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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Hoggar---B.--Fl.Devouard.jpg

                                          Massif du Hoggar - photo B.& Fl.Devouard


 

 

Deux mécanismes d’action régissent le volcanisme en Afrique :
- le rifting est responsable de l’activité des volcans situés sur le grand rift qui balafre l’est africain, avec du nord au sud , les volcans de l’Afar, dont le Erta Ale, les volcans Kilimandjaro et Ol doinyo Lengai sur la branche orientale, et sur la branche occidentale, les Virungas avec le Nyiragongo et le Nyamuragira.
- L’activité volcanique de point chaud ou de lignes chaudes concerne le Mont Cameroun et tous ceux qui se situent sur une faille ancienne traversant l’Afrique du nord, du Maroc à l’océan indien : avec le Hoggar en Algérie, le sud Libyen, le Tibesti au Tchad, le Darfour au Soudan.

 google-copie.jpg                 Localisation du volcanisme en Afrique - position approximative / google earth.

Le massif du Hoggar :
Hoggar est une transcription française du terme arabe جبال هقار qui vient lui-même du touareg Ahaggar , dont le pluriel Ihaggaren désigne la classe noble chez les Touareg du Hoggar.

 

Au moment de la constitution du Gondwana, une série de collision entre plusieurs micro-continents et une accrétion d’arcs insulaires ont eu lieu. L’orogenèse de l’Afrique et des mouvements décrochants ont provoqué une délamination de la lithosphère mantellique sub-continentale. A partir du crétacé, le volcanisme intraplaque a permis la surrection de l’ensemble du bouclier touareg.


algerie_carte_zoom.jpgLe Hoggar est le plus important constituant du bouclier touareg, avec 550.000 km², en trois entités : occidentale, centrale et orientale … chacune de ces entités est constituée de plusieurs terranes.
 ( Un terrane est une accrétion de roches, sur une plateforme continentale ou un craton d'origine différente. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. Ces matériaux proviennent soit d'arcs insulaires que la tectonique a déplacés (ex : arc taconique), soit de fragments détachés d'un continent par divergence (rift ouvrant un océan)

 

HoggarFig2_1000.gif

The Tuareg shield. Distinction of major types of terranes (after Black et al., 1994; Liégeois et al., 2003). Localities of alkaline magmatism: post-collisional (595-525 Ma; Ba et al., 1985; Liégeois & Black, 1987; Liégeois et al., 1998); Devonian in Aïr (Moreau et al., 1994); Permian-Jurassic in Tadhak (Liégeois et al., 1991) and Cainozoic volcanism (drawn from a satellite photograph – Orthorectified Landsat Thematic Mapper Mosaics as compressed color imagery in MrSIDTM file format from Lizardtech). Gravity anomaly from Lesquer et al. (1988), Cretaceous troughs from Genik (1993).- Doc.J.P. Liégeois / Mantle Plume.

 

Liégeois identifie trois périodes principales pour le volcanisme du Hoggar :
1. Uniquement dans le district d’Anahef, et du Miocène supérieur à l’Oligocène : des basaltes tholéiitiques d’origine fissurale – 35 à 30 Ma et épaisseur de 600 mètres - sont intrudés par une douzaine de complexes circulaires subvolcanique, dont le complexe Achkal daté de 29 Ma, et le complexe circulaire Tellerteba, de 8 sur 5 km. Ces complexes sont recouvert par des rhyolites, datées d’environ 24 Ma.
2. Entre 20 et 12 Ma et 7 et 4 Ma, une deuxième période, la plus volumineuse, marque le district de l’Atakor. Les laves sont pour 80% des basaltes et 18% des trachytes et phonolites.
 3. De la fin du Pliocène au Quaternaire : des laves basanitiques et néphélinitiques sont émises dans les vallées de l’Atakor et recouvrent des terrasses du paléolithique, alors que dans les districts de Tahalra, Manzaz, Egéré et Adrar N’ajjer, les laves émises sont des coulées de basanite et hawaiite.


L’Atakor du Hoggar est un plateau érodé situé à plus de 2.000 mètres d’altitude,  d’un diamètre de 250 km., composé de coulées de lave. Sur ce plateau, se dressent des volcans avoisinant les 3.000 mètres. Le point culminant du massif est le Tahat (2.918 m.). Les paysages sont constités de pics, de dômes et d'aiguilles volcaniques d'uns sauvagerie intense : pic Ilaman (2740 m), plateau de l'Assekrem (270 m), aiguilles de Saouinan, Tidjmayene, Tezoulaig, Iharen et Adouada.


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                           Le massif du Hoggar - le volcan Tahat - photo Olivier Morice

 

A l’Assekrem, à 80 km. à vol d’oiseau de Tamanrasset, se trouve l’ermitage d’été de  Charles de Foucauld, un des nombreux ermites chrétiens du Sahara.

    
Le climat y est marqué par des écarts saisonniers de température importants, avec de rares pluies ; ces conditions climatiques, toutefois moins extrêmes que dans le reste du Sahara, ont permis l’installation de plantes et d’animaux, qui permettent de différencier ces montagnes du reste du sahara.

 

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tassili-N-ajjer---ALgerie---Abdallahdjabi.JPG                                             Tassili N'jasser - photo Abdallahdjabi


Le Hoggar est bordé respectivement au sud et au nord, par des montagnes appelées Tassili du Hoggar et Tassili N’ajjer. Tassili est un mot berbère qui désigne des plateaux gréseux au Sahara.
Sur toute sa surface se dressent des formations rocheuses fortement érodées émergeant des dunes de sables, qui évoquent de loin les ruines de villes antiques. Ces paysages lunaires ont été créé par l'érosion.


Le Parc national de l’Ahaggar est d'une richesse archéologique et historique inestimable, il abrite des sites archéologiques datant de 600.000 à 1 million d'années. Le Tassili suite à de grandes périodes de réchauffement, s’est transformé en un endroit inhabitable. De ce lieu jadis habité, comme en témoignent les gravures, peintures et écrits, ne subsistent que de surprenantes cathédrales de grès envahis par les dunes.

 

800px-Algerien_5_0049---gruban.jpg                                     Hoggar - peintures rupestres - photo Groban

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        Tassili N'jasser - gazelle couchée - gravure rupestre à Tin Taghirt - photo Linus Wolf.

 

A la suite de l’obligation d’abandon des essais nucléaires aériens dans le Sahara, la France a procédé, dans les années 60, à plus d’une dizaine de tirs en galeries dans le massif du Hoggar. Ces galeries, terminées en colimaçon pour bloquer le souffle des explosions par fusion des roches des parois, ont été fermées ensuite par une dalle de béton pour permettre un confinement (théorique) de la radioactivité. En 1962, un nuage radioactif  s’est échappé acidentellement de la galerie de tir ; cet épisode a été qualifié d’accident du Béryl. Après 1996, les essais se sont poursuivis dans les îles du Pacifique.

 

 

 

 

Sources :

- L.A.V.E. - fiches techniques

- The Hoggar swell and volcanism, Tuareg shield, central sahara : intraplate reactivation of Precambrian structures as a result of Alpine convergence - J.P. Liégeois / Mantle plume.org

- Global volcanism Program - volcans d'Afrique du Nord - link

- Le Sahara néolithique - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Des dépêches des agences Reuters et AFP signalent une attaque meurtrière qui a eu lieu ce lundi dans le triangle Afar, plus précisement dans la région du volcan Erta Ale.
Cinq "touristes", dont un belge, auraient été tués, deux autres sérieusement blessés ... selon d'autres sources, quatre personnes auraient été emmenée en otages.
Le gouvernement Ethiopien met en cause l'Erythrée : "des groupes terroristes entraînés et armés par le gouvernement Erythréen ont passé la frontière pour les attaquer" , selon le porte-parole gouvernemental. Bien entendu, l'Erythrée nie toute implication dans ces assassinats.
La région de l'Afar n'est pas sûre depuis les hostilités qui ont marqué cette région, il y a une dizaine d'années. Les tribus qui habitent ces endroits inhospitaliers n'ont pu être désarmées après la fin de la guerre, et ils arborent toujours fièrement leur kalachnikov en bandouillère ... quand ce n'est pas les enfants qui manipulent ces armes meurtrières.
En 2004, un touriste français a disparu sans laisser de traces. En 2007, juste après mon passage dans la région, cinq européens avaient été enlevés, puis libérés, par un groupe de rebelles.

 

update 12 h :

D'après le site de Volcanodiscovery, l'attaque aurait eu lieu dans la nuit de mardi, vers 01h locale. Les personnes tuées sont deux Allemands, deux Hongrois et un Autrichien. Un Hongrois et un Italien ont été blessés. Deux Allemands et deux Ethiopiens ont été kidnappés. D'après la télévision éthiopienne, les victimes faisaient partie d'un groupe multinational de 27 personnes.

Une unité de l'armée Ethiopienne est arrivé sur zone, qui est interdite pour une durée indéterminée. La région est sous contrôle et les corps et les blessés seront évacués par hélicoptères militaires depuis Semera, où ils ont été transférés.

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

CHB-2011.jpgHawaii - Big island - l'Observatoire est situé en bordure de la caldeira du Kilauea, proche du cratère de l'Halama'uma'u. - photo Carole et Fredéric Hardy 2011.

L’observatoire volcanologique Hawaiien – le H.V.O., fête son centenaire en 2012 ; la date exacte de sa fondation est discutée puisqu’aucune cérémonie d’inauguration, avec coupure de ruban, n’a été organisée à l’époque.


HVO.jpg

Hawaii - Big Island - Les bâtiments de l'observatoire - pour voir sa localisation exacte, cliquez sur ce lien

photo HVO.


Son histoire est liée à la personne de Thomas Augustus Jaggar, géologue et volcanologue américain, qui eu l’idée et la volonté de l’établir.

Thomas Jaggar est né à Philadelphie en 1871 ; il reçoit son doctorat en géologie en 1897, à l’université d’Harvard. Convaincu de l’importance des observations de terrain, il débute ensuite une longue période d’exploration et en 1902, il fait partie du groupe de scientifiques envoyé par les Etats-Unis pour analyser les éruptions catastrophiques de la Soufrière, à la Martinique, et de la Montagne Pelée.


thomas-Jaggar---USGS.jpgEn 1906, il dirige le département de géologie du MIT , le Massachussetts Institute of Technology. Impressionné par les 125.000 morts consécutifs au séisme qui touche la Sicile en 1908, il déclare que « quelque chose doit être fait » pour aider à l’étude des volcans et de l’activité sismique.

En 1909, lors d’un voyage d’étude au Japon, il s’arrête à Honolulu et entre en contact avec Lorrin A. Thurston et divers hommes d’affaire locaux  qui vont l’aider à trouver des fonds pour créer un observatoire à Hawaii. En 1911, il rencontre Frank Perret, le volcanologue le  plus célèbre de cette époque, lui expose son projet , et réalise en juillet une première mesure de température du lac de lave de l’Halema’uma'u.

Thomas Jaggar  - 1916 - Image courtesy of the US Department of the Interior, US Geological Survey


VolcanoHouse1---Hawaii-magazine.jpg                         Hawaii - big Island - the Volcano House - photo Hawaii Magazine.

 

Le 17 janvier 1912, Jaggar arrive à l’hôtel Volcano house et commence ses observations et l’enregistrement en continu de l’activité volcanique, un des objectifs du futur observatoire permanent.
On cite cette date comme celle de la fondation de l’HVO … une date différente sera proposée : le 1 juillet 1912, data à laquelle Jaggar reçut sa première paie.

 

Jaggar-Hmm_L.jpg

Thomas Jaggar (second from left) prepares to measure the temperature of the Halema`uma`u lava lake in 1917. Pictured, left to right, Norton Twigg-Smith, Thomas Jaggar, Lorrin Thurston, Joe Monez, and Alex Lancaster. - doc. archives HVO.

 

Il doit se battre, en tant que directeur, pour les subsides ; l’H.V.O. sera chapeauté par l’U.S. Wezather bureau de 1919 à 1924, de l’USGS de 1924 à 1935, puis du National park Service de 1935 à 1947. Depuis cette date, l’USGS est devenu administrateur permanent de l’observatoire.

Jaggar travaillera à l’observatoire jusqu’en 1940, et maintiendra ensuite des activités à l’Université d’Hawaii.
Le Parc National des volcans d’Hawaii baptisera en son honneur le musée situé dans le bâtiment de l’observatoire principal.

 

Jaggar_Museum-_Hawaii---ph.-W.-Nowicki.jpg

                          Hawaii - Big Island - entrée du Jaggar Museum - photo W. Nowicki

 

Le calendrier des manifestations, mois par mois, en suivant ce lien :

HVO's 2012 Centennial celebration.

 

Sources :

- HVO - Hawaiian Volcano Observatory - history 

- Volcano Watch - the founding of the Hawaiian Volcano Observatory - link

- Physicstoday - the origin of the Hawwaiian Volcano Observatory - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Tromelin est un îlot corallien de 1 km² situé à 560 kilomètres au nord ouest de la Réunion et de l’île Maurice. Il semblerait que Tromelin soit un ancien banc récifal, aujourd’hui émergé, qui s’est probablement développé sur un haut fond d’origine volcanique. Des fonds de près de 4000 mètres entourent cet îlot. Dépourvu d’eau et de ressources naturelles, il abrite actuellement une station météorologique.

 

tromelin---Ecomar.jpg                                     Iles Eparses - Tromelin - photo ecomar

L’île fut découverte en 1732 par le vaisseau ‘’ La Diane ‘’, commandé par Monsieur de la Feuille et fut baptisée ‘’ Ile des sables ‘’.

Elle ne serait resté qu'un îlot dangereux pour la navigation ... sans l'histoire navrante des "esclaves oubliés".


plan-Tromelin.jpg                       Carte ancienne de "l'isle de Sable", datant de 1761 - archives nationales.

Le 17 novembre 1760, le navire " L’Utile " quitte le port de Bayonne avec 132 marins à bord. Le trois-mâts est affrété par Jean-Joseph de Laborde pour le compte de la Compagnie française pour le commerce des Indes orientales.
Ce Jean-Joseph de Laborde est un personnage peu commun : banquier de Louis XV, première fortune de France, mécène des peintres Jean-Baptiste Greuze, Hubert Robert, Joseph Vernet, mais aussi négrier. Ce négociant est représentatif de son temps, dans la mesure où il se livre à la traite négrière avec une parfaite bonne conscience, allant même jusqu’à baptiser ses navires du nom de ses filles ou de ses amis.
"L’Utile" est sous le commandement du capitaine Jean de La Fargue, 57 ans. Après plusieurs mois de navigation, le navire atteint l’île Maurice en avril 1761. D’où il repart, en juin, pour Foulpointe, à Madagascar. La Fargue y fait embarquer des vivres et une centaine d’esclaves qu’il compte revendre à l’île Maurice, malgré l’interdiction formelle du gouverneur. En effet, celui-ci, craignant un blocus des Anglais, ne veut pas s’embarrasser de bouches inutiles.
Le 31 juillet 1761, une tempête terrible jette l’Utile sur les récifs de l’île de Tromelin. L’équipage parvient à rallier l’îlot sableux sans trop de mal, suivi par seulement une soixantaine d’esclaves, car les panneaux de la cale avaient été cloués.
Sur cet îlot désolé, l’ordre … et la ségrégation règnent : blancs et esclaves vivent dans des camps différents. Rapidement, le commandant fait construire une embarcation avec le bois arraché à l’épave. Une forge est même installée à terre.
Les 122 français ne restent que 2 mois sur la petite île avant de repartir en promettant de revenir chercher les 60 Malgaches. Mais il n’en fût rien : le gouverneur de Maurice, furieux contre La Fargue, qui avait désobéi à ses ordres, refusa de porter secours aux esclaves.
Seuls 8 esclaves survivants, dont un bébé de 8 mois, furent récupérés 15 ans plus tard, le 29 novembre 1776 par la corvette "La Dauphine", commandée par le Chevalier de Tromelin, lieutenant de vaisseau du Roi.. Le petit garçon sauvé des eaux sera rebaptisé Jacques Moïse (!), sans que l’histoire retienne si on a demandé l’avis de la mère et d’une de ses grand-mères, également survivantes, et dont l’histoire n’a retenu ni les noms, ni les témoignages.
Depuis cette époque, de nombreux naufrages eurent lieu, mais les hommes furent sauvés arec des canots ou recueillis par des bâtiments de guerre croisant dans les parages.

 

Tromelin-fous-a-pieds-rouges---B.Gysenbergh.jpgSeuls les oiseaux pélagiques et les tortues marines abordent Tromelin - ici, groupe de fous à pieds rouges - photo B. Gysenbergh.

 

P8243666--Large-.JPG     Des timbres pour les volcano-philatélistes , avec e.a. l'ancre de l'Utile coincée dans les coraux.


Le groupe de recherche en archéologie navale, le GRAN, a lancé sous le patronage de l’Unesco le projet « Esclaves oubliés » avec pour objectif de fouiller l’épave de l’Utile et retrouver des traces du séjour des naufragés et définir leurs conditions de vie. Trois campagnes archéologiques ont été menées en 2006, en 2008 et en 2010, sous la conduite de Max Guérout, Elles ont  révélé un mur de 1 mètre 60 de long et 50 centimètres de large qui témoigne de l’état d’esprit des survivants : ils avaient compris que leur séjour sur l’île allait durer. Le sol avoisinant a également livré des informations concernant leur alimentation. Il apparaît que les esclaves ont dû se nourrir principalement de tortues et d’oiseaux et que le feu a pu être conservé jusqu’à leur départ, grâce au bois de l’épave. Autre découverte importante : 6 récipients de cuivre qui, par leurs multiples réparations, démontrent la volonté des rescapés à faire durer leurs objets.

 

Tromelin_excavation.jpg                                          Fouilles archéologiques à Tromelin - doc. GRAN

 

Sources :

- GRAN - Tromelin - L'Utile, esclaves oubliés - les différentes campagnes archéologiques - link

- Université de La Réunion - Base de connaissances sur les coraux des Mascareignes - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les-glorieuses---grd.---Lys-ISS002-E-6913.JPG

Les îles Glorieuses, vues de l'ISS : à gauche, la Grande glorieuse - à droite, l'île du Lys - photo ISS002E6913 / Nasa.


Situées à l'ouest de Madagascar, entre la grande île et le continent africain, les îles Eparses du canal du Mozambique ont, malgré leur éloignement, des caractéristiques communes : période de découverte, utilisation ancienne par les pirates, importance actuelle pour la souveraineté sur les zones de pêche, géologie et formation. Elles ne sont pas visitables ; seuls des militaires ou des scientifiques les occupent.

 


 

erudit-erudit.cgq70.cgq1666.014890arf002n.pngLes zones économiques exclusives des îles de l'ouest de l'océan Indien et leurs frontières virtuelles - doc. l'Erudit.

 

grd.-glorieuse---B.Gysenbergh.jpg                     Les Glorieuses -  Grande Glorieuse - photo Benoît Gysembergh / Match

 

 

Les Glorieuses ont été découvertes tout au début du 16° siècle par un navigateur espagnol, le capitaine Juan de Nova, qui était au service de don Manuel 1er du Portugal. Utilisées occasionnellement comme refuge par les pirates, les Glorieuses sont restées inhabitées.

En 1879 un Français, Monsieur Caltaux, y fait escale. De retour à Nossy Bé, il demande au Ministre de la Marine et des Colonies de bien vouloir lui accorder la concession des Glorieuses. Ce dernier accède verbalement à sa requête en lui précisant toutefois que ce sera "à ses risques et périls..." et en avril 1882, Mr Caltaux fait flotter le drapeau de la France sur les Glorieuses. Il y revient trois années plus tard pour mettre en oeuvre son projet de plantation de cocotiers afin d'exploiter le coprah. C'est à cette époque que Mr Caltaux doit faire face aux revendications des Anglais, mais sûr de son bon droit il refuse de quitter l'île. Informé des prétentions britanniques, le gouvernement français affrète un navire de guerre "Le Primauguet" qui arrive sur zone et hisse le drapeau national sur l'île le 23 août 1892. Le 6 août 1896, le gouvernement français promulgue une loi notifiant aux puissances étrangères que "Madagascar et dépendances" sont une colonie française. Le 31 octobre 1897, la France par un acte officiel prend possession des Glorieuses, d'Europa et de Juan de Nova.

 

Ile-du-Lys---B.Gysenbergh.jpg                                Les Glorieuses - l'île du Lys - photo B.Gysembergh / Match


iles-glorieuses.gif

L’archipel des Glorieuses est formé d'un atoll allongé orienté dans le sens nord-est-sud-ouest. Il est composé d'un lagon intégralement fermé par une barrière de corail à l'exception de quelques passes et dans lequel se trouvent deux îles de sable corallien :
- l'île Grande Glorieuse de forme circulaire avec trois kilomètres de diamètre et située dans le sud-ouest du lagon.
- l'île du Lys de forme triangulaire avec 600 mètres de diamètre et située dans le nord-est du lagon.
La barrière de corail émerge en trois points :
- le Rocher du Sud, au sud de l'île Grande Glorieuse ;
- les Roches Vertes, entre l'île Grande Glorieuse et l'île du Lys ; et
- l'île aux Crabes (ou l’île aux Épaves), au nord de l'île du Lys.


Photographie-d-un-recif-corallien-fossile-affleurant-aux-il.png

                   Les Glorieuses - affleurement d'un récif corallien fossile - St Jorry / Ifremer.

 

Toutes ces terres émergées sont plus ou moins reliées entre elles à marée basse par un banc de sable.
Les îles cumulant une superficie de 7 km2 sont formées de dunes de sable calcaire d'origine corallienne et sont très basses, le point culminant de l'archipel étant constitué par une de ces dunes située dans le nord-est ou l'est de l'île Grande Glorieuse et culminant à douze mètres d'altitude. Le littoral des deux îles, qui totalise 35,2 kilomètres de longueur, est intégralement formé par une plage de sable.

 

Les timbres en provenance de ces îles reculées sont toujours appréciés des philatélistes ...

 

carnet_eparses_p4.jpgEn vedettes, le Noddi brun, le veloutier blanc et deux formations géologiques des Glorieuses: une vasque de rétention sur le platier, et un bout du récif corallien fossile à marée haute (voir photo ci-dessus).


Vue_aerienne_europa---Roger-Kerjouan-copie-1.jpg                                       Les îles Eparses - Europa - photo Roger Kerjouan

Europa :
Comme les autres îles du Canal, Europa a vraisemblablement été découverte par les marins de la Compagnie des Indes, dès le début du 16éme siècle, mais compte-tenu de son inhospitalité est restée longtemps délaissée, servant seulement semble-t-il, de repère pour les pirates fuyant la Marine Royale.
Souvent confondue avec Bassas da India, elle fut reconnue avec certitude en 1774, par le bâtiment anglais ‘’Europa’’ qui lui donna son nom.
Son rattachement à la France date du 9 août 1896, mais c’est un acte officiel du 31 octobre 1897, qui déclare expressément Europa, possession française après que le drapeau y eut été planté.
De 1903 à 1923, de petites colonies y ont vécu, notamment des familles réunionnaises, puis sans doute des seychellois. A cette époque, des tentatives d’exploitation de sisal et de tortues de mer pour leur écaille, ont semble-t-il été entreprises.

Total_internal_reflection_of_Chelonia_mydas_.jpgChélonia mydas, la tortue franche, appelée aussi tortue verte (du nom de la teinte verdâtre de sa graisse, et non de sa carapace acajou) a une espérance de vie comprise entre 60 et 100 ans. Son poids varie entre 90 Kg et 190 Kg pour une longueur qui va de 82 cm à 115 cm. Les jeunes tortues franches sont surtout carnivores (invertébrés, oeufs de poisson). Adultes, elles changent de régime alimentaire et passent de longues heures à brouter les herbiers sous-marins. photo FNPSA

 

L'île fut ensuite souvent visitée par des naturalistes de passage ou des bâtiments de la Marine Française qui en affirmaient la souveraineté. De nombreux naufrages ont eu lieu durant cette période.
Dès 1948, les météorologistes installent leur station d’observations, qui fonctionne de façon continue depuis.
Après avoir été attachée successivement aux provinces de Tananarive en 1921, Morombé en 1930, Nossy-Be en 1932 et Tulear en 1949, Europa dépend directement du Gouverneur de la république Française depuis 1960.
 

Juan-de-Nova---Nasa.jpg

                        Iles Eparses - l'île Juan de Nova - photo Nasa / meretmarine.

 

Juan de Nova :
En plein centre du Canal de Mozambique, Juan de Nova se situe par 17°03’ de latitude Sud et 42°42’ de longitude Est.
La forme de l’île rappelle vaguement celle d’une enclume, dont la largeur mesurerait environ six kilomètres et la hauteur deux kilomètres.
Située à cent cinquante kilomètres de la côte Ouest de Madagascar (Tambohoramo), soit à deux cents kilomètres dans l’Ouest-Sud-Ouest du Juan-de-Nova.gifCap Saint-André, cette île corallienne est recouverte d’une pellicule de sable blanc très fin.
Un vaste lagon, peu profond, entoure l’îlot, dont le point le plus élevé culmine à une douzaine de mètres.
Juan de Nova fut reconnue par le Capitaine du même nom dès 1501, mais fut longtemps délaissée en raison de son exiguïté, ne servant guère que de refuge aux pirates.
L’histoire rapporte la révolte ayant éclaté en 1870, alors qu’un bateau français y était mouillé dans le but de ramener à Port-Louis de l’huile de poisson. 
Juan de Nova fit partie des dépendances de Madagascar et successivement rattachée administrativement à la province de Tananarive (21 novembre 1921), puis au district de Maintirano (14 mars 1930) et à celui de Nossy-Be ( 16 juin 1932).
Le phosphate a été exploité à partir du guano dès la fin du 19ème siècle par des seychellois et en 1923, on estimait que cinquante trois mille tonnes de phosphate avaient été exportées depuis le début. L’exploitation par les Seychellois pris fin durant la dernière guerre mondiale, en 1940- 1941.

-Bassas da india - Nasa 2002                               Les îles Eparses - l'atoll Bassas da India - photo Nasa 2002.

 
Bassas da India :
Situé par 21°27’ Sud et 39°45’ Est, à cent cinquante kilomètres dans le Nord-Nord-Ouest d’Europa, l’atoll corallien de Bassas da India est en forme de couronne très régulière, découverte à marée basse et isolant alors un lac intérieur peu profond d’une dizaine de kilomètres de diamètre.
D’après une carte ancienne du géographe italien Coronelli, cette île aurait été découverte par le pilote portugais Gasparos Gonsalues. Particulièrement traître pour les navires faisant route, le récif de Bassas da India est à l’origine de nombreux naufrages, notamment de vaisseaux portugais du 17° siècle.
Comme Europa et Juan de Nova, la loi du 6 août 1896 attache l’île à la France, mais c’est l’acte officiel du 31 octobre 1897 qui fait foi du dépôt officiel du pavillon français; le 1° avril 1960, elles dépendent directement du gouvernement de la France.


 

Sources :

- TAAF- Les terres australes et antarctiques Françaises.

- Iles Eparses, les cailloux oubliés de la République - Match.

- Les îles Glorieuses - Légion étrangère.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Vue_aerienne_europa---Roger-Kerjouan.jpg

                                          Iles Eparses - Europa - vue aérienne Roger Kerjouan.

 
Les îles Éparses sont des petites îles du sud-ouest de l’océan Indien situées autour de Madagascar.
On distingue cinq entités au sein de cet ensemble éclaté : l’île Europa, l’île
Bassas-da-India, l’île Juan-de-Nova, les îles Glorieuses (composées par l’île Grande Glorieuse et l’île du Lys), et enfin l’île Tromelin.


 

carte_ts_district-copie.jpg

         Situation des Iles Eparses au sein des TAAF - Terres Australes et Antarctiques Françaises

 

Elles sont toutes d’origine corallienne,comme en témoigne leur morphologie, sous forme d’atoll pour l’île Bassas-da-India, les îles Glorieuses, l’île Juan de Nova et l’île Europa, ou sous forme d'atoll surélevé pour l’île Tromelin.
Cumulant 44km² de superficie, le point culminant ne dépasse pas quelques mètres d’altitude.
Situées à des latitudes comprises entre 22° Sud pour l’île Europa et 11° Sud pour l’île du Lys des îles Glorieuses, les îles Éparses sont soumises à un climat tropical et situées sur la trajectoire des cyclones provenant du nord-est.

Ces îles de milieux coralliens ont une formation spécifique, en plusieurs étapes :
Atoll_forming---S.jpg1. Formation d'une île volcanique, avec l'émergence d'un volcan actif

2. Erosion du volcan et développement d'une ceinture corallienne, appelée "récif frangeant"
3. Subsidence relative de l'île volcanique sous son propre poids; après sa stabilisation, les coraux forment un deuxième récif frangeant. Le premier récif forme alors une "barrière" de corail.
4. Un nouveau stade de subsidence peut faire disparaître l'île, avec la formation d'un atoll, cercle de corail entourant un lagon (les courants marins amènent du sable à l'intérieur du cercle, formant à la longue des îlots)

 

Schémas S. Mayfield & S. Boore


Le volcanisme est lié dans le Canal du Mozambique au fossé d’effondrement (rift) qui a séparé Madagascar de l’afrique, il y a 65 Ma ou plus.

 

 

la zone au Crétacé moyen

                                                       Situation au Crétacé moyen.

 

Plusieurs programmes scientifiques ont eu lieu en 2011, dont l’un intitulé "Du manteau à la houle " vise au déploiement de stations sismologiques large bande, et à l'étude de la croûte et du manteau sous le canal du Mozambique, du manteau inférieur sous La Réunion et du panache sud-africain.

Ces stations sismiques étudieront aussi le bruit de fond microsismique lié à 1148-copie.jpgla houle dans l’océan Indien et son impact sur les îles : érosion lors de fortes houles, dégradation des récifs coralliens et influence sur las aquifères. Ce projet s’insère dans le projet RHUM-RUM (Réunion Hotspot and Upper Mantle – Réunion Unterer Mantel).


Des interrogations subsistent en effet quant à la connaissance du point chaud de La Réunion :  ce panache mantellique, à l’origine des Trapps du Deccan, il y a 65 Ma, puis d’une série d’îles (Laccadives, Maldives, Chagos, Rodrigues, Maurice et La Réunion), est demeuré stable durant quelques millions d’années, alors que les plaques tectoniques se mouvaient à son aplomb … Mais où a-t-il pris naissance ? Comment remonte-t-il vers la surface ? Ces stations sismiques nouvellement implantées permettront, en multipliant les points de vue, de l’imager en profondeur.
 "A la fin de 2011, explique Karin Sigloch – univ. Munich, nous disposerons de cinq points aériens à la Réunion, de 0 à 100 km, et d’une soixantaine en sous-marin, disposés selon des cercles concentriques à 100, 150 et 300 km de la Réunion, pour enregistrer les données de la surface jusqu’au noyau. " En 2012 seront également installées des stations sur l’île de Madagascar, à une distance de 660 à 2000 km du panache, afin de compléter celles installées cette année sur les Éparses, distantes de 1500 à 2900 km. Dans les prochaines, années, le manteau sous l’ouest de l’océan Indien devrait ainsi livrer ses secrets.

A suivre : détail des îles Eparses.

 

bloc-iles-eparses.1183041616                         Bloc reprenant une vue aérienne de chacune des îles Eparses. - doc.TAAF

 

Sources :

- Science & avenir : La science met le cap sur les îles Eparses.

- CNRS - Un mois dans les îles Eparses pour révéler le secret des récifs et des coraux

- Ifrecor - Les récifs coralliens d'outre-mer.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Situées approximativement à  53°S 73°30’E., dans la zone des 50° hurlants, les îles sub-antarctiques Heard et Mc Donald constituent le plus proche voisinage des Kerguelen.

Perdues dans l’océan glacé, elles ne furent aperçues par le vaisseau marchand « Oriental », commandé par le capitaine John Heard qu’en novembre 1853.

Leur situation géographique très au sud dans les eaux froides de l’océan Antarctique, et dans une zone de mauvais temps persistant, conditionne la présence massive de glaciers et leur statut de point chaud biologique, caractérisé par une densité élevée d’oiseaux pélagiques et de mammifères marins … de grandes colonies de pingouins et de pétrels cohabitent avec les harems d’otaries à fourrure et d’éléphants de mer.

 

L'Angleterre a offciellement établi des prétentions sur Heard et Mc Donald en 1910, avant d'en transférer le gouvernement effectif, l'administration et le contrôle en 1947 au gouvernement australien.

Elles sont administrées par l’AAD – Australian Antarctic Division, bien que localisées à plus de 4.000 km au sud-ouest de l’île-continent.

 

Heard-island---Big-Ben-volcano---L.E.Large.jpg                               Heard island : le volcan Big Ben - photo L.E. Large

 

Heard island , longue de 40 km. sur 20, est constituée de deux structures volcaniques émergentes, posées sur le plateau des Kerguelen : la plus grande partie de l’île est constituée par le stratovolcan composite basalto-trachytique du volcan Big Ben, couvert de glaciers. Le Mont Dixon, forme la pénisule de Laurens et est relié par un isthme étroit au nord-ouest de l’île.

 

Heard-isl---GVP.pngCarte géologique de Heard island avec ses deux volcans principaux - Big Ben et Mt. Dixon - et leurs coulées récentes, ainsi que la position des cônes côté nord - doc. Barling 1990 / GVP.

 

L’historique du Big Ben est peu connue, étant donné sa large couverture glaciaire ; il culmine au pic Mawson, à 2.745 mètres, situé dans une caldeira de 5-6 km. de diamètre, ébréchée côté sud-ouest. De petits cônes de scories satellites sont situés sur la côte nord d’Heard.

 

Heard-isl.---Scarlet-hill-scoria-cone---Kata-Kiefer.jpg  Heard island , le cône de scories "Scarlet Hill" - photo Kate Kiefer / Commonwealth of Australia.


L’activité historique, observée de façon sporadique et incomplète, mentionne plusieurs éruptions sous-glaciaires affectant toutes le Mawson peak, dont 8 au 20° siècle ; le 21° siècle compte trois éruptions : de mars 2000 à février 2001, de juin 2003 à juin 2004 et la dernière , de mars 2006 à mars 2008.

 

Heard-isl.---09.11.2000.jpg

Heard island, le sommet du Mawson peak dégazant, le 09.11.2000 - photo Paul Scott / GVP.

 

 

 

Mc-Donald---Samarang-hill--et-Heard----R.Williams.jpgA l'avant-plan, les trois îles Mc Donald, avec Samarang hill fumant sur l'île principale - au loin, la blanche silhouette de Heard, dominée par le Mawson peak - photo Richard Williams / GVP.


Les îles Mc Donald sont située à 75 km. à l’ouest de Heard island. L’île principale est composée d’un plateau de tuff phonolytique en couches, recoupé de dykes phonolytiques et de dômes de laves.

La morphologie des îles a été fortement remaniée par les éruptions historiques ; des panaches de cendres ont été observés en décembre 1996 et janvier 1997. En mars 1997, l’équipage d’un bateau naviguant à proximité rapporte de possibles dépôts pyroclstiques, des coulées de lave et le fort dégazage d’un évent situé côté nord de Mc Donald.

Une image satellite prise en novembre 2001 montre que la surface de l’île a doublé en une année, unissant Mc Donald et Flat island , et que le point culminant du groupe insulaire s’est déplacé vers l’extrémité nord de l’île principale.

 

Mc-Donald-aggrandissement-1980-2001.jpgL'agrandissement de l'île Mc Donald entre 1980 et 2001 : à gauche, une photo prise d'hélicoptère en mars 1980 - à droite, une photo Landsat de novembre 2001, avec le report des contours antérieurs de l'île en vert - Courtesy of Geoscience Australia. 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Heard

- Global volcanism Program - Mc Donald islands

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 Le volcan Turrialba, situé dans la Cordillera central du Costa Rica, a connu une éruption de type phréatique, avec émission d'un petit panache à 200 mètres de hauteur. D'après les températures des fumerolles mesurées, 550°C, on exclue la présence de lave. Par contre, une coulée de soufre a été observée le 11 janvier à l'intérieur du cratère. (Raul Mora / Ovsicori)

D'après le RSN - Réseau sismologique national -, une fracture se serait ouverte nouvellement sur les parois internes du volcan.

 

Suite à cette hausse d'activité, le niveau d'alerte est passé à jaune et le Parc National fermé temporairement aux touristes.

 

Au cours des dernières 150 années, le Turrialba a connu quatre crises importantes : 1864, 2001, 2007 et 2010, affectant la végétation et la vie des habitants en altitude (activités pastorales).

 

Notre ami Antony vient d'y passer fin décembre et nous en rapporte une photo du cratère, rarement aussi dégagé, et de ses fumerolles.

 

27.12.2011---Turri-2--AVE.jpg             Turrialba : le cratère actif et ses fumerolles, le 27.12.2011 - © Antony Van Eeten

 

 

 

Sources :

 

- Ovsicori & RSN

- Repretel.com - 12.01.2012 - Ultima erupcion del volcan Turrialba afecto a 21 familias.

- La Tercera - 12.01.2012 - Volcan Turrialba  ... se decreto alerta amarilla en las zonas cercanas y el cierre temporal del Parque Nacional donde se encuentra el cono volcanico.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Kerguelen---Lucia-Simon.jpg

                            Paysages grandioses des îles Kerguelen - photo Lucia Simon

 

 

Le plateau des Kerguelen, en majeure partie sous-marin, abrite les îles Kerguelen (TAAF) et les îles Heard et Mc Donald (Australian antarctic division).


Plateau-Kerguelen---Google-earth-copie.jpgLe plateau des Kerguelen et ses parties émergées : Les îles Kerguelen et le groupe Heard-Mc Donald - d'après Google earth.

 

Historique du volcanisme de la zone : d'après par André Giret, Dominique Weis, & al. -référence en sources.

 

- De 133 à 120 Ma: Dislocation continentale entre l'Australie et l'Inde d'abord (133 Ma), l'Australie et l'Antarctique ensuite (125 Ma). Les basaltes du Bunbury, au SW de l'Australie, se mettent en place et marquent le début de l'océanisation. Les parties continentales du Banc des Elans (EB) et du Sud du Plateau de Kerguelen (SKP) sont encore attachées à l'Inde. On peut comparer cette étape à celles qui caractérise l'actuel rift Est-Africain, la Mer Rouge et le Golfe d'Aden.

 

Geologie-des-Kerguelen04.jpg                                     D'après Géologie des Kerguelen - par A. Giret, D.Weis & al.


- De 120 à 90 Ma: L'expansion océanique se poursuit entre l'Inde, l'Australie et l'Antarctique. Les manifestations du point chaud de Kerguelen conduisent d'abord (120-110 Ma) à la formation du Sud du Plateau de Kerguelen (SKP), des trapps de Rajmahal en Inde, et de lamprophyres en Antarctique, ainsi qu'à la séparation entre l'Inde et le banc des Elans, puis ensuite à la formation de la partie centrale du Plateau de Kerguelen (105-100 Ma) et à celle de Broken Ridge (100-95 Ma).

- De 90 à 40 Ma: Le point chaud de Kerguelen produit la ride du 90° Est (Ninety East Ridge) et du Skiff Bank (SB) tandis que l'Inde poursuit sa dérive ves le Nord. La ride Est-Indienne s'individualise.

- De 40 à 25 Ma: L'expansion océanique s'active. La dorsale Est-Indienne s'individualise entre Broken Ridge et la partie nord du Plateau de Kerguelen, qui dorénavant n'appartiennent plus à la même plaque. Le point chaud produit la partie Nord du plateau de Kerguelen puis les îles Kerguelen proprement dites qui bénéficient aussi des magmas générés par l'ouverture océanique (MORB).

La poursuite de l'édification des îles Kerguelen, soumises à la fois à un magmatisme tholeiitique typique de ride océanique (MORB) et à un magmatisme de point chaud (OIB), donne un ensemble hybride défini par les suites tholéiitiques transitionnelles (Frey et al., 2000). Au cours de cette étape, la croûte s'épaissit, en particulier par le sous-placage de matériaux mantelliques à l'interface croûte / manteau (Grégoire et al., 1998).

- De 25 Ma à aujourd'hui : Les îles Kerguelen sont franchement en position intraplaque et ne subissent plus que le magmatisme alcalin associé à leur point chaud (Giret, 1990). Les dernières manifestations magmatiques importantes ont été datées à moins de 30.000 ans, certaines coulées apparaissent mêmes historiques compte tenu du recouvrement des moraines les plus récentes (Gagnevin et al., sous presse) et l'on n'observe plus à présent que quelques fumerolles (Delorme et al., 1994).

 

Penrose-98-Melt-Production.gifProduction basaltique en km³/an du panache des Kerguelen de 130 Ma à aujourd'hui - doc. Penrose 98


Le déplacement des îles Kerguelen vers le Sud par rapport à la ride est-indienne s'est effectué à une vitesse calculée variant de 2 à 3,4 cm/an (Schlich, 1975) selon les époques, ce qui s'accorde à peu près avec la distance parcourue à partir de la dorsale actuelle, environ 1500 km en 40 Ma.

 

AGU-20Fall-2097-20Gen-20V.gifSituation du plateau des Kerguelen et de Broken ridge par rapport à la dorsale est-indienne - doc. ODP drilling sites

 

Kerguelen, la plus grande des îles sub-antarctiques, possède un espace côtier extrêmement développé, taillé par de nombreux fjords profonds : 2.800 km. de côtes pour une surface de 7.215 km². Son paysage est similaire à celui de l’Islande ; l’intérieur est parsemé de lacs et d’étangs recoupant des reliefs variés.

 

cote_de_la_grande_terre---IPEF.jpg              Kerguelen - côtes de la Grande Terre - photo


L’île principale, la Grande Terre, est entourée de plus de 300 îles et îlots satellites, tous proches, à l’exception des Iles Nuageuses et Leygues au nord et de quelques îlots au sud. Sa partie occidentale est surmontée par la calotte glaciaire de Cook qui s’étend sur 550 km². Le Mont ross, un volcan haut de 1850 mètres, en est le point culminant.

 

Kerguelen_Map--varp.png                     Carte des Iles Kerguelen aux côtes dentelées - doc.  TAAF / Varp.


kerguelen_pNL1_r.jpgLes côtes sont découpées de grands golfes, au noms bretons : le golfe du Morbihan, la baie d’Audierne, la baie de Choiseul… en honneur de son découvreur, le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec.

Billet de banque des Kerguelen, portant l'effigie du découvreur et une image de Port-aux-Français.

Des baies secondaires et des fjords complètent ces découpes.

Cette morphologie unique reflète à la fois leur origine magmatique et une forte érosion glaciaire. La majeure partie des formes géologiques visibles sur les îles sont caractéristiques d'un volcanisme effusif de type trappéen dont la mise en place au-dessus du niveau de l'océan a débuté il y a 35 millions d'années. L'accumulation est considérable : les coulées basaltiques épaisses chacune de 3 à 10 mètres se superposent parfois sur plus de 1 200 mètres. Ce type de volcanisme donne un relief monumental en forme d'escaliers ou de pyramides.

 

Localement d'autres formes volcaniques sont présentes, notamment le volcan de type strombolien que constitue le mont Ross et le complexe volcano-plutonique de la péninsule Rallier-du Baty. Les injections et extrusions de laves différenciées (trachytes, trachy-phonolites, phonolites) sont également fréquentes un peu partout.

 

 

Kerguelen-349.jpg                            Entablement phonolytique - photo site Iles Kerguelen.


Aucune activité éruptive n'a été observée historiquement mais des fumerolles sont toujours actives dans le sud ouest de la Grande Terre.

 

Arche-des-Kerguelen---Panoramio-Lloulhy.jpg

 

 

NaturalArch-copie-1.jpgL-arche-des-kerguelen-de-JP-Kauffman.jpgCi-dessus, l'arche des Kerguelen, dans son état actuel. Photo LLoulhy /Panoramio

 

A gauche, Timbre des TAAF. : l'arche dans son état initial avec le voilier "Terror" en 1840.

 

A droite, couverture du roman de J-P. Kauffman, "L'arche des kerguelen".

 

Elles sont éloignées de plus de 3.300 km de la terre habitée la plus proche et balayées en permanence par des vents forts ce qui leur confère un important potentiel en matière d'énergie éolienne. Elle connaissent un climat océanique froid mais non glacial.

 Jusqu'au début du XXe siècle, les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l'archipel et en ont massacré la faune. Les populations animales se sont aujourd'hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d'oiseaux marins (albatros, manchots, pétrels, etc.) mais aussi d'éléphants de mer et d'otaries.

 

Sources :

- Mantle sources and the highly variable role of continental lithosphere in basalt petrogenesis of the Kerguelen plateau and Broken ridge L.I.P. - by C.R. Neal, J.J. Mahoney and W.Chazey.

- L’Archipel de Kerguelen : les plus vieilles îles dans le plus jeune océan
par André Giret, Dominique Weis & al.

- Kerguelen voyages - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Amsterdam et Saint-Paul figurent parmi les îles les plus isolées au monde, situées à plus de 3.000 km. de tout continent, à mi-route entre l’Afrique du sud et l’Australie.

 

Leur climat est un climat océanique tempéré (13,5°C en moyenne) mais très venteux et pluvieux. Situées au-dessus de la zone dite de convergence antarctique, séparation des eaux chaudes de l'Océan Indien et froides de l'Océan Antarctique, les îles ne connaissent pas de neige ou de gelée.

Aucune population résidente ne vit sur ces îles mais une base scientifique permanente, la base Martin-de-Viviès, est installée sur l'île Amsterdam et accueille sans discontinuer depuis 1949 des missions successives qui comptent entre 23 et 35 personnes selon la saison.

 

taf9901b.jpg

               Timbre commémorant le 50° anniversaire de la base scientifique d'Amsterdam - 1999.


Il n'y a en revanche pas de présence humaine permanente sur l'île Saint-Paul, qui n'est visitée que lors de brèves expéditions scientifiques ou écologiques.

 

Dorsale-est-indienne---ac-nancy-metz-copie.jpgSituation des îles Amsterdam et Saint-Paul sur la dorsale est-indienne - doc. ac-Nancy-Metz.

 

Geologie-de-St.jpgCes deux îles sont localisées sur la dorsale étroite est-indienne, entourée de grandes profondeurs (plus de 3.000 m.), séparant les océans Indiens et Antarctique.


Cadre géodynamique des îles St. Paul et Amsterdam
Détail du plateau d’Amsterdam – St. Paul.


Lignes doubles: axe de la ride Est-Indienne.

Lignes pleines: failles transformantes.

Tiretés: lignes de crête de la dorsale océanique. (d'après Nougier, 1982).

 

 

AmsterdamIsl_Map---Varp.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Ile Amsterdam - doc. TAAF / Varp.

 

Amsterdam est une île ovale, de 8 km. sur 6, culminant à 881 mètres ; c’est un volcan constitué de laves et scories basaltiques, provenant de la dizaine de cratères rencontrés sur l’île ; les deux principaux sont le Mont de la Dive (867 m.) et La grande Marmite (730 m.). 

A Amsterdam, seulement 5 % du paléo-volcan, le Mont Fernand, est visible. Il occupait le sud-ouest de l'île et la coupe faite dans son flanc à la Pointe d'Entrecasteaux, montre qu'il est constitué de brêches basaltiques injectées de dykes, le tout étant surmonté par des coulées de laves monotones.

Le néo-volcan de la Dives est dû à une migration de deux km vers l'est-nord-est du réservoir magmatique. Son activité a entièrement nappé les flancs du paléo-volcan, colmatant notamment sa caldeira, le plateau des Tourbières. Le cône sommital est caractérisé par une petite caldeira de deux km de diamètre qui s'est vidée vers le nord au cours de trois phases successives. De grandes fractures radiales sont ponctuées d'une vingtaine de cônes scoriacés étagés depuis le sommet (Museau de Tanche) jusqu'à la base de l'île (cratères Dumas) dont l'activité semble très récente (une à deux centaines d'années).

Avant les derniers épanchements du volcan de la Dives, de grands effondrements selon des axes de failles nord-est/sud-ouest et nord-ouest/sud-est ont éventré le paléo-volcan. On peut estimer que malgré l'absence de phénomènes post-volcaniques, Amsterdam est un volcan qui doit être considéré comme potentiellement actif.

Des données paléomagnétiques suggèrent une formation de l’île au cours des derniers 690.000 ans.

 

La partie occidentale de l’île est bordée de hautes falaises, de 400 à 700 mètres de haut, la partie orientale descend de manière plus adoucie vers la mer, mais le seul accès possible se trouve au nord, où s'est installée la base Martin de Viviès.

-Phylica_arborea-s.-Amsterdam---B.Navez.JPG

                               Ile Amsterdam - Phylica arborea - photo B. Navez.

 

La végétation naturelle des îles est de type herbeux, plus ou moins dense. L'île d'Amsterdam est la seule île des TAAF où l'on trouve une espèce d'arbre, le Phylica arborea, plus présent sur le versant Est de l'île. En 1726, la forêt de Phylica couvrait 1.500 ha , dense au point d’être impénétrable … en 1875, elle ne couvrait plus que 250 ha, et en 1980, il ne restait que quelques arbres.

Cette forêt a faillit disparaître, sous l’action combinée de feux générés par la dernière éruption, et surtout la présence de vaches sauvages, descendant d’un élevage tenté au 19°siècle. Jusqu’en 2010, il subsistait 600 têtes, qu’on a supprimé maintenant. Depuis on a replanté 7.000 arbres issus de graines.

Albatros_a_bec_jaune---Vincent-Legendre.JPGLe Philica arborea se retrouve aussi sur l’île Cought, de l’archipel de Tristan da Cunha, fort éloigné … Le transport de ses graines par l'albatros à bec jaune (Diomedea chlororhynchos - Thalassarche chlororhynchos) pourrait expliquer cette parenté à longue distance.

 


St-Paul-et-Amsterdam---Lucia-Simon.jpg

                                                 L'île Saint-Paul - photo Lucia Simon.

 

expe.-SMS-Gazelle---ph.NOAA-Library.jpgL'île Saint-Paul, sur une gravure de l'expédition du S.M.S. Gazelle, un navire Prussien, en 1874-76 - doc. NOAA Library.


L’ile Saint-Paul, de forme triangulaire , est située à 80 km. au sud de l’île Amsterdam.

C’est un ancien cône de tuff, surmonté d’un stratovolcan basaltique, coiffé d’une caldeira de 1,8 km. de diamètre.

StPaul_Map---Varp.pngUne moitié de la partie nord-est du volcan s’est effondrée en mer , suivant une faille orientée N-O. La caldeira centrale ainsi ébréchée, laisse une baie profonde de 80 m. et large de 1.000 m., connectée à l’océan par un chenal d’une profondeur de quelques mètres.

Des zones géothermales sont situées le long du pourtour de la baie, ainsi que sur le bord de la caldeira, à 268 m. de haut.

La seule éruption historique est datée de 1793, originaire d’un évent sur le bas-flanc SO.

 

Ile Saint-Paul - doc. TAAF / Varp.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Amsterdam island

- Global volcanism Program - St. Paul

- Les îles Amsterdam et Saint-Paul - par S. Doucet & al.

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