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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Située entre 4200 et 4600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde et aussi la plus haute. Quatre-vingt cinq fumerolles et solfatares, des terrasses de geysérite, soixante deux sources chaudes, 40 geysers (selon le GVP … 64 selon d’autres sources) et quelques volcans de boue parsèment la zone. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre (75 cm. d’après Glennon & Pfaff 2003), au lever du jour quand les contrastes de température sont maximum, les vapeurs s’échappent du sol pour former des colonnes d’une dizaine de mètres … le spectacle est grandiose et atteint son point culminant aux premiers rayons de soleil.

 

 

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                                                                                                   © Antony Van Eeten

 

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                                                                                                        © Antony Van Eeten

 

Le nom « El Tatio » provient du mot « el tata » qui signifie « grand frère » dans l'Atacama. D'après une légende locale, le volcan du même nom qui se trouve à environ 10 km au sud-est de la zone géothermale d'El Tatio, « le grand frère », protège les peuples de l'Atacama. Il leur a donné la force des geysers pour plusieurs siècles.

 

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© Antony Van Eeten


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi. Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50000 km² ! Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie. Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio. Néanmoins, le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

De multiples et puissantes éruptions ignimbritiques se sont succédées depuis environ 10,4 millions d'années formant notamment les caldeiras de Pastos Grandes, au nord de El Tatio, et de Cerro Guacha, à l'est. La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques. L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. A une vitesse d'environ un kilomètre par an, l'eau passe à travers différents dépôts, dont celui de l'ignimbrite de Puripicar (daté à 4,2 millions d'années), et sous des dépôts ignimbritiques imperméables plus récents notamment l'ingnimbrite de El Tatio (1,7 milions d'années). Là, entre 800 et 1000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio. Ces eaux chaudes forment la rivière du Rio Salado dont le débit varie de 250 à 500 litres par seconde suivant la saison. La plupart des sources atteignent 86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées. (activolcans)

 

 

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                                                                                                         © Antony Van Eeten

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                  Avec l'altitude, la température d'ébullition est de 85°C - © Antony Van Eeten


El Tatio pratique : Arrivez très tôt sur le site, avant le lever du soleil … habillés chaudement, car à 4.300 m d’altitude, il peut faire entre moins 5 et moins 20°C.  Si votre emploi du temps le permet, restez sur le site après le départ des nombreux touristes : le soleil monte, l’air se réchauffe et on assiste à un curieux échange : les vapeurs blanches disparaissent, mais les couleurs apparaissent.

 

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                                                                                                       © Antony Van Eeten

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                                                                                                        © Antony Van Eeten

 

Les colonies de bactéries thermophiles, la végétation, les lèvres des geysers ourlées de délicates opalines, tout est mis en valeur dans un écrin de montagne se détachant sur le ciel d’altitude bleu outremer. En prenant son temps, El Tatio vous gratifie de ses deux facettes … et pour les amateurs, un grand bassin d’eau chaude vous invite à la baignade.

 

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              La bouche du geyser entre deux pulsations - © Antony Van Eeten

 

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                                        Vasque ourlée d'opaline - © Antony Van Eeten

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                    Les eaux chaudes sont colonisées par des thermophiles - © Antony Van Eeten

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                                 Bouche entourée de geysérite - © Antony Van Eeten

 

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              La couleur du ciel transmise aux fumerolles - © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Tatio.

  - GOSA - the Geyser Organisation and Study Association

- The extraordinary thermal activity of El Tatio getser field - by J.A.Glennon & R.M.Pfapff. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 La Zone volcanique centrale inclue 44 édifices volcaniques actifs, 18 champs ou centres mineurs et 6 centre ignimbritiques / ou caldeiras. Ils sont situés dans le nord du Chili, le sud-ouest de la Bolivie, le nord-ouest de l'Argentine et le sud du Pérou.

Nous allons examiner d'abord les volcans du nord Chili.

 

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                         Les  volcans de la zone volcanique centrale situés au Chili - ZVC .

 

llullaillaco2---photoway-.com.jpg                   Le volcan Llullailluco - Photo Photoway.com

 

Le Llullailluco est le plus haut volcan hors-sol actif historiquement , avec 6.739 m. Le cône sommital bien préservé est construit sur un édifice ancien daté du Pléistocène. Une avalanche de débris lors du collapsus du vieux volcan il y a 150.000 ans s’étend vers l’est et pénètre le territoire argentin.

De nombreux dômes de lave et coulées sont associés à la croissance du cône récent ; les deux coulées principales, de type dacitique, s’orientent nord et sud. Ces coulées sont formées par de la lave très visqueuse et durant l'écoulement lent, la couverture de la coulée refroidit en formant des plis, en accordéon, disposés à 90° par rapport à la direction de la coulée ; les flancs de la coulée refroidissent également plus vite que son centre et forment des "murailles" ou des "digues" (flow levees).

Le 19° siècle fut marqué par deux éruptions explosives et une effusive.

 

Llullailluco--09.12.2009-ISS022-E-008285.jpg                      Le volcan Llullailluco et ses coulées - doc. ISS022-008285

 

Ce volcan abrite aussi le site archéologique le plus haut du monde : on y a retrouvé trois enfants Incas congelés.

 

llullaillaco1.jpg   "La Doncella" conservée au Museo de Arqueologia de Alta Montaña (le MAAM) à Salta. - doc Associeted Press.

 

Cette adolescente de 15 ans (la Doncella), cette petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et ce garçon de 7 ans (El Niño) ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité (et non offerte en cadeau aux Dieux). À leur mort, es enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.
 L’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.
C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.
En effet, le froid (il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants. Ce phénomène était sûrement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin. (TripTeaser)

 

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                                                                                              © Antony Van Eeten

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                        Sur la route du Lascar avec les photos d'© Antony Van Eeten

 

Le Lascar est un volcan composite constitué de deux cônes irréguliers et tronqués, avec cinq cratères nichés et alignés ESE-ONO ; on a grosso modo deux centres : à l’ouest, le cône éteint et à l’est, le cône actif. Un vieux stratovolcan, l’Aguas Calientes (ou Simbad volcano) est situé à 5 km. du Lascar.

 

Lascar-vu-du-Chaxas-lagoon---Aguas-Calientes--simbad--au-fo.jpgAu centre, le volcan Lascar vu de Chaxas lagoon et en arrière-plan, à droite, l'Aguas Calientes - photo G.Prins.


En 1993, un épisode éruptif, considéré comme le plus grand historiquement parlant à cet endroit, fut marquée par une phase d’éruptions vulcanienne de plusieurs heures, suivie par des Er-plinienne-Lascar-1993---Durham-univ-jpgéruptions pliniennes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de poussières ; une coulée pyroclastique a parcouru 8.500 m. à partir du sommet. Le panache, qui a atteint 24.000 mètres, s’est étendu  vers le SSE, couvrant de cendres une surface de 850.000 km² et atteignant l’Argentine, le sud du Paraguay, l’Uruguay et le sud du Brésil. Photo de la colonne plinienne / Durnham university.

Comparez la hauteur du panache à celle du volcan (5.592 m.)

 

Lascar 93                      Distribution des coulées pyroclastiques 1993 - doc. Sernageomin

(1) 19-20 April pumiceous pyroclastic-flow deposits, (2) 19-20 April undifferentiated pyroclastic material, (3) Previous lava flows partially covered by pyroclastic-flow deposits, (4) Pliocene welded ignimbrites, (5) Miocene to Pliocene domes, (6) the new lava dome, and (7) arrows indicating lava flows.

 

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                 Lascar : La colonne éruptive de 1993 - photo archives cgd.ucar.edu


Le 4 mai 2005, une éruption phréato-vulcanienne a produit une colonne éruptive de 11.000 mètres.

Les éruptions de 2006-2007 furent caractérisées par une phase préliminaire de 5 jours, dont les effets furent visibles à 220 km., à la mine de cuivre d’El Abra ; en mai 2007, un panache a atteint l’altitude de 9.100 mètres.


Le volcan Lascar est peu équipé d’instruments de mesures, malgré son activité. Depuis peu, on utilise la surveillance de ce volcan par satellite, et la méthode InSAR – interférométrie radar - de surveillance des déformations , et l’ATSR – Along Track Scanning Radiometer – méthode de monitoring de l’activité effusive par mesures de radiance infrarouge. Cette dernière méthode a montré que certaines éruptions du Lascar étaient précédées par une diminution significative des émissions thermiques (refroidissement du dôme, diminution des flux gazeux).

 

Lascar-radiance-84-92.png

                   Radiance spectrale ATSR du dôme du Lascar entre 1985 et 1992 - in GVP

 

C’est ainsi qu’on a mis en corrélation la magnitude de l’éruption de 1993 et le laps de temps entre l’apparent collapsus du dôme : 10 mois. Le collapsus du dôme, mis en évidence par le méthode ATSR six mois avant fut vérifié par une visite du sommet en novembre 1992. Après avril 93, la radiance infra-rouge tomba à zéro, signe de la destruction du dôme consécutive à l’éruption. La rapide croissance d’un nouveau dôme fut à la fois remarquée par le signal thermique et l’observation directe par un survol du sommet. En octobre-novembre 1993 et avril 94-mai 95, deux autres périodes significatives de signaux de croissance / collapsus furent suivis de fortes éruptions explosives, avec des panaches montant entre 4 et 10 km.

 

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Lascar-6-AVE.JPG                   Les sommets du volcan ... " un sacré lascar" !  photos © Antony Van Eeten

 

Lascar-fumant---atacama95.jpg              Lascar - le cratère actif et ses fumerolles - photo G.Hüdepohl /atacama.com

 

Un petit coup de projecteur sur les camélidés qui peuplent les Andes : les lamas ... le genre "lama" est un terme générique désignant un grand camélidé et regroupant deux espèces sauvages, le guanaco - Lama guanicoe (Müller, 1776) et la vigogne - Vicugna vicugna -, et deux espèces domestiquées, l'alpaga - Lama pacos (Linnaeus, 1758)  et le lama -  Lama glama (Linnaeus, 1758). Il existe 2 variétés de lamas : le chacu à poils longs et le ccaro à poils courts.

 

La forme de la tête est une caractéristique différentielle.

Animal intelligent, de nature calme et patiente, il peut débrousailler le terrain sans l'abimer, car son pied est pourvu de coussinets plantaires. Il peut résister au climat rude des Andes, porter des charges ou fournir lainages et viande.

 

 

185659_10150099144146441_645396440_6610350_4606111_n.JPG                                    Camélidé en pelage fourni - © Antony Van Eeten

183024_10150100415936441_645396440_6622279_4785670_n.JPG                              Lama glama - © Antony Van Eeten

 

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                                  Elégante et mimétique vigogne -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Gloval Volcanism Program - Llullailluco

- Nasa Earth Observatory - photo de l'ISS

- Gloval Volcanism Program - Lascar

- ESA volcano monitoring ATSR - link

- Les enfants congelés du Llullailluco - TripTeaser

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Llaima-vu-du-SE---Norm-Banks-USGS.jpgLe volcan Llaima, vu du sud-est présente un profil double ... c'est la voie d'accès la plus facile, mais aussi la plus longue - photo Norm Banks / USGS.


Le Llaima domine de sa haute stature conique, 3.125 m., la cité de Temuco et la laguna Verde. Ce stratovolcan, basaltique à andésitique, a un volume de 400 km³.

Une caldeira initiale, large de 8 km., s’est formée il y a 13.200 ans, suite à une éruption ignimbritique libérant 24 km³ de tephra. L’actuel volcan s’est édifié sur cette structure et possède deux cratères principaux, l’un sommital, l’autre au sud-est du sommet, le Pichillaima.

 

12.09.2008.jpg                  Les cratères du Llaima - 09.2008 photo Ovdas/Sernageomin.

 

Llaima-2008---Antonio-Vergara.jpg                                             Eruption 2008 - photo Antonio Vergara

 

 Après une période explosive qui s’est terminée il y a 7.200 ans, son activité se caractérise par des éruptions stromboliennes, hawaiiennes et plus rarement subpliniennes.

Plus de 40 cônes de scories ponctuent ses flancs.

 

Son accès n’est pas technique, mais plus dangereux en période hivernale, où la neige masque les nombreuses crevasses situées à mi-hauteur. Les pentes atteignent quand même 60° vers le sommet , par la face nord. La face sud est plus aisée, mais plus longue et nécessite de camper une nuit sur les pentes.

 

onemi_2009.04.04.jpg                     Llaima - éruption du 04.04.2009 - photo Ovdas / Sernageomin

 

 

Le Lonquimay est un petit stratovolcan de 8 Km de diamètre situé dans la région des lacs dans le centre du Chili. Un glacier occupe son cratère sommital et s’écoule sur son flanc sud. Principalement actif durant l’Holocène, de nombreuses bouches éruptives se sont formées le long de zones de faiblesse au nord-est et au sud-ouest de l’édifice principal.

 

Lonquimay---webshots.jpg                                                 Le Lonquimay - photo Webshots.

 La zone de fissure orientale Cordón, qui s’étend sur 10 Km vers le nord-est, a été le siège de nombreuses éruptions historiques avec formations de cônes adventifs et émissions de coulées de lave volumineuses (1887, 1988). La première éruption historique enregistrée s’est produite en 1853. Quatre autres ont suivi, dont la dernière en 1988. Cette éruption a vu la formation d’un nouveau cône, appelé Navidad (nativité) en raison de son jour de naissance, le 25 décembre.

 

Lonquimay---A.Bonacin-Panoramio.jpgEn arrière-plan, le Lonquimay et au centre, la silhouette sombre du cône Navidad. - phot A.Bonacin / Panoramio.


L’éruption débuta au niveau d’évents situés sur une fissure longue de 800 m., située à 3,5 km. du sommet ; après une phase strombolienne, une forte explosion phréato-magmatique eu lieu le décemb.-mars 198927 décembre avec émission d’un panache de gaz et tephra atteignant 9.000 mètres en cinq minutes, s’étendant ensuite sur 500 km.

Au cours de cette éruption, de grandes quantités de soufre, de chlore et de fluor ont été émises dans les gaz provoquant une contamination des terres et des fourrages. Près de 10 000 têtes de bétails moururent de fluorose …300-400 ppm de fluor furent déposés sur 800 km² de pâturages.

En avril 89, le cône pyroclastique asymétrique atteignait 210 m. de haut et 700 m. de large.

En début juillet, plus de 4.000 personnes furent évacuées de la ville de Lonquimay et de la zone de Bernardo Nanco.

Le 10 janvier 1990, une coulée de lave s’échappa d’un évent situé au pied du Navidad, à une vitesse de 70 m./heure.

L’éruption prit fin entre le 22 et le 25 janvier 1990, après 13 mois d’activité.

 

 

Le Planchon-Peteroa  est un complexe volcanique allongé, situé à la frontière Chili – Argentine.

 

planchon100902---Sernageomin.jpg                                   Le complexe Planchon-Peteroa -photo Sernageomin 2010


Son activité a débuté au Pléistocène avec la construction du volcan Azufre, basalto-andésitique à dacitique, suivie de celle du volcan Planchon, basaltique à basalto-andésitique, 6 km plus au nord.

Il y a 11.500 ans, une éruption massive a formé l’avalanche de débris Rio Teno, et provoqué l’effondrement de l’Azufre et d’une part du Planchon.

A la suite de cet évènement, le volcan Planchon II s’est formé.

 

Planchon_Peteroa---Christian-Ordenes-2007.jpg                 Le Peteroa, vu du sommet du Planchon - photo 2007 par Christian Ordones.


Le jeune volcan Peteroa, andésitique à basalto-andésitique, a été le siège de l'activité historique ; il est constitué de plusieurs évents dispersés entre l’Azufre et le Planchon,  il ne constitue donc pas un volcan indépendant et n’est formé que d’environ un kilomètre cube de dépôts pyroclastiques et de laves. Dans l’amphithéâtre du Peteroa, deux cratères-puits d’explosion phréatomagmatique sont suggérés par une crevasse en spirale de 100 m. de diamètre dans la glace.

 

Planchon-Peteora.png                                Carte des sommets - doc. Gonzalez-Ferran / 1991 / GVP.

 

Le complexe a donc évolué depuis un système bimodal basalte – dacite (Azufre), vers un système basaltique (Planchon) puis vers un mélange magmatique andésitique-dacitique.

 

peteroa01-Avcan.jpg

 

 

Les éruptions aux 20-21° siècles eurent lieu en 1937, 1938, 1959, 1960, 1962, 1967, 1991, 1998, et 2010.

Eruption 2010 - photo Avcan.

 

 

peteroa_ali_2010.09.21----2.jpgLe Peteroa en éruption, le 21.09.2010 - l'activité des jours précédents a couvert le glacier de cendres, les vents ont fait dériver le nuage vers le SE en direction de l'Argentine. - Près du cratère actif, on aperçoit un lac acide et coloré.

NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon. Instrument:  EO-1 - ALI

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Llaima - Lonquimay - Planchon-Pétéroa.

- Ovdas / Sernageomin

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Chaiten est un stratovolcan surmonté d’une caldeira , libre de glaces, situé à 10 km. au nord-est de la ville de Chaiten, elle-même sur le golfe de Corcovado.

Il y a 9.400 ans, un surge pyroclastique serait à l’origine de la formation de la caldeira elliptique de 2,5 km. sur 4.  Cette caldeira est ébréchée du côté sud-ouest et communique par un drainage avec la baie de Chaiten ; elle était occupée par un dôme rhyolitique, haut de 962 m., avant 2008.

 

Aster-04.2006.jpg                           Photo satellite Nasa/Aster du 04.2006, avant l'éruption.

 

La première éruption historique s’est produite le 2 mai 2008, après plus de 9.000 ans de repos. (la dernière éruption est datée de 7.420 avant JC). Elle serait liée au séisme de magnitude 6,2 qui a touché Aisen fjord, situé à 250 km. au sud du volcan, le 21 avril 2007. Suite à cet épisode tectonique, des failles se seraient ouvertes, permettant au magma de trouver un accès vers la surface. (lien vers séismes et volcanisme)

Le 2 mai, la brusque éruption a provoqué l’émission d’un gigantesque panache montant à plus de 21 km. d’altitude, avant de dériver vers le SSE. L’état d’urgence a été décrété par le gouvernement Chilien et l’évacuation de 4 à 5.000 personnes décidée.

 

Chaiten -ISS 05.08 - B.Watson Wired science           Le panache éruptif du Chaiten, vu par l'ISS le 05.08.2008 - Photo Nasa B.Watson.


Entre le 2 et le 6 mai, le panache de cendres émis s’est maintenu à une altitude moyenne de 10-11 km. d’altitude. Le 5 mai, l’évacuation concerne Futaleufu, situé à 65 km de Chaiten, où 30 cm. de poussières volcaniques s’est accumulé.

 

photo_1209760430084-1-0------02.05.2008.jpg                        Chaiten - panache du 02.05.2008 - auteur non référencé.

 

chaiten_gente_ceniza_001h.jpg

       Date inscrite de façon éphémère dans la couche de cendres -  auteur non référencé.

 

Le 6 mai, devant le renforcement de l’éruption, l’évacuation totale de la ville de Chaiten et d’une zone de 50 km. autour du volcan, est décidée par l’ONEMI – Officina Nacional de Emergencia Ministerio del Interior - ; un large panache plinien monte alors à 30 km. selon le Sernageomin. Un survol en hélicoptère permet de se rendre compte que les deux cratères d’explosions situés sur le flanc nord du dôme se sont unis pour en former un nouveau, de 800 mètres de diamètre.


chaiten11.jpg

L’activité éruptive se poursuit ensuite, et un dôme de lave recommence à croître sur le flanc de l’ancien dôme rhyolitique ; des lahars inondent la ville de Chaiten de façon répétitive, causant des destructions étendues.

 

340x.jpgEtendue des destructions par les lahars et les inondations de boue - on voit bien le drainage naturel de ceux-ci au travers de la ville en direction de la baie de Corcovado.


Une inspection aérienne, le 12 mai, révèle qu’une coulée pyroclastique a brûlé de nombreux hectares de forêt sur le flanc nord et nord-est ; Les lahars, véhiculés le long de la rivière blanco qui traverse la ville de Chaiten, ont recouvert une bonne partie de la ville et disloqué ou submergé les bâtiments.

 

domo_chaiten_031.07.08.jpgChaiten - situation du sommet le 31.07.2008 : cratère marquant l'ancien dôme au centre gauche - à droite, la croissance du nouveau dôme - doc. Sernageomin.

 

vieux & nv. dômes                                                   Schéma H.Moreno / GVP mai 2008


Le 24 mai, une violente éruption marque un cratère d’explosion sur l’ancien dôme, et le nouveau continue de grossir, Le 26 mai, des rapports confirme que le volcan est entré dans une phase moins énergétique, qualifiée de subplinienne, avec émission d’un panache moindre, montant entre 3 et 5 km. d’altitude.

 

best-pictures-of-year-2008-1.jpg

                    Emission d'éclairs lors de l'éruption du volcan Chaiten le 06.05.2008.
                                                  "Best picture of the year 2008" .

 

chaiten5a.jpgL'émission d'éclairs dans un panache de cendres volcaniques, illustré par cette éruption, a été analysée dans un article précédent.

 

Depuis fin 2008, le dôme continue de croître et épisodiquement lâche un panache de cendres ou de vapeur.

 

domo_sernageomin_informe_64b---09.12.2008.jpg       Le nouveau dôme du Chaiten et sa structure complexe - 09.12.2008 Sernageomin

 

Chile_TMO_2008126_lrg.jpg             Analyse par Sernageomine de la configuration du dôme - rapport du 30.09.2009

 

Chaiten---MR-Thb.jpg

 

Chaiten-2009---arbres---ThB.jpgSur ces deux photos prises en décembre 2009, on peut voir le dôme et sa place prise dans le cratère, ainsi que les zones dévastées par l'éruption de 2008 ... paysage d'apocalypse, que nous pouvons admirer grâce aux photos de Thorsten Boeckel, que je remercie. Un clic sur le photo vous mène à sa visite du Chaiten.

 


 

Sources :

- Global Volcanism Program - Chaiten

- L.A.V.E. -Belgique : circuit sur les volcans actifs du sud Chili - Chaiten février 2009 - photos de Thierry Dockx et Luc Calvi, accompagnés de Bernard Fontaine et Juan Carlos Molina.

- "From Etna to Stromboli" - le site de Thorsten Boeckel - Chile

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La zone volcanique Sud-Chili – SVZ – s’étend grosso modo de 33°S (Santiago) jusque 46°S (Aysen) et couvre 1.400 km. L’arc volcanique doit sa présence à la subduction de la plaque Nazca sous la plaque sud-américaine, le long de la fosse océanique Pérou-Chili, caractérisée par des ratios de déplacement de 7-9 cm/an avec une direction 22-30° NE., par rapport à la fosse océanique.

andean volcSa frontière nord est marqué par une lacune volcanique due à la présence de la dorsale Juan Fernandez qui a provoqué une « cassure volcanique » appelée Pampean flat-slab segment, depuis la fin du Miocène. Sa frontière sud est marquée par le point de jonction triple du Chili, avec la subduction de la dorsale chilienne sous la plaque sud-américaine, donnant naissance à une autre lacune, le Patagonian volcanic gap.

Cette zone contient 60 édifices volcaniques historiquement actifs, répartis entre Chili et argentine, ainsi que 3 grands systèmes caldériques et de nombreux centres éruptifs mineurs.

Au cours du Pliocène, la zone volcanique située au sud de 38°S consistait en un arc volcanique large de 300 km. (en incluant la volcanisme d’arrière-arc), et actif durant un à deux millions d’années. Une réduction du ratio de déplacement de la plaque Nazca de 9 cm/an à 7,9 cm/an, il y a 2-3 millions d’années, a contribué à réduire la taille de la zone vers 1,6 Ma. La partie sud de la zone volcanique garda une activité notable seulement aux alentours de la zone de faille Liquine-Ofqui.

 

Volcans_Chili_Centre_Sud.jpg

Huit volcans de cette zone sont monitorés par l’OVDAS – Observatorio Volcanológico de los Andes del Sur - basé à Temuco : Le Chaiten, le Cordon Caulle, le Lonquimay, le Llaima, la Villarica, le Mocho-Choshuenco, L’Osorno et le Calbuco .


Nous n’examinerons que quelques volcans, parmi les plus turbulents, qui se sont distingués par une activité récente.

 

Le Cerro Hudson (situé hors carte, au sud de celle-ci) est un volcan massif couvrant 300 km² et haut de 1.905 m, couvert de glace et coiffé d'une caldeira de 10 km. de large ; il ne fut reconnu qu'en 1971, lors de sa première éruption au 20°siècle. Deux cônes de cendres sont situés au nord du volcan et d'autres habillent ses flancs sud.

Son activité se décline en de nombreuses éruptions dont les plus importantes :

- 4.750 avant JC : VEI 6 - vol. téphra : >18.000 Mm³

- 1.890 avant JC : VEI 6

- 1971 : VEI 3

- 1991 : VEI 5+ - vol. téphra : 4.300 Mm³.

La phase paroxysmale de l'éruption a débuté le 12 août , a duré 3 jours et a formé un nouveau cratère, large de 800 m. dans la caldeira. Les cendres sont retombées jusqu'aux îles Falkland distantes de 1.000 km; les coulées pyroclastiques se limitèrent à la caldeira et une coulée de lave, longue de 4 km, s'est échappée par une fracture de la paroi de la caldeira pour s'épancher sur le flanc ONO.

 

 

Cerro-Hudson---08.081991---Norm-Banks-USGS.jpg

                 Le Cerro Hudson en 1991 - photo Norm Banks - USGS

 

Le stratovolcan Villarica, cône symétrique et recouvert de glace, est formé du produit de ses éruptions passées : dépôts de coulées pyroclastiques et de scories, coulées de laves pahoehoe et aa.

 

Villarrica---idobi-wiki.jpg                       Le cône glacé du Villarica - photo idobi / wiki


Ses éruptions post-glaciaires sont caractérisées par une activité explosive et effusive ; au moins quatorze éruptions explosives ont produit des coulées pyroclastiques. Deux éruptions sont responsables de la formation de caldeiras : une première caldeira, de 6,5 km. sur 4,2, est datée de la fin du Pleistocène, une deuxième de 2 km. de diamètre s’est formée il y a 3.500 ans. L’actuel cône actif , à dominante basaltique à basalto-andésitique, est situé sur la rive nord-ouest de la caldeira la plus ancienne. Plus de trente cônes de scories et d’évents fissuraux ponctuent ses flancs. Des glaciers couvrent 40 km² du volcan, rendant son accès technique et hasardeux à certaines périodes (plaques à vent) ;

 

Dossier-15-0130.JPG

 

 

Pucon-y-su-Volcan-Villarica.jpg

La ville de Pucon, toute proche, vit sous la menace du volcan et d'éventuels lahars. - photo Varech/wikipedia anglophone.

 

Ces glaciers sont aussi co-responsables des lahars qui ont endommagé les villes situées sur ses flancs.

 

Villarica-2004----JC-Tanguy---GVP.jpg

Cette photo du lac de lave a été prise quasi à la verticale par J.C.Tanguy en novembre 2004; l'échelle du cratère est donné par les grimpeurs en file (points noirs à gauche de la photo) - photo J.C.Tanguy / GVP

 

Villarica---ThB-MR.jpgVillarica 2009 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel - un clic sur la photo vous emmène vers son site.

 

Son activité au 20° siècle est marquée par diverses éruptions ( 1984-85, 1985-2001 et …) et la présence intermittente d’un lac de lave : de 1985 à 2001, 2004, depuis mai 2010.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Cerro Hudson

-                                           Villarica

- Sernageomin / OVDAS - lien vers le site et les webcams.

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Publié le par Bernard Duyck
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Suite au séismes du 21 février 2011, le nombre de morts est revu à la hausse ; et il faut y ajouter les 300 "disparus" !


La proximité du séisme par rapport à la ville, combinée aux dommages causés aux immeubles et réparés seulement en partie, le timing de la secousse, au milieu de la journée, et le phénomène de liquéfaction (je reviendrai sur ce phénomène plus tard) qui renforce les effets de la secousse ont amené à l'effondrement des bâtiments et à nombre de victimes.

 

Liquefaction.jpg                                    Water forced to the surface by liquefaction. Source: TVNZ

 

La présence et la position d'une faille est-ouest au niveau de Christchurch a sans doute amplifier le résultat. Chris Rowan explique ce phénomène en détails sur son blog.

 

fault-christchurch.jpgAftershocks and changes in crustal stress due to the Darfield Earthquake in September 2010. Source: Stuff.co.nz

 

Ce séisme a eu un effet inattendu : un iceberg de 30 millions de tonnes s'est détache du plus grand glacier néo-zélandais, la Tasman glacier, éloigné de 200 km. de Christchurch. La brusque rupture a engendré des vagues de 3,5 m. qui ont secouer les eaux durant 30 minutes.

 

 

Sources :

- Highly allochtonous - Chris Rowan.

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Publié le par Bernard Duyck
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La zone volcanique australe - AVZ - situé entre 49 et 55°S, est constituée de 5 stratovolcans et d'un petit complexe de dôme et coulées sur Cook island, le centre volcanique le plus au sud des andes découvert en 1978 seulement.

Les cinq volcans sont : le Lautaro, le Viedma, l'Aguilera, le Reclus et le Burney; les trois premiers ont une chimie similaire et ont été groupés en une entité : Northern AVZ volcanoes.

Ces volcans ont pour origine la subduction lente (2cm/an) de la plaque Antarctique (12- 24 Ma) sous la plaque sud-américaine.

Cook island est localisé au sud de la zone de failles Magellan et donc situé sur la plaque Scotia.

 

AVZ-map.jpg

Carte de localisation des 5 stratovolcans (Chili) et du plateau basaltique Patagonien (Argentine) - doc. C.Stern & Killian 1996 et 2002.

 

Le Lautaro est un stratovolcan à dominante dacitique, haut de 3.607 m. et couvert de glaciers. Il surmonte de 1.000 m. le plateau glaciaire sud Patagonien.

Proche du point de jonction triple des plaques tectoniques, il s'est installé sur le sousbassement pré-andin érodé par les glaciers et sur des roches datant du Mésozoïque.

 

Coupe-geolog.-Lautaro---ech.vert-4x.jpgCoupe géologique simplifiée du Lautaro - l'échelle verticale est exagérée 4 x. -

Deux cratères sommitaux le caractérisent : l'un situé côté NO. près du sommet, l'autre, large de 1 km., sur le flanc NE. Des dépôts de cendres, témoins de ses éruptions passées, sont visibles sur les photos aériennes ou sur les moraines des glaciers Patagoniens.

Sa dernière éruption date de mars 1979.

 

Lautaro---Jose-Naranjo-Servicio-nacional-Geologica-y-Miner.jpg

Le côté nord du Lautaro dominant une mer de nuages - Photo by José Naranjo, 2002 (Servico Nacional de Geologica y Mineria)

 

 

Le Viedma est un stratovolcan dacitique sous-glaciaire, proche des pics granitiques spectaculaires et  bien connus des alpinistes, les Cerro Torr et Fitz Roy.

Seule une partie de l'ancien édifice surmonte la surface de la calotte glaciaire sur laquelle la dernière éruption de 1988 a déposé des poussières et des ponces.

Quatre grands cratères (ou caldeiras) de 1,5 à 4 km. de diamètre sont alignés N-S.

 

Nunatak-del-viedma---P.SkvarcInst.-antartico-Argentino.jpg

Nunatak del Viedma vu du  Paso del Viento ; à l'avant-plan, la moraine latérale du glacier Viedma  et sur la surface glacée, des bandes de tephras, distordues par les mouvements du glacier - Photo by Pedro Skvarca, 1994 (Instituto Antártico Argentino, from U. S. Geol. Survey Prof. Paper 1386-I).

 

Le stratovolcan dacitique Aguilera, peu connu, est cependant responsable de l'émission de la plus importante couche de tephra à la fin de l'holocène : une éruption de VEI 5, appelée éruption A1, datée de 1.250 avant JC, a émis un volume de téphra estimé à 4-9 km³, qui se sont déposés sur les berges du Lago Argentino ( 10 cm. d'épaisseur à 80 km. à l'est du volcan, et plus de 5 cm. à 130 km. à l'est).

 

Amalia_Glacier-Reclus-volcano---Chile_2007-12-28----GUS1234.JPG

          Le volcan Reclus recouvert par le glacier Amalia - photo 12.2007 par GUS1234wiki.

 

Le Reclus est un grand cône pyroclastique dacitique, haut de 1.000 mètres et doté d'un cratère de 1.000 m. de diamètre.

Il a produit une demi-douzaine de couches de tephra datées des derniers 4.000 ans. diverses éruptions sont répertoriées aux 19 et 20° siècles, la dernière en 1.908.

Il est activement érodé par le glacier Amalia, qui le recouvre.

 

Burney---Nasa-ISS006---2003.jpg

             Le volcan Burney - photo NASA Space Station image ISS006-E-41451, 2003

 

Le stratovolcan Burney, haut de 1.758 m. et recouvert de glaces, est situé à 200 km. au nord-ouest de Punta Arena.

Il s'est édifié sur la rive ouest d'une caldeira de 6 km. de diamètre, partiellement remplie et entourée par les dépôts de coulées pyroclstiques.

Deux importantes éruptions pliniennes ont été documentées à l'holocène; la seule éruption historique a pris place en 1910. Datées de 7.450 et 2.320 avant JC, les éruptions pliniennes, toutes deux de VEI 5, ont produit respectivements plus de 3.000 et 2.800 millions de m³ de tephra.

 

 

Sources :

- Geologic reconnaissance of Lautaro volcano, Chilean Patagonia; by A. Motoki, Y.Orihashi, José Naranjo & oth.

- Global Volcanism Program - volcanoes South Chile and Argentina - lien

 

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Publié le par Bernard Duyck
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10-degree map showing recent earthquakes Legend with age and magnitude scale

                     doc. USGS Earthquake Hazards Program

 

Un séisme, de magnitude 6,3, s'est produit à 12 h 51 heure locale (lundi 23 h 51 GMT) à 5 kilomètres de Christchurch, ville de trois cent quarante mille habitants, et à seulement 4 kilomètres de profondeur, selon l'USGS. Il a été suivi de plusieurs répliques allant jusqu'à 5,6 d'intensité.

Au moins soixante-cinq personnes sont mortes.Beaucoup de peronnes sont coincées dans les bâtiments du centre-ville, ou dans des bus coincés sous les immeubles effondrés; on signale également des parkings en partie effondrés.La flèche de la Cathédrale de Christchurch n'a pas résisté.

L'aéroport a été fermé ; le centre-ville est en cours d'évacuation, déjà fragilisés par le séisme de magnitude 7 qui avait causé des dégâts considérables en septembre 2010.

 

Christchurch---Tess-woolcock-twitpic.jpg

     Le clocher de la cathédrale de Christchurch s'est effondré suite à la secousse.                                       twitpic.com/42dzk8: Tess Woolcock

 


USGS reported the shocks as measuring 6.3Mw and 5.6Mw, and listed the following details:

Event #1

  • Magnitude: 6.3
  • Date-Time:
    • Monday, February 21, 2011 at 23:51:42 UTC
    • Tuesday, February 22, 2011 at 12:51:42 PM at epicenter
  • Location: 43.513°S, 172.638°E   (Later revised to 43.600°S, 172.710°E)
  • Depth: 4 km (2.5 miles)
  • Region: SOUTH ISLAND OF NEW ZEALAND
  • Distances (NEAR Christchurch, New Zealand)
    • 215 km (135 miles) SSE of Westport, New Zealand
    • 305 km (190 miles) SW of WELLINGTON, New Zealand
    • 315 km (195 miles) NNE of Dunedin, New Zealand
  • Location Uncertainty: horizontal +/- 13.9 km (8.6 miles); depth +/- 0.5 km (0.3 miles)
  • Source: USGS NEIC (WDCS-D)
  • Event ID: usb0001igm

Event #2

  • Magnitude: 5.6
  • Date-Time: Tuesday, February 22, 2011 at 00:04:18 UTC
  • Location: 43.580°S, 172.798°E
  • Depth: 6.7 km (4.2 miles)
  • Distances: 10 km (5 miles) ESE of Christchurch, New Zealand
  • Location Uncertainty: horizontal +/- 13 km (8.1 miles); depth +/- 0.2 km (0.1 miles)

Sources :

- divers médias via AFP

- USGS Earthquake Hazards Program

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Publié le par Bernard Duyck
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Cordillere-andes---romanceo-wiki.jpg                      Un survol de la Cordillère des Andes - photo Romanceor.


Le volcanisme des Andes couvre le côté ouest de nombreux pays d’Amérique du sud : la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine.

Plus de 200 volcans potentiellement actifs et datés du Quaternaire et quelques douze systèmes ignimbritiques géants ou caldeiras se répartissent en quatre grandes zones, appelées Zone volcanique nord, centrale, sud et australe.

 

Cet arc volcanique a été formé suite à la subduction de deux plaques tectoniques, la plaque Nazca et la plaque Antarctique, sous la plaque sud-américaine.

 

Plaque-de-Nazca.pngLes plaques tectoniques Nazca et Antarctique et la limite de subduction sous la plaque sud-américaine - emplacements des micro-plaques (et des points chauds) de l'ïle de Pâques et Juan Fernandez.


Le cycle Andin a débuté au début du Jurassique, en association avec l’ouverture de l’océan Atlantique sud : la subduction, et l’activité magmatique liée, a commencée le long de la côte ouest des Andes du nord et centrales, il y a 185 millions d’années.

L’évènement tectonique et géologique le plus significatif dans l’évolution des Andes est daté de la fin de l’Oligocène, après la destruction de la Plaque Farallon en deux entités, au niveau sud-américain, il y a 27-29 Ma, qui a donné naissance aux plaques Cocos et Nazca. Ceci a causé des changements dans la géométrie de la subduction de la plaque Nazca, une augmentation des ratios de convergence et d’activité magmatique sur pratiquement toute la chaîne andine.

 Les segments actifs, marqués par un angle de subduction supérieur à 25°, sont séparés par des régions caractérisées par un angle de subduction décroissant et devenant faible (moins de 10°) à une profondeur de plus de 100 km. ; celles-ci forment des « lacunes volcaniques » (volcanic gap).

Le sud est sous l’influence de l’extension de la dorsale Chilienne et de la subduction de la plaque Antarctique avec une vitesse de 2 cm/an. Il n’y a pas de zone Benioff d’activité sismique associée à cette subduction lente de la plaque.

 

tung-de-Canton-Patate-04.12.2010-JLEN.jpgLe Tungurahua vu de Patate , dans la NVZ - North Volcanic Zone (Equateur) - photo José Luis Espinoza Naranjo - 04.12.2010

 

Malgré le volcanisme de subduction calco-alcalin qui le caractérise, l’arc volcanique des Andes présente des structures volcano-tectoniques différenciées : on y trouve aussi des zones d’extension et de rift, des failles transformantes, la subduction de dorsale océaniques et des chaînes de volcans sous-marins. De notables différences existent au sein des différentes zones volcaniques, caractérisant des volcans voisins ou proches.

 

andean-volc.jpg  La segmentation des zones volcaniques et des lacunes - d'après doc. chiton Magnificus.

 

Les Andes possèdent trois zones de "lacunes volcaniques" :

- 3°S-15°S : le Peruvian flat-slab segment, séparant les zones volcanique nord et centrale

- 27°S-33°S : le Pampean flat-slab segment, séparant les zones volcaniques centrale et sud

- 46°S-49°S : le Patagonian flat-slab segment, séparant les zones volcaniques sud et australe.

Les lacunes Péruviennes et de la Pampa coïncide avec des aires de subduction à angle faible et l’absence de volcanisme à ces endroits est causé par une faible plongée de la plaque Nazca.

Cette faible plongée s’explique respectivement par la subduction de la dorsale Nazca et de la dorsale Juan Fernandez. L’activité des points chauds de l’île de Pâques et Juan Fenandez, situés tous deux dans le Pacifique sont ainsi responsables de la suppression du volcanisme dans ces deux parties des Andes.

La lacune Patagonienne est par contre sous l’influence de la subduction de la dorsale chilienne, frontière de plaque entre les plaques tectoniques Nazca et antarctique.

 

El-Misti.jpg       El Misti, vu de Arequipa, Pérou - dans la CVZ - Central volcanic zone - photo multiwebvista

 

 

Un volcanisme d’arrière-arc marque L’Equateur, au niveau de la Cordillera Real, et l’Argentine, avec la caldeira Galan.

 

L'activité volcanique est courante dans la chaîne des Andes ; une brève liste,non exhaustive, avec les dates des dernières éruptions des édifices :

 

   location

long. lat. summit year volcano name

=================================================

-72.65 -42.83 1122 2009 Chaitén

-71.73 -38.69 3125 2009 Llaima

-70.90 -16.35 5672 2009 Ubinas

-71.93 -39.42 2847 2008 Villarrica

-67.73 -23.37 5592 2007 Lascar

-71.38 -36.86 3212 2003 Nevados de Chillán

-71.85 -15.78 5967 2003 Sabancaya

-71.17 -37.85 2997 2000 Copahué

-70.57 -35.24 4107 1998 Planchón-Peteroa

-68.55 -20.73 5163 1995 Irruputuncu

-72.97 -45.90 1905 1991 Cerro Hudson

-72.12 -40.59 2236 1990 Puyehue-Cordon Caulle

-71.58 -38.38 2865 1990 Lonquimay

-73.28 -49.36 1500 1988 Viedma

-69.80 -33.40 6000 1987 Tupungatito

-71.45 -37.92 3164 1980 Callaqui

-73.55 -49.02 3607 1979 Lautaro

-73.48 -47.20 3437 1979 Arenales

-72.07 -40.35 1114 1979 Carrán-Los Venados

-72.61 -41.33 2003 1972 Calbuco

-70.76 -35.65 3788 1967 Cerro Azul

-69.90 -33.78 5856 1960 San José

-68.40 -21.88 6145 1960 San Pedro

-69.09 -18.42 6071 1960 Guallatiri

-72.03 -39.93 2422 1937 Mocho-Choshuenco

-70.75 -35.58 3953 1933 Descabezado Grande

-72.58 -42.38 1318 1920 Huequi

-70.35 -34.81 4280 1917 Tinguiririca

-68.83 -19.15 5550 1913 Isluga

-69.83 -34.16 5264 1912 Maipo

-70.20 -17.18 5550 1902 Yucamane

La ceinture volcanique andine peut être considérée également comme une province géothermale : de nombreuses sources chaudes, des geysers et des solfatares sont associés aux volcans. Dès 1920, le site d’El Tatio au Chili fut l’objet d’investigations ; par contre, les ressources géothermales restent peu exploitées en Amérique du sud. De grands salars y sont présents et associés au climat aride responsable de taux élevés d'évaporation; on en retrouve en Bolivie, au Chili, et en Argentine.

 

volcan-Villarica.jpg           Le Villarica dans la zone la SVZ - Southern Volcanic Zone - auteur non référencé

 

Les risques associés à l’activité des volcans andins comprennent coulées de lave et coulées pyroclastiques, avalanches de débris et lahars, et chutes de cendres.

Plus de 25.000 personnes ont été tuées consécutivement à plus de 600 éruptions répertoriées depuis l’année 1532, la plupart d’entre elles en 1985, suite aux lahars destructeurs engendrés par l’éruption du Nevado del Ruiz en Colombie.

Peu de volcans sont surveillés en permanence, malgré le fait que plus de 20 millions de personnes vivent à moins de 100 km. d’un volcan andin.

 

geiser-del-Tatio---trekkingchile.jpg                                   Geysers d'El Tatio au Chili - photo TrekkingChile.

 

Sources :

- Active andean volcanism : its geologic and tectonic settings - by

Charles R.Stern  - Dept og geological sciences , university of Colorado. 

- Cenozoic to Recent plate configurations in the Pacific Basin: Ridge subduction and slab window magmatism in western North America  - by J.K.Madsen & oth. -Geosphere, February 2006, v. 2, p. 11-34, doi:10.1130/GES00020.1

- Tectonic evolution of the Gulf of Mexico, Caribbean and northern south america in the mantle reference frame - by J.L.Pindell & oth.

- SACS aéronomie ESA - lien

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Publié le par Bernard Duyck
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Bulusan---Bantayan-beach-in-Gubat---Skyscrapercity.jpg

                                   Le volcan Bulusan - photo Skysrapercity. non datée.

 

 

Selon le Phivolcs, une séquence d'explosions a secoué le Bulusan ce matin, à partir de 9h12 locale, cessant au bout de 19 minutes et accompagnée de grondements perceptibles à 10 km.

Cette explosion a produit un panache de cendres montant à 3.000 mètres avant de dériver vers le sud-ouest. Des cendres sont tombées sur Barangay Monbon et Irosin Sorsogon.

 

Le niveau d'alerte est maintenu au niveau 1, signifiant que la source d'activité est hydrothermale et superficielle. Par contre, l'entrée dans la "zone de danger permanent" fixée à 4 km. autour du volcan est strictement interdite. Les mesures de vigilance concernant le survol et les lahars ont été activées.

 

Update :

Benito Ramos, de l'agence de gestion des catastrophes, rapporte que 1.200 villageois ont été évacués en direction de centres d'urgences ou ont été hébergés chez des proches. (AP)

 

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