Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


A partir de 10h 45 environ, des villageois signalent des énormes bulles se formant en mer ... ce phénomène est  visible depuis la route de Restingua, devenue point de contrôle de la Garde civile, et se forme sur une base cyclique tous les 15 à 20 minutes.

Ces grosses bulles sont liées à des émanations plus fortes de gaz.

 

bulle-16.10.2011---Rafael-Avero---La-Provincia.es.jpgEl Hierro - émission de grosses bulles de gaz  au large de La Restingua, à proximité de la zone décolorée - Photo Rafael Avero - La Provincia.es

 

16.10.2011-tremor-10h.jpg  Trémor ce 16.10.2011 à 11h10 - remarquez le pic à 10h53 et 06h45 (moins visible) -  doc. IGN

 

Les fluctuations du trémor peuvent indiquer des explosions en relation avec une progression vers la surface, vers la profondeur moins 100 mètres.


 

Ce type d'activité fait référence à l'éruption sous-marine au large de Terceira, dans l'archipel des Açores, en 1998-2000, et a été analysé par la SVE - société volcanologique Européenne.

 

Le 18 décembre 1998, des pêcheurs de Terceira alertent les autorités : une "colonne de fumée blanche" sort de l'océan à 9 km. au NO. du phare de Serreta. Le point d'émission, situé à une profondeur de 500 mètres, est proche du banc de Serreta, où une éruption sous-marine a eu lieu en 1867.

 

Terceira-Acores---CVUA.png

 

 

Localisation des blocs flottants et des bulles marquant l'éruption de Serrata, au large de Terceira ( croix : janvier 1999 - triangles : février 1999 - rectangle : mars 1999.

la localisation des éruptions de 1867 : cercles noirs.

Courtesy of the Center of Volcanology of the Azores University (CVUA).

 

 

 

Ce volcan, appelé volcan océanique Serreta, fut actif jusqu'à mars 2.000, le long de failles orientées NE-SO. et NO-SE., affectant une surface de plusieurs km².

L'activité volcanique a été discontinue, alternant de petites périodes calmes d'émission de bulles et d'autres caractérisées par des blocs de pillow basalte fumants, et marquée par une "migration des évents".

L'émission persistante de laves en coussin vésiculaires flottants  - lava balloons - parfois remplis d'une lave fluide et explosant en arrivant en surface avant de couler après quelques minutes est un évènement inhabituel !

 

terceira-1999-lava-baloons.jpgDes  "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta flottent à la surface et produisent de la vapeur blanche -  courtesy of CVUA - 1999.

 

Cette éruption impliquait un magma basaltique riche en gaz ; des analyses chimiques opérées par le Nordic Volcanological Institute confirme que ce sont des basaltes alcalins, de composition définie aux basaltes des Açores.

La pétrographie révèle des phénocristaux de pyroxène, d'olivine et de feldspath dans une masse vitreuse contenant des microlithes incluant des oxydes.

L'éruption a été définie comme étant de type serretyan, un type précédent les éruptions surtseyennes ou de type Capelinos.


 

 

L'éruption sous-marine de El Hierro, en cours, va-t-elle suivre le même chemin et rester sous-marine ... ou aboutir au stade terminal surtseyen ?

 

Le PEVOLCA tenait à 13h. une réunion à El Pinar; Celle-ci a débouché sur deux décisions importantes pour les habitants d'El Hierro:

- la réouverture dans les 24 h. du tunnel Los Roquillos, important pour les déplacements des gens vivant à l'ouest de l'île.

- le permission, sous strictes conditions, de retour chez eux pour les évacués de La Restingua ... qui fait suite à l'installation d'hydrophones, dont les écoutes permettront de décider d'une évacuation "immédiate".

 

Le village et le port de La Restingua - zone rouge évacuée et proche du point de l'éruption sous-marine.La-Restinga-El-Hierro-250511--3--La-Restingua.jpg

Sources :

 

- Global volcanism Program - Terceira - Centre of Volcanology of the Azores University (CVUA), Departamento de Geociencias - link

- SVE - mission Serreta octobre 2000

- AVCAN - IGN - PEVOLCA / Gobierno de canarias

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Actualité en décalage, pour cause de réunion L.A.V.E.-Belgique hier après-midi, ce qui m'a fait raté l'épisode éruptif de ce samedi.

 

Canary_Islands-copie-Nasa-Modis-15.10.jpg                       Canary Islands Subset - Nasa Aqua Modis 250m True Color 15.10.2011/288

 

Une éruption de type fissural sous-marine a eu lieu ce 15.10,en début d'après-midi; elle s'est accompagnée d'un changement  de coloration en surface et de l'émission de ponces fumantes en suspension et de bulles de gaz. La "tête" d'émission présente un aspect plus ombre et turbulent.

Le siège de l'éruption a été localisé à 2.400 m de la côte et seulement 150 m. de profondeur.

 

piroclasto_mar_IGN_CSIC_20111215--1--1-.jpgLes émissions de ponces flottantes et fumantes, et les turbulences d'une zone marine plus foncée, témoignent d'une éruption sous-marine peu profonde - doc.réalisé lors d'un survol en hélico par des membres de l'IGN & CSIC ce 15.10.2011.

 

Les scienifiques de l'IGN et du CSIC ont confirmé dans l'après-midi un processus éruptif de type surtseyen, typiquement composé de quatre phases:

- 1. expulsion de bulles de gaz et de lave

- 2. colonne de vapeur blanche

- 3. explosions e panache noir en cyprès

- 4. croissance et émersion d'une petite île, avec fontaines de lave.

 

p13gb

Nous en sommes à la première étape, et la poursuite vers les suivantes dépendra de la quantité de magma expulsée ...

 

lava-balloons---terceira-1999.jpg"Lava balloons" - Terceira / Açores 1999  -  Courtesy of the Center of Volcanology of the Azores University (CVUA). 

 

La description de "lava balloons" a été faite dans un rapport du GVP concernant une éruption à Terceira / Açores en 1999 et expliquée comme suit : des blocs de lave flottants résultent du détachement de pillow-lavas causé par la haute teneur en volatils de ces blocs. (ils peuvent également provenir de fragments de lave riche en gaz au départ de fontaine de lave ou de lac de lave sous-marin) Une fine peau de lave durcie scelle une cavité emplie de gaz, ce qui permet à cette structure de s'élever comme un ballon. Durant l'ascension, les gaz s'exsolvent et une fois en surface, l'interaction entre les blocs chauds et l'eau de mer produit de petite colonne de vapeur blanche. En même temps, durant le refroidissement, les blocs se fissurent, perdent les gaz magmatiques, puis sombrent ... lorsque de l'eau de mer froide pénètre l'intérieur de ces blocs, il peut en résulter une petite explosion qui va projeter des fragments à plusieurs mètres.


Ces évènements ont, sur terre, amené à fermer tout accès au village de La Restingua, et à suspendre le trafic aérien et maritime sur zone, forçant le navire "Profesor Ignacio Lozano" a interrompre ces prélèvements.

Le PEVOLCA ne signale pas de risques accrus pour la population, les mesures préventives d'évacuation ayant été prises.

Le Gouvernement local a fait une demande d'assistance économique et humanitaire auprès du Gouvernement central Espagnol et de la communauté Européenne à Bruxelles.

 

 

Sources :

- AVCAN, IGN, Gobierno de Canarias

- Global volcanism Program - Terceira


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu


Situées au large du Maroc, les îles Canaries connaissent un printemps éternel au point qu’elles furent longtemps baptisées les "îles Fortunées".

 

pintura_mural_cueva_pintada_ccaa.jpg_1306973099.jpg             Peinture rupestre dans le Grotte Peinte de Gáldar © Cabildo de Gran Canaria


 

Ces îles étaient alors peuplées d’aborigènes qui se donnaient eux mêmes le nom de "Guanches", terme qui signifiait "hommes", dans leur langue. Ces hommes vivaient encore à l’âge de pierre lorsque l'archipel fut re-découvert en 1402-1404 par Jean de Béthencourt, un normand travaillant pour le roi d'Espagne. Les îles avaient déjà été découvertes par les Européens pendant l'Antiquité puisque Pline l'Ancien les a décrites et leur a donné leur nom (dérivé du latin "canis", chien, en raison du grand nombre de chiens sauvages qu'elles abritaient). Elles étaient également connues des Phéniciens et des Carthaginois .

Les Guanches furent très étonnés d’apprendre vers 1400 que d’autres hommes avaient échappé au déluge qui jadis ravagea le monde. Ils se croyaient les derniers représentants de l’ancienne civilisation qu’ils avaient dû fuir, plusieurs milliers d’années en arrière, pour échapper au cataclysme... parlaient-ils du déluge, ou de la mystérieuse Atlantide ?

 

Leur aspect physique diffère sensiblement de ce que l'on est en droit de s'attendre à trouver à ces latitudes : les Guanches sont en effet décrits comme étant de race blanche, blonds aux yeux bleus et de taille plutôt élevée pour l'époque (1.80 m environ).

Leur mode de vie cavernicole et leur niveau technique, proche de celui des hommes de Cro-Magnon ont interpellé les envahisseurs. Ils ignoraient l'usage des métaux et la charrue; autre mystère : ils ne pratiquaient pas la navigation ... phénomène rare pour des îliens, que d'aucuns lient au mythe : ces descendants hypothétiques des Atlantes se seraient réfugiés sur les hauts sommets pour échapper au cataclysme et n'affrontaient plus la mer.

 

canarie-gdc-las-palmas-museecanari-venus-guanche.jpg                                                "Vénus guanche" - Musée des Canaries


Comme dans toute l'Europe néolithique, les Guanches vouaient une importance particulière à l’élément féminin, en tant que symboles de fertilité et de fécondité que personnifiait la femme. Celle-ci jouissait donc d’une place privilégiée au sein de cette communauté fortement hiérarchisée.

 

Peu armés, ils furent exterminés par les conquérants et les maladies ... ne nous reste que les découvertes faites par les archéologues ... et elles sont aussi interpellantes !

 

Les Guanches embaumaient leurs morts, pratique inhabituelle pour des hommes vivant à l'âge néolithique, caractérisé par l'inhumation des cadavres. L'existence des Guanches remonterait selon les archéologues à au moins 3.000 ans avant notre ère.

Sur l'île de Hierro, on a découvert des grottes sépulcrales où les Guanches déposaient leurs morts embaumés près d'autels pyramidaux ou tronconiques. Un millier de momies furent trouvées dans la grotte du Barranco de Herque, dans des niches.


5.jpg

                  Planche extraite du livre "La cueva de las mil momias" ( couverture ci-dessous)

 

La-cueva-de-las-mil-momias.jpgLes Guanches éviscéraient leurs cadavres à l’aide de couteaux d’obsidienne avant de les bourrer d’herbes aromatiques. Ils étaient ensuite séchés au soleil puis enveloppés dans des peaux de chèvres finement cousues à l’aide de boyaux effilés. Pour momifier leurs morts, les Guanches utilisaient également la sève du dragonnier, sorte de résine d’un rouge intense qui évoque naturellement la couleur du sang.

Les momies portent souvent une abondante chevelure rouge et sont ensevelies, couchées sur le flanc gauche, les mains jointes sur la poitrine, à la manière des momies péruviennes. Le plus souvent elles furent découvertes dans des cavernes, face au rocher, accroupies ou assises, position qui est aussi celle des momies du Mexique ou du Pérou et des premières momies égyptiennes, plutôt qu’allongées, à la manière des momies égyptiennes plus récentes. Les Guanches inhumaient également des chiens avec leurs maîtres et des poteries et autres artefacts nécessaires à la vie dans l'au delà.


Un examen de sang et de restes de viscères prélevés sur les momies Guanches a permis de mettre en valeur une caractéristique sanguine extrêmement rare : la prédominance du groupe O Rhésus négatif , inconnue parmi les populations européennes vivantes. Cette proportion se rapproche de celles remarquée chez les tribus Berbères du Haut-Atlas (80%, contre 84% à Ténérife et 95% sur Gran Canaria ). La même prédominance du rhésus négatif a été remarquée chez les Basques, peuple à l'origine toujours discutée.

 

La redécouverte de pyramides à degrés à Ténérife (dont le style est très proche des pyramides méso-américaines ) continue d'entretenir le(s) mystère(s).

 

Guimar_Bertold-Werner-_5.jpg                      Le site des pyramides de Güimar - photo Berthold Werner.


Le site de Güímar compte plusieurs pyramides à étages, avec une orientation nord-sud sur l’axe du solstice d’été. La perfection de la taille de diverses pierres d’angle comme les structures pyramidales leur confère un caractère cérémoniel, voire astronomique, puisque l’Institut d’Astrophysique des Canaries en considère le sommet comme propice à l’observation du ciel. Entre les pyramides, diverses places ou aires délimitées auraient pu servir de lieu de culte ou d’expériences sur les cultures. En effet, l’observation des mouvements de la lune et du soleil peut avoir servi à l’identification de cycles agricoles, comme semble l’étayer leur localisation près des points d’eau d’une part, et l’abondance de gravures rupestres attenant aux astres comme au cosmos d’autre part.

 

Sources :

- La Cueva pintada de Galdar - Gran Canaria / prehistoria - link

- La Cueva de las mil Momias - link

- vidéo sur la Cuevas de las mil momias (commentaires en espagnol):

                             http://www.youtube.com/watch?v=QKcaEeQQre0

- Piramides de Güimar - Link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Alors qu'on croyait l'éruption "fixée" au SSO. d'El Hierro, les derniers séismes de ce 14.10.2011 ont eu lieu au nord-ouest de Frontera, toujours en mer ...mais de l'autre côté de l'île.

 

Evento Fecha Hora(GMT)* Latitud  Longitud  Prof.
(km)
Int. Máx. Mag. Tipo Mag. (**) Localización Info
1105537 14/10/2011 13:24:35 27.8259 -18.0788 22   1.6 4 NW FRONTERA.IHI [+]
1105536 14/10/2011 13:20:42 27.7963 -18.0597 23   1.9 4 NW FRONTERA.IHI [+]
1105439 14/10/2011 08:55:16 27.6732 -18.0369 13   2.6 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1105436 14/10/2011 08:10:17 27.6679 -18.0387 18   1.9 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1105435 14/10/2011 08:05:16 27.6717 -18.0402 19   2.2 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1105291 14/10/2011 00:51:24 27.6931 -18.0703 17   1.7 4 W EL PINAR.IHI [+]

 

  AVCAN1445-14.10.2011.jpgSéismes du 14.10 , en vert (10) - du 13.10, en rose (15) - du 12.10, en jaune (11) - du 11.10n en bleu (8) - -

Doc.AVCAN.

 CHIE_2011-10-14-tremor.jpg                         Trémor station CHIE - 14.10.2011 - doc.IGN

Le trémor se maintient à un niveau stable.

 

Côté Restingua, le navire "Profesor Ignacio Lozano"est attendu pour différentes analyses sur le spot éruptif. Ce navire n'est pas équipé de ROV.

Sous réserve, le récent navire de l'Institut Espagnol d'océanographie, le "Ramon Margalef", équipé lui du ROV "Liropus 2000" capable d'atteindre moins 2.000 mètres, devrait quitter Vigo pour arriver sur zone mardi; à son bord, les équipes scientifiques se composent de géologues, de biologistes et physiciens. (source : earthquake-report. com)

 

el_hierro_20111013_2---Rapideye-copie.jpg                                    Image satellite du 13.10.2011 - "Copyright © RapidEye"

 

 

 

 

 

Des scientifiques du FCIS précisent, concernant la tache visible sur l'eau, que "la fissure doit être à une profondeur voisine de 200 mètres, puisque la coloration a été observée entre 100 et 500 mètres". (intervieuw de R.Ortiz - CSIC / Centro Superior de Investigaciones Científicas - à NDC / Noticias de Canarias.)

Avec une colonne d'eau surmontante plus importante, une éruption sous-marine ne laisse pas de traces, par contre avec une profondeur moindre de l'ordre de 40 à 60 mètres, l'éruption pourrait devenir plus explosive.

 

p13gb.jpgSchéma des manifestations sous-marines et en surface, selon la profondeur relative de la bouche éruptive - doc. profil éruptif interprétatif Forjaz 1999.
 

 

Sources :

- AVCAN

- IGN

- Earthquake-report

- RapidEye.net

- NDC

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Canary_Islands.2011286.terra.jpg

Image du satellite Terra /Modis - au sud de El hierro, la trace verte, dérivant sous l'action des courants marins en direction sud-ouest, témoigne de l'éruption sous-marine  - doc. Nasa 13.10.2011

 

 

 

      

 

 

La trace verte, laissée par le phénomène éruptif sous-marin hier, est passée à une teinte plus terreuse au matin du 13 octobre.

 

13.10.2011-Guardia-civil.jpg

Tache laissée par l'éruption sous-marine , ce 13.10.2011 - photo par un hélicoptère de la Guardia Civil.

 

L'activité sismique continue, avec des séismes de magnitude comprise entre 1,7 et 2,1 et profondeur entre 13,3 et 19,6 km. d'une part , et d'autre part du trémor harmonique avec des variations.

 

Un document intéressant de l'AVCAN, concernant le tracé du trémor du 10.10 à ce jour, montre diverses étapes : montée en puissance, saturation du sismogramme, arrêt net hier vers 14h.30, reprise de moindre intensité avec fluctuations. Les nuances de bleu, jaune et rouge renseignent aussi sur l'intensité des tremblements.

 

trémor de 4 jours 13.10.2011 Avcan                                                           doc. synthétique AVCAN ( au 13.10.2011)

 

 

 

Evento Fecha Hora Lat Lon Prof Int Magn. Localización Zona AVCAN
1104937 13/10/2011 06:58:53 27.6725 -18.0221 11.7 2.1 SW EL PINAR.IHI El Hierro
1104921 13/10/2011 05:19:23 27.6674 -18.0245 13.3 1.6 SW EL PINAR.IHI El Hierro
1104910 13/10/2011 04:10:36 27.6471 -18.1144 19.4 1.7 SW EL PINAR.IHI
1104895 13/10/2011 03:38:29 27.7140 -18.0522 19.6 1.7 SW FRONTERA.IHI El Hierro
1104894 13/10/2011 03:19:31 27.7181 -18.0671 19 1.6 SW FRONTERA.IHI El Hierro
1104846 13/10/2011 02:23:30 27.6963 -18.0548 17.2 2.1 W EL PINAR.IHI El Hierro
1104845 13/10/2011 02:04:11 27.6592 -18.0732 15.7 1.7 SW EL PINAR.IHI El Hierro
1104844 13/10/2011 01:47:05 27.6638 -18.0347 16.1 1.9 SW EL PINAR.IHI El Hierro
1104843 12/10/2011 23:04:52 27.6912 -18.0590 17.2 1.7 W EL PINAR.IHI El Hierro
1104820 12/10/2011 17:21:58 27.7041 -18.0531 15.2 1.9 W EL PINAR.IHI El Hierro

 

13.10.2011---ultimo_El-Hierro.JPG

Localisation des séismes du jour - la Magnitude la plus forte est entourée en vert - doc. AVCAN 13.10.2011


Etant donné la présence du bateau poseur de cables français "Léon Thevenin", en campagne d'inspection pour Telefonica et ancré à Ténérife, un espoir de voir pratiquer un examen sous-marin par le ROV qui est à son bord a fait s'ouvrir des négociations entre France télécom, Portugal telecom et Telefonica ... celles-ci ont malheureusement capotées, au grand regret des scientifiques.

 

La direction de la Protection Civile a édité un document intéressant et complet sur les risques volcaniques ... à consulter ! 

 

Sources :

- AVCAN & IGN

- France Télécom - cableship Léon Thévenin - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Ces photographes qui nous enchantent

On ne peux séparer les membres de cette équipe de son site web déjà ancien - ils le qualifient eux-mêmes de "dinosaure des sites sur les volcans " - et du but qu'ils se sont fixé lors de son démarrage dans les années 90.

 

Le premier but de leur projet était, et est toujours, d'enrichir et de stimuler l'enseignement des sciences naturelles par la présentation d'images, de films, de données, de matériels d'éducation en relation avec les volcans.

 

intro-SOL.jpgPage d'introduction sur le Stromboli, qui a donné son nom au site web et au projet. - doc. Stromboli on line, avec la permission de Marco Fulle.

 

L'équipe :

 

Jurg-Alean---SOL.jpgJürg Alean a étudié la géographie et enseigne ce sujet passionnant et important au collège de Bülach près de Zurich.
En 1984, il a obtenu son doctorat à l'EPF de Zurich avec une étude sur les avalanches de glace des glaciers escarpés, et il est co-auteur de plusieurs livres sur la glaciologie. De plus, il aime aussi les volcans.  

 

Il a fondé en 1995, avec Roberto Carniel, le site " Stromboli on line" - SOL pour la facilité -, qui a été intégré depuis 2000 dans "SwissEduc", dont il est toujours le président.

 

roberto-carniel.jpgLe Dr. Roberto Carniel est chercheur en géophysique et membre d'un groupe de recherche en sismologie de l'université italienne d'Udine. Il est secrétaire d'un groupe de travail intitulé " Phénomènes sismiques associés à l'activité volcanique"  au sein de la Commission sismologique européenne depuis 1997, qui se réunit chaque année sur un volcan différent.

 

En 1997, le Dr. Marco Fulle, physicien spécialisé dans l'étude des comètes Marco-Fulle.jpget astronome à l'Observatoire astronomique de Trieste, se joint à l'équipe, et partage depuis son temps entre le ciel et les volcans.

En 2004, il a publié "Vulcani di Luce" - volcans de lumière - un livre illustré sur le sujet.

En tant qu'astronome, il a été sélectionné pour une mission à la station spatiale internationale / mission Colombus / laboratoire de l'ESA.;

il est impliqué dans un projet de l'ESA, baptisé Rosetta : l'engin spatial,  lâché en 2004, devrait rencontrer une comète en 2014.

 

Je ne saurais citer tous les collaborateurs de Stromboli on Line ... vous les retrouverez sur le site.


 

marco_astronaut-SOL.jpgMarco Fulle, engoncé dans sa tenue d'astronaute, avant d'être plongé dans la piscine - doc. SOL / ESA.

 

 

Bien que le site SOL ait une attention toute spéciale pour le Stromboli et l'Etna, il couvre aussi d'autres volcans partout sur la planète : de l'Alaska à l'Indonésie, du Kamchatka à l'Afrique centrale.

La datation précise et la classification des photos marquent bien la vocation éducative du site.

 

Etna-16.12.2002-Rifugio-sapienza.jpgEtna 16.12.2002 / 22 h. ... c'en est fini pour le Rifugio Sapienza - doc. Stromboli on line, avec la permission de Marco Fulle. 

 

krakatau_fulle13.07.2009.jpgAnak Krakatau en juillet 2009 - courtesy of Marco Fulle - sélectionnée comme "Astronomy Picture o the day"

 

MF-Astronomy-picture-of-the-day-19.04.2010.jpgEclairs dans le panache éruptif de l'Eyjafjallajökull, le 19.04.2010 - courtesy of Marco Fulle - sélectionnée comme "Astronomy Picture o the day"

 

Marco-Fulle1.jpg        Aurore boréale à Nesjavellir / Iceland en septembre 2007 -  photo Marco Fulle / Spaceweather 

                                  (Fuji finepix , ISO 800, Nikkor fisheye lens f=10.5mm, f/2.8, 30sec exp)

 

Toutes les photos sont de "Stromboli on line" - un clic sur la photo vous mène à la page SOL du volcan correspondant ; merci à Marco Fulle pour son autorisation de diffusion.

 

 

Sources :

- Swisseduc.ch  - link

- Stromboli on line - Volcanoes of the world - link

copertina-vulcani-di-luce.jpg

 

 

 

 

 

 

- Vulcani di Luce - par M.Fulle, éd. rebus.

Ce livre est édité en deux versions : italien/anglais et allemand/français.

29 € port compris sur SOL

 


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Un rapport de l'AVCAN (256- 12.10.2011 / 22:00h) signale une activité sismique élevée, avec des séismes - dont liste ci-dessous - et un signal de trémor important, bien qu'il ait chuté de façon spectaculaire à partir de 14h30.

Un total de 10.022 séismes sous El Hierro a été comptabilisé depuis le 19 juillet - 9h00.

 

CHIE_2011-10-12----20h.jpgSismogramme du trémor enregistré par la station CHIE ce 12.10.2011 / 20h. - notez une chute du niveau du trémor vers 14h30, qui devient "lisible" à partir de ce moment. - doc. IGN

 

CHIE_2011-10-12_14-15_tremor.jpg                                                Trémor en baisse à 14h30 - doc. IGN

 

D'autre part, le PEVOLCA a confirmé, au cours d'une conférence de presse, un processus éruptif accompagné, en deux positions marines distinctes, d'apparition de poissons morts et d'une forte odeur de soufre.

On parle de trois bouches éruptives dans "le secteur Restingua" :

- une bouche éruptive à 5,5 à 7 miles et une profondeur de 970-1.000 mètres

- une autre à 2,5 à 2 miles et 700 m. de profondeur

- et enfin une bouche située à 1,5-1 miles et 500 m. de profondeur.

(pas d'heure d'ouverture de ces bouches)

 

Si ces renseignements s'avèrent exacts, il y aurait de nouvelles voies en cours d'ouverture pour le magma, avec une approche de la côte de l'île ... ce qui justifie l'alerte rouge sur la zone.



Eventos_HIERRO_2011-12.10.2011-18h36.jpg
        Situation des séismes actualisée au 12.10.2011 - 18h.36 - le dernier séisme à 17h21. sous l'île.


Liste des séismes du 12.10.2011 - Instituto Geografico Nacional.

 

Evento Fecha Hora(GMT)* Latitud  Longitud  Prof.
(km)
Int. Máx. Mag. Tipo Mag. (**) Localización Info
1104820 12/10/2011 17:21:58 27.7041 -18.0531 15   1.9 4 W EL PINAR.IHI [+]
1104804 12/10/2011 15:56:56 27.6653 -18.0378 16   1.5 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1104813 12/10/2011 15:43:28 27.6962 -18.0551 15   1.8 4 W EL PINAR.IHI [+]
1104799 12/10/2011 12:27:24 27.6665 -18.0238 13   2.6 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1104764 12/10/2011 08:41:41 27.6154 -18.0264 14   2.6 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1104763 12/10/2011 07:06:57 27.6485 -18.0835 18   2.2 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1104762 12/10/2011 05:04:11 27.5822 -18.0199 10   1.9 4 SW EL PINAR.IHI [+]
1104761 12/10/2011 04:55:40 27.7550 -17.9908 20   1.6 4 E FRONTERA.IHI [+]
1104760 12/10/2011 04:30:51 27.7232 -18.1350 23   1.8 4 W FRONTERA.IHI [+]
1104742 12/10/2011 02:33:09 27.7091 -18.0662 18   2.4 4 SW FRONTERA.IHI [+]

 

 

Sources :

- AVCAN

- IGN

- El Mundo.es - Detectan dos eruptiones submarinas in El Hierro - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ce 11 octobre, la journée a surtout été marquée par le trémor. Parmi les séismes, quatre sont relevés sur l’île, dont un de M 2,3 à 6h02 sur Tanganosoga (ouest de Frontera), l’autre de M 1,7 sur El Julan. Tous les séismes ont un hypocentre compris entre 12 et 18 km. de profondeur.

 

 

AVCAN1363-11.10.2011-18-h-jpg

SISMOS DÍA 11 OCT. - Azul (6) - SISMOS DÍA 10 OCT. - Rojo (31) sismos 0-5km en Naranja (4) - SISMOS DÍA 09 OCT. - Verde (69) sismos 0-5km en Verde claro (37) - doc. AVCAN

 


CHIE_2011-10-11-17h-jpg

Saturation des sismogrammes par le trémor, avec chevauchement rendant la lecture impossible - doc. IGN

CHIE 2011-10-11 09-10 sp                                         Trémor 11.10.2011 / 9h10 UTC - doc. IGN

 

CHIE 2011-10-11 sp 16h.                                      Le trémor sature en milieu de journée  - doc. IGN

 

Bien que le sismogramme de la station CHIE soit illisible (sursaturé) dans sa partie supérieure, sa partie inférieure montre des lignes verticales jaunes, signes de microséismes accompagnant les tremblements majeurs … et attribuable à une fragmentation en sub-surface, sous-marine ou terrestre, et aux mouvements magmatiques dans la fracture.

 

 

Le gouvernement des îles Canaries a décidé, mardi à 13h51, de déplacer la population de La Restingua (pointe sud de l’île). Cette mesure est préventive et prise en raison d’une possibilité de migration du foyer éruptif vers la côte. (Canarias7)

Personne n’avait rejoint le point d’évacuation, fixé sur le terrain de football, à 14h30 … le message n‘étant vraisemblablement pas passé !

Le "semaforo volcanico" est passé au rouge pour la zone de La Restingua; il demeure au jaune pour le reste del'île.

 

Le journal El Dia a publié un dessin illustrant le phénomène éruptif et sa localisation relative (5-7 km de la côte et profondeur non fixée) ...


 

el-Dia.jpg                 Infographie de Fernando Montecruz / periodico El Dia  - via Ruben Toste

                 Localisation approximative de l'éruption sous-marine et de la zone sismique.

 

Une observation aérienne par les équipes de l'IGN - CSIC  avait permis de détecter une masse flottante de poissons morts, à une distance de 5 km. de la côte, dans la zone où s'est produit le séisme du 9 octobre (profondeur du séisme : environ 2 km.).

 

 

Sources :

- AVCAN et IGN

- Médias : Canarias7 et El Dia

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Petit rappel concernant le volcanisme de El Hierro :


   Comme le sont, dans leur ensemble, les Îles Canaries, El Hierro est une île d'origine volcanique de point chaud, d'âge géologique estimé à 1,3/1,2 millions d'années, ce qui en fait d'elle la plus « jeune » de tout l'archipel canarien.

A la différence de Lanzarote, Fuerteventura, et Gran Canaria, cataloguées en troisième phase de leur création, de La Gomera considérée être dans leur seconde phase, El Hierro, La Palma et Tenerife sont toujours classifiée en stade "bouclier". Quand le diapir  mantellique est remonté sous forme de panache et a commencé à faire fondre, par décompression, vers une profondeur de l'ordre de 100 kilomètres, générant un magma basaltique qui, dès qu'il est en proportion suffisante, traverse la lithosphère jusqu'à la percer, il s'est créé une brèche, en forme de « Y », engendrant la formation d'un volcan-bouclier.


  Carracedo199803

Ages et stades de développement des îles volcaniques de l'archipel des Canaries - doc. from  Hotspot volcanism close to a passive continental margin - J.C. Carracedo & al. 1998

 

La phase la plus active de la formation de l'île se situe aux prémices de l'Holocène, vers 10.000 avant Jésus Christ et les éruptions les plus récentes se sont succédées entre 4.790 avant l’ère chrétienne et 1793 :

- en 4790 BC(5) incertaine ;

- en 950 BC ± 150 ans, éruption explosive et coulées de lave, sur le flanc Est, « Soliman » ;

- en 550 BC ± 75 ans, éruption effusive et coulées de lave, dans un évent central, « Montañas Chamuscada et Entremontañas » ;

- en 1677 incertaine et en 1692 incertaine ;

- et, malgré une incertitude en entourant le rapport historique, en 1793, éruption effusive consécutive à un séisme majeur de magnitude estimée supérieure à 6.0, indice d'explosivité volcanique 0, fissure radiale Rift Nord-Ouest, « Volcan de Lomo Negro », dans le secteur de la « Playa Verodal. »

 


acreti2.jpg         Lignes de fracturex et Bombement du socle commun aux deux archipels Canarien et Capverdien.

 

 

  Résumé de la situation actuelle :


Après la confusion qui a marqué la journée et la soirée du 10 octobre, soit par manque de précisions concernant le phénomène, soit à cause de blocages dus à des "frictions" scientifico-politiques, on peut remarquer :

- que le nombre de séismes est en diminution depuis le 08.10.

           (08.10 : 101 séismes - 09.10 : 69 - 10.10 : 25)

- que le trémor apparu le 10.10, à 4h.18, est en augmentation, tant en amplitude qu'en force.

Seules des observations sous-marines pourraient nous donner un aperçu sur l'ouverture possible de nouvelles fissures ...

- que le gouvernement des Canaries affirme qu'une éruption sous-marine est en cours, à 5 km. de la côte sud de El Hierro, et grande profondeur, autour de 1 km. - ce qui justifie l'absence de manifestations de surface -.

La localisation reste imprécise pour le moment !

 

Ci-dessous : un condensé des essaims sismiques ( Geo-Lurking / You Tube)


 

Les diagrammes du trémor harmonique depuis le 10.10.2011 - en cours :

  CHIE_2011-10-10-24h.jpg

                       Trémor harmonique du 10.10.2011 - 00h. à 24 h. - Instituto Geográfico Nacional.

 

CHIE_2011-10-11-7h.jpg

               Trémor harmonique du 11.10.2011 - de 0h. à 7h.50 -  Instituto Geográfico Nacional.

 

L'évolution de cette éruption est à suivre attentivement ...

 

Sources :

- Avcan

- Instituto Geografico nacional

- Gobierno de Canarias

- Hotspot volcanism close to a passive continental margin: the Canary Islands - J.C. Carracedo & al.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un ancien "chemin blanc" de l'époque Maya - un sacbé - a été récemment découvert dans les fouilles du village de Cerén, au Salvador, par une équipe d'archéologues de l'Université du Colorado à Boulder, conduite par Payson Sheets.

Les restes de ce village étaient enfouis depuis 1400 ans, quand en 1978, un bulldozer ouvrit par hasard une fenêtre sur les restes bien préservés de cette communauté Maya.

 

sacbe_closeup.JPG Le chemin blanc de Cerén - découvert en juillet 2011 - avec son canal de drainage et sur la droite, des céréales préservées sous les cendres de l'éruption du Loma il y a 1400 ans. - Photo Payson sheets - University of Colorado. / Live Science

 

  

Les sacbeob Mayas :

 

Le mot Sacbé - sacbeob au pluriel - dérive de mots mayas : sac signifiant blanc et be signifiant chemin.

 

Sacberoad-cc-minnaert-350                                     Un sacbé bien conservé au Yucatan - photo Minnaert


Ces chemins étaient surélevés d'une cinquantaine de centimètres, entre deux murets remplis de cailloux et revêtus d'un stuc calcaire destiné à les protéger des intempéries.

sacbe---oncetv-ipn.jpgCes chemins blancs avaient une connotation à la fois pratique, politique et spirituelle pour les mayas : ils mettaient en communication les villages, les temples et les places.

Pour en avoir emprunté un en pleine nuit, pour me rendre sur une pyramide de Tikal, et voir le soleil se lever sur la forêt du Peten, je peux confirmer le côté pratique de celui-ci : je pouvais me diriger dans l'obscurité, renforcée par la présence de hauts arbres, sans aucun éclairage et progresser à allure normale sur ce chemin, qui rendait en pleine nuit la luminosité qu'il avait "stocké de jour" ... parcours génial, ponctué par les hurlements des singes. - photo oncetv-ipn / mundo maya.

 

Le sacbé de Cerén :

La particularité de ce chemin est d'avoir été confectionné avec de la cendre volcanique claire, en lieu et place du calcaire. Cette cendre provient d'une précédente éruption ;  elle a été tassée et consolidée le long de ses bords par les résidents autour de l'an 600 (après JC). Il est entouré de ruisseaux.

C'est aussi le seul sacbé retrouvé par les archéologues à avoir été construit sans bords pavés.

 

Il fut découvert, en juillet 2011, de façon inattendue lors du creusement d'un puit d'analyse dans une couche de cendres volcaniques; ce travail visait à analyser l'activité agricole aux alentours de Cerén, considéré comme le village Maya le mieux préservé d'Amérique centrale. Afin de suivre le sacbé, deux fosses-test ont été creusées ensuite vers le nord , ce qui a permis de confirmer sa longueur : un demi-terrain de foot. Il semble relier deux structures cérémonielles découvertes par Sheets et son équipe en 1991.

L'une d'elle semble avoir été utilisée par une femme chamane. On y a retrouvé des os de cerfs, une coiffe portant des bois de cerf peinte en rouge et bleu, et un grand pot en forme de crocodile. De grandes quantités de nourriture et de boissons y avaient été préparées pour une distribution sur la place du village, en vue d'une cérémonie en relation avec la récolte.

Une fête se passait lors de l'éruption qui a enseveli le village ... mais il semble que les villageois en soient partis précipitamment , sans revenir vers leurs maisons pour y ramasser quelques objets de valeur ( toutes les portes des maisons étaient ficelées) . Ils s'en sont encourru en pleine nuit , vraisemblablement grâce au sacbé ... et bien qu'aucun reste humain n'ait été trouvé au village, il est probable, d'après les archéologues, que l'on découvre des corps lors de futures fouilles le long du chemin.

 

Ironie du sort, un chemin construit grâce aux dépôts du volcan a permis aux hommes de fuir une éruption ultérieure de celui-ci !


La datation au radiocarbone permet d'attribuer cette éruption au volcan Loma, un évent situé sur le flanc nord-ouest du San Salvador, distant de 600 m. seulement, qui a eu lieu en l'an 630; d'après Sheets, l'éruption s'est produite en août, et en début de journée : il se base pour cela  sur divers éléments: la maturité des céréales retrouvés dans les cendres, le fait que les nattes de couchage n'aient pas été roulées, le déjeuner servi et les assiettes non encore nettoyées.

 

On a qualifié Cerén de "Pompeï du nouveau-monde" ... mais des différences marquantes les séparent.

Au contraire de Pompeï, cité romaine organisée, aux habitations en dur, aux rues pavées, on est ici en présence d'une modeste comunauté agricole.

A cause du recouvrement des structures au toits de chaumes, des champs et des jardins par une cendre fine, chaude et humide, la conservation des matières organiques est meilleure à Cerén. Ici pas des statues de marbre, mais des marques de doigts sur les bols de céramique, des empreintes de pieds dans les jardins, des moulages de maïs et de manioc, des pots remplis de haricots, deux espèces différentes de fourmis.

 

Ceren---ph.-daggerquill-flickr.jpg

               

Ceren---ph.-2--daggerquill-flickr.jpg

 

            Des restes du village Maya de Joya de Cerén - photos daguerquill / flickr.

                            Sur les parois, on aperçoit des dépôts de surges pyroclastiques.

 

Un résumé par le découvreur :

  

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Salvador - eruptive history

- Dailycamera - CU-Boulder ream digs up ancien Mayan road - 05.10.2011,  link 

- Livescience - ancient maya road let villagers flee volcanic death - link

- About.com /archeology - cerén, the lost village of El Salvador - finding El Salvador's Pompeii - link

- Sheets, Payson (editor). 2002. Before the Volcano Erupted: The Ancient Cerén Village in Central America. University of Texas Press, Austin.

Lire la suite

<< < 1 2 3 4 5 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog