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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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                  Sud Plaza - les falaises basaltiques côté sud de l'île - © Carole & Frédéric Hardy


Les îles jumelles Plazas sont situées au large de la côte est de Santa Cruz ; l'île du nord est une aire scientifique réservée, seule l'île du sud est visitable.

Ces deux îles se sont formées par soulèvement géologique du plateau volcanique, qui s'est créé lorsque les éruptions basaltiques fissurales produisaient plus que les évents centraux.

On retrouve ce genre de plateau basaltique en Amérique du nord : le plateau de la Snake river dans l'Idaho, et celui de la Columbia river dans les états de Washington et de l'Oregon.

Les portions sud des îles ont un degré supérieur de soulèvement, ce qui dessine des falaises avec des points de vues intéressants.

 

Cette île de 0,13 km², culminant à 25 mètres, contient, malgré sa taille modeste, une flore riche et de nombreuses espèces animales.

 

La végétation de Plaza sud est caractérisée principalement par deux espèces de plantes : les Opuntias cactaceae, une cactacée dont se nourrissent les tortues et les iguanes terrestres, et une succulente, la Sesuvian portulacastrum.

Cette Sesuvian est verte durant la saison humide, de décembre à mai, puis devient rouge à la saison sèche, donnant à Plaza une apparence inhabituelle.

 

297458_-copie.jpgLa flore caractéristique de Plaza habille le basalte - Opuntia et sesuvian - © Carole & Frédéric Hardy

 

392048_278487608858306_100000912069394_892053_1255207453_n-.jpg          Ces zones arides sont le domaine des iguanes terrestres - © Carole & Frédéric Hardy

 

Plaza sud possède une des plus grande population d'iguane terrestre - Conolophus sp. - des Galapagos ... il est peu craintif et facilement observable; Il vit en colonies dans les zones arides, où il creuse des terriers. Sept kilos pour le mâle, trois pour la femelle, il peut vivre plus de 70 ans.

Son alimentation est mixte : herbes, fruits et raquettes des Opuntias - Prickly pear cactus - alternent avec des charognes et du placenta d'otarie ... l'iguane terrestre est donc jardinier et éboueur.

 

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           L'iguane terrestre est plus coloré que son homonyme marin - © Carole & Frédéric Hardy


393597-CFH-copie.jpg                                   Un profil antidiluvien -  © Carole & Frédéric Hardy

 

Les falaises de Plaza abritent de nombreuses colonies d'oiseaux : fous masqués, frégates, mouettes à queue d'aronde, pélicans, phaetons à bec rouge ...

 

308367--copie.jpg  Plumage délicatement ombré de la mouette à queue d'aronde -  Larus furcatus - endémique des Galapagos -  © Carole & Frédéric Hardy 


Une colonie de lion de mer s'y reproduit et ses côtes abritent aussi des iguanes marins.

 

310778_CFH-copie.jpg Les places au soleil sont "chères" pour ces reptiles à sang froid -  Iguanes marins  -  © Carole & Frédéric Hardy

 

Sources :

- Galapagos online

- Oiseaux.net / Galapagos - Equateur.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                                Santa Cruz - le Cerro Dragon - photo Putneymark.


Au centre de l'archipel, l'île de Santa Cruz, appelée par les anglais Indefatigable island (du nom d'un bateau de guerre), constitue le centre touristique des Galapagos ; il existe de nombreux moyens de rejoindre Santa Cruz - l'aéroport de Baltra, le port de Puerto Ayora - pour profiter de ses richesses géologiques et naturelles.

Cette île regroupe tous les biotopes caractérisant les Galapagos et c'est pour cette raison qu'on y trouve la station de recherche Charles Darwin.

 

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Ces divers biotopes sont repartis schématiquement en trois zones : aride, sèche et humide. Une grande partie de cette zone humide n'est pas protégée et c'est là que se sont établis deux villages : Bellavista et Santa Rosa; les nouveaux immigrants y cultivent des avocats, du café, des bananes, de la cane à sucre, des citrons et y élèvent du bétail.

 

Santa Cruz est une île ovale, large de 32 km. sur 40, d'une surface de 986 km² et une hauteur maximale de 864 m., est en fait un grand volcan-bouclier dormant; on estime que les dernières éruptions datent de 1,5 Ma.

Témoins de cette activité historique, on y trouve de jeunes cratères-puits : Los Gemelos (les jumeaux) et Media Luna, plus difficile d'accès. 

 

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Les pit craters "Los Gemelos" sont voisins de cônes de cendres  - photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

 

Des cônes de scories sont groupés le long d'une ceinture parallèle aux failles bordant Academy Bay.

D'anciennes coulées de lave sous-marines soulevées hors des eaux sont visibles au nord-est de l'île, tandis que de jeunes coulées provenant d'évents situés sur une fissure sommitale et sur les flancs nord, présentent une morphologie récente et faiblement végétalisée.

 

317280_277660448941022_100000912069394_888102_2130688157_n.JPG                           photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

La riche faune de Santa Cruz se décline entre terre et mer, entre tortues géantes, iguanes terrestres et iguanes marins, diverses espèces de requins, raies et lions de mer. L'avifaune compte des fous, des pélicans, des gobe-mouches, des pinsons de Darwin, des tourterelles des Galapagos.

 

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                           Iguane terrestre - Conolophus -   photo © Carole et Frédéric Hardy.


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                   Iguane marin  - Amblyrhynchus cristatus -   photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

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      Tortue géante de Santa Cruz - Indefatigable Island Tortoise -  photo © Carole et Frédéric Hardy.


378490_277662595607474_100000912069394_888132_569860468_n-c.jpg                                        photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Les tortues géantes des Galapagos forment un complexe de dix espèces, elles sont si proches que certains les considèrent comme des sous-espèces d'une espèce unique Chelonoidis nigra au sens large. Cette tortue terrestre, plus communément appelée Galápago,  peut atteindre, suivant l'espèce, jusqu'à une masse record enregistrée de 422 kg, mais en moyenne autour de 220 kg et mesure 1,2 m long. Bien que l'espérance de vie maximum d'une tortue sauvage soit inconnue, on estime leur espérance de vie moyenne de 150 à 200 ans. Elles sont endémiques de neuf îles de l'archipel.

 

314565_277669678940099_100000912069394_888230_1274335824_n-.jpg          Tourterelle des Galapagos -  Zenaida galapagoensis - photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Nous revenons au volcanisme avec cette mosaïque, où apparaissent d'improbables oiseaux à crête jaune, appâtant des tortues qu'elles chevauchent sur fond de volcans en éruption.

 

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                             photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Santa Cruz compte aussi trente cinq tunnels de lave, sur la cinquantaine répertoriée dans l'archipel; localisés sur la propriété foncière de Steve Devine, dans la zone agricole de Santa Rosa, les plus grands tunnels de lave ont été explorés par les vulcano-spéléologues.

La Cueva del Cascajo, le tunnel le plus long atteint un peu plus de 3.000 mètres, le Cueva de Elena mesure 677 m. avec un plafond à 10 m. dans ses parties hautes.

 

el_mirador_de_los_tuneles_foto_03.jpg                Santa Cruz, tunnel de lave - photo Direccion del P.N.Galapagos

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Santa Cruz

- Contribution to the vulcanospeleology of the Galapagos islands - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L’archipel des Galapagos, aussi appelé archipel de Colon, est situé à cheval sur l’équateur et à environ 1.000 km. à l’ouest du pays du même nom, l’Equateur, dont il est devenu une province en 1832. De manière non officielle, les Galapagos sont aussi nommée « les Enchantées », en espagnol Las encantadas.

 

galapagos_map_2.jpg                                                   Les îles de l'archipel des Galapagos.


L’archipel compte une cinquantaine d’îles et d’îlots d’origine volcanique, pour une surface cumulée de 7.882 km² (à peu près la taille de la Corse) ; sept îles dépassent 100 km², et la plus grande, Isabela, avec ses 4.600 km², a une taille voisine d’un département Français moyen.

Les volcans des Galapagos sont de plusieurs types : le type hawaïen, caractérisé par une forme aplatie de volcan-bouclier et des laves de type basaltique fluides est le plus représentatif. Mais … mais, il existe aussi un nombre de structures volcaniques appartenant à la catégorie des volcans explosifs, aux formes coniques et à laves plus visqueuses.

 

299811--CFH-copie.jpg                        San Cristobal  - reliefs volcaniques  -  © Carole & Frédéric Hardy

 

Nous commençons à l'est de l'archipel avec l'ïle San Cristobal, ainsi nommée en l'honneur de Christophe Colomb. Les anglais l'ont baptisé Chatham island.

C'est la seule île a posséder des ressources permanentes en eau fraîche : au sommet, se trouve un petit lac nommé El Junco. Grâce à cette commodité, elle fut la première à être habitée durablement, la première aussi qu'a visité Darwin.

Puerto Baquerizo Moreno est la capitale administrative et la seconde plus grande ville, avec 3.000 habitants.

 

"Un monde en soi" où espèces animales et végétales ont évoluées en présence des seules éruptions volcaniques et à l'abri d'autres influences ... un paradis pour les amoureux de la nature, à savourer de près car la faune ne craint pas l'homme .

 

379703---CFH-copie.jpg                     Touchante maternité - Lions de mer - © Carole & Frédéric Hardy 

 

384207---CFH-copie.jpgLe secret d'une sieste réparatrice  ... décontraction sur roches volcaniques chaudes ! - © Carole & Frédéric Hardy 

 

379853---CFH-copie.jpgUn fou, tout fier de ses "blue suede shoes" - blue-footed booby - Sula nebouxii - © Carole & Frédéric Hardy 

 

293532---CFH-copie.jpgUn héron immature - fam. ardeidae (peut-être héron vert - Butorides striatus, sous réserve) - © Carole & Frédéric Hardy  

 

302049---CFH-copie.jpg               En route vers Santa Cruz  --  © Carole & Frédéric Hardy 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news


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L.A.V.E. - L'Association volcanologique Européenne -, en association avec Nunzio de l'Ezagonal à Sapienza, La Funivia dell'Etna et le Parc National de l'Etna, ont installé une nouvelle webcam à La Schiena del Asino en bordure de la Valle del Bove.

 

.                           http://www.lave-volcans.eu/webcamslave.php

 

Voici une première image ce matin, montrant les sommets pris dans les nuages :

 

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Cette webcam vient compléter les installations existantes :

- webcams INGV Catania

- webcams Etnatrekking

- Webcams RadioStudio7

 

Gageons d'être maintenant bien équipé pour suivre en direct le prochain paroxysme de l'Etna - qui ne saurait tarder - même en cas de saturation d'un des sites.

 

                 *          *            *              *               *             *

 

Après de nombreuses péripéties, deux webcams ont été installées sur l'île d'El Hierro aux Canaries. L'une cadrée sur le port de La Restingua, l'autre sur la zone éruptive de la mer de Las Calmas.

L'autre zone d'éruption possible, dans le secteur de la Frontera, sera prochainement équipée.

 

                 http://www.hierroendirecto.movistar.es/

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour sur les îles Galapagos, grâce aux photos de Carole et Frédéric Hardy.

En guise d'introduction, quelques bulles en compagnie des lions de mer

 

                             © Carole et Frédéric Hardy / YouTube - TheFREDCAROLE

 

 

Petit rappel tectonique :


Géologiquement parlant, les Galapagos constituent, comme d’autres archipels tels que les Acores, la partie émergée d’un système volcanique sous-marin étendu. Celui-ci doit son existence  à sa situation à la limite de confrontation de trois plaques océaniques : la plaque Cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest, et la plaque Nazca au sud.


Galapagos_Plate_map-fr.png                        Les plaques tectoniques voisines de la micro-plaque des Galapagos.


Les plaques Cocos et Nazca sont constitués de fragments de la plaque lithosphérique océanique « fossile » Farallon, au même titre que la plaque Juan de Fuca au large de l’Amérique du nord.

La plaque Farallon, située dans ce qui allait devenir l’océan Pacifique, a commencé à disparaître par subduction sous la côte ouest du continent américain au cours du Jurassique. Il y a 90 à 80 millions d’années, une dorsale océanique orientée est-ouest, la dorsale de Kula, a séparé en deux entités la plaque Farallon. Une partie de la plaque Farallon est encore détectable dans le manteau sous la côte est de l’Amérique du nord.

La dorsale du pacifique-est borde ces plaques ; elle est coupée de différentes zones de failles. La vitesse d’extension rapide qui la caractérise – actuellement 6 à 16 cm. par an – ne lui donne pas l’aspect d’une vallée de rift, mais celui d’un sommet volcanique lissé et parcouru par une crevasse qui cours le long du sommet. Une dorsale « rapide » comme la East Pacific Rise, est, comparée à la dorsale Médio-Atlantique, relativement plus « chaude », ceci signifiant que plus de magma est présent sous l’axe de la dorsale, et que plus d’éruptions volcaniques la caractérisent, et que l’extension se passe de manière « plus fluide » .


F8.medium Schéma de l'évolution du point triple entre 23 Ma et la situation présente - la trace du point chaud est représentée par un petit cercle. - Tectonic reconstruction modified fromMeschede & Barckhausen (2000) / Doc. The Cocos and Carnegie aseismic ridges .

 

Le début de la formation de l'archipel des Galapagos, situé sur la plaque Nazca dans sa zone de jonction avec la plaque Cocos, remonte à une dizaine de milliers d'années.

Des laves se sont répandue sur le plancher océanique pour former la plate-forme des Galapagos, puis ont formé des volcans sous-marins, qui ont émergé il y a environ 5 millions d'années dans la partie orientale de l'archipel. Dans cette partie, le phénomène de subsidence a marqué les îles premièrement formées qui se sont effondrées et constituent des cônes volcaniques sous-marins éteints.

 

Carnegie_Ridge---Mikenorton.pngLe plateau des Galapagos à l'ouest de la Dorsale Carnegie - en pointillés, la subduction de la Carnegie ridge sous la plaque sud-américaine - doc. Mikenorton

 

Galapagos-tectonic-sttingGutscher-et-al-1999.gif                   Tectonique des Galapagos et environs - doc. Gutscher & al. 1999


 

Sources :

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2005

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2002

- An updated digital model of plate boundaries - by Peter Bird
Department of Earth and Space Sciences, University of California, Los Angeles, California 90095, USA

- The Cocos and Carnegie aseismic ridges : a trace element record of long-term plum-spreading center interaction - by Karen S.Harpp & al.

- Tectonic segmentation of the north andean margin : impact of the Carnegie Ridge collision - by M.A.Gutscher & al. - Elsevier 03.1999.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Cette semaine a surtout été marquée par l'éruption fissurale du Niamuragira et l'évolution de l'éruption sous-marine à El Hierro.

 

RDC - Niamuragira :

Une éruption fissurale a marqué les pentes basses du volcan-bouclier Niamuragira en tout début de journée le 7 novembre ; elle nous avait été signalée par Lu Anne Cadd, International Communications officer,  et visible depuis le quartier général du Parc des Virunga.   (Gorilla CD).

Une expédition des services du Parc des Virungas a été organisé pour visualiser l'éruption depuis le sommet de la colline de Rumangao éloigné de 7-12 km.

Elle a pris la journée, étant donné la progression difficile dans la forêt et sur un terrain formé d'anciennes coulées de lave et de grosses pierres couvertes de lichens. Au point d'observation, le sol était couvert de matériaux pyroclastiques noirs et pulvérulents ... et les participants ont décidé de renoncer à aller plus près des fontaines de lave.

Ci-dessous de belles photos diurnes d'impressionnantes fontaines de lave, ce 10.10.2011 :


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nyamulagira-eruption-trek-2410.11.2011-Gorilla-CD.jpg                          Fontaines de lave, cnedres et pyroclastes - photos Gorilla CD


Vendredi, le chef du parc et un volcanologue de l'OVGoma vont rejoindre ce point et décider d'une nouvelle approche.

 

El Hierro : éruption sous-marine en cours.

Le géologue marin de l'IEO - Instituto Espagnol de Oceanografia -  a conclut, sur base d'images recueillies par l'équipe du Ramon Margalef entre le 24 et le 28 octobre, à un changement de forme du volcan et à une "croissance significative" du cône et de la coulée. en superposant deux cartes différentes, il estime que le volcan a émis près de cinq millions  et demi de mètres cubes de matériaux. Le volcan est toujours bien actif et émet des gaz et des particules fines visible de la surface, ainsi que de la lave.

 

 

Ceci vient compléter les données sismiques : les séismes restent majoritairement cantonnés au large d'El Golfo; le niveau du trémor est considéré comme stable le 9 et10.11, avec un sursaut de trois heures (10.11 à partir de 6h00) et des variations d'amplitude.

Les stations GPS montre de légères déformations enregistrées dans la station située à l'est d'El Golfo. Le modèle de déformation reste constant sur les autres stations.


 

Pour le moment, et en raison d'une interdiction de navigation en mer de Las Calmas par la Protection civile, le Ramon Margalef doit rester au port de Los Christianos / Tenerife. (Canarias7)

 

Une analyse du mode de formation des matériaux pyroclastiques flottants - appelés communément " restingolita " -  près du site de l'éruption a été mise sur le site de l'AVCAN par le géologue Juan J. Coello Bravo. (en espagnol).

  

Chili : Cerro Hudson et Cordon-Caulle :

L'OVDAS-SERNAGEOMIN a retrogradé le 2 novembre le niveau du Cerro Hudson à 4 , notifiant que l'éruption débutée le 26 octobre avait cessé. Cependant, entre le 1° et le 6 novembre, on a enregistré entre 16 et 110 séismes journaliers et les images satellites révèlent encore des panaches émis par le volcan.

L'analyse des cendres déposées pendant l'éruption indique la présence de basalte juvénile.

Les 140 personnes évacuées ont été autorisées à retourner chez elles.

 

puyehue_ali_2011308.jpgMalgré qu'elle soit qualifiée de "mineure", l'éruption du Cordon-Caulle s'est manifestée le 4 novembre par un panache clair montant à 5 km. avant de s'étaler vers le nord-est sur 300 km.

NASA image by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team. Caption by Robert Simmon.

Instrument :  EO-1 - ALI - 04.11.2011

 

L'éruption du Cordon-Caulle continue, selon la sismicité relevée, caractérisée par une intensité faible et une émission de cendres peu importante. Il reste un risque d' évènements explosifs mineurs, dus à de possibles obstructions du conduit et/ou à la dynamique propre de l'éruption.

 

Kamchatka :

Les mêmes cinq volcans sont toujours en alerte aviation selon le KVERT : le Shiveluch, le Karymsky et le Kizimen en alerte orange - le Bezymianny et le Gorely en alerte jaune.

 

kizimen_ali_2011.10.26.jpgNASA image by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team. Caption by Robert Simmon. - Instrument:  EO-1 - ALI - 26.10.2011


En ce qui concerne le Kizimen : Une émission de gaz et vapeur a pu être observée entre le 28 octobre et le 2 novembre; ensuite la couverture nuageuse a empêché toute observation visuelle.

L'activité effusive continue de produire d' importantes coulées de lave sur les flancs est et nord-est, accompagnée d'incandescence nocturne au niveau du cratère. Une anomalie thermique est confirmée par les satellites.

 

shiveluch-05.11.2011_dome--ali.jpgLe dôme du Shiveluch, décallé par rapport au sommet, émet un panache le 05 novembre 2011.

NASA image by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team. Caption by Robert Simmon.

Instrument : EO-1 - ALI

 

Une forte anomalie thermique marque le dôme du Shiveluch durant toute la semaine.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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             07.11.2011 - la zone éruptive vue de l'hélicoptère de la Guardia civil / InVolcan

 

Le 8 novembre vers 16h 30, un panache de vapeur s'élève au dessus de la mer de Las Calmas ... selon le journal La Provincia, il s'agit de la plus grande explosion depuis le début de l'éruption, il y a 38 jours : une importante bulle de gaz, cendres et eau est montée à 25 mètres au dessus du niveau de la mer. 

 

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Bouillonnement chargé en matériaux pyroclastiques du à une remontée massive de gaz volcaniques - doc. Television de Canaria / La Provincia.

 


Le 9 novembre vers 6h, l'activité reste forte avec des explosions espacées de 30 à 60 minutes, et des panaches montant à 15-30 mètres. A chaque explosion, le sol vibre et les odeurs de soufre deviennent suffocantes.

Le trémor harmonique est en baisse et l'IGN recalibre sans arrêt sa fréquence de façon à pouvoir contrôler des oscillations à court terme.

 

L'activité sismique continue dans la zone marine d'El Golfo, avec 35 séismes le 09 à 18h17, 99 séismes le 08 et 70 le 07.11., de magnitude comprise entre 3,7 et 1,1 et une profondeur de 16 à 26 km.

 

taux-SO2-ds.-air-04-08.11.2011-AVCAN.JPG                Evolution des concentrations en SO2 dans l'air du 4 au 8 novembre 2011 - doc.AVCAN

 

D'après Nemesio Perez, le directeur de l'institut volcanologique, le volcan relâche journellement une moyenne de 109 tonnes de dioxyde de soufre ; ce SO2 a un impact direct sur la pollution marine, avec formation de la tache verte et sur la vie de nombreux poissons. La mort de ces nombreux poissons désole les habitants du port de La Restingua.

Les mesures des émissions soufrées sont effectuées par télédétection optique grâce à un COSPEC miniDOAS embarqué sur l'hélicoptère de la Guardia Civil.

Les taux de SO2 mesurés restent inférieurs à ceux enregistrés lors d'éruptions subaériennes; ceci en raison de l'interaction entre les gaz volcaniques et l'eau de mer ... elle provoque un abaissement du pH des eaux, comme cela a été mesuré par les navires "Professor Lozano" et Ramon Margalef".

Les craintes ne viennent pas tant des gaz soufrés, mais bien de la concentration en dioxyde de carbone inodore et dangereux, pouvant constituer des nappes denses sur la mer dans les zones proches de La Restingua, et sur l'île dans les zones de bas-fonds.

Le Pevolca a d'ailleurs décidé la fermeture des plages de Puerto Naos et Tacoron à cause des risques de gaz toxiques émis par le volcan, ceci après l'intoxication d'un technicien de l'IGN récoltant des échantillons dans cette zone.

 

Après une baisse à partir de 11h30, l'activité au niveau du jacuzzi a subitement cessé vers midi ... ceci est interprété par les scientifiques comme une possible fermeture de l'évent, ce qui devrait être confirmé par une hausse de la sismicité.

Le Ramon Margalef, sur la zone, va effectuer des prélèvements d'eau et de gaz.

 

Tandis que l'éruption en surface se fait attendre, rien ne va plus entre les spécialistes, et comme le titre "Canarias7" : "Une fissure s'est produite entre les scientifiques qui surveillent le volcan" !

Les désaccords sont si importants que le CSIC et l'IGN ne se rencontrent plus qu'en cas de convocation par le PEVOLCA ... ils se sont même attribué des champs d'investigation différents, en fonction de leur avis différent sur l'évolution de l'éruption. InVolcan et le volcanologue Carracedo sont qualifiés "d'invité" ou de "satellite de la crise".  Ambiance !

 

Sources :

- AVCAN - IGN - Gobierno de Canarias

- Activolcans

- médias : Earthquake report, La Provincia, Diario El Hierro

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Si vous pouvez lire ce qui suit, c'est que les astronomes de la Nasa ne se sont pas trompé dans leurs calculs !

 

L'astéroïde géocroiseur (ou ECA pour Earth Crossing Asteroids), découvert en 2005 par l'astronome Robert Mc Millan (Steward observatory Arizona), est passé cette nuit à 324.600 km. de la Terre, soit 0,85 distance Terre-Lune.


Ce n'est pas vraiment le sujet de ce blog, mais cet évènement exceptionnel mérite d'être souligné : il faut remonter en 1976 pour retrouver un astéroïde passant aussi près de notre planète ... cette année là, personne n'a soupçonné la chose  : 2010 XC, comme l'indique son matricule, ne fut découvert que l'an passé. Frayeur rétrospective, car il n'est passé qu'à la moitié de la distance Terre-Lune.

Le prochain passage d'un astéroïde de cette taille ne se fera pas avant 2028.

 

yu55-20111107-640.jpgThis radar image of asteroid 2005 YU55 was obtained on Nov. 7, 2011, at 11:45 a.m. PST (2:45 p.m. EST/1945 UTC), when the space rock was at 3.6 lunar distances, which is about 860,000 miles, or 1.38 million kilometers, from Earth. Credit: NASA/JPL-Caltech / Goldstone observatory Californy.

 

L'image radar mise à disposition par la Nasa a été prise le 7 novembre à 11h.45, lorsque l'astéroïde était approximativement à 1,38 millions de km.

Il mesure environ 400 mètres de diamètre, soit la taille d'un porte-avion, et ce mastodonte, de masse estimée à 50 millions de tonnes, navigue à 18.000 km/h.

Il passera encore plus près de la Lune, qui même si les orbites sont identiques, se trouvera sur la face opposée de la Terre, à seulement 240.000 km. du corps céleste.

Les premières observations radar ont permis d'établir que sa forme est quasi sphérique et qu'il tourne sur lui-même en 18 heures. sa surface sombre reflète peu la lumière et son passage rapide à proximité de la Lune devrait rendre très difficiles les observations au télescope.

 

Il ne devrait pas avoir d'influence gravitationnelle détectable sur Terre, ni au niveau des marées, ni au niveau des plaques tectoniques.

 

Cette apparition rare devrait être mise à profit pour compléter les connaissances concernant sa structure et sa composition, grâce à l'observation par les systèmes radars de l'observatoire d'Arecibo, à Porto Rico, les radio-télescopes d'Array et de Green Bank.

L'observatoire spatial Herschel,de l'agence spatiale européenne (ESA) devrait faire des mesures dans le lointain infra-rouge pour déterminer la température et la composition de l'astéroïde.

 


 

Sources :

- NasaJet Propulsion Laboratory - Asteroid watch - link

- Arecibo observatory - link

- Herschel Space Observatory - link 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

     

Nous terminons notre tour dans le nord du Chili, par un volcan déjà aperçu lors d'une précédente étape : le Licancabur.

 

Licancabur-nuages-lenticulaires---Nasa.jpg                  Nuages lenticulaires sur le Licancabur et la Laguna Verde - photo Nasa.

 

Le cône symétrique du stratovolcan Licancabur est situé à cheval sur la frontière entre la Bolivie et le Chili.

Le volcan s'est construit durant l'holocène et possède un cratère sommital de 400 m. de large abritant un lac, considéré comme un des plus haut du monde (mensurations : 90 sur 70 m.).

 

P1030582.JPG             Licancabur : le cratère sommital et son lac glacé  -  ©Pierre Gondolff 05.2011


Ce lac est couvert de glace presque toute l'année, et abrite une faune planctonique, malgré la température qui peut chuter à moins 30°C., la faible teneur en oxygène et un rayonnement UV fort, à cette altitude.

Le lac a été analysé en 2003 par la Nasa en raison de similitude avec d'anciens lacs martiens.

 

Licancabur lake - Nasa

 Le lac de cratère du Licancabur, à un rare moment où il n'est pas pris par les glaces  - doc. Nasa

 

Son activité la plus récente a produit des coulées de lave en bloc  andésitiques qui s'étendent sur ses flancs sur 6 km. Des coulées plus anciennes se sont déplacées sur 15 km., ainsi que des coulées pyroclastiques sur au moins 12 km.

 

L'ascension ne peut se faire que par le côté bolivien ... le versant chilien étant miné, reliquat de la guerre qui a opposé la Bolivie et le Chili entre 1879 et 1884, à la suite de laquelle la Bolivie perdit son accès à la mer (avec la province d'Atacama) et une partie de ses mines de nitrates.

Des ruines Inca sont situées près du sommet, preuves de sa fréquentation pré-Colombienne et de l'absence d'éruptions majeures au cours des derniers 500-1.000 ans.

Son nom signifie "montagne du peuple" , dans le langage Atacameno (lican = peuple - cabur = montagne).

 

P1030574 copie Vues du sommet du Licancabur, les laguna Verde (à gauche) et Blanca (à droite)  - © Pierre Gondolff 05.2011

 

La Laguna Verde est un lac salé situé au pied du Licancabur à 4.300 m. d'altitude; il doit sa couleur verte aux sédiments chargés en cuivre.

Un mince couloir le sépare de la Laguna Blanca, aux eaux plus pâles et opalescentes, couleur causée par la haute charge en minéraux. Ses caractéristiques : 5,6 km. sur 3,5 - 10,9 km² - 4.350 mètres d'altitude.

 

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    Cairns en bordure de la Laguna Verde - en arrière-plan, le Licancabur - photo Altitude Rando

 

De nombreux cairns ont été dressés par les natifs, à proximité et sur les pentes du volcan, réminiscence d'une légende ancienne : pour calmer le courroux des dieux, les anciens portèrent de nombreuses pierres et cadeaux au sommet, à près de 6.000 mètres; là, ils édifièrent des cairns et y firent des prières ... ils s'en retournèrent "légers" et apaisés.

 

 

P1030579.JPG Belle perspective sur le volcan éteint Juriques et son cratère large de 1500 m., du sommet du Licancabur - © Pierre Gondolff 05.2011

 


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     Adieu au nord Chili, sur un vol de flamants qui visitent ces hautes lagunes  - © Antony Van Eeten


Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Licancabur expedition 2003 - exploring the highest lakes on earth

- Cimes et sommets - le Licancabur - renseignements pour l'ascension

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                      L'Uturuncu en avril 2003  - photo Steve Sparks / GVP

 

Le volcan Uturuncu, le pic le plus haut de bolivie avec ses 6.008 mètres, voit sa dernière éruption remonter au Pléistocène ... soit entre 2,58 Ma et 11.500 ans.

Un récent travail de terrain a permis de constater que les coulées de lave andésitiques et dacitiques prédominent sur ses flancs, mais aucun dépôt pyroclastique n'a été observé.

Il présente de nos jours une activité fumerollienne près de son sommet, répartie en deux champs actifs avec une production substantielle de soufre, et des aires argilo-siliceuses d'altération hydrothermale.

 

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P1030735.JPG                 Approche du sommet de l'Uturuncu en mai 2011 - photos © Pierre Gondolff 


Depuis 1992, d'importantes déformations au niveau du sol, ainsi qu'une sismicité, indiquent qu'un système magmatique est toujours présent. La détection par satellite et les mesures InSar révèlent que l’Uturuncu et ses environs – une zone de 70 km. de diamètre – gonflent avec un ration considérable de 1 à 2 centimètres par an (Pritchard and Simons, 2002); Des séismes persistants de bas niveau,  proches du centre de déformation observé par les satellites (15/heure et magnitude entre 0,5 et 1,5, à 3-4.000 m. sous la surface ... plus superficiel que la source de déformation) caractérisent une source localisée sur le flanc NO.

… ce qui laisse supposer une recharge de la chambre magmatique correspondant à un mètre cube par seconde, ce qui est de loin supérieur à ce qui se passe dans les autres systèmes magmatiques.

 

deformations-M.Pritchard---GVP.jpgInterferograms (draped over shaded relief) indicate active deformation; each color cycle corresponds to 5 cm of deformation in the radar line-of-sight (LOS). The LOS direction from ground to spacecraft (black arrow) is inclined 23° from the vertical. Black squares indicate radar frames, and black triangles show potential volcanic edifices. Courtesy of Matthew Pritchard.

 

Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi ce volcan connaît une « expansion » aussi rapide et longue.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Uturuncu

-   A satellite geodetic survey of large-scale deformation of volcanic centres in the Central Andes: Pritchard, M., and Simons, M., 2002, in Nature.

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