explosions de bulles de CO2 et d'eau salée. Au cours du temps, cette boue a créé une vaste aire plane et circulaire d'environ 800 mètres de circonférence. Pendant la saison des pluies, l'activité de ce volcan de boue devient plus violente, les explosions sont plus fortes et la boue est projetée à une plus grande hauteur.

 

Bledug-Kuwuh-5---MR05.jpg

Les explosions ne semblent pas importuner les paysans des environs - photo Y.Setiawan. On voit bien la poche de gaz non transparente.


Bledug-Kuwuh-2---MR05.jpg                                                                                      Photo Y.Setiawan.


Ce qu'on aperçoit de loin est la montée depuis la surface du sol de grandes quantités de vapeur accompagnée d'une forte détonation semblable à un coup de tonnerre lointain. De près, on observe des bulles hémisphériques faite de terre noire et d'eau d'environ 5 mètres de diamètre qui apparaissent à un intervalle de quelques secondes et qui enflent en atteignant une hauteur de 6 à 9 mètres. Puis ces bulles éclatent en produisant un fort bruit, éparpillant dans toutes les directions une boue noire avec une forte odeur évoquant celle du goudron et une température supérieure à celle de l'air environnant.

L'observation des deux sites où se produisent les éruptions sont appelés Mbah Jokotua (grand-père) et Mbah Rodenok (grand-mère); ces emplacements ont un caractère sacré.

 

Comme dans beaucoup de volcans de boue, on retrouve comme ingrédients : eau salée, argiles, gaz (CO2 et méthane). Bizaremment, l'eau salée contient de l'iode, comme l'eau de mer, ce qui alimente le mythe de liaison de Bledug Kuwu à la mer par un canal.

 

 

Sources :

- The science behind the east Java mud flow - by Mark Tingay

- Indahnesia.com - historique des articles concernant Lusi

- Science Direct - Triggering and dynamic evolution of the LUSI mud volcano, Indonesia
A. Mazzini, H. Svensen, G.G. Akhmanov, G. Aloisi, S. Planke, A. Malthe-Sørenssen, B. Istadi.

- Subsidence and uplift of Sidoarjo due to the eruption of Lusi mud volcano (2006-present)  Abidin, H. Z.; Davies, R. J.; Kusuma, M. A.; Andreas, H.; Deguchi, T. Environmental Geology, Volume 57, Issue 4, pp.833-844

- Ground Displacements around LUSI Mud Volcano Indonesia
as Inferred from GPS Surveys
Heri ANDREAS, Hasanuddin Zainal ABIDIN, Mipi Ananta KUSUMA, Prihadi
SUMINTADIREJA, and I.GUMILAR, Indonesia

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