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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

chutes-d-Ekom.jpg

                                   Cameroun - les chutes d'Ekom-Nkam


En direction du nord et du massif de Manengouba, un crochet par les chutes d’Ekom-Nkam vous fera partager les paysages du film "Greystoke" et la légende de Tarzan, seigneur des singes, d’après l’œuvre d’Edgard Rice Burroughs, interprété en 1984 par Christophe Lambert et Andie Mc Dowell.


Greystoke.jpgUn bref rappel de l'histoire : "Après un naufrage, Jack Clayton et son épouse enceinte, comte et comtesse de Greystoke, sont condamnés à survivre dans une forêt d'Afrique équatoriale. Réfugiés dans une cabane construite dans les arbres, la femme meurt de la malaria quelques mois après la naissance de leur fils et Jack Clayton est tué par un singe. Une guenon qui vient de perdre son petit recueille l'enfant et l'élève comme un singe. Vingt ans plus tard, devenu grand, il se déplace en s'aidant de ses mains et pousse d'énormes grognements pour se faire comprendre. Il finit par découvrir la cabane de ses premiers jours et il y trouve un couteau qui va lui permettre d'asseoir sa suprématie sur le peuple singe. Suite à une exploration zoologique, un explorateur belge, le Capitaine D'Arnot, découvre ce jeune homme. Ce qu'il retrouve dans la cabane des parents lui fait comprendre qu'il s'agit d'un descendant du Comte de Greystoke. D'Arnot décide alors de ramener le jeune homme à la civilisation ..."

 

Greystoke---A.Mc-Dowelle-t-C.Lambert.jpg                   Andie Mc Dowell et Christophe Lambert - doc. du film Greystoke / Allociné.

 

Mt-Manengouba---geolocations-urskalberer.jpg                       Massif de Manengouba - photo Geolocations / Urskalberer.

 

Le massif du Manengouba s’étend sur un diamètre de 25 km. environ sur le plateau central, limité au nord par la plaine de Mbos, à l’ouest par les monts Bakossi , à l’est et au sud, par des plantations caféières.
Le Mont Manengouba est un stratovolcan basaltique à trachytique, culminant à 2.411 mètres,caractérisé par deux caldeira sommitales concentriques : Elengoum et Eboga.

 

Manengouba---namaste20.jpg

                              Dans la caldeira du Manengouba - photo Namaste20.

 

La caldeira Elengoum, plus ancienne et large de 6 km, est mal définie ; elle s’est formée il y a 800.000 à 600.000 ans. De larges coulées de lave marquent les flancs nord-est , passant au travers d’une brèche dans la parois Est de la caldeira.


Le caldeira Eboga, de 3km de diamètre, s’est formée il y a 250.000 ans.
Une activité volcanique plus récente a construit une ligne de lacs de cratère et de cinder cones, en travers de la caldeira, sur un axe SO-NE.

 

-Manegouba-lakes---Ch-dav-2010.jpg

              Les lacs jumeaux du Manengouba  -  photo Ch dav 2010.


Paysage incontournable du Cameroun, les lacs jumeaux du Manengouba valent le détour. Le lac femelle, aux eaux bleues, est plus accessible grâce à l’aménagement d’un escalier et d’une aire de repos au fond du cratère ; il symbolise la croissance. Le lac mâle, aux eaux vertes, est encastré entre deux collines et plus difficilement atteint. C’est un symbole  de force et de puissance. Une mince arête les sépare.


Ces zones sont traditionnellement peuplées par des Peuls Bororos, pasteurs nomades, limités aujourd’hui dans leurs déplacements dans les régions où des puits et des terres leur appartiennent.

 

Source :

Global Volcanism Program - Manengouba

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

Une petite interruption dans la série africaine pour une actualité sur Santorin / Théra.

 

001006                      Santorini - une partie de la caldeira - photo L. Siebert / Smithsonian inst.

 

L'instabilité sismique, qui a débuté en juillet 2011, continue en 2012 sur la ligne volcano-tectonique qui coupe la caldeira de Santorin selon un axe SO-NE. et s'étend jusqu'au volcan sous-marin Columbo, situé à 8 km. au nord-est de la caldeira de Santorin. ( "Christiana-Nea Kameni-Koloumbos-Fault" )

La liste détaillée des séismes est consultable sur le site du CSEM.


Elle pourrait y indiquer de petites intrusions magmatiques. En absence de trémor significatif, aucun danger immédiat n'est à craindre. Il convient par prudence de se tenir à distance raisonnable des zones de chutes de roches possibles, telles que la plage rouge d'Akrotiri, et de ruines. (Tobias Schorr / volcanodiscovery)

Si une éruption devait se produire, elle resterait selon les volcanologues de faible intensité et affecterai uniquement Nea Kameni, au centre de la caldeira.

 

4.jpg          Sismicité du 28.10.2011 au 26.01.2012 - doc. ISMOSAV Geophysical Lab. AUTh. du 26.01.2012 

Les séismes des 24-26.01 sont signalés en rouge au SO de la caldeira de Santorin et à l'intérieur de celle-ci.

 

 

Quelques séismes plus importants ont eu lieu ces derniers jours au sud-ouest de Santorin - dont le dernier de M > 5 , le 26.01.2012 à 4h 24 UTC et une profondeur de 14 km, localisé à 36°07N / 25°07E, et de magnitude 5,3. (bas de la carte à gauche)

   
   

Sources :

- CSEM - Centre sismologique Euro-Méditerranéen - link

- ISMOSAV - link

- Volcanodiscovery - Increased seismic activity of Santorini volcano

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

mt_cameroon---wordpress.jpgVue satellite du massif volcanique du Mont Cameroun - notez en bas à droite, la coulée atteignant la côte - doc.Wordpress.

 
Le mont Cameroun domine de ses 4.095 mètres la côte du Golfe de Guinée. Ce massif volcanique , à dominante basaltique à trachybasaltique, est installé Mt Cameroon -eosnapsur un horst qui s’est construit sur un sous-bassement de roches métamorphiques daté du Précambrien, couvert de sédiments allant du crétacé au quaternaire.


Le Mt. Cameroun - doc. Eosnap 26.01.2009

 

Il constitue un énorme volume de 1.400 km³, de forme allongée selon un axe SSO-NNE et mesure 70km. de long sur 40 km. de large. Plus d’une centaine de petits cônes de cendres sont parallèles à l’axe du volcan ; ils sont responsables de coulées de lave qui trouent le couvert forestier du massif. Le point culminant est le pic Fako.
Un volcan-satellite, le Mont Etinde, connu aussi comme le petit Cameroun, est situé sur son flanc sud , à proximité de la côte.

 

 

Mont-Cameroun-little--2003---Norman-roy.jpg

                   Le mont Etinde, ou Little Cameroon, en 2003 - photo Norman Roy.

 

Son activité historique fut observée pour la première fois en l’an 450 et relatée par Hannon, général et navigateur Carthaginois : « Nous côtoyâmes une terre odoriférante et embrasée, d’où sortaient les torrents de feu qui se précipitaient dans la mer. Le sol était si brûlant que les pieds ne pouvaient en supporter la chaleur. Nous nous éloignâmes au plus vite de ces lieux, et nous continuâmes notre voyage. Pendant quatre nuits, la terre nous paru couverte de feux, du milieu desquels s’en élevait un qui semblait atteindre jusqu’aux astres. Au jour nous reconnûmes que c’était une haute montagne nommée "Char des Dieux" ».


Son activité fréquente est de type explosif modéré, strombolien, ou effusif de type hawaiien, au départ du sommet ou des évents situés sur ses flancs.

L’éruption de 1922, qui marqua son flanc S.O. (cratères Waldau), a produit une coulée de lave qui a atteint la côte atlantique.

 

Cameroun---16.10.1982---Tom-humphrey.jpg Mt. Cameroun - 16.10.1982 - réactivation d'un ancien cinder cone - - Photo courtesy of Tom Humphrey (Gulf Oil). / GVP 

 

Cameroun-1982---Tom-Humphrey.jpg   Coulées de l'éruption d'octobre 1982 - Photo courtesy of Tom Humphrey, 1982 (Gulf Oil). / GVP

 

En 1982, une éruption réactive un ancien cône situé sur une fissure à 2700 m d’altitude, avec émission d’une coulée qui parcourt 11 km.
Le premier réseau de surveillance sismique ne fut installé qu’en 1984, par l’unité de géophysique et de recherches volcanologiques de l’IRGM – Institute for Mining and Geological Research. 


En 1999, une éruption débute le 28 mars, après un essaim sismique, sur le flanc sud à une altitude de 2.650 m. Le 30 mars, un second point d’émission situé plus bas, vers 1.400 m., produit une volumineuse coulée aa qui se divise en plusieurs branches et présente, début avril, un front de coulée impressionnant : 3 km de large et une hauteur de 15-25 mètres. La coulée aura parcouru 12 km. à la fin de l’éruption, le 22 avril. Elle se compose de basanite avec des cristaux d’olivine et de clinopyroxène, des plagioclases et des titanomagnétites.

 

couleeMtCameroun---99---JP-Tchankoue.jpg

                     Mt. Cameroun 1999 - le front de la coulée aa - photo J.P. Tchankoue

 

Cameroon---coulee-99---uml.edu.jpg

                     Mt. Cameroun - une piste coupée par la coulée de 1999 - photo uml.edu.

 

Sa dernière manifestation a lieu entre le 28 mai et le 19 juin 2000, sur deux sites séparés de 3 km : le premier est constitué de deux cratères alignés N.E.-S.O., à 4.000 m d’altitude, marqués par des explosions sporadiques de gaz et pyroclastes, incluant du matériel juvénile. Le second évent est situé à 3.300 m. d’altitude : une large fissure alimente deux lacs de lave, entourés de spatter cones, et des coulées de lave.


Mount Cameroon craters 2000 - ph.Amcaja

                   Mt. Cameroun - les cratères de l'éruption 2000 - photo amcaja

 

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                   Carte du Mt. Cameroun et de ses coulées de 1909 à 2000 - doc. geolmag

 

Le mont Cameroun émet des basaltes alcalins, des hawaiites et des mugéarites. Ce volcanisme de la série alcaline ainsi que les autres volcans de la "ligne du Cameroun", correspond à un volcanisme intra-plaque.

 

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                                     CVL - colonnades basaltiques - photo uml.edu.


Le nom Cameroun derive de la dénomination portuguaise de l’embouchure du fleuve Wouri : "rio dos Cameros " , ainsi baptisé à sa découverte en 1472, pour son abondance de crevettes. Le mont Cameroun est appelé Mount Cameroon ou Cameroon Mountain en anglais et Mongo-mo-Ndemi en bakweri, ce qui signifie en français "montagne des Dieux". Le volcan était appelé Gotterberg, Kamerungebirge ou encore Victoriaberg du temps de la colonisation allemande.

 

L'ascension du Mt. Cameroun se fait en deux à trois jours par des sentiers de randonnée, avec l'aide de porteurs tarifés ... à moins de faire partie de la race des champions et de la tenter en un peu plus de 4h30, lors de la "Mount Cameroon Race of Hope", qui a lieu chaque année en février.

 


Sources :

- Global Volcanism Program - Cameroon

- Earth snapshot - Mt. Cameroon

- Pheniciens.com - le périple de Hannon

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La ligne volcanique du Cameroun - CVL -, large d'une centaine de kilomètres, s'étire sur 1 600 kilomètres selon un axe orienté nord-est/sud-ouest.

Ce rift se compose de massifs montagneux, de plateaux et d'îles d'origine volcanique et plutonique. Son extrémité Est est constituée des monts Mandara, au sud-ouest du lac Tchad, et se prolonge par les monts Alantika, les monts Shebshi, l'Adamaoua qui constitue un haut plateau du centre du Cameroun, les Hauts Plateaux de l'Ouest et le mont Cameroun. À partir de cette montagne, la ligne du Cameroun se prolonge dans le golfe de Guinée et émerge avec les îles de Bioko, São Tomé, Principe et Annobón à son extrémité Sud. La partie méridionale de la ligne du Cameroun est ponctuée de volcans nés du point chaud du Cameroun. Il s'agit des îles que le rift forme dans le golfe de Guinée, du mont Cameroun et du mont Manengouba.
La ligne du Cameroun posséderait des prolongements au nord allant jusqu'au Tibesti et à la Libye.
La ligne du Cameroun a été mise en évidence et définie en 1909 par le géographe et géomorphologiste allemand Siegfried Passarge.


-Cameroon_line---Aymatth2-copie.png

La configuration de la "ligne Cameroun"  -  structures volcaniques continentales et océaniques en rouge  -  Doc. Aymatth

 

Burke interprète cette topographie en rapport avec le panache mantellique " 711 ", nommé ainsi d’après sa situation géographique, 7°N / 11,5°E.

 

Prominent_hotspots.png                    Localisation des principaux points chauds, et limites de plaques - doc. USGS


Le point de "triple jonction" il y a 140 Ma - à la séparation de la Pangée  - doc. Burke/ Darros de Matos.
burke_2001-jg-origin_of_the_cameroon_line_of_volcano-capped.jpgLa position du panache au cours des derniers 140 Ma, sa localisation adjacente à l’angle droit  de la marge continentale pour 125 Ma, et l’établissement, à 30 Ma, d’un faciès lié à une convection mantellique à faible profondeur … l’ensemble suggère pour lui une convection du manteau superficiel sous la zone d’extension et sa jonction avec le panache 711 au point de triple jonction, favorisant la formation de la ligne Cameroun à partir de 30 Ma.

 

nig-90m.jpgnig-65m.jpg

 

 

 

La dérive des continents, il y a 90 Ma (à gauche) et 65 Ma (à droite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a ici une exceptionnelle opportunité de déterminer la contribution du manteau à la pétrogenèse des basaltes alcalins émis sur la CVL, aussi bien en milieu océanique que continental. L’activité volcanique a évolué d’une composition basaltique à une composition phonolitique ou trachytique.

 

CVL----uml.edu.jpg    Diverses roches volcaniques de la Ligne volcanique Cameroun, en milieu océanique et continental.

                       doc. uml.edu

 

Cameroon-volc.line---Gouthier---al-1974.gifAge des différentes zones volcaniques et roches de la CVL - Camerron Volcanic Line. - Doc. Gouthier & al 1974.

 

 

Sources :

- Origin of the Cameroon Line of Volcano-Capped Swells - by Kevin Burke
Department of Geosciences, University of Houston, Houston, Texas
- Upper mantle structure beneath Cameroon from body wave
tomography and the origin of the Cameroon Volcanic Line - A. M. Reusch & al. - Department of Geosciences, Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvania 16802, USA

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Bayuda desert - lac de cratère salé - Italian tourism

Le désert de Bayuda au Soudan - un lac de cratère salé, fréquenté par les nomades et leur troupeau - photo Italian tourism.


Nous retrouvons le territoire Soudanais à l’intersection de deux zones volcano-tectoniques, deux zones de fractures dans la croûte terrestre, qui expliquent l’activité volcanique au sein du continent africain.

La première zone de fractures datée d’un âge post-Mésozoïque, qualifiée par certains de "ligne Cameroun", s’étend du Mont Cameroun à l’ouest en direction du Soudan, via le Jebel Marra et les centres volcaniques de Bayunda, vers la Mer Rouge.

La seconde, déjà évoquée, passe par le Hoggar algérien, le Tibesti et le nord du Tchad.


 

Jebel-Marra---semp.jpg

Afrique du Nord - situation des zones de roches basaltiques (en noir) et direction des zones de fractures, en relation avec la Cameroon line" (coin inférieur gauche de la carte) - d'après J.R. Vail: “Jebel Marra, a dormant volcano in Darfur Province, western Sudan.”  - Bulletin of Volcanology.


Le Soudan volcanique se compose principalement de deux grandes zones : au nord-est, le désert de Bayuda, et à l’ouest, la province volcanique du Darfour.


Le désert de Bayuda, au nord-est du Soudan, occupe une boucle du Nil, entre la 4° et la 6° cataracte, au nord de Khartoum,la capitale. Cette vaste étendue minérale, est caractérisée par des roches basaltiques provenant d’anciens volcans et différentes formations en forme de cônes. On relève deux champs volcaniques : le champ Bayuda, et le Jebel Umm Arafieb.

 

Bayuda-volcanic-field.jpgLe champ volcanique Bayuda - avec ses centres alignés sur un même axe - NASA Space Shuttle image ISS004-711-20, 2002 (http://eol.jsc.nasa.gov/).


Le champ volcanique Bayuda – 18°33N / 32°75E – se compose d’une centaines de centres éruptifs alignés sur un axe ONO-ESE, qui se sont édifiés sur des granits du Précambrien et du Paléozoïque, au centre de l’actuel désert de Bayuda.. La plupart de ces centres sont de petits volcans composites, qui sont passés par un épisode de construction du cône pyroclastique suivi d’une période d’extrusion de lave basaltique, qui a en général ébréché le cône.
Deux exemples de volcans composites : Jebei Mazrub, à 16 km à l’ouest de Sani, et les collines jumelles de Sergein, à 6 km. à l’ouest de Sani, composés de reliefs de cônes pyroclastiques érodés surmontant la plaine de 180 mètres ; ils sont entourés d’un champ de lave hemi-circulaire de 3 km. de diamètre.
Les cratères d’explosions constituent environ 10% du nombre des évents ; ils sont localisés hors du champ principal. Le Jebel Hebeish a un cratère de 800 m. de diamètre, entouré d’une muraille de téphra asymétrique, haute de 60 m. au NO, et de 20 m. côté sud
La datation des basaltes les plus jeunes est postérieure à celle de la dernière période de climat humide au Soudan, qui s’est terminée voici 5.000 ans. La dernière éruption date de l’an 850 de notre ère.

 

Le champ volcanique Jebel Umm Arafieb (ou Marafieb) – 18°17N / 33°83E – est situé à l’ouest du Nil. Il se compose d’un volcan-bouclier à angle faible, formé de différentes coulées aa de laves basanitiques à trachybasaltiques sorties d’un évent, maintenant coiffé d’un spatter cone. La datation des divers cônes et cratères d’explosion, et des coulées de lave s’échelonne de la fin du Pléistocène à l’Holocène (Almond 1974)


La province volcanique du Darfour se compose des champs volcaniques Jebel Marra, Kutum et Meidob.

 

Jebel-Mara---Eosnap.jpg                            Le Jebel Marra, avec au sud, la caldeira Deriba - photo eosnap.


Le champ volcanique Jebel Marra – 12°95N / 24°27E – couvre une grande partie des monts Marra de coulées basaltiques recouvertes d’épais dépôts de coulées pyroclastiques. La partie nord de ce champ expose des culots de lave trachytique et des épines formant des " inselbergs " (littérallement des montagnes-îles, soit un relief isolé dominant fortement un pédiment, une plaine ou un plateau subhorizontal), ainsi que des cônes de scories basaltiques et leurs coulées.

 

soudan---djebel-Mara---Nasa-EO.jpg

                     Jebel Marra - la caldeira Deriba - photo Nasa Earth Observatory

 

La structure la plus proéminente est la jeune caldeira Deriba, située au sud du champ volcanique ; cette caldeira, large de 5 km., aux parois escarpées, s’est formée il y a 3.500 ans, lors d’une éruption qui a généré des retombées de ponces et des coulées pyroclastiques qui se sont répandues jusqu’à 30 km. du volcan. Des éruptions cendreuses ont perdurées jusqu'au début  des temps historiques, en 2.000 avant JC. On peut encore observer des fumerolles sur les flancs d’un cône pyroclastique situé dans cette caldeira.

 

-Sudan_Jebel_Marra_Deriba_Lakes---J.Williams.jpg              Jebel Marra - un des lacs de la caldeira Deriba - Photo by J. Williams, 1986


Le champ volcanique Meidob – 15°32N / 26°47E – couvre 5.000 km² et compte près de 700 évents, datés du Pliocène à l’Holocène, édifiés sur un sous-bassement de roches métamorphiques et ignées, surélevé au Précambrien, et allongé sur un axe E-O.

Les cônes de scories basaltiques et leurs coulées de lave prédominent et forment un vaste plateau ; au centre de celui-ci, prennent place des produits plus jeunes : des coulées et dômes de lave trachytique à phonolytique, des ignimbrites et des maars. La plus récente structure est un anneau de tuff et une coulée datés de 2950 avant JC.

 

Nord-darfour---malhawells---eosnap.jpg Les champs volcaniques Meidob (au centre) et Kutum, séparés par Malha Wells - NASA Space Shuttle image STS073-713-87, 1995 (http://eol.jsc.nasa.gov/).


Au SO du Meidob, on retrouve le champ volcanique basaltique Kutum – 14°57N / 25°85E – qui contient des cônes bien préservés, des coulées de lave et des cratères d’explosion. Ce champ est connu aussi en tant que Tagabo Hills, ou Berti Hills. Il est daté entre la fin du Pléistocène et l’Holocène.


Entre les champs Meidob et Kutum, on trouve une zone où un accès à l’eau potable est possible, connue sous le nom de Malha Wells.

 

malhawells---Aussenlander--eosnap.jpg                                Malha Wells - photo Aussenlander / eosnap

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcans d'afrique du nord

- Jebel Marra : geogically joung volcano massif of the sudan - link

- Earth snapshot - Darfur - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

tibesti---trek-mag.jpg                                                  Paysage du Tibesti - photo Trek mag.

Le massif du Tibesti forme la plus grande et le plus haute chaîne montagneuse du Sahara central, avec 75.000 km² et son point culminant à 3.415 mètres. Le Tibesti est peu peuplé : seuls 8.101 habitants vivent sur ce vaste territoire (dernier recensement en 1993). La température y atteint les 50°C dans les vallées, avec des écarts possibles de 30° en 24 heures ; et l’hiver, il gèle sur les hauts-plateaux.
Ce coin reculé, au climat rude, où presque personne ne s’aventure, est habité par les Toubous qui s’y sont retranchés. Ce n’est qu’en 1869, qu’un européen, Gustav Nachtigal, pénètre pour la première fois le Tibesti. Vers 1929-1930, la colonisation Française débute … et 30 ans plus tard, le Tchad accède à l’indépendance. Ce cours délai d’une soumission toute relative n’a pas bouleversé profondément la culture traditionnelle, si bien qu’en 1979, en plein conflit avec le pouvoir de N’Djamena, ils ont intronisé un nouveau chef et représentant coutumier.


Avant de poursuivre, un peu de toponymie, où les noms de lieux dérivent de l’arabe et de language local propre au peuple Toubou.

Emi signifie grande montagne ou région montagneuse ; Ehra désigne une caldeira ; Tarso se rapporte à un haut plateau, ou encore à des contreforts montagneux à pente progressive ; Ehi se réfère à un pic montagneux… ainsi Ehra Kohor qualifie une caldeira située au sommet de l’Emi Koussi.


 

Volcanoes-of-the-Tibesti-massif---Parmeter-OppChadBV02.jpgA gauche, le massif du Tibesti (en noir) et la TVP - Tibesti Volcanic Province (en gris) - à droite,photo prise par l'ISS en juin 2001 - doc. Nasa - Johnson Space Center 2003. / Permenter & Oppenheimer.


Le volcanisme est confiné dans le tiers sud du massif appelé TVP – Tibesti Volcanic Province, et se compose de volcans inactifs, dont quatre sont malgré tout repris par le GVP, comme étant potentiellement actifs : le Tarso Tôh, le Tarso Voon, le Tarso Tousside et l’Emi Koussi.

 

 Alors que les plus hauts pics sont entièrement constitués de matériaux volcaniques, les montagnes reposent sur une vaste zone soulevée par un panache mantellique. Le soubassement est constitué de schistes précambrien, recouvert par du grès daté du Paléozoïque ; cet ensemble est coiffé par des épanchements de basalte  du Tertiaire et du Pléistocène.

 

Volcanoes-of-the-Tibesti-massif---Parmeter-OppChadBV08.jpg

La Province Volcanique du Tibesti : situation des failles et principaux volcans - doc. Permenter & Oppenheimer.

 

Le massif de l’ Emi Koussi constitue une masse de 60 sur 80 km ! Il est localisé au sud-est du massif du Tibesti. Ce volcan-bouclier trachytique est couronnée de deux caldeiras coalescentes de douze km. sur quinze, qui contiennent des cratères d’explosion – maars-, des dômes de lave et de jeunes cônes de scories, avec leurs coulées associées. Le rebord sud de la caldeira constitue, avec ses 3.415 m., le point culminant du Tibesti.
Le trou au Natron du Koussi, ou Ehra Kohor, forme une spectaculaire caldeira de 2 km par 3 de large et profonde de 350 m., localisée sur le plancher au SE de la seconde caldeira de l’Emi. L’aire thermale Yi-Yerra est située sur son flanc sud, à 850 m. d’altitude.
Les flancs de ce vaste bouclier sont peu entaillés par l’érosion, étant donné le climat aride ; les quelques oueds qui les parcourent font partie du bassin versant du lac Tchad, un lac endorrhéique .                      

Voir aussi un excellent article sur cette zone sur Tekenessi.fr /reportages

 

Tchad---Emi-Koussi---ISS026-E-017074.jpg

Le volcan-bouclier Emi Koussi, vu de l'ISS en janvier 2011 (The image was taken by the Expedition 26 crew. Astronaut photograph ISS026-E-17074 was acquired on January 11, 2011 - NASA/JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov )

 

Emi-kossi-caldeira---Nasa-Esa.jpg

    La caldeira de l'Emi Koussi  et le trou au Natron : deux caldeiras coalescentes - doc. Nasa ESA.

 

Tchad.Emi.Koussi.25.jpg                              Le trou au Natron du Koussi - photo agence Tekenessi.


Dans la partie centrale-ouest du Tibesti, le stratovolcan Tarso Voon s’est établi sur un sous-bassement de schistes du Précambrien. Son sommet, culminant à 3.100 m, est tronqué par une caldeira de 14 km. sur 18. Des dépôts ignimbritiques couvrent les flancs dans un rayon de 15-35 km. Des coulées basaltiques, datées du Quaternaire, proviennent d’évents proches de la bordure de la caldeira.
A 5 km. à l’ouest du bord de la caldeira, dans une zone de soulèvement volcano-tectonique, on trouve le champ de solfatares Soborom, visité par les populations locales pour les propriétés médicinales de ses eaux chaudes et de ses boues.

 

volcan_voon_en_el_tibesti__chad---Landsat.jpg

                      La caldeira et le volcan Tarso Voon - doc. en fausses couleurs Landsat

 

La portion nord-ouest du Tibesti contient un champ volcanique et un grand stratovolcan.
Le champ volcanique Tarso Tôh se compose de 150 cônes de scories et de deux maars, datés entre le Pleistocène et l’Holcène. Leurs coulées basaltiques surmontent une base de schistes précambrien à l’Est et des grès du Paléozoïque à l’ouest ; ils ont rempli les vallées jusqu’à une distance de 80 km vers l’Est et l’Ouest , et de 20-30 km. direction N-S. au nord du Tarso Toussidé. Les sédiments du maar Begour ont été datés de 8.300 ans seulement (Hagedorn and Jakel, 1969).

 

Tarso-Toh---Nasa-Landsat.jpg                             Le champ volcanique Tarso Tôh - photo Nasa Landsat.

 

Tout à l’ouest du Tibesti, le massif volcanique du Tarso Toussidé , qui s’étend sur 6.000 km², est chapeauté du stratovolcan Toussidé, haut de 3.265 mètres, installé côté ouest de la grande caldeira ignimbritique Yirrigue, large de 14 km. Le sommet du volcan présente de nombreuses fumerolles. Des coulées de trachyte et trachyandésite se sont répandues sur le flanc ouest sur 25 km., couvrant 200 km².
Le bord SE de la caldeira Yirrigue est recoupée par un autre "trou au natron", de 8 km. de large et une profondeur de 1.000 m., qui forme une des structures les plus jeunes du massif.
L’ Ehi Timi et l’Ehi Sosso, deux volcans, et le cratère d’explosion Doon Kidimi (1500 m. de large) complète les flancs est du massif (voir carte ci-dessus).

 

volcan_tousside__tibesti-_chad---landsat.jpg  Le Tarso Toussidé, ses coulées et le trou au Natron du Toussidé- photo en fausses couleurs Landsat

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcans d'Afrique du nord

- Volcanoes of the Tibesti massif (Chad, northern Africa) - by Jason L. Permenter & Clive Oppenheimer.

- Trek magazine - Tibesti - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Image satellitaire de la Libye - en haut à droite, le champ volcanique Al Haruj, et plus bas, la tache sombre de Waw an Namous et le bord nord-ouest du massif du tibesti au Niger. - doc. Nasa.

 

Le champ volcanique extensif Al Haruj , daté du Pliocène à l’Holocène, couvre 45.000 km² au centre de la Libye. Les coulées les plus récentes sont localisées au nord de ce champ .
On y retrouve 150 volcans, dont 30 sont de petits boucliers d’une hauteur comprise entre 100 et 400 m., ainsi que des cônes de scories, des coulées de lave et des cratères d’explosion.

 

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                    Coulées basaltiques au nord du champ Al Haruz - photo H.-J. Knoblauch et al.

 

Le champ volcanique suit une extension SE du système de graben Hon – fin du crétacé au Tertiaire – proche de l’intersection entre le sud  Haruj surélevé (daté du Paléozoïque) et le bord Est du Tibesti (daté du Mésozoïque).

 

Al-Haruj-epanchements-basaltiques.jpgEpanchements basaltiques dans le centre du champ volcanique Al Haruj - photoNorbert Brügge, Germany

 
Al-haruj2.-densite-des-structures-sud-jpg.jpgUne étude plus poussée de la partie sud la fait considérer comme faisant partie d’un champ d’inondation basaltique intraplaque.

 

Al Haruj - densité des évents sur deux alignements dans la partie sud - K. Németh & al.

 

 

La distribution et la géométrie des évents suggère des éruptions fissurales de "type Laki" (Islande), mais à une échelle deux fois plus grande : on a ici une chaîne de 60 km. de longueur, contre 27 km. au Laki. Elle se compose de cônes de scories et de spatter cones modifiés à divers degrés par l’érosion, et résultants de fontaining.

image_4.JPGPartie centrale d'Al Haruj , avec des grands volcans-boucliers et de larges pit craters sommitaux (flèches blanches) et de petits pit craters sur les flancs (flèches noires en bas à gauche) - doc. KLM at Industrial Reseach Center.

 

Sur le flanc des volcans-boucliers, des canaux de lave larges de dizaine de mètres sont interprétés comme des chambres magmatiques superficielles et/ou des lacs de lave, donnant lieu à la formation de pit crater formés par subsidence gravitationnelle. De multiples plate-formes au sein des cratères-puits témoignent d’effondrements non uniformisés. Leur forme en cône elliptique inversé provient d’un remplissage progressif , et leur diamètre varie de quelques mètres à un kilomètre.
On en distingue de deux types :
- associés à la région sommitale d’un large volcan-bouclier
- ou développés sur le flanc de boucliers et/ou sur champs de laves intercalés entre les édifices volcaniques
Les cratères-puits sommitaux sont plus beaucoup plus larges que ceux qui furent développés sur les flancs.

 

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  Waw an Namus - vue satellitaire du champ volcanique et de la caldeira du volcan- doc. Nasa

 

 

Au sud du champ volcanique Haruj, le champ volcanique Waw an Namus , aussi appelé Wau en Namus, ou Uaw en Namus, se fait remarquer par une zone d’influence de tephra basaltiques noirs , de forme ovale et orientée sous la direction des vents dominants.
Le sable amené en continu s’immisce entre les lapilli de basalte plus gros, pour se retrouver sous la couche plus ancienne, et qui reste ainsi particulièrement visible sur les images satellites, marquée par un fort contraste de teinte avec le désert peu coloré.

 

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          Waw an Namus - la caldeira, les lacs et les cônes de tuff imbriqués - doc. stern.de

 

Elle s’étend sur 10 à 20 km. autour d’une caldeira, large de 4.000 mètres et profonde d’une centaine de mètres.
Elle abrite un cône post-caldeira et trois petits lacs dont la couleur varie en fonction de l’incidence lumineuse. Ils ont donné le nom au volcan, signifiant « l’oasis des moustiques » .
La présence de cette eau de surface en plein désert suggère une alimentation constante et suffisante depuis la nappe phréatique, et conditionne le dynamisme éruptif du volcan … le cône central, constitué de tuff, provient d’une éruption phréatomagmatique.

 

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     Waw an Namous - les cônes de tuff vus du bord de la caldeira - photo Fouderg / Google earth.

 

Son cratère mesure 150 m. de diamètre pour une profondeur de 80 mètres. De petits dépôts blancs de sublimés ou jaunes de soufre se remarquent sur les lèvres du cratère sommital ainsi que sur les bords de la caldeira.
Les restes d'un autre cratère, plus ancien, entourent la moitié ouest du cratère principal. Il n'en reste qu'une paroi semi-circulaire, si bien que le sommet du volcan est en fait couronné par deux cratères emboîtés, la plus récente masquant en grande partie l'ancienne.
 Le Waw an Namous semble très jeune : son cône de tuff est faiblement raviné, étant donné les pluies exceptionnelles dans cette région ; Ce volcan n’a été ajouté à la liste des volcans en activité historique du GVP qu’en 2006, sous le n° 0205-008.

 

 

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                     Le lac Um el Ma  -  photo Alghazala / Voyages-bons-plans

 

 

A environ 500 km à l'ouest du Waw an Namous existe une autre curiosité naturelle : l’immensité sableuse de l’Erg Awbari (Oubari) abrite, entre les vallées de Wadi Esc Sciati et Wadi Al Hayah, les lacs salés Awbari.
L’un d’entre eux, Um el Ma, signifiant "la mère de l’eau", a comme particularité, outre sa forte salinité, de posséder deux couches liquides de température différentes superposées, la plus chaude – 50°C - se trouvant bizarrement sous la plus froide. Une baignade dans ce lieu apparemment idyllique impose donc la prudence : il faut s’enfoncer le moins loin possible sur ces berges immergées et se mettre à nager dès que le permet la profondeur de façon à se maintenir dans la couche d’eau tempérée et éviter les brûlures.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Wau-en-Namus

- L.A.V.E. -fiche Wau an Namus

-Crater-like structures in context with the large flood basalt field f Al Haruj al Aswad - Norbert Brügge - link

- Plio / Pleistocene flood basalt related scoria and spatter cones, rootless lava flows, and pit craters, Al Haruj Al Abiyad - Karoly Németh & al. - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                Le Turrialba, et "sa tour blanche", en janvier 2010 - photo OVSICORI-Una.


Le volcan Turrialba, situé dans la Cordillera central du Costa Rica, a produit le 18 janvier 2012, avant 15 heures locale, un panache de gaz et cendres atteignant 6.000 mètres d'altitude, et des retombées de cendres dans les villages proches.

Cet évènement a été filmé par Geoffroy Avard de l'Ovsicori.

 

 


L'évent éruptif est le même que celui qui a causé l'épisode du 12 janvier courant, nouvellement ouvert sur le flanc sud-est du cratère ouest du Turrialba.

Une analyse de cet évènement par l'Ovsicori rapporte que les poussières émises le 12 ne proviennent pas de matériel volcanique juvénile mais de l'ouverture du conduit suite à une décompression brutale.

L'évent est relativement petit - 3 x 5 m.- a relargué le 13 des gaz bleutés à haute température, plus de 592°C, avec un bruit de réacteur.

La température du sol, à 10 cm. de profondeur, a aussi augmenté jusqu'à environ 90°C.

Les volcanologues de l'OVSICORI nous donnent leur interprétation : après une phase de dégazage passif mais intense depuis 2007, avec l'émission d'une quantité importante de gaz magmatiques et de vapeur d'eau, et le pourrissement des roches du aux fluides hydrothermaux, un évent s'est ouvert sous la pression des gaz chaud accumulés, combinée à une élévation de la température du sol.

Ceci infirme la première explication  d'éruption phréatique donnée par les médias, que j'ai relayé ce jour là.

 

L'histoire de l'éruption du Turrialba en 1864-66 mentionne la formation de tels évents fumerolliens en nombre précédant les éruptions de type phréatique ou phréatomagmatique.

 

Tout ceci ne devrait pas être lié à une éruption toute proche, mais plutôt à un accroissement du nombres d'évents et un élargissement des évents existants dans le futur, compte tenu du processus de dégazage, du changement de texture des roches des parois du cratère et des taux de pluies affectant la région ... Le Turrialba reste bien actif et mérite bien son étymologie, la tour blanche, en relation avec son panache fréquemment observé.

 

Source : rapports de l'OVSICORI des 12, 18 et 20 janvier 2012.

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19.01.2012---El-hierro-Involcan.JPG

Gaz et "restingolitas" (ballons de lave) , au large de La Restingua / El Hierro - doc. INVOLCAN - Guardia Civil

 

L'Institut Océanographique Espagnol a réalisé les 10 et 11 janvier des relevés bathymétriques de la zone éruptive sous-marine au large de La Restingua / El Hierro, grâce au navire Ramon Margalev.

 

Ils permettent de constater l'évolution du cône et des dépôts émis:

- le sommet du cône sous-marin n'est plus qu'à 130 mètres sous le niveau de la mer.

- les volumes émis sont estimés à 145 millions de m³ : 88 Mm³ pour le cône et 57 Mm³ pour les dépôts.

- le volume des dépôts associés à l'éruption a augmenté au point de recouvrir la quasi totalité du canyon sous-marin et masquer certains reliefs; Ces dépôts couvre une zone de diffusion qui s'étend jusqu'à 2.000 mètres de profondeur, avec un goulot d'étranglement situé à mis-parcours et une profondeur de 950 mètres, qui sépare en deux zones les dépôts.

- la pente du cône a augmenté côté Est, suite à la pente et aux modifications de taille supérieure et inférieure de celui-ci.

 

10-11.01.2012-IEO.jpg      Relevé bathymétrique de la zone éruptive d'El Hierro fait les 10-11 janvier - Doc. uclm.es - IEO

 

19.01.2012---profil-bathym.-El-Hierro.jpg  Profil bathymétrique des environs du cône éruptif d'El Hierro montrant deux endroits d'émission - doc IEO

 

Le 19 janvier, la zone de l'éruption a été marquée par l'arrivée en surface de gros fragments de lave fumants. Une température de l'eau de 22,6°C est observée par le navire Sasemar dans la zone touchée par l'éruption, contre 19,4°C dans la zone non affectée.

Ce même jour, une baisse subite du trémor bers 15-16h.peut être interprétée comme un signal de collapsus au niveau du cône suite à une explosion hydromagmatique.


Côté info :

Le 16, s'est ouvert sur l'île, à La Restingua, un centre de documentation et d'information sur cette éruption, appelé "Restingolita Info Center".

 

RIC---J.Volta.jpg                         Le Restingolita Info Center - photo Joke Volta , via Earthquake report



 
Sources :

- AVCAN, INVOLCAN, IEO 

- UCLM

- Earthquake report, Diario El Hierro.

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La region de l’Aïr, au Niger, constitue une des plus grande province granitique au monde. En plus du granit, cette province formée au cours d’un épisode magmatique majeur, daté de 407 Ma, compte 28 plutons, sans corrélation d’âge ou de distribution ; leur diamètre s’échelonne entre 0,8 et 65 km.
Le massif de l’Aïr est parcouru de deux zones de failles, orientées NE.   

 

Massif-de-l-Air---Nasa-Gemini-6.jpg                                    Le massif de l'Aïr - photo Nasa / Gemini 6.

 

In-Ezzane-v.field---JP.-Liegeois.jpg                        Le champ volcanique d'In Ezzane, en bleu-gris sur cette image Landsat -

   NASA Landsat Thematic Mapper mosaic by Jean-Paul Liégeois (Africa Museum, Belgium) / GVP


Le champ volcanique d’In Ezzane, situé à cheval sur le sud-est algérien et le nord Niger, couvre une zone de 500 km² à la pointe est du massif de l’Hoggar. Cette jeune province est peu connue étant donné son isolement … avis aux volcanologues en chasse de domaines à explorer !

 

Sud Aïr - volcans et coulées - Black 1967

  Sud Aïr - volcanisme cénozoïque du champ volcanique de Todra - JP. Liégeois / Mantle plume


Le champ volcanique Todra couvre 1.050 km² dans le sud de l’Aïr.
L’activité volcanique y a débuté avec l’éruption d’une trentaine de volcans trachytiques à phonolitiques, qui ont percé le sous-bassement précambrien. Elle s’est poursuivie par la formation de 130 cônes basaltiques, dont les coulées ont comblé le relief. La position de ces volcans est liée à une série de failles orientées NO-SE. La date de la dernière éruption n’est pas connue avec précision, mais on l’estime récente et ne datant que de quelques siècles.

 

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Todra volcanic field - Cône basaltique monogénique - Photo by Jean-Paul Liégeois (Africa Museum, Belgium).

 

L’Aïr est bordé par les dunes du désert du Ténéré.
L’Arakaou, un ancien volcan – 18°96N / 9°57E, voit son cratère de 10 km. de diamètre, envahi par le sable, qui s’y engouffre , poussé par les vents, dans une brèche, appelée " la pince du crabe ", et y forme des dunes de plus de 200 mètres de hauteur. Le contraste est saisissant entre les parois sombres du cratère égueulé et le sable clair.

 

 

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              Niger - "la pince de crabe" d'Arakaou - photo wallpaper Yann-Arthus Bertrand.

 

Ce paysage, actuellement exclusivement minéral, a été verdoyant il y a 20.000 ans : depuis le climat sahélien s’est asséché, et le désert s’est installé sous l’influence des fluctuations climatiques aggravées par les activités humaines …surpâturage et déboisement ont fait accélérer ce processus ; depuis 50 ans, le désert a gagné 650.000 km² , soit une surface équivalente au territoire français, sur les fertiles territoires nord-africains.


Le massif de l’Aïr est la terre d’origine d’une tribu de touaregs, les Kel-Aïr, qui a dominé le Sahara occidental.
Depuis 1965, la découverte de gisements d’uranium, et la promesse d’un travail dans cette région aride, y fait affluer des populations de l’ouest africain. Les mines d’Arlit et d’Akouta emploient environ 2.000 personnes et carriere_uranium_niger.jpgproduisent annuellement plus de 3.000 tonnes d’uranium, soit 8% de la production mondiale. Carrière d'uranium "à ciel ouvert" d'Arlit.


En 2009, le groupe nucléaire Areva à signé avec le Niger une convention d’exploitation du gisement d’Imouraren, à 80 km. au sud d’Arlit. La production devrait démarrer en 2012, ave une perspective de 5.000 tonnes/an pendant plus de 35 ans , ce qui placerait le Niger au second rang des pays producteurs de ce minerai …alors que la Sahel figure toujours parmi les pays les plus pauvres au monde, malgré la richesse de son sous-sol.

 

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     Aïr - les rejets de la mine d'uranium d'Arlit - photo wallpaper Yann-Arthus Bertrand.


Les rejets de la mine d’Arlit – 19°0N / 7°38E, photographiés des airs par Yann-Arthus Bertrand, témoignent d’une polllution "durable et non réversible"  qui risque donc de tripler à l’avenir, si des mesures dratiques ne sont pas prises.
Ceci sans compter sur les conditions de travail dénoncées dans un article de Roger Moody publié par Wise-Amsterdam le 22 avril 1982  : "Des gamins de quinze et seize ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants.".

La région n’est pas sure : quatre français ont été enlevés par Al-Qaïda en septembre 2010 et sont toujours détenus à l’heure actuelle.


Sources :
- Global Volcanism program – volcans d’afrique du nord
- The Hoggar swell and volcanism: reactivation of the Precambrian Tuareg shield during Alpine convergence and West African Cenozoic volcanism. By Liegeois J-P, Benhallou A, Azzouni-Sekkal A, Yahiaoui R, Bonin B, 2005 -  In: Foulger G R, Natland H H, Presnall D C, Anderson D L (eds) Plates, Plumes, and Paradigms, Geol Soc Amer
- Mines d’uranium au Niger : un scandale nommé Cogema - link

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