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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Nouveau rebondissement dans l’affaire qui met en cause la Britannique Soco International concernant l’exploration pétrolière dans la concession du parc national des Virunga. Après avoir cédé en 2011 aux pressions extérieures en suspendant les activités exploratoires de Soco, la RDC vient de faire un revirement spectaculaire en autorisant à nouveau la société Britannique à mener des explorations, juste par voie aérienne, dans le bloc 5 du Graben Albertine.

 

P1140388-copie.jpg                                 Paysage des Virunga - © Carole et Frédéric Hardy

 

Aux dernières nouvelles, comme le rapporte l’agence américaine Bloomberg citant le ministre de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme, José Endundo Bononge, Soco International a finalement obtenu du gouvernement l’autorisation de procéder à "l’exploration aérienne" de ce bloc 5. La RDC, à en croire le ministre Endundo, motive sa décision par le souci de connaître exactement le volume des réserves pétrolières de ce bloc. Ce qui vraisemblablement, pensent les experts du secteur, devait servir à orienter sa décision concernant l’exploitation dans le parc des Virunga, jusque-là classé patrimoine commun de l’humanité par l’Unesco. "Nous avons besoin d’évaluer la quantité des réserves de pétrole dans la région pour aider le pays à décider si elle doit permettre l’exploration dans le parc", a dit Endundo. Selon lui, l’évaluation portera au cas par cas sur tous les blocs pétroliers de l’Est et pourrait être prêt dans les deux prochains mois.

Le site d’exploitation pétrolière querellé couvre une superficie de 7.000 km², allant de Rumangabo, en territoire de Rutshuru jusqu’à Kasindi port au Nord en territoire de Beni, en longeant le lac Edouard au cœur du parc national des Virunga.

 

virunga-map.jpg                          Carte du Parc national des Virunga - doc. site officiel Gorilla CD 2008.

 

 

Entre pétrodollars et protection de la nature, le choix doit déjà avoir été fait ! La RDC est en recherche d’un alibi pour se couvrir contre la pression internationale au moment d’autoriser une réelle prospection dans un parc national reconnu par l’Unesco. Et si les besoins énergétiques sont invoqués, pourquoi ne pas se pencher sur l'exploitation du gaz méthane présent sous les eaux du lac Kivu, ce qui augmenterait la sécurité pour les populations locales.


"Ces autorisations sont contraires à la législation congolaise et aux engagements internationaux du pays. La communauté internationale se doit de réagir. Une telle réaction, notamment de l'Union européenne et de l'UNESCO, pourrait avoir un impact sur les autorités congolaises et Soco ", a affirmé ce jeudi Didier Reynders, le ministre des affaires étrangères belge, déplorant que Soco continue de faire pression sur les autorités congolaises pour commencer ses activités d'exploration..


LA RDC doit faire les bons choix … on ne peut indéfiniment " vouloir le beurre et l’argent du beurre ".

Sans vouloir s’ingérer dans la gestion locale, force est d'admettre que ce pays, instable depuis son indépendance, a gaspillé et détruit les infrastructures laissées par les colons … la corruption et la guerre civile ont mis à genoux une économie florissante fin des années 50.

Plutôt que d’exploiter au profit de quelques uns des ressources non renouvelables, il conviendrait de penser à la sauvegarde d’une biodiversité remarquable et exploitable durablement.


Le parc des Virunga s’étend sur 790.000 ha, avec des habitats divers allant des marécages et des steppes aux neiges éternelles du Ruwenzori, en passant par les plaines de lave et les savanes couvrant les pentes des volcans. Ce parc est le plus ancien parc national de la RDC et d’Afrique. Il a été créé en 1925, et possède une faune et une flore très riche, qui compte e.a. le gorille de montagne et l'okapi.

 

P1140309-copie.jpgLes derniers gorilles de montagne ... tranquilles pour combien de temps encore ? - © Carole et Frédéric Hardy 

 

Le WWF s’insurge également . Annick Vanderpoorten, porte-parole de WWF Belgique explique " Il faut savoir qu’on arrive vraiment à un moment vraiment charnière du parc, c’est à dire que les conflits sont enfin calmés. On arrive à un moment où tous les projets de conservation commencent à bien porter leurs fruits. Notre crainte, c’est que cette exploration pétrolière réveille les conflits, parce qu’ils utilisent du matériel qui peut être intéressant pour les groupes de rebelles qui occupent encore la région. Et puis surtout, on craint que cette exploitation mette en péril toute la conservation qu’on met sur pieds dans la région depuis 40 ans. "

 

Sources :

- RTBF info -Parc des Virunga : autorisation de prospection "illégale" selon D. Reynders. - 08.03.2012 - link

- Gorilla CD - the official website of the Virunga National Park - 03.2011 -

DRC blocks Soco from oil search in virunga park.

- Unesco - Virunga National Park - World Heritage site 1979 - description

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le dernier rapport de l’Institut Océanographique Espagnol concernant l’éruption sous-marine d’El Hierro, en date du 01.03.2012, nous précise les modifications de la dernière quinzaine de février.

 

L’activité volcanique est en réduction significative, comme celle des panaches d’émission . Le signal de trémor a disparu des diagrammes.

La bathymétrie révèle une légère augmentation en 15 jours des volumes des dépôts de la partie supérieure du volcan, dont le sommet est à une profondeur de 88 mètres sous le niveau marin, soit une augmentation de 32 m. par rapport à l’inspection des 7-8 février.

Les coordonnées du sommet : 27 ° 37,18 'N, 17 ° 59,58' W, avec des pentes entre 26 et 33°.

 

hierro-VistasElHierro-7-8-Febrero2012---Nord.jpgEl Hierro - éruption sous-marine - Image virtuelle selon les données bathymétriques les plus récentes - les cônes sont "vus" du SE. - doc. IEO


Une succession de cônes entre les cônes principal et secondaire forment une crête de direction NNO-SSE, qui coïncide avec celle du rift sud de l’île.

La colonne d’eau surmontant le cône n’est altérée par les panaches d’émission qu’à la verticale du cône, et dans une moindre mesure, en un point de la crête. Ces panaches montent à la verticale, caractéristique expliquée par une augmentation de vitesse d’émission des matériaux, et une diminution de la densité de la matière expulsée.

Peu de variations remarquées au niveau des dépôts, qui s'étalent de moins 88 m. à plus de 1.800 m.

 

hierro - IEO 01.03.2012El Hierro - le cône et les dépôts associés à l'éruption, selon une bathymétrie de l'IEO / Ramon Margalef réalisée les 23 et 24 février 2012.

Cono volcánico y depósitos asociados. Levantamiento batimétrico realizado los días 23/02/2012 y 24/02/2012.

 

Le signal d’alerte volcanique est ramené à jaune – alerte, en ce qui concerne les informations à la population, ce qui correspond à la situation du 23.09.2011. ; pour mémoire, l’alerte était passée à rouge – alerte maximum le 11.10.2011 pour le sud de l’île, avec évacuation de La Restingua, puis applicable uniquement à la zone d’exclusion maritime à dater du 07.12.02011.

 

La sismicité générale a fortement diminué comme le confirme le diagramme ci-dessous :

 

histograma_HIERRO_2011-2012.jpg                        Nombre de séismes journaliers du 18.07.2011 au 08.03.2011 - doc. IGN

 

Cette semaine, le Gouvernement des Canaries et le Pevolca ont publié un communiqué un peu ambigu à première vue : ils y confirment que l'éruption sous-marine débutée en octobre à El Hierro est terminée ... il reste cependant le processus volcanique débuté le 17 juillet 2011, toujours en cours étant donné les anomalies des paramètres sismiques et de déformation.

Les relevés bathymétriques prévus pour les trois prochains mois restent confirmés, mais avec une fréquence moindre "étant donné que la phase rencontrée est sans danger pour la population ".

 

vuelta-margalef-27.02.2012--IEO.es.jpgLe navire océanographique Ramon Margalef sur la zone éruptive de la mer de Las Calmas, le 27.02.2012 - doc. INVOLCAN / Helicopteros Guardia civil / IEO.


Le navire océanographique Ramon Margalef est ancré aujourd'hui au port de Vigo (côte NO de l'Espagne).

 

Canarias 7 a proposé cette semaine une chronologie des évènements éruptifs, repris ci-dessous :

 

2011:

19 jul.-Comienzan a registrarse los primeros seísmos en el municipio de Frontera (El Hierro), según el Instituto Geográfico Nacional (IGN).

27 sep.- Medio centenar de vecinos de Frontera son desalojados y es cerrado al tráfico el túnel de Los Roquillos.

8 oct.- Un sismo de 4,3 grados, provoca desprendimientos.

10 oct.- Se produce una erupción volcánica submarina, a unos cinco kilómetros de La Restinga y a unos 1.000 metros de profundidad, en el mar de Las Calmas.

11 oct.- La alerta de riesgo volcánico pasa a nivel rojo y se ordena la evacuación de La Restinga.

12 oct.- Localizadas en el mar dos manchas de azufre, a 1,5 o 2 millas de la costa, que evidencian una erupción con dos focos, a unos 500 y 750 metros de profundidad.

14 oct.- Llega el buque científico "Profesor Ignacio Lozano".

15 oct.- La mancha de magma y gases se acerca a la costa. Se cierran los accesos a La Restinga y se prohíbe el vuelo de helicópteros y aviones.

21 oct.- Se constituye un comité científico.

23 oct.- Llega a la isla el barco oceanográfico "Ramón Margalef".

25 oct.- El Instituto Español de Oceanografía localiza dos focos submarinos y un nuevo volcán de 100 metros de altura, con un diámetro en la base de 700 metros y un cráter de 120 metros.

2 nov.- Se registran seísmos de hasta 4,4 grados.

4 nov.- Se cierra el Túnel de los Roquillos y son desalojadas 11 viviendas de las Puntas.

5 nov.- Evacuada por segunda vez la población de La Restinga. Se perciben columnas de vapor y cenizas varios metros por encima de la superficie del mar.

6 nov.- La emisión de CO2, alcanza niveles máximos.

8 nov.- El volcán submarino vuelve a provocar otro estallido de vapor y ceniza sobre la superficie del agua.

9 nov.- Prohibido el acceso a las calas del sur de la isla próximas al foco de la erupción.

11 nov.- Se registra un movimiento sísmico de 4,6 grados en la escala Richter, el de mayor intensidad hasta ahora.

14 nov.- Se autoriza el regreso de los habitantes a La Restinga.

25 nov.- Anuladas las medidas de protección civil en la isla ante la estabilidad del fenómeno volcánico.

7 dic.- Se limita a la zona marítima sobre el volcán el semáforo rojo por erupción. El resto de El Hierro pasa a ostentar el color "amarillo" de indicador de riesgo volcánico.

10 dic.- Por primera vez, desde el 17 de julio, no se registran sismos.

28 dic.- El volcán de El Hierro vuelve a emitir material y se observa burbujeo.

2012:

19 ene.- Los científicos establecen la cima del volcán submarino a 130 metros de profundidad.

5 mar.- El comité científico del Plan de Protección Civil por Riesgo Volcánico de Canarias (Pevolca) da por finalizada la erupción volcánica.

 

 

Sources :

- I.E.O. - rapport du 01.03.2012 - link

- Gobierno de Canarias - 05.03.2012 - link

- Canarias7 - 05.03.2012 - Cronologia de una erupcion volcanica que se da por finalizada tras 5 meses.- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

arco-delelefante-pantelleria-island-sicily-italy.jpg

                             Pantelleria - l'arche de l'éléphant - photo sicily italie


Pantelleria d'hier :

L’île a été fréquentée depuis le néolithique, 5.000 ans avant JC, pour son obsidienne, une lave noire vitrifiée et brillante, tranchante, considérée comme très précieuse à l’âge de la pierre.

Les premiers témoignages d’une communauté stable remontent à 2.000 avant JC : des vestiges de cabanes rondes équipées de meules et de bassins pour récolter les eaux ont été retrouvés dans le village de Mursia. Ce village, naturellement protégé par le surplombement de la mer, était entouré côté terre, par un puissant mur. La population de l’époque y a construit aussi une nécropole, où l’on retrouve des monuments funéraires appelés Sesi. Communes dans le bassin méditerranéen, ce sont des constructions circulaires, ici en pantellérite, pleines à l’intérieur et avec des cavités sur les côtés utilisées pour les rites funéraires.

 

800px-PantelleriaPantelleria---Sese-grande---Gino-Roncaglia.jpg                                 Pantelleria - "Sese grande" - photo Gino Roncaglia


A partir de l’an 700, ce sont les phéniciens qui y débarquent ; ils nomment l’île Yranim, et par la suite Cossyra. L'âge d'or de l'île commence : ce peuple industrieux cultive la vigne, érige des fortifications à San Marco, frappe des monnaies à l'effigie de la déesse Tanit, aménage des réservoirs d'eau, bâtisse un temple près du lac "Specchio di Venere », miroir de Vénus, et construit le premier port dont il reste quelques vestiges.

 

Scauri-vestiges-romains---turismo-trapani.jpg                 Pantelleria -  vestiges romains à Scauri - photo turismo Trapani


Ensuite les Romains en prennent possession et restaurent toutes les fortifications de l'île. On a retrouvé trois portraits d’époque romaine, les deux premiers, dans une citerne, représentent Jules César et une figure féminine de noble origine, le troisième est un portrait de l’empereur Titus.

On a aussi localisé une villa datant du IV-V siècle ap. J.C. : une structure habitable avec de grandes citernes en annexe. Les citernes sont marquées par des éléments architecturaux de qualité et des fragments de mosaïque.

Vers le 8° siècle, les Arabes s’installent pendant près de 500 ans. Leur culture exerce sur Pantelleria une influence si forte qu'elle est encore présente aujourd’hui. Ils la baptisent "Bent el Rion ", fille du vent. Ils édifient les "dammusi ", maisons typiques construites en pierres de lave dont les murs, légèrement inclinés et très épais, supportent un toit blanchi en forme de coupole destiné à recueillir l'eau de pluie, conduite dans une petite citerne.

 

PANT_00_DAMMUSOP_001--turismo-trapani.jpg                               Pantelleria - "dammusi" typiques - photo turismo Trapani


Les Arabes perfectionnent la culture de la vigne, de l'olivier et du cotonnier. Ils bâtissent la ville fortifiée de Pantelleria, malheureusement presque totalement détruite pendant la deuxième guerre mondiale. Par ordre chronologique, Pantelleria est ensuite conquise par les Normands, à qui on attribue la forteresse, les Souabes, les Angevins, les Aragonais et les Bourbons. En 1860, le Royaume d'Italie annexe l'île lui faisant désormais partager ses vicissitudes historiques. Curieusement, et malgré son histoire mouvementée, Pantelleria reste un paradis naturel, une île où le temps semble s’être arrêté. 

 

Pantelleria-chateau-en-pierres-de-laves---turismo-trapani.jpg        Pantelleria- le château construit en pierres de lave par les Normands - photo turismo Trapani.


Pantelleria d'aujourd’hui :  
L'agriculture et le tourisme sont les principales activités d'une île qui a conservé un aspect sauvage, épargné par l'industrialisation. Pantelleria est notamment réputée pour sa production de câpres et de vin (Passito et Moscato).

 

Pantelleria_Scogli_del_Formaggio---Luca-conti.jpg  Des Faraglioni parsèment les rivages de Pantelleria - dont le Scogli del Formaggio - photo Luca Conti.


L'activité touristique, quant à elle, comprend une clientèle venue chercher la bienfaisance des saunas naturels de l'île appelés Bagno asciutto (Bain sec). L'activité volcanique émet en effet des vapeurs qui, à l'intérieur des grottes, reproduisent les effets du sauna.

 

Grotta-di-Benikula---turismo-trapani.jpg                                  Pantlleria - Grotta di Benikula - photo turismo Trapani


De nombreux artistes ont rapporté dans leurs œuvres leur enchantement de l'île de Pantelleria :

Alphonse de Lamartine trouve  " ...l'île de Pantelleria, ancienne île de Calypso, délicieuse encore par sa végétation africaine et la fraîcheur de ses vallées et de ses eaux ". Giuseppe Bertolucci la vantait ainsi : " C'est la première île au monde qui ne provoque pas en moi anxiété et désir de fuite, mais seulement calme et volupté ".

Ces dernières années, la rusticité de Pantelleria a attiré une clientèle haut de gamme. Des stars de la musique et du cinéma y effectuent des séjours réguliers. Sting disait récemment : " A Pantelleria, les paroles étaient dans le vent, j'ai simplement dû allonger la main et les recueillir. "

 

Laghetto-delle-ondine---G.Roncaglia.jpg                         Pantelleria - Le Laghetto delle Ondine - photo Gino Roncaglia


Outre ses merveilles naturelles, Pantelleria offre également une gastronomie intéressante qui évoque les différents peuples qui s’y sont succédés. Comme spécialité locales, on retiendra  les délicats raviolis à la "ricotta " et à la menthe, et l’aromatique "pesto pantesco ", sauce composée d’huile d’olives, de tomates, d’ail, de basilic et de piments, qui accompagne avec le même bonheur les spaghetti, le poisson ou la viande. On garnit la plupart des plats cuisinés avec les célèbres câpres et l’origan, tous deux cultivés sur place, ce qui donne à la cuisine locale sa saveur bien particulière.

L’Afrique toute proche se manifeste par le couscous aux poissons, toujours garni d’une variété de légumes. La "sciakisciuka ", ragoût de légumes bien épicé, et la "cuccurummà ", plat à base de courgettes, ont pour origine la Sicile. La mer fournit du poisson si fin et savoureux qu’il est à déguster simplement, soit grillé, soit cuit au four …

L’orient est aussi présent avec le traditionnel Cannateddro. Les "mustazzola ", biscuits secs de tradition arabe, séduisent les yeux avant le palais, à déguster à tout prix avec un verre de "passito ". 

 

Sources :

- Turismo Trapani

- Trapani Sicilia - Pantelleria.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Cette île sauvage doit son surnom de "perle noire de la Méditerranée " à la couleur sombre de ses roches volcaniques omniprésentes.

 

Punta-Spadillo---Gino-roncaglia.jpg                                     Pantelleria - Punta Spadillo - photo Gino Rocaglia

 

Evolution et âge des éruptions :

 

L'existence des deux grandes caldeiras, la Vecchia et Monastero, est en partie masquées par les produits des éruptions ultérieures à leur création.

 

Dossier-30-0601-copie.jpg

             Les caldeiras de Pantelleria : caldeira de Monastero (16) et caldeira de la Vecchia (17)

              et coupe NO-SE . - d'après G. Orsi & al. / Guide des volcans d'Europe et des Canaries

 

Dossier-30-0602-copie.jpg

 

Trois grandes périodes d'évolution sont définies par M. Krafft :

 

1. 500.000 à 50.000 ans : Les roches les plus anciennes sont datées de 325.000 ans (près de Scauri), et de nombreux cycles d'éruptions à dominante ignimbritique en masquent une bonne part.

La caldeira La Vecchia, de 40 km², se forme il y a 114.000 ans (limites : en rouge sur la carte). Deux épisodes d'activité basaltiques sont datées de 120.000 et 83.000 ans.

 

2. Mise en place des "tuff verts", il y a 50.000 ans : Cette nappe d'ignimbrite couvre l'ensemble de l'île et constitue un niveau-repère. Plusieurs kilomètres-cubes de pantellérites et trachytes ont été émises suivis d'effondrement et de la formation de la caldeira de Monastero, aussi appelée caldeira de Cinque Denti (limites : en jaune sur la carte).

 

6339499671_ae9be72ee8_z.jpg                       Le tuff vert de Pantelleria - photo Fitzgabbro / flickr

 

3. Post tuff vert : cinq cycles éruptifs siliceux marquent cette dernière période d'activité.

- de 35.000 à 29.000 ans : trois édifices volcaniques se sont construit sur une ligne nord-sud, dont le Monte Gibele et Cuddia Gadir (13 sur la carte).

Le Monte Gibele , localisé dans la caldeira de Monastero, a été ensuite soulevé en partie et basculé pour donner naissance à la Montagna grande.

A cette époque, une activité basaltique alcaline (*) construit le cône de cendres et la coulée de la Punta San Leonardo.

 

Monte_gibele---Pantelleria.jpg                                         Pantelleria - le Monte Gibele - photo Gino Roncaglia


- vers 22.000 ans : des évents alignés NO-SE émettent des coulées pyroclastiques, des dômes et des coulées de lave, dont le volcan Gelkhamar.

- de 20.000 à 16.000 ans : des évents groupés en un cercle - interprété comme le tracé de la lèvre de la caldeira de Monastero - sont caractérisés par une activité explosive avec émission de ponces pantelléritiques, suivie d'une ou plusieurs coulées de trachyte pantelléritique ... exemple donné par le Monte Gelfiser.

- de 14.000 à 12.000 ans : l'activité concerne la partie septentrionale de Pantelleria, avec des émissions sur un alignement NS et NO-SE.

- de 10.000 à 8.000 ans : l'activité concerne trois des flancs du bloc basculé de Montagna Grande, pouvant être liés à ce basculement. Le volcan de Khaggiar illustre cette période. Les cônes et coulées basaltiques de Mursia (*) auraient eux aussi moins de 10.000 ans.

 

Mt-Grande----ph.-fitzgabbro.jpg                       Pantelleria - la Montagna Grande - photo Fitzgabbro / flickr


L'activité basaltique (*)  la plus récente concerne des éruptions sous-marines au 19° siècle (17-25.10.1891). A 7 km. au NO de lîle, l'éruption sous-marine "de Foerstner"est précédée et accompagnée par une crise sismique et une forte augmentation de l'activité fumerollienne sur Pantelleria. Les éjections rythmiques de lambeaux de lave au dessus du niveau marin ne seront pas suivies de l'émersion d'une île.

 

(*) : toutes les émissions basaltiques se situent hors des caldeiras de Pantelleria, exclusivement en périphérie de l'île : la chambre magmatique fait écran à la progression des filons basaltiques vers la surface, et le magma acide des caldeiras intercepte le magma basaltique alcalin lorsque ce dernier atteint la chambre magmatique. (Brocard & Corneloup)

 

Activité actuelle :

L'instabilité de la région est confirmée par l'existence de nombreuses sources thermales : le lac de Bagno dell'acqua, Sataria, Scauri, Gadir, Punta San Gaetano ...

Les "favares": des émissions fumerolliennes avec parfois des jets de vapeurs intermittents à : Favara grande, Grotta del Bagno Asciutto, Fossa Pernice ...

De petites émissions de fumerolles sont exhalées par le cratère du cône de ponces de Cuddia di Mida.

 

Favara-grande-fumerolles---viaggiasempre.jpg                                Fumeroles à Favara grande  -  photo viaggiasempre

 

Les volcanologues estiment que Pantelleria est le siège d'un flux magmatique constant et régulier de l'ordre de 100.000 m³/an depuis 50.000 ans. Un réveil de l'île ou de ses prolongements sous-marins est possible à échelle géologique.

 

Les laves de Pantelleria :

on y retrouve essentiellement des rhyolites hyperalcalines et des pantellérites, quelques trachytes, des basaltes alcalins en petites quantités et des pyroclastites.

 

Pantellerite---d-apres-winchester---floyd-1977.gif

                                                    Doc. Winchester & Floyd 1977

 

Les pantellérites sont des rhyolites hyperalcalines fortement sodiques. Elles sont soit vitreuses, soit renferment des phénocristaux de feldspath anorthose, d'aegyrine (du pyroxène vert), d'aenigmatite ou cossyrite, rouge à brun, dans une pâte faite de petits cristaux des mêmes minéraux, mêlés à du quartz, de l'apatite et du zircon.

 

Pantellerite---Gipo-Montesanto-foto-sicilia.jpg                                   Pantellérite - photo Gipo Montesanto / foto-Sicilia

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- L'île volcanique de Pantelleria - Gilles Brocart & Désiré Corneloup

- Trapani Sicilia - Pantelleria

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Je viens de lire un article intéressant sur les vins de dessert du sud de l’Italie … parmi ceux-ci un nom a particulièrement retenu mon attention : le Moscato Passito di Pantelleria.

Ecoutez ses louanges : "Meilleur muscat d’Italie, fruité, parfumé, généreux " … ou encore : "Une robe ambrée qui ne peut qu'éveiller la curiosité et l'envie de celui qui l'observe. Nez superbe et complexe, sur l'orange amère, l'amande et la confiture d'abricot. En bouche, le vin est très épais, l'amertume orangée est bien contrebalancée par l'acidité. C'est très très long."

Ce vin est issu de Zibibbo, cépage importé par les arabes au 9° siècle, par la technique de surmaturation  par dessèchement naturel du raisin à l’air appelée "passerillage" ; on fait évaporer l’eau du raisin en l’exposant au soleil ou sur un lit de paille pour obtenir une concentration en sucres et un degré alcoolique plus élevés. (Ceci fait aussi diminuer le rendement en vin et augmenter son prix : entre 15 et 20 euros les 50 cl.)

 

Sangue-d-Oro---Carole-Bouquet.JPG

Pour l’anecdote, le sommelier de chez Le Nôtre, ajoute, à propos de la cuvée 2007 du "Sangue d’Oro", un passito di Pantellegria, produit par l’actrice et vigneronne Carole Bouquet, "Confit à souhait sur des notes de bergamotes, quinquina et d’abricot sec, il est surtout doté d’une bouche limpide, suave et digeste. La parfaite gestion de la douceur et la belle allonge de bouche lui donnent une persistance incroyable."


Comme son nom l’indique, ce vin est cultivé sur l’île de Pantelleria, au terrain volcanique propice à ce type de culture. Cette île est située au sud de la Sicile et en face du Cap Bon tunisien.


Pant. Montagna grande - Fitzgabbro

                  Pantelleria - vignobles près de Montagna Grande - photo Fitzgabbro / Flickr.


Contexte géologique :

Pantelleria, avec les îles de Lampedusa, Linosa, et Lampione, forme l'archipel italien des Pélagies, un groupe d'îles volcaniques qui doit son existence à la présence d'un rift continental au centre du canal de Sicile.

 

Pantelleria_map--Catalano---al.-2009.png

                         Contexte tectonique des Pélagies - doc Catallano & al. 2009

 

Pantelleria et Linosa sont des volcans endormis, qui sont nés au fond de fossés d'effondrement discontinus,  longs, étroits et profonds (1700m ), qui accidentent en son centre un Canal de Sicile, par ailleurs large ( 250 km ), plat et peu profond (100 - 200m ).

Malgré la subduction de la plaque africaine sous la plaque européenne, la région de Pantelleria est en extension ; la lente rotation  dans le sens horaire de la Sicile étire cette portion du canal de Sicile, avec remontée magmatique consécutive ... la dernière manifestation est l'éruption de Ferdinandea (ou île Graham pour les anglophiles) en 1911.

   

Le fond du Canal de Sicile remonte sur les épaulements de ces fossés d'effondrement, et émerge pour former les îles plates de Lampedusa et de Malte. Le plancher du rift correspond à une croûte amincie dont l'épaisseur atteint une vingtaine de kilomètres, alors que l'épaisseur de la croûte est d'une quarantaine de kilomètres sous la Sicile ou la Tunisie. La structure de Pantelleria est déterminée par des failles orientées suivant la direction des failles bordières des fossés (NNOSSE).

 

ile-volcanique-de-Linosa-Google-BB.jpg

                                                  Vue zénitale de Linosa- doc. google earth

 

Linosa, une île à peine émergée, est pourtant le sommet d'un volcan dont la partie sous-marine mesure plus de 1500 mètres de hauteur ; elle est très petite, 2 km. sur 3, pour un point culminant à 195 mètres, et composée de cônes surtseyens et stromboliens basaltiques bien conservés. On ne relève pas d'éruption historique.

 

Linosa.jpg      Linosa - orientaton ouest-est par rapport à la photo google ci-dessus - photo sicilia 24 h.it


L'île de Pantelleria est la partie émergée d'un volcan de 40x30 km et 2150 mètres de hauteur. L'île qui couvre 83 km², et est longue d'environ 13 km et large de 8 km au maximum.

L'édifice volcanique aurait émergé il y a 500.000 ans, et a continué de croître de façon intermittente jusqu'à l'époque actuelle, la dernière éruption, marine, ayant eu lieu en 1891.

 

Pantelleria la côte 2 - G.Roncaglia

 Pantelleria - la stratification des terrains formant cette île volcanique, vue de la mer - photo G.Roncaglia

 

La morphologie de l'île est marquée par l'existence de deux caldeiras emboîtées dans la partie centrale :

- la caldera de la Vecchia (114.000 ans)

- et la caldera Monastero, ou Cinque Denti (45.000 ans), largement comblées par les produits d'éruptions postérieures . Elle contient les volcans-boucliers post-caldeira Monte Grande et Monte Gibele. Les éruptions datées de l’holocène ont construit des cônes de ponce, des dômes de lave et des coulées de laves en blocs.

Confirmant cette activité, une éruption sous-marine a eu lieu en 1891, aux dépens d’un évent situé au large de la côte NO de Pantelleria.

 

A suivre, les éruptions historiques, le volcanisme hyperalcalin et les paysages de Pantelleria ...

 

 

 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Pantelleria

- Global Volcanism Program - Ferdinandea

- Pantelleria - in Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- L'île volcanique de Pantelleria - par Gilles Brocard et Désiré Corneloup

- Sangue d'Oro - link - link 2

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

04.03.2012---17h56-Tungu---JLEN.jpg

Le Tungurahua ce dimanche à 17h56 - le panache chargé en cendres dépasse le niveau des nuages qui couvrent le sommet du volcan - merci à José Luis Espinosa Naranjo pour cette photo.


Le Tungurahua connaît une hausse d'activité depuis le 3 mars après-midi, avec 4 explosions modérées à fortes.

Le dimanche 4, une explosion à 7h31 locale a généré un panache chargé en cendres s'élevant à 4.000 m. avant de dériver vers l'ouest - nord-ouest. Une autre, à 9h11, a été accompagné d'un bruit "en coup de canon" qui a fait tremblé les vitres aux alentours.

La couverture nuageuse empêche les observations directes et à la caméra thermique.

Une vigie de Cusúa signale la présence d'un "dépôt chaud" dans la partie haute de la zone, correspondant par ses caractéristiques à un dépôt de coulée pyroclastique.

Des chutes de cendres noires ont été signalées dans plusieurs villages situés sur le flanc ouest.

La sismicité reste variable, avec des épisodes de trémor variant entre quelques minutes et plusieurs heures.

 

04.03.2012---17h56-Tungu---2--JLEN.jpg                           Tungurahua - 04.03.2012 - 17h56 - photo José Luis Espinosa Naranjo.


 

Sources :

- bulletins de l'IGEPN

- photos de José Luis Espinoza Naranjo, sur place.

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Publié le par Bernard Duyck
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Stark’s Knob doit son nom à l’histoire : en 1777, le général John Stark tint cette position, située entre ce monticule et la rivière Hudson, pour couper la retraite vers e nord des troupes Britanniques et Allemandes, après leur défaite à la bataille de Saratoga.

 

starks_knob_2_med---Finger-lakes-geology.jpeg                           Le site de Stark's Knob - photo Fingers Lake Geology

 

starkpillow2.jpgPillow-lava de la séquence Stark's Knob  -  on remarque les fractures qui gagnent l'intérieur du coussin lorsque le stress du refoidissement romp la croûte  - 

photo "Copyright 2006 by Andrew Alden, geology.about.com, reproduced under educational fair use.

 

 

Ce n’est pas la forme de ce monticule qui le rattache au volcanisme, mais sa composition basaltique. Et il faut une nouvelle fois remonter le cours de l’histoire, géologique cette fois, pour expliquer son origine.

Stark’s Knob fut formé il y a 460 à 440 Ma au cours de la période Ordovicienne. Cette partie de la proto- amérique du nord était sous eaux et au sud de l’équateur.

 

Stark-s-Knob---cross-section-USGS.png                                                                      Doc. USGS


Un plateau continental peu profond est alors poussé en direction d’une fosse plus profonde sous l’effet d’un phénomène de subduction, la fosse constituant la frontière de plaque entre le futur continent et un arc volcanique poussé vers l’ouest en direction des actuels états du Vermont et de New-York. Des fissures s’ouvrent dans la croûte terrestre, en extension sous la flexure,  permettent à la lave basaltique de sortir sous le niveau marin.

Une géochimie basaltique N-MORB ( normal mid-ocean ridge basalt) et des Pillow-in-Taconian-orogen-of-eastern-NY06.jpgspinelles sont caractéristiques d’une mise en place sous eau à une profondeur de 2 km. ou plus. Des lentilles de calcaire sur les pillow-lavas et un gastéropode daté de la période ordovicienne à l’intérieur de ces pillows viennent compléter l’histoire géologique de cette formation.

 

Lentilles calcaires sur pillow-lava / Stark's Knob - l'échelle est donnée par le bouchon d'objectif diam. 7 cm. - doc.in Tectonic setting of outer trench slope volcanism:pillow basalt and limestone in the Taconian orogen
of eastern New York - Ed Landing & al.


La découverte de semblables pillows, du même âge, au nord dans le Newfoundland et au sud en Pennsylvanie et au New Jersey,  révèle que Stark’s Knob fait partie de l’orogéne Taconique, première phase de mise en place de la chaîne montagneuse des Appalaches due à la collision entre un arc insulaire et le paléocontinent Laurentia, et au comblement d’une partie de l’océan Iapetus.


 

Ordovicien---Paleotonlogy-portal.jpg                        Période Ordovicienne - 490 à 443 Ma - doc. Paleontology portal


 

starks_knob_7_med.jpg                           Pillow-lavas de la séquence Stark's Knob - photo Finger Lake Geology.

 

Sources :

- Tectonic setting of outer trench slope volcanism: pillow basalt and limestone in the Taconian orogen of eastern New York - by Ed Landing & al.

- Hudson-Mohawk Valley Field Trip - EAS-Astronomy, Spring 2008

- Finger lake geology - Stark's Knob.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

  

Depuis le 29 février, le cône de scories du nouveau cratère sud-est de l'Etna est le siège d'une activité strombolienne, avec des explosions sporadiques et émission des matériaux incandescents. Le trémor est fluctuent mais sans variations substantielles.

L'activité strombolienne se maintient les 1, 2 et 3 mars, avec cependant une augmentation progressive du nombre de phases par heure ; on passe de 6-7 évènements /heure à 10-15 / heure.

 

29.02.2012-7h18-EBELZ.gif

          Variations du niveau du trémor entre le 22.02 / 0h et le 29.02 /7h18 - doc. INGV Catania.

 

Le 4 mars, l'activité strombolienne s'est intensifiée et régularisée passant à 20-25 épisodes par heure; vers 7h, la lave forme une coulée qui atteint la base du cône en trente minutes, puis des fontaines de lave prennent le relais.

Entre 8h et 8h15, elles produisent une colonne de gaz et matériaux pyroclastiques  de plusieurs kilomètres de hauteur.

Les retombées pyroclastiques causent des explosions hydromagmatiques qui débouchent vers 8h50 sur une coulée pyroclastique.


04.03.2012 EBELZ                 Montée en flèche du trémor vers 7 h - doc. INGV Catania 8h 07 (7h07 locale)

 

 

04.03.2012-07h00-Emot0140.jpg 8h00 (7h00 locale) - Première manifestation importante du changement de type d'activité sir la webcam thermique de l'INGV

 

04.03.2012-8h17etna.jpg8h17 - Fontaines de lave et traces de coulées en direction de la Valle del Bove - webcam Radiostudio7.

 

04.03.2012-8h54-etna.jpg8h54 - on distingue deux panaches côte à côte, le plus clair témoignant de la rencontre entre la neige et la lave, le plus sombre chargé en cendres de l'éruption proprement dite - webcam Radiostudio7.

 

04.03.2012-8h58-CAMERA1.jpg                   8h58 - le panache éruptif se développe - webcam Etnatrekking

 

04.03.12-8h09-Emot0163.jpg04.03.12-8h09-Emov0163.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

  La concordance horaire entre la photo de droite et celle de la caméra thermique à gauche ,permet de voir la différence de température entre le panache sombre de cendres et le plus clair de vapeur - doc. INGV Catania. - 9h09 (08h09 locale).

 

A 9h30, une autre coulée pyroclastique fait fondre la couverture neigeuse de la base sud du cratère sud-est, produisant un lahar déversé rapidement dans la Valle del Bove.

Cette activité explosive se poursuit jusqu'à 9h 45 ... le paroxysme commence à s'estomper ensuite pour se terminer vers 10h30.

 

04.03.12-9h23-pizzo.jpg9h23 - Ca vole de partout ... sortez couvert ! - difficile d'estimer la taille des projections sur l'image webcam : vraisemblablement des lapilli proches de la caméra ? - doc. webcam Etnatrekking.

 

Les retombées de cendres sur le sommet ont été importantes, comme en témoignent les photos ci-dessous, celle de gauche prise à 8h15 au début du paroxysme, celle de droite à 10h 43 lorsque tout se calme.

 

 

04.03.2012-8h-15-pizzo.jpg04.03.12-fin-10h43pizzo.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

doc. webcam Etnatrekking .

 

 

 

04.03.12-tremor-10h35-EBELZ.gif

     Tout est terminé ... le niveau de trémor est retombé à 11h35 (10h35 locale ) - doc INGV Catania

 

D'excellentes photos sont comme toujours fournies par Etna Walk et son équipe en suivant ce lien !

 

Sources :

- commentaires grâce à EtnaWalk, sur place

- images des différentes webcams : INGV - Radiostudio7 - Etnatrekking - LAVE

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Publié le par Bernard Duyck
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  En Nouvelle-Zélande, sur l’île du sud, une spectaculaire séquence de pillow-lavas est exposée dans les falaises côtières près de Oamaru, à Boatmans Harbor. Les coussins basaltiques sont séparés par des calcaires datés de l’Oligocène et l’éocène.

 

 

-Pillow_lava-coupe---at_Oamaru--NZ---ph.Avenue.jpg                       Oamaru / NZ - coupe de pillow-lava - photo Avenue.


Oamaru-carte-geol-jpgLes calcaires contiennent de nombreux fossiles ; leur présence entre ces coussins d’un diamètre de 30 cm. à 5 mètres, s’explique soit par introduction des pillow-lava dans les sédiments calcaires sur le niveau marin, soit par infiltration du calcaire après la formation des pillows.

Sous la strate de pillow-lavas, des tuffs en lits minces, d’une épaisseur dépassant 120 mètres, ont été formé par une éruption de type Surtseyen sur un plateau continental. Cette activité a produit des dépôts pyroclastiques, des coulées , le tout remodelé par des glissements de terrain ou les courants. A certaines places, les lits de tuffs sont interrompus par des calcaires fossilifères, contenant une faune riche en bryozoaires, foraminifères, échinoïdes et mollusques, caractéristiques des eaux chaudes subtropicales de la fin de l’Eocène.

 

Oamaru----geoatlas-NZ-D.L.Homer.jpg                                     La falaise d'Oamaru - photo Geoatlas NZ - D.L. Homer

 

Pillow---Oamaru-NZ---Lloyd-Homer-GNS.jpgCoupe d'un coussin de lave, révélant son enveloppe extérieure vitreuse et un centre de basalte - photo Lloyd Homer - GNS

 

Une structure multi-croûtes caractérise ces pillow-lavas en eaux peu profondes. Elle se développe sur n’importe quelle partie du périmètre du pillow, sans devoir le recouvrir entièrement ; elle consiste en une répétition de couches de formes différentes : portions qui se chevauchent, ou série de petites croûtes subparallèles détachées, ou encore dépression en forme de poche.

Elle se forme par implosion résultant de la condensation de l’eau exsolvée : lors de la condensation de l’eau, une différence de pression se crée entre l’extérieur et l’intérieur du coussin. Au dessus d’un seuil de pression déterminé, la peau externe du coussin se déchire au niveau de points faibles …et se pousse sous les morceaux de peau voisins, pour former une structure à plusieurs croûtes … et le phénomène peut se répéter : deux ou trois croûtes sont couramment observées, mais on peut en compter jusqu’à 13.

 

Le processus exsolution / condensation de l’eau, et l’implosion qui en résulte, ne peuvent se produire qu’en environnement soumis à des pressions basses … de tels structures multi-croûtes sont donc indice de formation de pillow en eaux peu profondes.

 

Sources :

- GNS - The geology of New Zealand
- Fiels guide to New Zealand geology.

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Publié le par Bernard Duyck
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A la fin du Précambrien, la Bretagne du nord et la Basse-Normandie ont été le site d’un volcanisme basaltique sous-marin extensif.

 

Vassy - pillow lavas - Ac-caen

Spilites de Vassy -  laves en coussins -  au centre-gauche, "pillow-lava en boule" - du centre en bas de la photo au coin supérieur droit, un "pillow en boudin" allongé - photo Lithothèque de Normandie ac-caen.

 

 

Les basaltes en coussins ou spilites (*) de Vassy , à l’est de la Vire, sont datés de -560 Ma / période du Briovérien .

 

(*) : Une spilite est une roche magmatique vert bleu à vert sombre (mésocrate) à structure analogue à celle des basaltes, souvent à varioles claires avec amygdales et filonnets blanchâtres de calcite. Le feldspath est de l'albite en phénocristaux ou en micro-lames minces, elle est accompagnée de chlorite, de sphène, d'oxydes de fer, et parfois d'épidote, de clinopyroxènes (augite), rarement de pseudomorphoses, d'olivine.

 

La composition de ces laves basaltiques se rapproche de celle des tholéiites océaniques ; elles sont interstratifiées dans le flysch du Briovérien supérieur et affleurent sous forme de coulées à débit en coussins.

Résultant d’une activité volcanique sous-marine, ces pillow-lavas ont été émises le long d’une fissure dans le bassin sédimentaire mancellien où se déposaient des turbidites (futur flysch) dans un contexte d’extension avec un déplacement vers le nord et le sud des plaques.

Le terme Briovérien vient de Briovera, l’ancien nom de saint-Lô, formé des racines celtes : brio = pont, et Vera = Vire. L’histore du Briovérien s’échelonne entre -650 et -540 Ma .

 

Bretagne - Vassy 2    Contexte géologique nord-armoricain - doc. BRGM - Dol de Bretagne - S. Bogdanoff et M. Julien

Bretagne - Vassy 3p

Interprétation géodynamique entre > 640 Ma et < 540 Ma - d'après E. Dissler 1988 / in doc. BRGM - Dol de Bretagne - S. Bogdanoff et M. Julien 1996.

 

Explication concernant la période Vassy in doc. BRGM - Dol de Bretagne - S. Bogdanoff et M. Julien 1996.

" Pendant le Briovérien supérieur, les bassins situés de part et d'autre de l'arc constantien seront progressivement comblés par la sédimentation de type flysch (turbidites). C'est dans le bassin mancellien orienté NE-SW, situé au Sud de l'arc, que sont les mieux connus les témoins de cette sédimentation qui remanie les sédiments du Briovérien inférieur.
La partie nord du bassin (flanc sud de l'arc constantien) est frangée par une série de cônes sous-marins alimentés par des turbidites proximales puis distales. Plus au Sud, le centre du bassin reçoit des dépôts fins de plaine abyssale. La sédimentation du bord sud est représentée par des conglomérats associés à des pélites. Pendant la période de sédimentation, il se produit une distension limitée que concrétisent les spilites de
Vassy à débit en coussin et à caractères de tholéiites océaniques. "

 

DSC02666Ancienne carrière du château de Vassy - le front de taille se trouve au fond d la carrière creusée dans la crête boisée qui supporte le château de Vassy. - photo Lithothèque de Normandie ac-caen.

 

Spilites de vassy - etab.ac-caen

  Front de taille de la carrière du château de Vassy - pillow-lavas basaltiques altérés, de teinte rouille due à la libération d'oxydes de fer - photo Lithothèque de Normandie ac-caen.

 

Toponymie de Vassy :

Le nom de Vassy serait d'origine celtique. Il serait formé des termes was ou waes, composé lui-même de deux mots primitifs wa - voie, passage et ez ou aes  - eau et désignerait un " terrain, pré, marais que l'eau recouvre et abandonne successivement ". La finale ce ou cy signifierait " lieu, emplacement ".

Selon une autre hypothèse, il serait lié au nom de personne gallo-romain Vassius ou Vaccius.

 

Les spilites de Paimpol :

En Kérity, les formations géologiques de la Pointe de Guilben sont datées du Briovérien supérieur, environ 640 millions d'années. Des spilites affleurent sous forme de pillow-lavas, dans une bande large de 1.500 mètres au plus sur une vingtaine de kilomètres. Les coussins de basalte ont été cimentés dans des dépôts enfermant deux variétés de quartz microcristallines, de la cornaline et du jaspe.

 

Pillow lavas pointe de guilben - idgt                                      Pillow-lavas à la Pointe de Guilben - photo idgt.

 

Spilite de Paimpol - pointe de Guilben - Zarmel -GeodiversiSpilites de Paimpol - deux coussins de lave superposés en position verticale au centre de la photo, un autre ouvert et contenant un "coeur de cornaline" rouge en bas, au centre droit - photo géodiversité.net - zarmel / CC by-s 

 

 

 

Sources:

Merci à Michel Lecouteur qui m'a fait découvrir l'existence des Spilites.

 

 

- Lithothèque de Normandie - link

- BRGM - Carte géologique Dol de Bretagne - explications par S. Bogdanoff et M. Julien

- Breizh géologie - les pillow-lavas de Guilben à Paimpol

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