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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Bulusan-map.jpg

 

Le Bulusan, coutumier de courts épisodes d'activité phréatique, suivis de périodes de repos, reprend du service : ce matin, à 2h.58, une explosion a secoué l'édifice, avec un son audible à Monbon - Irosin. La couverture nuageuse n'a pas permis d'observations directes, mais des retombées de cendres ont été observées  à Monbon.

 

Bulusan-21.11.2010---Xinhua-Reuters.jpg                  Activité semblable du Bulusan le 21.11.2010 - photo Xinhua/ Reuters

 

Source : PHIVOLCS rapport du 18.01.11

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le lac de lave présent depuis 1927 a connu deux épisodes dramatiques de vidange totale : en 1977 et 2002.

 

Sous le poids considérable du lac de lave, dont le niveau n'a par contre jamais atteint le bord du cratère, les parois du cratère cèdent, se fissurent et libèrent la lave provoquant la vidange rapide du lac.

 

10.01.1977 - M.Kraftt                   Coulées de lave et éruption du 10 janvier 1977 - doc. archives Maurice Krafft.

 

1977-M.Kraftt--laves-pahoehoe.jpg                                         Laves fluides pahoehoe - photo archives Maurice Krafft.


En 1977, une éruption fissurale vidangea le lac : une lac extrêmement fluide, dont les coulées atteignirent 100 km/h., recouvrit une vaste zonede 20 km², causant la mort d'une centaine de personnes. Suite à la vidange de 22 millions de m³ en moins d'une heure, un effondrement se produisit dans le cratère; de l'eau d'infiltration rencontra le magma et s'en suivit une violente explosion hydromagmatique. Le panache de vapeur et de cendres atteignit 11 km. de hauteur.


cratere-1982.png 

Evolution du cratère entre mai et juillet 1982 selon des doc. de M.Zana (encadré) et M.Krafft (autres) - en haut à gauche : en mai 1982, les restes de la plate-forme avant l'éruption - en haut à droite : le 26 juin, tris évents dont un sbmergé par un petit lac (A) en partie recouvert d'une croûte - en bas à gauche, le 3 juillet : les évents sont submergés et des fontaines de lave et des fumeroles visibles - en bas à droite, le 23 juillet : le lac est presque entièrement recouvert d'une croûte.

 

Le lac est réapparu en juin 1982, mais en octobre, il était déjà solidifié.
En 1994, l'activité se manifesta à nouveau sans observations directes, les guerres ethniques provoquant l'instabilité dans la région et l'installation de milliers de réfugiés au pied du volcan.

Aux environs du 14 juillet , un panache dense de gaz et vapeur est visible de Goma durant 4 jours; et en août, un panache modéré est signalé les 20, 21 et 24 (Ch.Balagizi)

Suite aux observations d'un volcanologue italien resté sur place, on apprit qu'en novembre 1994, un cône haut de 50 m. s'était édifié dans le cratère; celui-ci avait libéré deux coulées, formant un petit lac de lave dans le cratère.  

 

Entre mars et avril 1995, de grandes fontaines de lave apparurent. Le cône initial disparut pour céder la place à une cavité. Un volume de lave estimé à 56 millions de m³ s'accumula entre avril et août.

 

En août 1996, un croquis de Chris Weber montre le plancher du cratère avec un lac de lave refroidi, à 275 m. sous la lèvre du cratère (4), deux spatter cones (1-2), une petite plate-forme à 175m. sous la lèvre du cratère (3) et un dyke (5).

 

08.1996-C.Weber.png

 

Le 17 Janvier 2002 : une forte éruption tua 147 personnes, 60.000 perdirent leur maison et selon les Nations-Unies, environ 250.000 personnes furent déplacées suite à cette éruption.

Dans une interview à TF1, Jean-Louis Cheminée, responsable de l'IPGP, rapporte : " tout a commencé par une activité assez forte dans le cratère du volcan : des rougeoiments, une sismicité importante et des ouvertures de fissures d'où sont parties des coulées de lave". Ces ouvertures situées sur les 2/3 inférieurs du Nyiragongo sont importantes : "elles atteignent 10 km. de long, et 200 m. de large, provoquant des rejets de 1 mètre de hauteur" ajoute-t-il, rapportant les observations de Jacques Durieux. 
Deux flots de lave s'avancèrent à des vitesses nettement moindre qu'en 1977 - 2 à 3 m./min, soit 0,2 km/h. - l'un en direction de l'aéroport , l'autre vers Goma, touchant 13% des quartiers de la ville, pour atteindre finalement le lac Kivu. . De nombreux séismes furent associés à l'activité éruptive. Une subsidence allant de 5 à 50 cm. près du lac fut mesurée par J.Durieux, D.Garcin et le UN-OCHA team.

 

2704nyi1.jpg

Carte de l'équipe Franco-Britannique détaillant le chronologie de l'éruption du 17 janvier 2002. - in GVP

 

2703nyi2.png

Diagramme de subsidence entre le 28.01 et le 04.03.2002 montant l'importance du phénomène dans la zone de Goma.

Doc. équipe Franco-Britannique  Jacques Durieux-Dominic Garcin.

 

a nyiragongo lave in goma 2002

                                       Goma envahie par les coulées de lave - photo AFP 2002

L'éruption des 17-18 janvier 2002 a produit une fissure à proximité du village de Monigi. Ce dyke, large de 60 à 80 cm., présente une enveloppe refroidie à l'aspect de tunnel de lave ... la lave très fluide en a été drainée vers le sud en direction de Goma.

 

18                           Photo by Jean-Christophe Komorowski. Courtesy of the French-British team.

 

01.2002 - Monogi - KomorowskiFissures et dégâts causés au village de Monigi - Photo by Jean-Christophe Komorowski. Courtesy of the French-British team.

 

Depuis novembre 2002, le lac de lave est devenu permanent et on peut chaque jour observer un panache de gaz et une lueuer rouge au cratère du Nyiragongo.

Par périodes, l'activité se fait plus intense et c'est ainsi qu'on peut mesurer des concentrations de dioxyde de soufre égales à 50.000 tonnes/jour en novembre 2004

 

23.05.2003 G.V.O.    Un fort dégazage empêche une bonne vision du lac de lave le 23.05.2003 - photo Goma Volcano Observatory.

 

En mai 2006, un débordement du lac de lave crée une nouvelle terrasse. Le niveau de la lave baisse ensuiteet se stabilise, dégageant un cratère-puit (pit crater) aux parois abruptes.

 

23.07.2006 rare vue claire du cratère vu de terrasse rive

Vue exceptionnellement claire du cratère le 23.07.2006 - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle / Stromboli on line -  un clic sur la photo vous emmène vers d'autres de ses expéditions en 2006.

On y distingue bien les différents niveaux du lac de lave - le plus haut atteint en 1977 à 170 m sous la lèvre du cratère - la seconde plate-forme à 270 m. sous la lèvre, niveau de 2002 . Le fond du cratère est à la côte moins 450 mètres.

23.07.2006 fron S M.FulleLes parois du cratère dégagées par le bas niveau du lac de lave - 23.07.2006 avec l'aimable autorisation de Marco Fulle / Stromboli on line.

 

La lave du Nyiragongo est une néphélinite, type de lave à haute concentration en éléments alcalins, sodium et potassium. Elle tend à être "aphanitique", sans cristaux visibles à l'oeil nu. A l'observation microscopique, on peut découvrir : de la néphéline, du clinopyroxène, de l'olivine, des oxydes de fer et titane, des feldspar et de la leucite.

 

Le lac de lave et un "oeil ouvert" sur une colonne magmatique en relation directe avec la chambre magmatique située à 14 kilomètres sous le volcan.

 

model-NY2.jpgVision schématique de l'alimentation magmatique des volcans de la branche ouest du rift est-africain - NY pour le Nyiragongo

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nyiragongo monthly reports

- Guide des volcans - de M.Rosi & al. - Delachaux et Niestlé.

- Carn S. A. Eruptive and passive degassing of sulphur dioxide at Nyiragongo volcano ( D.R.Cngo): the 17 january 2002 eruption and its aftermath, Acta Vulcanologica. Vol. 14(1-2).2002 / transmis par charles Balagizi.

- un reportage de BBC World sur le volcan et le travail de l'Observatoire Volcanologique de Goma / J.Durieux

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Merapi-D---Merbahu-G.jpg

 Borobodur sous la menace directe des volcans; en silhouette, le Mérapi et le Merbabu.

 

Après avoir touché le temple bouddhiste de Borobodur, les cendres du volcan Mérapi menacent aujourd'hui les temples de Prambanan.

Durant les éruptions d'octobre et novembre 2010, on estime que le volcan a relâché plus de 150 millions de mètres cubes de débris volcaniques, gros et petits blocs et cendres. Une bonne part de ces matériaux se sont déposés dans les rivières, dont elles ont fait monter le niveau. Les pluies importantes de ces derniers jours ont remobilisé ces cendres pour générer des lahars qui affectent e.a. les rivières Gendol et Opak, qui se rencontrent non loin des temples de Prambanan.

Les lahars ont détruit des maisons et des exploitations fermières dans le district d'Argomulyo (Sleman) à 14 km. du volcan et selon le chef de l'agence régionale "Serayu-Opak river" tous les barrages mis en place pour stopper les débris sont saturés. Des travaux de dragage de la rivière sont planifiés pour normaliser son cours et réduire les risques de lahars, qui pourraient constituer une menace durant encore trois années étant donné le volume massif de débris émis lors des éruptions ... exemple typique de risque volcanique "secondaire".


PrambananTemples---R.Sleaman.jpg

                           Les temples hindouhistes de Prambanan - photo R.Sleaman

 

Sources :

- The Jakarta Post

- The southeast Asian archeology newsblog

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Nyiragongo2004.jpg

         Les flancs fumants et le sommet du Nyiragongo en 2004 - photo M.Bunschowski.


Nyiragongo signifie en français "celui qui fume" ; il est également appelé Graf Gotzen Krater, Kirunga Cha Nina Gongo, Kirunge Cha Niragongo, Kirunge Ya Gongo, Kirungo Cha Gongo, Kirungu Tscha Gongo, Kirungu Tscha Gongwe, Ninagongo, Niragonwe ou encore Revire Nganga.   


Le Nyiragongo est un des plus grand stratovolcan Africain, et culmine à 3.470 mètres ; il est l'un des rares volcans au monde dont le cratère abrite un lac de lave en fusion pendant plusieurs dizaines d'années - de 1927 à 1977 (la vie de ce lac de lave détaillée plus loin). Deux anciens stratovolcans, le Baruta et le Shaheru, ont été partiellement recouvert par le Nyiragongo.

 

Nyiragongo and Nyamuragira - PIA03337 copie

Profils comparés des volcans actifs du Rift Albert - d'après image Landsat et Shuttle Radar topography mission -  échelle verticale exagérée 1,5 x.

 

Rift-Kivu-31.01.2007-Nasa.jpg            Situation des volcans par rapport à la ville de Goma et au lac Kivu - Nasa 2007

 

nyiragongo-et-Baruta-2005---stromboli-on-line.jpgLe Nyiragongo à gauche et le cône éteint du Baruta (situé au nord du Nyiragongo)- avec l'aimable autorisation de Marco Fulle/ Stromboli on line - un clic sur l'image mène à son site.

 

PC130293-copie.jpgLe Shaheru, au sud entre le Nyiragongo et le lac Kivu (en haut à droite), survolé par le corbeau à cou blanc - photo © Carole et Frédéric Hardy 2010.

 

Près d'une centaine de cônes sont localisés sur ses flancs, le long de fissures situées le long de fissures radiales au sud du shaheru et dans une zone s'étendant NE-SO jusqu'au lac Kivu.

 

02nyi01f.pngCarte du Volcan Nyiragongo et des cônes situés entre celui-ci et le lac Kivu - Y.Pottier / Krafft 1977 in GVP.

 

L'ascension au Nyiragongo se fait au départ de Goma, puis Kibati, à l'entrée du Parc National des virungas, où l'on trouve les porteurs indispensables. Un dénivelé de 1700 mètres et entre 5 à 7 heures de marche séparent kibati du sommet. Le sentier serpente dans une luxuriante forêt jusqu'au cône Shaheru, avant de devenir plus pentu jusqu'au cratère.

 

Les-3-du-Nyiragongo-copie.jpg

 

Pour nous accompagner, des photos récentes d'amis : Carole et Frédéric Hardy, et Charles Balagizi.


Nyiragongo--17.11.2010-3-Ch.Balagizi---.jpg

           Le cratère et le lac de lave du Nyiragongo - photo Charles Balagizi 17.11.2010

Sur la gauche de la photo, on remarque les terrasses : la plus haute, à 170 m. sous la lèvre du cratère correspond au niveau du lac de lave en 1977 - la seconde, à l'avant-plan au centre, à 270 m. sous le bord du cratère, indique le niveau du lac en 2002 - le fond du cratère est à la côte moins 450 m.

P1140142-copie---CHB.jpg

        La magie nocturne du lac de lave - photo © Carole et Frédéric Hardy 12.2010.


Demain, les éruptions du volcan et les tribulations du lac de lave depuis 1977.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nyiragongo

- Stromboli on line - Nyiragongo - 2005 - 01.2006- 07.2006


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le rift Albert s'étend de l'extrémité nord du Lac Albert jusqu'à l'extrémité sud du lac Tanganika, couvrant 5 pays : l'Ouganda, le Rwanda, la RDC - République démocratique du Congo, le Burundi et la Tanzanie. "Rift Albert" n'est pas seulement un terme lié à la géologie, c'est aussi une zone qui regroupe divers habitats d'importance pour la conservation de la biodiversité. On y retrouve des glaciers qui surmontent les monts du Ruwenzori (5.000 m.), des volcans actifs et éteints, des zones hydrothermales, des biotopes forestiers divers - bambouseraies, végétation alpine, forêt de montagne, savanes et forêts de bas étage comme la Semuliki (600 m.)

 

boundary-rift-Albert-300.jpg   Les frontières du Rift Albert - d'après l'Albertine Rift Program / A.J.Plumbre.

 

Diverses zones de protection, classées parcs ou réserves naturels/nationaux , recouvrent la zone du Rift Albert; bien que leurs terrains d'action et missions soient clairement définis sur le papier, les susceptibilités locales et l'incertitude politique rendent difficile leur travail.

Pour exemple, la zone qui nous intéresse est intégrée dans le Parc National des Virunga en RDC et dans le Parc National des volcans au Rwanda ... la frontière entre les deux pays passant par les sommets des différents volcans éteints.

 

VirungaMapCarte de la chaîne volcanique des Virunga - La RDC y est reprise sous son ancienne dénomination : le Zaïre.

 

La chaîne volcanique des Virunga abrite huits volcans ; le Muhavura (4127 m.), le Mgahinga (3474 m.), le Sabinyo (3634 m.), le Visoke (3711 m.), le Mikeno (4437 m.), le Karisimbi (4507 m.), le Nyamuragira (3058 m.) et le Nyiragongo - "celui qui fume" (3470 m.). Exception faite du Nyamuragira, qui est un volcan-bouclier, tous les autres sont des stratovolcans.

 

Le Karisimbi est le plus haut volcan des Virunga avec ses 4.507 mètres; c'est un stratovolcan complexe de composition basanitique à trachitique : une caldeira de 2 km. de large, la caldeira Branca, occupe le sud-est; un cratère-puit de 1.200 mètres de diamètre, le Muntango, est situé au sud du sommet.

Une plaine de lave, formée au départ de coulées émises au sein de la caldeira et le long d'une chaîne de cônes parasites, s'étend au sud-ouest du Karisimbi.

Une centaine de ces cônes parasites s'alignent sur une ligne NNE-SSO. jusqu'au rives du lac Kivu.

Les éruptions les plus récentes sont datées de 8.050 avant JC.

 

Karisimbi-volcanic-complex---Nasa-landsat-99.jpgSur cette photo prise par le satellite Landsat de la Nasa en 1999, le Karisimbi est situé  en bas.

Le Mikeno est en arrière-plan gauche, le Visoke sur la droite. Le début de la ligne de cônes parasites en bas à gauche de l'image.

A noter : la nette délimitation entre les zones de forêts et les zones cultivées qui entourent ce massif volcanique.

 

On reparlera de ces volcans en même temps que des gorilles de montagne qui y habitent.

 

Sources :

- Albertine Rift Program - lien

- Global Volcanism Program - volcans d'Afrique centrale

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avant de parler des volcans de la branche ouest du "grand rift est-africain" , il convient de s’intéresser à sa situation tectonique.

Le rift africain est un endroit unique sur la planète, où les forces tectoniques créent et modifient en direct le paysage. La séparation de la plaque Somalienne de la plaque Nubienne (plaque Africaine), et leur écartement vis-à-vis de la plaque arabique se fait en Afar, près d’un point de triple jonction. Mais le rifting n’est pas cantonné dans cette zone : il s’étend au sud sur le territoire du Kenya, de la Tanzanie et dans la région des grands lacs africains.

 

figure1.jpg

Limites des plaques tectoniques et des dômes de l'est Africain - Geology.com

Colored Digital Elevation Model showing tectonic plate boundaries, outlines of the elevation highs demonstrating the thermal bulges and large lakes of East Africa.  The basemap is a Space Shuttle radar topography image by NASA. - Geology.com

 

Entre les parallèles 3°N et 10°S, on distingue deux branches entourant le dôme du Kenya ; la branche-est est nommée « rift Kenyan » ou « rift Grégory », la branche-ouest, est appelée « rift du lac Albert », ou « rift Albertin ».

 

eafrica-copie-2.gif                                                 Mouvements tectoniques en Afrique de l'est.

Les deux branches suivent d’anciennes cicatrices marquant les masses continentales qui sont entrées en collision il y a des milliards d’années pour former le craton Africain … de celui-ci reste un cœur rocheux métamorphique, le craton Tanzanien, trop costaud pour être coupé par le rift.

Bien que ces deux branches se soient formées selon un processus identique, elles présentent des caractéristiques différentes : la branche-est est, ou a été, le siège d’une activité volcanique importante et présente de grands volcans, dont le Ngorongoro, le Kilimandjaro, le mont Méru et l’Ol Doynio Lengai, toujours en activité ; la branche ouest est occupée par des bassins plus profonds qui contiennent des sédiments et des grands lacs, entre autre le lac Tanganika et le lac Malawi, et les volcans de la chaîne des Virunga.

 

Des études, datées de 2.000, suggèrent que la magmatisme éthiopien dans l’Afar et celui du Kenya et de l’EARS (East African Rift System) impliquent plus d’un panache mantellique, et que le rift Turkana, plus moderne et séparant les dômes Ethiopien et Kenyan, est à mettre en liaison avec l’un des plus grand panache sur la terre. (Rogers & al.)

Furman a émis l’hypothèse, en 2004, de la contribution d’un ou plusieurs panache mantellique, de même composition, à l’activité volcanique du Quaternaire de la Mer Rouge au Nord Kenya.


VVP-46.jpg

                   Schéma de Ramananda Chakrabarti & al . référence en sources.

L’existence d’une micro-plaque – la plaque Victoria – entre le rift Kenyan et la branche ouest , au cœur de laquelle se situe le craton Tanzanien, âgé de 2,5-3 milliards d’années a été envisagée. Les volcans Nyiragongo et Nyamuragira, responsables de 40% des éruptions historiques en Afrique, sont situés à la bordure d’un soulèvement topographique au sein de la branche ouest de l’EARS. L’activité volcanique simultanée de ces deux volcans met en œuvre des magmas originaires de différentes profondeurs, ce qui requiert la présence d’un panache mantellique hétérogène sous le craton Tanzanien. Ce panache causerait des provinces volcaniques chimiquement distinctes de par et d’autre du craton Tanzanien.

 

Dans l'attente de précisions et d'affinements de cette hypothèse, cela va nous forcer à revoir les dénominations des plaques tectoniques (plaque Nubienne et Somalienne au lieu d'africaine) et à mémoriser les noms de nombreuses micro-plaques récemment révélées (dans ce cas, la micro-plaque Victoria).

 

Sources :

- Isotopic and geochemical evidence for a heterogeneous mantle plume origin of the Virunga volcanics,Western rift, East African Rift system - par Ramananda Chakrabarti, Asish R. Basu, Alba P. Santo, Dario Tedesco,Orlando Vaselli. , in Chemical Geology vol.259 /3-4 février 2009.

- East african rift system (EARS) plume structure : insights from Quaternary mafic lavas of Turkana, Kenya. - par T.Furman, J.G.Bryce, J.Karson et Annamaria. - in Journal of Petrology.

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Une avalanche de débris est un phénomène catastrophique qui affecte un volcan, qu’il soit en éruption ou non.

Il s'agit de l'effondrement d'un flanc entier d'un édifice volcanique qui peut avoir plusieurs origines distinctes :

- l'effondrement d'une partie de l'édifice est peut être liée à la remontée d'un volume de magma qui, une fois à l'intérieur du volcan, se stocke et forme une poche qui déforme et déstabilise l'édifice. Lorsque l'instabilité est trop grande, le morceau de volcan déformé se détache et glisse, libérant la poche qui "explose". Le souffle de cette explosion, chargé de cendres, est nommé "blast" . Il peut détruire des surfaces assez vastes (600 km² environ pour le Mont St Helens en 1980, et environ 500 km² pour le Bezymianny en 1956).

- l'effondrement peut se faire de manière passive, sans la moindre intrusion magmatique et sans la moindre activité volcanique.

 

crateres-sommitaux-et-Valle-del-bove-copie-2.jpg                                Etna : cratères sommitaux et Valle del Bove - image ASTER.


De nombreux volcans dissymétriques présentent une instabilité sectorielle et des marques de glissements de terrain : La Valle del Bove sur l’Etna, la Sciarra del Fuoco sur l’île de Stromboli, le Piton de La Fournaise et le Kilauea sur Hawaii .

Toutes choses étant égales, un volcan présente une instabilité supérieure à une montagne de même gabarit ; différentes fractures et des niveaux hydrothermalisés constituent des niveaux de glissements privilégiés, favorisés par les micro-séismes.

L’établissement des cartes de risques nécessite de prendre en compte différents facteurs : la pente et le dénivelé, l’orientation, la lithologie et les discontinuités, le climat, la végétation.

 

08.1980-USGS.jpgMt St Helens , l'avalanche de débris ponctuée de petits lacs colorés différemment selon la composition chimique des eaux - photo Lyn Topinka /USGS - 08.08.1981

 

L’éruption du mont St Helens illustre bien le cas d’un effondrement consécutif à une intrusion magmatique :

msh_N-S_1980_xsec.gif

                                          Coupe du Mont St Helens - doc. USGS Lyn Topinka.

 

Depuis le mois d’avril, les géologues avaient averti du danger de ce bombement et des risques de glissements de terrain pouvant générer une éruption.


250px-StHelen eruption sequence 1-2

Déroulement de la séquence éruptive - doc. J.Dréo

S : dôme sommital - G: Goat dome - C: cryptodôme (intrusion) - L: Glissement de terrain (Landslide) - E : phase primaire de l'éruption.

 

Le 18 mai, à 8 h 32, sans crier gare, un tremblement de terre de magnitude 5,1 fait s'effondrer, environ 10 secondes après (entre 7 et 20 secondes)  , la face nord de la montagne. C'est l'un des plus grands glissements de terrain connus de l'histoire. Il progresse à vive allure, entre 175 et 250 km/h, et traverse le bras ouest du lac Spirit ; une partie du glissement atteint une crête de 350 m de haut à quelque 9,5 km au nord. Une partie du glissement passe par dessus la crête, mais la majeure partie s'écoule 21 km en contrebas, le long de la North Fork Toutle river, recouvrant la vallée d'une couche de débris épaisse de plus de 180 m. Une surface de près de 62 km² est recouverte et le volume total des dépôts atteint 2,9 km³.

La majeure partie de l'ancienne face nord du mont Saint Helens n'est plus qu'un amas de gravats de 27 km de long, pour une épaisseur moyenne de 46 m. L'effondrement, épais de 1,6 km au niveau du lac Spirit, s'affine dans son extrémité occidentale. L'eau du lac Spirit, temporairement déplacée par le glissement de terrain, génère une vague de 180 m de haut qui va s'écraser contre la crête au nord du lac et ajoute 90 m de gravats à l’ancien lit du lac, élevant sa surface de près de 60 m.

 

may18_devastmap.gifCarte des dévastations liées à l'éruption de 1980 - importance relative de la zone de blast (jaune) par rapport à la zone d'avalanche de débris (brun hachuré) - doc. USGS

 

S.W.Kieffer-USGS.jpg                             Un arbre déchiqueté par la puissance du blast - photo S.W.Kieffer / USGS

 

Sources :

- Volcanologie - J-M.Bardintzeff - éd.Dunod

- USGS / CVO - Cascades Volcano Observatory - St Helens

- USGS special report : eruptions of mount St Helens, past, present, and future.

- USGS Mount St Helens may 18, 1980 eruption

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

12.01-2011---Etna---Reuters.jpg

       Eruption sommitale de l'Etna et coulées de lave - 12.01.2011 - photo agence Reuters / dailymail.co.uk

 

L'épisode éruptif, qui a débuté le 11 janvier avec une faible strombolienne faible dans le pit crater situé sur le flanc est du cratère SE, s'est intensifié le jour suivant; l'activité a culminé en soirée du 12 janvier, avec des fontaines de lave soutenues, et des débordements du pit crater générant des coulées de lave peu après minuit en direction de la muraille ouest de la Valle del Bove.

Une colonne éruptive de plusieurs kilomètres a laissé ce matin le sommet et une partie supérieure de la Valle del Bove recouverts par la cendre (voir : http://www.flickr.com/photos/e tnawalk/5351114481/lightbox/ - photo de "Etnawalk" prise ce 13.01.2011 à 7h.20).

Le paroxysme a cessé ce matin aux environs de 5 h.00.

La coulée s'est répartie en deux branches inégales, une branche nord a parcouru 1 km. Le front de coulée principal dans la Valle del Bove a contourné le cône du mont Centenari et parcouru 4,2 km. depuis la bouche éruptive.

 

Sources :
- INGV Catania
- Daily online / Dailymail.co.uk

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Six volcans du Kamchatka sont actuellement en "code alerte aviation", dont le Kizimen en alerte "rouge".

KIZIMEN: RED
SHEVELUCH and KARYMSKY: ORANGE
KLYUCHEVSKOY, GORELY and BEZYMIANNY: YELLOW

 

Kizimen-07.01.2011-A.Lobachevsky.JPG                                            Le panache du Kizimen, le 07.01.2011 - photo A.Lobachevsky / KVERT


KIZIMEN VOLCANO (1000-23)
55°08'N, 160°19'E; Elevation 8,151 ft (2,485 m)
AVIATION COLOR CODE IS
RED

 

Depuis le 31 décembre 2010, le Kizimen produit des panaches de cendres montant entre 6-8 km. selon différents rapports visuels et des analyses satellites. Des explosions plus fortes ont même causé des panaches à 10.000 mètres, altitudes à laquelle des perturbations du trafic aérien transcontinental peuvent intervenir.

Le 1° janvier, le panache de cendres s'était étendu sur plus de 500 km. en direction du SSO. et des retombées de cendres ont été constatées dans tout le sud du Kamchatka. Le 5 janvier, le nuage de cendres atteignait une distance de 838 km. en direction cette fois du NE.

Les satellites ont enregistré une anomalie thermique durant toute la semaine, l'analyse des données rend probable des coulées de lave en surface et des coulées pyroclastiques.

 

Kizimen-05.01.2011---A.Lobashevsky-KVERT.JPG                                      Le Kizimen le 05.01.2011 - photo A.Lobachevsky /KVERT.

 

Sources :

- KVERT rapport du 07.01.2011

- Global Volcanism Program - Weekly report 05-11.01.2011

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Toujours sur la plaque océanique Nazca : l'archipel Juan Fernandez.

 

622px-Nazca Plate map-frLa plaque Nazca - avec ses îles et archipels : Galapagos, Pâques et Juan Fernandez.

 

Baptisées du nom du navigateur qui les découvrit en 1574, les îles Juan Fernandez doivent leur célébrité à Daniel Defoe, romancier et journaliste anglais (1660-1731).

Refuge du marin écossais Alexander Selkirk naufragé devant Isla Mas a Tierra, où il passa 4 ans et 4 mois, cette île inspira au romancier le personnage de Robinson Crusoe, et de "Vendredi", son compagnon d'infortune.

 

Les trois îles qui composent l'archipel Juan Fernandez sont groupées à 650 km. des côtes chiliennes; elles sont couramment nommées Isla Robinson Crusoe (33°37's, 78°53'o, 47km2), Isla Alejandro Selkirk (33° 45's, 80°45'o, 45 km2) et Isla Santa Clara (33°42's, 79°01'o, 2,5 km2).

Une multitude d'îlots périphériques complète l'archipel; les plus importants sont les îlots Juanango, verdugo, Vinillo et Los Chamelos.

 

Menaces-et-perspectives-pour-la-preservation-de-la-biodiver.png                L'archipel Juan Fernandez - Doc. Steussy 1984.

 

Archpielago_Juan_Fernandez_-Vista_hacia_Robinson_Crusoe----.jpg          L'île Ronbinson Crusoe / archipel Juan Fernandez - photo Serpentus.


L'île Robinson, ou encore Mas a Tierra, est composée de quatre volcans-boucliers basaltiques (olivinifères) qui se chevauchent, avec des caldeiras ouvertes vers le nord-est. Le sud-ouest de l'île est composé de petits cônes altérés.

Une datation au Potassium-Argon fait remonter sa création à 5,8-3,8 Ma.(Steussy 1984 / GVP)

La naissance de l'île A. Selkirk, ou Mas a Fuera, remonterait à 2,4 -0,85 Ma.

 

Eruption-1939---Sutcliff---Oscar-Gonzalez-Ferran--univ.of-C.jpg       L'éruption du 20.02.1835 - doc. Sutcliff / Oscar Gonzalez-Ferran univ. of Chile.


L'activité récente serait marquée par une éruption à El Yunque, en 1743, et une autre éruption, sous-marine cette fois, en 1835, à 1,5 km. au nord de l'île Robinson.

 

crusoe_carte.gif

                                                L'île Robinson Crusoe.

 

Cet archipel méconnu est aussi un havre de paix pour de nombreuses espèces de plantes et d'animaux uniques sur la planète. La Conaf - administration du Parque Nacional Archipelago -, largement financée par des fonds européens, assure la protection naturelle. La flore est diversifiée et compte 101 variétés endémiques dont un éventail de fougères géantes. Pour le règne animal, c'est le colibri robinson ou Picaflor rojo, Sephanoides fernandensis, qui se distingue : corps rouge brique, bec noir et fin comme una aiguille, ailes vertes et soyeuses. ses effectifs ont diminué de 798 (1987-88) à 179 (2002) en 15 ans.

 

crusoe colibri male                           Colibri robinson, mâle - Sephanoides fernandensis.

Difficiles à atteindre, ces îles vous gratifieront d'une nature vierge, mais battue par les vents, aux pitons de pierre couverts de forêts drapées prepétuellement dans le brouillard ... pas d'autres distractions que d'y boire un verre en discutant avec les iliens, ou de déguster un homard, pur régal les premiers jours,  un peu lassant par la suite, car le menu n'est pas varié ici.

 

crusoe_cote.jpg                                      Le charmant climat de l'île Robinson.   ile-A.Selkirk--las-a-fuera.gif                             Le relief de l'île Selkirk - doc. Google Earth

 

Sources :

- Architectures des plantes de l'île Robinson crusoe - par F.Hallé - lien

- Menaces et perspective pour la préservation de la biodiversité de l'archipel Juan Fernandez - ULB - Lien

- Global Volcanism Program - Juan Fernandez

 


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