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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

05aob01f.png

Carte bathymétrique et position des îles Ambae/Aoba et Ambrym dans l'archipel du Vanuatu.

 

Ambae - volcan Aoba : les lacs de cratère Voui et Lakua.


Ambae - position des volcans

Topographie et position des structures volcaniques sur Ambae/Aoba. - doc. C.Robin - Orstom.

 

L'île d'Ambae a une forme allongée - 16 km. sur 38 - alignée sur une zone de rift NE-SO. ponctuée de cônes de scorie. Le centre est occupée par un volcan bouclier basaltique massif (2.500 km³) : l'Aoba.

Il est couronné par deux caldeiras concentriques, la plus petite contenant les lacs de cratère Manaro Ngoru (diam. env. 300m), Manaro Vui (diam. env. 2,1km) et Manaro Lakua (diam. env. 1,3km).

La fréquence des éruptions de ce volcan lors du dernier siècle est resté très faible, cependant chacune d'entre elles ont présenté un caractère explosif marqué.

La présence de deux caldeiras emboîtées, occupées par des lacs, ainsi que l'affleurement de dépôts pyroclastiques et de lapilli accrétionnés démontrent que par le passé des éruptions beaucoup plus importantes ont eu lieu.

 La dernière éruption de flanc, il y a 300 ans, a détruit la population de Nduindui sur la côte ouest.

 

Aoba.pngSchéma des processus volcaniques et position des moyens de surveillance de l'Aoba - doc. Michel Lardy / GVP.

 

Le lac Voui est un lac acide; son volume est estimé à 50 millions de m³, pour une profondeur maximale de 150 mètres. Le mélange d'acide chlorhydrique et sulfurique a un pH moyen de 1,6 et cette solution, brassée par une convection active, présente régulièrement des sédiments ou des précipités chimiques (gypse, silice) à la surface.

Le lac a présenté une crise en 1995 : avec une augmentation de l'activité convective et du niveau du lac, émission d'un panache de vapeur et cendres atteignant 3.000 m. le 3 mars.


lake-voui---20.03.1995.jpgLe lac Voui fumant à l'avant-plan et en arrière-plan, le lac Manaro Lakua - photo Orstom. 20.03.1995


3011aob3.jpgEn 2005, l'activité phréatique explosive se développe avec création d'un cône de cendres dans le lac Voui, qui contiendra par la suite un lac interne bouillant et fumant.

Eruption phréatique du 04.12.2005 - photo P.Bani / IRD.

 

DSC00445_bis_resize.JPG

Une photo prise le 9 janvier 2006, montre le cinder cone bien formé et abritant un lac boueux et fumant - photo Job Eassau / GVP.

 

MANARO-MAY06-249.jpg                 Le 28.05.2006, le lac Voui a pris une teinte vineuse !


lac-Voui-03.06.2006.jpgEn mai 2006, des changements importants de coloration du lac sont observés; il prend une teinte vineuse, puis carrément rouge, début juin, suite à un changement du processus d'oxydoréduction des eaux chargées en fer, vraisemblablement liée à l'évolution du ratio SO2/H2S au sein des fluides hydrothermaux. De tels spectaculaires changements ont été observés aussi par Haroun Tazieff au lac acide du volcan Irazu, qui est passé du vert bronze au rouge sang.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Aoba

- Le lac volcanique Voui : l'éruption de novembre 2005 - Université Libre de Bruxelles - A.Bernard.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Commençons par le nord de l'archipel et les îles Banks & Torres, proches des îles Salomon.

Les Torres doivent leur nom au Commandant Luis Vaez de Torres, membre de l’expédition de Queiros, et les Banks au botaniste Joseph Banks qui accompagnait James Cook en 1774.

Les îles principales sont d'origine volcanique, avec deux volcans actifs sur Vanua Lava et Gaua.

On ne peut les atteindre facilement qu'à partir de Santo et par les airs, grâce à des vols d'Air Vanuatu 3 fois par semaine.

ATD : Volcanodiscovery organise un périple de 15 jours sur Tanna et Ambrym, avec une extension possible de 8 jours vers les îles Banks - référence.

 

 

Vanua Lava - volcan Suretamatai : 

                                           Carte archives U.S.Navy 1943     

557px-Vanua_lava.jpgLe Suretamatai occupe la majeure partie de l’île Vanua Lava, une des plus grande des îles Banks. A l’inverse des autres volcans du Vanuatu, ce volcan, aussi appelé Soritimeat, ne présente pas de caldeira sommitale. Une chaîne de petits stratovolcans à dominante basaltique à andésitique, orientés sur une ligne NNE-SSO, lui donne un profil irrégulier. Le cône le plus récent, situé à l’extrémité nord de la chaîne, est aussi le plus grand ; son cratère sommital, large de 900 m. et profond de 100 m.,  contient un lac. Son activité a débuté au 19° siècle, et n’a engendré que des éruptions explosives modérées, les dernières entre 1856 et 1864, puis 1965-1966. En 1965, un panache cendreux a été émis par un nouveau cratère apparus sur le flanc NW du cône, tandis qu’en 1966, de petites explosions (dues à des interactions eau-magma?) se produisaient. L’activité récente est réduite à celle de solfatares. Actuellement, la principale zone géothermale située le long de la rivière du soufre, sur le flanc est du Suretamatai, présente des fumerolles, des sources chaudes et des mares bouillantes.


 

Gaua (Santa Maria) -  le mont Garat ou Garet.

L’île de Gaua, connue aussi sous le nom de Santa Maria, est constituée d’un stratovolcan basaltique à andésitique coiffé d’une large caldeira de 6 km. sur 9.

 

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L'île de Gaua - Caldeira volcanique avec le mont Garet et le lac Letas. - doc. Nasa space shuttle.


La construction du cône actif , le mont Garet ( Garat – Gharat) et d’autres petits cinder cones dans la partie sud-ouest de la caldeira a permis l’installation d’un lac en demi-lune, le lac Letas. Des études bathymétriques ont permis d’estimer son volume à 800 millions de m³ (+/- 10%). Gaua-5-crat.sommit.pngLe mont Garet a un sommet plat troué de trois cratères-puits (pit crater), sur un total de cinq . La reprise de l’activité en 1962, après une longue période de dormance, concerne un évent situé en hauteur sur le flanc sud-est du mont Garet. 

Carte John Seach 1999/ GVP

 

 

3410gau4.jpg

                     Photos courtesy DGMWR (2003) and S. Wallez (2009).

 

Des décolorations du lac Letas témoignent du dégazage : en 2003, les eaux du lac avaient des teintes jaune à verte; en 2009, les eaux viraient à l'orange et de fortes odeurs de soufre étaient perçues par les habitants.

 

Début octobre 2009, une mission du département des mines du Vanuatu, à laquelle participait le vulcanologue Philipson Bani, un Vanuatais, s’est rendue sur place pour des mesures. Le 3 octobre, le mont Garet dégageait un flux de SO2 (dioxyde de soufre) de l’ordre de 3 000 tonnes par jour. « C’est énorme pour un volcan comme celui-ci, qui n’émettait pratiquement rien voici deux ans », expliquait alors Philipson Bani.
Dans les semaines suivantes, les deux sismographes installés sur place témoignaient de très nombreux tremblements, pas forcément perceptibles autrement que par les instruments, et sans que l’on puisse précisément déterminer la part revenant au volcan lui-même de celle liée à l’activité sismique générale de la région.


Gaua-2009.10--GVP.jpg

Panaches émis par trois évents actifs, dont un panache de cendres vigoureux, le 03.11.2009 - photo S.Todman / GVP.

 

Le 18 novembre enfin est survenue une explosion plus intense que les précédentes. Elle a été suivie cette fois d’émissions de cendres qui sont retombées sur la partie ouest-nord-ouest de Gaua. Les quelque 300 habitants de trois villages situés directement sous le vent du mont Garet, qui commençaient à souffrir de troubles respiratoires et constataient la destruction progressive de leurs cultures et de leurs sources d’eau potable, ont été évacués par des bateaux de pêche vers l’est de l’île. Début décembre, trois tonnes de matériel avaient mêmes été livrées sur place par la Glorieuse, dans le cadre d’une opération Croix-Rouge.

 

gaua_ali_2010.04.24.jpg                 Gaua - panache du 24.04.2010  Nasa Earth Observatory.


A partir de début avril 2010, l'activité augmente, avec émission de panaches plus importants et montant à plus haute altitude : 2.100 à 3.000 mètres. Entre mi-avril et fin juin, des panaches à 3.000 m. sont fréquemment observés.

L'éruption est toujours en cours.

 

Sources :

- Vanuatu Geohazards Observatory - VGOW.

- Global Volcanism Program - Gaua

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Santo-cadre-structural-fig01.jpg                          doc.Atlas du Vanuatu - IRD Noumea

 Géodynamique du Pacifique sud-ouest :

La tectonique de la région du Pacifique Sud-Ouest est marquée par la convergence entre les grandes plaques Pacifique et Australie. La convergence entre ces deux plaques se caractérise par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1000 km de largeur et qui s'exprime par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu.

Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques.

 

Dans la partie sud-est de la région, la plaque Pacifique s'enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. Les ratios de déplacement varient de 6-7 cm/an au Sud,  à 24 cm /an au Nord.

 

 Dans la partie nord-ouest de la région, c'est, à l'inverse, la plaque Australie qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal (ou Sud Salomon) et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 cm/an.

 

Ces deux zones de subduction sont jalonnées du Sud au Nord par des bassins qui constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques:

- le fossé du Havre en arrière de l'arc des Kermadec

- le bassin de Lau en arrière de l'arc des Tonga

- le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l'arc du Vanuatu

- le bassin de Woodlark

- le bassin de Manus en arrière de l'arc de Nouvelle- Bretagne.

 

carteswpacgrande---IRD-noumea.jpgVitesse des différents mouvements (subduction - rifting - déplacements au niveau des failles)  -  doc. IRD - Noumea.


La zone de liaison entre les deux terminaisons des zones de subduction Nord Tonga et Sud Vanuatu, qui s'éloignent très rapidement l'une de l'autre, est marquée par un système complexe d’axes d’ouverture et de relais transformants.

Les ratios d’ouverture atteignent 16 cm/an pour le Nord du bassin de Lau et 12 cm/an pour le Sud du Bassin Nord-Fidjien. Le mouvement décrochant est notamment souligné par la faille transformante Nord-Fidjienne qui s'étend depuis la terminaison nord de la fosse des Tonga jusqu'à l'axe d'accrétion central du bassin Nord-Fidjien, et qui longe le bord nord la plate-forme fidjienne.

Le bassin Nord-Fidjien est bordé au Nord par la fosse du Vitiaz. Dans la plupart des reconstitutions, cette fosse actuellement inactive est considérée comme la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australie de l’Eocène supérieur au Miocène supérieur, avant le développement du bassin Nord-Fidjien. L'arc du Vitiaz, maintenant dispersé, incluait l'arc ancien des Salomon et du Vanuatu, et se raccordait au sud est à la plate-forme fidjienne et à l'arc ancien de Lau-Tonga. La collision au Miocène supérieur entre le plateau d'Ontong-Java porté par la plaque Pacifique et l'arc du Vitiaz aurait eu pour conséquence de bloquer la subduction de la plaque Pacifique sous l’arc du Vitiaz, d'en inverser localement le sens depuis la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu’au Nord des îles Fidji, et de provoquer la naissance de la zone de subduction du Vanuatu - Sud Salomon. L’arc du Vanuatu a ensuite dérivé vers l'Ouest, en ouvrant dans son sillage le bassin Nord-Fidjien depuis le Miocène supérieur. La dérive, cette fois-ci vers l'Est, de la partie sud-est de l'arc, au niveau des îles Fidji - ride de Lau, a entraîné la formation du bassin de Lau depuis le Pliocène. (mission Santo 2006)

 

Tectonique de l'arc du Vanuatu :

 

La marge du Vanuatu peut être divisée longitudinalement en 4 grandes structures.

 

Tectonique-Vanuatu-CNRS.jpg                         Tectonique de l'arc du Vanuatu - doc. IRD / CNRS.


- Le segment nord, de 11°S à 14°S, est caractérisé par une fosse profonde (6000- 8800 m), une plate-forme vers 1200-1800 m de profondeur d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique (Torrès, Vanikoro, Utupua, Ndende, Recif), l'absence de volcans aériens actifs sauf à l'extrémité Sud (Vanua Lava) et Nord (Tinakula), et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord.

- Le segment central, de 14°S à 17°S, se caractérise par l'absence de fosse et la présence inhabituelle de grandes îles réparties le long de trois chaînes parallèles (Santo - Mallicolo, Ambrym - Ambaé - Gaua, Maéwo - Pentecôte) et d'un bassin anormalement profond au centre de l'arc (2400 à 3000 m). Ce bassin d’Ambaé est divisé en deux par l’île d’Ambaé et caractérisé au moins pour partie par un substratum de nature océanique (le bassin Nord Ambaé).

Les terrains formant ces trois chaînes résultent de trois épisodes volcaniques majeurs: la chaîne occidentale d'âge Oligocène supérieur à Miocène moyen est à relier à l’arc du Vitiaz, la chaîne orientale d'âge Miocène supérieur à Pliocène inférieur marque le début du fonctionnement de l’arc du Vanuatu, la chaîne centrale d'âge Pliocène supérieur à actuel représente la zone volcanique active.

 - Le segment sud, de 17°S à 22°S, ressemble au segment nord; il est caractérisé par une fosse (6000-7000 m), une large plateforme vers 1000 m de profondeur d'où émerge une série d'îles volcaniques régulièrement espacées (Éfaté, Erromango, Tanna, Anatom) et des fossés arrière-arc (fossés de Éfaté, Erromango et Futuna).

- Le segment extrême Sud, au Sud de 22°S, correspond à la terminaison de la zone de subduction; il est caractérisé par un arc volcanique étroit d'où émergent les pitons actifs de Matthew et Hunter.

La segmentation de la marge coïncide avec les structures de la plaque plongeante. Les segments sud et nord se situent en face des bassins océaniques Nord Loyauté et Nord Torrès.

La zone centrale, qui diffère très largement du reste de l'arc, se situe en face de la ride d'Entrecasteaux et de la terminaison sud du Plateau Ouest Torrès. À ce niveau, la convergence est absorbée en deux endroits : à la fosse à l’Ouest, le long du plan d e subduction penté vers l’Est sous la chaîne occidentale de Malicollo-Santo (3.5 cm/an) ; à l’Est le long de plans de chevauchement pentés vers l’Ouest sous la chaîne orientale de Pentecôte-Maéwo (5.5 cm/an). De la même manière, la frontière morphologique et structurale à 21°-22°S, entre les segments sud et extrême sud de la marge, se situe en face du coude de la ride des Loyauté. À ce niveau l’arc est découpé le long d’un grand accident senestre en arrière de l’arc de Matthew-Hunter, la ride des Loyauté entraînant le segment le plus sud avec elle. Le segment sud coulisse à l'ouest par rapport au segment extrême sud, à la vitesse estimée de 9 cm/an.

Les subductions/collisions récentes et toujours actives des rides d'Entrecasteaux et Loyauté sont ainsi soupçonnées d'avoir profondément modifié la morphologie, le volcanisme et la sismicité des parties centrales et extrême sud de la zone de subduction du Vanuatu. La ride d'Entrecasteaux vient percuter le segment central de l'arc insulaire du Vanuatu et l'entraîne devant elle sur le bassin Nord-Fidjien. L’emboutissage de la marge par la ride d’Entrecasteaux provoque les forts soulèvements des chaînes Est et Ouest de la partie centrale, et induit 

- la zone de compression d'arrière-arc et

- une zone décrochante transverse à l’arc entre les blocs sud et centraux au niveau des îles Shepherd (5 cm/an de décrochement dextre, le bloc central coulissant à l'Est par rapport au bloc sud).

Il est également proposé que la subduction/collision de la ride provoque des rotations des segments nord et sud de l'arc avec ouverture arrière-arc associée (rotation horaire pour le segment sud et ouverture de 4-5 cm dans les fossés arrière-arc du Sud entre Tanna et Futuna, rotation antihoraire pour le segment nord et ouverture de 3-4 cm/an dans les fossés arrière-arc du Nord, au Nord des Banks).

(mission Santo 2006)

 

Volcans actifs du Vanuatu :

 

map_vanuatu_volcanoes.gifNous verrons ces volcans du nord au sud, grâce aux photos d'Antony Van Eeten, un ami volcanophile australien, que je remercie.

 

31077_411964106440_645396440_4717273_5806456_n.jpg                                   Antony au Vanuatu   ... thanks Antony !

 

Sources :

- INRP - Institut national de recherche pédagogique - misssion Santo 2006 - lien

- IRD - Institut de recherche pour le développement - Noumea

- Futura-environnement - dossier Vanuatu

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ce matin, un petit tour d'horizon de la planète-volcan avec différents édifices en "période de stress"

 

 

En Indonésie, le Mérapi et le Karangetang montrent des signes de nervosité, alors que le niveau d’alerte du Sinabung a été baissé de 4 à 3. Selon le VSI, vingt volcans sont en alerte niveau 2 !

Le Karangetang  a émis des coulées de lave et a montré de l’activité strombolienne durant la majeure partie du mois de septembre, tandis que le Mérapi voyait son niveau de sismicité augmenté.

 

Karangetang-2007-GVP.jpg                                   Le Karangetang - 2007 - GVP.


Le Phivolcs rapporte une augmentation de la sismicité sur deux volcans Philippins : le Taal et le Mayon.

Après une alerte relevée en début d’année, le Taal a connu, du 1° au 26 septembre, une période marquée par une moyenne de 10 séismes journaliers : le 27, ce nombre est monté à 17 séismes par jour, toutefois sans changements significatifs de l’activité thermique et fumerollienne … ce qui n’a pas fait changer son niveau d’alerte. La zone active, l’île centrale, reste cependant une PDZ – permanent danger zone – et n’est pas accessible en permanence.

 

Taal_volcano_aerial.jpg                                  Le Taal - île volcanique centrale -


Le Mayon, en l’absence de détails, reste sous surveillance constante depuis son éruption en fin 2009.

 

Après une accalmie depuis le 24 septembre, le Piton de la Fournaise refait parler de lui.

Dans la journée du 29 septembre, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré 33 séismes volcano-tectoniques. La magnitude du séisme principal a été de 1.7 (non ressenti par la population). Les foyers sismiques restent localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise. Un nombre important d’éboulements dans le cratère sommital du Dolomieu (33/jour) ayants un volume moyen significativement plus élevé par rapport aux jours passés a été détecté. Déformations de l’édifice volcanique.
Tendance : inflation de l’édifice du Piton de la Fournaise, notamment de sa portion orientale.
Emissions de SO2 : des émissions ponctuelles sont enregistrées. Une possible augmentation du débit des fumerolles sommitales dans le cratère de Dolomieu est observée. L’augmentation concerne essentiellement le secteur est.

 

volcan piton fournaise 06             Les cratères sommitaux du Piton de La Fournaise  - photo OVPF.

 

En Colombie, le niveau est augmenté pour trois édifices volcaniques : Le Galeras et le Cerro Machin en niveau « jaune-3 », le Nevado del Huila en niveau « orange-2 ».

Pour le Nevado del Huila, Ingeominas conclue à une activité associée à l’extrusion de matières magmatiques à faible profondeur, avec sortie pulsive de gaz et cendres… pouvant dériver vers un état d’excitation plus grand.

Les mesures de SO2 ont été de 2979 tonnes/jour le 24.09 et de 3346 tonnes/jour le 27.09.

 

Nev.-del-Huila-2010-08-19.jpg                        Le Nevado del Huila - 19.08.2010 - Ingeominas

 

Au Kamchatka, le rapport du KVERT, du 01.10, rappelle que les trois volcans Klyuchevskoy, Shiveluch et Karymsky présentent des niveaux sismiques au dessus de la normale et émettent des panaches montant entre 6.000 et 10.000 mètres.

Le Klyuchevskoy présente une activité strombolienne, contrôlée « de visu » les 23, 25 et 28-29 septembre, avec panaches à 6.500-7.000 m. les 22 et 24.09. Une coulée de lave descend le flanc SO. du volcan, suite à une activité effusive sommitale.

 

P8030323-copie.jpg

            Le Klyuchevskoy en soirée  - © Carole et Frédéric Hardy 2010.

 

kamchatka_amo_2010272.jpgLe Klyuchevskoy et le Shiveluch - photo  NASA - Aqua / Modis  by Jeff Schmaltz, 29.09.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

La découverte du squelette de Lucy par l’expédition internationale de recherche en Afar a apporté un des chaînons manquants dans l’histoire du développement de l’homme moderne.

ethiopie 2007 007 copie

Lucy a été découverte le 30.11.1974 à Hadar sur les bords de la rivière Awash en Ethiopie dans le cadre de l'International Afar Research Expedition, un projet regroupant une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français co-dirigé par D.Johanson (paléoanthropologie), M.Taieb (géologie) et Y.Coppens (paléontologie).

Lucy a été décrite une première fois en 1976   mais son rattachement à l'espèce Australopithecus afarensis n'a été proposé qu'en 1978. 

Répertoriée sous le code AL 288-1 , Lucy a été surnommée ainsi par ses "inventeurs" car ces derniers écoutaient la chanson des Beatles,  "Lucy in the sky with diamonds", le soir sous la tente, en répertoriant les ossements, qu'ils avaient découverts. Elle est parfois également surnommée Birkinesh, Dinkenesh ou Dinqnesh, qui signifie « tu es merveilleuse » en langue amharique.

Lucy est conservée au Museum national d'Éthiopie à Addis-Abeba, où une réplique y est exposée.

Photo prise au musée d'Addis lors d'un périple en Afar - © B.Duyck

 

 

Yves Coppens, le paléontologiste et paléoanthropologue français ayant participé à cette expédition, a développé la théorie de l’ East side story, qui est un modèle expliquant l’apparition de la lignée humaine en Afrique de l’est par un changement climatique majeur lié à la formation du grand rift.

 

465px-Great Rift Valley map-fr.svg - USGS Sémhur                         Le grand rift Africain - doc. USGS / Sémhur.

Cette zone d’extension intracontinentale rejoint au nord deux structures extensives (des anciens rifts océanisés) qui limitent la plaque Arabique: la mer Rouge et le golfe d’Aden. Le point triple de l’Afar qui relie ces trois structures est une zone volcanique majeure découpée par de nombreuses failles.

Le rifting débute au Miocène, et l’effondrement provoque la formation de nombreux lacs.

La vitesse d’ouverture est de l’ordre de 10 mm/an et diminue vers le sud. Les deux branches du rift sont reliées par une zone de fracturation importante, le linéament d’Assoua. Le Kilimandjaro et le Mont Kenya, deux volcans, sont situés à l’intersection entre la branche orientale et ce linéament. La poursuite de cette extension intracontinentale peut aboutir, dans les prochains millions d’années à une océanisation et à l'individualisation d’une plaque Somalienne.

La vallée du grand rift connaît une très grande activité volcanique : il existe une très grande complexité du volcanisme visible nulle part ailleurs. On peut e.a. citer ici, sur la branche Est :

z---ethiopie-2007-rush-168-copie.jpg- L'Erta Ale, volcan-bouclier effusif très actif projetant de la lave fluide et dont la caldeira abrite un lac de lave;

- Le Dallol, un site géothermo-volcanique situé dans le triangle Afar.

                               Erta Ale - lac de lave  -  © B.Duyck

diap-len-055-copie.jpg- L'Ol Doinyo Lengai, stratovolcan rejetant une lave fluide unique au monde, la natrocarbonatite.

 - Le Kilimandjaro et le mont Kenya, stratovolcans, couverts de glaciers, respectivement symboles naturels de la Tanzanie et du Kenya.                     Lengai hornito - Solarisation  -  © B.Duyck

 

La formation du rift, il y a une dizaine de millions d'années, aurait conduit à une différentiation climatique et environnementale majeure entre la région située à l'ouest, humide et boisée, et la région située à l'est, beaucoup plus sèche et occupée par la savane. À partir d'une souche commune, deux populations de primates auraient été isolées et deux lignées évolutives auraient divergé :

- à l'Ouest, région restée humide et couverte de forêt tropicale, se serait développée la branche des primates regroupant les grands singes ancêtres des gorilles, des chimpanzés et des bonobos. Les caractéristiques environnementales auraient contribué à leur conserver un mode de déplacement essentiellement quadrupède et arboricole.

- à l'Est (territoires actuels de la Tanzanie, du Kenya et de l’Ethiopie), à l'abri des précipitations bloquées par la barrière du rift, un climat beaucoup plus sec se serait mis en place accompagné de la formation d'une végétation beaucoup moins dense, faite de savanes faiblement arborées. En réponse à ce nouvel environnement, une ou plusieurs branches distinctes de la famille HOMINIDE se seraient développées. Les australopithèques et les parantropes en feraient partie, ainsi que l'ancêtre de l’homme moderne. Ce climat et sa végétation auraient favorisé, chez ces ancêtres ou ces cousins de l'homme moderne, les déplacements au sol et la bipédie, permettant l'amélioration de la perception visuelle des prédateurs ou du gibier. La bipédie favorisant la libération des membres antérieurs, ceux-ci seraient devenus disponibles pour utiliser progressivement des outils.

 

HommeLignee                   Ligne du temps des Paranthropes et des hominidés .

 Ce modèle séduisant a été remis en cause par la mise en évidence d’une locomotion encore largement arboricole chez certains Australopithèques, puis par les découvertes par l’équipe de Michel Brunet d'Australopithecus bahrelghazali – Abel - et de Sahelanthropus Tchadensis – Toumaï - au Tchad, soit 2 500 km à l'ouest du rift.

Si Yves Coppens a reconnu que le modèle ne correspondait plus aux données actuelles, l'isolement géographique de petits groupes reste une hypothèse privilégiée pour expliquer l'apparition de la bipédie … « la mise sur pied de l’homme » - Homo erectus.

 

Homo erctus - dispersion 8-carte

 

Homo erectus a commencé sa migration et sa conquête de nouveaux territoires voici plus d'un million d'années et on le retrouve pratiquement en même temps à proximité du Pacifique à l'est, et de l'Atlantique à l'ouest.

 

Puis le flambeau sera passé à l'homo néanderthalensis et l'homo sapiens sapiens, finalement au profit de ce dernier. L'évolution de l'homo sapiens se fera indépendamment dans chaque continent, avec peu d'échanges de gênes d'abord, aboutissant à la diversité humaine actuelle.

 

535px-Humanevolutionchart.png             Evolution humaine en fonction du temps et des continents - doc.wikipedia

 

From: Genetic Analysis of Lice Supports Direct Contact between Modern and Archaic Humans Reed DL, Smith VS, Hammond SL, Rogers AR, Clayton DH PLoS Biology Vol. 2, No. 11, e340 doi:10.1371/journal.pbio.0020340.


Ce raccourci, qui frustera sans doute les puristes - mais ce n'est pas le sujet de ce blog - nous montre l'importance qu'ont joué les volcans sur l'évolution des hommes. Leur action ne se dément toujours pas, modelant les traditions et civilisations.

 

Un peu d'humour :

 

evolution_homme.jpg                           "La marche du progrès" ... caricature ?

 

Sources :

- Homo erectus - Stanford university - lien

- Homo erectus, à la recherche de "celui qui marche debout" - lien

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