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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                   Le Parinacota (à gauche) et le Pomerape -  ©Pierre Gondolff 05.2011


Le groupe volcanique Cerros de Payachata se compose de deux volcans jumeaux élevés : le Parinacota et le Pomerape ... Payachata signifiant jumeaux en langage Aymara.

Les deux volcans chevauchent la frontière entre le Chili et la Bolivie et peuvent être escaladés au départ de chaque pays.

 

Nevado-de-Payachata-group---Lee-Siebert.jpgLe Paranicota (à droite) et le Pomerape (à gauche) forment le groupe Cerros de Payachata - à l'avant-plan, l'avalanche de débris en hummocks abrite des Yareta (Llareta) - Azorella compacta - une apiacée vivant entre 3.200 et 4.500 mètres d'altitude. - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Dossier-26-4871-copie-JMM.jpg La Llareta ressemble à une mousse dure  ... mais évitez de vous assoir dessus ! - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

-Azorella_compacta_close-up---ph.Anypodetos.JPG

L'Azorella compacta est une plante adaptée aux sols légers et drainés, dans un environnement nutritionnel pauvre, et à une insolation forte ; sa forme compacte lui permet de réduire les pertes caloriques ; sa position proche du sol la fait bénéficier de un à deux degrés de plus que dans l'air ambiant, grâce aux radiations  retransmises par le sol foncé de la Puna.

Close-up sur l'Azorella et ses fleurs hermaphrodites (fanées) - photo anypodeta.

Sa croissance est lente : 1,5 cm. par an; certaines plantes peuvent atteindre l'âge vénérable de 3.000 ans. Cette plante forme des coussins très durs, épais de 12 cm, de couleur vert-pomme à vert-bronze, et produit une résine contenant des diterpènes à haut pouvoir calorifique ; elle est utilisée comme combustible dans cet environnement sans arbres.

 

Dossier-26 7070 copie

 

Ces volcans sont situés dans le parc national Lauca, lui-même partie, avec la réserve nationale Las Vicunas et le monument naturel Salar de Surire, de le réserve de la biosphère Lauca, créée en 1981.

 

 

Dossier-26 7326 copie Parinacota

                     Parinacota : l'église, le village et le volcan -  © Jean-Michel Mestdagh 

 

Le Parinacota - "lac aux flamants " en aymara - est un stratovolcan potentiellement actif, culminant à 6.348 mètres. Bien qu'aucune observation directe d'activité éruptive n'ait été enregistrée, la datation des coulées fait remonter la dernière activité  aux environs de 290.

L'effondrement de son flanc ouest, il y a 8.000 ans, a profondément marqué la topographie locale. Une avalanche de débris de 6 km³ s'est déplacée sur 22 km. en direction ouest, bloquant les drainages et créant le lac Chungará, le plus haut lac d'altitude.

La surface en hummock de cette avalanche de débris a favorisé aussi l'installation de mares et du lac Cotacotani.

L'activité subséquente a reconstruit le nouveau Parinacota, qui contient un cratère sommital de 300 m. de large, et de jeunes coulées sur les flancs ouest.

 

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Le Parinacota surmonte des dômes de lave andésitique à rhyolitique et des coulées qui bordent la laguna Chungará  -  © Jean-Michel Mestdagh

 

Parinacota-cratere---summitpost.JPG                                   Le cratère du Parinacota - photo Summitpost.

 

Parinacota_Volcano-_South_America-ISS-copie.jpgAstronaut photograph ISS029-E-20003 was acquired on October 7, 2011, with a Nikon D2Xs digital camera using a 400 mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 29 crew. Caption by William L. Stefanov, Jacobs/ESCG at NASA-JSC.

 

Le Pomerape, l'autre jumeau, est un stratovolcan datant du Pléistocène, considéré comme éteint ; haut de 6.222 mètres, il est relié au Parinacota par un ensellement.

 

Pomerape---de-la-base-du-Parinacota---Summitpost.JPG               Le volcan Pomerape, vude la base du Parinacota - photo Summitpost.


Son ascension nécessite des qualités d'alpiniste, et peut même être rendue impossible selon la saison (de décembre à avril), en raison de la présence des "Penitentes". Ces formations neigeuses, ainsi appelées pour leur ressemblance avec la cagoule pointue des pénitents de la Semaine Sainte, sont caractéristiques des "Andes sèches" au dessus de 4.000 mètres. Ce sont des pinacles de neiges ou glace, parfois aussi grands qu'un humain, prenant la forme de minces feuilles proches les unes des autres, et orientées selon l'ensoleillement.

 

Penitentes_Upper_Rio_Blanco_Argentine---ph.Qu3a.jpgDes "penitentes" dans les andes - les pinacles ont 1,5 - 2 m. orientés vers le nord, selon un angle de 11° correspondant à la position du soleil à midi - photo Qu3a / wikipedia


 

Sources :

- Global Vlcanism Program - Parinacota

- USGS - Glaciers of the Dry andes - Louis Lliboutry- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

A proximité de la frontière entre le Chili et la Bolivie, le volcan Isluga se situe à l'ouest d'une chaîne qui comprend le volcan érodé Saxani et le Tata Sabaya en Bolivie.

 

Dossier-26-6344-copie--Isluga.jpg                    Le village de Cariquima, au pieds du volcan Isluga - © Jean-Michel Mestdagh

 

Chaine-de-l-Isluga-Nasa-space-shuttle-2004-copie.jpg

La chaîne de volcans située à la frontière Chlio-Bolivienne, de l'Isluga au Saxani ; à l'ouest de ce dernier, le Tata Sabaya, marqué par son ombre importante, est responsable de l'avalanche de débris ponctuant le sol blanc du salar de Coipasa. - d'après une image NASA Space Shuttle image ISS009-E-6849, 2004

 

 

Le stratovolcan Isluga, haut de 5.550 m., est coiffé d'un cratère bien préservé de 400 m. de large, logé à l'ouest de la région sommitale couverte de neiges éternelles. Des coulées de lave, d'âge post-glaciaire, présentent un front proéminent sur les bas-flancs ouest du volcan. L'une d'entre elles a détruit plusieurs villes en 1878. Plusieurs éruptions ont été signalées au 19° et 20° siècles.

 

Dossier-26-6606-copie---Surire-JMM.jpg

               Salar de Surire -Salar, lac alpin et plaine de haute altitude - © Jean-Michel Mestdagh


Proche de la ville côtière d'Arica, le salar de Surire est très différent de l'Atacama : plus sauvage, moins fréquenté, aux couleurs passant du bleu au vert jade, et doté d'un écosystème de haute altitude et d'une faune abondante. Il doit son nom au nandou de Darwin, un cousin américain des autruches, appelé "suri" en dialecte aymara.

 

Dossier-26-6510-copie.jpg        Salar de Surire : suri ou nandou de Darwin - Pterocnemia pennata - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Dossier-26-6684-copie-Surire.jpg                Salar de Surire : Mine de Borax / sel - © Jean-Michel Mestdagh


Sur la rive nord du lac, les chiliens exploitent une mine de sel, dont ils extraient du borax ; cette substance est utilisée dans divers domaines: de la cosmétique à la fabrication d'engrais et de pesticides, de la porcelaine à l'industrie verrière en passant par les composants électroniques.

Les températures hivernales y oscillent entre moins 15°C la nuit et 5°C le jour.

 

Dossier-26-6576-copie---Surire---JMM.jpg                      Salar de Surire - concrétions colorées - © Jean-Michel Mestdagh 

 

La réserve nationale de Las Vicunas s'étend sur 131 hectares, à une altitude comprise entre 4.300 et 5.800 mètres; l'amplitude des températures y est grande entre le jour et la nuit, et selon la saison - de +15°C à -15°C - avec un temps sec, ponctué toutefois de pluies printanières et de neiges hivernales.

 

Dossier-26-6715-copie---Las-vicunas.jpg   Las Vicunas R.N. - De paisibles vigognes broutent une végétation rase - © Jean-Michel Mestdagh


Outre les vigognes sauvages qui lui ont donné le nom, on y retrouve de nombreux lamas; ce biotope a été occupé depuis toujours, comme en témoignent des vestiges de civilisations pré-Colombiennes, tels que des autels aymara.

Divers villages aymara subsistent toujours dans cette région, ponctuée de hauts sommets fort appréciés par les grimpeurs Puquintica (5,780 m), Aritinca (5,999 m), Salle (5,403 m) Belén (5,260 m) and Anocariri (5,050 m).

 

Dossier-26-6874-copie---Guallatiri-JMM.jpg                                Le volcan Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-6878-copie---Guallatiri.jpg                        L'église et le village de Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Le village de Guallatiri est un sympathique point de contrôle des passeports au pied du stratovolcan du même nom.

Une cinquantaine de maisons séparés de ruelles étroites composent ce village pré-hispanique; son église du 17° siècle, blanchie à la chaux, possède un clocher séparé orné aux quatre coins.

 

Le volcan Guallatiri fait partie du groupe volcanique "Nevados de Quimsachata", qui compte deux autres stratovolcans : le Cerro Acotango (6.050 m.) et le Capurata (5.990 m.) Le Guallatiri haut de 6.071 m., est situé le plus à l'ouest du groupe, et ainsi soumis au courant du Pacifique, ce qui l'empêche d'être chapeauté en permanence par les glaces.

Un dôme, ou un complexe de dômes dacitiques, le coiffe et son évent actif est situé sur son flanc sud. Ses flancs ouest et nord sont tapissés de coulées de lave andésitiques à rhyolitiques.

On rapporte des explosions mineures courant 19° siècle; actuellement, une intense activité fumerollienne, accompagnée de sons continus semblables aux bruits d'un réacteur, et de nombreuses solfatares s'étendent sur le flanc ouest, jusqu'à 300 m. sous le sommet.

 

Dossier-26-6903-copie.jpgFumerolles rabattues par les vents et solfatares, sous le sommet du Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Isluga

- Global Volcanism Program - Tata Sabaya

- Global Volcanism Program - Guallatiri

 

  

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