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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Située entre 4.200 et 4.600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde, après celle du Yellowstone et du Kamchatka, et aussi la plus haute.

Quatre-vingt cinq fumerolles et solfatares, des terrasses de geysérite, soixante deux sources chaudes, 40 geysers (selon le GVP … 64 selon d’autres sources) et quelques volcans de boue parsèment la zone. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre (75 cm. d’après Glennon & Pfaff 2003), au lever du jour quand les contrastes de température sont maximum, les vapeurs s’échappent du sol pour former des colonnes d’une dizaine de mètres … le spectacle est grandiose et atteint son point culminant aux premiers rayons de soleil.

 

Dossier-26-3610-copie-JMM.jpg                   El Tatio - ambiance d'un petit matin d'hiver - ©Jean-Michel Mestdagh


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    El Tatio - c'est au lever du soleil que les panaches s'expriment le mieux - ©Jean-Michel Mestdagh


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          El Tatio - un évent habillé d'une dentelle de geysérite - ©Jean-Michel Mestdagh


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi. Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50.000 km² ! Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie.

Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio. Néanmoins, le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

 

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                         ©Jean-Michel Mestdagh

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 Une rencontre de la vapeur et de la glace qui sublime le paysage - El Tatio - ©Jean-Michel Mestdagh


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                        El Tatio - une bulle de boue figée par la photo - ©Jean-Michel Mestdagh


Dossier-26-4043-copie.jpgEl Tatio - travertin fumant et surmonté d'éclaboussures, entouré de neige et de glace- ©Jean-Michel Mestdagh


La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques.

L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest / sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. Là, entre 800 et 1.000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio.

 

Dossier-26 3710 copie        El Tatio en hiver : la cohabitation entre la glace et l'eau bouillante - ©Jean-Michel Mestdagh

 

La plupart des sources atteignent 85-86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4.300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1.820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées.

 

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  El Tatio : les geysers ne sont pas protéges ici comme au Yellowstone ... seules quelques pierres démarquent la zone de "sécurité", avec en arrière-plan, des restes des installations géothermiques - ©Jean-Michel Mestdagh


Les colonies de bactéries thermophiles vertes et rouges, les lèvres des geysers ourlées de délicates opalines, tout est mis en valeur dans un écrin de montagne se détachant sur le ciel d’altitude bleu outremer.

 

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El Tatio - Les extrémophiles, cyanobactéries et algues, colorent les zones chaudes proches des évents - photos ©Jean-Michel Mestdagh

 

 

Toutes les photos datent de juillet 2011, durant l'hiver austral, à l'exception de la dernière prise durant l'été austral 2010 .


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                                                                                                                             ©Jean-Michel Mestdagh 2011

 

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              La couleur du ciel transmise aux fumerolles - © Antony Van Eeten 2010

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Tatio

-  GOSA - the Geyser Organisation and Study Association

- The extraordinary thermal activity of El Tatio Geyser Field, Antofagasta Region, Chile, by Glennon, J.A., and Pfaff, R.M., - Geyser Observation and Study Association (GOSA)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avant de quitter le Salar d'Atacama pour les geysers du Tatio, quelques plumes pour colorer cet univers minéral et satisfaire ma seconde passion : l'ornithologie.

 

 

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           La lagune de Chaxa sur fond de Cordillère des Andes - © Antony Van Eeten

 

Sur les six espèces de flamants existantes au monde, trois sont représentées dans les andes :

- le flamant des Andes - Phoenicopterus andinus

- le flamant du Chili - Phoenicopterus chilensis

- le flamant de James - Phoenicopterus jamesi.

 

 

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Pancarte locale d'identification, insistant sur les caractéristiques les différenciant : bec (teinte et importance de la zone noire), couleur de l'iris, couleurs du plumage et des pattes -  © Antony Van Eeten

 

Petit test, en vous aidant du tableau ... je vous aiguille :


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                Bec rosé à pointe noire , et iris jaunâtre ... réponse 1 - © Jean-Michel Mestdagh


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                Bec jaune à pointe noire , iris et pattes rouges ... réponse 2 - © Jean-Michel Mestdagh


182760_10150100552131441_645396440_6623640_5432379_n.JPG               Bec 2/3 noir , iris foncé et pattes clai res ... réponse 3 - © Antony Van Eeten

 

Dossier-26-3196-copie-JMM.jpgBec jaune à pointe noire , iris et zone périoculaire foncée (commençant à rougir) ... réponse 4  - © Jean-Michel Mestdagh

 

réponses au test :

1. flamant du Chili - 2. flamant de James - 3. flamant des Andes - 4. petit piège, car les couleurs ne sont pas "définitives" chez cet immature : flamant de James ; à noter : la saumure grasse qui goutte à la pointe du bec, et le cou bien mouillé, signe d'une immersion complète de la tête au nourrissage.

 

Dossier-26-3300-copie-JMM.jpgAvocette des Andes - Recurvirostra andina - elle recherche de petits invertébrés en fouettant l'eau près de la surface, d'un mouvement de tête gauche-droite répété. - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-4235-copie-JMM.jpgSarcelle de la Puna - Anas puna - un bec bleu et une tête mi-noire, mi-blanche caractérisent ce canard timide, qui vit dans les marais et lagunes du nord Chili. © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Dossier-26-6372-copie-JMM.jpgA gauche, des Ouettes des andes - Chloephaga melanoptera et à droite, des canards huppés (voir ci-dessous) - © Jean-Michel Mestdagh

 

Dossier-26 7046 copie JMMCanard huppé - Anas specularioides  ( en plumage d’éclipse) – NB : souvent répertorié sous Lophonetta specularioides !, ce canard gris et café, aux yeux rouges, est agressif envers les autres oiseaux. - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Quelques poils tyiquements andins :

 

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                 Lamas de la Cordillère des andes - Lama glama - © Jean-Michel Mestdagh


Vivant jusqu'à 5000 mètres dans la Cordillère des Andes, le lama est la forme domestique du guanaco et de la vigogne.

Il peut vivre à très haute altitude, leurs hématies ayant la possibilité de stocker plus d'oxygène que celles des autres mammifères.

Les lamas vivent en petits groupes composés d'un mâle et de cinq à dix femelles accompagnées des jeunes.

tintin-bis copieIls  se contentent de maigres pâtures et sont très sobres. Ce camélidé a une robe très variable, du beige au noir, en passant par le roux

 

Ils peuvent manifester leur colère en crachant sur leur adversaire un jet de salive ou d'aliments prédigérés.

"Quand lama fâché, lui toujours faira ainsi ..."

© Hergé / Moulinsart, 2003


Merci à JM de m'avoir ramené une touffe de ses poils ... le lama n'était pas trop content et il a échappé de justesse à son courroux !

 

Dossier-26-4002-copie-JMM.jpgVigogne - Vicugna vicugna -  Cet élégant petit camélidé sauvage ne semble pas souffrir de l'hiver en altitude -  © Jean-Michel Mestdagh

 

Les Incas  tondaient autrefois les vigognes pour fabriquer des livrées impériales. La toison de la vigogne est constituée de fils particulièrement fins (12 microns de diamètre) qui permettent de tisser une étoffe de très haute qualité procurant une excellente isolation au froid. Ce tissu, qui ne peut être fabriqué que manuellement, est utilisé pour l'habillement de luxe.

 

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                   Viscache de montagne - Lagidium viscacia - © Jean-Michel Mestdagh

 

Ce gros rongeur, de la famille des Chinchillidés, apparait comme un animal "hybride" : il a les oreilles et la grandeur du lapin, la queue d'un écureuil - celle-ci peut se détâcher, pour échapper à un prédateur -  et des pattes de gerboise. Il vit dans des réseaux de galeries, ce qui lui vaut d'être poursuivi par les cultivateurs et éleveurs.

 

Sources :

- Handbook of the birds of the world - éd. Lynx

- Oiseaux.net - les oiseaux du Chili - link

- Chile excepcion - faune aviaire du Chili - link

- Viscache de montagne - rongeurs.net

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                           La Valle de la Luna - photo explore Atacama.com


Au nord du Salar d'Atacama, à quelques 17 km. de San Pedro, une large zone est appelée "Vallée de la Lune".

Des pierres et du sel forment un premier cirque sculpté dans la Cordillera de la Sal par les eaux et le vent, à l'aspect lunaire, et aux couleurs surprenantes : brun, jaune, bleu, rouge, toutes ces teintes habillent les escarpements, tandis que le blanc caractérise les zones lacustres asséchées.

 

Dossier-26-2434-copieVal.lune-JMM.jpg                            La Valle de La Luna  -  © Jean-Michel Mestdagh


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                © Jean-Michel Mestdagh

 

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                    © Jean-Michel Mestdagh

 

Certaines structures semblent sculptée de main d'homme, et portent des noms, comme Las Tres Marias.

 

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              Valle de La Luna , Las Tres Marias  -  © Jean-Michel Mestdagh


Dossier-26-2607-copie-val.luna-JMM.jpg                                   Las Tres Marias  - gros-plan  - © Jean-Michel Mestdagh

 

Et toujours des volcans en point de mire : le plus visible est le Licancabur, ses voisins sont le Juriques et le Sairecabur.

 

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            Le volcan Licancabur, omniprésent dans le paysage. - © Jean-Michel Mestdagh


Juriques---Summitpost.jpg                                       Le volcan Juriques - photo Summitpost / Parofes.

Le Juriques est coiffé par un cratère allongé de 1,5 km. ; considéré comme un volcan éteint, ce sommet (5.704 mètres) ne constitue pas une ascension technique, mais bien une course permettant une acclimatation à l'altitude en vue de sommets plus hauts.

 

Le second cirque de la Vallée de la Lune présente une cathédrale de pierre sculptée par l'érosion et d'énormes dunes de sable gris.

 

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         Les dunes de la Valle de La Luna  -  © Jean-Michel Mestdagh


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          Au fond à gauche, le Licanabur et le Juriques  -  © Jean-Michel Mestdagh


Sources :

- Global Volcanism Program - volcanoes northern Chile - Bolivia -Argentina

- Moon valley - exploreatacama.com

- On a marché sur la lune - Aerochili / over-blog - link

- Juriques volcano -  Summitpost - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

L'activité sismique sous El Hierro se poursuit à un niveau qualifié de "modéré à élevé" avec des séismes de magnitude comprise entre 1,2 et 3,0, localié entre 19 et 26 km. de profondeur, principalement dans la zone d'El Golfo (Mercredi, 45 séismes relevés - Jeudi, 53 et ce vendredi 27 à 14h26.)

Le total des évènements depuis le 19 juillet : 10.477 (au 28.10.2011 / 14h.26)

Le signal de trémor, un peu plus faible que jeudi, se maintient stable !

 

Eventos_HIERRO_28.10.2011---a-10-jours.jpgLocalisation et profondeur des séismes des 10 derniers jours - situation au 28.10.2011 / 9h08. - doc.IGN

 

La courbe de l'énergie sismique accumulée , appelée familièrement "l'échelle du diable" est toujours en hausse depuis le début de l'éruption, le 15 octobre :

 

echelle-du-diable-10.10---28.10.32011---Avcan.jpg                            La escaladera del diablo - entre le 10.10 et le 28.10.2011 - doc. Avcan 

 

Un graphique d'INVOLCAN montre un taux d'émission diffuse de CO2 de l'île volcanique d'El Hierro dépassant les valeurs de paramètres considérés comme normaux. - en raison de copyright, link Involcan / Facebook. 

 

 

 Maintenant que des documents sont disponibles grâce aux équipes de l'Institut Océanographique espagnol, je ne résiste pas à les partager:

 

hierro-antes-despues.jpgModèle de terrain établi par les échosondeurs du Ramon Margalef le 24.10.2011 - on y voit le volcan n perspective et une langue de lave qui s"est écoulée en direction du fond de la vallée sous-marine (révélée en 1998) - doc. IEO / volcan submarino El Hierro.

 

Sur la vidéo de l'IEO ci-dessous, une vue en 3D du cratère :


 

Sources :

- AVCAN

- IGN - Instituto Geografico Nacional

- IEO - Instituto Espanol de Océanografia.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L'actualité volcanique se bouscule un peu cette semaine ... un petit résumé s'impose !

 

Sulawesi - Gunung Lokon :

Le Lokon est entré en éruption ce mercredi 26.10 vers 17h.19 et 17h.30, émettant un panache à respectivement 1.200 m. et 500 m. de hauteur ; ces éruptions ont été précédées de petits blasts quelques heures avant.

Des projections de blocs incandescents à proximité de l'évent ont causé des feux de broussailles ; aucune coulée pyroclastique n'a été observée

 L'éruption n'a pas fait de victimes puisque les habitants avaient été évacués dans un rayon de2,5 km.

 

Lokon---26.10.2011---Ph.Tengku-AFP.jpg          L'éruption du gunung Lokon - 26.10.2011 - photo Ph.Tengku / AFP

 

Canaries - El Hierro :

Après les premières images des échosondeurs du Ramon Margalef, une deuxième phase de recherche débute autour de El Hierro; en raison de la turbidité des eaux dans la zone de La Restingua, la cartographie va débuter d'abord dans la zone d'El Golfo.

elhierro-Terra-Modis-23.10.2011.jpgExtension vers le sud des remontées de l'éruption sous-marine d'El Hierro - Nasa Terra Modis 23.10.2011 

Selon un membre du CSIC et du Pevolca, Joan Marti, les données fournies par le navire océanographique confirment une éruption fissurale située à l'intersection de la faille et de la fissure, à une profondeur de 200 mètres, "pouvant émettre environ 40 millions de m³ de magma". Toujours selon Marti, la probabilité de l'occurrence d'une éruption "terrestre" est très faible.

Salidas_gases_monohaz--miccin.es.jpg La trace des sorties de gaz à l'aplomb de l'évent éruptif sur les échosondeurs du Ramon Margalef - doc Miccin.es

L'activité sismique reste modérée à élevée, avec des hypocentres situés entre 16 et 27 km  et une magnitude oscillant entre 2,9 et 1,5. Le signal de trémor se maintient à un niveau élevé, avec des oscillations importantes.
 Selon J.C. Carracedo, les séismes des derniers jours correspondraient à un réajustement au niveau de la croûte terrestre, après l'inflation suivie de l'éruption. Une autre hypothèse pourrait être la réactivation de l'éruption.

Equateur - Sangay et Tungurahua :
Selon le VAAC Washington, des panaches de cendres ont été émis par le Sangay, le 25.10  et le Tungurahua, le 24 octobre, montant pour ce dernier à 7.300 mètres.

tungu---JLEN.JPG                Le Tungurahua joue avec les nuages - © José Luis Espinosa Naranjo 

Chili - Cordon-Caulle & Hudson :
Le Cerro Hudson a connu le 26.10 un essaim sismique accompagné de la formation d'un panache de gaz peu chargé en cendres haut d'environ 1500m. Par la suite c'est une fissure longue d'environ 900 m qui a été détectée, et la hauteur du panache a augmenté, passant à 2500m. Pour le moment les signes indiquent, selon l'expression du SERNAGOMIN, l'ouverture du système volcanique sur l'extérieur et il faudra attendre le déclenchement pour connaître l'intensité (débit éruptif) et la violence (vitesse d'éjection) de l'éruption. En attendant les autorités ont commencé les évacuations préventives dans les villages situés dans un rayon de 45 km: c'est dire si ce volcan est craint, surtout après l'éruption de 1991. (Activolcans)

Hudson---26.10.2011-Breaking-news-chile-Twitter.jpg                           Cerro Hudson éruption du 26.10.2011 - Breaking News Chile.

 

Quelques images de la dernière éruption de l'Hudson en 1991 :

 

 


Selon le Diario Andino, un quotidien argentin, la région subit l'action des deux éruptions : le 26.10, le panache du Cordon-Caulle, toujours actif deouis juin, est monté à 7.500-8.000 mètres, avec quelques retombées de cendres. 
La prudence est recommandée lors des déplacements, la visibilité pouvant être réduite à 60 mètres et les routes rendues glissantes par la cendre.
La qualité de l'air est dégradé, et on peut craindre des risques de silicose suite à la pénétration de poussières dans le système respiratoire ... le port de masques adéquats est vivement conseillé .(Segemar)

D'autres nouvelles ... d'autres volcans sur le Global Volcanism Program weekly report
   

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le Sernageomin/ OVDAS a élevé le niveau d'alerte du volcan Hudson de jaune à rouge : imminence d'une éruption majeure en termes d'heure ou de jour.

Plus d'une centaine de séismes ont été enregistrés depuis mardi, la plupart à une profondeur de 15-25 km. sous le volcan et le nord-ouest de la caldeira; mercredi, cet essaim sismique s'est poursuivi mercredi rendant la situation suffisamment sérieuse pour que le gouvernement chilien décide une évacuation des populations dans un rayon de 40 km. autour de l'Hudson.

Vers 17 h. mercredi, un panache clair, de vapeur peu chargé en cendres, était signalé au dessus de la caldeira.

 

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                  Le panache de l'éruption du Cerro Hudson en  1991 - photo Henrique Villalobos.

 

La dernière éruption du Cerro Hudson remonte à août 1991; une éruption explosive de VEI 5 a envoyé des cendres jusqu'aux îles Falkland éloignées de 1.000 km. du volcan, et couvert 100.000 km² en Patagonie. Des jökulhlaups et des lahars, dus à la fonte de la couverture glaciaire, ont marqué la région et fait périr de nombreux moutons.

Le panache de dioxyde de soufre affecta une grande part du sud de l'hémisphère.

 

Sources :

- Sernageomin - Ovdas - link

- Onemi - link

- Global Volcanism Program - Cerro Hudson

 



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le désert d'Atacama occupe 105.000 km² dans le nord du Chili. Une bande longue de 1.000 km. borde la côte Pacifique, à l'ouest de la Cordillère des Andes. Ce désert n'est pas plat ou parsemé de petites dunes, c'est au contraire une succession de hauts-plateaux rocailleux, de lacs asséchés, de roches érodées, de dunes ... le tout à une altitude comprise entre 1.000 et 3.500 mètres.

 

C'est le désert le plus sec et le plus stérile de la planète !

La raison est double : coincé entre les Andes et la chaîne côtière chilienne, elle voit son climat influencé par l'inversion créée par le courant froid de Humboldt et l'anticyclone du Pacifique ... c'est ainsi que la région d'Antofagasta ne reçoit qu'un millimètre de pluie par an, et que certaines stations météo situées dans l'Atacama n'ont jamais reçu une goutte d'eau.

Des scientifiques britanniques affirment que certains lits de rivière sont restés "secs" depuis 120.000 ans.

Cette région se compose de différents biotopes : bassins endoréïques salés,  salars, étendues de sable et de lave.

 

Dossier-26-2857-copie-JMM.jpg                                       El salar de Atacama  -  ©Jean-Michel Mestdagh

 

Certains endroits de l'Atacama bénéficient d'un "fog marin", connu localement sous le nom de Camanchaca, qui apporte suffisamment d'humidité pour permettre la vie d'algues, de lichens ... et de cactus.

 

 

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                            Le Salar de Atacama est entouré d'autres salars plus petits.


Situé à 70 km au sud de San Pedro, le Salar de Atacama est une immense dépression saline de 320.000 ha : elle représente le plus grand désert de sel du Chili et le troisième plus grand au monde ; il s’étire sur plus de 90 km. de long et a une largeur moyenne d’environ 40 km.. Entre les lagunes, le sol est constitué d’un enchevêtrement chaotique de concrétions salines de 20 à 50 cm. de haut et forme un relief unique qui, sous l’effet des vents de sable, prend des teintes ocre, rose et beige.

 

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                 El Salar de Atacama - lagunes et concrétions salines -  ©Jean-Michel Mestdagh


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                                             Dentelles de sel  -  ©Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-2811-copie-JMM.jpg    Sur ces étendues salées, la vie se résume à des espèces halophiles, ressemblant à notre salicorne -  ©Jean-Michel Mestdagh


Un salar est un désert de sel, généralement un lac asséché présentant une grande surface plate recouverte d’une épaisse couche de sels divers, principalement du chlorure de soude , mais aussi des sels de lithium (27% des réserves mondiales de lithium) … ressource minérale de premier ordre - pensez à vos batteries -, et exploitée par la Societad Quimica Minera de Chile s.a.

 

Dossier-26 3191 atacama JMMLe sel du Salar provient de la dissolution du sel présent dans le sol et qui découle des eaux de pluies, du dégel et des rivières qui sont entraînés depuis les volcans environnants jusqu’au Salar.  L’eau s’évapore ensuite et le sel transporté alors par ces eaux s’accumule pour former le Salar.

 

ISS022-E-12224-Atacama.jpgSalar de Atacama - les bassins d'évaporation et, à gauche de la photo, la cordillera de la Sal - cliché de la Station spatiale internationale / Nasa. (correspond à la zone centrale du schéma ci-dessus)

 

En 2008, la SQM a augmenté sa production de carbonate de lithium, la passant à 48.000 tonnes/an, ce qui implique l’accession à des zones du Salar où la concentration en lithium est plus faible et qui accroît la quantité de ressources nécessaires pour une production de lithium moins importante. Le passage de la production à 100.000 t/an impliquerait une augmentation de la zone d’exploitation incluant de nouveaux puits de pompage, tuyaux et bassins d’évaporation. En effet, creuser plus profond ne sert à rien car la concentration en lithium chute de manière exponentielle avec la profondeur. Au delà de 35 m de profondeur dans le Salar de Atacama, il n’y a plus de lithium et la seule manière d'accroître la production est d’étendre la surface d’exploitation. Les atteintes subies par cet écosystème unique seraient importantes.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Sur la route en direction du désert et des salars de l'Atacama, se dresse un "fameux lascar" fort actif ... le volcan du même nom.

 

Le Lascar est un volcan composite constitué de deux cônes irréguliers et tronqués, avec cinq cratères nichés et alignés ESE-ONO ; on a grosso modo deux centres : à l’ouest, le cône éteint et à l’est, le cône actif. Un vieux stratovolcan, l’Aguas Calientes (ou Simbad volcano) est situé à 5 km. du Lascar.

 

Lascar-vu-du-Chaxas-lagoon---Aguas-Calientes--simbad--au-fo.jpgAu centre, le volcan Lascar vu de Chaxas lagoon et en arrière-plan, à droite, l'Aguas Calientes - photo G.Prins.

 

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Image Aster en fausses couleurs des jumeaux : à gauche, le Lascar et ses cratères multiples; sur son flanc ouest des coulées de laves proéminentes - à droite, l'Aguas Caliente, et son cratère circulaire contenant un lac. (voir la carte ci-dessous).

 

LascarFlow.jpg   Lascar - Les coulées de 1993 recouvertes de dépôts pyroclastiques vues du bas - photo geo.utexas.edu

 

 

En 1993, un épisode éruptif, considéré comme le plus grand historiquement parlant à cet endroit - de VEI 4 -, fut marquée par une phase d’éruptions vulcanienne de plusieurs heures, suivie par des Er-plinienne-Lascar-1993---Durham-univ-jpgéruptions pliniennes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de poussières ; une coulée pyroclastique a parcouru 8.500 m. à partir du sommet. Le panache, qui a atteint 24.000 mètres, s’est étendu  vers le SSE, couvrant de cendres une surface de 850.000 km² et atteignant l’Argentine, le sud du Paraguay, l’Uruguay et le sud du Brésil. Photo de la colonne plinienne / Durnham university.

 

Comparez la hauteur du panache à celle du volcan (5.592 m.)

 

Lascar 93                      Distribution des coulées pyroclastiques 1993 - doc. Sernageomin

(1) 19-20 April pumiceous pyroclastic-flow deposits, (2) 19-20 April undifferentiated pyroclastic material, (3) Previous lava flows partially covered by pyroclastic-flow deposits, (4) Pliocene welded ignimbrites, (5) Miocene to Pliocene domes, (6) the new lava dome, and (7) arrows indicating lava flows.

 

Lascar1993-G.jpg

                 Lascar : La colonne éruptive de 1993 - photo archives cgd.ucar.edu

 

Lascar-er.20.07.00.jpg                              Lascar - le panache éruptif le 20 juillet 2000 - photo R.Pankhurst.

 

lascar-07.2000-CBI.jpgLe 20 juillet 2000, une courte éruption produit un panache imposant ; repéré par le VAAC Washington, le panache a voyagé à plus de 130 km/h. et atteint une altitude de 10-13 km. et une largeur de 103 km. avant de s'étendre sur le nord chili, la Bolivie, le nord de l'Argentine et une partie du Paraguay. Le panache dérivant - 07.2000 - photo CBI.

 


Le 4 mai 2005, une éruption phréato-vulcanienne a produit une colonne éruptive de 11.000 mètres.

Les éruptions de 2006-2007 furent caractérisées par une phase préliminaire de 5 jours, dont les effets furent visibles à 220 km., à la mine de cuivre d’El Abra ; en mai 2007, un panache a atteint l’altitude de 9.100 mètres.


Le volcan Lascar est peu équipé d’instruments de mesures, malgré son activité. Depuis peu, on utilise la surveillance de ce volcan par satellite, et la méthode InSAR – interférométrie radar - de surveillance des déformations , et l’ATSR – Along Track Scanning Radiometer – méthode de monitoring de l’activité effusive par mesures de radiance infrarouge. Cette dernière méthode a montré que certaines éruptions du Lascar étaient précédées par une diminution significative des émissions thermiques (refroidissement du dôme, diminution des flux gazeux).

 

Lascar-radiance-84-92.png

                   Radiance spectrale ATSR du dôme du Lascar entre 1985 et 1992 - in GVP

 

C’est ainsi qu’on a mis en corrélation la magnitude de l’éruption de 1993 et le laps de temps entre l’apparent collapsus du dôme : 10 mois. Le collapsus du dôme, mis en évidence par le méthode ATSR six mois avant fut vérifié par une visite du sommet en novembre 1992. Après avril 93, la radiance infra-rouge tomba à zéro, signe de la destruction du dôme consécutive à l’éruption. La rapide croissance d’un nouveau dôme fut à la fois remarquée par le signal thermique et l’observation directe par un survol du sommet. En octobre-novembre 1993 et avril 94-mai 95, deux autres périodes significatives de signaux de croissance / collapsus furent suivis de fortes éruptions explosives, avec des panaches montant entre 4 et 10 km.

 

Lascar-4-AVE.JPG

 

Lascar-6-AVE.JPG                   Les sommets du volcan ... " un sacré lascar" !  photos © Antony Van Eeten

 

Lascar-fumant---atacama95.jpg              Lascar - le cratère actif et ses fumerolles - photo G.Hüdepohl /atacama.com

 

Une dernière toute récente, prise durant l'hiver austral, en juillet 2011 :


Dossier-26-3344-Lascar-JMM.jpg          © Jean-Michel Mestdagh

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Lascar

- Segemar - Servicio Geologico Minero Argentino - photo Aster - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le navire Ramon Margalef est arrivé le dimanche 23 octobre à El Hierro.

Jusqu'à présent en phase de test, sa première mise en oeuvre a pour objectif l'étude de l'activité volcanique de l'archipel et ses conséquences sur les fonds marins et l'écosystème, à l'aide du Liropus, un ROV capable d'observations et de prélèvements jusqu'à 2.000 mètres de profondeur.

 

1--photo-ss-mar.-Cedida.JPG           Première image de la zone de l'éruption de El Hierro - photo Cedida / europapress.es

 

Une équipe de l'Institut espagnol d'Océanographie a localisé et cartographié les foyers de l'éruption sous-marine.

Le volcan a une forme conique, d'un diamètre basal de 700 mètres, une hauteur de 100 mètres et un cratère large de 120 mètres.

La base du cratère se trouve à 300 mètres de profondeur.

Des écho-sondeurs haute fréquence ont permis de localiser des colonnes de gaz et fluides émis par le volcan et d'autres points d'émission fissuraux.

 

modèle 18.10.2011 - Volc.de Canarias

 

 

 

On peut ainsi valider le schéma de "Volcanes de Canarias" paru il y a quelques jours !

 

 

 

 

 

 

Une belle photo du 23 octobre par Rapideye montre la zone d'extrusion de matéraux plus brune et l'extension de la tache verte.

 

L'activité sismique se maintient à un niveau modéré et des séismes de magnitude comprise entre 0,8 et 2,7 et une profondeur moyenne de 20-23 km. , localisés pour la plupart au NO de l'île. Le nombre de séismes est variable : le 23.10 :65 - le 24.10 : 42 - le 25.10 à 13h.15 : 14.

Le nombre total de séismes depuis le 19 juillet se monte à plus de 10.330.

 

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histograma_HIERRO_25.10.2011.jpg                Localisation - nombre et magnitude des séismes sur El Hierro au 25.10.2011 - doc. IGN

 

  Sources :

- AVCAN & IGN

- Europapress : El bulque Ramon Margalef lacaliza los focos de l erupcion del volcan submarino en El Hierro. -  link

- RapidEye - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Avant d'aborder les volcans du Nord Chili et de Bolivie, il convient de replacer ceux-ci dans le contexte général andin ; ils font partie de la zone volcanique centrale.

 

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Ce volcanisme est causé par la subduction de la plaque Nazca sous la plaque sud-américaine, caractérisée par une vitesse rapide de 7à 9 cm. par an. Le pendage de la plaque Nazca est faible et la fosse Pérou-Chili relativement peu profonde, en comparaison avec la situation tectonique des Iles Mariannes.

 

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En remontant du sud de la CVZ vers le nord, on ne peut louper le volcan Llullaillaco, situé dans la Puna de Atacama à la frontière entre le Chili et l'Argentine.

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         Le Llullaillaco - l'échelle est donnée par les voitures à gache du lac - photo photoway.com


Bien que restant inaccessible à la plupart d'entre nous, il mérite d'être cité comme le plus haut volcan historiquement actif au monde : 6.739 mètres.

Le Llullaillaco s'est formé en deux grandes étapes :

- le vieux volcan - Llullaillaco I - est formé d'un large cône, fait de différentes coulées dacitiques épaisses. Sa partie supérieure s'est effondrée, il y a 150.000 ans, en produisant une avalanche de débris majeure vers l'est, s'étendant jusqu'en Argentine et entourant le cône du Cerro Rosado distant de 17 km.

Ces dépôts d'avalanche couvrent 165 km²; en raison d'un climat extrêmement aride et la quasi absence d'érosion, ils sont bien préservés.

- l'actuel volcan - le Llullaillaco II - commence à s'établir, il y a 10.000 ans au sommet de l'ancien édifice, constitué principalement de dômes de dacite et de coulées de lave.

Son activité historique se résume en petites éruptions explosives et une petite coulée de lave courant 19° siècle.

 

Llullailluco--09.12.2009-ISS022-E-008285.jpgAstronaut photograph ISS022-E-8285 was acquired on December 9, 2009, with a Nikon D2Xs digital camera using an 800mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 22 crew.

 

Une photo, prise par l'équipage 22 de la station spatiale internationale en 2009, permet d'analyser ces importantes coulées :

- on trouve d'une part des structures en soufflet d'accordéon : les laves fortement visqueuses se sont écoulées lentement , et  le dessus de la coulée s'est refroidi en formant une série de crêtes parallèles, orientées à 90° par rapport à la direction de la coulée.

- D'autre part, on retrouve des "digues de flux" (flow levees) formées lorsque les côtés de al coulée sont plus rapides que le centre de celle-ci, formant une structure avec des parois.

 

L'autre centre d'intérêt du Llullaillaco vient des momies retrouvées à proximité du sommet !

En 1983-85, l'archéologue américain J.Reinhard découvre des restes incas sur les pentes supérieures du volcan; en 1999,  une équipe internationale financée par le National Geographic, composée de quatorze chercheurs, aguerris aux techniques d'escalade et de résistance à l'altitude, se déploie sur les flancs et découvre trois momies et une centaine d'objets, textiles, statues d'or et d'argent, poteries. Les "enfants du Llullaillaco", un garçon et deux fillettes, âgés entre 6 et 14 ans, sont retrouvés dans un état exceptionnel de conservation du au froid extrême, conjugué à l'hypoxie et un environnement aride. Ces momies constituent un témoignage unique au monde d'un empire disparu il y a moins de cinq siècles. Entourées de glace, les corps sont transportés dans la proche ville argentine de Salta.

 

surrounded-by-three-scientists.jpg              "La Doncella" entourée et soignée par trois spécialistes - doc. MAAM lab. Museum


"Victimes" du rite de la Capacocha, qui s'accomplissait de façon cyclique, pour obtenir les faveurs des dieux, en leur offrant la vie d'enfants. Sélectionnés pour leur perfection physique parmi les classes dominantes, ceux-ci étaient amenés jusqu'à Cuzco et reçus par l'Inca, puis acheminés jusqu'au lieu du sacrifice. L'anthropologue G. Recagno explique : " Dans les régions assujetties se déplaçait un représentant de l'Inca avec un enfant qui allait se transformer en un dieu : il ne mourrait pas et allait pouvoir surveiller tout ce territoire du haut de la montagne. Il devenait un gardien du territoire, un être divinisé. Un système très bien rodé pour, à travers la religion, et la peur, exercer une politique de domination à travers les sacrifices . Au sommet, on endormait les enfants, par ailleurs épuisés par une marche de 1.600 kilomètres, avec de “la chicha”, un alcool de maïs et sous l'effet du froid, de la basse pression, ils s'endormaient jusqu'à mourir d'hypothermie."

Les corps seront préservés au MAAM - le musée d'archéologie de haute montagne - par un système avancé de cryogénie , en étant maintenus dans des capsules de verre avec un contrôle permanent de l'atmosphère qui les entoure : température, humidité, pression, composition de l'air.


llullaillaco1.jpg"La Doncella" est présentée au MAAM, dans un environnement adéquat -  doc. MAAM lab. Museum/ AP


Comme on pouvait l’imaginer, l’enthousiasme des chercheurs est bien loin de faire l’unanimité. Dans cette région andine où une bonne partie de la population a des ascendants indigènes, la nouvelle suscite de vives protestations, notamment de la communauté Kolla.

Miguel Siares, dirigeant de la communauté indienne Kollas Unidos, précise ces critiques :

« En tant que Kollas, nous avons été très meurtris. Nous considérions ces enfants comme vivants, protégés dans le ventre de notre Pachamama (nom inca de la Mère Terre). Notre demande est qu’ils reviennent sur la Puna, là où ils reposaient depuis des siècles et non en centre-ville. »

Les « enfants du LLullaillaco » devraient-ils continuer de reposer à la cime du volcan ou leur valeur pour la recherche scientifique justifie-t-elle amplement leur exposition aujourd’hui à Salta ?

Cette polémique s'ajoute à une autre concernant la conservation des momies, qui se dégradent lentement.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Llullaillaco

- Rue89 - Sur le volcan, les corps intacts de trois enfants incas - link

- MAAM - Musée archéologique de haute montagne - link

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