Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Si je vous dit : " un lac de cratère situé sur une île volcanique, elle-même dans un lac occupant une partie d’une grande caldeira, localisée sur une île … le tout dans le sud-est asiatique " , à quoi pensez-vous ?


 

Taal_volcano_aerial---M.Gonzalez.jpg                 Volcano island située dans le lac Taal et son lac de cratère - photo M. Gonzalez.

 

Le complexe volcanique du Taal est formé d’une caldeira d’une vingtaine de kilomètres de diamètre, qui s’est mise en place entre 140.000 et 5380 BP.

sur l'île de Luzon, dans l'archipel des Philippines.

Cette caldeira contient le lac Taal, un lac d'eau fraîche d’une superficie de 267 km² ; il a une profondeur maximale de 160 mètres et sa surface est située à 2 mètres au dessus du niveau de la mer. Le rempart sud de cette caldeira surplombe le lac de 700 mètres. Plusieurs évents éruptifs se trouvent au fond de ce lac.

 

Dossier-32-0830.JPGMaquette de la caldeira du volcan Taal, avec volcano island et son lac de cratère - observtoire du Phivolcs

 

Le Taal est situé au niveau tectonique dans le corridor Macolod : cette dépression tectonique se positionne entre l'arc ouest de Luzon, produit par une plongée de la plaque océnique chinoise, et l'arc est de Luzon, produit par le plongée de la plaque océanique Philippines; elle abrite de nombreux dômes de composition basaltique à rhyolitique, dérivants d'un grand système magmatique silicique.

Le Taal est entouré directement d'autres volcans : le Makiling (NE), le Malepunyo (E), le Batulao (W) et le Macolod (SE).

 

Taal---Peter-Mouginis-GVP.jpgCarte du Taal et des environs - la caldeira se trouve à l'intersection de failles majeures -

 Courtesy of NASA Earth Observing System (EOS) Volcanology and their slide set compiled by Peter Mouginis-Mark (University of Hawaii).

 

Volcano island est une île située dans la partie centrale et nord du lac Taal.

Cette île, de 5 km. de diamètre environ, est le résultat de la coalescence ce plusieurs petits stratovolcans , cônes de scories et cônes de tuff, et le siège des éruptions historiques.

Sur l’île on a répertoriés 4 maars et 47 cratères ; le principal cratère, de 1900 mètres de diamètre, abrite un lac acide de type sulfate chlorure profond de 76 mètres au point le plus bas. Sa couleur et sa température varient suivant l’activité des fumerolles. Sa surface est à 4 m. au dessus du niveau marin.


Taal---GVP.jpg  Taal - le lac Taal, Volcano island et en toile de fond, le volcan Macolod - photo F.Landais / GVP

 

Taal_Crater---Vulcan-point.JPG

Taal - le lac acide de Volcano island - le petit îlot qui en émerge s'appelle Vulcan Point. - photo hidariki58, joy mulato.

 

Le cratère de Volcano island a subi des modifications depuis l'éruption de 1911. Avant celle-ci, le plancher du cratère abritait différentes ouvertures séparées, contenant des lacs de différentes couleurs, un vert, un jaune, un rouge et de petits trous fumants remplis d'eau chaude.

Après l'éruption, un grand lac a remplacé ces différentes structures, d'un niveau inférieur à celui du lac Taal. Depuis le niveau du lac de cratère a augmenté jusqu'à son niveau actuel. Il joue un rôle vraisemblable de refroidisseur des matériaux sous-jacents, minimisant les chances d'une explosion ... les éruptions suivantes et l'activité qui a succédé viennent d'un nouveau centre éruptif, le mont Tabaro.

Un rocher, dépassant la surface du lac de cratère  et appelé Vulcan Point, est considéré comme un reste de l'ancien plancher du cratère.

 

 La plupart des laves émises sont des basaltes à olivine et des andésites. Trente trois éruptions historiques ont été répertoriées, la plus récente a eu lieu le 03 octobre 1977.
Si la majorité des épisodes éruptifs sont de types phréatique ou phréatomagmatique, des éruptions stromboliennes (1968, 1969) ou pliniennes (1754) peuvent survenir.

 

Taal---Binintiang-Malaki-cone-pyrocl.1707---K.Frederickson.jpgTaal - Volcano island - le cône pyroclastique Binintiang Malaki de 1707, connecté à volcano island par un isthme - photo K. Frederickson

 

Taal---cinder-cone-1968---K.Frederickson.jpg Taal - Volcano island - le cinder cone de l'éruption de 1968, et sa coulée de lave dans le lac Taal - photo K. Frederickson.

 

La position du cône actif est à l'origine des principaux risques pour les populations riveraines. En effet, les éruptions les plus puissantes sont à même d'engendrer des tsunamis dévastateurs (1330 victimes en 1911).

 

D'un point de vue plus scientifique, le Taal fut le site où, pour la première fois en 1965, fut décrit le phénomène volcanique nommé " déferlante basale ", qui se présente sous la forme d'un nuage annulaire se développant à la base d'un panache phréatomagmatique, et constitué d'un mélange de cendres, lapilli et gaz en suspension dans de la vapeur d'eau.

Les risques en cas d’éruption sont importants et fonction à la fois d’une occupation de l’île, et des berges du lac ; les philippins s’y sont installés en grand nombre, profitant d’un site magnifique proche de la capitale, et de la possibilité de travailler dans les nombreuses fermes d’élevage de tilapias.

 

Sources:

- Global volcanism Program - TaalTaal volcano

- Phivolcs - Taal volcano

- The origin of the silicic domes in the Macolod Corridor, Philippines. - by Flood T.P. & al.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le massif du Sancy, en Auvergne, est annuellement investi par des œuvres éphémères : " Horizons du Sancy ", les rencontres Art Nature, expose en 11 sites différents du Land Art.


L’œuvre de Pier Fabre, " le Réveil ", s’est implantée au centre du cratère du plus jeune volcan Français, le puy de Montchal. Cinq cent rubans de couleur rouge-orangé dansent dans le vent, qui donne vie à cette œuvre suspendue … et rappelle l’activité strombolienne qui a animé ce cratère il y a 7.000 ans. Cette œuvre immobile, et cependant animée, fait un clin d’œil à l’histoire explosive du Puy.


Le-reveil---Pier-Fabre.jpg       "Le réveil" - oeuvre de Pier Fabre, dans son cadre naturel, le cratère arboré du Puy de Montchal .

         photo Bernard Pauty / horizons du Sancy / COAL

 

le-reveil---Pier-Fabre---staticflickr.jpg             Les flammes s'animent sous le vent ... "le réveil" du volcan devient réel... un instant !

                                          Photo staticFlickr.

 

L'artiste : Diplômé de l’Ecole Supérieure d’arts graphiques en 1987, il a été illustrateur et créateur de cerfs-volants originaux, qui lui ont valu de nombreuses invitations à travers le monde entier. Depuis les années 2000, il utilise la dynamique de l’air pour réaliser des installations cinétiques in situ. Avec des centaines de mobiles hypersensibles, il s’attache à rendre visible le passage du vent, les turbulences ou d’imperceptibles mouvements de l’air. En intérieur, ses installations minimalistes jouent aussi d’effets cinétiques, utilisant les petits phénomènes amusants des lois de la physique ou de l’optique, avec des dispositifs électromécaniques de basse technologie. (Horizons : Quand l'art et la nature s'emmêlent) 


Le land Art est une tendance de l’art contemporain qui se veut proche de la nature. Ce mouvement voit le jour en 1968, à New York lors de l’exposition Earth Works. En utilisant des matériaux naturels, intégrés dans des sites naturels, les œuvres du Land Art sont par essence éphémères …cette notion d’éphémère, de transitoire, renvoie au cycle de la vie, et nous confronte à notre passage terrestre, régi par le temps qui passe et le renouvellement des êtres.


La nature n’est plus simplement représentée, elle devient l’œuvre elle-même, ou du moins son cadre ou son support.


Le Land Art se veut une forme d’art libre, dans tous les sens du terme : il ne se soumet à aucune règles, son entrée est gratuite et sort du cadre rigide des musées et galeries, soumis à un ticket d’accès et à des horaires … c’est un art « à l’air libre » !


Ces œuvres sont destinées à disparaître et pour les faire connaître de façon plus durable, les artistes utilisent la photo ou la vidéo, autre forme artistique, qui les fait retourner vers des lieux d’exposition plus clos…bouclant un autre cycle.

 

 

Les sources d’inspiration sont diverses : depuis les grands sites mégalithiques, dolmens et menhirs, aux jardins tant européens que japonais, où le végétal s’accorde avec les éléments minéraux immobiles et l’eau en mouvement perpétuel.

 

Le-Reveil---le-livre-scolaire.jpg               Sous cet angle, l'oeuvre montre sa vraie "grandeur" - 12m. de haut, diamètre : 14 m. -

                                  "Le réveil" , photo Le livre scolaire.


La démarche artistique en elle-même relève d’un concept imaginé longtemps à l’avance et qui implique souvent une importante logistique. L’œuvre de Pier Fabre a nécessité la pose de câbles, auxquels elle est suspendue, et d’établir des points d’ancrages, de calculer aussi les résistance des divers matériaux.

Pensez aussi aux " emballages "  de Christo, qui fait disparaître momentanément des monuments ( Le Reichstag de Berlin) ou des ponts (Le Pont Neuf à Paris ) sous des kilomètres de tissu bruissant … le tissu, utilisé comme une peau, est délicat, et témoigne de la fugacité de l’œuvre, tandis que son travail de plissé ou de drapé rappelle les statues antiques plus pérennes.

 

Source :

- "Horizons" rencontres Art Nature - Massif du Sancy - link

- un peu de technique : hauteur : 12 m - diamètre: 14 m.  Composition de 500 rubans de couleur rouge-orangée, de 30 mm de largeur et de 8 à 12 m de hauteur, étendus entre 6 cercles d’arrimage. Cercles d’armatures en matériaux composites et en acier. L’ensemble forme 3 sections de cônes concentriques suspendus en plein centre du cratère par un réseau de filins. Cordages techniques de haute résistance.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La région de l'Eifel en Allemagne abrite de nombreux lacs de cratère, tous lacs de maars .

 

Débutons par le plus célèbre et le plus jeune d'entre eux : le Laacher See, daté de moins de 12.900 ans

 

Dossier-32-0412-copie.jpgLe Laacher See, vu du belvédère forestier situé sur l'anneau de tuff qui le borde - © Bernard Duyck 2010


Actuellement, le cratère issu de cette éruption est occupé par un lac de cratère de 3,33 km² et profond de 65 m. : le lac de Laach - le Laacher See.

Ce paysage bucolique est en fait un maar, lac de forme circulaire, résultant d'une éruption phréatomagmatique cataclysmique et entouré d'un anneau de tuf, toujours visible, bien qu'arboré.

D'importance  considérable, elle a éjecté 5,3 km³de magma phonolitique et 0,7 km³de fragments lithiques; le volume total correspond à celui du maar, ce qui indique que tous les centres émissifs étaient situés à son niveau.

 

A l'heure actuelle, la surface du lac représente la surface supérieure de l'aquifère à l'origine du phénomène phréatique.

A deux endroits, on y rencontre des "mofettes " (*): ces émanations de gaz - principalement du CO2 et des gaz rares - ici d'origine mantellique, d'après les analyses effectuées, témoignent de l'activité volcanique actuelle.

 

Laacher-See-039-copie-1.jpg

               Le dégagement de gaz au niveau du lac en automne 2007 - © B.Duyck

 

Actu---3 0356 copie

            Mai 2010 : plus de turbulences, moins de grosses bulles ! - © B.Duyck

 

Une des plus belles abbayes romanes allemandes est localisée dans le cratère; elle fut bâtie par les Bénédictins, à partir de 1093, sur ordre du Comte palatin Henrich II von Laach. Elle est considérée comme un prieuré de l'abbaye belge d'Afflighem (renommée chez nous ... pour la qualité de sa bière).

 

Maria-Laach-Abbey.JPG

 

Les moines firent baisser le niveau du lac, vers 1152 et 1845, en construisant un tunnel d'évacuation; ce faisant ils créèrent une zone de terres agricoles et un emplacement privilégié pour leur abbaye.

 

Actu---3-0440-copie.jpgPhoto aérienne du Laacher See - in "Vulkane der Eifel" / H-U.Schmincke.

le lac bordé de son anneau de tuff - l'abbaye Maria Laach et les zones agricoles récupérées par la baisse de niveau du lac.

 

Evolution d'un maar, illustrée par d'autres structures :

Les liens réfèrent à d'autres articles sur ce blog.

 

Le maar primordial, inhabité, ne contient que des eaux stériles contenues entre des parois de ponces et lapilli. Les glissements de terrain vont peu à peu en faire diminuer la profondeur et en quelques milliers d'années, leur structure profonde va se transformer en un lac "plus plat". La vie va être amenée par les airs, avec comme véhicules le vent et les oiseaux.

Un assèchement naturel et l'implantation de la végétation va assurer une transition du "maar vers une terre arable" ... on peut suivre cette évolution en passant des Dauner maare ou du Pulvermaar à l'Immerather maar, qui s'est asséché durant les années 1940 et utilisé comme "terre à pommes de terre", avant d'être transformé en zone naturelle sous l'influx du tourisme. Cette promenade évolutive se termine avec le maar "sec" Ströhner.

 

Dauner maare - nationaler geopark.deA gauche, les Dauner Maare - photo Geopark.de 

A droite, le maar sec Ströhner - photo Eifel GPS

 

Strohner-Marchen---Ph.-Eifel-GPS.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, le  Meerfelder maar - c'est la plus grande formation issue d'une éruption phréatomagmatique de l'Eifel., occupée partiellement par un lac de cratère, partiellement par des terres agricoles et de l'habitat rural - photo Manderscheid région de vacances.

Meerfelder_Maar---Manderscheid-region-de-vacances.jpg

 

 

(*) : Une mofette (de l'italien mofetta, du latin mephitis, « exhalation pestilentielle ») est par définition une fissure, un trou ou un puits de taille réduite, parfois terrestre, parfois sous une source d'eau ou de sédiments; d'origine volcanique et émanant certains type de gaz, souvent toxiques, principalement du dioxyde de carbone, mais aussi de l'azote ou du méthane.


Sources :
- "Volcanism" de Hans-Ulrich Schmincke - Ed.Springer

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum

- Volcanologie - de J-M. Bardintzeff

- FaszinationVulkaneifel .de - link

- Maar-diatrème volcanoes, their formation and their setting in hard-rock or soft-rock environments - par Volker Lorenz, Inst. geologie Univers. Würzburg.

- Global Volcanism Program - West Eifel volcanic field

- documents "Vulkaneifel european geopark"

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après les cratères d'explosion et les lacs du Lombenben, nous passons en Europe avec les lacs de maars Français et Allemands.

 

VuePavin---ph.-super-Besse.jpg            France - Le lac Pavin en Auvergne adossé au Montchal - photo site de Super-Besse.

 

Le groupe du Pavin, situé dans le Massif central Français au sud de Clermont-Ferrand à proximité de la station de Super-Besse, forme une bande nord-sud de 6 km. de long, décalée de 3 km. à l’ouest par rapport à l’axe de la Chaîne des Puys. Les principaux volcans qui le composent sont le maar trachytique du Pavin, le cône strombolien du  Montchal, le maar d’’Estivadou et le Montcineyre, un appareil strombolien complexe.

Ces quatre appareils volcaniques se sont édifiés en 100 à 200 ans, il y a 7.000 ans.

 

Volcanisme-holocene-de-la-region-de-Besse-en-Chandesse---.gifCarte du "Groupe Pavin" - volcanisme holocène de la région de Besse-en-Chandesse - doc. BRGM

avec les isopaques de la nuée trachytique ponçeuse du Pavin.

 

La structure qui nous intéresse dans le cadre des lacs de cratère est le lac Pavin.

Le lac Pavin a nourri l'imagination des habitants des communes environnantes depuis le Moyen-âge, et demeure associé à des histoires inquiétantes. Bien que cette origine demeure controversée, il se pourrait que son nom soit dérivé de "pavens " qui signifie "épouvantable " en latin.

La noirceur de ses eaux par temps couvert, directement liée à sa profondeur, et un texte du 17°siècle peut-être contemporain d’une éruption limnique, « ses eaux tourbillonnantes, sensibles au moindre mouvement, et recouvertes de brouillards », n'y sont probablement pas étrangers.

Deux principales légendes sont reprises par les brochures touristiques, qui soulignent volontiers l'aspect effrayant du lac. On raconte ainsi qu'il serait né de la colère divine face aux moeurs légères des femmes de l'ancienne ville de Besse : Dieu aurait noyé la cité sous des eaux diluviennes afin de punir ses habitantes. Le clocher de l'ancien village englouti serait même visible par temps ensoleillé...

Autre légende populaire : le diable se serait assis au bord de ce gouffre, et aurait pleuré toutes les larmes de son corps au point de faire naître un lac. Pour preuve : la "chaise du diable ", ces deux pierres planes qui semblent former un siège digne du Seigneur des Ténèbres.

 

Lac Pavin par temps couvert - Institut de Physique du Glob                                    Le lac Pavin, par temps couvert - photo IPGP

 

La formation du plus jeune volcan de l’hexagone :

Le Montchal, un appareil strombolien, au cône bien conservé, s’est édifié il y a environ 7000 ans ; il a émis trois coulées trachybasaltiques. Une première s’est épanchée vers le sud en recouvrant un marécage et est parsemée de pseudo-cratères (type Myvatn en Islande). La deuxième s’est orientée à l’ouest, la dernière a parcouru 16 km. vers l’est en empruntant la vallée glaciaire de la Couze-Pavin. Il a de plus parsemé les environs de lapilli basaltiques légers et de teinte rouille.

 

Puy-de-Monchal-et-Pavin---vues-aeriennes-super-besse.JPG      Le Montchal, cône strombolien boisé, et le lac Pavin - photo "vues aériennes super-Besse".


Le cratère d’explosion du Pavin a découpé à l’emporte-pièce le socle et la coulée nord-est du Montchal ; les explosions violentes, en raison de la frormation-lacprésence d’eau superficielle et de la nature trachytique riche en gaz du magma, ont recouvert la région de cendres mêlées à des blocs de toutes tailles. La nuée trachytique s’est essentiellement dirigée vers le sud et le sud-ouest, où le manteau de projections atteint encore plus de 50 cm. à Compains, plus de 7 km. du cratère.

Schéma de formation du maar - doc. IPGP.


Le maar formé forme un cercle parfait de 750 m. de diamètre, qui s’est rempli d’eau. Malgré les diverses vagues de sédimentation, le lac Pavin demeure très profond : 92 mètres.

Le lac Pavin possède un régime hydrique particulier, qualifié de méromictique. Cela signifie que ses eaux de surface ne se mélangent pas à Shema-Pavin----IPGP-D.Jezequel.jpgses eaux profondes, au contraire des lacs standards dont les eaux sont entièrement brassées, homogénéisées et donc oxygénées. Ce lac de cratère présente deux masses d’eaux compartimentées : si comme dans tous les lacs, la masse d’eau supérieure est régulièrement brassée au fil des saisons, la partie profonde est stable et, de ce fait, chargée en sels et gaz dissous (CH4, CO2).

Schéma du lac méromictique Pavin - D.Jézéquel / IPGP.
La frontière entre ces deux zones se situe à environ moins 60 m dans le cas du Pavin. Cette propriété s’explique par la forme presque conique du lac (en coupe transversale), mais également par sa situation protégée des vents.


La polémique du Pavin :

En 1993 une expertise scientifique commandée par le ministère de l’Écologie avait conclu à l’absence de risque de dégazage spontané en raison des faibles teneurs en gaz dissous.


Deux experts indépendants , Pierre Lavina , géologue-volcanologue, et M. Thierry del Rosso, ingénieur hydrogéologue et géotechnicien, ont effectué le 21 avril 2008 une communication sur des risques naturels pouvant concerner le Pavin à la Réunion des Sciences de la Terre qui s’est tenue à Nancy.
Ils ont soumis au débat scientifique leurs conclusions faisant apparaître de nouvelles hypothèses : rajeunissement de l’histoire du site, débordement du lac, glissements de terrain.


Un colloque international a eu lieu en mai 2009 sur « le Lac Pavin et autres lacs méromictiques »

Il en ressort :

- que les dégazages nouvellement localisés seraient soit d’origine organique, pour le méthane et les gaz soufrés, soit d’origine mantellique, pour le CO2.

- les glissements sous-lacustres qui ont eu lieu par le passé sont d’un volume relativement faible, de l’ordre de 10.000 m³ chacun, trop faibles pour engendrer un retournement du lac.

- la plate-forme sur le côté nord du lac vers l’exutoire serait contemporaine de la formation du maar : une grosse partie du volcan s’est effondrée sur cette partie nord du volcan et datée de 6900 +/- 110 ans BP. Cet effondrement est un glissement vertical comme en connaissent les maars , où des pans entiers des flancs du cratère glissent vers les parties basses.

- les formes cratériques observées sur la coulée de Cocudoux (sud de Montchal) , les formes coniques sur la coulée de Montchal et les coulées de boue le long de la Couze Pavin sont interprétées différemment d’après les équipes, formées par les indépendants Lavina - del Rosso, ou le laboratoire Magma et volcans , avec Boivin et le BRGM.

 

Bien que ces informations concernent a priori des événements anciens, les pouvoirs publics ont engagé une démarche préventive (sécurisation des falaises, étude de la stabilité des versants) pour savoir si ce site, second site naturel le plus visité d’Auvergne, présente des risques à court terme pour la sécurité des populations.

 

Sources:

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière aux éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM - Pavin-Montchal - link

- Activolcans - les dernières études sur le lac et le volcan - colloque de 2009

- Planète Terre - les mystères du lac Pavin - link

- Global Volcanism Program - Chaînes des Puys

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

En Indonésie, le Lokon-Empung a connu le 24.04 une activité explosive ressentie à 5 km. du Tompaluan, le cratère actif, sans manifestations observables étant donné la couverture nuageuse. Le 25, un panache de dégazage était visible montant à 50-100 m. au dessus du cratère.

Une recrudescence d'activité marque le volcan depuis lundi ; son niveau reste à 3, accompagné d'une zone d'exclusion de 2,5 km.

Source : VSI

 

RDC - Nyiragongo et Nyamuragira

Au Nyiragongo, l'OMI détecte une quantité de SO2 accrue, pouvant être liée à une hausse d'activité du lac de lave, tandis que le Modvolc détecte, lorsque les conditions le permettent, une importante anomalie thermique ... à suivre

Source : Activolcans

 

Une activité anormale est rapportée par le site Gorilla CD pour le Nyamuragira

 

enyamsett2011.jpg                                Nyamuragira - la caldeira en septembre 2011 - photo Gorilla CD


 Lu Anne Cadd, communications officer, rapporte que le 24 février, le réseau de surveillance sismique de l'OVG / Goma a enregistré une série significative de séismes liés à des explosions originaires du cratère du Nyamuragira. En même temps, l'activité au site de l'éruption débutée en novembre 2011, au nord-est du cratère, se réduisait fortement.


Début mars, une forte odeur de dioxyde de soufre est détecté, tandis que de la fumée émane du sommet du volcan, de l’emplacement de l’ancien lac de lave.


En avril, un survol du volcan montre que l’activité s’est accrue dans la zone sommitale avec un dégazage provenant d’un pit crater situé à l’emplacement du lac de lave avant sa vidange en 1938-1940.

(138 Mm³ de lave s’étaient répandu et le lac de lave avait disparu - GVP)

La dernière activité sommitale date de janvier 2010, où de la lave en provenance du pit crater situé dans la partie NE de la caldeira s’était répandue dans le cratère et le long d’une fracture située côté sud. Une fissure dans le flanc du volcan à 1,5 km. de la caldeira avait produit des fontaines de lave et construit un spatter cone.

 

-nymulagira-crater-19-april-2012---Gorilla-CD.jpgNyamuragira - dégazage du pit crater situé dans la caldeira sommitale le 19.04.2012 - photo Gorilla CD.

 

Source : Gorilla CD 25.04.12

 

 

Au Popocatepetl - Mexique, les émissions diminuent en nombre et teneur en cendres du panache, avec une sismicité en décroissance elle aussi.

L'inconnue provient du dôme présent dans le cratère, toujours bien incandescent la nuit, dont le volume atteindrait 100 millions de m³ ... il est impossible de connaitre sa perméabilité aux gaz, ni son éventuel état de surpression, qui pourrait engendrer une explosion.

Le pronostic reste "réservé" et les autorités maintiennent la mobilisation.

 

Une image de la Nasa réalisée le 23.04 / 17h17 UTC montre un panache de gaz et vapeur dérivant vers le SSE.

 

popocatepetl_aster---23.04.2012.jpgPopocatepetl 23.04.2012 - image en fausses couleurs, où la végétation est colorée en rouge.

NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using data from the NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team. Caption by Adam Voiland.  Instrument: Terra - ASTER

 

Sources :Cenapred & Nasa

 

Cette revue n'est pas exhaustive ; pour plus de détails, consultez les sites du Global volcanism Program et Activolcans

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après le bleu profond de Crater Lake, nous passons à un lac acide aux couleurs changeantes.

 

Aoba---Voui---Manaro-Lakua---Karoly-Nemeth-Massey-un.-2005.jpgDeux des trois lacs du Lombenben : à l'avant-plan le Voui, bleu turquoise, et au fond le lac Manaro Lakua - photo Karoly Nemeth / Massey univ.

 

Ambae et ses trois lacs :

 

Située au nord de l'archipel du Vanuatu, l'île d'Ambae a une forme Ambae island - aoba volc.allongée - 16 km. sur 38 - alignée sur une zone de rift NE-SO. ponctuée de cratères et cônes de scorie. C'est un volcan-bouclier basaltique massif: l'Aoba, aussi référencé comme Manaro ou encore Lombenben. Sa base repose à moins 3000 m. , son sommet est à 1500 m. et son volume atteint 2500 km³.

Le volcan est couronné par deux caldeiras concentriques, la plus petite contenant trois lacs :  les lacs de cratère Manaro Ngoru (diam. env. 300m), Manaro Vui (diam. env. 2,1km), et Manaro Lakua (diam. env. 1,3km).

 


La fréquence des éruptions de ce volcan lors du dernier siècle est resté très faible, cependant chacune d'entre elles ont présenté un caractère explosif marqué.

La présence de deux caldeiras emboîtées, occupées par des lacs, ainsi que l'affleurement de dépôts pyroclastiques et de lapilli accrétionnés démontrent que par le passé des éruptions beaucoup plus importantes ont eu lieu.

La dernière éruption de flanc, il y a 300 ans, a détruit la population de N’dui n’dui sur la côte ouest.


Les lacs de la caldeira interne :


Les 3 lacs au sommet Aoba

Carte simplifiée de la zone sommitale du Lombenben - 1995 - Courtesy of ORSTOM / map IGN.


- Le lac Manaro Ngoru - Ngoru signifiant sec -  est généralement sec à marécageux ; il peut être inondé durant les périodes cycloniques.


- Le lac Manoro Lakualakua signifiant grand  - s’est formé par une accumulation d’eau dans une zone basse de la caldeira sommitale.


- Le lac Vouivui signifiant poison - est un lac acide de couleur bleu turquoise (en période calme) ; son volume est estimé à 50 millions de m³, pour une profondeur maximale de 150 mètres. Le mélange d'acide chlorhydrique et sulfurique a un pH moyen de 1,6 et cette solution, brassée par une convection active, présente régulièrement des sédiments ou des précipités chimiques (gypse, silice) à la surface.

Une forêt tropicale très dense qui recouvre toute l'île au delà d'une altitude de 500 à 700 mètres, avec une pluviométrie moyenne annuelle de 5.000 mm rendent difficile l'accès aux cratères.


Depuis 1990 une reprise d'activité a été constatée dans le cratère du lac Voui ce qui a entraîné une déforestation sur les îlots et en bordure de celui-ci dans la direction des vents dominants qui emportent les gaz acides vers la zone ouest du lac.


L’éruption phréatique du 3 mars 1995 a été accompagnée d’un panache de cendre et vapeur atteignant l’altitude de 3.000 mètres. La photo du 20 mars, soit 17 jours après l’éruption phréatique, montre des cellules de convection actives de 300-400 m. de diamètre et une montée en température importante du lac qui a entraîné par évaporation une baisse du niveau de près de 7 mètres, soit la disparition d'un volume de quelque 13.500 m³ d'eau. Au début de juin 1995 la température du lac était encore de 40° C. Outre l'observation d'une reprise d'activité du lac en 1991, le séisme superficiel d'une magnitude de 4,8 enregistré le 4 décembre 1994 à proximité d' Aoba a été suivi de plusieurs répliques.

Une bathymétrie menée en 1996 par l’ORSTOM a montré que l’évent du lac Voui avait un diamètre de 50 m. et était situé à une profondeur de 50 m. A partir de 1998, le placement d’un hydrophone et de sondes de variation de température des eaux ont permis de suivre , via le système ARGOS, les changements de l’activité volcanique.

 

Le 27 novembre 2005, l'activité phréatique explosive se développe avec création d'un cône de cendres dans le lac Voui, qui contiendra par la suite un lac interne bouillant et fumant. L’éruption est de faible magnitude, mais la température du lac montre une augmentation rapide : la première anomalie thermique ayant été repérée par le satellite Modis le 19 novembre 2005.

 

Aoba---Lac-Voui-04.12.2005---Philipson-Bani-IRD.jpg          Lombenben - lac Voui, éruption phréatique, le 04.12.2005 - photo Philipson Bani / IRD

 

Sur une image thermique Aster, on peut voir la température moyenne du lac, 35,7°C ; un spot à 44°C , situé dans le cratère (cercle rouge) du nouveau cône de cendres (ligne noire), indique la température du petit lac interne. La température du lac Manoro Lakua est similaire à la température ambiante, 23,8°C. La différence de température entre les deux lacs est de 11,9°C.

 

Aster_SW2412.jpg                       Lac Voui - Image thermique ASTER 24.12.2005

 

En janvier 2006, la température du lac est retournée au niveau basal.

 

Lac-Voui---18.01.2006--E.Garaebiti-dep.geology-mines--water.JPGLac Voui - vue du cratère du cinder cone / nouvelle île montrant un lac interne de boue bouillonnante - Courtesy of Esline Garaebiti, Dept. of Geology Mines and Water Resources, Port Vila, Vanuatu.

 

En mai 2006, des changements importants de coloration du lac sont observés; il prend une teinte vineuse, puis carrément rouge, début juin, suite à un changement du processus d'oxydoréduction des eaux chargées en fer, vraisemblablement liée à l'évolution du ratio SO2/H2S au sein des fluides hydrothermaux.

 

MANARO-MAY06 249lac-Voui-03.06.2006.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le 28.05.2006 - photo esline Garaebiti

  A droite, le 03.06.2006 - photo Philippe Métois.

 

Lac-voui---25.11.2006---M.Lardy-IRD.jpg

Lac Voui - 25.11.2006 - le cinder cone est ouvert sur le lac, le dégazage a stoppé - photo Michel Lardy / IRD Nouméa.

 

Début 2007, il ne reste plus qu'un croissant après l'érosion du cône.

Des villageois signalent un panache au dessus du lac en décembre 2009; ce regain d'activité est confirmé par les mesures de SO2 milieu 2010 et deux zones de fumerolles sont notées entourées d'eau décolorée.

Sources :

- Global volcanism Program - Aoba

- ULB - the november 2005 eruption of aoba volcano. - link

- Vanuatu geohazards observatory - Ambae - Manaro Vui


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ce vendredi 20.04 en soirée, le cône de scories du nouveau cratère sud-est de l’Etna a été le siège d’une activité strombolienne modérée, marquée par des explosions intracratériques et de faibles émissions de cendres à intervalles irréguliers, mais ne dépassant pas dix minutes.


Samedi, les émissions de cendres se sont poursuivies au rythme des explosions qui variait de 0-12 à 30-35 évènements par heure. Le signal de trémor en temps réel de l’INGV ne présentait pas de changements substantiels.

 

21.04.2012 trémor EBELZ                            Diagramme de trémor des 20-21.04.2012 - doc. INGV Catania

21.04.12 15hEtna NCSE 21.04.2012 / une bouffée de cendres émise durant l'après-midi -  webcam Radiostudio7

 


Lundi matin, vers 7h30, la webcam de L.A.V.E. montre de l’incandescence au niveau du cône et une petite coulée de lave.

 

23.04.12 7h20 webcam LAVEEtna NCSE - 23.04.2012 / vers 7h30, l'activité reprend et une coulée de lave est alimentée - Webcam L.A.V.E.


En début de soirée, 19h45 – 20h, le trémor et la sismicité sont en hausse … et de la lave recommence à couler sur le flanc du nouveau cratère sud-est.

23.04.12-tremor-19h28-EBELZ.gif

                  Diagramme de trémor le 23.04.12 18h28 loc (19h28 compensée) - doc. INGV Catania

 

Selon Boris Behncke, et les lueurs visibles sur la webcam thermique, la lave a été éjectée de deux petits évents sur le flanc SE du cône, et la coulée de lave émane de l’évent situé le plus bas.

 

23.04.12-19h18-Emot0366-copie-1.jpgEtna  - deux spots chauds sont visibles sur cette image thermique à 18h18 locale (19h18 compensée) - Webcam therm. INGV Catania

 

23.04.12-19h44.jpg                       Etna NCSE 23.04.12 / 19h44 -l'activité reprend et la coulée est alimentée

 

23.04.12-20h01-webcam2_48.jpg23.04.12-20h07.jpg

 


Activité aux environs de 20h sur les wecams L.A.V.E. et Radiostudio7.

 

 

 

 


23.04.12-20h28tna.jpg

                            Etna NCSE - 23.04.2012 20h28 - webcam Radiostudio7


Vers 20h30, l’activité s’intensifie et on distingue une ébauche de fontaine de lave … avant que la couverture nuageuse ne vienne brouiller les images et ne laisser que des lumières fantomatiques, un éclairage extra-terrestre.

Après 22h, la lave continue de jaillir illuminant les nuages qui couvrent le sommet et alimentant la coulée dans la Valle del Bove.

 

Nuit de lundi à mardi :

Vers 0h30, une photo d’Etna Sci montre une belle activité strombolienne sommitale et une coulée alimentée dont le front s’étale.

 

24.04.12-0h30-de-zafferana-Etnea.jpg       Etna 24.04.2012 / 0h30 - vue de Zafferana Etnea - photo Dario Tori / Etna Si.it / Facebook

 

24.04.12-3h13.jpg

 

tremblements-24.04.12.jpg          Activité sismique durant le paroxysme - 24.04.2012 / INGV Catania (heures locales)


Entre 2h30 et 4 heures, de belles fontaines de lave ont assuré le spectacle, et des retombées de lapilli marquent le sud-est du volcan, comme on peut l’entendre sur la vidéo de "Franzix"  prise de Giarre.

 

 

 

24.04.12-tremor-EBELZ.gif

                                    Diagramme du trémor des 23-24.04.2012 - doc. INGV Catania

 

Une longue phase d’effusion semble avoir amoindri la puissance de la phase éruptive au moment du paroxysme … cette remarque, en attendant les commentaires des volcanologues et autres observateurs sur place.

 

Sources :

- Webcams  INGV, Radiostudio7, L.A.V.E.

- Suivi web différé

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Crater Lake, nom donné au lac et communément au volcan qui l’abrite , est situé en Oregon – USA, dans la chaîne volcanique des Cascades.

 

usa-2351-copie.jpg                     Crater Lake / Oregon  : the "Deep blue lake" - ©JM. Mestdagh

 

L'histoire de sa formation :

Le lac de cratère emplit la caldeira effondrée du volcan ancien Mazama. Initialement, le Mazama était un complexe de volcans-boucliers et stratovolcans imbriqués, construits il y a 400.000 ans à base de matériaux principalement andésitiques.
Les derniers 70.000 ans virent l'activité devenir plus explosive, avec l'expulsion de dacite et rhyodacite.
Il y a environ 7.700 ans (5.677 BC), eu lieu une des plus forte éruption explosive répertoriée durant l'holocène. De VEI 7, cette éruption plinienne éjecta un volume de lave égal à 600 millions de m³ et des tephra estimés à 150.000 millions de m³, qui se dispersèrent jusqu'au Canada.

L'éruption, estimée être 42 fois plus puissante que celle du Mont St Helens en 1980, a réduit la taille initiale du volcan, 3.400 m., de plus ou moins 800 mètres.
Après la vidange de la chambre magmatique, le volcan s'effondra sur lui-même, formant une immense caldeira de 8 km. sur 10.

 

usa-2880-copie.jpg" Phantom ship" - proche du bord interne SO. de la caldeira, le "Vaisseau fantôme" est formé en réalité par les restes érodés de dykes antérieurs au remplissage du lac, nourriciers de Phantom cone, le plus vieux des volcans (400.000 avant JC) formant la Mazama avant l'effondrement de la caldeira. -   ©JM. Mestdagh

 

Crater-lake-aerien---Semionk-wiki.jpg                         Vue aérienne de la caldeira  -photo Semionk / wiki


Cette éruption gigantesque a marqué l'esprit et la mythologie des amérindiens Klamath, contemporains du cataclysme d'après les archéologues. La légende raconte un combat entre le dieu du ciel, Skell et celui du monde inférieur, Lao. Le mont Mazama fut détruit au cours de la bataille , créant le Crater lake, devenu depuis un site sacré pour les indiens.  Intimidés par le superbe lac bleu, d'un bleu plus intense que le ciel et l'île fumante qu'il contenait (Wizard island, formée post-caldeaira), les indiens furent assurés que cet endroit était la demeure du Grand esprit.

 

Le lac et ses caractéristiques :

Il a fallu environ 250 ans pour emplir le lac à son niveau actuel; un équilibre s'est créé entre son alimentation exclusivement par précipitations, pluies (1.331 cm./an) et neige (13 m./an), et son évaporation, en absence de sources et de rivières y entrant (lac méromictique). Le "turnover" total des eaux est incomplet, et on compte au moins six ans pour effectuer l'échange entre les eaux oxygénées de surface et celles du fond.

 

Le niveau du lac est à environ mi-hauteur de celle de la caldeira, profonde de 1.200 mètres au maximum.

Au cours du dernier siècle, le niveau du lac a varié de seulement cinq mètres, avec des oscillations liées au climat qui peuvent s’avérer brusques..

Il est connu pour être le lac le plus profond des Etats-Unis, et le septième plus profond au monde. L’USGS a enregistré une profondeur maximale de 589 mètres en 1959 (par sonar), et de 594 mètres en 2000 (par relevés multifaisceaux).

 

map_geology_crater_lake_floor.gifMazama_bathymetry_survey_map.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

  hypsograph

  Carte géologique du plancher de la caldeira de Crater Lake , et bathymétrie - doc. USGS.

 

 

 

L'activité post-caldeira a produit des flots de laves et des cônes de scories andésitiques, "Wizard island" et "Merriam cone", peu après l'éruption paroxysmale et avant le développement du lac. La dernière éruption produisit un petit dôme de lave rhyodacitique sous la surface du lac, à l'est de Wizard island, il y a 4.200 ans.

Un volcan dans un volcan, Wizard island, l'île du sorcier, est accessible, l'été, par bateau. On peut examiner le cinder cone andésitique couronnant l'île, 233 m. au dessus du lac et qui possède un cratère de 90 m. de diamètre pour 27 m. de profondeur, appelé "Witches Cauldron", le chaudron des sorcières.

 

usa-2849-copie.jpgCrater lake et Wizard island - on distingue le cinder cone et une coulée formant une péninsule - ©JM. Mestdagh 

 

Les eaux du lac sont particulièrement claires ; le record de clarté a été mesuré à 41 m. de profondeur en 1994, grâce un disque de Secchi, un disque noir et blanc suspendu à un câble. Cette caractéristique est due principalement à son isolation par rapport à des sources d’alimentation extérieures, pouvant amener des sédiments , des matériaux organiques ou des polluants. La clarté peut varier de façon saisonnière en fonction du plancton naturel et des pollens amenés par les vents.


Une activité hydrothermale est toujours présente sur le plancher du lac, suggérant une future possible éruption du volcan. Les eaux du lac sont, étant donné l'action des sels dissous, d'un pH alcalin de 7 à 8.


whyblue2Le lac est appelé le "Deep blue lake " en raison de sa profonde couleur bleu d’encre ; cette extraordinaire couleur est due à la pureté de ses eaux, qui permet à la lumière incidente de se décomposer en spectre large … mais seules les longueurs d’onde de la lumière du domaine du bleu sont réfléchies par les eaux.


La température du lac varie en surface entre 0 et 19°C, mais en profondeur, en dessous de 80 m., sa température est proche de 4°C en permanence. Il n’est d’ailleurs que rarement pris par les glaces.

 

crater-lake--le-lac-de-la-legende---planetoddity.jpg    Crater Lake en hiver - une telle vue a pu marquer la mythologie indienne ! - doc.planetoddity.


Grâce à cette basse température qui a ralenti sa décomposition, un bois flotté s’y promène depuis au moins 1896, au gré des courants engendrés par les vents. Nommé "Old man of the lake ", ce tronc de tsuga long de 9 mètres, se tient verticalement dans les eaux en ne laissant dépasser qu’une partie blanche usée et creusée par les éléments haute de 1,2 m. La clarté du lac permet de le voir en entier.

 

 

old-man-of-the-lake.jpg

                            "Old man of the lake" - le légendaire bois flotté de Crater Lake - NPS

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Crater lake

- Crater Lake Institute - link

- National Park Service - crater lake - link

- NPS - the waters of Crater Lake

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Kawah Ijen, popularisé par les images des Krafft, puis celles de Nicolas Hulot, est maintenant connu de tous pour sa mine de soufre et ses célèbres porteurs.

 

de-Tianyake.jpg                  Le lac et la solfatare du Kawah Ijen - photo Tianyake

 

Il convient cependant de replacer le " cratère vert " dans son contexte géologique. Le volcan Ijen, contenant le lac acide, est adossé au Gunung Merapi (celui de Java-est), tous deux faisant partie avec d’autres volcans de la caldeira de Kendeng, formée il y a environ 50.000 ans lors de l’effondrement de l’Old Ijen, un stratovolcan dont la formation remonte elle à 300.000 ans.

 

1937--Caldera-de-KENDENG--massif-de-l-Idjen-et-Raung.JPGLa caldeira de Kendeng (appelée ici Ijen Hoogland) et les massifs de l'Ijen et du Raung - carte de 1937 Atlas van Tropisch Nederland 

Le Kawah Ijen est situé à doite de cette ancienne carte.

 

Old ijen copie                 Les restes de l'Old Ijen et la caldeira de Kendeng (ou de l'Idjen) - carte ULB

 

Le lac acide du Kawah Ijen :

L’activité volcanique est restreinte actuellement au volcan Ijen, qui abrite un lac de cratère acide depuis au moins 200 ans. ; ses éruptions historiques sont principalement de nature phréatique.

 

Le lac, situé à 2200 mètres au dessus du niveau marin, a une forme ovale régulière ; ses dimensions : 600 m. sur 1.000m, et une surface de 41 Mm² pour un volume estimé entre 32 et 36 Mm³.

Sa morphologie n’a pas beaucoup changé entre les cartes établies en 1920 (Kemmerling ) et celle du VSI en 1994, malgré les éruptions phréatiques répétées. Par contre, celle du fond du lac s’est modifiée : en 1925, son point le plus profond est mesuré à 198 m. et localisé à l’est du centre. En 1938, il migre vers l’ouest, ce qui confère au lac plusieurs points bas : une profondeur de 200 m. environ au centre, et en différents points à l’ouest.

 

Les volcanologues hollandais ont montré une relation entre le taux de précipitations, la température et le niveau du lac. Les précipitations annuelles dans la zone de l’Ijen sont variables entre la saison humide (novembre à avril) et la saison sèche (de mai à octobre) , avec un maximum de 2,5 mètres/an. Le niveau du lac peut monter de 4 mètres à la saison humide.

Un barrage a été construit en 1931 par les hollandais pour réguler le niveau des eaux et prévenir des débordements qui peuvent s'avérer catastrophiques en saison humide; ces installations ne sont plus opérationnelles comme elles le devraient.

Les températures de surface du lac sont toujours supérieures à celle de l’air ambiant et décroissent généralement en saison des pluies ; la moyenne est de 40°C, avec un maximum à 46° et un minimum à 32°C (mesures entre 1980 et 1993).

En périodes d’activité " normale ", les températures sont relativement homogènes et ne varient pas significativement avec la profondeur.

 

La chimie du lac est déterminée par la dissolution de substances volatiles d’origine magmatique,de l’interaction entre les fluides et les roches, de l’évaporation de l’eau du lac, de leur dilution par les eaux météoriques et du recyclage des eaux dans le système hydrothermal sous la surface. Le lac agit comme un condenseur chimique de substances volatiles, introduite par injection directe de gaz magmatiques via des fumerolles subaquatique ou à partir de saumures chaudes au fond du lac, et comme un calorimètre capturant la chaleur émise par un réservoir magmatique superficiel.

 

J.-Blethrow_Ijen5.JPGLe lac acide du Kawah Ijen - au fond, au centre, le barrage construit par les hollandais - photo J. Blethrow.


Chimiquement, le Kawah Ijen est un lac acide de type sulfate-chlorure, chargé en éléments dissous. Son pH est bas , environ 0,2 .

La forte acidité et les hautes concentrations en sulfates, chlorures et fluorures sont attribuées aux gaz magmatiques sortant au fond du lac.

Des échantillonnages répétés et leur comparaison avec les données antérieures montrent que la composition est restée constante au cours des dernières 60 années.

Les concentrations ne varient pas de façon marquée avec la profondeur, signe que les eaux du lac sont bien mélangées et les processus chimiques stables, avec des variations saisonnières liées aux différences de volume global.

 

Des agrégats de sphérules de soufre peuvent être vus flottants en surface ; Pris individuellement, les globules sont creux et ont un diamètre de plus de 5mm. Ils contiennent des inclusions microscopiques de cristaux de sulfures (pyrite, bismuthinite, luzonite et stannite). Ces globules de soufre natif auraient pour origine de bassins de soufre liquide situés sur le fond et sont ramenés en surface par la décharge gazeuse, ou seraient formés par oxydation en milieu aqueux de bulles de gaz riches en H2S.

Des couches de sédiments lacustres riche en soufre sont exposés sur la paroi interne du cratère ; ils contiennent du soufre pyroclastique, originaire d’éjection de matériaux profonds au cours des explosions phréatiques.

 

Blethrow_Ijen1-copie.jpg                      La mine de soufre du Kawah Ijen - photo Justin Blethrow.

 

Les gaz émis par le volcan s’échappent pour une part sur les bords du cratère et forment une solfatare très active. Les activités minières s’y sont développées depuis les années 60.

La température des gaz varie autour de 200°C, avec des maxima mesurés en 1979 à 244 °C ; elle semble indépendante des variations de pluviométrie saisonnière.

La composition chimique  des gaz est typique des gaz de haute température caractérisant les arcs volcaniques.

 

drainages-DKIPART314.jpgLa rivière Banyupahit- Banyuputih (cours moyen dans la caldeira) et les sources chaudes, drainages du lac acide du Kawah Ijen - doc. ULB / Ijen volcanic complex.

 

La rivière hyperacide Banyupahit-Banyuputih et ses effets sur la santé:

Le trop-plein du lac se déverse au niveau de la caldeira dans la rivière appelée Banyupahit (les eaux amères), avec un débit de 50 litres/seconde dans la région sommitale. Un peu avant sa sortie de l’enceinte de la caldeira, près de Blawan, cette rivière voit sa composition chimique changer par l’apport des rivières Kalisat et Kalisengon, et la décharge des sources chaudes ; sa couleur varie également, son apparence devient laiteuse et on la dénomme Banyuputih (les eaux blanches).

 

Banyu-Pahit-river---Temp-et-pH.jpg

Carte du cours supérieur de la rivière Banyupahit, avec indication de pH, température et teneur en Cl et Fe (colorimétrie) - doc. GVP par the McGill University, Simon Fraser University, and the Institut Teknologi Bandung (ITB) research team.


Le pH des eaux  varie de 0,5 (le pH du lac ) au départ de la rivière, dont les eaux sont vert-pâle, pour monter de deux unités au moment de la dilution par les eaux neutres des rivières confluentes. Au niveau du barrage d’irrigation près de Liwung, le pH en saison sèche est de 3 à 4,5.

 

Les eaux de la rivière Banyuputih sont utilisées pour l’irrigation de 3.500 hectares de terres agricoles abritant principalement du riz et de la canne à sucre. Cette région est habitée par environ 100.000 personnes.

La composition chimique de ces eaux a un effet certain sur la santé des personnes qui en dépendent.

Des analyses pratiquées en 1996 révèlent que 150 tonnes de sulfates, 2,8 tonnes de fluor, 50 tonnes de chlore, 10 tonnes d’aluminium, 34 tonnes d’oxyde de silice, 420 kg. de manganèse, 35 kg de titane et 4 kg de cuivre sont déchargés journellement dans le réseau d’irrigation. A long terme, le lac et le système de rivière apportent des millions de tonnes de métaux lourds dans la région côtière. Les puits utilisées comme source d’eau potable contiennent de hautes doses de fluor, responsable e.a de problèmes dentaires. L’action des autres éléments toxiques, Al, Mn, As, Cd, Hg, Pb, Se, Cu et Zn, sur la santé n’est pas à négliger non plus. (Delmelle & Bernard 2000).

 

Sources :

- Global Volcanism program - Ijen

- ULB - Ijen volcanic complex - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Kelud (ou Kelut) est un stratovolcan javanais andésito-basaltique, haut de 1731 m, au sommet occupé par un lac de cratère responsable de nombre d’éruptions meurtrières.

Son profil tourmenté est en rapport avec la présence d’un groupe de dômes de lave sommitaux (Gajah Mungkur, Gunung Sumbing ), recoupé de cratères. Ses flancs est, ouest et sud-sud-ouest sont aussi ponctués de cônes satellites et dômes de lave.

 

Kelud-2005---MR.jpg

Java - Kelud : le cratère et son lac, en 2005 -  avec l'aimable autorisation de  © Martin Rietze - A.L.P.E.

 

Depuis l’an 1000, plus de trente éruptions ont été enregistrées. Les morts et les destructions sont dues à des éruptions brèves mais violentes au cours desquelles l’eau du lac de cratère est éjectée, accompagnées de coulées pyroclatiques et de lahars.

Le Kelud domine des plaines densément peuplées, Kediri et Blitar. Quelques 2.390.000 personnes vivent sous ce volcan qui les surmonte de 1650 mètres. Il est d‘autant plus dangereux que ses flancs sont profondément entaillés favorisant les écoulements.

 

lahars-Kelud-1919--1966--GVP.jpg

Carte des drainages du flanc ouest du Kelud, avec les zones de Kediri et Biltar - avec les zones affectées par les lahars consécutifs aux éruptions de 1919 et 1966, et aux pluies après 1966. carte Rodolfo / GVP 1999.

 

En 1919, l'éruption a expulsé 38,000 m3 d'eau provenant du lac de cratère générant des lahars qui se sont écoulés jusqu'à 37 km du cratère et ont recouvert une superficie de 131 km2, inondant 104 villages et tuant 5,160 personnes (Thouret et al., 1998) … suite à celle-ci, des travaux de drainage du lac ont été entrepris, qui ont fait baisser le niveau de plus de 50 mètres. Ces efforts ont été anéantis par l’éruption de 1951 qui a approfondi le cratère de 70 mètres, laissant un volume de 50 millions de m³.

En 1966, une nouvelle éruption a fait plus de 200 morts ; après quoi, un autre tunnel de drainage plus profond fut creusé, réduisant le volume du lac à seulement un à deux millions de m³. Des travaux de contrôle des lahars – Sabo dam - ont également été pratiqués.

 

La composition de ce lac de cratère diffère de celles fréquemment observées dans les autres lacs de cratères actifs où les gaz magmatiques (SO2, HCl et HF) se déchargent directement dans le lac ou dans le système hydrothermal sous-jacent.

Les eaux du Kelud sont de type "neutre-chlorure" riches en Na et K qui reflètent plutôt un système hydrothermal où les fluides ont été complètement neutralisés par la roche et où l'apport de gaz magmatiques est inexistant.

Les eaux du lac du Kelud sont de pH neutre et seule une petite partie du

CO2 est transformée en bicarbonates, le reste passe à travers le lac et dégaze à la surface du lac. Les méthodes d'analyse des mesures de flux de CO2 ont permis de distinguer deux grands processus de dégazage. Le premier processus est un dégazage sous forme de bulles et le second est un transfert de CO2 par diffusion vers l'atmosphère. Ces deux processus de dégazage proviennent des fluides contenus dans le système hydrothermal. (ULB – Prof. Alain Bernard et Thèse d’Agnès Mazot 2004).


La surveillance par les équipes du VSI – Volcanological Survey of Indonesia  et de l’ULB – Université Libre de Bruxelles / FUNDP a révélé l’influence hydrothermale du lac depuis le début des années 90. Sa température  a été de plusieurs degrés supérieure à celle de l’air ambiant, en gardant un pH proche de la neutralité. En 2004, sa profondeur était de 34 m., son diamètre de 350 mètres pour un volume de 2,1 Mm³ d’eau (VSI).

 

Entre août et septembre 2007, la couleur du lac se modifie, passant du traditionnel vert à jaune puis bleuté.

 

Kelud-ULB-colour_150807_ss.JPGKelud-ULB-colour_310807_ss.JPG

Kelud---ULB-colour_060907_ss.JPG

Changements de couleur du lac du Kelud, respectivement les 15 et 31 août et 7 septembre 2007 - Photographs courtesy of Akhmad Solikhin and Khirul Huda (CVGHM)./ ULB / A. Bernard

 

2007---Kelud---GVP.jpg

Volcan Kelud - Sismicité, température e l'eau du lac et niveaux d'alerte du volcan entre juin et novembre 2007 - doc. GVP / Surono & A. Bernard.

 

Début novembre 2007, l’extrusion d’un dôme de lave substantiel a débuté au centre du lac de cratère ; cette activité fut passive, même au niveau du contact entre le dôme et le lac, sans projections d’eau , ni de cendres. Le dôme a grandi rapidement, formant une structure déprimée au centre, et entourée des restes du lac. Fin novembre, le dôme est qualifié de stable, bien que toujours en éruption.


kelud_e33219.jpg

Kelud - le dôme de lave et les restes du lac de cratère le 30.11.2007 ; de nombreux fragments se détachent du dôme et roulent sur ses flancs et on aperçoit la dépression sommitale - photo © Tom Pfeiffer / Volcanodiscovery in GVP.

 

Kelud-06.12.2007---CVGHM.jpg

                        Le dôme du Kelud le 06.12.2007 - photo CVGHM / ULB - A. Bernard

 

kelud--26Jan2008---ULB.jpg

Le dôme du Kelud est devenu plus anguleux et occupe toute la place dans le cratère - 26.01.2008 - photo CVGHM / ULB - A. Bernard

 

En mai 2008, des rapports provisoires estimaient que l’extrusion du dôme avait cessée ou était suspendue. Le VSI estimait alors ses dimensions à 20 m de haut, 400 m. de large, pour un volume de 35 millions de m³.

Au milieu du mois de mai, le lac a pratiquement disparu ; les températures des eaux mesurées à la terminaison du drainage, à 960 m. du dôme, restent supérieures à celles du lac lui-meme, 66,7 °C.

L’activité phréatique et le dégazage magmatique demeurent faibles, avec une petite quantité de poussières émise et l’absence de lahars … le niveau d'alerte du Kelud est repassé au vert le 12 mai 2008.

 

Kelud-dome-26.11.2010---2-AVE.jpg             Kelud - le dôme est toujours bien fumant en novembre 2010 -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kelut

- ULB - thèse d'A. Mazot -Dégazage du CO2 et bilan thermique du lac de cratère du Kelud - 2004

- IAVCEI - Commission of Volcanic lakes - Kelud volcano is showing many signs of unrest since july 2007 / ULB - link

- Photos ALPE / M.Rietze, VolcanoDiscovery / Tom Pfeiffer, Antony Van Eeten.

Lire la suite

1 2 3 4 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog