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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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          Pano du Tungurahua - photo Fernando Davila / via José Luis Espinosa Naranjo.

 

 

D'après une dépêche d'Associeted Press, le Tungurahua a présenté vendredi une forte éruption, forçant 300 personnes à quitter leurs maisons.

Des blocs incandescents de la taille d'un camion ont été expulsés, certains jusqu'à 2 km. du cratère, et le bruit des explosions entendu à 135 km ... l'éruption a cependant été qualifiée de "modérée à haute".

En raison des chutes de cendres, les écoles sont restées closes dans une douzaine de villes proches ; Banos, populaire pour ses sources chaudes, a cette fois été atteint par les retombées.

 

L'IGEPN indique que le "système de conduits volcaniques sous le cratère du Tungurahua est ouvert, permettant un flux constant de gaz et cendres provenant du magma, presque sans générer d'explosions et que le flux des émissions reste élevé."

Il ajoute "qu'en raison de la déformation continue du côté nord-ouest du volcan, et des signaux sismiques indiquant qu'il est sous pression, on ne peut écarter la possibilité d'un risque d'explosion avec génération de flux pyroclastique".

 

  Source :

- AP

- Rapport de l'IGEPN

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Lakagigar, en  islandais, ou les cratères du Laki sont situés sur une ligne de fissures qui relie le Katla, au sud, au Grimsvötn au nord : sue cet axe, se situe aussi le volcan Eldgja.


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                    Les fissures de Lakagigar -  © Antony Van Eeten


 

Cette région de fissures, que les uns rattachent au Katla, d’autres au Grimsvötn, a produit une masse de lave record : sur une distance de 25 km., 130 cratères ont émis, entre 1783 et 1784,  14 milliards de m³ de lave basaltique et de gaz, dioxyde de soufre et acide fluorhydrique principalement. On estime que les fontaines de lave ont atteint une hauteur de 800 à 1.400 mètres. Considérée de VEI 4+ (GVP), on lui attribue cependant la première place quant aux émissions d’aérosols soufrés du dernier millénaire.

Cette gigantesque éruption, connue sous le nom « d’éruption du Laki » bien que celui-ci ne soit pas entré en éruption à ce moment, a eu des conséquences catastrophiques pour l’Islande, et aussi pour divers pays européens. Elle est aussi connue sous le nom de Skaftáreldar, « les feux de la rivière Skafta », ou encore Síðueldur.

Ce fut la seconde plus grande éruption fissurale basaltique des temps historiques, après celle de l’Eldgja en 935. Après une semaine de séismes, elle débute le 8 juin 1783 pour se terminer huit mois après, en février 1784. Au départ, une fissure s’ouvre au sud-ouest du volcan Laki ; Les explosions sont d’abord phréatomagmatiques, puis après quelques jours, l’éruption  devient moins explosive, de type strombolien et ensuite hawaiien : elle déverse d’énormes quantités de lave qui s’engouffrent dans la vallée de Skafta et s’avancent sur 60 km. Au cours des 50 premiers jours , la fissure sud-ouest a vomi 10km³ de lave, soit un débit moyen de 5.000 m³ par seconde (deux fois le débit du Rhin à son embouchure). Le 29 juillet, une autre fissure s’ouvre au nord-est du Laki, émettant des coulées dans la vallée de Hverfisfljot ; l’activité se limite alors à cette fissure jusqu’en février 1784, à l’arrêt de l’éruption. (d'après M.Krafft)

 

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Un des cratères "du Laki" - l'échelle est donnée par les barrières de protection et le chemin d'accès - © Antony Van Eeten

 

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                                  Fissure éruptive de Lagagigar -  © Antony Van Eeten


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                                                           © Antony Van Eeten

 

39122_426368211440_645396440_5110844_1629485_n-copie.jpg           Dans la fissure, à la place d'émission du rideau de feu ! -   © Antony Van Eeten


Une fissure s’étendant sur plus de 25 km. est née, où sont disposés des rangées de cônes de scories , de cônes de tuff et de spatter cones  d’une hauteur moyenne de 40-70 mètres. La surface couverte par la lave est de 565 km².  

De plus, le volcan Grimsvötn entra lui aussi en éruption de 1783 à 1785.

 

eldgja laki hraun2                 Les coulées du Lagagigar (en brun) et de l'Eldgja (en rouge) - doc. Eldgos.is


Seuls 2,6% des matériaux d’éruptions furent des tephra ; cependant les chutes de cendres s’étendirent  au continent européen. La colonne éruptive du Laki charria les gaz à une hauteur de 15.000 mètres … ces gaz formèrent des aérosols principalement composés d’acide sulfurique, responsable d’une baisse de température affectant l’hémisphère nord de 1 à 3°C. Ils furent poussés vers l’Europe, sous l’influence d’un puissant anticyclone centré durablement sur le nord de l’atlantique durant cet été 1783.

Les dégâts furent considérables en Islande : la brume toxique fut responsable de la mort d’une grande partie du bétail, contaminé par l’ingestion de fourrages imprégnés de fluor, de la perte des cultures suite aux pluies acides, et de la mort suite à la famine de 9.000 personnes, soit un quart de la population.

En Grande-Bretagne, l’été 1783 fut connu comme le « sand summer » à cause des chutes de cendres.

On estime le total des gaz émis à 8 million de tonnes de fluor, et 120 millions de dioxyde de soufre, à l’origine de ce qu’on appellera « les brumes du Laki » qui se déversèrent sur l’Europe, et causèrent la mort de milliers de personnes durant l’année 1783 et l’hiver 1784. Prague fut atteint le 17 juin, Berlin le 18 juin, Paris le 20, Le Havre le 22 juin … le brouillard était si épais que les bateaux ne pouvaient naviguer. Le soleil fut décrit comme « coloré par du sang » , teinte qui influença divers peintres dont William Turner.

L’hiver 1784 fut terrible , causant 8.000 morts supplémentaires en Grande-Bretagne ; il fut suivi au printemps d’inondations importantes en Allemagne et en Europe centrale. En Amérique du nord, ce fut l’hiver le plus long et le plus froid jamais enregistré ; les températures furent mesurées à 4,8°C de moins par rapport à la température moyenne des 200 années antérieures … le Mississipi gela à La Nouvelle Orléans et on trouva des glaces dans le Golfe du Mexique. Les chroniques françaises rapportent « que le pain et la viande gelaient sur la table, et les corbeaux en plein vol ». Le temps resta perturbé les années suivantes : durant l’été 1878, une ligne de grain orageux traversa le pays du sud au nord, détruisant les récoltes … on pesa des grelons de 5 kg. La famine régna et la situation fut si désespérée que ces modifications climatiques furent considérées comme un des éléments influent sur la révolution française de 1789 et la fin de la royauté.

 

 

39180_426366586440_645396440_5110754_2025683_n-copie.jpg                   Le dallage basaltique de Kirkjugolf - © Antony Van Eeten


Pour passer du Lakagigar à la fissure d’Eldgja, on le fait sur un autre itinéraire et Kirkjugolf, littéralement « le pavage d’église », où l’on peut admirer des orgues basaltiques coupées perpendiculairement à leur axe et rabotées par les glaciers, ce qui leur donne un aspect de dallage.

 

Eldgja - sintra.fr                                         La fissure d'Eldgja - photo sintra.fr


La fissure éruptive d’Eldgja , « la gorge de feu » : plus de 30 km. de long, orientée NE-SO.,depuis le Myrdalsjökull jusqu’au-delà de la rivière Skafta. Elle est large de 600 mètres et profonde de 180 m.

Cet ancien graben a été réactivé par les « feux de l’Eldgja », comme on appelle les éruptions qui eurent lieu entre 934 et 940. Les parois de cet effondrement sont faites à la base d’hyaloclastites, de basalte et de tillites et au sommet de scories soudées qui se sont accumulées lors de l’activité des fontaines de lave d’Eldgja. Le fond de la fissure est tapissé de petites coulées de lave.

 

 

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La fissure d'Eldgja, la cascade Ofaerufoss et au loin le Mt Gjatindur - photo Thodarson & Hoskuldsson.


Cette éruption a recouvert plus de 700 km² ; la plupart des coulées d’Eldgja ont été recouvertes par celles de Lakagigar (voir carte ci-dessus). A Landbrotsholar, s’étend une coulée de l’Eldgja, recouverte de nombreux pseudo-cratères. Un pseudo-cratère est une formation ressemblant à un cratère volcanique mais qui doit son origine à des explosions de vapeur, qui se produisent lors du contact entre la lave et l’eau d’une rivière ou d’un lac … on en rencontre aussi au lac Myvatn.

 

fisura.eldgja---pseudocrateres--.jpg                     Eldgja - pseudo-cratère - photo Thodarson & Hoskuldsson.


En termes d’émanations gazeuses, cette éruption a eu des effets similaires à ceux de Lagagigar plusieurs siècles après : elle a relargué 219 millions de tonne de SO2 dans l’atmosphère ( ce qui correspond à environ 450 millions de tonnes d’aérosols sulfuriques ) avec les conséquences pour la santé humaine et animale déjà citées. A titre de comparaison, l’éruption du Pinatubo en 1991 avait relâché 10 millions de tonnes de SO2.

 

38625_426366311440_645396440_5110740_1004434_n-2--copie.jpg                      Les deux paliers de la cascade d'Ofaerufoss - © Antony Van Eeten


Au nord-est, on a un point de vue sur la cascade double d’Ofaerufoss, qui tombe en deux paliers dans la fissure , à cause de l’érosion différentielle qu’elle a exercée sur les couches volcaniques. Cette belle cascade était enjambée jusqu’au début des années 1990 par un pont naturel de basalte, détruit malheureusement par l’érosion couplée à un séisme. Une photo de ce pont de lave est consultable sur le site de L.A.V.E.


 

37882_426366781440_645396440_5110764_4521212_n-copie.jpg           La cascade de Fagifoss, dans la même zone volcanique - © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Grimsvötn

- Lakagigar - Eldgja / Guide des volcans d'Europe et des Canaries par M. Krafft et F.D. de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Eldgja - par Thordarson, T. & Hoskuldsson, A. (2002): " Islande 3 Classic. Géologie Europe . " Editions Terra, Hertfordshire, Angleterre. - link

- Fiche-volcan L.A.V.E. - Eldgja - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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                    Webcam du 28.04.2011 - 18h01 UTC - IGEPN

 

 

Le niveau d'activité se maintient au Tungurahua, qui continue à émettre un panache de cendres montant à environ 4.000 mètres, et même 7.000 m. dans les phases plus intenses.

 

Le compte-rendu journalier de L'IGEPN signale des chutes de cendres dans la partie supérieure du cône, suite à une modification du sens des vents. Pas de chutes de cendres jusqu'à présent sur Banos, où on constate un afflux de curieux .

Vers 17 heures, le 28.04, de petits effondrements ont fait chuter des blocs accumulés sur les bords du cratère, qui ont dévalé les flancs ouest et nord-ouest sur 1 km.

 

Tungu-28.04.2011---2--JLEN.JPGLe sommet du Tungurahua - 28.04.2011 - photo José Luis Espinosa Naranjo

 

Source : IGEPN dernier rapport 28.04.2011

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le glacier Myrdalsjökull d’une surface de 600 km² , et le quatrième plus grand glacier islandais,  recouvre un volcan dangereux : le Katla.

 

683px-Location_of_Katlas_caldera.png                        Localisation du volcan Katla par rapport au glacier Myrdalsjökull

 

Myrdalsjokull_glacier_iceland_2005---Chris-73-copie.jpg                                  Le glacier Myrdalsjökull - photo Chris73

 

Le Katla est un des volcans les plus actif en Islande, avec une moyenne de deux éruptions par siècle. Le centre volcanique est localisé à l’est de la zone volcanique-est, au dessus d’une jonction avec une ligne de rift et une augmentation de l’épaisseur de la croûte. Les cratères du Laki et l’Eldgja font partie du même système volcanique, qui doit donc être considéré comme l’un des plus puissant au monde. Le Katla est situé à la pointe sud de ce système fissural long de 75 km.

 

 

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Le système volcanique Katla-Laki-Eldgja et le réseau de fissures - doc Institute of Earth Science / Thodarsson & al.

 

 

Le massif volcanique culmine à 1512 mètres et est recouvert d’une épaisseur de glace comprise entre 200 et 700 mètres appartenant au Myrdalsjökull qui remplit la caldeira et recouvre les cratères. L’actuelle caldeira s’est formée durant la dernière glaciation.

La sismicité indique la présence d’un cryptodôme chaud et acide, qui a son sommet à une profondeur de 1.500 mètres.

 

Katla3.jpgModélisation en 3D de la caldeira du Katla - sans le glacier qui le surmonte, mais avec les contours de la calotte glaciaire - doc. http://www.ruv.is/english

 

4523312820 ddaef2ee73 oLa "plomberie" du volcan Katla : sa chambre magmatique et les deux cryptodômes (en jaune) doc. Institute of Earth Science.

 

 

Activité du Katla :

Au début de l’Holocène, une éruption majeure, appelée Solheimar, est datée de 12.000 avant JC, d’après la couche de tephra "Skogar". Le volume érupté est estimé à 6-7 km³, contribuant largement à la subsidence de la caldeira.

La tomographie sismique indique un réservoir magmatique superficiel, avec le fond situé à seulement 3 km. sous la surface de la calotte glaciaire. Son volume est estimé à 10-12 km³ .

L’activité volcanique est caractérisée par une fréquence éruptive élevée (tous les 40 à 80 ans), la production de magmas basaltiques Fe-Ti  de composition stable au cours du temps, et une faible quantité de tephra siliciques. En dépit de la dominante basaltique du magma, toutes les éruptions sont hautement explosive en raison de leur nature sous-glaciaire.

 

Les éruptions de 1245 et de 1262 ont créé la plaine Solheimasandur; celle de 1311, appelée “inondation Sturla”  a noyé la plaine Myrdalssandur.

Les éruptions de 1419 et 1490 ont recouvert d’épaisses couches de cendres le sud-ouest islandais, zone occupée par l’actuelle capitale. En 1755, la partie Est de Myrdalssandur fut de nouveau noyée et la couche de cendres volcaniques épaisse et empoisonnée, causant des pertes humaines et animales conséquentes.

 

dyn003_original_380_321_pjpeg_2676600_38780d1d7a9220fef725e.jpg                                         Photo d'archives de l'éruption de 1918.


La plus récente éruption est datée de 1918, du 12 octobre au 4 novembre ; la possibilité existe d’une petite éruption en 1955, qui n’aurait pas réussi à briser la couverture glaciaire. Lors de l’éruption de 1918, on rapporte qu’un iceberg de la taille de six maisons fut retrouvé flottant sur la mer. Cette éruption fut rangée en VEI 4+/ 5 , fonction d’une éjection de 700 Mm³ de matériaux, soit dix fois plus puissante que celle de l’Eyjafjallajökull, ou comparable à celle du St Helens en 1980. La côte sud de l’Islande s’est  étendue sur 5 km. à cause des dépôts des lahars.

igs_annals_vol22_year1996_pg249-254-2-copie.jpg                 Trajet du jökulhlaup consécutif à l'éruption de 1918 - doc. www.igsoc.org 


Durant l’été 1999, une certaine activité est notée dans la caldeira… la nuit du 18 juillet est marquée par un jokulhlaup dans la rivière Jökulsa a Solheimasandi.  La source de cette débâcle est l’eau de fonte accumulée dans une dépression formée simultanément dans la surface du glacier et dans le bassin de drainage du Solheimajökul. La fonte est liée à une augmentation de l’activité géothermique.


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Le Katla est secoué régulièrement par des séismes, plus fréquents à certaine saison, comme en témoigne cette  carte de l'IMO regroupant 152 séismes sur 10 mois, centrés sur la caldeira .

 

Existe-t-il une communication entre les deux volcans voisins ?

Le Katla a eu plus de 20 éruptions confirmées depuis l'arrivée de l'homme en Islande au 6°siècle, et possède donc une histoire éruptive plus étoffée que celle de l'Eyjafjöll, qui n'a eu que 3 éruptions au cours de la même période.

On remarque cependant que les éruptions de l'Eyjafjöll de 926, 1621 et 1821, furent suivies d'éruption du Katla ... plus récemment, une intrusion magmatique sous l'Eyjafjallajökull en 1999 semble avoir été suivie par une petite éruption sous-glaciaire au niveau de la caldeira du Katla.

Comme on le sait, les statistiques et les prévisions en volcanologie ne forment pas "un mariage compatible" ... tout ceci reste donc du domaine conjoncturel. Le seul avantage de ce battage médiatique est le renforcement de la surveillance des deux volcans voisins.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Katla

- The jökulhlaup from Katla in 1918 - link

- Magma ascent at coupled volcanoes: Episodic magma injection at Katla and Eyjafjallajökull ice-covered volcanoes in Iceland and the onset of a new unrest episode in 2009 - by F.Sigmundsson & al. - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                     Tungurahua le 27.04 / 17h30 - José Luis Espinosa Naranjo

 

D'après une dépêche d'activolcans du 27.04.2011 :

L'activité éruptive s'intensifie encore au Tungurahua avec des panaches de cendres qui dépasse parfois 7000 m de hauteur (au-dessus du cratère). Les autorités ont commencé à évacuer de manière préventive les villages de Cusúa, Bilbao, Chacauco et ont déclarer l'alerte orange dans les zones proches de l'édifice. Cette activité explosive importante s'accompagne d'abondantes chutes de cendres dans les villages situés sous le vent. Par ailleurs les ondes atmosphériques fréquentes font vibrer portes et fenêtres dans plusieurs villages dont le très touristique Baños. Les ondes sismiques sont aussi ressenties dans plusieurs villages proches. Sources : IGEPN; El Heraldo.


395_ceniza.JPGMon ami josé Luis signale des chutes de cendres, accompagnant un temps froid et pluvieux sur Ambato. 

 

Sources :

- Activolcans

- IGEPN

- José Luis Espinosa Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petite precision préliminaire : Le volcan sous le glacier ne porte pas de nom particulier, on le nomme donc d'après le glacier qui le couvre. Les Eyjafjöll (au pluriel) désignent ses contreforts sud, face à la mer et visibles des îles Vestmann (ey -> île en islandais, Eyjafjöll -> les montagnes, ou plutôt contreforts, qu'on voit des îles). Dans les autres langues, y compris l'islandais, on se réfère au volcan par le nom du glacier, c. à. d. Eyjafjallajökull.

 

glaciers.png                                       Les principaux glaciers ( -jökull) islandais

 

Deux massifs volcano-glaciaires occupent le sud islandais, situés sur la zone de rift est : l’Eyjafjallajökull (avec le volcan Eyjafjöll) et le Myrdalsjökull (avec le volcan Katla).


os gigjok 114.04.10L'Eyjafjallajökull avant l'éruption - vu du nord avec la langue glaciaire du Gigjökull et le petit lac glaciaire au pied de celui-ci - photo O.Sigurdsson.


L’Eyjafjöll est un stratovolcan allongé selon un axe E-O., qui comporte une caldeira sommitale de 2,5 km. de large. Bien que ce volcan, haut de 1.666 mètres, soit entré en éruption au cours des temps historiques, il est considéré comme le moins actif de la zone volcanique est, et la dernière éruption au 19°siècle date de 1823.

Une intrusion magmatique sous le flanc sud , accompagnée d’une augmentation de la sismicité est remarquée à partir de juillet-décembre 1999 : elle mènera à une nouvelle éruption fort médiatisée.

 

Eyjafjoll-cumulative-eartquakes-02-08.2010.png                       Séismes cumulatifs de février 2009 à août 2010 - doc IMO/IES.


A partir de décembre 99, l’activité sismique est marquée par des milliers de petits séismes, pour la plupart de magnitude 1-2, situés entre 7 et 10 km. sous le volcan et enregistrés par les instruments de mesure (séismomètres, tiltmètres, GPS et interférométrie InSAR). L’ Icelandic Meteorological Office enregistre le 26 février 2010 une activité sismique inhabituelle avec une expansion rapide de la croûte terrestre, évidence pour les volcanologues que le magma se répand dans la chambre magmatique … la pression engendrée est responsable d’un déplacement crustal marquant la zone de Thorvaldseyri. La sismicité va augmenter continuellement pour atteindre près de 3.000 séismes entre les 3 et 5 mars.   

 

eyfj20100321

           Essaim de séismes sous Fimmvörduhals entre le 19 et le 21 mars 2010 - doc IMO


1016088 - Institute earth sc.       Schéma de la première phase éruptive à Fimmvorduhals -  doc. Inst. Earth Sciences.


L’éruption proprement dite débute le 20 mars 2010, à Fimmvörðuháls, le col distant de 8 km. du sommet de l’Eyjafjöll et situé entre les deux glaciers voisins. La première phase de l’éruption est fissurale, de type hawaïen. La progression des coulées de lave est relativement lente au début, puis les coulées cascadent en entrant dans deux canyons, Hrunagill et Svarnagill, pour couvrir 0,9 km² le 28 mars, et 1,27 km² le 7 avril.        

 

 

Hraun 21mars-7april copie

Carte des coulées entre le 21.03 et le 07.04.2010 - doc. IMO - La fissure éruptive est marquée par un trait rouge.

 

Is100185.jpg Cône formé par l'éruption fissurale à Fimmvorduhals - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel - un clic sur la photo vous mène vers son site.


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Première phase de l'éruption : cascades de lave à leur brusque descente dans un canyon - photo fredrikholm. se (le personnage à gauche donne l'échelle)


L’inflation du volcan a stoppée de façon surprenante dès le début de l’éruption, mais s’est maintenue jusqu’au 12 avril, date de fin de la première phase de l’éruption … dans la plupart des cas, le volcan entre en déflation (se dégonfle) au fur et à mesure que les coulées de lave vidangent partiellement la chambre magmatique.


Après une pause de deux jours, la seconde phase de l’éruption débute autour de minuit le 14 avril 2010 , précédée par un essaim de séismes entre le 13 à 23 h. et le 14 à 1h., suivi de trémor éruptif. Le centre éruptif s’est déplacé sous le glacier et l’interaction entre le magma et celui-ci génère une éruption explosive phréatomagmatique dans la caldeira sommitale. Le volcan est couvert de nuages, mais une investigation aérienne révèle, par images radar, la présence d’une série de cratères alignés sur une fissure NS de 2 km. de long … le panache éruptif chargé de cendres va monter à plus de 8.000 mètres, avant de dériver vers l’est.

 

Jokulhlaup-14.04.2010-in-Markarflot---Atli-Thorvaldsson-IM.jpg                  Jokulhlaup dans Markarfjlot le 14.04.2010 - photo Atli Thorvaldsson / IMO


Un Jökulhlaups , une débâcle glaciaire, débute sur le côté nord du volcan dans la vallée de Markarfjlot, détruisant routes, infrastructures et terres cultivables, sans faire toutefois de victimes étant donné l’évacuation préventive de 800 personnes.

Le panache éruptif va atteindre le continent européen le 15 avril,  Cendres - Modis -14-21.04.10causant une rupture du trafic aérien et une fermeture en cascade des espaces aériens européens. L’activité volcanique se maintient stable, avec émission de panache d’une hauteur moyenne de 5 km. et de jökulhlaups, par pulsions répétées.

Relevé de la masse des cendres en kilotonnes - d'après données MODIS.

 

De spectaculaires séances d’éclairs illuminent le panache durant ces jours là.


Eyjafjallajokulsgos--R.Sigurdsson.jpg   Eclairs durant la seconde phase éruptive / épisode strombolien - photo R.Sigurdsson


Le 23 mai, le VAAC London déclare que l’éruption est terminée, mais le volcan reste sous surveillance.

 

Une estimation des matériaux éruptifs déchargés lors des premières 72 heures à l’Eyjafjallajökull a été faite par l’Institut des Sciences de la Terre Islandais : les produits éruptifs – 140 Mm³ - peuvent être classés en trois catégories :

- les téphra déposés dans les chaudrons glaciaires autour des cratères : 30 Mm³

- les téphra remplissant le lac glaciaire de Gigjökulslon, charriés par les torrents descendants le glacier Gigjökull : 10 Mm³

- les téphra véhiculés par les vents vers le sud et l’est du volcan : 100 Mm³

Ces téphra non compactés correspondent à un volume de magma de 70 à 80 Mm³, avec un ratio de décharge de 750 tonnes/seconde, soit 10-20 fois le ration de l’éruption de flanc de Fimmvörðuháls.


La composition des laves différentes au cours des deux phases permet une meilleure compréhension de l’éruption. Les laves de la phase initiale sont des basaltes alcalins à olivine, avec une teneur en silice de 47% ; la deuxième phase produit des trachyandésites, avec une teneur en silice de 56,7 à 59,6 % de SiO². L’analyse des cendres révèle une teneur en fluor de 850 mg./kg. le 19 avril. D’après Sigmundsson, "c’est le mélange entre deux différents types de magma , l’un existant sous l’aire sommitale, l’autre appartenant à l’intrusion magmatique, qui aurait causé l’éruption explosive … l’explosivité d’une éruption dépend du type de magma, et celui-ci dépend de la profondeur de la source" ; c’est donc par l’étude du système de plomberie du volcan qu’on pourra à l’avenir comprendre les processus conduisant l’activité volcanique, mais on est encore loin de pouvoir prédire chaque éruption !


 

iceland-volcano-lg.jpg                                Illustration by Zina Deretsky, U.S. National Science Foundation

                    Plumbing system de l'Eyjafjallajökull avec dyke et sills d'alimentation.

Les trois premières vignettes montrent les épisodes d'intrusion magmatique ayant causé déformation et sismicité en 1994, 1999 et dans le courant début 2010.

Le 4° vignette : première phase éruptive à Fimmvörduhals avec sortie de magma basaltique.

La 5° vignette : seconde phase explosive et panache de cendres.

 

09.10.2010---O.Sigurjonsson.jpgLes premières neiges en octobre 2010 prouvent que la lave, au cratère sommital de l'Eyjafjallajökull, a refroidi - photo Ol.Sigurjonsson / IMO.

 

Sources :

- Institute of Earth Sciences - Univ. of Iceland - eruption in Eyjafjallajökull - link

- Icelandic Met Office - divers articles - link

- Univ. of Wisconsin - Madison : intrusion triggering of the 2010 Eyjafjallajökull explosive eruption - by J.Sakai, Z.Deretsky, F.Sigmundsson, K.L.Feigl  - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Panache éruptif du Tungurahua le 26.04.2011 - grâce à l'aimable collaboration de mon ami équatorien José Luis Espinosa Naranjo.

 

Depuis une semaine, le volcan Tungurahua connaissait un regain d'activité, qui s'est encore accru au cours des dernières 24 heures. Il a émis lundi et mardi des panaches chargés de cendres qui sont montés entre 4.000 et 7.000 mètres, selon les sources.

L'Institut de Géophysique Equatorien a indiqué mardi que de la lave sortait du sommet et s'écoulait sur les flancs du volcan. Le ministère de l'éducation a suspendu les classes dans quatre villes situées à proximité, au moins jusqu'à mercredi soir.

Les retombées de cendres ont endommagé les cultures et les pâturages; il est recommandé de se couvrir la bouche et le nez avec un masque, de fermer portes et fenêtres.

 

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Panache éruptif du Tungurahua le 26.04.2011 - grâce à l'aimable collaboration de mon ami équatorien José Luis Espinosa Naranjo.

 

Sources :

- photos de José Luis Esperansa Naranjo DR

- BBC News

- The Canadian Press

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Publié le par Bernard Duyck
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    Landmannalaugar, le mélange des plans d'eau et de la roche colorée - © Antony Van Eeten

 

39226_426319651440_645396440_5109739_6599039_n-copie.jpg                                       Paysages ravinés  - © Antony Van Eeten


Landmannalaugar signifie en islandais « les sources chaudes des gens du pays » , trait qui caractérise une partie de cette vaste zone située à proximité de l’Hekla.

Le massif du Landmannalaugar présente un paysage tourmenté où un volcanisme acide a forgé des montagnes de rhyolite, qui côtoient des cratères rougeâtres, des vallons et des champs de cendres et laves, qui bordent des lacs d’un bleu profond. La palette de couleur regroupe le noir, le jaune pâle, le bleu, le rose et le rouge … peu de vert, à part quelques mousses.

 

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                 © Antony Van Eeten

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               © Antony Van Eeten

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                    © Antony Van Eeten

37576 426261041440 645396440 5107113 2912437 n copie                            Une palette assez étonnante - © Antony Van Eeten


Le paysage semble à première vue stérile, mais abrite une flore discrète et adaptée au terrain volcanique.

 

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       Les plantes se défendent contre la sécheresse en se nanifiant - © Antony Van Eeten


A part quelques structures importantes, inutile d’essayer de nommer chaque bosse … il faut se laisser bercer par les couleurs douces en camaïeu et savourer l’Islande.

 

38507 426261296440 645396440 5107131 4278781 n copie                                                                                                      © Antony Van Eeten

 

Blahnukur  - signifiant le pic bleu - est une montagne soulignée de bleu-vert, creusée de sillons profonds dus à l’érosion par les pluies et la neige.

 

blahnukur-surplombe-la-vallee-de-Brandsgil---voyage-en-isl.jpg                      Blahnukur surplombe la vallée de Brandsgil - photo voyage en Islande.

 

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                         Le pic bleu ressort du paysage ocre - © Antony Van Eeten


Le Brennisteinsalda est un volcan, haut de 855 mètres, qui doit son nom islandais signifiant « la vague de soufre », aux spots de soufre qui le colore. Mais ici tout n’est pas jaune ! Le vert des mousses se marie au noir ou au bleu des laves, et au rouille des oxydes de fer. Ce volcan est toujours actif , comme en témoignent les solfatares.

 

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                                      Brennisteinsalda -  © Antony Van Eeten

39051 426260756440 645396440 5107095 5553795 n copie                              Mamelon oxydé et fumant - © Antony Van Eeten

 

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              Quelques plaques de neige gelée parmi les fumerolles - © Antony Van Eeten

 

39821 426268986440 645396440 5107724 7248155 n copie                                                                                                    © Antony Van Eeten

 

38224 426268841440 645396440 5107709 1552556 n copie                           Certains bassins font plus que fumer -  © Antony Van Eeten


Au pied du Laugarhraun, une coulée de lave située au centre du site laisse voir par endroit des passes d’obsidienne.

 

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                           La grande coulée du Laugarhraun - © Antony Van Eeten

 

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                                     Bloc d'obsidienne - © Antony Van Eeten

 

Une rivière aux eaux chaudes, près de 40 degrés, invite à la baignade.

 

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Dans la réserve, seul trois endroits sont autorisés pour y planter sa tente : Landmannalaugar, Landmannahellir et Hrafntinnusker.

Hors réserve, on peut le faire partout à condition de ne rien souiller.


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                  Concentration de tentes dans la réserve - © Antony Van Eeten


Les possibilités de randonnée y sont nombreuses dans ce dédale, où l’on peut à sa guise suivre les sentiers plus ou moins balisés ou se laisser guider par le lit des torrents.

Le trek, qui peut durer quatre jours dans le Landmannalaugar, finit habituellement à Thorsmörk, mais peut se prolonger, via Fimmvörduhals, situé entre deux glaciers maintenant bien connus, l’Eyjafjallajökull et le Myrdalsjökull, en direction de Skogar et de la côte sud.

 

 

 

Sources :

- Landmannalaugar - le site officiel - pour tout renseignement pratique - link

- Landmannalaugar -ascension du Blahnukur - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le système volcanique Hekla-Vatnafjöll comprend le volcan Hekla et le Vatnafjöll, une rangée de cratères et fissures basaltiques, longue de 40 km et large de 9 km.

 

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La morphologie de l’Hekla est intermédiaire entre une rangée de cratères / fissure éruptive et un stratovolcan … vu dans le sens de la fissure Heklugja, longue de 5,5 km. qui le coupe, et étant donné l’activité répétée à ce niveau, il présente la configuration concave typique d’un stratovolcan. Cette fissure est oblique par rapport à la plupart des structures de la zone volcanique est.

La base du volcan mesure 12 km. de long pour 9 km. de large ; il s’élève à 1.000 mètres au dessus des terrains environnants.

 

mount-hekla.jpg                    Une rare photo du sommet de l'Hekla dégagé de tous nuages.

 

Bien que facile d’accès, il ne fut gravit qu’en 1750, car la croyance populaire y voyait l’entrée des enfers. Cette croyance fut colportée par des moines Cisterciens à travers l’europe, après l’éruption de 1104 ; Herbert de Clairvaux dans son "Liber De Miraculis" (1180) signale que « son chaudron est une petite fournaise en comparaison de l’énorme enfer »

Un autre mythe lui vaut d’être connecté à l’Etna … Jules Verne en parle dans son « Voyage au centre de la terre ».

Hekla est un terme islandais signifiant en français « capuchon », en référence aux nuages qui recouvrent fréquemment le sommet du volcan en l'« encapuchonnant « . Une des premières sources latines fait référence à ce volcan sous le terme de "Mont Casule" (le mont chasuble).

Une carte d’Abraham Ortelius (cartographe Hollandais) datée de 1585, montre l’Hekla en éruption ; le texte en latin mentionne que  "L’Hekla, perpétuellement condamné aux tempêtes et à la neige, vomit des pierres avec un bruit terrible" ("Hekla perpetuis/damnata estib. et ni:/uib. horrendo boatu/lapides evomit")

 

756px-Hekla_-A._Ortelius-_Detail_from_map_of_Iceland_1585-c.jpg                          Carte d'A.Ortelius (1527-1598) - doc.Wikipedia/Altiplano.


Au 16°siècle, Peucer écrit que "les portes de l’Enfer peuvent être trouvées dans l’abyme sans fond des roches de l’Hekla" … et cette croyance dura jusque dans les années 1800.

 

Ce volcan a produit un magma et des laves uniques en Islande : des andésites basaltiques (conc. en SiO2 >54%), au contraire des basaltes tholéiitiques (SiO2 45-50%)  produit de façon typique par les volcans de la zone de rift islandais. Les phénocristaux présents dans les laves de l’Hekla sont : plagioclase, pyroxène,titanomagnétite, olivine et apatite.

On a pu déterminer, par des mesures de déformation prises après l’éruption de 1980, que le réservoir magmatique est situé à une profondeur de 8 km sous le sommet.

Les tephra produits par l’Hekla sont riches en fluor et présentent un danger pour la santé animale et humaine.

 

Une des plus grande éruption islandaise de l’Holocène est attribuée à l’Hekla ; cette éruption de VEI 5 datée de 1100 avant JC., appelée « Hekla 3 », propulsa 7,3 km³ de roches volcaniques dans l’atmosphère, avec une incidence sur le climat vérifiée sur l’analyse dendrochronologique des arbres en Irlande, où les arbres ne firent que des cercles de croissance insignifiant durant une décade.

Les éruptions Hekla 3,4 (VEI 5 – 2130 avant JC.) et 5 (VEI 5 – 5150 avant JC.) ont produit des tonnes de poussières et tephra rhyolitiques , qui ont recouvert 80% de la surface de l’Islande et laissé des marqueurs de date dans les sols de Scandinavie et des îles Orcades.

 

Son activité depuis le Moyen-age le classe parmi les volcans les plus actifs du monde, avec des éruptions majeures en 1104, 1158, 1206, 1222, 1300, 1341, 1389, 1510, 1597, 1636, 1693, 1766, 1845, 1947, 1970, 1980, 1991 et 2000. Ses éruptions présentent en général une phase débutante explosive.

 

 

L’éruption explosive de l’an 1104 – VEI 5 -  détruisit la vallée Þjórsárdalur, produisant des coulées de lave qui couvrent les flancs du volcan, et 2,5 km³ de tephra rhyodacitiques.

 

Depuis 1970, on constate que l’intervalle de repos a changé, devenant plus court et plus régulier, de l’ordre de 10 années, alors qu’il était de 50 ans au cours des siècles précédents.

 

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              Carte des coulées récentes, 1980-2000, de l'Hekla - doc. Decade volcanoes

 

id300hekla1980.jpg                               Hekla - fissure éruptive en 1980 - auteur non répertorié.

 

Hekla-17.08.1980-G.Sigvaldason.jpg                       Le panache éruptif de l'Hekla, le 17.08.1980 - photo G.Sigvaldason

 

volcanoaurora2_shs_big---1991-Hekla.jpgHekla - l'éruption et l'aurore boréale coïncident pour le bonheur des yeux, en 1991 - photo S.H.Stefnisson / "Astronomic picture of the day" .


L’éruption de 2000 est bien documentée : elle débute le 26 février après 9 ans de repos, le long d’une fissure de 6-7 km. Un panache haut de plus de 10 km. se développe dans les cinq premières minutes de cette éruption explosive, dérivant vers les zones inhabitées du nord.


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Eruption fissurale de 2000- photo decadevolcano / avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer

 

hekla260200.jpgElle se poursuit par des fontaines de lave formant un rideau de feu.

Doc. Euronews.


Après quelques heures, l’éruption devient plus effusive.

Le 27, des coulées de lave émanent de trois cratères situés à l’extrémité sud de la fissure, avancant d’environ un mètre par minute.

Le 1 ° mars, l’éruption reprend vigueur ; les coulées de lave couvrent une surface de 16-18 km², et des retombées de cendres sont signalées jusqu’à Rekjavik.

Le 3 mars, l’activité est essentiellement strombolienne.

La dernière activité est signalée le 5 mars, et le trémor cesse le 8 mars … l’éruption est terminée. Elle aura produit 190 millions de m³ de lave qui ont recouvert une aire de 18 km², et 28 millions de m³ de tephra . Elle a été classée de VEI 3.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hekla

- Icelandic Met Office - a volcanic eruption in hekla, february 26,2000 - link

- Hekla volcano - Decade volcano - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                                     Le Kerið en octobre 2009- photo progresschrome

 

Le Kerith, ou Kerið, est un cratère occupé par un lac, situé dans l'aire de Grimsnes.

Le champ de lave Grimsneshraun couvre 54 km²; leur origine est un groupe de 11 fissures qui ont produit, dans un court intervalle compris entre il y a 6.500 et 5.500 ans ( 8.900 à 7.400 ans selon un autre mode de datation), une série de cratères en rangée orientée NE-SO.

Le champ de lave se répartit en divers zones : le champ de lave Seyðishólar-Kerhólahraun couvre 23,5 km², le champ Tjarnarhólahraun 11,9 km², le champ Kálfshólahraun 8 km² et l' Álftarhólshraun 6.2 km² , pour un volume total de laves émises estimé à 1,2 km³.

 

La petite caldeira du Kerið fait partie de la série de cratères de Tjarnarholar.  Elle est composée de roches volcaniques rouges, est profonde de 55 mètres, large de 150 m. sur 270. L'une de ses pentes est moins raide que les autres, et habillée de mousses.

Son âge est d'approximativement 3.000 ans, soit la moitié de celui des structures volcaniques avoisinantes, Seyðishólar et Kerhóll.

 
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            Le Kerið et les cinder cones voisins - photo Lee Siebert 2008 / Smithsonian inst.

 

Sa forme arrondie et la présence d'un lac ont tout d’abord fait penser à un maar issu d’une explosion phréato-magmatique mais l’absence de scories caractéristiques de ce type d’explosion aux alentours et la faible profondeur du lac - entre 7 et 14 mètres - ne concorde pas avec cette théorie.
Ce volcan doit avoir connu une courte activité essentiellement effusive tout en formant un cône de scories de taille modeste. Vers la fin de l’éruption le cône de scories s’est effondré dans une petite chambre magmatique peu profonde vidée de son contenu, créant en surface un cratère parfaitement circulaire aux parois abruptes et remplissant le sous-sol d’un milieu poreux. Le lac présent dans le cratère est au même niveau que le toit de la nappe phréatique présente.

 

Un panneau de l'Islandic tourist board explique bien les étapes de formation :

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Phase éruptive - et formation d'un cratère de scories

 

 

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Fin de la phase éruptive et vidange du réservoir magmatique / subsidence

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Formation de la caldeira

 

 

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Remplissage du lac en rapport avec le niveau de la nappe phréatique.

 

 

L'aspect du cratère change en fonction de la saison et des conditions atmosphériques, comme en témoigne la photo ci-dessous prise en début avril.


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               Le Kerið en début avril 2008, avec son lac pris par la glace - photo ConTheJedi

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Grimsnes

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