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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck

Kirishima 26.01.2011

Kirishima 27.01.11

                          Webcams du Kirishima - 26.01 et 27.01.2011 heures locales

 

Une éruption est en cours au Shinmoe-dake, un stratovolcan du groupe volcanique Kirishima depuis le 19 janvier. cette éruption a provoqué une onde de choc détéctée à 12 km. et un panache de cendres qui a dérivé vers le sud-est ... des retombées de cendres ont été enregistrées à Miyakonojo, à 30 km. au SE et à Nichinan, à 60 km. au SE.

Le 22 janvier, un autre épisode éruptif a éjecté des matériaux à 200 mètres au dessus du cratère; un panache s'est développé à une altitude de 1.800 à 2.100 mètres avantde dériver vers le SE. selon le JMA, le VAAC Tokyo et des observations de pilotes.

Le volcan a été placé en alerte niveau 3 (sur 5) - "défense d'approcher le volcan".

 

 

Le 26.01.2011 des explosions stromboliennes expulsent cendres et bombes à plusieurs centaines de mètres avec production d'un panache important s'élevant à 1500 m. au dessus du cratère (Tenki.jp)

 

 

Eruption en cours ... à suivre

 

Sources :

- Activolcans

- Global Volcanism Program weekly report 25.01.11

- Tenki.jp

- James Reynolds / Facebook

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le terme tsunami (津波, tsunami) est un mot japonais composé de tsu (, tsu), « port », « gué », et de nami (, nami), « vague» ; il signifie littéralement « vague portuaire ». Elle fut nommée ainsi par les pêcheurs qui, n'ayant rien perçu d'anormal au large, retrouvaient leur ville portuaire ravagée.

 

Un excellent document mis en ligne par l'INGV le 28.01.2011 :

 


 

Un tsunami est créé lorsqu'une grande masse d'eau est déplacée, lors de phénomènes éruptifs ou tectoniques :

 

causes_md.jpgIl peut être provoqué par une éruption explosive, qui se déclenche près des côtes, comme c’est le cas d’éruption sur une île ou encore d’éruption sous-marine, avec une modification brusque de la topographie locale et production de vagues de grande ampleur.

Cela peut être aussi le cas lors d'un séisme important, d'une magnitude de 6.3 (valeur "seuil" d'après les catalogues de tsunamis disponibles: NOAA, catalogue de Novosibirsk, etc) ou plus, lorsque le niveau du plancher océanique le long d'une faille s'abaisse ou s'élève brutalement, lors d'un glissement de terrain côtier ou sous-marin, plus rarement lors d'un impact par un astéroïde ou une comète.

Un fort séisme ne produit pas nécessairement un tsunami : tout dépend de la manière (vitesse, surface, etc) avec laquelle la topographie sous-marine (bathymétrie) évolue aux alentours de la faille et transmet la déformation à la colonne d'eau sus-jacente.

 

 

tsunami--globalsecurity.jpg      En approchant des côtes, la profondeur d'eau, la vitesse de la vague et la longueur de l'onde se modifient  - doc. Globalsecurity.

 

tsunami---Ac-Clermont.fr.jpg                                                         Doc. AC-Clermont.fr / SVT

Le mouvement de l'eau provoque un mouvement de grande longueur d’onde (généralement quelques centaines de kilomètres) et de grande période (quelques minutes dans le cas d'un glissement de terrain à quelques dizaines de minutes dans le cas d'un séisme).

Certains tsunamis sont capables de se propager sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres et d'atteindre l'ensemble des côtes d'un océan en moins d'une journée. Ces tsunamis de grande étendue sont généralement d'origine tectonique, car les glissements de terrain et les explosions volcaniques produisent généralement des ondes de plus courte longueur d'onde qui se dissipent rapidement.

 

Une carte de risques a été établie, montrant la corrélation avec les zones de séismes sous-marins, les zones de subduction et partant les chaines volcaniques associées. A noter : toute la Méditerannée et la France, sont en zone de risque "modéré".

 

a3m_tsunami_risk_high.jpg


Quelques exemples liés aux éruptions :

L’éruption du Santorin en mer Egée, datée de 1645 avant JC. a réduit l’île du même nom à un anneau fragmenté autour d’une caldeira elliptique de 8 km. sur 5 et profonde de 600 mètres. Les produits de l’éruption ont recouvert la Grèce, la Crête et toute la mer Egée, des cendres atteignant l’Egypte … le volume émis est estimé à 100 km³. La mer a rempli la gigantesque dépression creusée par l’éruption pour former dans un deuxième temps un raz de marée, un tsunami qui a atteint la Crête, île distante de 120 km. La hauteur de la vague était de 200 mètres, comme en témoigne les niveaux de ponces flottées retrouvées sur des îles avoisinantes. Ce tsunami aurait pu être la cause de la soudaine disparition de la civilisation minoenne, à l’origine de la légende de l’Atlantide rapportée par Platon.

 

Un autre exemple souvent évoqué est l’éruption en août 1883 du Krakatau, situé sur une île du détroit de La Sonde entre Java et Sumatra. Cette éruption a été interprétée par divers scientifiques qui lui reconnaissent trois phases successives : 1. une éruption plinienne – 2. un tsunami majeur accompagné d’une onde acoustique – 3. une éruption ignimbritique.

Au total, cette éruption a fait 36.147 victimes ; les vagues engendrées par l’éruption ont traversé le Pacifique et l’Atlantique, pour ce faire détecter par les enregistreurs de marée dans le Golfe de Gascogne, situé à 17.000 km de l’île de Krakatau. Pour l’anecdote, on retrouva le Berouw, un bateau à vapeur, à 2.500 mètres à l’intérieur des terres.

 

Effect Krakatau 1883 Eruption           Dommages proximaux et zones concernées par l'éruption du Krakatau en 1883.

 

Un cas de tsunami  "interne" : durant l’éruption du St Helens en 1980, l’avalanche de débris se précipitant dans le Spirit Lake a généré une vague de 260m. de hauteur et relevé le niveau du lac de 60 mètres.

 

Spirit-lake---1988-Swisseduc.jpgLe cône éventré du St Helens et le Sprit Lake recouvert de troncs - photo prise par Swisseduc / Stromboli on line en 88, huit ans après l'éruption -  avec l'aimable autorisation de Marco Fulle.

 

Des tsunamis liés à la tectonique :

Les tsunamis liés à des évènements tectoniques en 2010 :

Chili 27.02 - Sumatra 06.04 - Mentawai 25.10 - Izu-Bonin islands 21.12.

 

L’important séisme, qui a frappé le Chili en février 2010, a engendré un tsunami qui a fait plus de 500 morts au Chili lui-même et a touché l’ensemble des côtes atlantiques.

 

800px-2010_Chile_earthquake_NOAA_tsunami_projection_2010-02.jpg Carte prévisionnelle d'amplitude (en cm.) de tsunami après le séisme de M 8,8 sur le Chili le 27 février 2010 - Doc. NOAA - US.

 

Trente minutes après la première secousse, le tsunami consécutif a touché Constitucion et Valparaiso, où fut constatée une amplitude de 2,6 mètres. L'archipel Juan Fernandez (île Robinson Crusoe) fut atteint par une vague importante et on y dénombra 4 morts; L'île de Pâques, située à 3510 km, où une évacuation partielle avait été ordonnée, ne fut par contre touchée que par une vague de 35 cm. à 12h.05.

 

Parmi les plus meurtriers, le tsunami consécutif au séisme majeur qui toucha Sumatra en 2004 : ce tsunami tua plus de 200.000 personnes dont beaucoup ne purent être retrouvées ou identifiées. Il toucha tout l’océan Indien, affectant l’Australie, la Thailande, le Sri Lanka, Singapour, les côtes indiennes et aussi Madagascar, la côte Tanzanienne et Somalienne.

 

26.12.2004-tsunami-Ao-Nang-Thailande---ph.David-Rydevik-Swe.jpg                         Le tsunami à Ao Nang / Thailande - photo David Rydevik (Sweden).

Ci-dessous : Banda Aceh - Sumatra - photos prises avant et après le tsunami, par le satellite QuickBird / doc. Digital Globe.

 

time before lgtime_after_lg.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Dégâts et prévention :

Les victimes emportées par un tsunami peuvent recevoir divers coups par les objets charriés (morceaux d'habitations détruites, bateaux, voitures, etc.) ou être projetées violemment contre des objets terrestres (mobilier urbain, arbres, etc.) : ces coups peuvent être mortels ou provoquer une perte des capacités, menant à la noyade. Certaines victimes peuvent aussi être piégées sous les décombres d'habitations. Enfin, le reflux du tsunami est capable d'emmener des personnes au large, où elles dérivent et, sans secours, meurent de noyade d'épuisement ou de soif.

Dans les jours et les semaines suivant l'événement, le bilan peut s'alourdir, en particulier dans les pays pauvres. L'après-tsunami peut être plus mortel que la vague elle-même. Les maladies liées à la putréfaction de cadavres, à la contamination de l'eau potable et à la péremption des aliments sont susceptibles de faire leur apparition. La faim peut survenir en cas de destruction des récoltes et des stocks alimentaires.

 

Les tsunamis sont susceptibles de détruire habitations, infrastructures et flore en raison :

- du fort courant qui emporte les structures peu ancrées dans le sol 

- de l'inondation qui fragilise les fondations des habitations, parfois déjà atteintes par le tremblement de terre précédant le tsunami 

- de dégradations dues aux chocs d'objets charriés à grande vitesse par la crue.

De plus, dans les régions plates, la stagnation d'eaux maritimes saumâtres peut porter un coup fatal à la faune et à la flore côtières, ainsi qu'aux récoltes. Sur les côtes sableuses ou marécageuses, le profil du rivage peut être modifié par la vague et une partie des terres, immergées.

Ils engendrent des pollutions induites par la destruction d'installations dangereuses et de dispersion de toxiques, d'agents pathogènes  à partir de ces installations (usines, décharges sous-marines..) ou par dispersion de sédiments pollués (estuaires, ports, en aval d'émissaires industriels, décharges sous-marines ou littorales). Lors du tsunami du 26 décembre 2004, un dépôt de munitions immergées a par exemple été dispersé sur les fonds marins sur de grandes distances. Il existe plusieurs centaines de décharges sous-marines dans le monde, contenant notamment des déchets nucléaires et des déchets militaires ou industriels hautement toxiques.

Les récifs coralliens peuvent également être disloqués et mis à mal par le tsunami lui-même et par la turbidité de l'eau qui peut s'ensuivre les semaines suivantes, ainsi que par les polluants que l'eau a pu ramener.

 

 

tsunami-USGS.gifIl suffit généralement de s'éloigner de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres des côtes ou d'atteindre un promontoire de quelques mètres à quelques dizaines de mètres pour être épargné. La mise à l'abri ne prend donc que quelques minutes à un quart d'heure, aussi un système d'alerte au tsunami  permet-il d'éviter la plupart des pertes humaines.

 

Un système de bouées adaptées à la réception des mouvements (capteurs de pression disposés sur les fonds océaniques) peut être installé le long des côtes et ainsi prévenir du danger (Système DART / NOAA)

Un dispositif de surveillance et d'alerte, utilisant une maille de sondes subocéaniques et traquant les séismes potentiellement déclencheurs de tsunamis, permet d'alerter les populations et les plagistes de l'arrivée d'un tsunami dans les pays donnant sur l'océan Pacifique : le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique, basé sur la plage d'Ewa à Hawaii, non loin d'Honolulu.

Il faut aussi sensibiliser les populations aux gestes utiles et équiper toutes les zones critiques de moyens de détection et prévention.

Le NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration -, et le NSF - National Science foundation, organismes gouvernementaux américains, possèdent des laboratoires où ils étudient et modélisent les vagues et leurs effets destructeurs.

 

tsunami-NSF.jpgModélisation en bassin d'un tsunami - Credit: Daniel T. Cox, Oregon State University  OSU -  NSF.gov

 

Sources:

- NOAA Tsunami website

- NOAA's National weather service - Pacific tsunami warning center

- NSF - National science Foundation - After the tsunami

- NSF - Building tsunami resistant cities

- USGS - Surviving a tsunami 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Onekotan-island---ISS026-E-016287.jpg

Astronaut photograph ISS026-E-16287 was acquired on January 9, 2011, with a Nikon D2Xs digital camera using an 180 mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 26 crew.

 

Une excellente photo de l'île Onekotan, dans l'archipel volcanique des Kouriles, prise par l'équipage de la station spatiale internationale, permet une analyse des deux caldeiras présentes sur l'île.

Pour mémoire, l'archipel des Kouriles s'étend entre la péninsule du Kamchatka et le nord-est de l'archipel Nippon; il fait partie du Cercle de feu du Pacifique. L'arc insulaire des Kouriles est bordé à 200 km. côté Est par la fosse des Kouriles (Kuril trench); tous deux résultent de la subduction de la plaque Pacifique sous la micro-plaque Okhotsk, faisant partie de la plaque Eurasienne.


Au nord de l'île (à gauche sur la photo de l'ISS) : le Nemo Peak. Ses dernières manifestations sont datées de 1710, 1906 et 1938.

Le pic Nemo est tronqué par deux caldeiras nichées d'âge pré-glaciaire, la plus large d'un diamètre de 10 km.

Sur cette surface glacée, s'est établie, il y a 25.000 ans, une caldeira large de 5 km., suite à l'effondrement d'un cône d'âge interglaciaire.

Elle abrite un lac en croissant, la lac Chernoe, et le volcan Nemo, haut de 1.018 m., est formé de la coalescence de deux cônes andésitiques qui se sont construits en quatre épisodes entre le début de l'holocène et il y a 9.500 ans. L'activité la plus récente est marquée par la construction d'un dôme de lave sommital percé d'un cratère de 150 m. de large.

 

Nemo-Peak---Yoshihiro-Ishizuka--univ.-Hokkaido.jpg                 Nemo Peak sur l'île Onekotan - photo Yoshihiro Ishizuka / univ. d'Hokkaido.

 

 

Le sud d'Onekotan est estampillé par la caldeira Tau-Rusyr, basaltique à andésitique, large de 7,5 km., et occupée par le lac Koltsevoye et le Krenitsyn Peak . La caldeira s'est formée il y a 7.500 ans.

Le Krenitsyn est un cône andésitique haut de 1325 m. ; il forme une île de 4 km. de large. Sa seule éruption connue date de 1952 : elle a formé un petit dôme de lave au sein d'un cratère d'explosion situé sur la rive est de l'île.

 

Krenitsy---lac-Koltsevoye.jpg             Le Krenitsyn se mire dans les eaux du lac Kolsevoye - photo Alexander Belousov.

 

krenitsyn-crater.jpg                    Le cratère et le dôme du Krenitsyn - photo alexander Belousov.

 

D'autres renseignements sur le volcanisme et la tectonique des Kouriles sur ce blog, en tapant "kouriles" en "recherche" ou en cliquant sur ce lien.

 

Sources :

- Nasa Earth Observatory - image of the day 24.01.2011

- Global Volcanism Program - Tao-Rusyr caldera

- Global Volcanism Program - Nemo Peak

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La république d'Ouganda est contigue au Kenya, à la Tanzanie au Rwanda et à la RDC. Le sud du pays englobe une vaste partie du lac Victoria. Ce pays de l'Afrique des grands lacs a longtemps été une zone troublée, e.a. sous le règne du tyran sanguinaire Idi Amin Dada, et à ce titre est peu connue pour ses volcans du rift (sud-ouest du pays), pourtant intéressants pour la composition de leurs laves : des carbonatites extrusives au nord, des laves ultra-potassiques au centre et potassiques au sud.

 

tuff carbonatite                        Tuf carbonatite - Photo Nelson Eby / univ. Massachusetts.

 

Ug-map-fr.png

 

geochemistry---.jpgCarte de situation des champs volcaniques du sud-ouest Ougandais (en noir) - d'après N. Eby


Le champ volcanique Katwe-Kikorongo s’étend depuis les rivages NE du lac Edouard . jusqu’aux rivages oust du lac George, au sud du massif du Ruwenzori : 180 km² abritent 80 cônes et maars foiditiques, certains remplis par des lacs. Le lac Katwe, long de 3 km., occupe deux ou trois cratères qui se recoupent.

 

Katwe-Kikorongo-crater-lake.jpg                 Katwe-Kikorongo volcanic field - le lac de cratère Katwe -photo Nelson Eby


Le champ volcanique Bunyaruguru, daté de la fin du Pleistocène à l’holocène, est aussi connu sous la dénomination de champ volcanique Kichwambe. Il est composé de 130 maars, dont 27 sont occupés par des lacs d’eau douce ou salée. Seuls quelques coulées de lave foiditique (**) se rencontrent parmi les couches de tuf volcaniques et le sédiments récents en couches entremêlées.

 

Champs-volc.-bunyaruguru------Landsat-7-NasaK-K.jpgSituation des champs volcaniques Bunyaruguru et Katwe-Kikorongo, de part et d'autre du canal reliant les lacs Edouard et George - d'après une image Nasa Landsat 7.


Les champs volcaniques de Katwe-Kikorongo et Bunyaruguru montrent tous deux des laves de caractéristiques potassique à ultrapotassique, (K2O/Na2O = 3 to 12), contenant des phénocristaux de pyroxène et d’olivine.

Le champ volcanique de Bufumbira présente lui des laves d’un rapport K2O/Na2O < 2, avec les mêmes types de phénocristaux.

Ces champs volcaniques ont des rapports Y/Nb versus Nb/Zr différents, indiquant différents degrés de fusion et des variations de composition de la source…ceci implique une source mantellique chimiquement différente pour les champs de Bunyaruguru et le côté le plus à l’est de Katwe-Kikorongo.

 

Fort-portal-carbonatite-tuff-cone.jpgFort Portal carbonatite tuff cones -  Photo Nelson Eby / univ. Massachusetts. / in GVP


Fort Portal est situé entre les lacs Albert et Edouard, à l’extrémité NE du massif du Ruwenzori. Ses laves sont un exemple exceptionnel de calco-carbonatites.

Ce champ volcanique se compose de 50 évents, et s’est formé en trois phases : une phase préliminaire  a formé deux lignes de cônes de tuf orientés NE-SO. ; la seconde phase a donné un manteau de tuf ; la dernière phase a caractérisé les coulées de lave de calco-carbonatite, en provenance des cônes de tuf de l’extrémité SO.

La composition chimique des tufs est mixte : de la lave carbonatite, des lapilli de mélilitite (*), des lapilli silicatés, des xénolithes crustaux felsiques et mafiques. La lave carbonatée s’est différenciée en tant que liquide non miscible d’un mélange de mélilitite carbonatée, à haute pression.

 

Fort-Portal-saka-east.jpg                Fort Portal saka east - Photo Nelson Eby / univ. Massachusetts.

 

Le champ volcanique de Bufumbira, composé d'une quarantaine de cônes de cendres (cinder cone), est situé au nord de la zone des Virunga ; d'âge plus récent que les structures des Virunga, ces cônes sont alignés et typiquement percés sur un côté par les coulées de lave. La géochimie des roches est inhabituellement "ultra-potassique".

 

Bufumbira-volc.jpg

   Les cinder cones du Bufumbira volcanic field - d'après une image Nasa Landsat.


Le Katunga est un cône de tuf isolé localisé à 40 km. au sud-est du lac Edouard. Un lac de cratère, empli d'eau fraîche, le surmonte.

Le cône est associé à des coulées de lave d’évents situés sur ses flancs nord et nord-est. Les laves de cette structure sont spéciales et formées de katungite, une olivine-mélilitite.

katungite = proto-katungite + biotite-pyroxenite (+ très peu d'olivine). – (John Seach).

 

(*) - Mélilitite : roche extrusive composée de 90% de minéraux mafiques, comme la mélilite et l'augite, avec de moindres parties  de feldspathoides et plagioclase.

Les minéraux du groupe de la mélilite sont des silicates qui ont pour formule générale  : [8]X2[4]Y[4]Z2O7, où [N] signifie nombre de coordination N.

Mélilite : X = (Ca,Na), Y = (Mg,Fe,Al), Z = (Al,Si) ;                             (Ca,Na)2(Mg,Fe,Al)[(Al,Si)SiO7]
 

 

(**) foiditique -foidique :se réfère à un domaine chimique ultrabasique et riche en Na2O - K2O

TAS.gif                     Diagramme de classification chimique des roches volcaniques - BRGM

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Volcans d'afrique centrale 

- Geochemistry and mantle soure(s) of carbonatitic and potassic lavas from SW Uganda. - lien

Eby, G. N., Lloyd, F. E., Woolley, A. R., and Stoppa, F.

- Petrogenesis of the Fort Portal, Uganda, Extrusive Carbonatite

Eby, G. N., Lloyd, F. E. and Woolley, A. R.

- High pressure experimental studies on a Katungite ... - lien

- Mélililite at Fort Portal, Uganda - another dimension for the carbonate volcanism - Science Direct

- Mélilite - Minéral data

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’éruption a débutée le 2 janvier 2010 à 2h.17 ; Benoît Smets du Musée royal d’Afrique Centrale à Bruxelles décrit l’éruption : «  La lave est sortie dans la caldeira au départ du pit crater, et le long d’une fracture orientée ENE-OSO dans la partie sud de la caldeira. Une fissure de 600 m. de long s’est ouverte sur le flanc SSE du volcan, à 1.500 m. de la rive caldérique. La lave émise au départ de cette fissure a construit un spatter cone haut de 150 mètres. Elle s’est étendue en deux branches pour couvrir une surface importante. La fin de l’éruption est datée du 27 janvier 2010 ».


Selon Tedesco, les séismes tectoniques, indices de fracturation, et le trémor volcanique, signe de dégazage du magma, se sont produit simultanément avec l’apparition du magma en surface … suggérant la présence du magma très proche de la surface juste avant l’éruption.

 

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                                                                       © Charles Balagizi/ GVO. 

Le 3 janvier, les coulées de lave, larges de 15 mètres, ont parcouru 4,6 km. et brûlé 11 hectares de forêt ; le 8 janvier, la coulée large de 200 mètres, a progressé de 7 km. et menace une population de chimpanzés vivant sur les flancs du volcan.

 

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36230_112452612135249_100001115318006_78108_3706792_n.jpg            La fissure éruptive et le nouveau spatter cone début janvier - photos © Charles Balagizi/ GVO.  

 

 

La MONUC met ses hélicoptères à disposition pour des observations journalières, tandis que les systèmes GPS et les tiltmètres surveillent le volcan ; les observations sont faites conjointement par les scientifiques de l’observatoire volcanologique de Goma, du Musée Royal  d’Afrique centrale de Bruxelles, du Muséum National d’histoire naturelle du Luxembourg et l’UNOPS – United Nations Office for Project Services.

Les retombées de cendres ont affecté durant la première semaine la ville de Goma et les villages situés à l’ouest et au sud-ouest, avec des dégâts sur les cultures de patates douces, de haricots, de manioc et de bananes.

 

34162_112455585468285_100001115318006_78114_6530384_n.jpg                                   Fontaines de lave - photo gorillacd.com du 02 janvier 2010


Les fontaines de lave ont atteint 300 mètres de hauteur les premiers jours de l’éruption, pour diminuer ensuite à 50-150 m.

 

La surveillance par interférométrie radar (ASAR sur Envisat) a été cruciale pour cartographier les coulées et déformations et permettre au Dr. d'Oreye du GORISK de renseigner les autorités sur les menaces pesants sur la population et s'assurer que l'éruption ne concernait pas aussi le Nyiragongo.

Le projet GORISK , à l'initiative du  Belgian Science Policy Office and the National Research Fund of Luxembourg, vise à éprouver et implanter une technique d'étude et de monitoring des volcans Nyiragongo et Nyamuragira, basée sur des observations spatiales et terrestres. 

 

 

100122102439-large.jpgThe first interferogram processed after the onset of the eruption, based on data from 7 December 2009 and 8 January 2010, shows the ground deformation due to the eruption. A complete set of coloured bands, called 'fringes', represents ground movement relative to the spacecraft of 2.8 cm in the case of Envisat's ASAR.

 

 

Des images ASTER du 18 janvier montrent deux coulées significatives de lave dans la zone de rift SE., la plus longue atteignant 12 km.

 

2010---Campion-ULB.jpgImage ASTER des coulées le 18.01.2010 - température en Kelvin ! - doc. Robin Campion / Université Libre de Bruxelles in GVP.

 

L’éruption, bien que déclinante à cette date, relâchait des quantités de dioxyde de soufre de l’ordre de 16.000 tonnes par jour, le nuage migrant vers l’ouest.


SO2---Campion-ULB.jpgImage ASTER du panache gazeux du Nyamuragira le 18.01.2010 - doc. Robin Campion / Université Libre de Bruxelles in GVP.

 

 

- Global Volcanism Program - Niamuragira

- Science Daily - Congo receives help from space after volcano eruption / 24.01.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


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Situation du volcan Nyamuragira et de son champ de lave étendu (en brun) - les autres volcans de la région sont signalés par des triangles blancs. - Carte 2010 / B.Smets Royal Museum of Central Africa, Tervueren, Belgium.

 

 

Un des volcans africains parmi les plus actifs, le Nyamuragira est un grand volcan-bouclier basaltique. D'un volume de 500 km³, il a couvert le rift de ses coulées  sur 1.500 km²et jusqu’à 30 km. du foyer éruptif.
Le Nyamuragira - littéralement  "celui qui commande" - a de nombreux synonymes dont le Nyamulagira, le Namlagira, le Girungo-Namlagira.

 

109084.jpg                             La caldeira du Nyamuragira en 2004 - photo Simon Care, in GVP.


Ce volcan-bouclier a des pentes faibles, de 3° à la base pour atteindre 10-20° Cratere---94-N.Zana.pngprès du sommet haut de 3.058 mètres et tronqué par une caldeira de 2,3 km. sur 2 entourée de parois hautes d’environ 100 m., dont la morphologie change fréquemment. Un lac de lave a même occupé le cratère sommital entre 1921 et 1938, date à laquelle il s’est vidangé lors d’une éruption de flanc majeure.

De nombreux cônes ponctuent les flancs du Nyamuragira.

 

Carte du cratère - N.Zana in GVP

 

nyamuragira_iko_2005195.jpg                                La caldeira sommitale du Nyamuragira - Nasa 2005.
                Les coulées signalées sur le schéma et la fissure du flanc sud y sont bien visibles.

 

Keystone-01.10.jpg                                 Fontaines de lave de l'éruption fissurale 2010 - Doc. Keystone.

 

Les laves qui caractérisent le Nyamuragira sont très fluides et responsables de fontaines de lave pouvant atteindre, comme en 2010, une hauteur de 300 mètres.

Les volumes éruptés sont importants et les surface couvertes par les coulées également : une étude de l'université de Cambridge offre une comparaison entre les surfaces et les volumes émis par:

- l'éruption du Nyamuragira en 2001 : Surface couverte : 44,2 Mm² - Volume lave érupté : 133 Mm³.

- versus l'éruption du Nyiragongo en 2002 : Surface couverte : 17,7 Mm² - Volume lave émis : 22 Mm³.

Les quantités de SO2 relarguées par le volcan sont considérables, comme l'atteste le diagramme ci-dessous :

 

TOMS_SO2_time_nov03---Magalhaes-SVG-copie.jpgQuantités de dioxyde de soufre exprimées en kilotonnes entre 1979 et 2003 - celles concernant le Nyamuragira sont marquées d'une étoile jaune/ligne bleue. - TOMS Volcanic Emissions Group / Magalhaes.


 

02nyi05f.png                                   Carte d’activité et des coulées entre 1900 et 1992 - Doc. GVP


Entre 1865 et 2004, on dénombre 40 épisodes éruptifs confirmés ; l’intervalle entre les éruptions n’est que de deux ans, depuis 1980.

En mai 2004, un survol du volcan permet de voir un lac de lave actif de 300 m. de diamètre, nourri par 4 fortes fontaines de lave. Ce lac sera temporaire ; des fontaines sont actives aussi sur le flanc N-NO. le long d'une fracture, avec construction de 4 cônes.
Après la reprise en octobre 2006 de l'activité sismique, une éruption est localisée en novembre sur le flanc sud, avec des fontaines de lave alignées sur une large zone. Leurs lueurs pouvaient être vues de Goma, à 30 km.
En 2007, de nombreuses anomalies thermiques sont signalées par le MODIS/MODVOLC.
En mars-avril 2009, une intense activité fumerollienne est détectée à la jumelle.

 

Demain, l'éruption de janvier 2010.


 

Nyamuragira-flancs-NO-kipukas---Simon-Carn-univ.of-Maryland.jpgParmi les coulées qui recouvrent les flancs du Nyamuragira, quelques zones vertes épargnées : des Kipuka. - photo simon Carn / Univ. du Maryland.

 

Kipuka est un terme hawaïen pour désigner une "île" de végétation complètement entourée de coulées de lave récentes; ces zones sont préservées à cause de leur topographie : petite colline ou dôme entourée de terrain plat. On en retrouve sur les volcans Hawaïen, ou encore à Crater of the Moon - USA.

 

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Nyamuragira

- Investigations of Nyamuragira and Nyiragongo volcanoes (Democratic Republic of the Congo) using InSAR - by Sarah Colclough - Cambridge University, Earth Sciences, Cambridge, CB2 3EQ, United Kingdom

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

            Mountain Gorillas - the oldest silverback   by © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Les Virunga abritent une bonne partie des gorilles de montagne existant au monde, en plus de la moitié de la biodiversité de l'Afrique subsaharienne.

Un récent recensement effectué au printemps 2010 montre que le nombre de gorilles vivant dans "l'aire forestière des trois frontières" a augmenté de 26,3% au cours des sept dernières années. Sur les 480 gorilles vivant dans les grandes Virunga, on dénombre 14 Silverbacks solitaires et 36 groupes familiaux; il faut leur ajouter les 306 individus vivant dans la forêt impénétrable de Bwindi (comptage 2006) pour arriver à un total de 790 gorilles, population totale de cee espèce gravement menacée.


secteur-mikeno-tourisme2_a0_light1.jpg                                  Le secteur des gorilles de Mikeno - doc. Gorillacd.com


Quelques parcs nationaux forment un réseau transfrontalier de protection : PN de la forêt de Bwindi (Ouganda), PN des Volcans au Rwanda et PN des Virunga en RDC.

 

Le gorille montagne (Gorilla beringei beringei ) mesure entre 1,40 et 2 mètres. Les mâles pèsent entre 140 et 300 kg et les femelles entre 70 et 110 kg.  Cet animal est impressionnant mais " très sociable et très pacifique".

 En dépit de toutes les légendes sur la férocité du gorille de montagne, en général, ce sont des créatures très paisibles. La plupart de leurs journées sont consacrées à la recherche de nourriture, au toilettage et aux jeux. 

 

P1140310.JPGEpouillage en famille - le grooming a une importance primordiale pour les relations à l'intérieur du groupe - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1140346.JPG                             Une femelle et un jeune - photo © Carole et Frédéric Hardy

   

Contrairement à leurs homologues de plaine, les gorilles de montagne ont les poils longs, qui les aide à gérer les extrêmes de température observés en altitude. Les gorilles de montagne vivent dans des unités familiales dirigées par un mâle dominant unique, connue sous le nom "Silverback" - un nom dérivé des cheveux gris qui se développe sur le dos du mâle quand  il atteint l'âge adulte. Le "dos argenté" est chargé de protéger la famille contre les prédateurs ou d'autres menaces. Le Silverback dominant prend également le rôle de médiateur en cas de litige dans la famille. Certaines familles contiennent plus d'un "dos argenté", mais un seul est dominant et peut s'accoupler avec les femelles du groupe.

 

P1140236-copie.jpg                                        La démarche assurée du "patron"  - photo © Carole et Frédéric Hardy


Les jeunes mâles adultes de la famille sont connus comme "dos noir". Les femelles adultes ont généralement la moitié de la taille des mâles et il est de leur responsabilité d'engager l'accouplement avec le mâle dominant, et de s'occuper des nourrissons.

 

P1140364-copie.jpg                             Un mâle dans une bambouseraie - photo © Carole et Frédéric Hardy 

 

Le gorille de montagne consomme plus de 150 espèces différentes de plantes, parmi lesquelles les bambous, les lobélies géantes , les céleris sauvages et les orites, et il sait éplucher les tiges épineuses et urticantes des orties avec ses mains et ses dents avec une grande dextérité.



 

img_1135087173463.jpg                                             La famille gorille et ses sous-espèces.

 

P1140259-copie.jpg     La sieste fait partie des occupations "importantes"  - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1140293.JPGLes jeux en famille ou en groupe sont également primordiaux - une attitude humble et des mimiques similaires permettent une approche non stressante du groupe ... qui s'amuse le plus ? - photo © Carole et Frédéric Hardy

 


P1140298.JPG                Un juvénile, au repos, reste attentif - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1140278---C.JPG    Le transport est gratuit pour les enfants en bas âge - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

  P1140333-copie-1.JPG

                                          Qui observe qui ? - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Les populations de gorilles de montagne ont été étudiées pendant Dian_Fossey.jpg18 ans par Dian Fossey - 16.01.1932/26.12.1985  portrait par Yan-Arthus Bertrand - ,une zoologue américaine qui a travaillé sur le terrain au Rwanda, dans le centre de recherche de Karisoke, encouragée par Louis Leakey, le célèbre anthropologue. Ses méthodes "musclées" lui ont attiré des animosités, qu'elle a d'ailleurs payé de sa vie. Elle a attiré l'attention mondiale sur les dangers qui menacent cette espèce et publié e.a. un livre, "Gorillas in the mist", qui a inspiré un film où son rôle était joué par Sigourney Weaver.

Les principaux dangers qui menacent les gorilles sont le braconnage, aggravé ces dernières années par la guerre, la déforestation pour la fabrication de charbon de bois et la destruction de ce fait de son habitat et les maladies, et surtout celles apportées par l'homme.

 

gorilla-massacre-virunga_P.N.Virunga---ICCNN.jpg                             Massacre dans les Virunga - Plus jamais cela !!! - doc. ICCNN


Patrouille des rangers sous la conduite d'Emmanuël de Mérode, sur les flancs du Nyiragongo, en vue d'erradiquer les prélèvements faits par les charbonniers.


 

Lors de son séjour sur le Sabyinyo, le groupe de Carole et Frédéric Hardy était accompagné d'une équipe de tournage officielle ... vous allez retrouver dans ce reportage des images identiques à celles filmées par notre couple d'amis.


Sources :
- FuturaSiences - Menace d'extinction de nos proches parents - lien

- Dian Fossey - wikipedia

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Intensa-degasificaci_n-con-vientos-del-este_-Vista-desde-el.jpg

La végétation des flancs du Turrialba brûlée par l'intense dégazage du volcan - doc. Ovsicori Una.

 

 

Le 14 janvier, on rapporte des chutes de cendres mineures sur 2 km. dans la région située au sud-est du volcan Turrialba, des grondements et une forte odeur soufrée. Le panache émis est blanc (vapeur et gaz) et bleuté (SO2).

Un survol du volcan réalisé ce matin a permis de confirmer que l'orifice de sortie  du panache émis par le Turrialba provient de l'évent situé à l'extrémité orientale de la cavité formée par les éruptions phréatiques dernièrement enregistrées.

Il a permis de documenter aussi les zones de végétation atteintes par les gaz et situées dans les secteurs sud-ouest du volcan, sur plusieurs kilomètres.

La signature géochimique des gaz indique une éventuelle contribution de l'intrusion magmatique montant lentement dans les couches profondes du Turrialba. Une analyse complète est en cours.

 

Source :

OVSICORI - rapports des 17 et 20 janvier 2011.

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Publié le par Bernard Duyck
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Les volcans éteints des Virunga sont situés à cheval sur la frontière entre la République démocratique du Congo et le "pays des mille collines", le Rwanda.

Le Karisimbi, en territoire rwandais, a été évoqué précédemment.


VirungaMap

                                       Localisation des volcans éteints de la chaîne des Virunga.

Bisoke-et--copie.jpg

Comme l'indique une pancarte locale figurant les silhouettes des volcans, les Virunga sont aussi le territoire des gorilles de montagne. - © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Le Bisoke, ou Visoke, est un stratovolcan trachyandésitique, haut de 3711 mètres. Son sommet est coiffé d'un lac de cratère large de 450 m.

Ses laves ont produit des leucitites, des néphélinites à olivine, des basanites et des hawaiites.

Une zone de fissures orientées NE-SO. a produit des cônes de cendres, au nord-est du volcan; deux petits cônes sur le flanc nord sont nés d'une éruption datée de 1957 et localisée à 11 km. du sommet du Visoke, au Mugogo.

 

Karisimbi--Bisoke--copie.jpgLe Karisimbi, conique à l'arrière-plan, et le Bisoke (Visoke) dont on aperçoit un des cratère sommitaux - © Carole et Frédéric Hardy

 

 

visoke & Mikeno - Gorillacd       Le Visoke et son lac de cratère; à l'arrière-plan, le Mikeno, la tête dans les nuages. - photo Gorillacd.com

 

Le Mikeno est un stratovolcan haut de 4.437 mètres. La population de gorilles de montagne qui habite ses flancs est estimée à 10% de l'effectif total survivant.

De sévères affrontements y ont eu lieu en octobre 2008 entre les rebelles et l'armée congolaise, forçant les rangers à abandonner leur poste en fuyant dans la forêt, avec les dommages collatéraux pour cette population de gorilles.

 

Mikeno copie

                                   Le Mikeno, au sommet ennuagé - © Carole et Frédéric Hardy


Le Sabyinyo, haut de 3.645 m., est situé au point triple de rencontre entre les frontières du Rwanda, de la République démocratique du Congo et de l'Ouganda.

Son nom dérive du dialecte local "Iryinyo" ou "Sabinyo" signifiant "dent"; un surnom le qualifie de "Old Man's Teeth".

Le Sabyinyo est le plus ancien volcan de la chaîne des Virunga, et ses laves sont uniques, de composition saturées en silice, appelées "latite", intermédiaires chimiquement parlant entre l'andésite et la trachyte. Ses flancs sont extrêmement érodés, et parcourus de gorges spectaculaires.

Au niveau nature, la région est intéressante car elle contient un nombre élevé de plantes endémiques; elle abrita aussi  les gorilles de montagne , et fait partie à ce titre du Mgahinga National Park, qui regroupe les Mt. Sabyinyo et Muhabura, Gahinga.

 

 

Sabyinyo--ph.Guswen.jpg

                             La silhouette caractéristique du Sabyinyo - photo Guswen.

 

Le stratovolcan Gahinga, ou Mgahinga, est haut de 3.474 m. et possède un cratère occupé par un marécage.


Gahinga---Muhavura---Nasa-Landsat-1999.jpg

Les volcans Gahinga (centre gauche) et Muhavura sont tous deux arborés et séparés par un ensellement marécageux .

NASA Landsat image, 1999 (courtesy of Hawaii Synergy Project, Univ. of Hawaii Institute of Geophysics & Planetology).

 

Les volcans Gahinga et Muhavura sont joints par un ensellement occupé par le marais Kabiranyuma, drainé par la rivière du même nom; cet ensemble constitue une source d'eau primordiale pour les populations environnantes, car c'est la seule à n'être pas complètement à sec de juin à août.

 

Gahinga-copie.jpg

                                                © Carole et Frédéric Hardy

Gahinga---cratere-et-marais---Lonely-planet.jpg                               Le cratère du Gahinga occupé par un marais - photo LonelyPlanet.

 

Le Muhavura, situé à l'extrémité nord-est de la chaîne des Virunga, présente des aspects différents selon les points de vue : le meilleur d'entre eux est est au nord, nord-est où l'on peut voir sa base large de près de 10 km.

Son sommet, haut de 4.127 m.,  est occupé par un lac de cratère large de 40 m. .

Un petit cratère parasite a été récemment actif, mais la date de la dernière éruption reste imprécisée.


muhabura--ph.-Adam-Baker.jpg                                                   Le Muhavura - photo Adam Baker.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcans d'Afrique centrale

- Volcanolive - le site de John Seach - RDC Volcanoes - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour débuter l'examen du lac de lave en 2010, une excellente vidéo de Carole et Frédéric Hardy qui étaient sur place en décembre.

 

Charles Balagizi, de l'OVG, est monté à plusieurs reprises sur le Nyiragongo en 2010, accompagnant diverses expéditions scientifiques ou journalistiques, telles que les équipes du National Geographic.
Quelques photos sur le chemin d'accès avec les traces de la dernière éruption de 2002 :
ChBal-06.03.2010.jpg
     Les crevasses liées aux deux dernières vidanges du lac de lave © Charles Balagizi 06.03.10
Lava on tree - CBal copieLes coulées très fluides ont envoyé des paquets de lave en hauteur dans les arbres, qui récupèrent doucement ... "Lava on tree" - photo © Charles Balagizi 06.03.10
P1140177-copie.jpgAutre témoignage de la fluidité de la lave du Nyiragongo, ces coulées dégoulinantes et à surface lisse - photo © Carole et Frédéric Hardy
CBal-10.jpg Un arbre rescapé ... l'étreinte de la lave a failli lui être fatal ! - photo © Charles Balagizi 06.03.10
Ch-Bal-28.05.10.jpgDégazage important en fin mai du lac de lave contenu dans un anneau de scories - photo © Charles Balagizi 28.05.10

Du 14 au 24 juin, une équipe pluridisciplinaire incluant des membres de la Société de Volcanologie de Genève (SVG, Geneva, Switzerland), the Second University of Naples (Naples, Italy), the University of Massachusetts-Boston, l'Observatoire Volcanologique de Goma (D.R. Congo), and the United Nations Office of Project Services (UNOPS) (Copenhagen, Denmark) a analysé des échantillons de gaz et de lave, réalisé une carte topographique des terrasses et estimé les volumes de lave de ce grand lac.

07.2010---2--ChBal-jpgEn juillet, le niveau de la lave est plus haut et le lac déborde sur la terrasse - © Charles Balagizi 07.2010

L'actuelle topographie du cratère définit deux terrasses correspondantes au niveau du lac de lave en 1977 (bèta) et en 2002 (gamma) et une pseudo-terrasse résultante de l'effondrement partiel de la terrasse inférieure; le lac de lave est compris dans une muraille faite de scories et possède de ce fait un possible niveau supérieur au plancher du cratère, sur lequel il déborde par moments.

PC130422 copieEn décembre, le niveau du lac a baissé et laisse voir la base interne et la structure de l'anneau - photo © Carole et Frédéric Hardy

sept-2010-profil.jpg
Topographie du lac de lave du Nyiragongo - Le niveau du lac de lave (zéta) , enserré dans une paroi de scories (phi) surmonte de 15-20 m. le plancher du cratère (epsilon)  - la distance (alpha-epsilon ) est d'environ 400 mètres. - la pseudo-terrasse (delta) est composée de débris d'effondrement de la seconde terrasse (gamma) - Courtesy Burgi and others (in preparation) in GVP weekly reports.

La morphologie profonde du lac lui-même est peu connue, mais les scientifiques estiment que son volume peut être d'environ 7,5 à 10 millions de mètres cubes ( pour une profondeur estimée à 500 m. et une forme en cône inversé de diamètres supérieur = 225 m. et inférieur = 40 m.)
La composition des laves reste comparable à celle de l'éruption 2002 : basalte très fluide, riche en éléments alcalins, pauvre en silice. Les fumerolles sur les terrasses ont une température comprise entre 80 et 300°C max. et un pH acide, 2,18-3,21.

P1130913-copie-CHB.jpg                           Dégazage en périphérie - photo © Carole et Frédéric Hardy 

De nuit, le spectacle du lac est grandiose, tantôt calme et zébré de lignes de feu, tantôt agité d'énormes soubresauts et faisant gicler la lave à plusieurs mètres au dessus de sa peau sombre.

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                                                                                    photos © Carole et Frédéric Hardy

Formant un cercle quasi parfait d'un diamètre de 220-230 mères, cette surface de 40.000 m² est perpétuellement agité de courants de convection qui plissent sa peau élastique et noire, et ouvrent des fenêtres sur les entrailles brûlantes du volcan.

PC130426-copie.jpg La peau parcheminée est déchirée par des fontaines de lave -  photo © Carole et Frédéric Hardy
PC130453-copie.jpg Les gaz magmatiques s'échappent avec force et brassent la lave -  photo © Carole et Frédéric Hardy
Les parois internes supérieures du cratère sommital du Nyiragongo, d'un diamètre de 1.200 mètres, montrent une stratification révélatrice de la construction du cône.


P1140145-CHB.jpg                                                           photo © Carole et Frédéric Hardy

C'est Haroun Tazieff qui s'aventura le premier, en 1948, dans ce cratère réputé "inaccessible". Il fut ensuite visité par de nombreux volcanologues, dont le couple Krafft lors de l'éruption de 1977. Le Nyiragongo a été aussi le fief de  Jacques Durieux, "l'homme qui descendait toutes les semaines dans le cratère".

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Confortable camp de base, avec vue imprenable sur le Shaheru et les nombreux cônes qui le séparent du lac Kivu - photo © Carole et Frédéric Hardy
On ne peut quitter le sommet du Nyiragongo sans saluer l'oiseau qui anime celui-ci : l'opportuniste corbeau à cou blanc, inféodé aux pentes rocheuses entre 1.000 et plus de 3.000 mètres.

P1140155-copie.jpg                       Corvus albicollis - Corbeau à cou blanc - photo © Carole et Frédéric Hardy

Sources :
- Global Volcanism Program - Nyiragongo
- Burgi, P.-Y., Darrah, T., Balagizi, C., Karume, K., Campbell, M. E., Poreda, R. J., Tedesco, D., [in preparation], Assessment of Eruptive Activity and Lava Chemistry at Mount Nyiragongo, DRC, June 2010.
- pour retrouver la vidéo de Carole et Fred en grand écran et haute définition, le lien vers YouTube :  http://www.youtube.com/watch?v=W_meqhjQxb8&feature=player_embedded


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