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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Limagne est bordée à l’est et à l’ouest par des massifs cristallins d’âge primaire, la chaîne des Puys et le Forez ; ce graben, de 90 km. de long et de 15 à 40 km. de large, a été le siège d’une activité tectonique et volcanique intense, essentiellement basaltique, sur une période étalée de l’oligocène au Quaternaire … 30 millions d’années.

 

formation-Limagne-Clermontoise4---1.jpgformation-Limagne-Clermontoise4-leg-jpg             La Limagne Clermontoise - Doc. Dossier SVT la formation de la Limagne Clermontoise


Contexte géologique :

 

A partir de 35 millions d'années, la montée des Alpes, consécutive à une poussée de la plaque africaine sous la plaque eurasiatique, entraîne des effondrements ; l'érosion accumule des sédiments au fond de ces fossés d'effondrement transformés en lacs.  

 Le nom de Limagne vient du latin "lac magnus ", le grand lac. Peu à peu ce dernier s'est asséché, prenant la forme d'un immense marais.

 

excursion-limagne-fig01.gif                              Position des grabens ouest-européens - doc. ENS-Lyon / éduscol


De 25 millions à 6700 ans, la Limagne devient le siège d'une importante activité tectonique; des alternances d'étirements et de compression soulèvent le massif et le font basculer. 


Plus particulièrement, M. Krafft classe l’activité volcanique en trois grandes périodes :

1. première période : dès l’oligocène, on assiste à une montée de magma basaltique en milieu lacustre : des explosions phréatomagmatiques violentes pulvérisent le sédiment marno-calcaire qui se mélange au basalte, pour donner des pépérites ; ce matériau est ainsi nommé en raison de son aspect en grains de poivres.

 

Note sur le volcanisme pépéritique :

Les pépérites sont des roches caractérisées par la présence, en abondance variable, de granules de lave basaltique vitreuse dans une matrice essentiellement sédimentaire. Leur formation est liée à l'augmentation de volume qui se produit lors de la rencontre de magma mis en contact d'eaux souterraines. L'explosion qui en résulte disperse le magma en granules et pulvérise les sédiments. La répétition de ce phénomène produit de grands diatrèmes remplis de pépérites autour desquels s'édifient des cônes de tufs lités pépéritiques. En fin d'éruptions phréatomagmatiques, le magma peut s'insinuer dans le remplissage du diatrème et alimenter un cône de scories, le remplir d'un lac de laves et alimenter une coulée basaltique. Dans le cas contraire, le diatrème est rempli d'un lac et se comble de sédiments.

 

peperiteMODIFIE                          Coupe d'un diatrème pépéritique à remplissage lacustre - doc. BRGM

 

Dans le cas où l'eau s'est totalement évaporée, ou n'a plus accès au magma, celui-ci peut parvenir à la surface, former un lac de lave, déborder et donner naissance à des coulées, ou construire un cône strombolien (partie droite de la coupe ci-dessus).

La plupart du temps, l'activité s'arrête avant : le cratère se remplit progressivement d'eau et une sédimentation lacustre suit.


2. deuxième période : il y a 21 Ma, une activité disséminée et ponctuelle met en place des dômes-coulées de trachyphonolites et autres roches différenciées au sud-est de Clermont-Ferrand ; des coulées basaltiques vont s’installer dans les fonds de vallées et constituer par après, suite au phénomène d’inversion de relief, des plateaux principalement le long des marges du Fossé de Limagne.

De 20 à 15 Ma, des remontées de magma basaltiques continuent dans un contexte de lacs résiduels et nappes aquifères, formant des pépérites dont les formations, maars et diatrèmes, sont bien conservés : Puy de Crouel, puy Giroux, Puys de St-Sandoux, de Mur, plateau de Gergovie…

De vastes épanchements recouvrent enfin ces pépérites pour les préserver de l’érosion.


3. Le pliocène est marqué par l’apparition d’appareils ponctuels :

- La montagne de la Serre (3,5-3 Ma)

– la Roche Noire (1 Ma)

- le maar de Clermont (156.000 ans)

- le maar de St Hyppolite (90.000 ans) et autres découvertes plus récentes sur la ville de Clermont-Ferrand.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM - La Limagne - link

- Eduscol / ENS Lyon : Découvrir et comprendre le rift de la Limagne - par O. Merle & L. Michon / Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand - link

- Eduscol - Pépérites de Limagne à escargots - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Tristan da Cunha est une île éloignée de tout ... et son bureau postal est affublé de la même caractéristique !

Cette particularité n'a pas échappé aux philatélistes, soucieux de recevoir de la correspondance timbrée de lieux reculés.

 

Le premier "timbre-patate" :

Allan B. Crawford, un biologiste, présent sur lîle depuis 1938, réalise une première série de dix timbres en 1946, échangés à l'époque contre des pommes de terre, principale monnaie sur l'archipel... "les timbres-patate."

Parmi cette série, figure "un timbre sur timbre" et la mention "potato stamp 1946"; sa valeur faciale est de 1 penny et ... 4 patates ! 

 

timbre-tristan-patate---blog-philatelie.jpg                                                     doc. Blog philathélie / Blogger.com

 

Cette première émission ne sera suivie d'autres timbres qu'à partir de 1952, les habitants de l'île ayant fini par comprendre que la philatélie pouvait être source de revenus.

Outre des timbres sur les volcans, la faune et la flore, l'île émet des timbres sur tous les sujets, tels que l'anniversaire de la mort de Churchill, ou les visites royales - l'île est en effet une dépendance du territoire britannique d'outre-mer de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.

Les bateaux anciens, le Pape Jean-Paul II, ou le passage de la comète de Halley constituent autant de sujets de création.

 

En 2005, Tristan da Cunha s'est vu attribuer un code postal TDCU 1ZZ, permettant aux habitants de commander via la connection satellite internet de l'île.

 

Quelques beaux exemplaires :

 

GeostampsGeostamps---eruption-1961.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le timbre illustre la position de l'archipel sur la dorsale médio-Atlantique - doc. Geostamps

 

A droite, commémoration de l'éruption de 1961, près du "settlement" / Edinburh of the Seven Seas - doc. Geostamps

 

422tdc82---geostamps.jpgTimbre géologique : plan de situation des cônes de cendres et coupe de l'île avec les dykes nourriciers - doc. Géostamps.

 

Une série de 1978 sur les minéraux - doc. Rocodile / Stéphane. - 

A gauche, morceau de lave et cristal de pyroxène - à droite, de la sodalite (groupe des tectosilicates).

 

timbre_tristan_da_cuhna_1978_pyroxene.jpgtimbre_tristan_da_cuhna_1978_sodalite_t.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

- Geology on postage stamps - link

- Rocodile - Tristan da Cunha - link

- Blogger - Blog philatélie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'archipel de Tristan da Cunha se compose encore d'autres îles et îlots : Nigthtingale Island, Inaccessible Island, Middle Island,  Stoltenhoff Island, et complètement isolée, Gough Island.

 

Nightingale island est située à 34 km au S-SO. de Tristan da Cunha.

Nightingale-island---ph.-J.Brock-Sartma.jpgCette île fortement érodée est principalement constituée de coulées et d’intrusions massives de trachyte, ainsi que de dépôts pyroclastiques.

Ses roches ont été datées selon la méthode K-Ar entre 400.000 et 150.000 ans ; une datation au radiocarbone d’une couche de cendres est datée de 39.000 ans avant JC.

photo J.Brock / Sartma.


En 2004, de gros blocs de ponces furent retrouvés sur Tristan ; ils sont considérés comme provenant d’une éruption , associée à un essaim de séismes, marquant le flanc sud-est de Nightingale island (épicentre à 37-53 km. SSE de Tristan)

 

Ponces-de-Nightingale-erup.2004.jpg         Ponces de l'éruption sous-marine de 2004 - photos Courtesy of James Glass, Tristan Times.


Un évènement, passé pour la plupart inaperçu, a eu lieu le 16 mars 2011 : le navire M.V. Olivia, transitant du Brésil vers Singapour, a fait naufrage sur les rochers entourant l’île Nightingale ; 800 tonnes de fuel ont pollué ses côtes et mis en danger sa population de gorfous sauteurs et sa faune marine.

 

Naufrage-du-M.S.Olivia--Trevor-Glass-AP.jpg          Le naufrage de l'Olivia en mars 2011 - photo AP / Trévor Glass

 

 

 

Middle island est entièrement compose de dépôts pyroclastiques, avec des intrusion de dykes, tandis que Stoltenhoff island  est de nature trachytique.

 

Inaccessile island, située à 35 km. au SO. De Tristan, est en réalité un ancient cône volcanique, composé de coulées basaltiques, et dans sa partie sud-ouest , de dômes et coulées de trachyte. Ce volcan fut actif il y a 6 Ma.

Sa partie centrale forme un plateau, culminant au pic Cairn, à 449 mètres d’altitude. L’île est bordée de falaises abruptes et de quelques plages encombrées de gros rochers, ce qui lui a valu son qualificatif d’inaccessible.


Gough island est située dans les "quarantièmes rugissants", à 350 km au 800px-Gough_Island_Landsat-NASA-USGS.jpgsud-est de Tristan da Cunha et est l'île la plus éloignée de l'archipel.

Elle se situe à environ 2.000 km au sud-ouest de Sainte-Hélène, à 2.700 km du Cap (Afrique du Sud) et à plus de 3.200 km du point le plus proche d'Amérique du Sud, à mi-distance entre Le Cap et la Terre de Feu. Image Landsat / Nasa en fausses couleurs.

Elle fut connue sous le nom de Diego Alvarez, un navigateur Portuguais qui l’a découverte au début du 16° siècle, avant de porter celui de Gough en 1731, plus apprécié des navigateurs et baleiniers Britanniques et américains.


gough-island---Panoramio-P.Balwin.jpg            Gough island, aux falaises inabordables  - Photo P.Balwin / Panoramio


Cette île d'origine volcanique, inhabitée, émerge à plus de 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, bordée de falaises qui la rendent difficilement abordable, et a une superficie d'environ 65 km². Elle fait 13 km de long sur 7 km de large. De par sa position, elle reçoit plus 2.540 mm de précipitations par an. La dernière activité volcanique y est datée de 2.300 ans.

L'île est entourée de petites îles et rochers comme Southwest Island, Saddle Island (au sud), Tristiana Rock, Isolda Rock (à l'ouest), Round Island, Cone Island, Lot's Wife, Church Rock (au nord), Penguin Island (au nord-est) et The Admirals (à l'est).

L'arête sommitale, le Mt. Rowett expose un plateau de basalte alcalin (ankaramite), transpercé par un bouchon de trachyte peralcalin, "Hag’s tooth".


Gough_island_top_view---Steven-Chown.png               La partie sommitale de Gough Island - photo Steven Chown


Les Îles Gough et Inacessible représentent dans l’Atlantique sud un des écosystèmes insulaires tempérés froids les moins perturbés. Les deux îles, avec leurs falaises spectaculaires surplombant l’océan, ne comptent pas de mammifères introduits et abritent l’une des plus importantes colonies d’oiseaux marins au monde.


GoughIsland.jpg

Un livre consacré à la nature exceptionnelle de Gough Island - par C. Hanel, St. Chown et K. Gaston.

 

L’île de Gough abrite deux espèces endémiques d’oiseaux terrestres, la gallinule de Gough – Gallinula comeri - et le Rowettie de Gough,le pinson de Gough, ainsi que 12 espèces de plantes endémiques. Vingt espèces d’oiseaux marins y nichent, dont la moitié de la population mondiale de gorfous sauteurs – Eudyptes Chrysocome moseleyi - , et la totalité de la population mondiale d’albatros de Tristan – Diomedea dabbenena - , ainsi que des pétrels et autres puffins.

Pour sa part, l’île Inaccessible abrite 2 espèces d’oiseaux, 8 plantes et au moins 10 invertébrés endémiques.

Les eaux environnates abritent le Jasus tristani, le homard de Tristan, qui constitue avec les écrevisses, la principale source de revenus de l’archipel.

 

inaccessible-island-rail.jpg                      Timbre célébrant le râle aptère d'Inaccessible Island - doc. Geostamps

 

Pour les volcano-timbrés, à suivre : une collection de timbres de l'archipel Tristan da Cunha.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Nightingale Island

- BirdLife - Gough Island datazone - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  L’archipel Tristan da Cunha est situé dans l’Atlantique sud, à 500 km. à l’est de la dorsale médio-Atlantique.

Il se compose de quatre îles : Tristan da Cunha, qui a donné son nom à l’archipel, Gough island, Inaccessible island et le groupe formé par Nightingale island, et deux îlots, Middle et Stoltenhoff islands.

 

-Tristan_archipelago-Map---Mahahahaneapneap.png                          Carte de l'archipel Tristan da Cunha - doc. Varp

 

Cet archipel a vu sa naissance liée au point chaud Tristan (ou Walvis hot spot), source commune du volcanisme qui marque l’archipel, la dorsale Walvis et son pendant, la dorsale Rio Grande, ainsi que la formation des provinces basaltiques (trapps) localisées en Namibie à l’est et au Brésil à l’ouest.

La dorsale Walvis est une dorsale asismique, structure majeure  dans l’Atlantique sud ; elle témoigne du passage originel de la plaque Africaine au dessus du point chaud. L’île Tristan da Cunha est l’expression moderne en surface de ce point chaud. La dorsale Rio Grande forme son pendant ouest sur la plaque Sud-Américaine.

 

O-Connor_and_Duncan_JGR_199015.jpgSchéma des déplacements des plaques sud-américaine et africaine au dessus du point chaud Tristan, en partie centrale gauche d la carte de O'Connor & Duncan. (réf. en sources) - en noir, les trapps du Parana et Edenteka.


Il y a 120-138 Ma, l’activité volcanique du point chaud (ou d’un super-volcan maintenant éteint) crée une vaste province ignée, incluant les trapps WalvisHotSpot.JPGdu Parana (Brésil)  et Edenteka (SO. Angola – NO Namibie), d’un volume original estimé à plus de 2,3.106 km², et actuel de plus d’ 1 M.km², pour une épaisseur d’au moins 2.000 mètres.

Ces inondations basaltiques sont associées au rifting du Gondwana et l’ouverture de l’océan Altlantique sud.

 


WalvisHotSpot2.JPGL’écartement au niveau des dorsales semble symétrique, vers l’est et l’ouest, avec trois phases identifiées par leurs vitesses :

- 84 à 70 Ma : phase rapide avec un ratio d’écartement de 45 mm./an

- 70 à 45 Ma : phase lente avec des variations , ratio de 5-18 mm./an

- 45 à 10 Ma : phase stable , avec écartement à une vitesse constante de 30 mm./an.

Schémas from Tristan da Cunha website - http://www.tristandc.com


( plus de détails sur : Tristan da Cunhahotspot tracks and the seafloor spreading history of the South Atlantic / by Hall et Bird / Smithsonian inst.)

 

tristan-da-cunha.Atlas-obscura.jpg                        L'île volcanique Tristan da Cunha - photo Atlas Obscura.


Tristan da Cunha est une île volcanique de 13 km. de diamètre, formée par un volcan-bouclier haut de 2.060 mètres et ses coulées. Sa base repose à 3.700 mètres sous le niveau de la mer.

L’érosion marine a sculpté les hautes et abruptes falaises qui ceinturent l’île. Leur succèdent des pentes plus douces qui mènent au pic Quenn Mary, et son cratère principal large de 300 mètres et contenant un petit lac. Les éruptions proviennent de ce cratère et de nombreux évents de flanc, ainsi que de fissures radiales. Les côtés du volcan sont ponctués de cônes stromboliens placés le long de ces fissures radiales et d’autres fissures circulaires. Un essaim de dykes est exposé de façon radiaire à l’édifice-mère.

 

tdc-geol---Baker-1964.gif                                                  Tristan da Cunha geology - doc. Baker 1964

 

L'éruption de 1961-62 :

Le seule éruption historique de Tristan da Cunha s’est produite en 1961-62, au niveau d’un évent situé sur la côte nord à proximité du seul point d’établissement humain de l’île.

Nat-Geo-article-1962.jpgL’éruption débuta le 10 octobre 1961, après un essaim sismique, accompagné de chutes de roches au niveau des falaises … la lave fit irruption tout juste à l’est des habitations, formant un cône égueulé, qui dirigea les coulées vers la mer. L’éruption dura jusqu’en mars 1962 ; un dôme de lave commença à croître ensuite et scella l’évent.

 

"Death of an island " article du National Geographic de 1962 relatant l'éruption historique de Tristan da Cunha.

 

112076.jpgEdinburg of the Seven Seas, "the settlement" - le cône de scories et la coulée de lave  -  Photo by Vicky Hards, 2004 (British Geological Survey, copyrighted NERC) / GVP.


Vers octobre 1961, l’évacuation des habitants est entreprise : ils se réfugient dans un premier temps à l’île de Nightingale, avant d’être expédiés au Cap. Finalement, les Tristanais furent transportés en Grande-Bretagne, où ils furent abrités sur une ancienne base militaire nommé Pendell Army Camp, près de Mersham-Surrey, en Angleterre. Ils furent ensuite regroupés à la base abandonnée de Calshot, nom qu’ils retiendront pour désigner leur nouveau port d'attache à leur retour chez eux, de la Royal Air Force, près de Southampton en Angleterre. Pour la plupart d’entre eux, ils éliront domicile sur un chemin qui est toujours nommé "Tristan Close".

En 1962, la Royal Society organise une expédition pour connaître l’ampleur des dégâts causés par l’éruption et pour étudier les conséquences qu'elle aurait pu avoir sur la faune et la flore locale. Les chercheurs découvrent le bourg d’Edimburg of the seven Seas presque intact — l’éruption s’était arrêtée à seulement 300 mètres de la colonie. Mais les autorités ne veulent pas rapatrier les insulaires, prétendant "qu’ils sont mieux là où ils sont". Alors les Tristanais entreprennent  d’organiser leur propre rapatriement. Les autorités font alors volte-face pour faire tout le nécessaire pour venir en aide aux habitants. En 1963, mené par Willie Repetto (le chef de l'île) et Allan Crawford (un ancien agent de santé posté sur l’archipel), les Tristanais regagnent leur pays, sauf cinq qui en avaient décidé autrement, et cinq des leurs qui étaient décédés lors de leur séjour en Angleterre. Mais la population s'était accrue de huit nouveau-nés entre-temps.


Tristan : isolement et auto-dépendance.

L’île Tristan da Cunha ne figure sur les cartes que depuis 1509 ; elle fut Tristao-da-Cunha----Paolo-Giovio-Elogi-virorum-bellica----jpgapprochée pour la première fois par un navire commandé par Tristao da Cunha, naviguant sur la route des Indes en 1506, avec un mandat du roi du Portugal.


Portrait deTristao-da-Cunha -Paolo Giovio Elogi virorum bellica - 


La première exploration connue de Tristan da Cunha fut menée le 7 février 1643 par le vaisseau Heemstede de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, dirigé par le capitaine Claes Gerritszoon Bierenbroodspot (un nom pareil ne s’invente pas !… littéralement traduit : bière-pain-pot).

Le navire en profite pour se ravitailler en eau douce, en poissons, en phoques et en manchots.


Tristan---HMS-Challenger---Thomson-1878-NOAA-Photo-library.jpgGravure antique évoquant l'approche de Tristan da Cunha par le H.M.S. Challenger. - Thomson 1878 / NOAA photo library.

 

Ce n’est qu’en 1810 qu’une première colonisation est tentée par trois Américains natifs de Salem au Massachusetts. Le chef de cette petite bande est un certain Jonathan Lambert, un homme excentrique qui, dès son arrivée, prend possession de ces terres en son propre nom et les rebaptise Refreshment Islands. Ils survivent en cultivant des pommes de terre, du blé et des légumes, et en faisant l’élevage de porcs. Leur commerce est basé sur le troc d’eau potable, de bois et des surplus de la récolte qu’ils trafiquent avec les navires de passage.

Malgré une occupation continue, en août 1814, la Grande-Bretagne s’empare des îles Refreshment en les annexant officiellement. La Grande-Bretagne revendique plusieurs raisons pour cette prise de possession, entre autres qu’elle souhaite prévenir toute tentative d’évasion appuyée par des sympathisants de l’ex-empereur Napoléon Bonaparte détenu, suite à la défaite de Waterloo, sur l’île de Sainte-Hélène à 2 180 km au nord de l’archipel de Tristan da Cunha. Il y a aussi le besoin de priver les vaisseaux de guerres américains d’un havre à l'abri, permettant de cibler les navires marchands britanniques en route ou en provenance des pays de l’Orient.

En 1867, le prince Albert, duc d’Édimbourg, deuxième fils de la reine Victoria, visite les îles. C’est en son honneur que les habitants de la colonie ont renommé leur bourg "Edimbourg-des-Sept-mers"  - "Edinburgh of the Seven Seas ", mais ils préfèrent toujours l’appeler plus intimement la Colonie "The Settlement ".


Edinburgh-of-the-Seven-Seas--Tristan---Michael-clarke-stuff.jpgEdinburgh of the Seven Seas - le cône de 1961 sur la gauche, tout petit comparé à la falaise - photo Michaël clark stuff.


Suite à l’ouverture du canal de Panama en 1904, et au déclin de l’industrie de la chasse aux baleines, les visites se font de plus en plus rares. Il s’agit, vraisemblablement, d’une période d’isolement presque total, et la population parvint à survivre par ses propres moyens. Cette auto-dépendance, qui perdure encore actuellement, caractérise le peuple tristanais.

 

L'île abrite aujourd'hui 290 personnes, réparties en 80 familles, caractérisées par seulement 8 lignées et noms de familles différents ... ce qui laisse supposer un problème de consaguinité.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tristan da Cunha

- Tristan da Cunhahotspot tracks and the seafloor spreading history of the South Atlantic / by Hall et Bird / Smithsonian inst.

- Evolution of the Walvis Ridge-Rio Grande Rise Hot Spot System'
Implicationsf or African and South American Plate Motions Over Plumes - J.O'Connor & R.Duncan / Journal of geophysicalresearch vol95 oct.1990
- Vulkaner - Tristan da Cunha 1961 eruption - link

- About.com - Tristan da Cunha, the world's most remote island - Matt Rosenberg

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

  

Sicile-08-930-copie.jpgVue aérienne de l'île de Vulcano - à l'avant-plan, Vulcanello, ensuite l'isthme séparant Porto di levante et Porto di ponante, le cône de La Fossa, et sur la gauche, il Piano - photo B.Duyck, d'après une carte postale.


z-Vulcano-pano--copie.jpg

                  Vulcano, le cratère de La Fossa  et ses fumerolles  - © Bernard Duyck

 

Une étude systématique des minéraux présents dans les fumerolles de l'île de Vulcano, dans les Eoliennes, a été menée au cours des cinq dernières années en partenariat entre l'INGV section de Naples et l'Université de Milan. Elle est parue dans un volume intitulé "Vulcano, trois siècles de minéralogie" ; ce livre relate l'histoire de l'île de 300 avant JC. à nos jours et parle de la recherche sur les minéraux.

 

z-IMG_6216-copie-2.jpg         Vulcano - fumerolles situées sur le bord du cratère de La Fossa - © Bernard Duyck 

  

Grâce à des instruments sophistiqués, microscope électronique à balayage avec analyseur chimique et diffractomètre à rayons-X, 18 nouveaux minéraux ont été identifiés. Cette découverte est approuvée par le commission des nouveaux minéraux de l'IMA - International Mineralogic association - qui sert d'organe de contrôle et attribue les noms aux nouvelles espèces.

 

Ces méthodes modernes d'analyse ont d'ailleurs permis de porter, au niveau mondial, le nombre de nouvelles espèces minérales de 2.000 à 4.700.


Pour les noms, l'inspiration vient de la mythologie : parmi ceux-ci, "l'Adranosite", en honneur d'Adranos -Αδρανός - dieu du feu vénéré par les Sicules, ancienne peuplade de Sicile, dans la ville d'Adrano, près de l'Etna, où il a vécu avant d'en être chassé par Héphaïstos.

L'adranosite - (NH4)4NaAl2(SO4)4Cl(OH)2 - provient d'une fumerolle active à 250°C, se présente en gerbes de cristaux prismatiques blancs à incolores atteignant 0.3 mm de longueur sur une brèche pyroclastique.

  

Adranosite---Vulcano---M.Russo-INGV-11.jpg                     Adranosite  - de Vulcano / îles Eoliennes - photo M.Russo / INGV

Une autre espèce sera nommée "Héphaïstosite", du grec Héphaïstos - Hφαιστος - qui est le fils de Zeus et de Héra, et dieu du feu, des forges et des volcans dans la mythologie grecque.

(ndlr : les anciens expliquaient le nom d'Héphaïstos comme "celui qui est allumé" ... c'est vrai qu'il faut l'être un peu pour grimper sur les volcans.)

 

L'héphaïstosite - TlPb2Cl5, un chlorure de thallium et plomb - fut trouvée dans une fumerolle de haute température, ~ 400°C, sur le bord du cratère de La Fossa.

 

Hephaistosite---Vulcano---M.Russo-INGV-11.2011.jpg                   Héphaïstosite - de Vulcano / îles Eoliennes - photo M.Russo / INGV 

 

Sources :

- Scienze - Scoperte / dalle fumarole dell'isola di Vulcano emergono nuovi minerali.

Libro-Vulcano.jpg- AMI - Associazione Micro-mineralogica Italiana - link

- Vulcano, tre secoli di mineralogia - par A.M.I. 343 p.

- Mineralienatlas - Adranosite - link

- Mineralienatlas - Hephaïstosite - link

- Mindat - Hephaïstosite - link

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Equateur - Le Tungurahua est toujours actif avec l'émission le 07.12 d'une colonne de cendres à 3.000 mètres, engendrant de petites retombées côtés ouest et Nord-est. Une explosion fort bruyante a été entendue en matinée, sans pouvoir préciser la hauteur de la colonne éruptive, étant donné les mauvaises conditions atmosphériques.

Le principal danger provient de la formation de lahars, dus aux pluies éventuelles qui remobiliseraient les cendres déposées. Les autorités conseillent la prudence lors de la traversée de rivières dans les vallées. (Bulletin IGEPN 07.12.2011)

 

Une belle photo de notre ami équatorien :


03.12.2011---JLEN.JPG                   © José Luis Espinosa Naranjo.

 

Colombie - Galeras : le volcan, en alerte niveau 3, amarillo, produit de façon permanente des gaz au départ du cratère principal, comme au niveau de cratères secondaires. On a pu observer une recrudescence de ces émissions les 2,3 et 5 décembre; des anomalies thermiques ont été également mesurées, avec une valeur maximale aux environs de 200°C.


Le niveau d'émission de SO2 se maintient à un niveau bas et fluctuent. (rapport Ingeominas 06.12.2011)

 

06.12.2011-Galeras--I-ngeominas.jpgLes émissions de gaz et vapeur d'eau des cratères sommitaux du Galeras le 06.12.2011 - photo Ingeominas.

 

Canaries - El Hierro :

Le PEVOLCA a abaissé le niveau d'alerte terrestre à "jaune", maintenant le niveau "rouge" , maximum, pour la zone marine de l'éruption au sud de La Restingua . Un couloir de quelques centaines de mètres devrait permettre la circulation maritime en provenance de ce port.

Compte tenu de la sismicité, l'éruption semble en perte de vitesse, avec un trémor bas.

Les observations confirment que la source éruptive est constituée de trois cônes sous-marins, adossés, et situés à une profondeur de 160 à 180 mètres.

L'éruption sous-marine continue, avec une baisse de trémor suivie d'une réactivation et l'émission de quelques "restingolitas".

Le nombre de séismes est par contre en baisse pour la région marine d'El Golfo.

 

Mexique - Popocatépetl :

Le volcan, toujours en alerte niveau 2, a connu durant les dernières 24 heures un total de 115 "exhalations" de basse intensité, avec vapeur d'eau et gaz, parfois chargée d'un peu de cendres. Des retombées ont été signalées dans le secteur NO. du Popo.

De l'incandescence nocturne est visible.

Peu de changements des paramètres de surveillance du volcan; à signaler toutefois, un court épisode de trémor harmonique de faible amplitude, durant 3 minutes (rapport Cenapred 07.12.2011)

 

07.12.2011-Popo-16h26.jpg

                    Webcam du Popocatépetl, le 07.12.2011 / 16h26 GMT) - Doc. Cenapred

 

Kamchatka - 3 volcans en alerte orange, 2 en jaune.

L'activité se poursuit aux Shiveluch, Kizimen et Karymski, respectivement de type explosif-extrusif- effusif, effusif, et explosif.

Une anomalie thermique est observée par les satellite sur les 3 édifices.

(KVERT)

 

RDC - Nyamuragira :

L'éruption se poursuit : lors du dernier week-end, l'éruption originale semblait se terminer, lorsqu'un nouvel épisode a pris le relais, avec au moins 7 fontaines de lave, à la grande satisfaction des observateurs.

Les satellites détectent une anomalie thermique de plusieurs kilomètres, liée aux coulées et le panache de dioxyde de soufre est relevé à plus de 1.000 km. par l'OMI. (Activolcans - Gorilla CD)

 

Hawaii - Kilauea :

L'activité du Kilauea est marquée par des cycles d'inflation et de déflation.

Les coulées provenant de la fracture sur le flanc NE du Pu'u O'o ont atteint la zone des Royal Gardens, où elles progressent lentement.

Le cratère du Pu'u O'o est marqué par une activité de spattering.

Le lac de lave de l'Halema'uma'u est actif, avec un niveau variable selon les cycles inflatoire/déflatoire. (HVO)

 

06.12.2011-PuuOo-crat.-et-fissure.jpg                     Cratère et fissure de flanc du Pu'u O'o - 06.12.2011 - photo HVO.


coulees-au-02.12.2011.jpgCoulées récentes du Pu'u O'o en rouge et rose - les coulées de nov au 02.12.2011 en rouge - carte USGS / HVO.

 

 

Poussières volcaniques et vols commerciaux :

Développé en réponse aux perturbations aériennes consécutives à avoid21.jpgl'éruption de l'Eyjafjallajökull, le système AVOID - Airborne Volcanic Object Imaging Detector / Nicarnica aviation - a été testé avec succès et équipera les avions de la compagnie Easy Jet, dès milieu 2012. Easy jet et Airbus vont développer un système compact pouvant être mis en bout d'ailes et qui va permettre de repérer un nuage de poussières volcaniques à 100 km. de distance et des hauteurs comprise entre 5.000 et 50.000 pieds... ce qui permettrait des ajustements de plan de vol pour éviter le dit nuage.

 

Ces quelques nouvelles ne se veulent pas exhaustives ... vous pouvez les compléter utilement sur le Global Volcanism Program et les différents observatoires.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

" d'Art d'Art ! " : une émission courte mais bonne, par Frédéric et Marie-Isabelle Taddeï, présente en une minute trente-cinq et avec un discours plein d'humour, une oeuvre d'art et ses dessous.

Parmi les artistes qui défilent chaque jour, Pierre-Jacques Volaire, dit Le Chevalier Volaire, a attiré particulièrement mon attention pour ses "Eruptions du Vésuve".

 

Pierre-Jacques Volaire, né à la fin des années 1720, travaille à l'atelier de peinture de l'arsenal maritime de Toulon, lorsque arrive Joseph Vernet en 1754. Ce dernier, artiste reconnu, a obtenu une commande du roi Louis XV : les Ports de France. Pour réaliser ces peintures de paysage, il s'attache le jeune Volaire, qui commence ainsi sa carrière. Les deux peintres parcourent ensemble les ports de Bordeaux, Bayonne, La Rochelle et Dieppe.

Volaire quitte ensuite Vernet pour se rendre en Italie, à Romes, puis à Naples, où il s'établit définitivement. Durant son séjour, le Chevalier Volaire travaille à des paysages, des marines et des vues du Vésuve.

Ce dernier thème, l'éruption du Vésuve, devient le sujet presque exclusif des œuvres de l'artiste et le comble. En effet l'intérêt porté par ses contemporains européens aux manifestations extraordinaires de la nature les conduit à une étude poussée du volcan, qui connaît, entre 1750 et 1800, une activité intense.

L'activité en hausse attire des voyageurs fortunés; ils assistent aux éruptions et rêvent de pouvoir la raconter à leur retour de voyage. C'est là que Volaire intervient ! et, comme le dit Frédéric Taddeï, "il vendait des éruptions du Vésuve aux visiteurs comme on leur vend aujourd'hui des cartes postales ".

Le succès de ses tableaux encourage la concurrence et donne naissance à la fin du 18° siècle aux "Gouaches Napolitaines (Fabris, Lusieri, saverio Della Gatta).

De retour en France, le chevalier Volaire devient membre correspondant de l'Académie de peinture et de sculpture de Marseille. Deux ans plus tard, il tente une démarche auprès du comte d'Angivillers, Surintendant des bâtiments du roi, pour faire acheter par Louis XV une de ses vues du Vésuve.

 

 

Volaire---er-du-Vesuve-et-vue-de-Portici----Nantes-musee.jpg"Eruption du Vésuve et vue de Portici" - huile sur toile de Pierre-Jacques Volaire - Nantes, Muséedes Beaux-Arts. ( 1,3 x 2,27 m.)

 

Contraste entre les tons froids de la baie de Naples sous un éclairage lunaire, et les tons chauds des émissions de lave, qui guident l'oeil des sommets vers les maisons du port.

Une double diagonale aiguille l'oeil : les pentes du volcan et celle, presque parallèle, formée par le pont et les personnages en effervescence. Une autre ligne vient recouper les précédentes, où les gaz volcaniques suivent la direction d'un nuage qui va occulter la clarté de la Lune.

Volaire voulait vendre ... et il mettait tout en oeuvre pour cela : le volcan est effusif et explosif à la fois ! L'essentiel est que ses clients repartent contents, avec un souvenir de vacances magnifique et terrifiant à la fois !.

Et il nous gratifie de nombreuses autres vues du volcan :

 

Volaire---Vesuve-1719.jpg"L'éruption du Vésuve" - huile sur toile de Pierre-Jacques Volaire - Musée du Louvre - Paris (169 x 75 cm.)

 

Volaire---eruption-Vesuve---coll.-particuliere-Web-galler.jpg"Vue de l'éruption du Vésuve" - huile sur toile de Pierr-Jacques Volaire - collection particulière / Art on web (56 x 76 cm.)

 

Cette toile reprend l'opposition tons chauds-tons froids, avec d'autres lignes plus verticales qui soulignent le panache dégagé par une éruption de flanc et ses retombées de cendres et lapilli sur la baie napolitaine.

 

Sources:

- d'Art d'Art - par Fréderic et Marie-Isabelle Taddeï - éd. Chêne.

- Art on web.

- diverses biographies de P-J. Volaire.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La ville de Murat est située au pied des contreforts orientaux des Monts du Cantal, dans la vallée Alagnon qui était le principal lieu de passage au travers du Massif central.


Murat-rocher-des-bredons---2--Vincent-donato.jpg

Panorama sur Murat - à gauche, le rocher de Bredons et son prieuré - à droite, le rocher de Bonnevie surmonté d'une statue - photo Vincent Donato / Picassa.


Elle est entourée par trois rochers basaltiques qui sont les vestiges d'anciennes cheminées volcaniques, toutes composées de basanite à olivine, alignées sur une fissure, et déchaussées par l’érosion glaciaire:

le rocher de Bredons, où se trouve un prieuré, et des "gerbes rayonnantes", le rocher de Bonnevie où se trouve la statue de Notre-Dame de la Haute-Auvergne et de très fines orgues basanitiques,  et le rocher de Chastel.

A Murat, les murs de la vieille ville sont souvent constitués de prismes basaltiques empilés les uns sur les autres, sans ciment.

 

Murat-Rocher_de_Bredons--ph.Fabien-1309.JPG            Murat, le rocher de Bredons et son prieuré sous un angle différent  - photo Fabien1309.


Murat - Orgues basaltiques- Fabien 1309

        Murat , fines orgues basanitiques du rocher de Bonnevie - photo Fr.Thurion via Fabien1309.

 

Murat-rocher-de-Bonnevie-hiver---site-de-Murat.jpg                       Murat, le rocher de Bonnevie en hiver - photo site web de Murat.

 

Chastel-prismes-en-gerbes---sortie-cantal.jpg     Cantal - prismes en gerbes (indiqués par les flèches) - doc. Excursions Géosciences / A.Dardon.

 

Chastel-Marlhac est caractérisée par une falaise marquée par des éboulis : ce sont les restes d’un lac de lave fossile circulaire, de 750 mètres de diamètre formant un entablement… l’appareil éruptif qui ceinturait le cratère a été entièrement détruit par l’érosion.

Cette falaise de 40 à 50 m. de haut, présente des orgues horizontales à la base, verticales au sommet. La roche est une basanite ( température du lac au moment de son activité : 1.050°C)

 

Rocher-de-Chastel-ancien-lac-de-lave.jpg                        Le lac de lave fossile de Chastel - photo non référencée

 

Le site de Chastel-Marlhac correspond au site antique de Meroliacum , un oppidum, décrit dans "l'histoire des Francs": "Ce lieu, fortifié par la nature, était assis sur un rocher taillé à pic ; un escarpement de cent pieds et plus de haut en formait l'enceinte ; au milieu il y avait un grand lac d'eau limpide, très agréable à boire. De l'autre part sourdaient des sources assez abondantes pour former un cours d'eau vive qui s'échappait par la porte. La place était si vaste que ceux qui l'habitaient cultivaient la terre dans l'intérieur des murs et récoltaient des fruits en abondance."

 

La région abrite de la Chabazite, gîtée dans les cavités de roches volcaniques; elle n'est pas une espèce minérale mais désigne une série de quatre espèces du groupe des silicates, sous groupe des tectosilicates, de la famille des zéolites qui sont trigonales, isométriques : la chabazite-Ca, chabazite-K, chabazite-Na, chabazite-Sr.

Elle est décrite en 1792  par Louis-Augustin Bosc d'Antic sous le nom de " Chabasie ", du grec chabazios, pierre mal définie. Le terme sera déformé par la suite en chabazite.

 

Murat---chabasite-musee-ferme-de-l-orme---geowiki.jpg                           Murat - Chabazite - musée Ferme de l'Orme - Géowiki

 

A proximité, les carrières de Foufouilloux ont été ouvertes dans des diatomites de la fin du Miocène, datées d’environ 5,5 Ma, qui se sont accumulées dans un cratère d’explosion, vraisemblablement de type maar. Les lacs à diatomées sont fréquents aux abords des volcans, car les algues siliceuses trouvent une source de silice facile à utiliser dans les laves acides.

 

Fourfouilloux---sortie_cantal14.jpgCarrière de Foufouilloux -  la diatomite se trouve sous une couche morainique - photo Excursions Géosciences / A.Dardon. 


Diatomite - sortie cantal14Ces diatomites présentent une structure varvée : une alternance de niveaux clairs, correspondant au printemps et été, et de niveaux plus sombres, enrichis en matière organique , correspondant aux deux autres saisons.


Varves (flèches) dans de la diatomite - photo Excursions Géosciences / A.Dardon.


On y retrouve de nombreux végétaux ( feuillus, conifères, graminées et mousses) et des insectes, qui ont permis une reconstitution du climat de la fin du Miocène.

 

Murat-diatomites---geoforum.jpgMurat-diatomites-faune_empreintes_diverses---museum-H.Nat-P.jpg

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, feuille de chêne sur diatomite - doc. Géoforum / speleunca 09.

 

A droite, empreintes diverses de faune sur diatomite - doc. Museum d'histoire naturelle de Paris.

 

 

 La région fut illustrée par un peintre Français, Charles Jaffleux (1902-1941), qui, malgré une courte carrière, a produit un millier d'oeuvres, dont des eaux-fortes des monuments régionaux, qu'il a fait éditer en cartes postales ... ceci lui a assuré un revenu lui permettant de se consacrer à la peinture de paysages Auvergnats, et d'autres provinces françaises.

 

Puy_Griou_Charles_Jaffeux_--NdFrayssinet.jpg

                      Charles Jaffleux - Cantal - le Puy Griou - photo NdFrassinet

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delacaux & Niestlé.

- Saga – la commission géologique du Cantal - link

- Excursions géosciences – Arnaud Dardon, géologue. - link

- Carrière de diatomites de Foufouilloux  - link 

- Le plateau de Chastel - link

- Chabazite - Géowiki

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Nouvelle alerte en deux jours en Indonésie : après le Gamalama dans les Moluques, c'est au tour du Gunung Sundoro de voir son niveau élevé à 3 - Siaga.

Suite à une élévation du nombre de séismes, et un changement de leur nature depuis octobre, une zone d'exclusion de 2 km. a été décrétée autour du cratère.

 

Sundoro-et-Kembang--G----Lee-Siebert-Smithso-jpgLe Gunung Sundoro, symétrique, et le Kembang sur son flanc, à gauche de la photo - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.


Le Sundoro est situé sur l'île de Java, dans la région du plateau de Dieng. Haut de 3.151 m., c'est le stratovolcan le plus symétrique de Java. Il est voisin du Gunung Sumbing, dont il est séparé par un ensellement .

Ses flancs sont ponctués de cratères parasites et de cônes, dont le plus important est le Kembang, et de coulées de lave.

Son sommet est complexe et habité de nombreux cratères : Segoro Wedi, Segoro Banjaran, Kawah utara, Kawah selatan et Sumur ledakan.

Son activité est le plus souvent de type phréatique, la dernière éruption de ce type étant datée de fin 1971.

 

Un total de 22 volcans sont en alerte relevée pour l'Indonésie (Badan geologi / PVMBG.)

 

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_orange Gamalama 4 Desember 2011
led_yellow Papandayan 13 Agustus 2011
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_yellow Krakatau 30 September 2011
led_yellow Sundoro 5 Desember 2011

 

Le panache de SO2 produit par le Gamalama s'étire, selon l'OMI, jusqu'au sud de Sulawesi, à environ 1000 km. au sud-ouest du volcan.

Pour le moment, son activité quotidienne reste à un niveau normal, mais le risque demeure important pour les habitants de Ternate et des villages aux alentours.

 

05.12.2011-lahar-Gamalana.jpgUn lahar en provenance du Gamalama emprunte la rivière coulant dans le village de Tubo / Ternate - photo 05.12.2011 Ifan Gusti / Tempo

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les régions volcaniques ont toujours constitué des pôles d'attraction, du fait de l'existence de fumerolles et de sources chaudes que l'on pouvait utiliser pour se chauffer, cuire des aliments ou tout simplement se baigner. Les premiers témoignages d’utilisation d’eau chaude pour des thermes nous viennent d’Italie, dès de 2.000 avant JC.

 

Dès 1330, les archives font mention en Auvergne d’un réseau de distribution d’eau chaude, à une époque ou les tuyaux étaient encore en bois ; le seigneur local prélevait une taxe pour l’entretien de ce réseau de distribution, qui servait déjà à des "usages industriels", comme le lavage de la laine et des peaux.

 

Chaudes-Aigues-Lavoir-d-eau-chaude---ph.Ji-Elle.JPG                              Chaudes-Aigues, le lavoir d'eau chaude - photo Ji-Elle

 

A Chaudes-Aigues, située à la confluence de deux systèmes de fractures, trente sources chaudes sont répertoriées, dont la température est comprise entre 45 et 80°C.

Elles sont réparties en deux aires d'émergence : le Par, au centre-ville et le Moulin du Ban, au sud. Elles sont alimentées par des eaux superficielles infiltrées dans le système fracturé du socle, réchauffées à plusieurs milliers de mètres de profondeur, puis drainées vers la surface par un réseau de fractures très localisé ... ce réseau permet, en l'absence de volcan à proximité, un transfert thermique. Les eaux hyperthermales, portées à plus de 200°C, plus légères et aidées par la détente du CO2, s'élèvent en se refroidissant durant l'ascension, par baisse de pression et/ou mélange avec des eaux superficielles froides.


Déjà, les romains goûtaient les bienfaits des " calidas aquae " (les eaux chaudes) et au Moyen-âge, paralytiques et lépreux venaient s'y baigner.
Au Moyen-âge encore, on mit au point un système de chauffage central d’une simplicité biblique, qui perdure depuis : il consiste en un réseau de canaux qui distribuent l’eau chaude à plus de 300 maisons, lesquelles dissimulent, sous les dalles de lauze du rez-de-chaussée, un réservoir où l’eau s’accumule, réglée par une vanne.

Ce système fait ses preuves depuis plus de six cent ans, même si aujourd'hui, le PVC a remplacé les conduites en bois de pin et que certains habitants, heureux possesseurs de sources privées, disposent d'échangeurs thermiques qui alimentent les robinets en eau chaude.
En sorte que, du 24 octobre au 31 avril, les Caldaguès se chauffent à peu de frais, tandis que le reste de l'année, l'eau chaude est réservée au lavoir, à la piscine et à l'établissement thermal.

niches-vitrees-Chaudes-Aigues-jpgSur chacun des quartiers de la ville, veille un saint, enfermé dans une niche accrochée au mur d'une maison : ces statues, dorées, polychromes et dont l'origine remonte pour la plupart au 18° siècle, font la fierté des Caldaguès, qui les honorent une fois l'an. Ainsi sacralisée, l'eau de Chaudes-Aigues, nonobstant son odeur de soufre et sa couleur rouille, concourt depuis toujours à la vie de la cité.

 

chaudes-aigues---IRD.jpg                                Chaudes-Aigues, la source du Par - photo IRD

 

La source du Par, une des plus chaudes d’Europe,  tire son nom du fait que le cochon y était "paré ", c'est-à-dire nettoyé et épilé grâce à l’eau très chaude.

Elle est immédiatement repérable , en plein cœur du village, par son nuage de vapeur ; elle débite moyennement 320 litres à la minute.

 

Ces eaux sont exploitées tout au long de l’année par le centre thermal Caleden, pour leur température exceptionnelle et leur composition chlorurée sodique riche en oligo-éléments ; cette composition physico-chimique particulière confère aux eaux locales des propriétés antalgiques et myorelaxantes intéressantes pour le traitement des affections rhumatismales. Des soins thermaux – bains, douches, étuves, application de boue, rééducation en piscine d’eau thermale – sont proposés en cures.

 

Chaudes-Aigues-Source-Musee---ph.OT.JPG   Chaudes-Aigues, le musée  Geothermia ... et une fontaine d'eau chaude - photo Office du Tourisme.

 

Chaudes-Aigues accueille aussi aujourd’hui Geothermia, le musée européen de la géothermie et du thermalisme ; sous les dalles de schiste du rez-de-chaussée, circule l'eau thermale attestant que c'est bien ici qu'est né, en 1332, le premier réseau de chauffage urbain au monde. Sur dix salles, le musée passe en revue les diverses utilisations de la géothermie : chauffage, aquaculture,thermalisme, production d’électricité, avec un focus sur … " la ville chauffe-eau ".

 

Sources :

- Chaudes-Aigues – modèle géothermique d’un site historique / Cerimes – JP.Gibert & R.Brousse.- link

- Inventaire du patrimoine thermal de Chaudes-Aigues  - link

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