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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le Gamalama est entré en éruption dimanche vers 23 h., après une crise sismique durant laquelle plus de 100 séismes de petite et moyenne intensité ont été enregistrés.

 

Gamalama-1994---G.Sugiharto-VSI.jpg                       Le Gamalama - photo Sujiharto / VSI (1994)


Pour le moment, le niveau d'alerte reste au 3 - "siaga", mais pourrait être relevé à 4 - "awas".

Compte tenu de l'activité, l'évacuation des résidents de 10 sous-districts de Maluku a été décidée, ainsi que la fermeture des écoles pour une semaine. Ce lundi et jusqu'à normalisation de la situation, l'aéroport de Ternate sera fermé, d'après le secrétaire de Garuda, qui effectue deux vols journalières dans les Moluques.

La ville de Ternate a subi des chutes de cendres et le port de masques est conseillé.

 

Le Gamalama est un stratovolcan de forme pseudo-conique formant l'île Karta_ID_Maluku_isl.PNGde Ternate dans l'archipel des Moluques. Trois cônes, d'âge décroissant vers le nord, constituent le sommet du volcan, qui culmine à 1715 mètres.

De nombreux maars et évents occupent une zone de rift, parallèle à l'arc d'Halmahera, recoupant le volcan.

Son activité historique a été marquée par de nombreuses éruptions dans le courant du 16° siècle, marquant les cratères sommitaux; d'autres éruptions de flancs sont rapportées en 1763, 1770, 1775 et 1962-63.

La dernière manifestation éruptive date de 2003.

 

La tectonique de cette zone est complexe comme le montre la carte ci-dessous.

 

Molucca_Sea_Plate_map-fr.png

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Gamalama

- Agences de presse : Reuters, AFP, AP

- Jakarta Post

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Cantal_volcanoes_section-fr.svg---Semhur.png Coupe des monts du Cantal - elle révèle la forme du volcan ancestral en suivant la pente des planèzes  - doc. Semhur.


Les vastes nappes basaltiques émises par le Cantal au Pliocène ont pris le nom de "planèze ", désignant au départ cette région, et qui dérive de l’occitan "planesa " - petite plaine, plaine agréable. 

Presqu’absentes dans le quart nord-ouest, ces coulées à pendage centrifuge, peuvent atteindre 250 m. d’épaisseur dans la partie nord. Elles sont dues à divers centres éruptifs, ponctuels ou linéaires, disséminés sur toute la surface des planèzes.

Nous avons diverses planèzes : la planèze de Trizac, celle de Salers, celle de Pierrefort et celle de Saint-Flour que nous examinerons plus en détail.

Jadis ne formant vraisemblablement qu’un seul vaste plateau, elle ont été séparées par de profondes vallées creusées par l’érosion.

La roche une fois dégradée a donné naissance à des espaces de terres fertiles étendus, couverts de pâturages et bosquets, qui ont aidé à la renommée des viandes et fromages produits localement.

 

Carriere-Bouzentes---Hebrard.jpeg                           La pierre de Bouzentès - exploitation Hebrard & fils

 

Entre St Flour et Chaudes-Aigues, une des coulées basaltiques constituant la planèze de St Flour se laisse découvrir, grâce à l’exploitation carrière.

A Bouzentès, elle est épaisse de 5 à 30 mètres, et son volume est estimé à 1,3 km³ ; cette coulée résultant d’une éruption hawaiienne, datée de 4,2 Ma, a recouvert 65 km².

La pierre de Bouzentès est un magnifique basalte à structure doléritique, phénocristaux d’olivine et baguettes enchevêtrées de plagioclase, utilisée pour la construction locale.

La cathédrale de St Flour (XV°), érigée en l’honneur de l’évêque Florus, le saint-fondateur responsable de l’évangélisation de la région au 5°siècle, en est un bel exemple.

 

SaintFlour---ph.Bea.jpg                     St Flour - la vieille ville s'est installée sur un éperon basaltique - photo Béa.

 

St Flour est construite pour part sur un éperon basaltique. On peut y admirer une coupe dans la coulée, qui présente une belle colonnade régulière, à prismes verticaux de bonne taille, surmontée d’un entablement correspondant à la partie centrale de la coulée. Elle est datée de 8,8 Ma.

 


St-Flour.jpg    St Flour - Cantal - double prismation d'une des coulées parmi les plus accessibles.
Les orgues basaltiques de Saint-Flour sont des remparts naturels qui se sont formés par deux coulées de laves successives. Ils divisent ainsi la ville entre une partie basse, et une partie haute, perchée au sommet des remparts. Ces derniers ont permis d'assurer à Saint-Flour une bonne position défensive. Longtemps, les tailleurs de pierres de la ville s'y sont réfugiés afin d'exploiter la roche volcanique.

 

St-Flour-av.-des-orgues---Cybercantal.JPG                                 St Flour, avenue des Orgues - photo Cybercantal.

 

La planèze de St Flour abrite un ensemble mégalithique datant du néolithique. Douze mégalithes sont datés entre 5.000 et 2.000 avant JC. Lors de fouilles archéologiques récentes, on a découvert des poteries, des silex et des fragments d’os permettant une datation précise.

Le dolmen de Mons est enchassé dans son tumulus ; sa dalle de basalte mesure 2,3 mètres de longueur. A Bouzentès, le dolmen dit de "la tombe du Capitaine" porte des gravures non encore interprétées.

 

Tombe_du_Capitaine_Villedieu.JPGDolmen dit de " la tombe du Capitaine" : piliers de basalte, et table de dolérite - photo the megalith portal.

 

Sources:

 

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé

- Les volcans du Massif Central - P. Nehlig & al. / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal / BRGM / link

- Guide du Cantal - promenades géologiques / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal - Laurent Besnard - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Après les sommets, revenons sur la majeure partie de la structure du volcan du Cantal.

 

-MontsDuCantal-pres-plomb---B.Navez.jpg               Paysage du volcan du Cantal, dans les environs du Plomb du cantal - photo B. Navez


Après l’éruption du St Helens, en 1980, dans l’ouest des Etats-Unis, on a pu étudier en détails les avalanches de débris (définition : *)  … à la suite de quoi, une mise en parallèle avec la structure du Cantal a débouché sur un programme de cartographie et d’acquisition de nouvelles données géochronologiques et géophysiques, par Nehlig et ses collaborateurs en 2001, qui fournit une vision synthétique de l’évolution du stratovolcan.

 

( * ) : Les avalanches de débris volcaniques sont des glissements de terrains de plusieurs km³ qui affectent la structure même des édifices volcaniques. Ainsi l'avalanche de débris du Mont St Helens le 10 Mai 1980 a enlevé les 500 m du sommet du volcan. Ces glissements de terrains forment généralement des caldeiras d'avalanche qui ont une forme en fer à cheval avec un diamètre de un à trois kilomètres et une profondeur qui est généralement de plusieurs centaines de mètres. Les dépôts d'avalanche sont constitués d'un assemblage de débris mal triés noyés dans une matrice hétérogène. Certains fragments peuvent être de taille hectométrique et former à la surface du dépôt une morphologie à collines et dépressions fermées Une des caractéristiques des avalanches de débris volcaniques est leur très grande mobilité par rapport à ce que dicte le bon sens avec un rapport distance parcourue sur hauteur de chute qui est généralement voisin de 11. - définition du BRGM.


L'essentiel du massif du Cantal est constitué de volcanoclastites. Celles-ci, majoritairement de nature trachyandésitique, affleurent dans le centre du massif sur une épaisseur pouvant atteindre près de 800 m et diminuent régulièrement vers la périphérie.

Ces volcanoclastites révèlent des modes de transport et de mise en place très différents : écoulements pyroclastiques, coulées autobréchifiées, lahars, avalanches de débris.

 

Cantal-avalanches-debris-en-brun---BRGM-copie.jpg BRGM-carte-geologique.jpgCarte géologique simplifiée du Cantal. 1 : basaltes supracantaliens (planèzes); 2 : dépôts d'avalanches de débris ; 3 : dépôts de coulées de débris ; 4 coulées et pyroclastites trachyandésitiques et trachytiques ; 5 : basaltes infracantaliens ; 6 : sédiments oligo-miocènes ; 7 : socle hercynien. Le découpage rectangulaire correspond à celui des cartes au 1/50000 - doc. BRGM.

 

 

 

Schématiquement, dans la partie centrale de l'édifice (10 à 13 km de diamètre), il s'agit essentiellement de brèches de nuées ardentes et de coulées autobréchifiées remaniées longitudinalement ( jusqu'à de 17 à 27 km du centre géographique du volcan) en dépôts de lahar.

En revanche, dans les parties plus distales du massif, il s'agit de dépôts d'avalanches de débris trouvés jusqu'à près de 40 km du coeur de l'édifice.

 

logstraticant.jpgStratigraphie des dépôts respectivement dans la zone centrale, les zones intermédiaires et périphériques - doc. BRGM


Le volcan du Cantal est donc constitué de deux grandes formations, associées aux épisodes de construction et de destruction de l'édifice volcanique :

- en son centre, un empilement de coulées et de volcanoclastites, dont la base fortement propylitisée renferme de nombreux dépôts de coulées pyroclastiques, des intrusions trachyandésitiques, trachytiques et rhyolitiques.

A ce complexe trachyandésitique succède un complexe laharique vers les marges du strato-cône ;

- en périphérie, les dépôts d'avalanches de débris issus des déstabilisations de flanc successives des édifices centraux et de leurs piémonts lahariques.

(description dans Nehlig & al. / Les volcans du Massif Central - le plus grand volcan d'Europe : le Cantal - BRGM)

 

Pourquoi autant d'avalanches de débris ?

Les dépôts d'avalanches de débris peuvent avoir été induits ou facilités par des facteurs divers concomitants ou non.

- une énorme quantité de matériaux disponibles, de l'ordre de 300 km³ de laves et pyroclastes mis en place entre -9 et -7 Ma, d'après les dernières estimations, et qui n'ont pu s'étaler.

- le substratum disloqué, masqué par les formations volcaniques, reflète une topographie générale assimilable à un plateau irrégulier, s'abaissant du NE. au SO., du Cézallier vers Aurillac, combinée au jeu des horsts et grabens sous le Cantal, conséquence d'une tectonique de distension.

- la présence sur le socle d'argiles et de marnes d'âge tertiaire, plastiques qui ont du favoriser la mobilité des avalanches de débris.

- les dykes reliant les protubérances phonolitiques pourraient avoir fragilisé l'édifice volcanique, ainsi que des altérations d'ordre hydrothermal.

 

Sur le schéma ci-dessous, une relation entre le volume estimé des dépôts d'avalanche de débris et le volume du stratocône (échelles logarithmiques) permet de concevoir la taille du volcan par rapport p.ex. à celle du St. Helens.

 

article_morfo_1266-5304_2001_num_7_2_109412.jpg

Relation entre les volumes des édifices volcaniques et les dépôts d'avalanches de débris (d'après Siebert et al., 1995 et McGuire, 1996). / P.Nehlig & al. - les dépôts d'avalanches de débris du Cantal - Persée.

 

 Qu’elle devrait être la paléo-altitude du stratovolcan du Cantal ?

Une étude sur des avalanches de débris sur des volcans japonais nous informe que la distance maximale parcourue par une avalanche de débris est 5 à 17 fois plus importante que la hauteur de chute. Le rapport H/L décroît faiblement avec le volume de l'avalanche.

La prise en compte de cette corrélation entre hauteurs de chute et distances parcourues par les avalanches de débris permet d'estimer les paléo-altitudes du Cantal trachyandésitique.

Ainsi, pour les dépôts d'avalanches trouvés à 35 km du coeur de l'édifice volcanique, la hauteur de chute ne pouvait être inférieure à 2400 m ; la prise en compte de l'altitude des dépôts distaux d'avalanches de débris conduit donc à une altitude absolue initiale de l'édifice qui ne saurait être inférieure à 3000 m.

 

murat_coupe.jpg

Reconstitution du paléo-volcan avant et après l'avalanche de débris (en pointillés) par rapport au profil actuel (en orange). - d'après un doc. BRGM

etape9_2-copie.jpg                                 Profil actuel du stratovolcan du Cantal - doc. BRGM

 

 

Sources:

- BRGM - Le Cantal

- Revue Géologues - les volcans du Massif central - par P.Nehlig & al.

- Les dépôts d'avalanches de débris du Cantal (France) : témoins
de la construction du plus grand stratovolcan européen d'âge miocène - par Nehlig Pierre, Dardon Arnaud, Fréour Gwenael, Huguet David, Leyrit Hervé. In: Géomorphologie : relief, processus, environnement. Avriljuin, vol. 7, n°2. pp. 107119. - doi : 10.3406/morfo.2001.1094 - http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/morfo_1266-5304_2001_num_7_2_1094.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Brève note pour signaler un débourrage au niveau de la Bocca Nuova de l'Etna, ce matin à 8h09, avec émission d'un panache de gaz et de cendres.

Etna Walk n'a pas manqué d'enregistrer cet évènement :

 

 

 

Le trémor a subi un bref sursaut sur les diagrammes de l'INGV.

 

03.12.2011-debourrage-bocca-nuova.gif                      Trace du débourrage sur le diagramme du trémor - doc. INGV Catania

 

Sources :

- INGV Catania

- EtnaWalk

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Reprenons la coupe du massif pour situer la zone :

 

Cantal volcanoes section-fr.svg - Semhur                       Coupe du massif du Cantal et position de la caldeira - doc. Semhur.

 

Le "Plomb du Cantal" est le point culminant du massif, avec 1.855 m., formé par un culot cratérique déchaussé en inversion de relief (*)et cerné par des éboulis, qui surmonte un amoncellement de dizaines de coulées de trachyandésite et de brèches pyroclastiques formées par des nuées ardentes. La lave qui le compose est une basanite à leucite ; ce feldspathoïde est présent en faible quantité et uniquement visible au microscope.

Cette structure représente l’activité la plus récente du Cantal, datée de 2,9 Ma.

 

Plomb-du-Cantal---B.Navez.JPG                            Le Plomb du Cantal (sur la gauche de la photo) - photo B. Navez

 

plomb-du-cantal---L.Besnard-copie-1.jpg

    Autre point de vue sur le Plomb du Cantal, soulignant l'inversion de relief - photo L. Besnard

 

(*) inversion-de-relief-desktop-resolution.jpgL'inversion de relief  est un phénomène du à l'érosion, qui fait qu'une coulée de lave, ou un lac de lave dans le cas du Plomb, qui primitivement se trouvait au fond d'une vallée se retrouve, des millions d'années plus tard, comme un plateau dominant le paysage.

 

doc. L. Besnard

 

La première référence littéraire à cet endroit apparaît sous la graphie "pont de Cantal" dans un poème provencal du 13° siècle … mais il faut y voir une faute de copiste : il fallait écrire "pom " , nom ancien de pommeau désignant la forme arrondie du sommet. C’est sous cette forme qu’en est fait la première mention administrative de ce sommet :" ... in montanis de Bana et de Monte Jovio, usque ad Pom de Cantal " (traduction : " dans les montagnes de Bane et de Monjou, jusqu'au Plomb du Cantal ").

 

PuyGriou---B.Navez.JPG                        Le Puy Griou, une protrusion phonolitique  - photo B.Navez

 

Le Puy Griou est quant à lui une protrusion pâteuse de phonolite à haüyne et analcime. Il se serait mis en place, il y a 6 Ma, après les phases paroxystiques qui ont eu lieu entre 8,5 Ma et 6,5 Ma. Au Quatrenaire, marqué par des périodes froides, l’action répétée du gel et du dégel a débité la roche en lauzes et formé un manchon d’éboulis.

Puy-Griou-G---puy-grionou---Cantal-nature-copie-1.jpg

 

Le Puy Griou, à gauche, et le Griounou, à droite. photo Cantal Nature.

 

Le Puy Griou (1.694 m.) voisine le puy de l'Usclade (1.498 m.) et le Griounou (1.514 m.), qui sont tous deux des extrusions de phonolite à haüyne, sodalite et analcime.

 

 

 

Puy-Maru---L.Besnard.jpg

      Le Puy Mary , un dôme de benmoréite, sous un éclairage matinal  - photo L. Besnard

 

Le puy Mary, 1.787 m., est un dôme pyramidal âgé de 7,2 Ma, largement Puy-mary---BRGM.giférodé par les glaciers. On l’atteint au départ du Pas de Peyrol, dans un paysage de cendres et de blocs, brèches qui témoingnent des nuées ardentes émises par le puy Mary.

 

Stratigraphie du complexe bréchique surmonté du Puy Mary - doc. BRGM


La lave est une benmoréite : du groupe des trachyandésites, une lave riche en phénocristaux de plagioclase, de sanidine et hornblende brune, noyés dans une pâte à microcristaux de sanidine, biotite et tridymite, lardée de filons de basalte ou phonolite.

 

De son sommet, le panorama est grandiose sur la partie sommitale du massif cantalien, où se distinguent principalement des structures trachyandésitiques, à l’exception de la zone terminale basaltique du Plomb et des pitons phonolitiques des puy Griou et Griounou. (voir la classification minéralogique du BRGM)

 

Peyre-arse-et-breche-de-Roland----Herbythyme-copie-1.jpgLe Puy de Peyre Arse (à gauche ) et la Brèche de Rolland (à droite) ... un passage difficile à franchir - photo Herbythyme.


En suivant la ligne de crête courbe, on atteint une entaille dans celle-ci : la brèche de Rolland, datant de l’édification du stratovolcan entre 8,5 et 7 Ma.

Ensuite, les Fours et par un sentier qui court sur des coulées de trachyandésite, on peut rejoindre le puy de Peyre Arse (1.806 m.)

 

Cette découverte n’est possible que par beau temps (attention au brouillard) et entre les mois de mai et novembre, à cause du possible enneigement … de plus, il n’y a aucun point d’eau sur le tracé.

 

 

 

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Le volcanisme du Cantal - par Laurent Besnard /Randonnées accompagnées dans le Cantal. - link

- BRGM - le Cantal - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Puy Mary - ph. soissons

                                  Paysage Cantalien - le Puy Mary - photo Pierre Soissons.


Les grabens de la Limagne, de la Bresse, du Rhin, de la Ruhr, de la Leine et de l'Eger, se sont formés au début du Cénozoïque pendant l'orogenèse alpine et l'affaissement néogène des bassins méditerranéen et pannonien.

 

 

europetitLes massifs volcaniques, les failles et zones de rift en bordure de l'arc Alpin - le Massif Central Français est sitié au SO., à gauche en bas de la carte - Doc. BRGM


Une immense structure régulière et déchirée par des vallées rayonnantes se distingue, individualisée au cœur du Massif central : le massif volcanique du Cantal.

 

cantal SAT - BRGMLe complexe volcanique du Cantal se distingue du payasage environnant - image ASTER en fausses couleurs


Installé en partie sur un socle granitique et métamorphique et pour une autre sur des sédiments oligocènes, ce stratovolcan complexe est parsemé d’extrusions et de dômes. C’est un des grands stratovolcans Européens : avec une superficie actuelle de 2.500km², et un diamètre de près de 70 km., il culmine à 1.855 m. au Plomb du Cantal, dans la région centrale, et présente de nombreux espaces au-dessus de 1.000 m. d’altitude, ce qui lui confère un caractère montagnard affirmé.

Il diffère des volcans de la Chaîne des Puys, vus précédemment, par sa qualification de stratovolcan .


L’histoire du Cantal s’étend du Miocène au Pliocène, entre -11 Ma et -3 Ma. Sur 8 millions d’années, l’activité éruptive a alterné des phases effusives et explosives ; les matériaux éruptifs – coulées basaltiques, brèches d’explosion et d’effondrement, projections stromboliennes et dômes – se sont emplilées pour constituer le massif du Cantal, qui a été remodelé par l’érosion glaciaire.

 

 

Age des éruptions :

Après l'éruption du St Helens en 1980, et l'étude des dépôts et de leurs structures, l'histoire volcanique du Cantal a pu être réinterprétée totalement.

 

1. Au Miocène, de -11 à -9 Ma :

 

Un volcanisme basaltique et basanitique précurseur est connu seulement au fond des vallées périphériques et aux marges du massif. Il s'agit d'édifices dispersés, très érodés, comportant quelques coulées parfois associées à des projections stromboliennes. Ils sont actuellement en

grande partie masqués par les produits plus récents.


2. Fin du Miocène, de -9 à -7Ma :

Activité centrale, avec une émission massive de pyroclastes trachytique et trachyandésitiques, radialement sur de grandes distances, alternant avec des phases d'effondrements impliquant des volumes de brèches de plusieurs dizaines de kilomètres cubes.


3. Autour de -7 Ma : mise en place, en limites de caldeira, d'épaisses coulées et de dômes de trachyandésite, qui constituent l'essentiel des sommets centraux : Puy Mary, Peyre Arse.

 

Peyre-arse-et-breche-de-Roland----Herbythyme.jpg

Le Puy de Peyre-Arse, à gauche - et les "Fours de Peyre-Arse" coupés par la brêche de Roland - photo Herbythyme.

 

4. De -7 à -6,5 Ma : La partie centrale - au Puy Griou p.ex. - et la périphérie du massif du Cantal sont marqués par des coulées épaisses et des intrusions de phonolites et ordanchites (une téphrite à Haüyne).

 

5. Au Pliocène - de -6 à -4 Ma : mise en place des planèzes, vastes nappes basaltiques périphériques, de forme grossièrement triangulaires, à pendage centrifuge.


les-planezes-du-Cantal.jpg

 Le volcan cantalien : un stratovolcan à planèzes - Doc. CPIE de Haute-Auvergne / Maison des Volcans Aurillac.

 

Ces plateaux sont bordés de vallées, et occupés en parties basses par des zones de cultures céréalières, la partie haute correspondant aux "estives", pâturages d'été des troupeaux de bovins.

Les dernières manifestations éruptives mettent en place des appareils stromboliens de petites tailles, entre 4et 3 Ma, dont le Plomb du Cantal, point culminant et dernier-né de l'ensemble.

    

6. Au quaternaire, les glaciers et l'érosion des cours d'eau vont remodeler le relief et donner aux vallées un profil en auge.


lextension-des-glaciers-dans-le-cantal-desktop-resolution.jpg Extension maximale des glaciers du quaternaire dans le Cantal - doc. repris de Volcanisme du Cantal / L. Besnard -

Le pointillé orange sur la carte indique la limite d’extension de la glaciation du Cantal lors du maximum glaciaire du Würm (-20 000 ans).  -  Les larges bandes en pointillés noirs qui partent en étoile depuis le cœur du massif représentent les grandes vallées en auge (forme en U) qui ont accueilli les glaciers.

 

cirque-glaciaire-de-l-Impradine---ph.R.Besnard.jpg   Cirque glaciaire de l’Impradine entre le Puy de Peyre Arse et le Puy Mary - photo Laurent Besnard

 

Une idée pour une promenade printanière ou estivale : Randonnées accompagnées dans le Cantal - Laurent Besnard, accompagnateur en montagne.

 

 

Sources:

 

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé

_volcanisme-du-cantal---P.Nehlig.jpg- Les volcans du Massif Central - P. Nehlig & al. / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal / BRGM / link

- Guide du Cantal - promenades géologiques / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal - Laurent Besnard - link

 

 

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

R.D.C. - L'éruption du Nyamuragira se poursuit sans beaucoup de documentation scientifique !

Quelques photos de Jean-Yves Saliez, Secrétaire du BTC Rwanda (Belgian Development Agency) , via Earthquake-report / volcano, qui s'est approché à quelques 500 mètres de la fissure éruptive, nous montrent de belles projections et l'état du cinder cone formé.

 

NyamE--22.11.2011-500-m.-JY.Saliez.jpgNyamuragira - A moins de 500 mètres de la base du cinder cone entourant le site de l'éruption -  photo Jean-Yves Saliez / Earthquake-Report - 22.11.2011 .

 

NyamG-22.11.2011---JY-Saliez.jpg                      Nyamuragira - 22.11.2011 - photo Jean-Yves Saliez / Earthquake-Report.


Des nouvelles du Virunga N.P., via le site Gorilla CD, nous apprennent que les gorilles n'ont pas été touchés par l'éruption étant donné leur éloignement par rapport aux coulées de lave . D'après les rangers qui les surveillent, leur comportement n'a pas changé.

 

nyamulagira-satellite-map2.jpg

Situation de l'éruption, des coulées de lave et de la zone occupée par les gorilles. - doc. gorilla CD.

The exact location of the eruption site, checked on satellite imagery: 29.3065° E / 1.3793°S.  Based on these coordinates, the Rumangabo headquarters is about 7.5 km from the eruption site.  From earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazard

 

Canaries - El Hierro :

L'action du "jacuzzi" persiste au sud de La Restingua, avec l'émission de nombreux blocs noirs et fumants ; les équipes de la Surveillance maritime ont repêché cette semaine de gros morceaux de pyroclastes, certains mesurant jusqu'à deux mètres, hautement poreux ...

Ces blocs flottent durant des heures, le temps que les vacuoles remplies de gaz soient envahies par l'eau, et finissent par couler.

 

27.11.-2011.JPG                     Belle remontée de pyroclastos - photo 27.11.2011 Gobierno de Canarias - CSIC .

 

27.11.2011-laves-2---.jpgGros échantillon de pyroclaste - photo 27.11.2011 Gobierno de Canarias - CSIC .


Les coastguards ont sympathiquement distribués de petits échantillons de "restingolitas" aux enfants à leur retour de pêche fructueuse, les plus importants étant transportés ensuite pour analyse.

 

 

                        vidéo : Alberto Hugo Rojas

 

29.11.2011-tache-brune.jpg                  El Hierro - la tache au large de La Restingua - Guardia Civil / Involcan 29.11.2011

 

L'émission de blocs a cessé depuis dimanche 27.11, suivie par la production d'une vaste tache marron, chargée en particules. Le pH de la zone active reste acide, mesuré à 5,7.

La sismicité sous El Golfo se poursuit à un rythme faible.

Involcan continue cependant de mesurer des taux importants de CO2 diffus à travers toute l'île, atteignant quasi quotidiennement 2400 tonnes/jour.


CO2-emiss.-diff.19.07-24.11.jpg   Taux des émissions diffuses de CO2 - Nombre journalier de séismes -- doc. INVOLCAN / via Avcan.

 

Equateur - Tungurahua :

L'activité reste permanente avec la production d'un panache de cendres d'environ 4.000 m. de hauteur.

Le 29.11, de nouvelles coulées pyroclastiques ont été observées, parcourant 1.000 m. sur les flancs, pour les plus importantes. L'activité strombolienne est intense, avec des projections laissant des impacts à plus de 1.000 m. sous le bord du cratère.

Banos et Rio Verde ont été concernés par des retombées de cendres.


30.11.2011-6h40-JLEN.jpg         Le panache érupif du Tungurahua , ce 30.11.2011 à 6h40. - © José Luis Espinosa Naranjo.

 

Chili - Cordon-Caulle :

D'après Ingeominas, l'activité éruptive reste stable, avec émission d'un panache essentiellement gazeux à environ 2.400 m. de hauteur.

Le niveau d'alerte est maintenu au rouge.

Quelques belles photos aériennes sur le journal "Bariloche 2000"

 

Sumatra - Marapi :

Le Marapi, situé dans l'ouest de l'île de Sumatra, est entré deux fois en éruption depuis dimanche ; mardi matin, à 6 h et 8h30, il a émis un panache de cendres montant à plus de 600 mètres de hauteur.

D'après l'observatoire, une zone d'exclusion de trois km. demeure d'actualité et le niveau du volcan est maintenu à 2 sur une échelle de 5.

(Jakarta globe 29.11.2011)

 

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