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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcanisme de la région de Campo de Calatrava est caractérisée par la présence abondante de gaz, dont la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone.

Ces gaz ont joué un rôle moteur dans les éruptions phréatomagmatiques violentes passées.

L’existence de systèmes géothermiques est une autre source de vapeur d’eau et de CO2 , produit par le dégazage du magma refroidissant qui est monté par les diverses fissures. Intercepté par l’aquifère, il est à l’origine des  "hervideros ", des sources chaudes aux eaux plus ou moins chargée en gaz.

 

Ces eaux thermales ont été utilisées dès l’époque romaine ; plus tard, on en parle dans "les relations topographiques de Philippe II ", où il est fait mention de "fuentes agria " existant à Bolaños, Puertollano et Valenzuela.

 

Chorro-de-agua-agria---mina-diogenes.jpg                                        Chorro de agua agria - photo mina diogenes.


Plus de quarante sources chaudes ont été répertoriées dans la province de Ciudad Real, et trente d’entre elles dans les limites de la région volcanique. Elles s’alignent sur des fractures longues de dizaine de kilomètres. L’analyse chimique y révèle la présence de bicarbonate de soude et magnésie, de bicarbonate calcique, de sulfate de soude et magnésium, de cobalt, manganèse ; le dioxyde de carbone s’y trouve en proportions variant de 35 à 180 mg. par litre. Leur température moyenne est de l’ordre de 20°C. Ces eaux sont « dures » et d’un pH situé entre 5,5 et 8,5.

Certaines sources, dont celle de Baños de San Cristobal fournissent une analyse chimique révélatrice d’une activité magmatique latente plus intense que dans d’autres zones de Campo de Calatrava (présence d’ammoniac, de bore, de lithium e.a.)

 

La qualité et l’abondance de ces eaux ont favorisé un thermalisme régional.

 

Ciudad-real---banos-del-emperador.jpg Ciudad Real - Piscina del baño de las mujeres.  Baños del Emperador. - photo uclm / los Volcanes

 

Agua-agria---Valenzuela-de-Calatrava.JPGFuente pública de "agua agria" - Fontaine publique à  Valenzuela de Calatrava - photo uclm / los Volcanes

  Puertollano_paseo_fuente_agria---mjsendarrubias.jpg

                            Fuente agria de Portullano - photo mjendarrubias.


Les eaux ont été utilisées à Puertollano depuis les 17 et 18°siècles pour la consommation humaine, avec une apogée pour les spa au 19°. La faculté a référencé « les eaux acides de Campo de Calatrava » pour la consommation et leur usage médicinal ; embouteillées, elles ont été vendues jusqu'à Madrid.

 

Mais eau et gaz n'apportent pas que des bienfaits ! Des intoxications ou des accidents sont également générés.

 

La présence de gaz en surface n’est pas détectée uniquement au niveau des sources chaudes …il peut se produire des émanations diffuses fonction de la topographie : le CO2 s’accumule dans les dépressions comme en témoignent les animaux morts retrouvés, et quelques accidents se soldant par des morts humaines. Ces émanations affectent également la végétation proche des zones de fissures.

 

El-Chorro-2000.JPG              El Chorro - été 2000 - le geyser accidentel - photo uclm / los Volcanes 

 

Le geyser accidentel d’El Chorro :

Le 25 juillet 2000, un forage , réalisé sur l’alignement volcanique le plus récent du bassin où avait été enregistré des anomalies thermiques et des émissions de gaz , a rencontré un aquifère confiné et un important volume de gaz magmatiques … durant plus de 176 jours,  des gaz et de l’eau chargés en limon, sable et argile, vont alimenter un geyser, qui va atteindre 60 m. de hauteur, avec de petites oscillations pulsatiles. Les matériaux émis, estimés à un volume de 50.000 m³, vont couvrir 25 hectares sous une couche de 20 à 60 cm.

A deux reprises, le jet a été dévié à l’horizontale, pour protéger les zones de culture, vignobles et oliveraies, avant qu’on ne se décide à une obturation du puits par des méthodes plus drastiques.

 

El-Chorro-degats-oliveraies.JPG                 El Chorro - les dégâts aux oliveraies - photo uclm / los Volcanes 

 

La résurgence de  Bolaños de Calatrava :

Un phénomène similaire à celui d’El Chorro s’est produit dans une ancienne carrière de manganèse, utilisée comme réservoir pour l’irrigation : une résurgence d’eau pulsée par d’énormes quantités de gaz a noyé 9 hectares.

 

Bolanos-et-volcan.jpg

Bolaños de Calatrava - la zone inondée et à gauche, la silhouette du volcan Yezosa. - photo uclm / los Volcanes

 

Eau et gaz sont sortis spontanément, la résurgence atteignant une hauteur raisonnable de deux mètres, mais avec un fort débit moyen estimé à 400.000 litres à l’heure. Le pH des eaux est de 5,85 et la température moyenne de 18°C.

Dans certaines zones, des mares de boues et des mofettes sont apparues.

Le phénomène a été étudié par les scientifiques d’INVOLCA et du groupe GEOVOL de l’Université de Castilla-La Mancha : 92 % des gaz émis sont d’origine mantellique, le reste correspond à une altération thermique, une altération de roches carbonatées. Le gaz est composé à 90% de CO2, sans H2S ni mercure, gaz caractéristiques des systèmes hydrothermaux actifs.

 

Bolanos---volcan-boue.jpgMofette.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

photos uclm / los Volcanes

 

 

Sources :

- UCLM - Los Volcanes - par Dra E. Gonzalez cardenas

- UCLM - Campo de Calatrava - los gases - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les éruptions phréatiques et phréatomagmatiques de la zone centrale de Campo de Calatrava ont créé un paysage typique, formé de dépressions fermées petites à moyennes, circulaires ou elliptiques, appelées dans la région  "hoyas, navas ou navazos".

Lors de période où la pluviométrie est suffisante, ces hoyas se remplissent d’eau , qui constituent autant de mares temporaires importantes pour la faune et la flore sauvage.

 

Maprot.jpgLes structures volcaniques déclarées "Monument national" et protégées. - doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 

Intéressons-nous à quelques structures :

Le cratère d’origine phréatomagmatique et le lac de Fuentillejo , déclaré Monument Naturel et préservé à ce titre.

Une puissante éruption phréatomagmatique, datée du Pléistocène, liée à la rencontre du magma ascendant et de l’aquifère, a démantelé l’édifice strombolien situé sur la crête de Malosaires. L’activité magmatique s’est ensuite poursuivie en explosions de moindre importance, et par l’émission d’une coulée de lave vers le sud.. La dernière manifestation éruptive a consisté en l’extrusion de laves visqueuses qui ont formé un petit dôme-coulée en direction du nord .

On peut observer un dépôt de coulées pyroclastiques humides, fortement lithifié et dur, recouvert de basalte à olivine et cristaux de pyroxène, dans une matrice formée de l’encaissant, le tout finement pulvérisé lors de la phase explosive phréatomagmatique.

 

lagune-de-Fue---JPG                        La laguna de Fuentillejo - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 


La couleur des dépôts frais ocre rouge est passée au brun par altération. S'adaptant à la morphologie de terrain antérieure à l’éruption, les dépôts ont rempli la vallée de Valverde , lui conférant un fond aplati.

 

Fuentillejo-y-Valverde.JPGCarte géologique des lagunas de Fuentillejo et Valverde , avec la direction des coulées pyroclastiques basales - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 


Le cratère et la lagune de Michos :

Ils résultent d’une éruption phréatomagmatique, datée du Pléistocène, liée à l’activité volcanique marginale de l’anticlinal du rio Tirteafuera – dôme d’Abenojar.

Une dépression formée suite à l’explosion a été façonnée par des déferlantes pyroclastiques basales humides, côté sud, avec la formation d’un demi-anneau de tuff fortement lithéfié.

 

Laguna-de-Michos.jpg       La laguna de Michos, en période de basses eaux  - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 

 

Michos                                              doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 


 Le volcan de Peñarroya et le lac d’Alcolea sont situés dans un espace où l’activité éruptive a été plus intense et continue, affectant les zones centrales et les montagnes environnantes, en particulier sur le rebord sud de la Sierra de Las Medias Lunas. Cette sierra est fortement parcourue de fractures permettant une remontée magmatique et son interaction avec l'aquifère. 

 

On retrouve ici aussi bien des volcans générés par une activité effusive ou strombolienne, que de grandes dépressions issues d’explosions phréatomagmatiques.

 

volcan-de-Pennaroya.jpg                        Le volcan Peñarroya - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.


Le volcan Peñarroya, ainsi nommé d’après l’intense couleur rouge des matériaux qui le forme, s’élève au dessus des sommets de la Sierra de Las Medias Lunas. C’est un grand cône pyroclastique strombolien, surmonté d’un cratère de faible profondeur qui a émis des coulées, qui ont été canalisées sur des kilomètres par le réseau fluvial existant.

 

laguna-de-alcolea---volc.-Penarroya.JPG La laguna de Alcoela, à gauche et le volcan Peñarroya, et leurs coulées - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.


Le lac d’Alcolea a été formé lors d’une éruption explosive de type phréatomagmatique, liée au système volcanique de Peñarroya.

 

laguna-de-alcolea.jpg                              La laguna de Alcoela - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 

Sources :

Uclm - Los volcanes / las lagunas - par E. Gonzales Cardenas - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

ENCI101

Paysage de la région de Campo de Calatrava - l'interprétation de son origine volcanique est difficile - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

 Campo de Calatrava forme une région naturelle et historique appelée "La Don_Quijote_and_Sancho_Panza---Gustave-Dore-1832-1883.jpgMancha", à l'ouest de la Castille et centrée sur la province de Ciudad Real.

La région de La Mancha est connue pour avoir été évoquée dans le roman El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, écrit vers 1606-1615 par Miguel de Cervantes. Le héros est devenu l'archétype du "Don Quichotte", rêveur et justicier idéaliste et irraisonnable.

 

Don Quichotte de La Mancha et Sancho Panza - gravure de Gustave Doré (1832-1883).


 

ANOMALIBCes champs volcaniques datent principalement du Pliocène et du quaternaire, entre 8,7 Ma et 5.200 avant JC (Gonzalez 2007).

 

Sur plus de 5.000 km² se répartissent plus de 300 cônes pyroclastiques basaltiques à foiditiques, des maars et des dômes de lave, dans un contexte de rifting continental.

 

Le relief de la région est doux et seulement modifié par la présence d'édifices volcaniques érodés, dont la forme a influencé la toponymie : "Negrizal de las Casas", "Cabeza Parda", "Cerro Moreno", etc.

Un peu de vocabulaire local :

cônes ou "cabezos", dômes ou "castillejos", coulées ou "négrizales", maars ou "hoyas", "aljibes", "navas" et "navazos".


Le degré de conservation de ces structures dépend de divers facteurs:

- l'âge de l'éruption et sa situation géographique

- la forme primitive de l'édifice volcanique

- la nature et le volume des matériaux émis

- l'existence ou non d'exploitations minières.

Tous ces facteurs rendent parfois difficile l'identification de la structure volcanique.

 

CVC---La-Hoya-de-Cervera.JPGLa Hoya de la Cervera - un maar asséché - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

Les mécanismes éruptifs responsables de ces morphologies sont soit de type strombolien, soit de type hydromagmatique ... soit d'une succession  de ces mécanismes sur un même site.

 

Le volcanisme strombolien est responsable de la formation de petits cônes plus ou moins arrondis par l'érosion. Leur diamètre varie de quelques centaines de mètres à 2 km., et leur hauteur de 20 à 120 mètres, avec seulement occasionnellement une dépression cratérique. Des coulées de différentes importances en émanent, parfois longues de 6 à 7 km.

Ce type d'éruption est représenté par les volcans  La Yezosa, à Almagro, et le Cerro Gordo, à Valenzuela de Calatrava.

 

Cabezo-del-Rey---Los-volcanes.JPGLe Cabezo del Rey - 1250 x200 m. - alt. : 680 m. - activité strombolienne - laves mélilitiques - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

 Le volcanisme hydromagmatique, plus fréquent dans la région, est cependant plus difficile à identifier, n'ayant laissé que des maars, emplis d'eau et à l'aspect lacustre, ou au contraire desséchés.

 

Un exemple typique est donné par Hoya del Mortero, à Poblete.

 

hoya-del-mortero---maar---Los-Volcanes.JPGLe maar asséché de Hoya del Mortero - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.    

 

MAPA.jpg                                                        carte uclm.es

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Calatrava

- Volcanismo del Campo de Calatrava - Universitad de Castilla-La Mancha - par Pablo Higueras.

- Campo de Calatrava - los volcanes - par E. Gonzalez Cardenas - link

- Aspectos geomorfologicos del volcanismo hidromagmatico del Campo de Calatrava,  par E. Gonzalez Cardenas - Ciudad Real

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

 

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2012

 

volcan_noel-copie-2012.jpg

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