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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Tout en restant en Californie, redescendons vers Long Valley pour ne pas rater le second plus ancien parc national des Etats-Unis :

                         le Yosemite National Park.

 

Yosemite---Jim-Brekke-Flickr.jpg                       Yosemite National Park - photo Jim Brekke / Flickr


Classé "National Park" en 1890, ce parc de haute montagne est caractérisé par une diversité naturelle et paysagère.

C'est aussi un massif granitique qui s'est fragmenté le long d'un système de fractures, côté est. Son flanc ouest s'est soulevé et incliné sous l'effet de forces tectoniques toujours en action.

 

-Heinrich_Berann_NPS_Yosemite.jpg

                    Peinture du parc national du Yosemite , par Heinrich C. Berann - doc. NPS

 

Yosemite doit son nom aux indiens : il y a 4.000 ans, les tribus Païutes et Miwoks occupent paisiblement la région; ils commercent  avec les régions et les tribus voisines, et échangent e.a. de l'obsidienne. La tribu Ahwahneechee s'installe dans la vallée de Yosemite; elle est constituée de rénégats d'autres tribus, particulièrement féroces ... les Miwoks les appelaient "Yohhe'meti " ou "Yos.s.e'meti ", signifiant "ceux qui tuent". Ils n'entrèrent en contact avec les colons qu'au 19° siècle.

 

 

yosemite_national_park_campground_map.pngCarte du NPS - Yosemite NP - la route 120 le traverse d'ouest (de San Francisco) en est (vers Lee Vining et le Mono lake)

 

Le parc du Yosemite a une superficie de 3.079 km² , dont seuls 36 km² sont accessibles au public, essentiellement situés dans la vallée de Yosemite, qui est parcourue par la rivière Merced à 1200 mètres d'altitude (au centre gauche de la carte). Le reste, soit 94%, est classé "aire sauvage" au sein du "Yosemite Wilderness".

 

L'histoire géologique du Yosemite se confond avec celle de la Sierra Nevada :

1. Formation des roches sédimentaires et d'un arc insulaire :


Il y a 500 millions d'années, cette région était sous le niveau de la mer; d'épaisses couches de sédiments recouvraient le lit marin.

Entre la fin du dévonien et le permien (350 à 250 Ma), la subduction de la plaque fossile Farallon sous la Laurentia, ancêtre de la plaque nord-américaine, donne naissance à un arc insulaire volcanique. Par le jeu de la tectonique, l'espace océanique va se restreindre et l'arc insulaire névadien va se souder à la plaque continentale.

 

28.jpg                         Schéma extrait de "The geologic story of Yosemite N.P." par N.King Huber

 

2. Intrusions magmatiques :


Au cours du mésozoïque (250 à 65 Ma), l'orogenèse névadienne marque l'ouest de l'Amérique du nord et construit l'ancêtre de la Sierra Nevada, une chaîne montagneuse de 4.500 mètres d'altitude moyenne. L'orogenèse s'accompagne de phénomènes volcaniques et de remontées magmatiques : une première phase de plutonisme régional s'étale entre 200 et 150 Ma ... avec constitution de batholites, à environ 10 km. de profondeur.

 

560px-Intrusion_types.svg.pngBloc diagramme schématique, modélisant les différents devenirs des magmas dans la croûte continentale.


Plutons allochtones
1. Piégeage en profondeur d'un magma en respectant les lignes de forces de l'encaissant : laccolite.
2. et 4. Structures de roches péri-plutonique, dyke.
5. Sill
7. Piégeage en profondeur d'un magma en respectant les lignes de forces de l'encaissant : lopolite


Plutons autochtones
3. Domaine des anatéxites, anatexie crustale avec piégeage du liquide in situ, conduit à une morphologie de batholite


Volcanisme
6. Le magma s'extirpe jusqu'en surface

 

Le terme batholite (du grec «bathos»: profondeur et «lithos»: roche) ou massif discordant désigne une masse de roches ignées intrusives (aussi appelées roches plutoniques) qui ne respecte pas les lignes de forces de son encaissant. Un batholite est un pluton allochtone qui se forme lorsque le magma est piégé et refroidit à l'intérieur de l'écorce terrestre.

 

Une seconde phase de plutonisme court de 120 à 80 Ma.

Vers 60 Ma, l'érosion et le soulèvement des terrains mettent au jour les masses de granite.

Entre 20 et 5 Ma, du volcanisme affecte le nord et l'est du Yosemite, dont on retrouvera des traces (dépôts de cendres et laves, orgues basaltiques)

 

3.Soulèvement de la Sierra Nevada et érosion glaciaire :

 

Il y a 10 à 20 Ma, la Sierra Nevada se soulève par l'est, ù apparaissent de nombreuses failles actives. La partie orientale de la chaîne s'élève au dessus de l'actuelle vallée d'Owens (au sud-est de Long Valley) , tandis que le versant occidental se forme en pente douce.

 

par-King-Huber.jpg                           Schéma extrait de "The geologic story of Yosemite N.P." par N.King Huber


Ces phénomènes provoquent l'encaissement des cours d'eau et la formation de vallées en "V".

Au Quaternaire (à partir de 2,5-1,5 Ma), des phases de refroidissement forment des glaciers, dont l'érosion va modeler les vallées en "U", telles que la vallée de Hetch Hetchy.

 

Hetch_Hetchy_Reservoir---Samuel-Wong.jpg

La vallée et le réservoir de Hetch Hetchy : cette vallée glaciaire e "U" a été inondée après la construction du barrage O'Shaughnessy et la formation d'un lac de retenue. - photo Samuel Wong.

 

Ces périodes de glaciation du Quaternaire portent des noms : Sherwin, Tahoe, Tenaya et Tioga. La période la plus ancienne et la plus importante est celle de Sherwin, au cours de laquelle toutes les vallées de la région étaient occupées par des glaciers.

 

Dana_Meadows-Tolumne--Yosemite---Hike-395.jpgYosemite N.P. - Dana meadows et Tuolumne river - le grand canon de la Tuolumne river était occupé par un glacier long de 95 km.

 

anciens-glaciers-du-Yosemite.jpgCarte des anciens glaciers du Yosemite - le plus grand, le Tuolumne ice field, est en haut à droite

 

Les glaciers actuels datent du "petit âge glaciaire", et sont exposés au nord et à très haute altitude ...l'actuel réchauffement climatique tend à les faire disparaître.

 

Quelques vues de l'espace accessible au commun des mortels :

 

Yosemite_Valley---Snty-tact.JPGLa vallée de Yosemite, avec sur la droite, la silhouette caractéristique de "Half dome" - photo Snty-tact

 

800px-Tenaya_Lake_and_Pywiack_Dome--Stan-Shebs.jpg                          Yosemite N.P. - le lac Tenaya et Pyniack dome - photo Stan Shebs.

 

 

"El Capitan" est un pluton granitique, qui présente une paroi verticale haute de 1.000 mètres, très connue dans le monde de l'escalade, mais accessible aussi par des sentiers depuis les Yosemite falls. Son nom est une traduction de sa dénomination amérindienne "To-to-kon oo-lah ", dérivant de "To-to-kon ", nom d'un chef indien local.

 

El_Capitan_at_fall---Magnus-Manske.jpg                       Yosemite N.P. - photo automnale de "El Capitan" - photo Magnus Manske

 

Yosemite_Falls_April2006---Urban.jpg                              Yosemite N.P. - Yosemite falls, en avril - photo Urban

 

Le Half dome est un (demi) dôme granitique, symbole de la vallée de Yosemite; son sommet se situe à 1.440 mètres au dessus de la vallée , et culmine à 2.693 mètres.

On peut y monter de la vallée, par un sentier de 13,5 km. dont les 200 derniers mètres sont vertigineux : il faut grimper à même le roc, sur une "via ferrata" installée en 1919 sur une pente à 30°, sur laquelle "montants et descendants" doivent se croiser au mieux.

Half dome ne fut probablement jamais complet et rond; dès sa formation,des fractures dans le granite ont permis à l'eau de s'y infiltrer, favorisant la casse de la roche en période de gel. Sa base a été érodée par les glaciers, et 20% du dôme restant emporté par le glacier Tenaya, qui a laissé une paroi verticale.

Son nom indien, Tis-sa-ack, signifie à juste titre, "roche fendue".

 

-Half_dome_yosemite_--depuis-glacier-point---Mike-Murphy.jpg               Yosemite N.P. - Half dome, vu de Glacier Point - photo Mike Murphy.


  Sources :

- USGS - Geographic sketch of the Yosemite region and the Sierra Nevada / Early, glacial and postglacial history - link

- The geological story of the Yosemite National Park, by N. King Huber, géologue émérite de l'USGS - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En guise d'introduction et d'invitation au voyage, une superbe vidéo du Mono Lake committee :

 

       

 

 

Mono lake volcanic field : 

 

Mono lake est un lac terminal très ancien ; l'USGS estime son âge entre un à trois millions d'années. Un forage dans les roches sédimentaires de Paoha island a fait découvrir sous celles-ci une couche de cendres volcaniques de l'éruption de Long Valley, datant de 760.000 ans, recouvrant elle-même une autre couche sédimentaire plus âgée.

Entre 25.000 et 14.500 avant JC, durant le Pléistocène, les glaciers qui recouvraient le pays ont commencé à fondre, ajoutant d'énormes quantités d'eau de fonte à l'eau de source existante. Mono lake a ainsi atteint son niveau maximum à cette époque, inondant les gorges de la rivière Owen au sud-est ; depuis, le niveau a baissé, coupant le lac de son exutoire naturel. L'eau du lac ne peut plus en ressortir que par évaporation, ce qui a fait augmenter sa salinité et son pH.

 

Black point, un "cône de tuff surtseyen", initiallement sublacustre est apparu sur les bords N-O. de Mono lake, il y a 13.300 ans, à un moment où le niveau des eaux du lac était plus élevé. Sa forme tabulaire et ses fissures de refroidissements sont dues à sa naissance sous les eaux. Trois heures d'explorations physiques sont nécessaire à une visite, qui reste hasardeuse par manque d'indications.

Mono-lake---Landsat-2000.jpg                  Mono lake et environs - image Landsat en fausses couleurs - 2000

L'île Negit (daté de 1550) et des parties de l'île Pahoa (1150) furent formés à l'holocène par des dômes rhyolitiques et des coulées. L'évènement le plus récent date de 1790, lorsque les sédiments lacustres formant Pahoa, furent soulevés par l'intrusion d'un cryptodôme rhyolitique ( Bailey 1989).

 

Inyo-lake--s-islands---Jack-Nichols.jpg                                      Les îles du Mono lake : Negit et Pahoa - photo Jack Nichols

 

Lakeside_of_Mono_Lake---Michael-Gabler.jpg                                        Mono lake et ses tours de Tuff -  photo Michaël Gäbler.

Un baisse du niveau des eaux, consécutive à leur pompage vers Los Angeles, a fait apparaitre des tours de tuff (carbonate calcique) précédemment immergées. Elles furent produites par des sources immergées riches en calcium, en contact avec des eaux riches elles en carbonates ... la chimie a fait le reste.


Mono lake a perdu, entre 1941 et 1982, trente et un % de sa surface; la salinité du lac (qui contient 280 millions de tonnes de sels divers dissous) et son alcalinité (pH = 10) ont favorisé la présence de phytoplancton algual microscopique et celle d'une crevette, Artemica monica, qui s'en nourrit. Ceci constitue la base d'une chaine alimentaire, avec les mouches "alcali", Ephydra hians, importante pour l'avifaune locale et migratrice. La société ornithologique Audubon mène un combat pour la conservation de cet écosystème particulier et la protection corollaire de deux millions d'oiseaux d'eau qui en dépendent.

Wallpapers_Tufa_Towers_-_Mono_Lake_-_California.jpg                              Mono lake - Tufa towers - free wallpaper :
 http://www.el-buskador.com/galeria/img-wallpapers-tufa-towers---mono-lake---california-4927.htm

MichaelMaloney_MonoLakeTufa.jpg                            Mono lake - Tufa towers - photo Michael Maloney.
 
Mono lake et les humains : allégeance et conflits.

 

Sans en être certains, on estime que la région du lac Mono a été habitée par le peuple Kutzadika, il y a 5.500 ans.. Vivre dans cet environnement hostile a été un challenge : leur alimentation se composait d'oiseaux d'eau ... et de larves de mouches alkalis, particularité qui leur a donné leur nom, "Kutzadika " signifiant "mangeur de mouches ". (Chaque larve de mouche est un apport de 15 calories, composées de protéines et graisses).

Ces sources de nourriture disparaissant en fin d'automne, les Kutzadika étaient contraint alors au nomadisme et à devenir des chasseurs-cueilleurs dans les proches forêts.

Les Kutzadika, qui font partie de l'ethnie Païute, ont été les seuls habitants de la région jusqu'en 1852, date à laquelle des colons européo-américains virent y chercher de l'or. Une déforestation, en rapport avec la demande en bois de mine, va modifier le vie de ces indiens : leurs réserves hivernales diminuant avec la coupe des arbres, ils furent obligé pour subsister de travailler dans les mines et perdirent peu à peu leurs territoires ancestraux.

 

Avec l'arrêt de l'exploitation minière et la dépression de 1930, les quelques ranchs installés dans la région connurent aussi des difficultés. Les terres furent cédées en partie au département de l'eau et de l'énergie de Los Angeles, qui avait déjà l'intention de construire un aqueduc au nord du bassin Mono.

 

La guerre de l'eau : 1941-1994.

En 1941, Los Angeles commence à chercher d'autres sources d'approvisionnements en eaux dans Rush Creek et Lee Vining Creek, deux des cinq alimentations en eau de Mono lake. La dérivation de ces sources, après construction d'un aqueduc, est responsable de la baisse d'alimentation du lac et de l'augmentation de sa salinité et de son alcalinité.

Ces changements ont eu des effets dévastateurs sur l'écosystème : les crevettes ne peuvent plus y vivre, ce qui a fait chuter le nombre d'oiseaux s'en nourissant; la baisse du niveau a aussi permis aux prédateurs de gagner Negit island, terrain de nidification jusqu'alors hors de leur portée.

La Société ornithologique Audubon, les Amis de laTerre, le Club Sierra et le comité Mono lake se sont joints en 1979 pour tenter d'enrayer ce processus ... après une longue bataille juridique, le détournement des eaux fut stoppé en 1994 ... "jusqu'au retour du niveau du lac à 1.950 mètres au dessus du niveau de la mer".

 

Quelques chiffres pour illuster le débat et montrer qu'on est loin du retour à la normale, étant donné la sécheresse actuelle.

en 1941 : l'élévation du niveau : 1.955 m. - surface du lac : 139 km² - salinité : 51.3 gr/litre.

en 1982 : élévation : 1.942 m. - surface : 62 km² - salinité : 99,4 gr/l.

en 2002 : élévation ; 1945 m. - surface : 113 km² - salinité : 79,6 gr/l.

 

La Nasa s'intéresse au Mono lake :

 

Des astrobiologistes de la Nasa, travaillent en collaboration avec l'USGS, ont trouvé dans la Mono lake le premier micro-organisme terrestre capable de se développer et de se reproduire en utilisant de l'arsenic et en le substituant au phosphore dans les composants de sa cellule.

Les six éléments indispensables à la vie sur terre ont toujours été : carbone, hydrogène, azote, oxygène, soufre et phosphore.

Ce dernier élément fait partie du "squelette chimique" de l'ADN et de l'ARN, autrement dit du code génétique. Le phosphore fait aussi partie de la molécule responsable du transport énergétique cellulaire, l'ATP, et entre dans la composition des phospholipides, qui forment les membranes des cellules vivantes.

 

503354main_Wolfe_Simon.jpgEchantillonnage sur carotte de boue prélevée au Mono Lake par Felisa Wolfe-Simon.

Felisa Wolfe-Simon processing mud from Mono Lake to inoculate media to grow microbes on arsenic.  Image Credit: Henry Bortman / Nasa.


 

Le micro-organisme, appelé souche GFAJ-1, est membre des Gammaprotéobactéries; son étude in vivo s'est passée sur le Mono Lake en Californie, choisi pour sa haute salinité, sa forte alcalinité et ses taux élevés d'arsenic ... cette chimie résulte d'une isolation de Mono Lake par rapport aux sources d'eau fraîche depuis 50 ans.

Ces recherches peuvent déboucher sur divers domaines, de l'étude de l'évolution de la terre, à la chimie organique ou aux cycles biogéochimiques ...

 

 

  Sources :
- Global volcanism Program -  Mono craters

                                             Mono lake volcanic field
- Mono craters volcanic field - Molossian institute of volcanology
- Mono craters California - Aron Meltzner - link
- Mono lake tufa SNR - link
- About Mono lake chemistry : strange waters, strange towers - link

- NASA-Funded Research Discovers Life Built With Toxic Chemical - link

- Mono basin bird list - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Des nouvelles du Kilauea / Hawaii : deux lacs de lave sont actifs sur ce volcan entre le 13 et le 19 juillet (GVP)


Le niveau du lac sommital est fluctuent dans un évent de 150 mètres de diamètre situé dans la paroi est du cratère Halama'uma'u.


Le Pu'u O'o a retrouvé, depuis mars, son lac de lave, qui est contenu dan une muraille de spatter, ce qui en fat un lac surélevé (perched lake).

Depuis le 29 juin, le plancher du cratère a été remonté d'un mètre par jour, et se trouvait le 16 juillet, à 19 mètres sous la lèvre est du cratère. Le lac de lave domine ce plancher de 6 mètres, maintenu dans des parois quasi verticales.

L' HVO signale le 21 juillet que la lave a rempli le plancher du pit Puka Nui et celui du MLK, situés côté ouest du Pu'u O'o.

Le niveau de la lave n'a plus qu'à monter de quelques mètres avant de noyer les pits craters et de couler sur les flancs sud-ouest du Pu'u O'o.

 

Grâce à une collecte de photos du HVO - Hawaiian Volcano Observatory - voyez ci-dessous un peu plus de six mois d'évolution de ce cratère et de son lac de lave.

 

 

13.01.2011---HVO.jpg                      Situation du cratère et du lac de lave, le 13.01.2011 - photo HVO/USGS.

 

05.03.2011-PuuOOCollapse20110305_mov.jpg

L'effondrement du plancher du cratère le 05.03.2011 - le plancher s'est abaissé de 115 mètres en quelques heures - photo HVO/USGS.

 

 

21.04.2011-HVO.jpg

Le 21.04.2011 ... le lac de lave revenu le 26 mars a atteint la taille d'un terrain de foot ! On peut observer du débordement côté ouest ( en bas au centre de la photo) et côté sud ( à droite), ainsi que du dégazage côté est (au fond) , endroit de "recyclage". - photo HVO/USGS.

 

06.05.2011-avancee-lave-au-Puu-Oo.jpg

Le 6 mai, le niveau du lac est monté suffisamment pour déborder un peu de son bassin et s'épancher sur le plancher du cratère. - photo HVO/USGS.


23.06.2011---2.jpg

Vue inversée du cratère (direction ouest) le 23.06.2011 : les récents débordements forment des tâches plus claires sur le plancher du cratère; les coulées de lave ont rempli le cratère et la lac mesure 205 m. sur 80-115 m.

Depuis le collapsus de mars, le cratère s'est rempli sur une hauteur de 100 mètres, et son niveau est à environ 12 mètres de celui occupé avant l'effondrement. - photo HVO/USGS.

 

08.07.2011.jpg

Le 29.06.2011, une brèche dans la paroi sud du lac de lave perché (perched lava lake) permet un écoulement sur le plancher du cratère - photo HVO/USGS.

On remarquera la similitude de structure actuelle entre le lac de lave du Nyiragongo et celui du Pu'u O'o, tous deux contenus dans des parois dues au spattering du lac.

 

21.07.2011-HVO.jpg

21.07.2011 : durant les jours précédents, la lave a rempli le plancher des pit Puka Nui - en bas à gauche - et du pit MLK - en bas à droite - tous deux situés côté ouest hors cratère. - photo HVO/USGS.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - weekly report

- HVO - rapports journaliers et photos

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord de la chaîne volcanique Inyo, se trouve le champ volcanique Mono et Mono lake, tous deux partie du bassin géologique du même nom.

 

Histoire géologique du bassin Mono :

Résultante d'une localisation dynamique à proximité de la zone de failles de la Sierra et de celle d'Owens Valley, l'activité volcanique s'est manifesté ici sur des centaines de millions d'années.

 

Mono0F1.gifSituation du bassin volcanique Mono et des failles de la Sierra Nevada et d'Owens Valley - Steven Dutch, Natural and Applied Sciences, University of Wisconsin - Green Bay


Les Bodie Hills et les Anchorites Hills entourent le bassin à l'est, et sont des restes de ce volcanisme, clairement visibles bien qu'inactifs depuis des millions d'années, témoins de l'histoire géologique locale.

Il y a environ 400.000 ans, une série d'éruption volcaniques ont vomis basalte et andésite sur le côté ouest, puis nord, couvrant le basin Mono de débris au cours de l'holocène.

 

Mono volc

               Historique de l'activité volcanique récente et types d'éruptions - d'après un doc.  USGS.


Les dernières éruptions ont eu lieu il y a 600 ans, produisant une série d'anneaux de tephras, des dômes d'obsidienne et des coulées de lave à la terminaison nord de la chaîne Mono.

 

Mono craters volcanic field:

 

Mono_Craters_from_US_395---Dan-Mayer-PM.jpg

                    La chaîne de cratères Mono, depuis la route US 395 - photo Dan Mayer.

 
Mono-craters-volcanic-field---R.Von-Huene-USGS.jpg  Mono craters volcanic field - photo R.Von Huene - USGS
  Vue du nord, la chaîne hemi-circulaire , avec à l'avant-plan Panum crater et Mono lake.
 

Entre Mono lake et la caldeira de Long Valley, sur le côté est de la Sierra Nevada, le site de Mono craters forme un arc de 17 km. de longueur comprenant plus de 30 dômes de lave rhyolitique.
Ces dômes de lave, recouvrant partiellement des dykes nourriciers, sont entrés en éruption près du bord d'un bassin "pull-apart" (*).
Des éruptions explosives ont eu lieu il y a plus de 50.000 ans; ces cratères sont aujourd'hui ensevelis.
Les structures visibles datent elles de l'Holocène... les dernières éruptions datent de 600 ans, contemporaines de celles d'Inyo craters sud.

Mono-craters---USGS.jpg                                    Mono craters - photo USGS.

 

La formation de la plupart de ces cratères s'est faite en trois phases :

panum6.jpg- phase explosive, avec relâchement massif des gaz contenus dans le magma, laissant un cratère d'explosion et un anneau de débris ... la majorité du volume de l'éruption s'est trouvé pulvérisé dans les airs sous forme de cendres.

- phase extrusive d'une lave visqueuse, épaisse, avec construction de dôme au sein du cratère d'explosion. Panum crater illustre cette seconde phase (voir ci-dessous)

- phase extrusive de lave visqueuse hors du cratère sous forme de coulée épaisse et/ou en blocs.

Schémas Molossian Institute of Volcanology -


Panum crater, la structure la plus proche de Mono lake est intéressante à plus d'un titre.
Panum_Crater---USGS.jpgPanum crater, partiellement rempli par un dôme de lave - photo USGS.

Sa formation se détaille en plusieurs séquences ( USGS) :
- la formation du cratère primitif se fait lors de la montée magmatique et de sa rencontre avec l'aquifère; une éruption phréatique débouche le cratère.
- la formation d'un cône de cendres suit, alimenté par des fontaines de lave et de cendres; il est toujours visible aujourd'hui.
Composition : ponces, lapilli, fragments d'obsidienne et de granit.
- Après ces deux épisodes violents, le solde du magma rhyolitique, visqueux, forme une série de dômes, composés de ponces et brèches rhyolitique. Divers épisodes d'effondrements et de reconstructions se succèdent pour donner le dôme actuel.
- Finallement, le magma, poussé à la façon du dentifrice sortant de son tube, va former des aiguilles, qui se sont cassées à cause d'un refroidissement rapide et de petites explosions à leur base ... constituant la masse de débris visibles au sommet du dôme.


Panum-crater---obsidian-rhyol.---Lee-Siebert-Smith-jpg Dôme de lave de Panum crater - flow-banded obsidienne rhyolitique - photo Lee Siebert / Smithsonian Institute.


Autres structures :
sur la photo ci-dessous, en partant du devant de l'image vers le fond:
 - South coulee : coulées de lave rhyolitique
 - 4 cratères d'explosions
 - Smooth dome, recouvert d'une couche blanche de tephra
 - Adobe hill, complexe volcanique tertiaire, devant Mono lake, dont la teinte se confond avec le ciel.


Mono-craters-2.jpg          Mono craters volcanic field - vue sud vers nord - photo C.D.Miller / USGS

 

(*) bassin "pull-apart" ou "strike-slip basin" :
pullapartBasin2.jpgc'est un type de structure qui se développe entre deux failles coulissantes, ou dans la courbure d'une faille de transformation, résultant de tensions tectoniques qui vont pousser une partie de la croûte terrestre entre elles et causer ainsi une extension. Un bon exemple de ce type de bassin est le Mer Morte, en Palestine.
(Schéma : USGS)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Mono craters

- USGS - Long Valley Observatory - link

- Indiana University - The Mono basin :  history of extremes - link

- Mono craters vocanic field - Molossian institute of volcanology
- Mono craters California - Aron Meltzner - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Glass Creek dome :

 

glass-creek-dome.jpg Vue de Glass Creek dome depuis la higway 395 ; à gauche, les sommets de la Sierra Nevada - photo field trip USGS.

 

La partie nord de Glass Creek dome offre un bon exemple de mélange de magmas.

Tous les magmas sont des rhyolites, à haute teneur en silice, mais  ils proviennent de régions de stockage différentes et ont des caractéristiques physiques différentes, ce qui permet de les distinguer.

L'un est une obsidienne noire, pauvre en cristaux, et l'autre une ponce gris-clair, riche en cristaux.

La zone où les magmas se sont mélangés ressemble à un gâteau de marbre, où l'obsidienne aurait couler autour de la ponce. Les structures de coulées enregistre le mélange entre une ponce visqueuse et une obsidienne relativement fluide, moins visqueuse.

 

glasscreek-rock-mixing---USGS.jpg                Gros bloc de Glass Creek montrant le mélange de magmas - photo field trip USGS


L'analyse des magmas révèle qu'ils ont été stockés dans des endroits différents; L'obsidienne plus fluide semble provenir du même endroit de stockage qui a nourri l'éruption d'Obsidian dome; tandis que la ponce plus cristalline semble provenir du même réservoir que celui dont est issu l'éruption de Deer Mountain, il y a 115.000 ans.

De nombreuses roches montrent un mixage, seulement visible par une analyse de la composition en phénocristaux ... les magmas de Glass Creek, mixés lors de l'éruption, n'ont pas pu s'homogénéiser avec le nouveau magma.

 

InyoDomes_map.gif                                      Situation des domes de l'Inyo crater chain - doc. USGS

 

Wilson butte :

 

Wilson-butte---inyo---Jack-Nichols.jpg            Wilson butte, en bordure de la highway 395 - la jeep donne l'échelle - photo Jack Nichols.

 

Wilson butte est situé à l'extrême nord de la chaîne Inyo.

Son éruption est datée entre il y a 1350 et 1200 ans, et fait suite à une période d'éruptions explosives qui ont engendré des coulées et des surges pyroclastiques et des colonnes éruptives verticales.

En dépit de cette suite, les côtés à forte pente du dôme rhyolitique de Wilson aurait pu s'effondrer pour former des coulées et surges pyroclastiques de petite taille s'étendant sur 5 km. autour de la coulée; durant ces collapsus, et lorsque les gaz sont relâchés du dessus de la coulée, de petits panaches peuvent atteindre quelques centaines de mètres de hauteur.

 

Quel avenir éruptif pour la région ?

 

On peut penser que les futures éruptions marquant la région de Long Valley - Mono-Inyo craters ressembleront en type et taille à celles qui l'ont marqué par le passé.


Inyo 8000 ans

 

 

lv-eruptions500

 

 

Les éruptions et leur type au cours des derniers 7.000 ans - doc. USGS

 

 

Deux types importants d'éruption se sont produits au cours des derniers 50.000 ans :

- des éruptions explosives de laves rhyolitiques à rhyodacitiques, comme celles des dômes Inyo, produisant retombées de cendres, coulées et surges pyroclastiques de dimension variable - et des éruption de dôme de laves et des coulées.

- des éruptions effusives basaltiques, comme celle des Red cones, produisant des coulées de lave et des cônes de cendres.

Il est possible que les deux types d'éruptions soient précédés d'éruptions phréatiques (steam blast) selon la position de l'évent par rapport à l'aquifère.

Les données des siècles passés suggèrent une probabilité plus élevée d'éruptions explosives.

 

Les effets de futures éruptions vont donc dépendre de la composition et des volumes de magma éruptés, ainsi que de la localisation des évents. La surveillance sismique et l'étude des déformations du sol peuvent renseigner sur la position approximative de l'évent, mais le monitoring ne permet pas de connaître les paramètres de volume et composition du magma.

 

Obsidienne et Païutes :

 

La région a été occupée par l'homme depuis des siècles et les richesses naturelles exploitées : l'obsidienne a servi aux tribus aux Mono Païutes pour la confection de leurs outils tranchants et leurs pointes de flèches.


Parmi le peuple d'indiens Païutes, on distingue trois groupes relativement proches : les Païutes du nord (Californie, Idaho, Nevada, Oregon) , les Mono Païutes ou Païutes de l'Owens valley (Californie, Nevada) et les Paiutes du sud (sud Californie, arizona, Utah)

YosemitePaiutewomenandchildren.jpgLes Païutes de l'Owens Valley parlaient le langage "Mono", une division de la branche numique des langues uto-aztèques.

Ils se désignent eux-mêmes comme Numa, le peuple ou comme Nün‘wa Paya Hup Ca’a‘ Otuu’mu, signifiant "les enfants du coyote vivant dans le caniveau (le fossé)" - "Coyotes children living in the water ditch".

 

Famille Païute du Yosemite -archives Yosemite N.P.


Leur mode de vie était adapté au milieu désertique : chaque clan ou tribu occupait un territoire spécifique, généralement situé autour d'un lac ou d'un marais qui leur fournissaient de l'eau et du poisson. Ils chassaient également le pronghorn et le lapin, ramassaient des pignons, des racines et des graines dans les montagnes environnantes.

 

On retrouve de nombreux pétroglyphes dans les environs de Bishop.


Chidago-petroglyphes---north-of-Bishop---Eugenecarsey.jpg                Les pétroglyphes indiens de Chidago canyon , au nord de Bishop - photo eugene Carsey.

 

Dans les années 90, il restait environ 2.500 Païutes de l'Owens valley vivant dans des réserves.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Inyo craters

- USGS - Response plan for volcano hazards in the Long Valley caldera and Mono craters region, California - link

- Bishop and the Owens Valley

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les Inyo craters forment une chaîne de dômes de lave, de coulées et de cratères d'explosion longue de 12 km., alignés le long de la frontière est de la Sierra Nevada.

La chaîne Inyo comprend  : Deer mountain, et les Inyo craters, North et South, Deadman Creek domes, Glass Creek dome, Obsidian dome et Wilson Butte.

 

Il existe trois étymologies possibles pour le terme Inyo. Dans les années 1850, aucun nom n'apparaît au-dessus de la chaîne de montagnes à l'est du lac Owens sur des cartes représentant la région.

Selon la première hypothèse (Chalfant), en avril 1860, vingt hommes menés par le colonel H.P. Russ et le Dr S.G. George organisent le Russ Mining District. Lorsqu'ils s'enquièrent du nom de la chaîne de montagne auprès des Indiens, leur leader Chief George leur aurait répondu « Inyo », qui pourrait se traduire par « résidence d'un grand esprit ».

Selon la deuxième hypothèse, défendue par le linguiste Madison S. Beeler, Inyo dériverait de l'Espagnol indio, « indien ».

Selon la troisième hypothèse, la plus récente, inyo serait une forme grammaticale répandue en langues numiques et ïnï-yun signifierait en panamint « dangereux, effrayant »... je penche pour cette dernière explication !

 

Inyo-craters.jpg

                                                  La chaîne Inyo craters - photo Nasa 2000

 

Les Inyo craters chevauchent la rive nord-ouest de la caldeira de Long Valley et s'étendent sur son plancher ... bien que faisant partie, chimiquement et magmatiquement, d'un système volcanique différent.

Les Inyo craters sont trois cratères d'explosions phréatiques, alignés N-S. et positionnés sur le sommet et le flanc sud de Deer Mountain.

Deer Mountain est un ancien dôme de rhyolite, âgé de 115.000 ans, résultant d'une éruption au départ du magma résiduel de La caldeira Long Valley.

Les Inyo craters ont été formés au milieu du 14° siècle, peu après l'éruption de Deadman Creek, Obsidian et Glass Creek domes, en 1350.

Les trois cratères ont été formé à peu près en même temps, en quelques heures ou quelques jours ... en commençant par celui situé le plus au nord.

Le cratère situé sur le sommet de Deer Mountain, et souvent appelé à tord cratère sommital, est petit, irrégulier , ouvert côté sud et sec.

Les deux cratères plus au sud, appelé North et South crater, sont situés Dike_explosion.gifen zone boisée et contiennent tous deux un lac; leurs dimensions sont semblables : diamètre 200 mètres et profondeur 30 à 60 mètres.

Le sol entourant les cratères est parcouru de nombreuses failles et fissures, orientées vers le nord, et conséquences du soulèvement et de l'expansion du sol au dessus d'un dyke. La rencontre entre la magma intrusif et l'aquifère a généré de violentes explosions phréatiques qui ont creuvé le manteau andésitique . De façon surprenante, aucun magma rhyolitique juvénile n'a atteint la surface au cours des éruptions (ils ne sont pas couverts par un dôme). 

 

InyoFissures2.gif                          Les cratères Inyo et les fissures et failles qui les entourent - doc. USGS

 

Inyo_craters---USGS.jpg                                       Inyo craters lake et Deer Mountain - photo USGS

 

Inyo---B-R-Eastern-sierra.jpg                                                   Inyo craters - photo B&R Eastern sierra

 

Obsidian dome, Glaas Creek dome et Deadman Creek dome sont entrés tous les trois en éruption en l'an 1350 (fixé par datation dendrochronologique). Les évents responsables de ces éruptions sont alignés nord-sud, le magma nourricier étant apporté en surface par un dyke.

La phase initiale de l'activité a été d'ordre phréatique, suivie d'une phase d'éruptions pyroclastiques, ce qui nécessite comme moteur, une quantité significative de gaz propulseur; la phase finale, avec la baisse de niveau de ces gaz, fut l'extrusion d'un dôme et sa croissance.

Le dyke nourricier coupe la frontière de la caldeira de Long Valley : c'est ainsi que l'éruption d'Obsidian dome s'est passée hors caldeira, celle de Glass Creek dome juste au nord de la paroi de la caldeira et celle de Deadman Creek dome à l'intérieur des contours de la caldeira. De plus, les deux derniers dômes contiennent une part de magma résiduel de la caldeira de Long Valley, tandis qu'Obsidian dome n'en contient pas.

 

obsidiandome-from-gcd.jpg

Obsidian dome (vu de Gloss Creek dome) - remarquez la zone de "squeeze-up" plus foncée - doc. USGS


A Obsidian dome, on remarque près du sommet des obsidiennes de couleur différente. L'obsidienne plus foncée a cependant la même composition que l'obsidienne plus claire, mais contient plus de vésicules (de bulles).

Ceci est communément rattaché à un phénomène dit de "squeeze-up", au cours duquel le magma riche en gaz de l'intérieur de la coulée est forcé  à rejoindre la surface; lorsque le matériel arrive en surface, l'expansion des gaz forme des bulles dans l'obsidienne en refroidissement ... ce qui en fait un matériel de moindre qualité pour la confection de pointes de flèches, mais un excellent exemple de "flow banding".

Le Flow banding peut se définir comme des bandes ou des couches visibles à l'oeil nu dans des roches volcaniques , qui diffèrent au niveau composition, texture, ou caractéristiques géochimiques.

 

Inyo---obsidian-dome-squeezeup---USGS-copie-1.jpg

Une géologue de l'USGS, Miss Venezky, examine de l'obsidienne hautement vésiculée dans la zone de "squeeze-up" à Obsidian dome. - doc. USGS

 

Flow-banded-obsidienne---Obsidian-dome---ph.chaotically-flo.jpg

Gros-plan sur de l'obsidienne d'Obsidian dome - sur cet échantillon centimétrique (voir taille de l'agrafe) , le phénomène de "flow banding" est accentué par l'altération superficielle par les oxydes de fer - photo chaotically flow / Cole Kingsbury.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - 

- USGS / Long Valley Observatory - Long Valley caldera  Field guide

- AGU Blogosphère / "Magma cum Laude" : flow banding and rheomorphic deformation - by Jessica Ball

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Publié le par Bernard Duyck
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Etna-6--paroxysme-18.07.11.jpgAlors que l'activité de la Bocca Nuova diminuait le 18, après une semaine d'activité strombolienne et l'émission d'une petite coulée intracratérique,un nouveau paroxysme marquait le cratère actif sur le flanc du cratère sud-est, l'activité strombolienne débutant le 18 juillet en soirée - photo webcam Radio studio 7 -, pour culminer entre 0h00 et 2h30 GMT le 19 juillet.

Une coulée de lave s'est répandue en direction de la Valle del Bove, suivant le chemin emprunté par les coulées des précédents paroxysmes, pour stagner à proximité du Monte Centenari.

Des fontaines de laves sont montées à 200-250 mètres de haut, avec production de spatters fluides, résultant en coulées rhéomorphiques, dont la plus importante est descendue jusqu'à la base du cratère sud-est.

Un panache dense de cendres et gaz a été soufflé en direction de l'est par les vents.

 

Etna-6--paroxysme-19.07.11.jpg                                Etna - fontaine de lave du 19.07.2011 - photo Etna Excursion.it

 

Ceci constitue le sixième épisode paroxysmal du même cratère cette année ; pour mémoire, les précédents ont eu lieu les 12-12 janvier, le 18 février, le 10 avril, le 12 mai et le 9 juillet. L'intervalle entre les deux derniers évènements s'est raccourci par rapports aux précédents : 9,5 jours au lieu de 4 à 8 semaines.

 

Source :

INGV Catania

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Publié le par Bernard Duyck
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Deux sites géologiques à voir à proximité de Mammoth Mountain : Devil's Postpile et Rainbow fall.

 

Devil's Postpile National Monument :

 

Ce site faisait initialement partie du parc national du Yosemite; il fut devils_multi.jpg"retiré" suite à la découverte d'or à proximité des Mammoth lakes pour être qualifié de National Monument en 1911 par le président William H.Taft, et suite à une intervention musclée de Californiens influents qui se sont insurgés contre un projet de centrale hydroélectrique qui aurait détruit la falaise. Le centenaire du Monument est fêté cette année.


Affiche du Centenaire du Devils Postpile National Monument 1911 - 2011.


Cette colline formée de colonnes basaltiques fut créée lorsqu'un flot de lave à commencé à remplir la Reds meadows valley, entre 80 et 100.000 ans; cette lave très chaude et visqueuse a descendu le cours de la rivière San Joaquin jusqu'à être bloqué par une moraine glaciaire, barrage naturel. Elle a alors formé un lac de lave de profondeur (d'épaisseur) supérieure à une simple coulée; la vallée glaciaire fut remplie de bord à bord sur une distance de 3 miles, depuis le sud de Pumice Flat jusqu'à Devil's Postpile, où la coulée avait une épaisseur de plus de 120 mètres.

 

Devil-s-postpile---NPS18.jpgLa forme hexagonale est la forme idéale pour la formation de colonnades dans la basalte - Un refroidissement homogène génère des rétrécissements et des tensions égales dans toutes les directions (flèches blanches) ; on peut voir qu'en comparaison avec des cercles ou des octogones, l'agencement des hexagones est parfait et sans espaces interstitiels. - doc. NPS 2009 / Lillie.


Un refroidissement lent a permis la longueur et la symétrie optimales des structures : largeur 60 cm. à 1,10 mètre - longueur jusqu'à 18 mètres - régularité des colonnes : 44,5% sont des hexagones, 37,5% des pentagones, révélés après érosion glaciaire.

Devil-s-postpile-NPS.JPG Devil's Postpile - une érosion post-glaciaire de 10.000 ans a provoqué un empilement de blocs au pied de la falaise.  - photo NPS

view_top_post.jpg                            Devil's Postpile - la face érodée des prismes basaltiques -  doc. NPS
        La surface légèrement striée est due à l'érosion glaciaire qui s'est terminée il y a 15.000 ans

 

Top_of_Devils_Postpile2-1200px.jpg

 

 

Devils-Post-Pile-Front-Side---Milano-s-inn.jpg

                                 Le front de la coulée prismée - photo Milano'Inn

                       Les colonnades courbes résultent de refroidissement non homogène.

 

Devils_Postpile_column_on_side--Maveric-149.jpg

                               Un beau tronçon hexagonal - photo Daniel Mayer /Maveric149

 

Les séismes très forts de 1980 - M6 - ont complété l'oeuvre destructrice des périodes de gel-dégel pour changer la physionomie de ces colonnades basaltiques.

 

 

Les sources chaudes ou alcalines:

 

Iron-soda-spring.JPG                                        Devil's Postpile - Iron soda spring - Doc. NPS

 

La présence de fer dans un milieu acide donne une couleur rouille, durant l'été, aux eaux de Soda Springs.

Une source chaude, un peu avant Reds Meadow un peu plus à l'est, atteste que l'activité volcanique continue.

 

Rainbow falls :

 

Après la fonte du dernier glacier, la branche centrale de la San Joaquin river a coulé depuis Devil's Postpile dans un chenal situé à 450 m. de l'actuelle position coupant les coulées rhyodacitiques pour tomber sur du granite.

L'érosion des eaux s'est faite de façon non uniforme, attaquant plus la base rocheuse plus tendre et creusant une cavité, une grotte. La falaise a donc reculé de 150 mètres ou plus en amont de l'emplacement actuel de Rainbow Falls.

 

800px-Rainbow_fall_at_Devils_Postpile_National_Monument.jpg                           Rainbow Falls at Devil's Postpile National Monument - photo NPS

                        La chute qui tombe de 33 mètres a creusé une "alcove" dans la paroi.

 

Les différentes sortes de roches des structures envisagées ici :


Devil-s-postpile---NPS12-bis.jpg

 

Sources :

- USGS - geology of the national park - geology of Devils Postpile

- Devil's Postpile National Monument - geologic resources inventory reports - NPS - 2009 - link

- USGS - Devils Postpile National Park - geologic story

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Un reportage sur l'activité du Lokon le 17 juillet 2011. Un important panache chargé de cendres s'est élevé, selon les dernières estimations, à une hauteur de 3.500 mètres au dessus du cratère actif situé dans l'ensellement entre le Lokon et l'Empung : le Tompaluan.

Il est prévu que les évacués, qui sont dans des camps provisoires, soient relogés ce lundi "dans un centre plus adapté".

Comme habituellement dans ces zones agricoles, des personnes retournent vers le lieu qu'ils ont abandonnés afin de s'occuper de leurs champs et de leur bétail ... la sécurité n'est donc jamais totalement assurée !

 

 

     

Ndlr : quel dommage que les reporters-You tube n'utilisent pas systématiquement un pied pour réaliser leur vidéo ... cela occasionnerait moins de "mal de mer" !

 

Selon Mr. Surono, l'éruption a libéré une grande part de son énergie; "nous espérons que cela permettra de voir une réduction de l'activité ... mais il est trop tôt pour le dire" , ajoute-t-il.

Aucun vol aérien n'a été affecté, seule une zone no-fly de 10 km. autour du volcan est respectée; l'aéroport de Manado, tout proche, fonctionne normalement.

 

Sources :

- Daily mail online

- Vidéo You Tube

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Mammoth-Mountain---R.Brantley-USGS.jpg

                                                  Mammoth mountain - photo R. Brantley / USGS

 

  Mammoth mountain est un stratovolcan composite formé de douze dômes de rhyodacite et latite de quartz, extrudés le long du bord sud-ouest de la caldeira de Long Valley, entre 111.000 et 57.000 ans (Hildreth 2004).

Ce centre éruptif, d'une élévation de 3.369 mètres, s'est développé dans un stade tardif du cycle évolutif du "complexe Long Valley caldera".

 

TreekillLe site de Mammoth mt. , situé en bordure de la caldeira de Long Valley, avec la position des sources chaudes, ou froides, chargées en CO2, et des aires où l'on trouve des arbres morts (en jaune) - doc. USGS

 

L'activité récente :

 

Elle a été marquée par un essaim de forts séismes en mai 1980;  cet essaim incluait quatre séismes de magnitude 6 touchant la partie sud de la caldeira de Long Valley, associés à un soulèvement du dôme de 25 cm. Ces évènements instaure une période de troubles qui continue encore aujourd'hui, caractérisée par des essaim récurrents de séismes et de l'inflation du dôme, ainsi que des modifications au niveau des sources thermales et des émissions gazeuses.


seismes-entre-1989-et-2000.png

Historique des séismes profond (10-25 km.) de longue période sous Mammoth mountain, entre 1989 et 2000.

Les barres verticales montrent le nombre de séismes par semaine - la courbe montre le nombre cumulé de séismes -  doc. USGS / in GVP.

 

A la suite de quoi, une route échappatoire fut créée ; son premier nom, "Mammoth escape route" fut changé par la suite en "Mammoth scenic Loop" , suite à des pressions exercées par les propriétaires terriens et le business touristique.

En 1982, l'USGS a intensifié son programme de monitoring du volcan et les études géologiques : un contrôle actif des indicateurs d'une future éruption, tels que sismicité, déformations, et variation de nature et de ratio d'émissions des gaz, est fait en permanence. Des rapports journaliers sont émis par le L.V.O. : http://volcanoes.usgs.gov/lvo/

 

Les arbres morts de Horseshoe lake :

 

De mai à novembre 1989, un essaim de petits séismes a frappé la zone de dangersign-CO2.jpgMammoth mountain. Les études de l'USGS suggèrent l'intrusion d'un petit corps de magma sous la montagne. En 1990, les rangers de l'U.S. Forest Service renseignent des zones d'arbres morts; des plaintes concernant des nausées rapportées par les assistants de terrain, et la mort frôlée par un ranger qui a pénétré dans une cabane couverte de neige près de Horseshoe lake font craindre un sérieux problème.  

Depuis des panneaux d'avertissement ont été installés ... c'est une zone de sports d'hiver fort fréquentée !

Photo USGS.

 

Mammoth-mountain-dead-trees-by-CO2-saturated-soil---the-ton.jpgMammoth mountain  - arbres morts à cause d'une overdose racinaire de CO2 - photo "the tonal landscape".

 

 

CO2

Modèle proposé par L'USGS pour le relargage des gaz suivent les séismes de 1989 -  les séismes auraient ouvert des failles permettant une intrusion magmatique qui a brisé la couche de couverture imperméable et permit aux gaz d'atteindre la surface en suivant les failles. - Doc. USGS

 


co2flux.gifLa cause de la mort des arbres est attribuée à la mort des racines suite à des concentrations trop élevées de dioxyde de carbone dans le sol. Des études de concentrations en CO2 exprimées en grammes/ jour/ par m² ont été conduites par l'USGS et révèlent un taux moyen de 25 g/jour/m², avec des pointes plus hautes e.a. au camping de Horseshoe lake, allant jusqu'à 7.000 g/jour !

 

Concentration en dioxyde de carbone dans une zone proche de Horseshoe lake / Mammoth mountain - From Sorey, M. L., 1999.

 

horseshoe-lake-parking.jpg

           Horseshoe lake parking ... entouré d'arbres morts !  Là, des précautions s'imposent !!!

 

Des mesures récentes des ratios d'isotopes de l'hélium dans les émissions de CO2 effectuées dans une fumerolle sur le flanc de Mammoth mountain ont confirmé une origine magmatique du dioxyde de carbone. 

 

Une faille ou une fissure intrigue les promeneurs et les skieurs qui fréquentent Mammoth mountain : "the earthquake fault". Son origine est toujours débattue; elle est orientée N-S comme la plupart des failles de la zone et pourrait constituer l'extension sud de la faille Hartley springs ... ou encore se rattacher à une légende indienne qui parle d'un séisme important qui secoua la région, il y a deux cents ans, pour causer ce qui est à l'évidence une faille sismique. Quoi qu'il en soit, la faille a été "réactivée" au cours du séisme de 1980 et le chemin qui descendait dans la faille fermé.

 

Mammoth-mountain---eartquake-fault.jpgThe earthquake fault - Mammoth mountain area - 3 m. de large et 18 m. de profondeur à cet endroit - doc. CSU Pomona.

 

Les cinder cones :

 

De nombreux cônes de cendres ponctuent le plancher de la caldeira et ses remparts.

Les plus récents incluent les Red cones, à 5 km. au sud de Mammoth mountain; leur naissance est estimé à 6.960 avant JC. Les autres cônes sont d'âge échelonné entre 228.000 et 64.000 ans.

 

Red-cone---near-horseshoe-lake--D.Wieprecht-USGS.jpg

Petit cinder cone situé au sommet de Council Crest, près de Horseshoe lake; son éruption est datée entre il y a 126.000 et 64.000 ans  -photo D.E.Wieprecht / USGS

 

Mammoth-Mountain---Red-cones--Lee-Siebert-.jpg

Un des "Red cones" -   les Red cones sont ébréchés de même façon ; les scories basaltiques oxydés des cônes sont recouvertes à la base par des ponces claires provenant de l'éruption des Inyo craters, il y a 650 ans. - photo Lee Siebert / Smithsonian Institution.

 

Des cratères phréatiques, témoins d'éruptions explosives récentes, il y a 700 ans, sont situés à la base nord de Mammoth Mountain.

 

Mammoth-mt---cratere-phreatique.jpgUn des cratères phréatiques, partiellement rempli d'eau, sur les bas-flancs nord de Mammoth Mountain - photo Lee Siebert / Smithsonian Institution

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Long Valley

- Global Volcanism Program - Mammoth Mountain

- USGS -Long Valley Observatory - LVO

- A field trip to Owens mountain and Mammoth lakes - 

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