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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

L’archipel des Tonga, aussi appelé par Cook "les îles amies " (Friendly islands) compte près de 32 îles et 150 îlots, environ 750 km², et 115.000 habitants (en 2006). Ses coordonnées sont : 18° à 22° de latitude Sud, 174° à 176° de longitude Ouest. 

Les ports et mouillages sont assez nombreux, grâce aux récifs qui abritent les côtes, tout en rendant la navigation difficile.

 

3403hun1.jpg  Les trois groupes d'îles composant l'archipel des Tonga : Vava'u, Ha'Hapai et Tongatapu.

 

On considère que les îles Tonga sont habitées par des austronésiens depuis vers le 13° siècle av. J.-C. , mais la tradition dit que le royaume de Tonga aurait déjà été occupé à l’ère préhistorique. Le 21 janvier 1643, Abel Tasman découvrit Tongatapu et visita une partie des îles. En 1875 , les îles devinrent une monarchie constitutionnelle et en 1900 un protectorat britannique. C’est un royaume constitutionnel indépendant depuis 1970 et rattaché au Commonwealth.

 

Les Tonga, voisines des alignements polynésiens du Nord-Ouest au Sud-Est, sont orientées perpendiculairement, du Nord-Est, au Sud-Ouest; et appartiennent à la chaîne de la nouvelle-Zélande, avec le groupe intermédiaire de Kermadec.

On distingue, au double point de vue géologique et orographique, deux séries parallèles, l'une occidentale, la moins importante, composée d'îles élevées volcaniques, parfois à volcans actifs, l'autre orientale, d'îles basses, coralliennes, parfois avec lagon, et d'une multitude d'îlots et de récifs.

 

arc-Tonga-Kermadec---NSF.gifTectonique de l'arc Tonga-Kermadec et du bassin de Lau- Les îles sont numérotées de 1 à 15 (les chiffres 834-839 se réfèrent à des sites de forages)  -^- : zone de subduction.

 1, Tafahi; 2, Niuatoputapu; 3, Fonualei; 4, Late; 5, Metis; 6, Kao; 7, Tofua; 8, Hunga Ha’apai and Hunga Tonga; 9, Eua; 10, Ata; 11, Raoul Group; 12, Macauley; 13, Curtis; 14, L’Esperance; 15, Niua fo’ou. Les autres abréviations: PR, Peggy Ridge; KTJ, Kings Triple Junction; CLSC, ILSC and ELSC, Central, Intermediate and East Lau Spreading Centres; VF, Valu Fa Ridge.  

 

 

Géographiquement, on les partage en trois groupes :

- de Vava'u : avec Vava’u, Late, Toku et Fonulei

- d' Ha'apai : avec Ha ‘apai, Uiha, Foa, Ha’ano, Lituka, Kao, Tofua, Nomuka, Hunga Ha’apai, Fonuafo’ou

- de Tongatapu : avec Tongatapu, Eua, et Ata.

 

Toutes ces îles et hauts-fonds sont reliés par un plateau qui émerge en divers endroits et que les naturels appellent Hallola-Comei. Le fond s'élève ou se déprime sous l'action de volcans sous-marins. D'une manière générale, dans cet ensemble d'îles, les forces volcaniques et les altitudes diminuent de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud.

 

Dans le groupe septentrional, on voit d'abord les rochers déserts de Fanua-Lai ou Amargura (altitude 183 m, 55 km²), dont un volcan fit une terrible éruption en 1846, qui réduisit l'île en débris et projeta au loin des cendres, et au Sud-Est de Taku, de moindres dimensions; plus loin, dans la même direction, est l'île principale Vanna ou Hafoulou-Hao (altitude, 150 m, 145 km²), une foule d'îlots et de récifs coralliens l'entourent et sont disséminés au Sud, ce qui n'empêche qu'il y ait eu plusieurs éruptions dans l'île.


Ninuafo’ou est une île de 8 km. de large … en fait le sommet d’un volcan-Niuafo'oubouclier largement submergé. Une caldeira large de 5000 mètres, aux parois abruptes, est pratiquement remplie par un lac , Vai Lahi (le grand lac), qui abrite divers îlots et cônes pyroclastiques proches de la rive NE. L’activité historique a marqué des fissures en cercles côté ouest et sud de l’île. Elles ont endommagé à plusieurs reprises des villages ; en 1946, une éruption a forcé l’évacuation de la plupart des 1200 habitants.


Fonualei est une petite île large de 2 km. possédant une caldeira avec un cône pyroclastique dont le cratère est ouvert vers le SO., et une coulée atteignant Fonualei-copie-1la mer. Le volcan surgit d’une profondeur de 1000 m. et est bordé de falaises, sauf sur son côté ouest, où de petites plages de sable ourlent le littoral. Un petit récif frangeant existe au NE, à l’ouest et au sud. Contrairement aux andésites et basaltes qui caractérisent les Tonga, Fonualei a émis au cours des derniers 165 ans des laves à dominante dacitique, des tuffs et dépôts phréatomagmatiques, surmontant les laves plus anciennes.


Particularité de l'avifaune : Le mégapode des Tonga, ou de Ninuafo’ou, – Megapodius pritchardii – est un endémique de l’archipel ; ce gros oiseau terrestre est très vulnérable et à la merci de la prédation humaine et d’une éruption … le transfert de ses œufs fut réussi sur la déserte Fonualei, où l’on compte maintenant 350 à 500 oiseaux ; par contre, elle a échoué sur Late. Cet oiseau a pour habitude  "de faire couver ses œufs par le volcan " : il ne couve pas lui-même ses œufs, mais les enfonçe dans les sables volcaniques chauds, ou encore, à défaut, dans des tas de végétaux en décomposition.

 

Niuafo-ou-megapode-nid-incubateur-volcanique.jpg megapod.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mégapode enfoui ses oeufs dans le sable volcanique à 1-1,5 m. de profondeur et une température de 32-35°C.


A droite, mégapode et son poussin - oeuvre de Walter Lawry Buller (1838-1906).

 

Late est une île circulaire large de 6 km. ; elle contient un cratère large de 400 m. et profond de 150m. occupé par un lac éphémère.

Ce volcan basalto-andésitique à andésitique a ses racines à une profondeur de 1500 m. et son sommet conique dépasse de 540 m. le niveau marin. Divers cônes de cendres sont signalés au nord du cratère sommital, sur un plateau semi-circulaire et sur la côte NO. Une structure en graben située sur le flanc NE est percée de deux cratères-puits, dont un rempli par un lac salé. Les dernières activités sont datées de 1790 et 1854.

 

Tonga---Late--cr.-somm.-et-pit-craters---Tonga-ministry-of-.jpg           L'île volcanique de Late - photo Tonga ministry of lands, survey and natural ressources.


Le groupe de Ha'apaï (68 km²) comprend une quarantaine d'îles madréporiques et, à l'Ouest, deux îles volcaniques, Kao (1524 m, 11 km²) et Tofua (854 m).

 

Kao  est un stratovolcan de forme allongée, de nature Basalto-andésitique, dont le sommet est fait de petit cratères coalescents.

 

Tofua----Tonga-inistry-of-lands-and-natural-resources.jpg   Tofua et sa gigantesque caldeira - photo Tonga ministry of lands, survey and natural ressources .

 

Tofua est un stratovolcan couronné d’une caldeira de 5 km. de large, et profonde de 500 m. Trois cônes post-caldeira se sont édifiés au nord du lac de cratère ; ses eaux froides ont leur surface à 30 mètres au dessus du niveau de la mer. Le plus grand des cônes, le Lofia, est responsable des éruptions historiques rapportées depuis le 18° siècle, e.a. par le capitaine Cook qui l’a vu en éruption en 1774.  Le cône Est possède trois cratères et a produit de jeunes coulées basalto-andésitique qui se sont répandues dans le lac. Le Lofia est toujours actif, comme en témoigne de l’incandescence (lave en fusion et spattering) remarquée en 2009 et 2011.  

 

Tofua-24.04.2010---GVP.jpgCoup d'oeil sur le cratère actif du Tofua, le Lofia - Photo Stuart Kershaw posted by the Tonga Visitors Bureau.- 24.04.2010 - in GVP

 

A suivre ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tonga islands volcanoes

- Vulkaner -Volcanoes on land and in the ocean, around Tonga, Pacific ocean - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Petit interlude dans la série des volcans du Pacifique sud avec des nouvelles récentes sur les volcans en activité.

 

En Indonésie:

- Le Kawah Ijen reste en alerte, avec une restriction d'accès pour tous à 1,5 km. du cratère, et malgré un pH en baisse (passant de 0,76 à 0,18) et un taux de CO2 en croissance depuis février. Les dernières données sur la température du lac datent de mi-mars, avec 45,1°C à la surface et 44,7°C à 5 m. de profondeur.

- Le Batu Tara est toujours en éruption, avec un panache de cendres vu par les satellites montant à 2.000 m. et s'étalant sur une trentaine de kilomètres de longueur (Modis).

 

Dans le grand nord américain :

- L'AVO a fait repassé  le niveau du Cleveland - Aléoutiennes à l'orange, en raison de la présence d'un troisième dôme en croissance dans le cratère sommital, et de la poursuite de la dynamique extrusive.

- le niveau de l'Iliamna - Alaska reste au jaune, avec une sismicité au dessus du niveau basal entre les 21 et 27 mars. On ne remarque toutefois rien d'anormal de visu.

 

Iliamna-de-l-Est---15.08.2011-Cyrus-Read-AVO.jpg                                    Iliamna - photo Cyrus Reed / AVO - USGS - photo 2011

 

Guatemala :

Au Pacaya, l'Insivumeh rapporte des changements au niveau sismique et des émissions du cône Mac Kenney, à partir du 20 mars. Le 26.03, des avalanches ont été détectées, ainsi que des panaches les 26 et 27 mars. Après l'éruption du 27, seules des fumerolles, principalement composées de vapeur d'eau, émanent du cône actif.

 

Le dôme de lave du Santiaguito/ Santa Maria émet les 23 et 24.03 un panache diffus de gaz et cendres, dérivant selon les observations satellites sur 20-30 km. en direction du SO. Les jours suivants, des chutes de roches sont signalées près du sommet. Des explosions génèrent des panaches de cendres montant à 800-900 m. entre le 25 et le 27.03, et de coulées de lave descendent les flancs. Le 26, une coulée pyroclastique suit une explosion et descend le flanc ouest du Caliente.

 

Montserrat - Soufriere Hills.

Le 23 mars, l'activité fumerollienne s'est accrue; une nouvelle fumerole est détéctée au NO. du dôme de lave et un évent émet de façon pulsatille des vapeurs chargées d'un peu de cendres - ash venting (près de la cicatrice d'effondrement 2010). Un panache monte à 1.800 m. au dessus du niveau de la mer et on observe des chutes de cendres sur le flanc ouest du volcan.

Le 26 mars, le niveau d'activité retourne au niveau bas. La zone C a été réouverte de jour.

 

590x338-5a76f9f2-d2c6-48d2-e797-89705b149bec.jpg                     Soufriere Hills - ash venting 23.03.2012 / 14h - photo site HVO

 

Pour le continent sud-américain :

- Le niveau du Nevado del Ruiz - Colombie reste à 3 - "changements dans le comportement de l'activité volcanique". Selon l'Ingeominas, la sismicité est en hausse cette semaine et les émissions de gaz demeurent à des niveaux significatifs.

Le Galeras - Colombie émet toujours vapeur et gaz en panache.

 

2012-03-27--Galeras--08h17m18.jpg                                                   Galeras - 27.03.2012 - photo Ingeominas


- En Equateur, trois volcans sont à épingler !

Au Tungurahua, on ne relève que quelques panaches de vapeur, montant entre 500 m. et 4.000 m., en raison de la couverture nuageuse. Le 21.03, de l'incandescence a été observé au sommet, et des chutes de cendres repérées les 22 et 23.03; celles-ci ont engendré des lahars, suite aux fortes pluies des 24 et 25.

Le26.03, des grondements sont entendus en divers endroits et un panache détecté à 3.000 m., accompagné de chutes de cendres au N. et NO. du cratère.

 

De l'incandescence  a été observée les 25 et 26 mars dans les parties hautes du Reventador, ainsi qu'un panache de 500 m. le 26. dérivant sur 25 km. en direction du NNO. (image satellite et VAAC Washington).

 

Le Sangay, comme à son habitude la tête dans les nuages, a émis un panache de cendes, le 22.03, repéré par un pilote à 8.200 m. d'altitude.

 

Au Chili, des panaches montant à plus de 1.000 m. au dessus du cratère du Cordon-Caulle sont signalés par satellite ou webcam. Malgré de l'incandescence repérée dans le cratère entre les 23 et 27.03, le niveau d'alerte est abaissé à orange.

 

07.03.2012-Cordon-Caulle.jpg                Cordon-Caulle - activité en baisse - photo Nasa earth Observatory 07.03.2012

 

Au Kamchatka, cinq volcans sont en alerte-aviation.

Le Shiveluch et le Karymsky sont en alerte orange.

Un panache montant à 3.000 m. est signalé le 17, et le 20-21.03 au Karymsky.

De l'activité explosive est signalée entre le 16 et le 23.03, avec émission de lave visqueuses; l'anomalie thermique est confirmée par satellite.

Le Kizimen, le Bezymianny et le Gorely sont en alerte jaune.

 

Bezymianny---Klyuch.-16.03.2012--Y.Demyanchuk.jpg           Panaches divergents des Bezymianny et Klyuchevskoy - photo Y. Demyanchuk 16.03.2012

 

Sources :

- Global volcanism program - weekly reports

- Les différents observatoires cités.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Malgré des siècles d’influence européenne, les habitants de Samoa ont maintenu leurs coutumes, leurs systèmes sociaux et politiques ainsi que leur langage.

 

3-Samoan-girls-1902---book-Samoa--bismarckarchipel-und-Neug.jpg"Trois filles des Samoa" - photo E.von Hesse-Wartegg 1902 / du livre : "Samoa, Bismarckarchipel und Neuguinea, drei deutsche kolonien in der Südsee".

 

Awa-ceromony---Tavita-Togia-NPS.jpg Samoa - cérémonie de l'Ava - deux samoans entourent la reine de la fête- photo Tavia Togia NPS.

 

Les habitudes culturelles telles que la cérémonie Samoa’ava restent des Tapa-2--des-Samoa.jpgrituels liés aux évènements importants ; les habits " tapa " (ou simplement le tapa) est un tissu d’écorce caractéristique de ces îles du Pacifique, depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’à Hawaii (où on l’appelle kapa).

 

La culture samoane est centrée sur le principe du Vafealoa’i, les relations entre les gens, basées sur le respect.

Certains Samoans vivent selon un mode de vie communautaire et participent collectivement aux activités. Le Fale, maison traditionnelle des Samoa, en témoigne : ce sont des habitations ouvertes, sans parois, qui utilisent des stores de feuilles de palmiers pour occulter la nuit ou en cas de mauvais temps.

 

doc2.jpgAncienne carte postale des colonies allemandes - le travail du copra devant le fale traditionnel.

 

Le processus de Fa’aaloaloga , ou présentation formelle de cadeaux, reste pratiqué lors des grandes occasions : mariages, installations de chefs, funérailles, inauguration de bâtiments, d’églises, etc.

 

La mythologie Samoane honore de nombreux dieux ; les légendes parlent de Tagaloa et la déesse de la guerre Nafanua, fille de Saveasi’uleo, maître du royaume spirituel Pulotu.

 

Après l’introduction du christianisme, et la conversion de la plus grande part de la population, les Samoans ont réussi à adapter la religion dominante avec les croyances anciennes, surtout les rites traditionnels de fa’a Samoa.

 

Comme dans d’autres cultures polynésiennes, à Hawaii, Tahiti et chez les Traditional_Samoan_Tattoo_-_back.jpgmaoris, les tatouages sont importants et uniques.


Dans l’archipel, les deux sexes ont des tatouages spécifiques : pour les hommes, il est appelé Pe’a, et se compose de motifs géométriques complexes couvrant les zones depuis les genoux jusqu’aux côtés, "en culotte".

Le tatouage féminin, le malu, est plus léger, et comporte moins de motifs géométriques ; il habille les jambes, de l’aine aux genoux, mais aussi les mains et la partie du ventre allant du mont de Vénus au nombril.

 

 

Pe'a - tatau Samoa masculin - photo CloudSurfer


 

Les principaux sports pratiqués sont le rugby, la lutte ou catch, le football américain , le volley et le soccer.

 

Umaga-catcheur-des-Samoa.jpg                     Edward Smith "Eki" Fatu, alias  "Umaga" , un catcheur poids (très) lourd des Samoa.

 

Mais la vie n'est pas que paradisiaque dans ces archipels du Pacifique sud, ils sont soumis à de nombreux séismes, qui engendrent parfois des tsunamis dévastateurs.

 

Le 29 septembre 2009, le séisme le plus important de l'année, d'une magnitude 8,1 frappe la région des Samoa, localisé le long de la zone de subduction Kermadec-Tonga. Il est suivi de fortes répliques dont deux de M 7,8.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique enregistre une hausse du niveau marin de 76 mm. près de l'épicentre ... les plus hautes vagues qui vont atteindre la côte des Samoa mesureront 14 mètres, et quatre vagues vont parcourir jusqu'à 1,5 km. dans l'intérieur des terres !

Sur l'archipel des Samoa et sur Niuatoputapu (une île corallienne plate aux Tonga), on relève 189 décès, pour la plupart des enfants, et ceci malgré l'évacuation d'Apia, capitale de l'île d'Upolu.

 

samoaquake--29.09.2009-tsunami.jpg                            Epicentre (en gras) du séisme du 29.09.2009 - doc. Nasa

 

News : pas de 30 décembre pour les Samoa occidentales.

Alors qu'ils sont placés à proximité de la ligne de changement de jour, les Samoa occidentales ont décidé de se placer à l'ouest de la ligne internationale, qui effectue des zig-zags en suivant cahin-caha le 180° méridien au travers de l'océan Pacifique ... selon le premier ministre local, cette décision devrait permettre à l'archipel de commercer plus facilement avec ses voisins australiens et néo-zélandais.

Apia ne sera plus la dernière capitale sur terre à voir le coucher de soleil chaque soir...Mais elle deviendra en revanche l'une des premières à voir son lever à chaque aube.

 

 

 

Sources :

- Samoan sensation - music & culture - link

- Skin story - the art and culture of polynesian tattoo - link

- USGS Earthquake Hazard Program - 29.09.2009 Samoa islands

- Physorg - Triple whammy triggered Samoa tsunami

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Samoa sont situées à mi-chemin entre Hawaii et la Nouvelle-Zélande et composées de deux grandes îles et huit îlots ; quatre îles sont habitées : Savai'i, Upolu, Apolima et Manono. Les six îles inhabitées se nomment Fanuatapu, Namu’a, Nu'utele, Nu'ulua, Nu'ulopa et Nu'usafe'e.

 

samoa2-map.gif                        Les îles Samoa occidentales et orientales (américaines) - doc. J.Leclerc


Peuplées depuis 3 000 ans environ par un peuple polynésien, les Samoa ont été occupées aux alentours de l'an 1000 avant J.-C. Elles furent conquises par les Tonga, et devinrent une province de l'Empire Tu’i Tonga, jusqu'à ce que les Samoans se révoltent avec succès au  13° siècle et obtiennent leur indépendance de l'empire. Le Hollandais Jacob Roggeveen fut le premier Européen à identifier l'archipel en 1722. L'explorateur français Louis-Antoine de Bougainville nomma l'archipel les îles du Navigateur en 1768.

En 1889, fut signé le Traité de Berlin, garantissant l'indépendance politique des Samoa. Le régime établi était alors une monarchie.En 1899, les Samoa furent divisées en deux parties : les Samoa occidentales (allemandes) et les Samoa orientales (sous contrôle américain).

Cette division persiste encore aujourd'hui. En 1914, la Nouvelle-Zélande prit le contrôle des Samoa occidentales. Elle le garda ensuite sous mandat de la Société des Nations puis sous mandat de l'Organisation des Nations unies jusqu'en 1961. Les Samoa occidentales obtinrent leur indépendance le 1 janvier 1962 suite à un référendum. Le pays devint membre du Commonwealth en 1970 et des Nations unies en 1976.


currents9_vailulu_n2_enlarg_6019.gif   Alignement des îles Samoa suite au passage de la plaque Pacifique au dessus du "point chaud"


Ces îles volcaniques, constituées de grands volcans-bouciers, se sont formées sous l’influence du point chaud des Samoa, et sont alignées Est-Ouest dans la même direction que la plaque tectonique en mouvement au dessus du panache mantellique, comme celles de l’archipel Hawaiien.

En principe, selon ce schéma identique, les îles les plus anciennes devraient se trouver plus à l’est et être inactives, et celle en formation au niveau sous-marin … Ce point chaud demeure une énigme pour les scientifiques : en effet, l’île de Ta’u, située à l’est de l’archipel des Samoa, et Savai’i , localisée à l’ouest, sont toutes deux entrées en éruption au cours des dernières 150 années.

Sur base d’analyses géochimiques récentes des laves, on penche maintenant vers une hypothèse d’origine de celles-ci à partir de magma mantellique enrichi à la base de la lithosphère plutôt que provenant d’un panache bien défini géochimiquement.

 

Vailulu-u---Hart---al.-GVP.jpg Vailulu-u-1999-2005---Nafanua.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bathymétrie de Vailulu'u et de Ta'u , à gauche - doc. S. Hart & al

2000 / GVP

A droite, bathymétrie de la caldeira du Vailulu'u entre 1999 et 2005

montrant l'émergence du cône Nafanua - doc. H.Staudigel & S.Hart / GVP.

 

Le volcan sous-marin basaltique Vailulu’u est considéré comme se trouvant actuellement à l’aplomb de cette anomalie magmatique.  

Son existence fut révélée pour la première fois en 1973 par un dispositif acoustique, mais la cartographie ne fut effective qu’en 1999 – mission AVON – grâce aux progrès technologiques. Ce seamount s’élève à 4200 m. au dessus des fonds océaniques et est coiffé d’une caldeira de 2000 m. de diamètre, profonde de 400 mètres. Son sommet est actuellement à 590 m. sous la surface. Sa morphologie allongée sur un axe est-ouest indique la présence d'au moins trois rift zones (vers l'est, l'ouest et le sud-est) qui se rejoignent au cratère sommital. En 1995, une activité sismique anormale localisée à son niveau suggère l'occurrence d'une éruption. Une autre, qui s'est produite entre 2001 et 2005, fut mise en évidence à postériori, lors d'une mission du NOAA. Les données permirent de constater la présence d'un nouveau cône intracratèrique d'environ 290 m de haut, baptisé Nafanua, localisé dans la partie ouest du cratère sommital.

 

3358_loihi.jpgLa comparaison entre les volcans sous-marins Loihi (Hawaii- schéma de gauche WHOI) et Vailulu’u (Samoa - schéma de droite WWHOI) montre une localisation 3358_vailulu_drawing.jpgcommune à l’extrémité Est de leur chaîne volcanique respective, avec toutefois une absence de basalte tholéitique à Vailulu’u, qui atteste de la particularité de ce point chaud … en relation avec les déplacements tectoniques : le nord des îles Tonga s’écarte des Fidji (plaque australienne) à une vitesse de 130-160 mm/an, tandis que la plaque Pacifique  s’approche de la plaque australienne à raison de 80 mm/an … ce qui implique une déchirure au coin de la fosse avec un ratio de déplacement qui cumule les deux cités précédemment , soit 240 mm/an (160 + 80).

 

Vailulu-u-pillow---NOAA-ocean-explorer-2005.jpg                 Pillow lava produit par le seamount Vailulu'u - NOAA Ocean Explorer 2005.

 

 

L’île de Ta’u , large de 6 km sur 10, n’est que la partie émergée du volcan-bouclier Lata. L’effondrement et le glissement de terrain de la portion sud de ce volcan a laissé de ce côté une baie en arc, bordée de plages et de paroi abruptes. De nombreux cônes post-caldeira ponctuent le sommet et les flancs du Lata.

 

Ta-u---volcan-Lata---John-Brooks-US-NPS.jpg  Samoa - île de Ta'u - les flancs sud du volcan Lata - photo John Brooks / U.S. National Park Service


Deux petits volcans-boucliers se sont édifiés le long de deux zones de rift à la pointe NO. et NE. de l’île. Le coin NO. s’est étendu par un complexe de cônes de tuff, dont les émissions ont drapé les falaises et éjecté des enclaves de dunite et des blocs coralliens.


Ofu et Olosega, deux îles triangulaires séparés par un petit détroit, sont formées par deux volcans-boucliers basaltiques érodés.

 

Ofu-Olosega---Nasa-space-shuttle.jpg

 Ofu et Olosega - photo NASA Space Shuttle image ISS002-E-6878, 2001 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

La pointe Est d’Ofu  forme une dorsale aux flancs abrupts, constituée d’un complexe de dykes. Le volcan-bouclier qui forme cette île est marqué au nord par la caldeira A’ofa. Un cône de tuff, baptisé Nu’utele, forme une petite île en croissant  proche de l’extrémité ouest d’Ofu.


Des analyses bathymétriques suggèrent que le volcan-bouclier Sili d’Olosega serait lui aussi poinçonné par une caldeira.

La dernière éruption de la zone est une éruption sous-marine ayant eu lieu en 1866 à 3 km. au SE d’Olosega, sur la dorsale la reliant à l’île Ta’u.

 

Ofu-laggon---Peter-Craig-NPS.jpgOfu, à gauche et Olosega, à droite, séparés par un petit détroit - photo Peter Craig US National Park Service.

 

Au centre de l’archipel, l’île fortement érodée de Tutuila est formée de cinq volcans édifiés le long de deux à trois rifts orientés SSO-NNE.. Au centre de l’île, le volcan-bouclier Pago est tronquée par une caldeira érodée de 9 km. Tutuila.jpgde large, qui englobe le port de Pago Pago , partiellement remplie par des dômes de lave et des cônes de cendres.

Vue 3D de Tutuila d'après une photo de la Nasa. - au centre la baie de Pago Pago


Faisant suite à une période d’érosion, la submersion et la construction d’une barrière récifale,  la zone de Leone, à la partie sud de l’île, regroupe les produits d’éruptions fissurales : des tuff cones initiallement sous-marins, puis des cinder cones subaériens qui ont produit des coulées de lave pahoehoe.

 

Pago-Pago---Panoramio.jpg                                    Ile de Tutuila - Pago Pago - photo Panoramio / Google

 

Tutuila---Tavia-Togia-US-NPS.jpg                                      Côtes de Tutuila - photo Tavia Togia -  US NPS

 

L’île d’Upolu, d’une longueur de 75 km., est formée d’un important volcan-bouclier basaltique qui s’est édifié durant deux périodes de volcanisme intensif au Pliocène et au Pléistocène. La période d’activité la plus extensive, au Pléistocène, concerne un segment de 20 km. situé le long de l’axe central de l’île.

L’activité la plus récente, datée de quelques centaines à quelques milliers d’années, a marqué le centre et l’ouest d’Upolu, avec des coulées atteignant la côte, e.a. à la baie de Lefaga. L’île Apolima, côté ouest d’Upolu, est un cône de tuff, trop jeune pour être frangée par un récif corallien ; d’autres zones, libres de ce type de récif, pourraient avoir été formée par des coulées de laves datées de l’Holocène.

 

Samoa---Upolu-u---Mantle-plume.jpgCarte géologique d'Upolu d'après Kear & Wood (1959).  - les astérisques marquent la localisation d'une ligne de cônes postérieurs à la phase d'érosion - les flèches montrent la direction des coulées de lave post-érosion. - Doc. The Samoan chain - J.Natland / Mantle plume.org.

 

Upolu_OnEarth_WMS.png    Ile d'Upolu - on distingue un alignement de cratères, à gauche de la photo, ainsi que le récif frangeant  - photo One Earth WMS


L’île ovale de Savi’i ressemble en tous points à Upolu pour son schéma de formation : massif volcan-bouclier basaltique qui s’est  édifié au Pliocène et Pléistocène le long d’une zone de rift ONO. – ESE. , s’ouvrant en deux côté à l'Est. La période d’érosion marine, de submersion partielle et de constitution d’un récif frangeant, fut suivie à la fin du Pléistocène et à l’Holocène d’éruptions ayant produit de volumineuses coulées de lave qui ont détruit partiellement ce récif.

 

Savaii---Nasa-2006-ISS.JPG

                                         Ile de Savai'i  - photo Nasa ISS 2006.

 

De nombreux cônes de cendres et de lave ponctuent la crête de Savai’i, ainsi que le flanc nord et le sud de l’île. Trois éruptions historiques, dont deux au 20° siècle (1902- 1905) ont détruit des villages et recouvert le récif frangeant avec des coulées larges de 15 km.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Samoan and Wallis islands

- Mantle plume - the Samoan chain - a shallow lithospheric fractures system , by James H. Natland  - Rosenstiel School of Marine and Atmospheric Science, University of Miami.

- The unusual Samoan hotspot: A “hotspot highway” juxtaposed with a trench - by Matthew G Jackson & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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Elections-territoriales-a-Wallis-et-Futuna---Radio1.pf.jpg

                                  Paysage de Wallis et Futuna - photo Radio1.pf

 

Wallis et Futuna sont deux groupes d'îles, distants d'environ 260 km, d'histoire géologique et d'aspect très différent :

 

Wallis-et-Futuna.jpg                                   L'archipel Wallis et Futuna - TOM Français. - Doc. SPLAF


Les îles Wallis, au nord-est, composées d'une île principale, Uvéa (qui s'étend sur 96 km²), et de plusieurs îlots coralliens, est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seule une est navigable. Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (151 mètres).

Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac de Lalolalo, d'environ 400 mètres, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île.

 

986_Wallis-et-Futuna_othd.jpg                              Wallis - l'île principale Uvéa et les îlots coralliens - photo othd

 

Lac-de-cratere-Wallis---le-lalolalo.jpg                                    Wallis - le lac de cratère Lalolalo - photo othd


S’il est impossible de dater précisément le moment où les premiers hommes posèrent le pied sur ces îles du Pacifique-Sud, on estime la période au courant du premier millénaire avant Jésus-Christ. Ce sont les mêmes marins exceptionnels, à bord de leurs grandes pirogues de voyage, qui Dolphin - bateau de Wallis -peuplèrent l’ensemble du triangle polynésien, en provenance d’Asie. Ils venaient de Tonga pour Wallis et des Samoa pour Futuna.

Les premiers occidentaux à y poser le pied sont les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, qui découvrent Futuna le 22 mai 1616.

L’île de Wallis ne fut découverte que 150 ans plus tard, en 1767, par le Britannique Samuel Wallis, dont elle porte le nom. - Le Dolphin, navire de Wallis, attaqué par les autochtones - photo archive Grace galleries.


Le premier Français à y aborder fut Louis Antoine de Bougainville, le 11 mai 1768. Pourtant, il faut attendre l'implantation de missionnaires catholiques au 19° siècle pour constater sur l’archipel une présence européenne significative. Ce n’est qu’en 1887, à la demande de la reine Amélia, que les royaumes d'Uvéa à Wallis, d'Alo et de Sigave à Futuna signent un traité de protectorat avec la France. Utilisées par les Etats-Unis comme base avancée pendant la Seconde Guerre Mondiale, Wallis et Futuna choisissent de devenir Territoire d’Outre-Mer par référendum en 1959. C’est en 1961 que l’archipel devient un Territoire d’Outre-mer (TOM).


 Les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn), au sud-ouest, composées de deux îles principales, l'île de Futuna (qui s'étend sur 64 km²) et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien), sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le Mont Puke sur Futuna, est à 522 mètres environ. Traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce, elles sont par contre ceinturées de récifs.

 

Les campagnes océanographiques récentes :

 

La campagne Futuna 2010 (3 août /23 septembre), sous l’égide de divers organismes - Ifremer, BRGM, CNRS, IPGP, UBO-IUEM, CEA.- (1), élargit considérablement le domaine de volcanisme récent mis en évidence en 2000 par l’Atalante (2) au cours de la campagne Alaufi.

La campagne regroupait à la fois des géologues, géophysiciens, volcanologues, chimistes des fluides et des biologistes (fond et surface, avec notamment des observateurs des mammifères marins), microbiologistes ainsi que des spécialistes de la colonne d'eau.


Sur les zones cartographiées, 57 % des surfaces sont couvertes par des formations volcaniques récentes. Ces domaines volcaniques sont autant de zones potentielles pour la formation de minéralisations hydrothermales. Ce potentiel se trouve renforcé par l’existence de laves basaltiques et rhyolitiques qui constituent des environnements privilégiés pour l’activité hydrothermale. Les domaines volcaniques sont contrastés et complexes : dorsales, volcans hors axe, volcans avec caldeiras sommitales.

Deux découvertes ressortent du lot :  

- La découverte d’une nouvelle dorsale active au S-E de Futuna. Cette dorsale a été nommée Alofi (deuxième île du groupe Futuna) pour faire le parallèle avec la dorsale Futuna connue avant la campagne à l’ouest de l’île. - La découverte d’un volcan majeur d’un diamètre de 20 km., actif, comportant en son centre une immense caldeira de 5 km de diamètre. Le sommet culmine à 1.200 m. sous la surface marine.

 

caldera---ifremer.jpg                      Futuna - La caldeira centrale du Kulolasi - doc. Ifremer

Ce volcan a été nommé " Kulolasi " équivalent du mot caldeira ("grand chaudron") en Futunien. Ce type de caldeira est bien connu pour focaliser les émissions hydrothermales et former des minéralisations. Du point de vue hydrothermal, plusieurs zones actives émettant des fluides à des températures comprises entre 5° et 345°C ont été localisées dans la caldeira du Kulolasi. Sur plusieurs sites de basse température, des communautés biologiques variées ont été observées. Plusieurs champs hydrothermaux fossiles constitués d’oxyde de manganèse ont été également découverts lors de l’exploration régionale.

Les travaux menés ont permis, dès la première phase d’exploration des zones vierges, d’étudier la biodiversité sur les sources hydrothermales, sur les fonds volcaniques plus anciens et d’observer les oasis de vie sur les points hauts des volcans inactifs.

 

Ifremler          La riche vie sous-marine sur le champ hydrothermal du volcan Kulolasi - photo Ifremer


Sur les sources chaudes, une population de crabes et de crevettes a été observée à proximité des petites cheminées ; par contre, l’absence d’animaux fixes est une preuve que ces structures sont récentes.

 

Une autre campagne , Walfut 2011 / navire océanographique Alis de l’IRD, a permis la cartographie de pentes extérieures du récif de barrière de Wallis jusqu’à une profondeur de 1.000 m. On y a remarqué des hauts-fonds vers 300, 400 et 600 m. et des caldeira sous-marines dans lesquels se sont reconstruits des cônes volcaniques de morphologie récente, alors que le volcanisme terrestre est daté de moins de 500.000 ans.

 

Wallis---walfut-2011--Geops.jpg                  Bathymétrie des pentes externes de Wallis - doc. GOPS / campagne Walfut 2011.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Wallis islands

- (1) - Campagne Futuna 2010 :

 Geosciences marines – IFREMER - link 

Campagne Futuna  dossier BRGM - link   

communiqué de presse  IFREMER - link  

- (2) - Campagne Alaufi 2000 - link  

- GOPS – Campagne Walfut 2011 - cartographie des pentes externes de Wallis et Futuna- link

- Les royaumes coutumiers de Wallis et Futuna: les 3 rois de la République Française - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L’archipel du Vanuatu est volontairement « sauté » comme il a déjà fait l’objet d’articles détaillés - lien 


Taveuni-rocks - famous wonders

                        Iles Fidji - la côte de Taveuni - photo Famous Wonders

 

Nous abordons les Fidji, un groupe de 250 îles, dont 80 31120habitées, localisées environ entre 15°47 et 21°4 S – 180° et 176° E dans le Pacifique sud.

La superficie totale est de 18.70 km² pour une population de 906.000 habitants (données 2006)

 

Cet archipel fut découvert en 1643 par Abel Tasman, puis exploré par Dumont d’Urville (1827). Il fut annexé par les Anglais en 1874. Le pays accède à l’indépendance en 1970 … mais connaît depuis une vie politique agitée, ponctuée de coups d’état.en 1987, la République est proclamée par les militaires, et l’appartenance au Commonwealth suspendue quelques années après.

 

Les îles volcaniques :

Les grandes îles sont volcaniques avec des lambeaux calcaires et gréseux, les petites d’origine corallienne. De nombreux récifs gênent la navigation autour de celles-ci.

 

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                  Topography of Viti Levu - February 2000 - Image courtesy of NASA / JPL / NIMA

La chaîne de montagne Nakauvadra court du nord au sud de l'île; le plus haut pic, le Mt.Tomanivi culmine à 1324 m. (centre supérieur) - la structure circulaire au nord est la caldeira du Tavua, un grand volcan-bouclier actif voici 4 Ma.

 

L'île de Viti Levu couvre 11 760 km², celle de Vanua Levu 6 492 km²; puis viennent Kandavu ou Kadavu (560 km²) et Taviuni ou Taveuni (560 km²). Les autres sont des îlots répartis entre le groupe occidental de Yasawa, le groupe central de Viti-i-loma, le groupe oriental de Lau. On rattache aux îles Fidji l'île plus septentrionale de Rotuma (Rotouma).

 

Trois volcans "actifs" sont repris par le GVP : Taveuni, Nabukelevu et Koro.

 

Taveuni, la troisième île en superficie, est le sommet d’un grand volcan-bouclier, qui culmine à 1241 m. Elle est constellée de quelques 150 cônes volcaniques, le long d’un rift barrant NE-SO cette île longue de 40 km. Au centre de Taveuni, quelques cônes sont situés à l’ouest de la zone de rift axiale.

 

 

TaveuniVolcano---ph.-John-Gibbons.jpg                       Iles Fidji - Paysage volcanique de Taveuni - photo John Gibbons

 

Depuis les premières installations humaines vers 950-750 avant JC, cinquante huit éruptions ont été rapportées, affectant principalement la zone sud-ouest.

Une période de forte activité antre les années 300 et 500 forcèrent à l’abandon de cette partie sud jusque dans les années 1100. La dernière activité est datée de 1450-1650.

Taveuni est connue, en raison d’une abondante flore (liée au terrain volcanique) comme « l’île- jardin des Fidji » .

 

L’île Kadavu, au sud de l’archipel fidjien, voit sa partie sud-ouest occupée par le complexe de dômes de lave andésitique à dacitique Nabukelevu.

Le point culminant du complexe, le mont Washington, est un dôme andésitique culminant à 805 m.

On retrouve des coulées de lave dacitique au Cap Washington (côte ouest) et dans la baie de Talaulia (côte NE)

Trois lignes de failles orientées NNE coupent le complexe volcanique ; elles sont responsables d’avalanches de débris qui ont atteint l’océan des deux côtés du complexe.

 

Une analyse des dépôts par les université de Massey  en Nouvelle-Zélande et du sud-Pacifique à Suwa, révèle leur teneur en poteries et artefacts humains ; elles avalisent un mythe relatant une catastrophe qui a détruit une zone d’établissement humain au Mt. Washington à l’Holocène. Séismes et cyclone se sont ligués pour provoquer un gigantesque glissement de terrain, et consécutivement un tsunami qui a atteint la capitale Suwa, située 110 km au nord. La dernière activité date de 1660, avec des coulées de lave et de blocs.


L’île de Koro, est située entre Viti Levu et Vanua Levu, dans le groupe des îles volcaniques Lomaiviti.

Une chaîne de cônes de cendres basaltiques, datés du Pléistocène supérieur à l’Holocène, suit une crête orientée NNE-SSO. Les coulées de lave les plus récentes sont confinées au plateau central , où elles forment un champ de lave aplati.

Aucune activité volcanique n’a été signalée dans les dernières 10.000 années, et 4500 personnes y vivent tranquillement, répartis en 14 villages.

 

Subduc_Tonga---Geoazur.jpg    Environnement tectonique des îles Fidji, du bassin de Lau et de l'arc des Tonga - Carte Géoazur

 

 

La tectonique passée des Fidji et du bassin de Lau est complexe et liée aux phénomènes d’accrétion qui marquent cette zone de croûte terrestre depuis 12 Ma.

L’abondance des axes actifs dans le bassin nord-Fidjien et de Lau et leur géométrie particulière s’accompagnent de caractéristiques géophysiques telles qu’une anomalie positive de topographie sous- marine et du géoïde, un fort flux de chaleur, des anomalies de vitesses sismiques, et une lithosphère mince. Des anomalies géochimiques s’y ajoutent : des basaltes récoltés dans le nord ont des affinités de type MORB enrichi à OIB, compatibles avec une influence de point chaud.

L’activité régionale serait en partie du moins sous contrôle de la dynamique de l’asthénosphère, et pas seulement sous celui de la dérive passive de lithosphère d’arc … un panache mantellique profond serait toujours actif sous le domaine nord-Fidjien .

 

Les radeaux de ponces :

Des étendues marines recouvertes de ponces flottantes formant de véritables radeaux ou des pseudo-îles  sont de temps à autre repérées soit par des navigateurs, soit par des observateurs aériens, pilotes de ligne ou équipages d’astronautes.

Ces ponces proviennent des premiers stades d’une éruption sous-marine, et peuvent se déplacer au gré des courants durant plusieurs années, et sur de longues distances.

 

Radeaux de ponces autour de Viti Levu

 

 

 

 

 

 

A gauche, la position des radeaux de ponce autour de Viti Levu en 1992 (from Baleivanualala)

à droite, la trajectoire suivie par ces radeaux en 2001- 2002 - doc. GVP

 

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Des radeaux de ponce ont été repérés dans les parages des Fidji en 1979 et 1984, provenant d’éruptions sous-marines dans les îles Tonga, situées 700-800 km. au ENE. Les volcans incriminés sont le Mets Shoal et le Home Reef (à voir au chapitre Tonga) ; certaines de ces structures flottantes atteignaient 30 km. de large.

Le phénomène s’est reproduit en 1992, et 2001-2002, en provenance respectivement d’un volcan inconnu et d'un autre sans nom, référencé 0403-091.


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 Radeau de ponces coupé par le Yacht Maiken  -  Image courtesy of Tom Louis Pedersen / discover magazine.

 

Ces radeaux pourraient être responsables de la migration de plantes ou d’animaux dans le pacifique.

 

 

Une équipe de géologues australiens et américains a découvert en 2008 plusieurs volcans sous-marins, ainsi que des dorsales et des sources chaudes à 400 km au NE des îles Fidji, en utilisant des sonars multi-faisceaux de très haute technologie. Les images numériques des fonds marins ont révélé des formations géologiques jusqu’alors inconnues.

Les sommets des volcans – baptisés "Dugong" et "Lobster" (le homard) – sont dominés par de vastes caldeiras à des profondeurs de 1100 et 1500 mètres.
Le terrain – résultat d’une très forte activité volcanique et tectonique – a été décrit comme étant ‘spectaculaire’, avec des reliefs ressemblant aux ‘pustules volcaniques observées à la surface de Vénus’.


lobster-volcano-copie.jpgFidji -  le volcan Lobster - doc. CSIRO - Commonwealth Scientific and Industrial Reseach Organisation.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fidji islands

- CSIRO - acyive submarine volcanoes found near Fidji - link

- Global Volcanism Program - Floating pumice (Fidji) - link

- Pumice rafting and faunal dispersion during 2001–2002 in the Southwest Pacific: record of a dacitic submarine explosive eruption from Tonga
 by S.E. Bryan & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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De nombreux volcans sous-marins, faisant pour certains temporairement surface, ornent les fonds marins des Salomons.


05kav05s.gif Volcans et seamounts du groupe New Georgia / ouest des îles Salomon- Modified from Exon and Johnson (1986).


Le Kavachi est l’un des plus actif ! Appelé localement Rejo te Kvachi, soit le "four Kavachi ", il est localisé au sud de l’île Vangunu, et à 30 km. seulement au nord de la ligne de subduction de la plaque Indo-australienne sous la plaque Pacifique et à proximité d’un centre d’expansion régional. Le Kavachi forme un cône plongeant à 1,1-1,2 km. au nord, et à une profondeur bien plus grande au sud.

Depuis sa découverte en 1939, il a produit de très nombreuses éruptions basaltiques à andésitiques, débouchant au moins neuf fois sur la formation d’une île temporaire. Ces îles ne sont pas suffisamment grande et recouvertes de coulées de lave solidifiées pour pouvoir résister à l’érosion marine … elles sont submergées dans les quelques mois suivant l’éruption. L’activité sous-marine à faible profondeur génère des explosions de type surtseyen, relayées parfois par une activité de surface caractérisée par du spattering et des coulées de lave.

 

Kavachi-17-18.07.1977---W.Johnson--W.G.Muller.jpg                           Kavachi - panache cypressoïde 17-18.07.1977 - photo W.Johnson

 

Kavachi-2007---2.gif                                               Kavachi - éruption 2007- photo blogspot

 

Kavachi-2007---3.gif                         Kavachi - île temporaire formée par l'éruption de 2007 - photo blogspot.


Au nord du Kavachi, une chaîne volcanique sous-marine orientée E-O a été découverte en 1979.

- Le volcan le plus grand, situé le plus à l’ouest, à 7 km. du Kavachi, est caractérisé par un sommet plat et un point culminant à 70 mètres sous la surface. Le sommet est couvert de roches calcaires et frangé par un récif. Un panache thermal a été détecté en 92 provenant d’un des deux cratères sommitaux.

- Le volcan plus central est plus petit et son sommet se trouve à 450 m. sous la surface.

- A l’extrémité Est de la chaîne, un volcan andésitique s’est récemment formé à 9 km. au NE du Kavachi ;  son sommet, sans nom, est à 240 m. sous la surface marine.

 

Le Kana Keoki est situé au SO de l’île de Rendova ; il culmine à 700 m. sous le niveau marin, s’élevant depuis une profondeur de 3700 m. près de la dorsale Ghizo, au sud de la limite de convergence des plaques australienne et pacifique.

Une bathymétrie réalisée en 85-86 par l’Université d’Hawaii a révélé la présence du seamount Coleman, établi sur l’extrémité Est du centre d’expansion inactif Woodlark, au sud de la limite de convergence des plaques australienne et pacifique, et au SE du Kana Keoki . Il a probablement été plus récemment actif que le Kana Keoki.

 

a20791613159a73e135443_m.jpgPour les volcano-philatélistes : de gauche à droite et de haut en bas, éruption de Cook island (1967) - panache surtseyen du Kavachi (1977) - Ile temporaire du Kavachi (1978) - en comparaison, volcan Tinakula, une île permanente.

 

 

Le volcan Cook, listé comme volcan actif dans le catalogue de Fisher (1957), mais non repris dans la base du GVP, aurait connu deux éruptions respectivement en 1964 et 1991, selon l'Australian Navy.

Le navire de recherche HMAS Cook a révélé son existence en 1963. En 1964, deux locaux observent "une montagne d'eau noire " sortant de la mer, et fumante, ainsi qu'une grande étendue d'eau colorée. De la ponce est retrouvée au large de l'île Munda.

Une autre éruption est mentionnée par un pilote d'hélicoptère le 4 mai 1991, "de la lave et des cendres sont éjectées pour former des matériaux noirs en surface ". Une île temporaire se forme : 300 sur 150 m., 30m. de haut, contenant un petit lac de lave de 50 m. de diamètre. L'activité de Cook se maintient jusqu'au 13 mai. (source : Volcanodiscovery)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

- Volcanodiscovery - Cook island

- Seafloor spreading, ridge subduction, volcanism and sedimentatio in the offshore Woodlark-Solomons region and tripartite cruise report for Kana Keoki - by Neville Exon & Brian Taylor.

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Publié le par Bernard Duyck
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Une tectonique compliquée liée à une sismicité particulière :

Trois plaques sont impliquées dans la subduction sous la plaque Pacifique : la plaque océanique Salomon, la plaque Woodlark et la plaque Australienne, qui se déplacent avec un ratio de 90-105 mm/an. Cette subduction se complique avec la présence d’un centre d’expansion entre les plaques Woodlark et australienne.

 

tectonic_big---epicentre-04.2007.gifTectonique des îles Salomon - le point rouge désigne l'épicentre du séisme de 2007 - Doc. USGS


Cette tectonique implique une activité sismique de haut niveau et particulière au niveau de cette zone de subduction : elle produit des " doublets ", deux séismes de magnitude similaire se produisant dans l’espace et le temps à proximité l’un de l’autre.  On ne connaît pas clairement le mécanisme responsable de l’apparition de ces doublets, bien que le stress du premier séisme du doublet soit un facteur important.

Quelques doublets historiques :

- au nord du centre sismique de 2007 : en 1919 et 1920, 1945 et 1946, en 1971 : M 8,0 et M 8,1 à 12 jours d’intervalle, eux en 1975

- dans la partie sud de la zone de subduction : en 1931, en 1939 et un triplet en 1977.


Le séisme du 1 avril 2007 et le tsunami  qui a suivi :

A 7h 39 locale, s’est produit un séisme de M 8,1, suivi de répliques dont la plus forte de M 6,2, avec son épicentre à 10 km. de profondeur et une distance de 40 km au SSE de Gizo .

Un tsunami consécutif a tué 52 personnes et causé la disparition de 60 autres, effaçant de la carte plus de 13 villages et créant des milliers de sans-abris. Les plus grosses vagues, de 12 m. de hauteur, ont été repérées à la pointe nord de Simbo. A Choiseul, des vagues de 10 m. de haut ont balayé 7 villages et un hôpital. 900 maisons furent détruites.

L’île de Rannonga – Groupe Nouvelle Georgie – a été surhaussée de 3 m. par le séisme , causant le recul des plages de plus de 70 m. et découvrant de nombreux récifs coralliens.

 

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 L’arc volcanique des Salomon :

Une double chaîne d’îles volcaniques s’aligne sur 1300 km. direction NO-SE, un premier comprenant Vella Lavella, New Georgia, Guadalcanal and Makira, et un second avec Choiseul, Santa Isabel and Malaita. Ces îles sont bordées de fosses océaniques profondesau sud et au NE ; au N, elles côtoient le plateau sous-marin d’Ontong Java.


Vella Lavella est une ile formée de plusieurs centres volcaniques coalescents, datés du Pliocène au Pléistocène ; la structure la plus récente est un dôme de lave dans un cratère situé dans la partie nord de l’île : le volcan Nonda. Il fut incorporé au catalogue des volcans actifs en 1957 (Fish) sur base de son activité géothermale. L’aire thermale Paraso est constituée de solfatares, sources chaudes et mares de boue bouillantes.

 

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Vella Lavella - volcan Nondo et aire géothermale Paraso (tache claire au centre gauche) doc. NASA Space Shuttle image ISS002-727A-2, 2001 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

Simbo est une petite île abritant trois centres volcaniques andésitiques tronqués.  La partie sud de Simbo est thermalement active : des zones de fumerolles et des sources chaudes, en relation avec une faille, sont situées près du lac salé Ove, proche du mont Patukio. Les indigènes utilsent l’eau chaude pour cuire les œufs de mégapodes.

 

Simbo-isl.---Chris-Lyne-2005.jpgIle de Simbo - le lac salé Ove à l'avant-plan, vu du bord du cratère Ngusuna, et en arrière -plan, la côte ouest de Simbo - photo Chris Lyne 2005

 

Découverte lors d’une expédition espagnole, sous le commandement de Álvaro de Mendeña de Neira, en 1568, on lui attribua le nom d’une ville Andalouse :Guadalcanal, originaire lui-même de l’arabe Wādî al-Khānāt, « vallée des buvettes » en référence aux établissements construits durant l’occupation islamique.

L’île de Guadalcanal, illustrée lors de la bataille du Pacifique, contient un champ volcanique couvrant une large zone au nord-ouest : le Gallego.

Le mt. Roundhead est un petit volcan bien conservé ; des traditions locales lui attribuent une éruption historique, devant être produite par le volcan Savo (Coleman 1991) D’autres sources considèrent que le mt. Esperance a eu une activité au cours des derniers 2000 ans.

 

August7-1942_Landing_GDA.JPG                         Débarquement américain à Guadalcanal le 7 août 1942 - US Archives


L’île de Savo est un stratovolcan andésito-dacitique de 6 km. sur 7 , surmonté d’un cratère elliptique de 1 km. sur 1,5, abritant divers dômes de lave. Des dômes ponctuent aussi les flancs du volcan. L’activité thermale se manifeste dans le cratère sommital , sur les flancs et en mer.Les dernières éruptions datent de 1830-40.

 

honiara-savo-island---imagicity.jpg                              Salomon islands - Savo depuis Guadalcanal - photo Imagicity

 

Les iles Santa Cruz :

La province la plus orientale des Salomon, la province de Temotu,  regroupe les îles Santa Cruz, Anuta, Fatutaka, Duff, Tikopia, Tinakula et Reef.


Parmi ces îles, Vanikoro reste liée au mystère de la disparition du plus célèbre des navigateurs français, Jean François de Galaup, comte de La Pérouse. Les navires de l'expédition, La Boussole et L'Astrolabe, firent naufrage au large de cette île inhospitalière, balayée par les tempêtes. Diverses recherches effectuées depuis 1981 par une association de passionnés a permis de retrouver ses traces.

 

La petite île de Tinakula est en fait le sommet d'un stratovolcan massif posé tinakula---GVP.pngà plus de 3.000 mètres sur le fond de la mer à l'extrémité nord-ouest des îles Santa Cruz. Large de 3,5 km., elle culmine à 851 m.


Carte simplifiée Eissen and others (1991)  / GVP

 

L'île ressemble à s'y méprendre à notre Stromboli; elle présente un cratère sommital échancré s'étendant du sommet jusqu'au niveau marin, qui s'est élargi suite à un glissement de terrain en 1965, qui fait penser à La Sciara del Fuoco. En activité presque continue, sa dernière éruption a commencée en septembre 2008 et est toujours considérée "comme en cours".

 

Tinakula---Bill-Yeaton-2006.jpg Tinakula - 21.02.2006 - le panache éruptif dépasse des nuages - photo Bill Yeaton

 

tinakula_ali---14.02.2012.jpgTinakula - image satellite Nasa EO-1 / Ali le 14.02.2012 - l'éruption est confirmée par la signature thermique relevée par Terra Modis en absence d'bservations visuelles.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

 -                 "                      Tinakula    

- Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie : relief, processus, environnement

- Guadalcanal naval battles - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Salomon sont constituées d’une douzaine d’îles principales et de plus de 900 petites îles réparties sur deux archipels situés au sud-ouest de la Nouvelle-Guinée.

Les principales îles sont : Choiseul, les îles Shortland, la Nouvelle-Géorgie, Santa Isabel, les îles Russel, les îles Florida, Malaita, Guadalcanal, Sikaiana, Maramasike, Ulawa, Uki, San Cristobal, Santa Ana, Rennell, Bellona et les îles Santa Cruz.

L’île Bougainville fait partie géographiquement des îles Salomons ; politiquement, elle est rattachée à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

750px-Solomon_Islands_1989-CIA.jpg                                     Carte des îles Salomon - doc US. CIA 1989


Les Salomons forment une démocratie parlementaire inspirée du modèle Britannique, et font partie du Commonwealth. Le chef d’état y est un monarque lié à la monarchie britannique … Elisabeth II porte aussi la couronne Salomonaise ; un gouverneur général exerce par délégation des fonctions qui restent cérémonielles et symboliques.


La distance entre les extrémités ouest et est de l’archipel est de 1.500 km.

Les grandes îles abritent des volcans d’activité variable, tandis que de nombreuses petites îles sont constituées d’atolls couverts de sable et de palmiers. Quelques volcans sous-marins actifs récemment complètent le tableau.


Les volcans de Bougainville :

9782842654399.jpgCette île porte le nom du navigateur et explorateur Français Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) ; il y passa lors d’un tour du monde avec les navires La Boudeuse et L’étoile (1766-1769) après avoir fait escale à "La nouvelle Cythère" (Tahiti), à "l’île des Navigateurs" (les Samoas) , aux "Nouvelles-Cyclades" (les Grandes Hébrides) … le récit de son voyage, publié en 1771, connaîtra un grand succès.

 

Bougainville - situation des volcans actifs - doc. Oregonstate univ.

 

PNG---Bougainville-volcans.jpgDe nombreux volcans, de nature largement andésitique à andésito-dacitique, s’alignent du NO au SE de l’île ; parmi les principaux, le Global Volcanism Program signale le Tore, le Balbi, le Billy Mitchell, le Bagana, le groupe Takuan et le Loloru.

 

Le développement du bassin est divisé en trois épisodes majeurs d’ouverture selon une direction NE-SW (12-7 Ma) puis N-S (7-3 Ma) puis enfin E-W (depuis 3,5-3 Ma). La forme triangulaire du bassin résulte finalement de ces trois ouvertures successives qui ont accompagné la migration et la rotation de l’arc du Vanuatu et de la plate-forme fidjienne.

 

img-5

1 : axe d’accrétion actif ; 2 : axe d’accrétion naissant ; 3 : faille transformante ; 4 : direction d’ouverture ; 5 : zone de subduction active ; 6 zone de subduction naissante ; VT : fosse du Vitiaz ; NH : arc du Vanuatu ; F : plateforme fidjienne ; NC : Nouvelle-Calédonie. - doc. Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie

 

Bougainville - G Tore - D Billy Mitchelle et Bagana copie 2 Iles Salomon , Ile Bougainville : Sur cette photo de la navette spatiale, quatre volcans "actifs" et d'autres structures plus anciennes - NASA Space Shuttle image ISS001-358-32, 2001.

 

Le volcan andésitique Tore est situé au nord-ouest de l’île Bougainville, dans la chaîne montagneuse Empereur. Deux éruptions ignimbritiques datées du Pléistocène sont responsables de la création d’une caldeira de 6 km. sur 9.  Un cône post-caldeira situé sur le bord sud de celle-ci a émis des coulées importantes s’étendant jusqu’à 14 km. du cône. Une activité récente, mais non datée, a produit un cône de cendres satellite.

 

Bougainville---Balbi---W.Johnson-ABMR.jpg Ile Bougainville - le sommet du volcan Balbi - Photo by Wally Johnson, 1987 (Australia Bureau of Mineral Resources).


Le plus haut point de l’île est atteint au stratovolcan Balbi, avec 2.715 m. Le sommet de ce volcan andésitique est formé de cônes et dômes de lave coalescents. Au nord du cône sommital, une dorsale orientée NO-SE est occupée par 5 cratères bien préservés ; le cratère B abrite un champ fumerollien (sur la gauche de la photo) et le cratère C est occupé par un petit lac. La dernière éruption de ce volcan daterait du milieu 19°.

 

Bougainville---Billy-Mitchelle-et-Bagana---W.Johnson.jpgIle Bougainville - à l'avant-plan, le sommet du Billy Mitchell et son lac de caldeira - plus loin, le cône dénudé du Bagana - Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Le Billy Mitchell, qui doit son nom à un général américain, est un petit volcan bouclier andésitiaue à dacitique ; il est responsable de deux éruptions explosives majeures en l’an 1030, de VEI 5+, et en 1580, de VEI 6, qui ont recouvert de dépôts d’ignimbrites dacitiques la moitié nord de Bougainville. Le dernier évènements est responsable de la formation de la caldeira sommitale large de 2000 m., aux parois presque verticales.


Bougainville---Bagana---W.Johnson.jpgProche du précédent, le Bagana est un des volcans les plus actifs de Mélanésie. Son cône symétrique s’est construit par accumulation de différentes coulées de lave andésitique visqueuse … haut de 1.750 m., il s’est édifié en 300 ans environ, si on table sur le ratio actuel de production de lave. Son activité effusive non explosive est responsable de dôme dans le cratère sommital , relayée parfois par des explosions produisant des coulées pyroclastiques. Les coulées, sur tous les flancs, forment des lobes en forme de langue d’une épaisseur de plus de 50 mètres.

 

Ile Bougainville - Volcan Bagana : Grosse coulée de lave andésitique, avec des "levées latérales importantes, qui descend jusqu'en bas du cône -  Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Bougainville----Bagana-2007-GVP.jpgBougainville - l'éruption du Bagana se poursuit ... (09. 2000 - 2011 ou "en cours") avec d'importantes coulées d'andésite, bien visibles sous la queue et les patins de l'hélico. - photo GVP 2007.

 

Plus au sud-est de Bougainville, le complexe volcanique Takuan se compose de trois stratovolcans andésito-dacitiques proches, axés NO-SE, l’un daté du Pléistocène et fortement érodé, les deux autres de l’Holocène. Ils se sont édifiés le long d’une paroi de la caldeira antique du Laluai (Pléistocène).

Le mont Takuan, haut de 2210 m., est un cône de lave ayant produit, comme le Bagana, des coulées visqueuses vers le sud. Le volcan central, au cratère sommital ébréché, abrite un dôme de lave ; il est le site de la plus récente activité.

 

Le Loloru , établi dans la caldeira antique du Laluai – 10 km. sur 15 – est coiffé de deux caldeiras nichées ;  la caldeira la plus récente abrite un dôme de lave andésitique, recouvert d’arbres, et qui restreint fortement la place disponible pour un lac en forme de croissant. Ce volcan a produit un large tablier d’ignimbrite qui couvre une part de sud de l’île, ayant été dévié par le groupe volcanique Takuan. La dernière éruption date de 1.050 avant JC.

 

Bougainville---Loloru---W.Johnson.jpg

Bougainville -  les caldeiras nichées du Loloru, la plus récente occupée en patie par un énorme dôme - Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Sources :

- Global volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

- Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique - par Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle - Géomorphologie : relief, processus, environnement - link

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                       Image des mers du sud - Office du Tourisme de Wallis & Futuna.


En 2010, des chercheurs de l’Ifremer ont découvert une nouvelle dorsale volcanique active au sud de l’île de Futuna dans le Pacifique sud. Une zone de 35.000 km² a été cartographiée, dont plus de la moitié se révèle couverte de formations volcaniques récentes, dont un volcan à caldeira de 20 km. de diamètre qui abrite une source hydrothermale profonde et de haute température, le Kulolasi, « le grand chaudron » en langage futunien local.

 

Ceci m’amène à l’examen de ces archipels du sud Pacifique aux noms évocateurs de vacances paradisiaques et à leur origine volcanique . Le tour passera par les îles Salomon, Santa Cruz, les Fidji, Wallis et Futuna, les ïles Tonga et Cook.

 

Tectonique et origine des îles :

 

geoazur sismicite pacifique sud ouest largeLe Pacifique Sud-Ouest est une région sismiquement très active à la frontière entre les plaques Australie et Pacifique.

 

Carte sismique du Pacifique sud - doc. Geoazur

 

 

 

Les zones sismiques sont à mettre en relation avec la tectonique qui est marquée par la convergence entre les grandes plaques Pacifique et Australie.

 

 

 

 

SO-Pacifique---cadre-structural.jpg

                    Cadre structural du Pacifique sud - doc. atlas du Vanuatu / IRD Noumea.


La convergence entre ces deux plaques se caractérise par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1000 km de largeur et qui s'exprime par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu.

 

Tectonique-NV-Hebrides--Tonga.gif                       Coupe tectonique au niveau de l'axe Nouvelles-Hébrides / ïles Tonga


Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques. Dans la partie sud-est de la région, la plaque Pacifique s'enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. Les ratios de déplacement varient de 6-7 cm/an au Sud,  à 24 cm /an au Nord.

Dans la partie nord-ouest de la région, c'est, à l'inverse, la plaque Australie qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal (ou Sud Salomon) et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 cm/an.

Ces deux zones de subduction sont jalonnées du Sud au Nord par des bassins qui constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques:

- le fossé du Havre en arrière de l'arc des Kermadec

- le bassin de Lau en arrière de l'arc des Tonga

- le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l'arc du Vanuatu

- le bassin de Woodmark

- le bassin de Manus en arrière de l'arc de Nouvelle- Bretagne.

La Nouvelle-Calédonie se situe sur la plaque Australienne qui disparaît en subduction sous l’arc du Vanuatu. Un séisme de magnitude supérieure ou égale à 7 se produit en moyenne chaque année sur la zone de subduction du Vanuatu.

 

Cinematique-Pacifique-SO.pngSchéma cinématique actualisé du Sud-Ouest Pacifique (compilé d’après Pelletier et al., 1998 et 2001 et Ruellan et al., 2003). - in Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie : relief, processus, environnement, 2/2005 | 2005, 121-142.

Les lignes pleines et en grands tirets représentent les centres d’accrétion actifs ainsi que les failles principales, reconnus ou déduits ; les lignes pleines avec des triangles noirs représentent des subductions actives ; la ligne en petits tirets délimitent l’extension connue de la croute océanique dans le Bassin de Lau ; la ligne en tirets avec les triangles vides représente une subduction inactive ; la ligne de points sur le bord est du Bassin de Lau représente la position de l’arc volcanique actif de Tofua ; les flèches indiquent des mouvements relatifs des plaques ; les taux de mouvements sont donnés en cm/an : les nombres droits, les nombres en italique et les nombres avec astérisques sont respectivement les taux dérivés du magnétisme- Abréviations en cliquant sur ce lien

 

sources :

- Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique, par Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle Géomorphologie : relief, processus, environnement - link

- IRD Nouvelle-Calédonie : tectonique, sismologie et tsunamis - link

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