Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

MArs--Uranius-CerauniusTholi_--ESA.jpg                                                       Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Art volcanique abstrait ? ...


Simplement une vue altimétrique colorée de deux volcans jumeaux, situés dans l'hémisphère nord de la Planète rouge dans la région de Tharsis, et fournie par l'ESA - European Space Agency : à gauche le Ceraunius tholus, et à droite, l'Uranius tholus. 


L'image a été réalisée en utilisant le DTM - Digital Terrain Model - au départ d'une caméra haute résolution à bord du vaisseau spatial Mars Express ; elle dérive de données acquises au cours de trois orbites séparées, datées entre novembre2004 et juin 2006. Le code couleur est propre au DTM : du pourpre pour les régions les plus basses, au gris pour les plus hautes.

Le nom "tholus" dérive du latin et signifie "dôme conique". Ces deux tholi voisinent, sur la carte, avec une structure nommée "patera" et une autre appelée "mons" (explication de ces termes en cliquant sur les noms).


 

502-20110322-1096-1107-3144-6-co-01-uranius-cerauniustholi_.jpg

La même image en couleurs naturelles, prise entre trois orbites séparées - durant la seconde orbite, la caméra a capturé des nuages glacés au dessus du tholus Ceraunius.

La composition de la mosaïque d'images sur base de ces données justifie la ligne de nuages tranchée nettement -  Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

 

Le tholus Ceraunius possède des mensurations imposantes : 130 km. de large ; les parois de sa caldeira sommitale, d'un diamètre d'environ 25 km., dominent les environs de 5.500 mètres.

Uranius-CerauniusTholi - situation - ESALe tholus Uranius est plus petit : un diamètre basal de 62 km. pour une hauteur de 4.500 mètres.

 

Situation des tholi Uranius et Ceraunius - doc ESA.

 

Les flancs du Ceraunius tholus sont relativement raides, avec une inclinaison de 8°. Ils sont gravés de profondes vallées, suggérant un matériau facilement érodable, tel que de la cendre déposée pendant une éruption volcanique.

La vallée la plus large et la plus profonde, 3.500 m. de largeur et 300 m. de profondeur, se termine à l'intérieur d'un cratère d'impact allongé, situé entre les deux volcans, par un dépôt en éventail. (bleu plus clair sur la photo du dessus). Ce cratère, de 35 km. sur 18, est le résultat d'un impact oblique de météorite; il est appelé Rahe

 

La caldeira sommitale a un sol apparemment plat et susceptible d'avoir abrité un lac lorsque l'atmosphère martienne était jadis plus dense. On ne peut cependant pas préciser si l'éventail de dépôts s'est formé lorsqu'un chenal, ou un tunnel, de lave a été balayé par les eaux de fonte de la couverture glaciaire du volcan, fonte en relation avec l'activité volcanique.

 

Mars---Uranius-CerauniusTholi_H1.jpg

  De l'avant à l'arrière-plan, la caldeira du Ceraunius tholus, le cratère d'impact Rahe, puis l'Uranius tholus, avec sur la gauche d'autres cratères d'impacts. -  Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 
   

 

 

Sources :

- ESA - European space Agency - Mars Express

- sur ce blog : Le volcanisme planétaire - les volcans martiens 1 - 2 - 3.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

La Nasa a exposé fin septembre de nouvelles données et des images récentes prises par Messenger, le premier satellite orbital de la planète Mercure. Ces informations ont fait l’objet d’une publication spéciale du magazine Science le 30 septembre.

 

Planetes-telluriques.jpg                       Les quatre planètes telluriques du système solaire - d'après Nasa

 

Mercure constitue une énigme parmi les planètes telluriques : elle est la plus proche du soleil, elle est le plus petite des planètes selon un nouveau classement, et la seconde plus dense, après la Terre. Mercure génère son propre champ magnétique, ce qui laisse supposer un coeur de fer en fusion.

Mais ce qui nous intéresse surtout – et qui n’a pas encore été évoqué dans d’autres articles sur le volcanisme planétaire – ce sont les épanchements de lave et le volcanisme extensif de cette planète.

 

Magnétosphère de Mercure et flux ionique copie

 Image schématique de la magnétosphère de Mercure et du flux plasmatique d'ions - Orbite excentrique de Messenger depuis le 18.03.2011  - Credit: Courtesy of Science/AAAS.

 

Head03_sm.jpgHead04_sm.jpg

 

Les latitudes nord de Mercure laissent voir des plaines au relief doux occupant plus de 6% de la surface de cette planète, ce qui correspond à 60% du territoire continental des Etats-unis ; elles sont discernables par leur couleur différente et présente des structures ressemblant à des coulées, qui ont rempli partiellement ou complètement des cratères d’impact. L’observation indique que ces coulées ont plus de 1.000 mètres d’épaisseur, et qu’elles se sont mises en place en de multiples phases.

Ces caractéristiques sont interprétées comme le résultat d’une érosion thermique, indiquant une mise en place du style "inondations basaltiques" -  ( la composition indiquée par une spectrométrie aux rayons X est intermédiaire entre basalte et komatiite (*).

Les plaines, formées après celle du bassin d’impact Caloris, confirment un volcanisme extensif sur Mercure postérieur à la phase de bombardement massif de la planète.

 

Mercure---Nasa.jpg                                                         La planète Mercure - Doc. Nasa

 

Mercure---ghost-crater.jpgEstimation de la profondeur des dépôts : à gauche, sur le cratère d'impact récent Hokusa (114 km. de diamètre) - à droite, un cratère "fantomme" empli dedépôts volcaniques (diamètre 90 km.)

Mercury Dual Imaging System (MDIS) during the orbital phase of the MESSENGER mission.

Credit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington.

 

Mercure-Tyagaraga-crater.jpg

Mercure - le cratère Tyagaraja, 97 km. de diamètre :  un autre exempe de volcanisme ; le sol est recouvert de creux coalescents (en cyan, couleur résultant de leur réflexion) - au centre, un puit qui pourrait être un évent volcanique, d'où a été expulsé du matériel de couleur orangée. -  Credit: Courtesy of Science/AAAS/ Nasa Messenger.

 

Ce volcanisme est ancien, daté entre 3,5 et 4 milliards d’années ; d’énormes volumes de lave se sont répandus de fissures à la surface de Mercure, inondant les plaines basses … "comme si on remplissait une baignoire", d’après James W. Head III, professeur de géologie à la Brown University.

Ce type de volcanisme ne correspond pas à celui d’Hawaii, mais plutôt à celui qui a marqué la formation des Traps Sibériens. Les volumes sont cependant fort différents : pour une estimation basée sur la surface recouverte d’une épaisseur moyenne de 500 mètres, on obtient des volumes de l’ordre de 2,2 millions de km³ ; ceci ne soutient pas la comparaison avec les traps Sibériens qui ont recouvert, il y a 250 millions d’années, 1,3% de notre Terre de 1-4 millions de km³ de basaltes. Il faut relativiser les ratios de surface, notre Terre ayant une surface sept fois plus grande que celle de Mercure.

Des structures de plus de 20 km. de large, ressemblant à des canaux d’écoulements, ont dues être produites par des coulées volcaniques fluides.

 

mercuryvolcanism.jpg 

Mercure - doc. Science / AAAS téléconférence / Nasa Messenger.

En haut, image et carte d'évents, de coulées de lave canalisées.

En bas, à gauche : puits interprétés comme des évents sources - à droite, chenal formé par l'érosion thermique de la lave.


 

L’activité volcanique passée de Mercure ressemble donc de plus en plus à celle des autres planètes telluriques.

 


(*) Komatiite :  

La komatiite est une roche volcanique ultramafique (ou ultrabasique), riche en magnésium et pauvre en silice, version extrusive de la péridotite. Elle tient son nom de la rivière Komati, en Afrique du Sud, où elle est particulièrement visible. Sa formation implique un taux de fusion partielle pouvant atteindre plus de 50%.

Les komatiites sont très rares et essentiellement limités aux roches d'âge archéen (plus de 2 milliards d’années). La plupart sont vieilles de plus de deux milliards d'années et on ne connaît en raison de leur âge que des komatiites métamorphisées, soit des métakomatiites.

 

Sources :

- Nasa - Messenger mission to Mercury - link

- Brown University - epic volcanic activity flooded Mercury's north polar region. - link

- Science magazine - Flood volcanism in the northern high latitudes of Mercury revealed by Messenger. - link

- Sur ce blog : Le volcanisme planétaire - intro. et articles suivants.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

66_Sakurajima_Osumi.jpg

Sakura-jima - tiré de la série "Vues de différentes provinces" / la province Osumi - estampe d'Utagawa Hiroshige (1797-1858)

 

Cette estampe met en scène le volcan Sakura-jima dans la baie de Kagoshima : une île verte dominée par un cône au toit plat, dont les flancs bas sont constellés de cerisiers en fleurs; des jonques naviguent sur la baie, tandis qu'à l'avant-plan, d'autres sont ancrées au port.

Les cartouches supérieurs comportent, en rouge, le titre de la série - Roku-ju-yo Shio Meisho Dzu-ye  , littéralement "Vues de plus de soixante Provinces", produite entre 1853 et 1856 - et le sous-titre dans une couleur variable.

La signature d'Hiroshige est elle aussi dans un cartouche de teinte rouge, accompagnée d'un autre, plus petit, qui reprend le nom du graveur.

 

 

Le peintre, graveur, dessinateur :

Utugawa Hiroshige - 歌川広重 - né à Edo en 1797, est un des grands noms de l'Ukiyo-e (*) et de l'estampe de paysage; avec Hokusai, à qui on l'oppose souvent, il aura mené cette façon de peindre à un sommet inégalé avant le déclin de la xylographie au Japon.

 

(* ) : L' Ukiyo-e, en français « images du monde flottant » est né au Japon au 17° siècle  au sein de la culture urbaine et bourgeoise de la capitale de l'époque, Edo, devenue Tokyo en 1868.

La technique de réalisation de ces estampes consiste en une gravure sur bois : le dessin original au pinceau, le shita-e, est pratiqué sur une feuille de papier résistant très fin appelé minogami, collée à l'envers sur une planche de bois assez tendre (cerisier, poirier, souvent coupée dans la tranche du tronc - pour plus de résistance aux tirages multiples - ce qui explique les limites du format Oban). Cette planche matrice va être creusée à la gouge pour ne laisser en relief que les traits du pinceau. De là on tire autant de feuillets en noir et blanc qu'il faudra de couleurs. L'artiste détermine sur chacun des feuillets la couleur correspondant à des surfaces de vêtements, de feuillages, de mers, de montagnes, etc.

On grave ensuite de la même façon, à partir des feuillets en noir, des planches différentes correspondant à chaque future couleur. On imprime la feuille de papier (papier hōsho) à estamper en l'appliquant successivement (dans un ordre déterminé par l'artiste) sur chaque planche dérivée de la première, repérée sur elle, mais encrée d'une couleur différente, et on frotte légèrement le papier humide avec un tampon spécial baren de fibres (extérieur en feuille de bambou), ce qui requiert beaucoup d'expérience de la part des graveurs et des imprimeurs.

Par superposition de couleurs transparentes (végétales ou minérales), on peut obtenir une grande subtilité dans les tons à partir d'un nombre de couleurs limité. Du jaune sur de l'indigo plus ou moins foncé produit un vert, si l'on y surajoute la planche des ocres à certains endroits, ces endroits prendront une teinte vert-olive foncé, etc.

(Wikipedia)

 

 

C'est au travers de son oeuvre que l'occident découvre vers 1870, après le réouverture des échanges , l'étonnante originalité des arts graphiques nippons ... le "Japonisme" aura une influence déterminante sur les peintres impressionnistes et plus tard sur l'art nouveau.

 

800px-Hiroshige Van Gogh 2 - ph.Mps2A gauche, Hiroshige  - "Le pont Ōhashi et Atake sous une averse soudaine" , estampe tirée des Cent Vues d'Edo (1857). - (Evening Shower at Atake and the Great Bridge)

A droite, Van Gogh - "Japonaiserie : pont sous la pluie". 

doc. Mps2.

 

Auteur prolifique, Hiroshige produit plus de 5.400 estampes entre 1818 et 1858.

Il se fait l'humble interprète de la nature, et sait exprimer, avec les moyens frustres de la gravure sur bois, les transparences délicates de l'atmosphère au fil des saisons, dans des paysages où l'homme est toujours présent.

Les teintes vertes et bleues dominent chez lui, et son sens du "premier plan" sera repris plus tard par Degas, et dans les bons clichés photographiques.

 

Le volcan Sakura-jima :

L'estampe représente ce volcan très actif, dans une phase de repos.

Formé il y a 13.000 ans dans la baie de Kagoshima, sur le bord sud de la caldeira d'Aira (datée de 22.000 ans).

Les premières observations d'activité datent de 708 avant JC. Les éruptions se produisent dans le cratère Showa et sont bien souvent stromboliennes; des éruptions pliniennes se sont produites en 1741-46, 1779-82 et 1914.

De 1955 à 2.000, le volcan présente une activité constante avec 100-200 grandes explosions annuelles. L'observatoire volcanologique du Sakura-jima a été créé en 1960.

Au 21° siècle,  le volcan connaît un regain d'activité avec un record de 550 explosions dès juin 2010, et plus de trois millions de tonnes de cendres rejetées.

 

Plus de détails sur ce blog : Volcans de Kyushu sud.

 

Sur la vidéo jointe, une superbe éjection de lave et un panache parcouru d'éclairs, le 01.10.2011.

 

Sources :
- Global Volcansim Program - Sakura-jima
- L'archipel Nippon - Volcans de Kyushu - link ... et articles suivants.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le niveau d'alerte de l'Anak Krakatau est passé de 2 à 3, le 30 septembre 2011.

Selon Surono du PVMBG via Vivanews, le relèvement est motivé par le niveau élevé de séismes ... le 2 octobre, de 0h. à 12h., on a enregistré 2745 séismes. L'essaim sismique est continu et bien que faible (M2 sur l'échelle de Richter), il est préoccupant et témoigne d'une recharge (magmatique) constante.

La menace d'éruption est importante et une zone d'exclusion de trois kilomètres a été fixée.

 

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Tambora 8 September 2011
led_green Anak Ranakah 8 September 2011
led_yellow Papandayan 13 Agustus 2011
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_yellow Krakatau 30 September 2011

 

Update :

 

Une nouvelle éruption est en cours depuis le 03.10, avec émission d'un panache à 2-3.000 mètres, visible de la côte ouest de Java

 

Sources:

- The Jakarta Post

- Metro Tv - 03.10.2011

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Ces photographes qui nous enchantent

 

Si l'on devait faire le curriculum vitae de Carsten Peter, il serait difficile de choisir entre toute les spécialisations qu'il a du développer pour nous ramenez ses superbes photos, et lui accorder un qualificatif  ... je mettrais en premier :

                         

                          " photographe de l'extrême" !

 

Après des débuts de photographe nature dès 17 ans et ses premières photos du Stromboli, il fait des études de biologie à l'Université Ludwig-Maximilians de Munich (LMU Munich).

Il développera par la suite, pour sa survie et la pratique de la photo, des talents de grimpeur, de parapentiste, de spéléologue et de plongeur.

 

dallol-volcano.jpg    Le Dallol en Ethiopie - free wallpaper du National Geographic / photo de Carsten Peter.


Des concrétions multicolores entrecoupées de flaques acides du Dallol, à la Grotte des cristaux géants de Naïca, ou encore au lac de lave du Nyiragongo, il parcourt la planète dans les plus extrêmes conditions à la recherche des merveilles de la nature.

 

6-NYIRAGONGO---Carsten-Peter--Michael-Finken-Nat-geo.jpg            Article du National Geographic - textes Michael Finken / photos de Carsten Peter.

 

Volcan-de-Nijragongo--Congo-photo-de-Carsten-Peter.jpg    Seul dans la lueur du lac incandescent du Nyiragongo - photo Carsten Peter / Nat. Geo. d'avril 2011 : "Au dessus d'un volcan".

 

Il travaille en free lance depuis 1988, mais collabore depuis 1996 avec le National Geographic Magazine.

Il a été, entre autre, distingué en 2000 par un Emmy Award pour son travail de vidéaste sur un volcan actif du Pacifique sud; en 2005, du World Press Award pour sa couverture d'une tornade dans l'ouest américain.

 

Obsédé par la conception de techniques photograhiques innovantes pour capturer des images inédites dans des milieux hostiles, il a affronté les pires environnements de la planète : passant de l'atmosphère torride des lacs de lave à celle des déserts, des grottes surchauffées à d'autres à l'atmosphère toxique, de la plongée sous-glaciaire au froid extrême de la haute altitude pour un record à bord de son parapente motorisé.

 

Carsten Peter, par lui-même :

 

 

 

Il nous livre un truc pour capturer toute la fureur d'un volcan sans désintégrer son matériel photographique : Peter étudie les courants éoliens dans le cratère et se positionne dans un "spot" bien ventilé, conscient que le problème vient plus des gaz empoisonnés par le soufre et le chlore que de la lave elle-même ... ceux-ci corrodent non seulement la peau et les voies respiratoires mais ravagent aussi les équipements photographiques.

 

Quelques images du making-off du Nyiragongo :

 

 

Dans son film "Vietnam's Infinitive Cave" ,  une énorme grotte du plateau calcaire du centre du Vietnam, ses images font ressortir sa spécialisation en biologie ainsi que sa faculté à les faire vivre.

 

 

  D'autres photographes allemands dans les articles ultérieurs ...


Sources :

- Carsten Peter - photograhy & film - link

- National Geographic - Carsten Peter - link

- National Geographic - Australian's slot canyons - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

BAS_PHO_CHEMIN_32_1213629485.jpg

                               Le mont Gerbier de Jonc - photo Rhône-Alpes / Jean-Luc Rigaux.

 

Le mont Gerbier de Jonc, situé en Haute-ardèche sur les communes de Saint-Martial et Sainte-Eulalie, est célèbre pour diverses raisons :

sa forme originale et sa hauteur, 1551 mètres, le font ressortir du paysage.

La nature riche et sauvage aux alentours justifie sa protection, car il abrite, outre une faune et une flore de grand intérêt, les sources du plus long fleuve Français.


Son nom étrange n’est nullement lié à un faisceau de joncs … il faut le relier à une étymologie pré-celtique : gerbier correspond à gar, signifiant rocher ( racine retrouvée dans Gers), et jonc à jugum, correspondant à montagne.

 

Gerbier-de-jonc---phonolithe---re-jpg

                                               Gerbier de Jonc  - photo Marion / Casse-Cailloux.


Cette protubérance est datée de 8 millions d’années, et due à une extrusion de phonolite à néphéline, renfermant des cristaux de sanidine bien visibles et des aiguilles d’augite.

Sa partie supérieure est grossièrement prismée , alors que la base est cachée par des éboulis accumulés durant une glaciation. Une coulée basaltique repose sur le socle cristallin.

 

 

-Sanidine---Descouens.jpgLa sanidine est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des tectosilicates, famille des feldspaths, sous familles des felsdpaths potassiques (K-Feldspath), de formule K Al Si3 O8 avec des traces de : Fe, Ca, Na. 


Sanidine - Puy de Sancy, massif du Monts-Dore, Puy-de-Dôme, Auvergne, France. (5x4.5cm)

Photo Didier Descouens

 

L’augite est un clinopyroxène ferromagnésien et calcique de formule ((Si,Al)2O6)(Ca,Mg, Fe,Ti,Al)2 avec des traces de : Ti, Cr, Na, Mn et K.

 

Le mont Gerbier de Jonc est important hydrologiquement, car c’est à ses pieds que la Loire prend source … les eaux de la nappe phréatique située sous le mont, confrontées à l’imperméabilité des roches volcaniques, en  ressortent par diverses fissures.

Au moins trois sources situées sur son versant sud sont citées : la source "géographique" coule dans un bac en pierre, à l’intérieur d’une grange au toit de lauze ; la source "authentique" est marquée par un monument érigé par le Touring Club de France ; enfin, la source "véritable" sort de terre, dans un pré, sous une lauze, marquée de l’inscription : " ici commence ma course vers l’océan ".

Le mont Gerbier est situé sur une ligne de partage des eaux : coulant vers Sainte Eulalie, les eaux vont vers l’Atlantique, alors que celles coulant vers Saint Martial vont vers la Méditerranée.
Longue de 1.013 km, La Loire a un énorme bassin versant : il occupe plus d’un cinquième du territiore français (117.000 km²).

Fleuve royal de par ses châteaux, c’est aussi le dernier fleuve d’aspect sauvage en France.

 

_Balade_en_bord_de_Loire_-04.jpg                  La Loire sauvage - photo Bruno Manginoux / www.photo-paysage.com


Son débit moyen est très irrégulier et ses crues se révèlent dévastatrices.

Etymologiquement, l´origine celtique de ce nom de fleuve fait allusion à la pureté douteuse de leur eau ; ainsi, c´est le mot celtique "Liga " (lie, dans le sens d´une "eau trouble", de boue, limon ou sédiment ...) qui lui a donné son nom.

 

Vue_sur_la_Loire-en-basses-eaux---ph.Croquant.jpgLa Loire, en basses-eaux, laisse apparaître des bancs de sable qui rendent la navigation problématique - photo Croquant.

 

 

Pour les volcano-philatélistes, un timbre de 1949 illustrant le mont gerbier de Jonc (brun violacé Y843 - graveur : Pierre Munier) :


Timbre-Gerbier-de-Jonc-1949-copie-1.jpg

 

france843maxi.jpg                                              Carte du site Timbresponts.fr

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé.

- Philaweb.fr

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

D'après les datations des basaltes, le volcanisme Ardéchois a véritablement débuté à la période miocène (fin de l'ère tertiaire), il y a près de 12 millions d'années. On pense que les premières éruptions ont eu lieu à l'emplacement actuel du Mézenc, mais les premiers cratères ne sont plus visibles aujourd'hui car ils ont été totalement érodés.

 

panorama du massif de Mézenc( du Gerbier) - p.suzzarini

                                     Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini

1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

 

En dialecte local, "suc " définit un sommet rocheux et aigu, volcanique ou non .

Dans le cas de "suc volcanique", on parle de volcanisme "peléen" ; les laves visqueuses et très épaisses figent très rapidement en arrivant en surface et donnent en refroidissant les formes caractéristiques que l'on observe aujourd'hui. Ils caractérisent le paysage de la montagne Ardéchoise et constituent un ensemble de formations volcaniques uniques.


Très différents des volcans à cratères d'explosion de l'Auvergne, ces sucs phonolithiques (*) présentent un état de conservation tout à fait remarquable. Leur présence est liée au soulèvement alpin. En effet, le contrecoup de la formation des Alpes a entraîné une importante élévation de cette zone du Massif Central dont le socle granitique s'est fracturé. Le magma s'est alors infiltré par les fractures du socle et sa montée s’est faite en plusieurs paliers et petites chambres magmatiques.
Les laves émises, le plus souvent de consistance très visqueuse, ont formé ainsi de véritables dômes.

 

Mont_Mezenc---ph.PRA.JPG                                          Le Mont Mézenc - photo PRA


Le Mont Mézenc est un dôme de phonolite (*) datant de 7,6 millions d’années ; il est constitué de deux sommets séparés et distants de 500 mètres. Le sommet sud est le plus élevé : 1.753 m. et situé dans le département de l’Ardèche. Le sommet nord, surmonté d’une croix, culmine à 1.744 m., et constitue le point le plus haut du département de Haute-Loire.

Le Mont Mézenc est situé sur le même ligne de crête que le Mont Gerbier de Jonc.

 

-Mezenc-depuis-chaudeyrolles---Narces-de-ch.-tourbiere---p.jpg  Le Mont Mézenc, vu de Chaudeyrolles - à l'avant-plan, les tourbières du Narces de Chaudeyrolles -

  photo Abalg.

 

Les Narces de Chaudeyrolles, cette vaste dépression circulaire de 1.500 m. de diamètre, est un maar entouré de brèches d'explosion et daté d'environ 120.000 ans. La tourbière témoigne du remplissage ancien par un lac.

 

(*) La phonolite est une roche volcanique peu abondante, rencontrée principalement sous forme de coulées ou d’intrusions formant des dômes. Sa teneur en silice est variable mais généralement comprise entre 51 et 61%  pds. ; sa teneur en alcalin (Na2O + K2O) est forte, souvent supérieure à 10% pds.


500px-Tas-phonolite.png

                                                             Diagramme Géowiki

 

Elle tire son nom du son aigu qui est produit lorsqu’on en frappe un morceau avec un marteau. Elle se compose principalement de felsdspath alcalin et feldspathoïdes, avec des phénocristaux e.a. de clonopyroxène et d’amphibole, jamais de quartz.

 

Elle se débite en dalles, appelées lauzes dans la région. Ces pierres plate ont une surface importante par rapport à l’épaisseur, et nécessitent une charpente très solide, à laquelle elles sont accrochées par un trou à des chevilles de bois . Toutes les lauzes ne sont pas en phonolites, il en existe en schiste, calcaire, gneiss ou basalte.

 

Lauzes.jpg

                              Toit de lauzes de phonolite - photo Serge Gaily, artisan.


Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de LArouzière, éd. Delachaux & Niestlé

-

Lire la suite

<< < 1 2 3 4 5

Articles récents

Hébergé par Overblog