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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’éruption commence en janvier 1796 ; elle va durer jusqu’en novembre 1822 . Elle est classée de VEI 3. George Poulett Scrope, un géologue britannique, nous transmet un dessin d’une colonne subplinienne parcourue d’éclairs, observée en octobre 1822.

 

Vesuvius-er-subplinienne-10.1822-J.P.Scrope.jpgVésuve - l'éruption subplinienne d'octobre 1822 - doc. "The Eruption of Vesuvius as seen from Naples, October 1822" from V. Day & Son. In G. Julius Poullet Scrope, Masson, 1864. Historical Draw from George Julius Poulett Scrope (1797-1876)

 

 Après 1834, l’activité du Vésuve va se limiter à l’intérieur du cratère principal.

 

Vesuve-1858-hornitos---Alfano---Friedlander---SOL-copie-1.jpg

Vésuve - éruption de mai 1858 - durant cette phase éruptive, de nombreux hornitos se sont formés, produisant de grandes quantités de lave et constituant un attrait touristique - doc. in Die Geschichte des Vesuv: illustriert nach gleichzeitigen Urkunden» by G. B. Alfano und I. Friedlaender; Berlin : Reimer, 1929 /  avec l'aimable permission de M. Fulle / Stromboli on line.

 

Le 28 mai 1858, six fissures radiales s'ouvrent dans le secteur nord-ouest du volcan, des coulées s'en échappent. L'une d'elles envahit Fosso della Vetrana, Fosso Grande et Piano del Ginestre ; 120 millions de mètres cubes de lave sont émis. Cet épisode fait partie de l’éruption répertoriée par le GVP, de VEI 3, qui dura de décembre 1855 à décembre 1861.

 

Vesuivio_Eruzione_26.04.1872---corr.jpg              La fin de l'éruption, le 26.04.1872 /15h., vue de Naples - photo Giorgio Sommer.

 

Le 26 avril 1872, dans le secteur nord-ouest du volcan, une fissure s'ouvre, 20 millions de mètres cubes de lave envahissent l'Atrio del Cavallo, coupant la retraite à vingt spectateurs imprudents qui périssent. Le fleuve de lave se divise alors en deux bras au niveau de la colline de l'observatoire volcanologique. La coulée du nord passe à travers Fosso della Vetrana, Fosso Faraone, détruit Massa et S. Sebastiano. Le deuxième bras de lave descend au sud de l'observatoire, les volcanologues qui travaillent dans le bâtiment sont entourés de roches en fusion, isolés du monde pendant quatre jours. Après la fin de l'activité effusive, le 27 avril, des explosions spectaculaires ont lieu au sommet du volcan et fait l’objet de la photo prise de Naples.  Après cette éjection massive de lave, le 1er mai, le cône sommital s’effondre, marquant la fin de cette phase d’activité .

L’éruption est classée de VEI 3 par le GVP, et datée d’entre décembre 1870 et fin avril 1872.

 

Une éruption débutée en décembre 1875 va durer jusqu’en avril 1906 ; l’activité du mois d’ avril 1906 est bien documentée et se divise en trois phases.

La première phase, caractérisée par une activité mixte, dure du 4 au 8 avril. Le 4 avril au matin, une fissure radiale s'ouvre sur le flanc sud à un niveau élevé sur le cône; de la lave s'écoule. Dans la nuit du 4 au 5 avril la faille s'agrandit, vers minuit une deuxième coulée de lave à 1.050° c surgit. Les 6 et 7 du mois, les flancs de la montagne s'ouvrent à 600 mètres d'altitude, des épanchements de lave détruisent partiellement Boscotrecase. Pendant ce temps le cratère central est le siège d'une activité explosive qui devient forte dans la nuit du 8_avril. Des cendres et des blocs tombent sur Ottaviano et S. Giuseppe, les toits des maisons sont enfoncés. La charpente de l'église de S. Giuseppe s'effondre faisant 105 morts.

La deuxième phase est une activité essentiellement gazeuse, elle a lieu le 8 avril. La montagne tremble très fortement à des intervalles de temps de plus en plus courts. Dans la nuit du 8, à 3 heures 30, une fontaine de lave et de gaz sort avec force du cratère, elle atteint 600 mètres de hauteur. L'après-midi les cendres montent à 13 mille mètres. Des éclairs traversent le panache de poussières, la vitesse des gaz atteint 500 mètres par seconde, leur température est de 400° c. Le volume total de produits volatils émis est de 3600 kilomètres cubes. Cette force incroyable érode les parois du cratère qui s'effondrent. Cette phase, le point culminant de l'éruption, dure 18 heures.

09.04.1906---vesuve---oregonstate.gifLa troisième et dernière phase, surtout caractérisée par des explosions de cendres, se situe du 9 au 22avril.

Vésuve - le panache de cendres le 09.04.1906 - photo Oregonstate Univ.

 

Le 13 et le 14, le cône du Vésuve est recouvert de cendres blanches riches en sulfates. Les habitants croient qu'il a neigé ! L'accumulation de poussières volcaniques sur les flancs est tellement importante que des coulées de boue se déclenchent, endommageant gravement Ottaviano. L'éruption de 1906 décapite le sommet du cône dont l'altitude baisse de plusieurs centaines de mètres. Le cratère a 800 mètres de diamètre. Les dégâts provoqués par les coulées de lave sont peu importants. Ce sont surtout les chutes de cendres et de blocs qui ont endommagé ou détruit les habitations et les plantations.

 

printemps-1944---US-Navy.jpg             Vésuve - dernière éruption en pleine guerre, au printemps 1944 - photo U.S. Navy


La dernière éruption historique du Vésuve se déroule de septembre 1913 à avril 1944.

Le 1er mars 1944 les volcanologues observent sur les sismographes une diminution du trémor harmonique et une apparition de chocs spasmodiques qui sont dus à l'ouverture d'une faille dans le fond du foyer. En même temps le niveau du magma baisse dans la cheminée, l'activité des jets de lave faiblit. Le 11 mars, une partie du cône de scories central s'écroule dans la cheminée vide. Une succession d'explosions et d'effondrements a lieu dans le cône.

Le soir du 17 mars, l'activité cesse complètement. Le 18 mars à 14 heures, l'activité sismique devient plus forte, deux heures plus tard la cheminée s'ouvre avec des explosions puissantes auxquelles succèdent des coulées de lave. Les roches en fusion remplissent le cratère puis débordent pendant trois jours en plusieurs coulées. L'épanchement le plus important recouvre le sol de l'Atrio del Cavallo et descend la vallée étroite entre la colline de l'observatoire et l'extrémité ouest de la Somma. Sa vitesse est de 100 mètres par heure, sa viscosité de 9 x 104 poises.

Le 21 mars la petite ville de S. Sebastiano et le village de Massa sont détruits. Une petite coulée descend la pente ouest du volcan, elle engloutit le téléphérique et passe sur les rails de l'ancien chemin de fer à crémaillère. Une troisième coulée se dirige vers le sud. Pendant ce temps le cratère central est le siège de très fortes explosions.


Vesuve---archives-1944-eclairs.JPG558px-340th_Bombardment_Group_B-25_Mitchell_covered_with_as.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le panache parcouru par des éclairs électrostatiques - doc. archives 1944  -- à droite, un bombardier B25 recouvert de cendres, le 23.03.1944 - doc. 489th Corsica / National Archives & Records Administration

 

Le 20 mars des fontaines de lave montent à 70 mètres de hauteur.

Le 21 mars l'activité effusive cesse. De grandes quantités de produits pyroclastiques tombent sur les flancs du volcan et donnent naissance à des avalanches de cendres.

Le 22 mars à 17 heures, la cheminée s'effondre, mais trois heures plus tard elle est de nouveau dégagée par de fortes explosions.

Le 23 mars, des tremblements de terre sont accompagnés de puissantes explosions de cendres. Les panaches en forme de choux-fleurs sont sillonnés d'éclairs l'accumulation de cendres est tellement importante sur les flancs que les pluies provoquent des fleuves de boue. A Terzigno, 5 kilomètres à l'est du cratère, il y a 80 centimètres de poussières volcaniques. A 28 kilomètres, à Cava dei Tirreni, il y en a encore 30. Les cendres sont tombées jusqu'en Albanie. Au sud-ouest par contre, à Torre del Greco, la chute de produits pyroclastiques a été faible. Le vent dominant a beaucoup influencé les retombées.

Le 26 mars, des cendres blanches sont éjectées, elles annoncent la fin de l'éruption.

Le 29 mars, tout s'arrête.

On a évalué à 21 millions de mètres cubes le volume des coulées de lave, à 18 millions de mètres cubes celui des fragments laviques et à 30 millions de mètres cubes celui des cendres éjectées durant l'éruption. Le cratère a changé ; il a dorénavant un diamètre de 500 mètres et une profondeur de 300 mètres, son volume est trois fois moindre qu'en 1906.

Les chercheurs de l'observatoire du Vésuve ont calculé l'énergie libérée par l'éruption de 1944: elle fut supérieure à 6 x 1012 joules.

 

Actuel---depots-superieurs-de-er.-1944---R.Scandone.jpgVésuve - Les dépôts de tephra de l'éruption de 1944 recouvrent une couche plus claire formée par une coulée de lave de date antérieure - photo Roberto Scandone, 1989 (University of Rome).


Le Vésuve n'a plus eu d'éruption depuis, seule une activité fumerollienne existe. En 1950, la température des fumerolles de la paroi du cratère oscille entre 263° et 550° C. Le 18 février 1952 il y a de grands effondrements dans le cratère qui soulèvent des poussières, les habitants croient à une nouvelle éruption. La profondeur n'est plus que de 230 mètres. De 1961 à 1965, les sismographes enregistrent de petits tremblements de terre dus à des remaniements dans la cheminée, la température des fumerolles augmente, on mesure 650° c sur la paroi est, mais l'éruption attendue ne se produit pas.

 

vesuve_Carlo_Tripodi.jpgVue zénitale de l'actuel cratère du Vésuve - l'échelle est donnée par les bâtiments (carrés blancs) - photo Carlo Tripodi.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Guide des volcans d'europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Vésuve, sensu stricto, nait après l'éruption de La Somma en 79. Son activité est marquée par 22 épisodes éruptifs entre 172 et l'an 1500.

 

La plus importante éruption depuis celle de Pompéi survient en 1631-32. Elles sont classifiées toutes deux par le GVP d'un indice d'explosivité volcanique identique : "5 ?".

Maurice Krafft nous la relate :

" Après 130 ans de calme, alors que la végétation s'est installée jusqu'au sommet et que l'Atrio del Cavallo est habité et cultivé, le Vésuve se réveille.

 

Entre juillet et décembre 1631, des tremblements de terre ébranlent le volcan. En décembre, l'eau manque dans les puits, les animaux domestiques hurlent la nuit.

Le 16 décembre au matin, des cultivateurs voient un nuage étrange, traversé d'éclairs au-dessus du cratère. Brusquement des explosions fortes expulsent les lambeaux de lave en fusion et des nuages de cendres forment comme des pins parasols au-dessus du volcan. Tout autour de la montagne de feu, l'obscurité s'installe. Vers 11 heures du matin, des fissures s'ouvrent au pied nord du cône, des laves sont vomies qui envahissent l'Atrio del Cavallo. Des nappes de gaz toxiques se répandent, 40.000 habitants pris de panique cherchent refuge à Naples.

 

  1631-gravure-de-Battista-Passaro-Simkin---Siebert.jpg

Gravure de l'éruption du Vésuve en 1631 par Battista Passaro / collection des Krafft, in Simkin & Siebert 1994.

Elle nous montre une colonne éruptive verticale et une toute première représentation de coulées pyroclastiques atteignant la mer.

 

Dans la nuit du 16 au 17 décembre des secousses fortes mettent les habitations en péril. Le lendemain matin, à 7 heures, le sommet du volcan est décapité par une formidable explosion. Des blocs gigantesques sont projetés à plusieurs centaines de mètres de hauteur. A 9 heures, une coulée de boue impressionnante descend sur le côté ouest du Vésuve; elle détruit plusieurs villages et se jette dans la mer. Au même moment un fort tremblement de terre donne naissance à trois lames de fond. A 10 et 11 heures, des coulées de laves jaillissent de deux fissures radiales sur le flanc ouest et sud-ouest du volcan, elles atteignent une vitesse de 3 kilomètres à l'heure; très vite Portici et Pugliano sont ensevelis de même que la Scala et la partie ouest de Torre del Greco. Une coulée issue du sud-ouest se divise en deux, elle engloutit la zone entre Camaldoli della Torre et Torre Annunziata pour s'arrêter dans la mer. A midi, à Naples, il fait nuit, tellement il y a de cendres dans l'air.

Le 18 décembre, les explosions et les effusions s’arrêtent. Quand le nuage de cendres et de vapeurs se dissipe, les habitants constatent que le Vésuve est décapité de 168 mètres ; pourtant l'activité se poursuit jusqu'aux premiers jours de 1632 par quelques petits tremblements de terre et des éjections de cendres.

L'éruption a entraîné la mort de 4.000 personnes et de 6.000 animaux domestiques. Boscotrecase, Torre Annunziata, Torre del Greco, Pugliano, Portici et Resina ont été détruits ou endommagés par les laves. Les chutes de cendres ont causé des dégâts à S. Anastasia, Somma et Ottaviano. Les coulées de boue ont plus ou moins englouti Massa, Pollena, Ottaviano et quelques autres villages. A Naples, la couche de cendres atteint 30 centimètres d'épaisseur. Les poussières volcaniques sont allées jusqu'à Constantinople.

En plus du sommet décapité, le diamètre du cratère passe de 600 à 1600 mètres. La végétation au pourtour du volcan a disparu. La topographie entre Naples et Castella Mare a subi de très grands changements. Après un repos de quatre ans, des jets de lave édifient un cône de scories dans le cratère." 

 

Ce sera ensuite les années fastes, avec les représentations napolitaines de Lord William Hamilton, qui fut ambassadeur à Naples entre 1764 et 1800. Fasciné par le Vésuve, il relate avec force notes de terrain et croquis l'activité du volcan; il interroge les fermiers locaux et les personnes qui grimpent le volcan, collecte des roches pour les envoyer en Angleterre.

 

Lord Hamilton, utilise le registre de sorties des processions pour dater les éruptions passées du volcan; c'est ainsi qu'il nous raconte que lors de la grande éruption du Vésuve en octobre 1767, les cendres tombent sur la ville de Naples durant deux jours, recouvrant maisons et bateaux en mer de scories.

 

Il édite, en 1776, un livre qui fera date : "Campi Phlaegraei, Observations on the volcanoes of the two Sicilies". Ce livre, abondamment illustré, rappelle les éruptions du Vésuve en 1756, 1760, 1767 et 1771, ainsi que l'évolution du cratère lors de l'éruption de 1767.

 

lavafountain.jpgplinian.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vésuve - éruption plinienne de 1779 - à gauche, le 8 août : une énorme fontaine de lave atteint la hauteur de 4.000 mètres au dessus du cratère; le panache est rempli d'éclairs et  des retombées de tephra se font hors de l'enceinte de La Somma. -  à droite, le 9 août au matin, le panache éruptif est plus clair et des bombes retombent dans la Valle dell'Inferno, entre le cône et la paroi de La Somma.

doc. : "Les Fureurs du Vésuve"  Découvertes Gallimard - Albums GT 10037 (ZB Zürich); Originals in: Hamilton, William: "Campi Flegrei. Observations on the volcanoes of the two Sicilies as they have been communicated to the Royal Society of London", Naples 1776. - Avec l'aimable autorisation de M. Fulle / Stromboli on line.

 

1794-P.Alessandro-D-Anna---SOL--.jpg

Vésuve - éruption de 1794 - par P. Alessandro D'Anna in: P. Gasparini S. 234: Un Viaggio al Vesuvio, Liguori Editore - - Avec l'aimable autorisation de M. Fulle / Stromboli on line.

 

Après de forts tremblements de terre, le 15juin 1794,  une puissante explosion de cendres a lieu dans le cratère sommital, puis une fissure large de 50 mètres s'ouvre sur le flanc sud ouest, quatre bouches la couronnent D'une cinquième bouche un fleuve de lave prend naissance et à 6 heures le lendemain matin, il atteint Torre del Greco qui est engloutie. La quantité de lave émise est de 27 millions de mètres cubes.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Stromboli on line - Vesuvius and Campi Phlegrei - paintings - historic eruptions - link

 

 
   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Vers 1860, le directeur des fouilles à Pompéi, Giuseppe Fiorelli, mit au point une ingénieuse méthode de moulage permettant de "visualiser" les corps organiques emprisonnés dans les coulées de l’éruption.

En versant du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de pierre ponce et cendres compactées, des corps d’humains et d’animaux, emprisonnés jadis dans cette gangue et décomposés au cours du temps, apparaissent dans l’attitude qui fut la leur au moment où la mort les a surpris.

 

vesuve-eruption-79-fig16.jpg

Des cadavres furent ainsi révélés, en 1863, dans la "Vicolo degli scheletri " ; la ruelle étroite, bordée de grands murs sans fenêtres, avait été remplie par des matières volcaniques jusqu’à 5 mètres de hauteur … et c’est à cet endroit qu’on a trouvé des cadavres séparés les uns des autres. Leur expression différente laisse supposer de plus ou moins grandes souffrances au moment de la mort : une femme est couchée sur son côté dans une pose tranquille et naturelle ; elle  doit avoir été asphyxiée rapidement par des dégagements gazeux et est morte sans convulsions. Une jeune fille est couchée à plat ventre plus loin, la face appuyée sur son bras gauche et les jambes crispées, une main tient un pan de sa robe dont elle a essayé de se couvrir … elle est morte dans d’affreuses souffrances ! Un troisième cadavre a les mains fermées convulsivement et ses vêtements sont repoussés dans les mouvements de l’agonie.

Un chien retrouvé à un autre endroit n’a pas eu une fin tranquille, et semble avoir suffoqué avant d’y rester, les pattes battant l’air.

 

Pompeji_getoteter_Hund.jpg

                                               photo claus Ableiter

Pompeii_Garden_of_the_Fugitives_02-copie.jpgPompéi - "Le jardin des fugitifs" - les positions des corps attestent d'un combat pré-mortem  ... surtout pour celui du fond - photo Lancevortex.


A Herculanum, située sur une falaise  surplombant la mer, la cité fut ensevelie sous une succession de coulées et surges pyroclastiques. Les squelettes de 80 personnes qui avaient trouvé refuge dans les abris à bateau bordant la plage en contrebas ont été découvertes dans les dépôts du premier surge.

 

Herculaneum_Bootshaeuser.jpg                         Herculanum - les hangars à bateaux - photo Matthias Holländer.

 

-Scheletri-ercolano-dettaglio---wikipedia-it.-BobFog.jpg                   Herculanum - les squelettes retrouvés dans les hangars à bateaux - photo BobFog


Bien que protégées d’un impact direct, elles ont été tuées par le surge, dont la température s’était brutalement abaissée à environ 500°C : elles sont mortes instantanément, à cause d’un choc thermique fulgurant, sans asphyxie comme à Pompéi.

Il a été prouvé qu'une exposition à un surge à au moins 250°C, à une distance de 10 km. de l'évent, est suffisant pour causer la mort d'une personne, même à l'intérieur d'un immeuble.

 

La posture naturelle des squelettes a été préservée ainsi grâce à la Herculanum-victims-of-vesuvius-in-791.jpgconservation des connections anatomiques entre leurs os. L’aspect des fissures dans l’émail dentaire et la coloration des os indiquent une température de près de 500°C, compatible avec celle déterminée par paléomagnétisme sur une tuile à l’extérieur des abris à bateau. Ces êtres humains n’ont pas eu le temps de développer une réaction de défense, leurs mains et leurs pieds se sont contractés en une seconde sous l’effet thermique et la position des corps fixée par une déflation soudaine du lit de cendres. Leurs tissus mous furent vaporisés, et leurs restes recouvert par les dépôts pyroclastiques.

 

La notoriété d'Herculanum a été éclipsée par celle de Pompéi, mais le site regorge de témoignages bien conservés sous d'épaisses couches de pyroclastes. Dans une boutique attenante à la maison de Neptune et Amphitrite, on a retrouvé le comptoir et la mobilier en bois ... carbonisé, mais portant des amphores alignées sur les étagères.

 

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                       Herculanum - Maison de Neptune et Amphitrite - photo T. Brighton

 

Sources :

- Herculaneum victims of Vesuvius in AD 79 - The eruption’s first surge instantly killed some people sheltering from the impact. - par G. Mastrolorenzo & al. - link

- Lethal thermal impact at periphery of pyroclastic surges : evidence at Pompéi - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L'éruption de La Somma, en 79 après JC, est resté célèbre pour avoir été la première à être décrite de façon presque scientifique par un observateur, et pour avoir détruit les cités de Pompéi et d'Herculanum, retrouvées des siècles plus tard.

 

Les prémices de l'éruption ne furent pas reconnues :

En 79, la région est densément peuplée, avec des villages et de petites cités, et les pentes de "la montagne de Bacchus" recouvertes de fermes et de vignobles, comme en témoigne une fresque de la Casa del Centenario, à Pompéi.

 

Pompei--casa-del-centenario-copie.jpg                              Pompéi - Casa del Centenario - le volcan avant 79


Pourtant en l’an 30 avant JC, l’historien grec Strabon décrit  la montagne comme "ayant un sommet plat et stérile, recouvert de suie et de roches couleur cendre, et suggère qu’il a pu un jour posséder des cratères de feu". Il suppose également que la fertilité de ses versants pourrait être due, comme pour l’Etna, à l’activité volcanique.

Diodore de Sicile appelait la plaine Campanienne "ardente" (flegrei) en raison de la montagne, qui montrait "des signes de feu ayant brûlé dans les temps anciens ".


Vesuve - séisme de 62 ap JC- Robert Decker - oregonstateEn février 62, un puissant séisme cause d’importants dégâts autour de la Baie de Naples et à Pompéi et Herculanum ;

Bas-relief d'une maison de Pompéi - photo R.Decker / Oregonstate univ.

 

Un autre séisme, plus petit, eu lieu en 64, et fut rapporté par Suétone, dans sa biographie de Néron ; il y raconte que le théatre s’est effondré peu de temps après avoir été évacué.


Le 20 août 79, de nouveaux séismes secouent la région … leur intensité et leur fréquence augmentent jusqu’au 24 août (ou le 24 octobre d’après d’autres constatations), signe d’une remontée magmatique. Les sources se tarissent autour de la montagne, mais à l’époque aucun lien n’est fait entre ces signes et une éventuelle éruption. Les Romains se sont habitués aux secousses mineures et n’ont d’ailleurs pas de mot pour désigner un volcan, seulement une vague notion des autres montagnes similaires, comme l’Etna, appelée demeure de Vulcain.

Le lendemain du festival du dieu romain du feu, le Vulcanalia, l’éruption va débuter !

 

Le récit de l’éruption par Pline le Jeune :

Deux lettres écrites par Pline le Jeune à son ami l’historien Tacite constituent le premier témoignage historique concernant une éruption volcanique. Le jeune homme assiste à la catastrophe depuis le Cap Misène, où il réside avec son père adoptif, son oncle Pline l’ancien,qui commande la flotte romaine de Misènum.

Quelques extraits significatifs :

"Mon oncle était à Misène où il commandait la flotte. Le 24 octobre vers midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire ... il était difficile de discerner de quelle montagne ce nuage sortait. sa figure approchait celle d'un arbre et d'un pin (parasol) plus que d'aucune autre. On le voyait se dilater et se répandre. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre et tantôt de diverses couleurs ... en même temps, la cendre commençait à retomber sur nous." - description du panache plinien -

"Je tourne la tête et j'aperçois une épaisse fumée qui nous suivait en se répandant sur la terre comme un torrent.  - description d'une coulée pyroclastique - Quittons la route, dis-je à ma mère, tant que nous voyons encore, de peur d'être renversés et écrasés dans les ténèbres par la foule de nos compagnons. A peine étions-nous écartés, qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eut cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre dont toutes les lumières auraient été éteintes... Bientôt parut une lueur qui nous annonçait, non pas e retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint et la cendre se remit à tomber plus épaisse et plus lourde..."

 

L’analyse des dépôts mène à la compréhension des phases de l’éruption :

 

Dépôts éruption de 79 - IPGPVision d'ensemble des dépôts de l'éruption de 79 à Terzino. La personne a la main posée sur le paléosol, dans la trace d'un tronc d'arbre. Le premier lit marron clair fait environ cinq centimètres et correspond à l'épisode phréatomagmatique par lequel débuta l'éruption. Cliché Sigurdsson et al, 1985 / IPGP


1. Selon un premier et fin dépôt déposé sur le sol, et limité aux flancs du volcan et l’est de celui-ci, la phase initiale fut phréatomagmatique ;

l’explosion débouche le conduit et ouvre la voie aux phases suivantes.

2. Le second dépôt que l'on peut identifier est bien plus épais que le précédent et montre des caractéristiques assez différentes. Il coïncide avec la phase plinienne de l’éruption.
Plinien-.gif

 

  Schéma d'une éruption plinienne.

 

Il est trié, c’est-à-dire que les gros fragments sont majoritaires à la base des lits alors que les cendres le sont au sommet (parfois on observe aussi une stratification inverse). De plus, la taille moyenne des particules dans le dépôt diminue en fonction de l'éloignement à la bouche volcanique (l'épaisseur maximale est cependant atteinte 10 km avant le conduit lui-même). On note également que le dépôt n'est pas symétrique autour du volcan, mais montre un allongement très net dans la direction sud-est, ce qui traduit l'effet des vents dominants dans l'atmosphère. Ce dépôt a, notamment à Pompéi, entraîné l'effondrement du toit de certaines maisons, mais sans les déplacer, ce qui indique une mise en place verticale, en pluie.


NapoliMap600.jpg

Zones affectées par les coulées pyroclastiques et direction de celles-ci, en rouge - zones de retombées de cendres et lapilli, avec les isopaques d'épaisseur, en gris-bleu.

 

Ces caractéristiques sont typiques d'une sédimentation aérienne (fall-out en anglais). Ce dépôt correspond à une pluie de cendres et de ponces depuis le panache volcanique. On note également une évolution progressive de la couleur des ponces qui passe de blanc au milieu du dépôt à gris au sommet. Cette évolution correspond à des laves de chimie différente remontées progressivement du fond de la chambre magmatique (les ponces blanches sont relativement plus riches en silicium, elles sont plus différenciées, alors que les ponces grises sont moins riches en silicium, plus primitives ou basiques, c’est-à-dire plus proches du matériel issu de la fusion).

3. Au dessus des dépôts Pliniens, on trouve des dépôts beaucoup plus hétérogènes, presque chaotiques , souvent très épais, et qui ne sont pas répartis de façon régulière autour du volcan, et entrecoupés de dépôts pliniens : ce sont des avalanches de nuées ardentes (coulées pyroclastiques) . Dans les dépôts de l'éruption de 79, on peut compter jusqu'à six avalanches.

 

vesuve-eruption--depots-de-nuees-ardentes-79.jpg Dépôt chaotique formé par les coulées pyroclastiques à Pozelle au sud du Vésuve (la personne au centre du dépôt donne l'échelle). On y trouve des blocs de lave de plus de 3mètres de diamètre ainsi que des blocs de calcaire arrachés par l'avalanche ardente. Cliché Sigurdsson et al, 1985 / IPGP

 

La quatrième fut la plus forte et frappa Pompei de plein fouet. Dans la ville d'Herculanum, c'est plus de 20 mètres de dépôt que l'on trouve, la ville ayant été affectée par quasiment l'ensemble des nuées ardentes en raison de sa proximité avec le volcan.
De plus il semble que les avalanches qui ont enseveli la ville aient été particulièrement chaudes comme le prouve la transformation de tout le bois de la ville en charbon, à une température de plus de 400 degrés.

 

L'éruption dura trois jours. Le 26, le temps est à nouveau clair. Pompéi est recouverte de 7 mètres de cendres et lapilli ; Herculanum a disparu sous 17 à 25 mètres de dépôts pyroclastiques.

On estime que seulement un dixième de la population fut tué par les nuées car de nombreux habitants avaient fui pendant la phase Plinienne.
Pline le jeune eut la chance de s'enfuir assez tôt pour se trouver à la périphérie de la zone détruite par les avalanches ardentes; Pline l'ancien n'eut pas cette chance et mourut d'avoir voulu faire son devoir et observer l'éruption de trop près.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- IPGP - L'éruption du Vésuve en l"an 79 de notre ère - par E. Kaminski, PhD, Labo. de dynamique des systèmes géologiques / d'après Sigurdsson & al.

- Global Volcanism Program - Vesuvius

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Publié le par Bernard Duyck
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Après les splendeurs retrouvées à Pompéi, revenons au volcan qui les a préservées sous ses dépôts : la Somma du Vésuve.

 

Region-du-Vesuve--STS104-710-60.jpgLe complexe Somma-Vésuve est situé en bordure de la baie de Naples et adossé aux Appenins -

Photo Space Shuttle. - mission STS-104  


En bordure de la baie de Naples, un impressionnant cône tronqué à sa partie supérieure, d’une superficie de 480 km² à sa base, est caractérisé par deux sommets : côté nord, la Somma haute de 1.132 mètres, côté sud, le Vésuve, haut de 1.281 mètres. C’est le complexe somma-Vésuve.

Ces deux édifices sont imbriqués l’un dans l’autre et séparés par une vallée en arc de cercle de 5 km. de long, la Valle del Gigante. Cette dépression est appelée Atrio del Cavallo au nord et Valle dell’Inferno au sud.

 

ring_vesuv-copie.jpgA l'avant-plan, le complexe Somma-Vésuve - à droite, les Champs Phlégréens et en prolongement, à gauche, l'île Ischia.

 

La Somma, dont il ne reste que la paroi NE., présente une falaise de 200 mètres sur cette vallée  et descend en pente douce vers l’extérieur.

Le secteur SO. a été enseveli par le Vésuve proprement dit, et plus jeune. Osservatorio-Vesuviano-Napoli.jpgLe seul témoin de cette partie ouest de La Somma, la colline de Eremo, abritait l’Osservatorio Vesuviano, avant qu’il ne soir déplacé à Naples (photo INGV)

Cet observatoire, fondé en 1841 sous Ferdinand II de Bourbon roi des Deux-Siciles, a en charge les trois volcans Campaniens, le Vésuve, les Champs Phlégréens et Ischia, ainsi que le Stromboli, dans les îles Eoliennes.

 

Sur le flanc sud, un petit cône s’est formé lors d’une éruption excentrique préhistorique, le Camaldoli di Torre. Deux dômes, Colle Margherita et Colle Umberto, se sont formés récemment en 1891 et 1895.

 

Le volcan ne repose pas sur les sédiments du tertiaire, mais bien sur l’épaisse couche de tufs de Campanie.


Karte Vesuv MK1888

          Carte historique du Vésuve - from the 4th edition of Meyers Konversationslexikon (1885–90)

 

L'activité volcanique du Vésuve, et plus généralement la majorité des phénomènes sismiques et volcaniques en Italie du Sud, peuvent être attribuées à la convergence entre les plaques Africaine et Eurasienne.
La plaque Africaine remonte en effet actuellement de 2.3 cm par an vers le Nord-Ouest et plonge sous l'Europe, entraînant la fermeture du bassin de la Méditerranée.
206.jpgLa plongée de la plaque est marqué par les séismes produits par le frottement entre la plaque chevauchante et la plaque subductée.

 

 Plongée de la plaque africaine sous la plaque eurasienne. Les courbes donnent la profondeur des séismes en km. Schéma Sigurdsson et al, 1985


Sous le Vésuve, la plaque atteint une profondeur de près de 300 km.
À ces profondeurs, la température et la pression sont telles qu'elles induisent la déshydratation de la plaque plongeante. Les minéraux riches en eau se transforment par métamorphisme de haute pression et basse température en minéraux plus denses qui ne contiennent quasiment pas d'eau dans leur architecture cristalline.
L'eau ainsi libérée induit alors une fusion hydratée du manteau en dessus de la plaque plongeante, et produit des laves que l'on retrouvera dans les émissions du Vésuve ou des champs Phlégréens

 

Evolution de La Somma :

La Somma a commencé sa formation au Pléistocène moyen. Un forage pratiqué à une profondeur de 1.125 m. montre que l’activité existait déjà voici 300.000 à 500.000 ans.


Le Professeur Alfred Rittmann définit quatre stades d’activité importants :

- 1. La Somma primitive : La première phase d'activité du volcan se situe avant la venue des tufs jaunes napolitains des Champs Phlégréens datés d'il y a 10.000 ans. La Somma primitive naît d'une formidable explosion au Pléistocène supérieur, plus exactement au Würm terminal, il y a 12.000 ans. Un magma phonolitique à néphéline et sodalite se fraye un passage dans les fractures tyrrhéniennes; il vient de 6 kilomètres de profondeur. Une grande quantité de cendres phonolitiques mêlées à des scories, des ponces et des blocs de roches sédimentaires métamorphisés par contact se met en place. Plus tard, des coulées de laves visqueuses sont vomies par l'édifice.

Une longue période de repos, qui dure 2.000 ans, suit. Un effondrement du toit de la chambre magmatique entraîne une transgression locale de la mer. Le magma monte légèrement, le réservoir s'installe à 5,5 kilomètres de profondeur dans les dolomies du Trias. L'assimilation des roches encaissantes (dolomies et calcaires) enrichit progressivement le magma en calcium et en magnésium. La cheminée étant bouchée, un volume de gaz énorme s'accumule.

 

- 2. La Somma ancienne : Il y a 8.000 ans, une éruption paroxysmale ébranle le volcan, la Somma ancienne se forme. Des explosions et des effusions de laves édifient un strato-volcan de 1.000 mètres de haut. Pétrographiquement les roches sont des téphrites phonolitiques à leucite et des latites à leucite et olivine. Cette période d'activité dure 2.500 ans, puis la cheminée s'effondre, le volcan se bouche pour un laps de temps assez long. Les gaz, une fois de plus, s'accumulent et préparent une nouvelle éruption. La lente assimilation des dolomies se poursuit.

 

crono-vesuvio.pngRésumé de l'activité de LaSomma avant notre ère - type d'activité et VEI - doc. INGV / Osservatorio Vesuviano.


- 3. La Somma récente : Il y a 5.000 ans, une très forte éruption paroxysmale pulvérise la partie supérieure du contenu du foyer magmatique. Des ponces, des scories et des morceaux de marnes du Tertiaire sont éjectés en grande quantité, la Somma récente se forme. Le chimisme des roches de cette phase a évolué durant le temps, passant des phonolites téphritiques à leucite aux téphrites phonolitiques à leucite. Cette grosse éruption passée, de petits dynamismes éruptifs éjectent cendres et scories.

Après une période de repos assez longue, une deuxième éruption paroxysmale, avec la même évolution de chimisme que la précédente, se déclenche. Puis une troisième qui est de loin la plus intense. Cette dernière date du 12° siècle avant J. C.. A ce moment-là, le strato-volcan de la Somma atteint 2.000 mètres de haut.

L'activité du sommet diminue, le magma s'injecte en dykes, en sills de téphrites phonolitiques à leucite. Des coulées de lave s'épanchent sur les flancs de l'édifice.

Une longue période de repos commence, le magma subit lentement sa différenciation par assimilation des carbonates.

 

 

Mont_Somma_Vesuve.jpg                            Le Monte Somma avant le dernier paroxysme de 79 - doc. INGV


Cela dure jusqu'au quatrième et dernier paroxysme de la Somma récente, en 79 après J. C. C'est la fameuse éruption qui détruit Pompéi, Herculanum et Stabies (en détail dans l'article suivant).

Des cendres tombent sur tous les alentours du Vésuve, sur Pompéi en particulier, des coulées de boue chaude ensevelissent Herculanum et un épanchement de lave de téphrite à leucite de 5 kilomètres de long, celui de Castello di Cisterna, se met en place. Les produits pyroclastiques sont surtout des téphrites phonolitiques à leucite. L'activité de la Somma est terminée.

 

- 4. Le Vésuve sensu stricto , sur lequel nous reviendrons plus tard.

 

Selon l'intensité, les éruptions sont qualifiées de

- modestes et souvent mixtes, explosives et effusives, avec éjection de 1 à 10 millions de mètres cubes de produits volcaniques.

- sub-pliniennes, explosives, et plus volumineuses : de l'ordre de 0,1 km³

- pliniennes, très violentes et émettant des volumes de matériaux d'au moins 1 km³.

Depuis 18.000 ans, le volcan a connu six éruptions pliniennes, dont trois furent suivies de la formation d'une caldeira (éruptions de Pompéi, Avellino et Mercato) et au moins une dizaine d'éruptions sub-pliniennes.

Chaque cycle est précédé d'une période de sommeil, qui semble d'autant plus longue que le réveil du volcan est violent.

 

Sources :

- INGV -Osservatorio Vesuviano - link

- Global Volcanism Program - Vesuvius - eruptive history

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Publié le par Bernard Duyck
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Le quatrième paroxysme de "la Somma récente" du Vésuve en 79 après JC a détruit les cités de Pompéi, Herculanum et Stabies.

 

Pompeii_the_last_day_1---CryptoDerk.jpg         "Le dernier jour de Pompéi" - reconstitution d'une phase de l'éruption du Vésuve en 79.

Image from CryptoDerk - (From the Discovery Channel's ''Pompeii'', courtesy of Crew Creative, Ltd. {{CopyrightedFreeUse}})


Pompéi, ensevelie sous les ponces et les dépôts pyroclastiques, est restée intacte jusqu’en 1748, date à laquelle les premières fouilles officielles débutèrent, à la demande de Charles III de Bourbon. Depuis cette époque, les travaux archéologiques n’ont pas cessé ; à l’origine, ils consistaient à creuser le sol, à en extraire les biens de valeur et à combler ensuite le vide. A partir de la fin du 18° siècle, les bâtiments furent laissés à découvert ainsi que nombre d’objets … peu à peu, Pompéi devint une ville-musée ouverte aux visiteurs.


Aujourd’hui, le principal souci est devenu, non pas d’ouvrir de nouvelles zones de fouilles, mais de préserver et d’entretenir ce qui a été mis au jour, et qui subit les outrages du temps et des visiteurs.

De plus, il y a une volonté de laisser des zones intactes en vue d’une analyse ultérieure, par les générations à venir, et grâce à des techniques qui s’améliorent chaque jour. C’est ainsi que les travaux récents se reportent sur des zones déjà prospectées : dans les quartiers commerçants, on fouille les boutiques des tanneurs, des parfumeurs.


L’éruption du volcan a préservé le parfum des Romains du 1° siècle :


De précieux témoins, tels que la maison des Vettii découverte en 1894, ont Maison-des-Vetii---Pompei.jpgpermis de mieux comprendre la vie des romains à cette époque, particulièrement celle de la riche aristocratie qui tendait à afficher son train de vie par la construction de magnifiques habitations,  préservées par les dépôts éruptifs. Dans cette demeure, la décoration picturale se compose de scènes mythologiques, et d’une frise représentant de petits amours effectuant divers métiers, e.a les amours vendant des parfums. Ils sont en train de mettre des fleurs sous presse avant de les faire macérer puis de les mélanger. On les voit ensuite tester leurs produits sur une dame élégante. Une sorte de leçon imagée sur l'art du parfum à l’époque romaine.

 

50-79--Les-Amours-parfumeurs--detail-de-la-frise-du-triclin.jpg        "Les Amours parfumeurs" - détail de la frise du triclinium de la Maison des Vettii à Pompéi.


Son jardin a pu être reconstitué à partir d’empreintes de racines laissées dans le sol et d’objets de fouilles. On y cultivait alors des roses, des lys, des violettes et des oliviers, dont les fruits pas encore mûrs rendaient une huile dans laquelle on faisait macérer les pétales.


Les fouilles récentes ont permis de retrouver, en façade d'une maison longue et étroite, une officine aménagée dans le courant du 1° siècle avant J.-C. Elle comportait deux cuves et une chaudière. Il est probable qu'il s'agissait d'une huilerie, les cuves servant à décanter l'huile et la chaudière à chauffer l'eau nécessaire au processus d'extraction. Vu sa localisation, cette huilerie travaillait peut-être préférentiellement pour des parfumeurs, mais elle devait extraire surtout des huiles alimentaires, et des huiles destinées à l'éclairage. Cette hypothèse toutefois demande à être confirmée car la fouille n’a mis au jour aucune trace de pressoir.

Dans une autre boutique, on a découvert une cuve de recueil de l’huile, et une fosse contenant une centaine de flacons à parfum datés du premier siècle avant JC, témoins d’un commerce de parfum dans la cité.

 

Parfum10.jpgParfum8---videotheque-CNRS.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Doc. viéothèque CNRS / Parfums.

 

                       CNRS - la vidéo du vendredi.

 

Les équipes du CNRS / Centre Jean Bérard et du LCMBA - Laboratoire de chimie des molécules bioactives et des arômes -, tentent de reconstituer les fragrances d’un parfum millénaire, le parfum à la rose d’Italie. Aidés de philologues, de jardiniers et de parfumeurs, et grâce au traité de Dioscoride, "De Materia Medica ", elles ont pu identifier les différents ingrédients, reproduire les procédés de fabrication et recréer en laboratoire les senteurs anciennes.


Des différences marquantes sont constatées entre les parfums antiques et modernes :

A l’époque romaine, il n’y avait pas de frontière très nette entre les parfums et les onguents.

Les produits étaient utilisés avant tout pour masquer les mauvaises odeurs (dues à un manque d'hygiène personnelle) mais aussi, par exemple, pour soigner les maladies de peau. C'était le cas, entre autres, du céleri et de l'aneth, tandis que la lavande était utilisée pour ses vertus relaxantes, comme cela se pratique de nos jours en aromathérapie.

Les procédés d’extraction n’utilisaient pas l’alcool, comme en parfumerie moderne.


Les analyses permettront de retrouver les différences d’assemblages, et de nouvelles fragrances toujours recherchées par nos parfumeurs ... et de nous replonger dans la vie des romains du premier siècle.

 

statue-antiquarium-pompei.jpg                         Statue féminine en marbre, à l'élégant drapé - doc. Antiquarium Pompéi.

 

pompei-sensualite-liberte-no-limit-L-p6NpEc.jpegAffiche de l'exposition "Pompéi, un art de vivre" - OEnochoé en forme de tête de jeune femme. Ces vases en bronze, perpétuent une mode déjà en vogue dans les milieux grecs et étrusques. La polychromie des bandeaux de cuivre et des yeux en pâte de verre accentue le raffinement de l’objet.

 

Une exposition au Musée Maillol à Paris, "Pompéi, un art de vivre", magnifie la vie privée dans cette cité au 1° siècle.

Une "domus pompeiana" est évoquée dans ses pièces traditionnelles : atrium, triclinium, culina, péristyle entourant le jardin, balmeum et venereum ... chaque pièce est ornée de fresques et d'objets.


Expo-Pompei---musee-Maillol-Paris.jpgElégante pièce de mobilier, typique de l'atrium - Dossier de Presse de l'expo. "Pompéi, un art de vivre".


Table (cartibulum), avec piètement en forme de griffon - marbre - H. 85 ; L. 141 ; l. 78 cm - Inv. 40683 - Soprintendenza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei Fouilles de Pompei (Antiquarium Boscoreale) - © Soprintendenza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei / Photo Pio Foglia.
 

Un rappel des phénomènes éruptifs de 79 - sur une docu-fiction "les derniers jours de Pompéi" - France 5.

 

Sources :

- CNRS vidéothèque - "Le parfum retrouvé" - link

- CNRS - centre Jean Bérard - link

- Pompéi, un art de vivre ... exposition au Musée Maillol, à Paris - link

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Indonésie : Kawah Ijen et Sorik Marapi.


Les volcanologues du PVMBG ont passé l'Ijen au niveau d'alerte 2, le 15 décembre. Depuis le mois d'octobre ils ont pu constater une hausse progressive de l'activité sismique, marquée depuis aujourd'hui par la présence d'un trémor harmonique. La température du lac s'est aussi progressivement élevée depuis le début du mois, et des nuages blancs à marrons se sont élevés à des centaines de mètres au dessus du cratère.

Le passage au niveau 2 implique l'interdiction, pour toutes les personnes, d'accès au sommet dans un rayon de 1.5km.

 

de-Tianyake.jpg                                      Le lac et la soufrière du Kawah Ijen - photo Tianyake.

 

Le PVMBG a élevé le niveau d'alerte du Sorikmarapi , sur l'île de Sumatra à 2 suite à des modifications de la sismicité, en hausse. Le 12 décembre, un signal de type trémor a été enregistré pendant 10 minutes. Une zone d'exclusion de 1500 m de rayon, centrée sur le sommet, a été décrétée. La dernière éruption de cet édifice date de 1986

Un intéressant reportage de Thierry Dockx - LAVE Belgique met en évidence les lacs sommitaux et une solfatare active, avec un chaudron de soufre liquide - (juin 2009).

 

Guatémala - Santa Maria / Santiaguito.

 

L'Insivumeh a signalé, le 9 décembre, un panache montant à 300 m. au dessus du dôme de lave du Santiaguito. Le 13 décembre, une avalanche de blocs, par effritement du front de coulée, a entrainé des coulées pyroclastiques secondaires dans la drainage de San Isidro.

 

Chili - Cerro Hudson et Cordon-Caulle.


Le Sernageomin a abaissé le 15.12 le niveau d'alerte du Cerro Hudson, avec une sismicité normale et une baisse des manifestations superficielles.

L'activité éruptive se poursuit au Cordon-Caulle. Le volcan continue de produire un panache de gaz et cendres, source d'un signal de type trémor sur les sismomètres. Le niveau d'alerte est maintenu au rouge par mesures de précaution.

 

Equateur - Tungurahua.


L'IGEPN rapporte une activité les 7 et 8 décembre, avec des bruits "en coup de canon" et des panaches oscillant entre 1,5 et 4 km (7 à 8 km. selon le VAAC Washington). De l'incandescence nocturne est observée le 10.12, avant une baisse d'activité le 10-11 décembre.

 

11.12.2011-Tungu-JRLN-copie.jpg

Tungurahua : Ci- dessus, le petit panache du 11.12.2011 et ci-dessous, le volcan et la ville d'Ambato toute proche - © José Luis Espinosa Naranjo.


11.12.2011-ambato---tungu-JLEN.JPG

 

Kamchatka - 5 volcans en alerte aviation

 

Les niveaux d'alerte restent inchangés, selon le KVERT : niveau orange pour les Shiveluch, Kizimen et Karymsky, niveau jaune pour les Benzymianny et Gorely.

Au Kizimen, l'instabilité du front de coulée visqueuse génère des effondrements, et consécutivement des coulées pyroclastiques (Activolcan)

 

Hawaii - Pu'u O'o

 

Les coulées en provenance de la fracture de flanc du Pu'u O'o ont atteint la côte le 10 décembre, après avoir traversé la plaine costale. Leur débit est  modéré  et l'entrée en mer se fait par de petites coulées cascadant de la falaise... ce qui n'engendre pas de gros panaches de vapeur.

 

 

 

Canaries - El Hierro :

 

L'activité sismique dans la zone d'El Golfo est modérée, voire nulle. Dans la zone de La Restingua, le signal de trémor reste cependant important , avec une hausse de 40% le 14.12, reflétant de nombreuses explosions de type hydromagmatiques se traduisant par des geysers. (Avcan)

Sans plus aucune nouvelle des observations sous-marines, on ne connait pas exactement la hauteur de la colnne d'eau surmontant le cône sous-marin actif ; difficile dans ce cas de faire un quelconque pronostic sur l'activité à venir.

 

2011-12-14.jpg                                        Tableau du trémor - 14.12.2011 - doc IGN es

 

Grèce - Cyclades - Columbo

 

Le 13 décembre, à 19h22 GMT, un séisme de magnitude 3,2 a touché la zone sous-marine du volcan Columbo, à 8 km. au NE de l'île de Santorin.

 

h-fig3

Le sommet de ce volcan n'est plus qu'à 18 mètres sous le niveau de la mer; il est localisé sur un système de failles actives orientées SO-NE depuis santorin; sa dernière éruption date de 1650, et a suivi une période de fréquents séismes d'un an. Elle avait produit une grande éruption ponceuse, avec des retombées de cendres jusqu'en Turquie, et l'édification temporaire  d'une petite île. Un tsunami y était également lié. Des émissions de gaz toxiques (H2S) avaient tué 25 personnes et de nombreuses têtes de bétail sur Santorin. ( via volcanodiscovery)

Pour l'instant, rien n'indique une répétition de ce scénario.

 

Kolumbo-M3-2---13.12.2011-Geophysical-lab-AUTh.jpg

Les nombreux séismes du mois passé sur la cldeira de Santorin et le séisme du 13.12.2011 sur Columbo (étoile) - doc. Geophysical Lab. AUTh.


 

Sources :

Observatoires cités et Global Volcanism Program weekly reports.

 

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 "Augustonemetum ", capitale gallo-romaine des Arvernes sur laquelle a été bâtie la ville de Clermont-Ferrand, n'est pas née à cet endroit par hasard.

Le bassin de Clermont-Ferrand est situé à l'intersection de plusieurs entités géographiques : la chaîne des Dômes à l'ouest et l'escarpement de faille ouvrant sur la plaine de Limagne, délimitée, à l'est des contreforts du Livradois, par le val d'Allier.

Clermont-Ferrand s'est développée au pied de la chaîne des Dômes dans un petit bassin sédimentaire protégé. Cet espace riche en sources thermominérales est composé de zones marécageuses et de nombreuses buttes volcaniques. « Clermont-Ferrand est né de la rencontre de l’eau et du feu de la terre ».

 

Clermont_vu_de_Montjuzet---Fabien1309.JPGUne partie de l'agglomération de Clermont-Ferrand, et sa cathédrale, vues depuis Montjuzet - photo Fabien1309.

 

Limagne---Limites-du-temps.png               Clermont-Ferrand et son environnement tectonique et volcanique - doc. BRGM


Le Fond de Jaude et la Butte de Clermont :

La butte centrale de Clermont-Ferrand est constitué par un « conglomérat » stratifié reposant sur des sables alluviaux. Ce conglomérat a été successivement interprété comme moraines, produit d’un volcanisme pépéritique, cône de déjections torrentielles ou dépôts de pentes périglaciaires, avant que des travaux de terrassement effectués pour la construction de grands immeubles ne livrent d’excellentes coupes atteignant 10 mètres de hauteur. On a pu ainsi observer tous les caractères, sans exception, qui font de cette butte un dépôt de maar. Le magma frais y est représenté par des lapilli et des bombes en choux-fleurs ; les éléments du substratum appartiennent à la série sédimentaire de Limagne.
De nombreux sondages carottés nécessités par les études géotechniques ont apporté la preuve de l’existence dans le substratum, au pied de la butte, d’une fosse composite à parois raides, dont le fond n’aurait été atteint que par un forage ayant traversé auparavant 76 mètres de sédiments lacustres. (Geowiki)

 Le voisinage de ces deux unités (fosse et butte) nous conduit à interpréter la dépression du  "Fond de Jaude", située au-dessus de cette fosse, comme le témoin apparent du maar de Clermont (nommé aussi "maar du Fond de Jaude" ou "maar des Salins").
Ce maar datant d’il y a 150.000 ans environ, est né de la rencontre entre le magma et l’eau de la Tiretaine, et d’éruption phréatomagmatique qui a laissé un cratère de 1500 m. de diamètre

 

Les projections échappées du cratère se sont accumulées en croissant sur son rebord oriental, constituant une épaisseur de tuf de 25 mètres, sur lequel s’est créée la butte de Clermont. Cette roche s’est avérée assez résistante pour supporter des constructions et suffisamment tendre pour y creuser jusqu’à quatre étages de caves.

 

souterrain-ds.-tuf-Clermont-ferrand--L.Falchero.jpg                 Clermont-Ferrand - galerie souterraine dans le tuf - photo L.Fachero


C’est à l’époque gallo-romaine que l’on a vu apparaître les premiers travaux souterrains, liés à l’eau essentiellement : puits et aqueducs. Plus tard, diverses galeries ont été creusées pour servir de refuge, de garde-manger ou de parcs à bestiaux à la population, quelque peu à l’étroit dans son enceinte fortifiée. À la fin du Moyen Âge, la ville a commencé à s’édifier et de belles demeures en pierre se sont construites. Les rez-de-chaussée, particulièrement soignés, longeaient les rues en pentes fortes. Ensuite, des comblements successifs ont adouci le relief afin de faciliter la circulation des voitures… tant et si bien que la partie inférieure des constructions s’est retrouvée en sous-sol. Cela explique les trésors d’architecture trouvés aujourd’hui dans certaines caves : chapiteaux sculptés, piliers en pierre de taille, petites fenêtres trilobées, portes au chambranle mouluré… La conservation du vin fut ensuite la grande affaire des caves clermontoises. Les propriétaires de vignes y ont stocké leur production jusqu’aux attaques du phylloxéra et l’abandon du vignoble vers les années trente. De nombreuses caves furent alors reprises pour le fromage. Achetés sur les marchés, les fromages « à blanc » étaient transportés dans les sous-sols, déposés sur la paille de seigle et affinés à une température idéale de 11° toute l’année. Les caves ont aussi servi de refuge. Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour protéger les populations contre les bombardements, les services municipaux ont aménagé des abris. Le 6 mai 1943, cinq cent vingt-sept caves furent recensées dans soixante-dix-sept rues, pour abriter 17.096 personnes. Aujourd’hui, de nouvelles activités apparaissent, redonnant une certaine jeunesse à ce patrimoine. Restaurants, salles de réception privées, galeries d’art, salles de musique fleurissent et mettent en valeur ce cadre original.

 

Facade_cathedrale_clermont-ferrand.jpg                                         La cathédrale de Clermont en "pierre de Volvic".

 

La cathédrale gothique de Clermont-Ferrand, commencée en 1248, est construite en " pierre de Volvic" . Cette pierre de couleur grise, caractérisée par la présence de nombreuses bulles et de feldspath, est résistante au gel, aux produits chimiques et possède un faible coefficient de dilatation … et donc intéressante comme matériau de construction, pour les monuments funéraires et autres bacs pour l’industrie chimique

C’est une benmoréite (trachyandésite) provenant des coulées du Puy de la Nugère, datées de plus de 10.000 ans ; elles correspondent à un épisode strombolien effusif qui a marqué l’histoire complexe de la Nugère, situé 20 km. au nord-ouest de la ville..

 

Puy-de-la-Nugere---Volvic.jpg                         Puy de la Nugère - photo Impluvium de Volvic / Soc. Volvic

 

volvic.jpg                                           Coulées de la Nugère et captage des eaux de Volvic.

 

Volvic est connue pour ses eaux qui ont un intérêt diététique : elle favorise l’élimination des déchets métaboliques. En usages externes, elle est utilisée pour les soins journaliers de la peau, les soins esthétiques.

 

Sa composition :     
63.158.jpgCalcium : 11,5 mg/L
Sodium : 11,6 mg/L
Magnésium : 8 mg/L
Potassium : 6,2 mg/L
Bicarbonates : 71 mg/L
Chlorures : 13,5 mg/L
Sulfates : 8,1 mg/L
Nitrates : 6,3 mg/L
Silice : 31,7 mg/L                                  Etiquette des "Eaux de Volvic à Volvic"
Fluor : 0,22 mg/L


Brève historique des eaux de Volvic :

Entrepreneur, sculpteur et carrier volvicois, M. Legay Chevalier découvrit le premier ce trésor, au lieu-dit "la Vallée du Goulet". Malgré des efforts Docteur_Moity---ph.Matthieu-Perona.JPGconstamment renouvelés et les nombreuses difficultés tant techniques que financières, il ne put réaliser son incroyable projet : sa mort, en 1915, laissa en suspens l'idée généreuse d'adduction en eau potable pour la commune et l'installation d'un éclairage public. Quelques années plus tard, au cours des années 1920, le Docteur Moity, maire de Volvic reprit les études de Legay Chevalier en 1922.

1927 : Découverte de la ressource en eau du bassin de Volvic à l’initiative du docteur Moity : le Captage du Goulot.

Pierre commémorative au Docteur Moity - photo Matthieu Perona.

1938 : Première mises en bouteilles par une société locale (eau de sources).

1955 : Production annuelle : 200.000 litres

1958 : Création de la Société des Eaux de Volvic par le groupe Sellier Leblanc.

1965 : Classement « Eau Minéral Naturelle » par le Ministère de la santé de la Sources Claivic mise à jour par la Société des Eaux de Volvic. Mise en bouteilles de 1 litre verre à l’usine du Goulet.

 

limagne_gravenoire--svt-ac-dijon.jpg                                                                  Doc. SVT - ac Lyon.


Le volcan de Gravenoire : 

Il est situé sur la faille qui limite du côté ouest la Limagne. Ses périodes d’activité ont été entrecoupées de périodes d’assoupissement… avec des coulées vers le nord-est et Royat, ou vers le sud-est vers Beaumont.

Les scories du puy de Gravenoire ont été exploitées pour fournir de la pouzzolane rouge ou noire. Cette activité est désormais arrêtée mais a entaillé les flancs du puy, notamment à l'ouest et à l'est. L’accès à la carrière est interdit.

 

-Puy_de_Gravenoire---ph.-Kostia-9.JPG                        Puy de Gravenoire - les scories rouges et noires - photo Kostia9

 

Sources :

- Eduscol - Découvrir et comprendre le rift de la Limagne- link

- Geowiki - les maars du Puy de dôme - link

- Volvic - société des eaux de Volvic.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Je vous engage à lire le second numéro du webzine d'Eric Reiter :

 "Le monde des volcans", qui vient de paraître.


Au sommaire, les dômes, les points chauds et les Eoliennes.

 

cover2---le-monde-des-volcans.JPG                         Un clic sur la couverture du n°2 vous emmène vers une intéressante lecture !

 

Source : http://ereiter.free.fr/Webzine

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé à une dizaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, le plateau de Gergovie est une célébrité à la fois pour les géologues et les historiens.

 

Gergovie---2---archeologie-en-Auvergne.jpg                          Le plateau de Gergovie - photo Archéologie en Auvergne.

 

Cet ensemble volcanique est bien conservé sous une coulée de basanite qui l'a protégé de l'érosion.

On peut y suivre l'évolution d'une activité phréatomagmatique ... deux maars pépéritiques de grande dimension y ont successivement fonctionné.

 

Dossier-28-0579.jpg                        Doc. in Krafft / Guide des volcans d'Europe et des Canaries .

 

Histoire géologique :

1. A l'Oligocène : cet emplacement est occupé par des lacs, où se déposent Dossier-28 0059 - Limagne 27Mades marnes et des calcaires, avec une première activité volcanique attestée par l'existence de pépérites dans les sédiments.

La base du plateau est formée de couches calcaires, visibles sur la colline de la Roche Blanche, creusée d'habitations troglodytes. Panneau didactique Musée de Gergovie - Le rift de la Limagne, il y a 27 Ma.

 

  

2. Au Miocène inférieur : le premier maar. Un large cratère d'explosion, d'environ 1 km. de diamètre, s'est formé suite à une éruption phréatomagmatique, où se déposent des pépérites. Des sills et des dykes de basalte se mettent en place à la périphérie et alimentent des cônes de scories, dont le puy Mardou.

Ce puy renferme localement de l'opale et des amas de zéolites.

Puis le cratère se remplit d'eau avec une sédimentation de marne et calcaires finement lités.

 

Puy-Mardou---Balades-ds-puy-de-dome.jpg                      Le Puy Mardou - Photo andre63 / Balades dans le Puy de dôme.

 

3. Formation du second maar : une nouvelle injection magmatique provoque l'ouverture d'un second maar recoupant en partie le précédent; le maar se remplira aussi par un lac, peu à peu comblé par des sédiments riches en fossiles, attestant d'un climat tropical à l'époque et de la présence de mollusques d'eau douce.


Dossier-28-0060--Limagne-17Ma.JPG4. Entre 19 et 16 Ma, deux coulées viennent sceller l'ensemble. La première (inférieure) est basaltique, la coulée supérieure étant de basanite.

 

Panneau didactique Musée de Gergovie - il y a 17 Ma.


L'ensemble sera érodé, et une inversion de relief donnera l'actuelle morphologie.

 

Gergovie, Vercingétorix et César : selon le récit de Ph. Gavet

En l'hiver 53/52, les Gaulois comprennent que les intentions de César sont d'annexer la Gaule et les divergences entre tribus qui lui ont grandement facilité la tâche lors des années précédentes, ne sont plus de mise. C'est l'année décisive. Il faut accepter le joug ou bien organiser un soulèvement général, et le chantre de cette levée en masse est précisément un Arverne : Vercingétorix.


Statue de Vercingétorix, par Bartholdi / Place de Jaude, à Clermont-Ferrand - photo Fabien1309.


Son audience demeure limitée au sein de sa tribu mais, en février 52, César, qui vient de mater une petite rébellion en Narbonnaise, décide de -Statue-vercingetorix-place-de-Jaude-clermont---Bartoldi---.jpgrejoindre le gros de ses forces cantonné dans le Nord de la Gaule, tout en évitant la vallée du Rhône qui lui est hostile. Avec une petite troupe, il franchit le col de la Bastide où ses hommes doivent se frayer un passage dans la neige épaisse. Après cette marche difficile, il surgit dans le pays Arvernes qu'il traverse sans rencontrer d'opposition. Cette action destinée à effrayer les habitants de la Limagne jugés instigateurs de la révolte eut exactement l'effet contraire. Vercingétorix exploita cette intrusion et put enfin lever une troupe de 7 à 10.000 hommes; c'était trop peu pour agir mais suffisant pour s'attirer les foudres de César.


-Gergovie_murs-de-l-oppidum---ph.-Romary-copie-1.jpg

                                 Murs de l'Oppidum de Gergovie - photo romary.

 
Au printemps 52, le général romain descend vers le Sud à la tête de six légions. Il emporte Avaricum, l'une des plus puissantes cités fortifiée des Gaules, et marche sur Gergovie. Il dispose de 40 à 50.000 hommes dont 35.000 fantassins de ligne supérieurement entraînés, ce qui représente une force considérable pour Vercingétorix dont les troupes demeurent peu nombreuses. Le chef gaulois lance un appel à la mobilisation générale et des volontaires arrivent mais ces hommes courageux et bien armés manquent de cohésion et de discipline. A la veille de l'assaut sur Gergovie, les forces gauloises sous les ordres de Vercingétorix représentent environ 40.000 combattants mais seulement 10 à 15.000 capables de manœuvrer en ordre et avec discipline. Cette force ne peut affronter les légions en rase campagne où elle serait écrasée à plate couture. Alors le chef gaulois décide d'installer ses troupes en retrait sur les hauteurs, à l'ouest de l'oppidum, là il bénéficie de la protection du terrain ainsi que d'une bonne vue sur le plateau. Sans doute pense-t-il attaquer le flanc des légionnaires qui vont monter à l'assaut de l'oppidum où de très nombreux Arvernes, hommes, femmes et enfants, se sont réfugiés en apprenant la stratégie de leur chef de guerre. Il y a là 30.000 personnes mais moins de 12.000 combattants dont 5 à 6.000 délégués par Vercingétorix et tirés de ses meilleures troupes.

César qui a perçu le piège s'engage modérément avec l'intention de simuler un repli qui ferait sortir les combattants de l'oppidum afin de les vaincre plus facilement mais son stratagème échoue par l'indicipline de quelques centurions et les Romains doivent se replier en ordre mais rapidement. Conscient des aptitudes de ses combattants, Vercingétorix n'intervient pas... César a reculé et cela est amplement suffisant pour la gloire du chef Arvernes.

Dans les jours qui suivent la bataille, le général romain reçoit des informations inquiétantes des diverses provinces de Gaule où des troupes se lèvent en grand nombre. César décide de regrouper toutes ses forces chez ses alliés du Nord et ce sera chose faite au début de l'été. De cette bataille qui n'en fut pas une vraiment, Vercingétorix va tirer une gloire telle qu'il sera bientôt reconnu comme le chef de toutes les forces gauloises ... Mais César aura le dernier mot à la bataille d'Alésia.

 

Les Arvernes:

La dépression des Limagnes bénéficie de deux avantages. C’est à la fois le point d’aboutissement de tous les itinéraires issus des massifs périphériques et une région extraordinairement propice à l’agriculture à cause de sols très fertiles et faciles à travailler, les « terres noires ». Ces qualités s’accompagnent néanmoins d’une réserve : le caractère naturellement palustre de cet environnement, qui ne peut être maîtrisé qu’au prix d’importants travaux de drainage. Le développement de l’emprise humaine sur les Limagnes exige et reflète à la fois l’émergence d’une population nombreuse et d’une organisation sociale capable de coordonner ces travaux.

 

Gergovie-----rempart-du-1-siecle-av-JC---archeologie-Auv.jpg                   Rempart de Gergovie - 1° siècle avant JC - doc. Archéologie en Auvergne.

 

Les Arvernes apparaissent dans l’histoire à la fin du IIIe s. avant J.-C., dans le récit de la seconde guerre punique , de Tite-Live. Ils habitaient dans le nord du Massif central, mais on ne peut pas espérer retracer les limites de leur territoire à une période antérieure à la conquête. La délimitation de ce dernier est en revanche possible si on l’assimile à celui de la cité gallo-romaine qui lui fait suite.

Parce que les Romains eurent à pâtir à plusieurs reprises de leur puissance militaire, une première fois en 121 avant J.-C., une seconde en 52 avant J.-C., les Arvernes tiennent une place particulière parmi les peuples de la Gaule. Quelques décennies après la bataille de Gergovie, le géographe grec Strabon n’hésite pas à affirmer que leur pouvoir s’étendait autrefois " sur toute la Gaule, jusqu’à Narbonne et aux confins du territoire de Marseille, des monts Pyrénées jusqu’à l’Océan et au Rhin ". C’est une formule à l’évidence excessive pour indiquer que les Arvernes furent un peuple influent à l’échelle du territoire récemment conquis par César.

 

vase-peint-Gergovie.jpgDes recherches archéologiques, sous l'impulsion de Napoléon III, qui projette d'écrire une histoire de Jules César, ont permis de retrouver des vestiges de l'époque romaine : armes, ouvrages divers. Aux 19° et 20° siècle, des fouilles systématique ont dégagé des fortifications , des restes de sanctuaire gaulois, recouverts de ceux d'un sanctuaire romains et d'en apprendre beaucoup sur cette civilisation arverne.

 

Vase peint de Gergovie - doc. Archéologie en Auvergne.

 

 

 

Sources :

 

- Les volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft & de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- ARAFA - association pour la recherche sur l'âge de fer en Auvergne - link

- Gergovie, oppidum arverne - Arafa - link

- Les Arvernes - par Ph. Gavet - link

- Balades dans le Puy de Dôme - andre63

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