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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Eric Reiter nous fait un bonus ce jour, avec la parution d'un e-book  

 

  " L'Etna vu du ciel "


 

598403_3860543505412_631266018_n.jpg                                     Un clic sur la photo vous ouvre cet e-book

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

El Chimborazo est le plus haut stratovolcan d’Equateur, avec 6.310 mètres, situé à l’extrémité sud de l’Avenue des volcans, à 30 km. au nord-ouest de Riobamba.

 

El-Chimborazo-2010-JLEN.jpg                        El Chimborazo - Ecuador - photo José Luis Espinosa Naranjo


L’origine de son nom reste obscure : certains linguistes affirment qu’il combine schingbu, qui signifie femme en language Cayapa, et razo, traduisant neige en Quéchua … soit Femme de neige.

Les natifs des environs le nomme Urcorazo, venant du Quéchua Urco = montagne et razo = neige ou glace. …Montagne de glace.


Avant la conquête espagnole, la région était peuplée par les Puruhá, peuple d’agriculteurs qui y cultivait maïs, haricots, courges, et pommes de terre. Bien que leur identité culturelle se soit perdue, on sait qu’ils considéraient le Chimborazo comme leur ancêtre et lui offraient des sacrifices humains.

 

Chimborazo, Ecuador 2011 - David torres Costales

                   Une vigogne, sur fond de Chimborazo - photo David Torres Costales 2011

 

Ce volcan à dominante andésitique à dacitique est principalement daté du Pliocène au Pléistocène. Il y a 35.000 ans, son effondrement a produit une énorme avalanche de débris qui a atteint les environs de Riobamba et créé un barrage sur le rio Chambo, donnant vie à un lac temporaire. Les éruptions qui ont suivi ont été de nature andésitique et ont construit trois édifices alignés est-ouest. Ses dernières manifestations sont dates de l’holocène, avec production de surges pyroclastiques qui sont descendus jusqu’à une altitude de 3800 m.

800px-Chimborazo-sketch-copie.pngCe volcan massif a un diamètre de 48 km. Son cratère, d’un diamètre de 488 mètres, est profond de 249 mètres.

 

Carte via Montaineering inthe Andes / J.Neale.


Quatre sommets le caractérisent : le Whymper, ainsi nommé en l’honneur de son premier vainqueur en 1880, le britannique Edward Whymper (point culminant avec 6.310 mètres), le Veintimilla (6.267 mètres), le Politecnica (5.820 m) et le Nicolas Martinez, du nom du père de l’alpinisme Equatorien (5.570 m).

 

Chimborazo-06.2010---5-JLEN.jpg                    Glaciers sommitaux du Chimborazo -  photo José Luis Espinosa Naranjo 2010

 

Chimborazo---Fl.Dujardin--3---2008.jpg                    Sur les hauteurs du Chimborazo - photo Florentine Dujardin 2008

 

Chimborazo_shadow---Gerd-Breitenbach.jpgDu bas, le Chimborazo n'apparait pas conique ... mais son ombre prouve sa forme générale - photo Gerd Breitenbach.


Bien que situé à proximité de l’équateur, il est couvert de glaciers ; ceux-ci ont régressé au cours des cinquante dernières années en raison du réchauffement climatique, mais aussi à cause des chutes de cendres en provenance de son voisin le Tungurahua … ces cendres jouent le rôle de corps noir, emmagasinent la chaleur et font fondre les neiges du sommet. Sources d’eau pour les équatoriens, les glaciers sont aussi exploités pour leur glace qui alimente les marchés.

 

ChimborazoTungurahua ETM 20010916 copie    Quatre volcans de l'extrémité sud de l'Allée des volcans équatoriens - image Landsat7 - Nasa 2001


Situé historiquement au centre des riches colonies espagnoles d’amérique du sud, et connu depuis le 16° siècle, le Chimborazo a longtemps été considéré comme le plus haut sommet du monde … depuis la cartographie plus précise des Andes et de l’Himalaya l’ont détroné au profit de l’Everest, qui est , avec ses 8.848 m., le plus haut sommet par rapport au niveau de la mer.

 

Chimborazo---2-AVE-2010.jpgL'Equateur tient à son record, comme en témoigne cette plaque des instituts géographiques équatorien et français - photo Antony van Eeten 2010.


Mais le Chimborazo reprend le flambeau, si l’on se réfère au centre de la terre : en effet, la terre étant une ellipsoïde de révolution, son rayon équatorial mesure 21 km. de plus que le rayon polaire. Des calculs pointent donc le sommet du Chimborazo à 6.384.684 mètres du centre terrestre, alors que l’Everest n’en est qu’à 6.382.467 mètres, soit 2.200 mètres de moins. Viva el Chimborazo !

 

distance-p.r.centre-terre---Klenke-Summitpost.jpg                      Distance sommets -  centre de la terre - Doc. Klenke / Summitpost.

 

Son ascension est faisable, à condition d’une acclimatation à l’altitude, et d’une bonne condition physique. Le froid, les vents violents, les traditionnels penitentes andins,… et aussi les crevasses sont autant de dangers qui attendent le grimpeur. Pour en témoigner, un accident relaté ce 17 juin 2012 par fox News Latino : Un grimpeur espagnol de 31 ans est tombé dans une crevasse à une altitude de 5.600 m. et y serait décédé.

 

Chimborazo---3-AVE-2010.jpgChimborazo ... ce volcan reste une haute montagne, avec ses risques inhérents - photo Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Chimborazo

- Summitpost - Chimborazo

- Benjamin Bernard - récit : "mon premier Chimborazo" - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Alaska / Aléoutiennes : Cleveland.

Une explosion s’est produite sur le Cleveland mardi 19 juin vers 14h05 (heure locale) selon l’AVO. Elle a généré un nuage de cendre de 8 km de hauteur. L’événement  a été bref.

Le Cleveland n’est pas monitoré directement … le niveau d’alerte aviation est passé à l’orange le 19 juin, suite à l'observation d'une activité explosive au sommet de l'édifice hier soir 22h05 TU. Une phase explosive, visiblement très courte, a été repérée produisant un panache haut d'environ 8000m. (AVO - Activolcans)

 

12.06.12-Cleveland-webcam-rec-jpg                        Cleveland - webcam 19.06.2012 / 14h14 - AVO / USGS


Mexique : Popocatépetl.
Dans son rapport du 18 juin, le Cenapred signale 17 " exhalations " sans précision quant à leur teneur en cendres. Le 19, 26 " exhalations " de basse intensité et 19 dans la nuit du 19 au 20.

La webcam a enregistré un panache volumineux de vapeur et gaz et de l’incandescence nocturne.

Le trémor spasmodique reste faible à modéré et le niveau d'alerte volcanique en phase 3 / Jaune.

 

 

 

18.06.12-Popo.jpg

           Popocatépetl - 18.06.2012 12h12 GMT - panache de vapeur et gaz -  webcam CENAPRED


Costa Rica : Turrialba  et Arenal

Une belle photo, prise le 16 juin, du sommet rarement dégagé de l’Arenal permet devoir un cratère déprimé et des fumerolles bien actives … le volcan est noté comme étant au repos depuis décembre 2010.(GVP)

 

Juin-2012-Ovsicori.jpg                  Arenal - cratère dégagé et fumerolles - photo Fechako / Ovsicori-Una

 

Le Turrialba connaît un regain d’activité avec émission d’un panache le 16 juin

(Red sismologica Nacional - Telenoticias 7)

 

16.06.12-5h30-Turri-G.Sequeira-Pereira-RSN.jpgLe panache du Turrialba, depuis la localité du même nom, le 16.06.2012 / 5h30 - photo Gerardo Sequeira Pereira / Red Sismologica Nacional.

 

Colombie :  Galeras et Nevado del Ruiz.

Le Galeras continue à émettre des panaches de cendres, enregistrés photographiquement les 17 et 18 juin par l’observatoire de Pasto / Ingeominas, mais non décrits.

 

17.06.12---Galeras.jpg                            Galeras - 17.06.2012 - photo Ingeominas Pasto


Au Nevado del Ruiz, les webcams ont enregistré le 18.06 un panache de vapeur et gaz, et le 19.06 un panache de gaz, vapeur et cendres montant à 400 m. avant de se dissiper vers l’est.

L’activité sismique du 19 juin est liée à la fracturation de roches et localisée au NE du cratère Arenas, entre 3 et 5 km de profondeur (M 1,3).

 

18.06.12-NdR--_075342M.jpg                             Nevado del Ruiz - 18.06.2012 - photoIngeominas Manizales

 

Papouasie – Nouvelle-Guinée : Manam

Le volcan, en éruption strombolienne plus ou moins continue depuis octobre 2011,a émis un panache le 16.juin, qui est monté à 3.000 m de hauteur. Le VAAC Darwin précise que le panache a été produit par une phase éruptive responsable de quatre coulées pyroclastiques dans la ravine sur le flanc sud-est. Le niveau d’alerte aviation reste à l’orange.


Iles Canaries : El Hierro.
De nouveaux essaims sismiques ont marqué la zone d’El Golfo, reflétant vraisemblablement une petite intrusion magmatique en profondeur.

Le 14 juin, plus de 20 séismes sont enregistrés sous El Golfo, à une profondeur de 20-25 km. Cinq ont une magnitude supérieure à 2, dont un de M 2,7.

Un nouvel essaim commencé le 18 juin se poursuit le 19, avec 22 séismes dans la nuit et 13 le 19, dont trois de M supérieure à 2 et à une profondeur d’environ 17,5 km., 2 le 20 juin.

 

13---20.06.12-Eventos_HIERRO_us.jpg                 El Hierro - localisation et profondeur des séismes  entre le 13 et le 20.06.2012 - doc. IGN

 

A noter un alignement des hypocentres d'El Golfo et de la mer de Las Calmas ... à suivre donc !

 

D'autres nouvelles sur les sites du Global Volcanism Program et d'Activolcans.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au Pérou , nous nous intéressons au Nevado Coropuna.

 

 

Son nom dérive du quechua, oro signifiant coupé au sommet, et puna, une hauteur froide et enneigée.

Le Coropuna était considéré comme montagne sacrée par les Incas. De nombreux sites archéologiques sont présents à la base du massif et sur ses pentes ; des ruines pré-Incas sont situées sur le côté nord à Macua Llacta.

 

Coropuna---OSU---Vlad.-Mikhalenko.JPG                        Le Nevado Coropuna - photo O.S.U. / Vladimir Mikhalenko.

 

Cet édifice andésitique à dacitique forme un complexe d’au moins six cônes couvrant une surface de 20 km. sur 12, et surmonte majestueusement les environs de 4500 mètres.

3D-Coropuna---colorado.edu.jpgLe plus haut sommet du complexe est un cône situé au Nord-ouest ; il culmine à 6.377 mètres, et est déporté par rapport à une ligne est-ouest d’autres cônes, tous recouverts d’une couverture de glace permanente au dessus de la cote 5.300 m sur le flanc nord et au dessus de 4.800 m. côté sud, occupant 130 km². Doc 3D - par Colorado .edu


Seules quelques vallées glaciaires mineures sont discernables sur le volcan moderne, mais on peut en voir de plus grandes, ainsi que leurs moraines, attribuables au retrait glaciaire d’il y a environ 10.000 ans jusqu’à 10 km. du volcan.

Diverses coulées de lave, datées de l’Holocène, marquent les flancs ouest et est.

L’âge de la dernière éruption est inconnu … mais une activité solfatarique suggère que le volcan est toujours actif. (GVP)

 

Nevado-Coropuna---06.06.2010---ISS025-E-06163.jpg   Le complexe Coropuna , ses coulées de lave et sa vallée glaciaire, vus de l'ISS 25 - 06.06.2010


Le Coropuna présente tous les dangers potentiellement liés aux volcans recouverts d’une chape glaciaire. L’éruption des coulées visibles s’est certainement accompagnée de lahars. La topographie, avec des canyons profonds aux parois abruptes, est un facteur aggravant, car ceux-ci canalisent les coulées de boues et lahars. Plusieurs quebradas (Jollpa, Llacllajo, Tuailqui, Tastane) drainent le flanc sud du volcan dans le grand canyon du Rio Majes, où se sont établis environ 20.000 personnes. Le Flanc ouest est drainé dans le canyon Ocoña, via le Rio Chichas; ce canyon est moins people.

 

-Coropuna_Volcano---Edubucher-2009.jpg                 Le Coropuna se mire dans un lac d'altitude - photo Edubucher 2009


Les glaciers tropicaux sont très sensibles aux variations climatiques et notamment à celles engendrées dans les Andes centrales par les phénomènes ENSO (El Niño Southern Oscillation). Afin de mieux saisir ces variations à court terme, il est nécessaire de déchiffrer les héritages glaciaires et périglaciaires. La calotte glaciaire du massif du Nevado Coropuna, divisée en dix-huit bassins glaciaires, a donné lieu à une carte géomorphologique du massif volcanique, recouvert par la calotte glaciaire la plus étendue (53,9 km² en 2000) de l’édifice le plus élevé de la chaîne volcanique du sud du Pérou. La cartographie effectuée sur le terrain et par télédétection, ainsi que les données analysées en combinant les méthodes de téphrostratigraphie, lichénométrie et géoarchéologie, ont permis de proposer une synthèse provisoire de la chronologie relative des fluctuations glaciaires dans cette partie des Andes centrales. Au début des années 2000, un carottage glaciaire fut effectué pour analyser les ratios isotopiques d’oxygène et hydrogène, les ions et les poussières insolubles, sous l’égide de l’Ohio state university’s Byrd polar research center.

 

Coropuna----OSU.JPG         Coropuna - le camp de base de l'expédition de carottage O.S.U.

 

L'ascension du volcan peut se faire en trois à quatre jours, à condition de s'être acclimaté en faisant quelques sommets moins élevés.

La meilleure saison est en hiver (local), soit juillet-août, mais en tenant compte de la température nocturne sous les moins 20°C et des "penitentes" (comme à l'Ojos del Salado), plus grands en saison sèche. Les crevasses peuvent s'éviter en empruntant la "West Rib route", mais crampons, piolet et cordes sont nécessaires étant donné l'angle de montée avoisinant les 45°.

 

Coropuna---the-west-rib-route---Vic-Hanson-Summitpost.JPG

              Sommet du Coropuna par la "West Rib Route" - photo Vic Hanson / Summitpost

 

angle-de-montee-Coropuna---summitpost.JPG                     Angle de montée au sommet du Coropuna - photo Summitpost

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Coropuna

-  Héritages glaciaires, periglaciaires et évolution récente: le cas du Nevado Coropuna - M-E.Forget & al.

- OSU - The Quelcaya and Coropuna ice core drilling project 2003 - link

- Summitpost - Nevado Coropuna 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le volcan Llullaillaco est situé dans la Puna de Atacama à la frontière entre le Chili et l'Argentine.

Bien que restant inaccessible à la plupart d'entre nous, il mérite d'être cité comme un des plus hauts volcans historiquement actifs au monde : 6.739 mètres.


Argentinas-Llullaillaco-volcano.jpg                  Le Llullaillaco, dans son environnement désertique - photo Jaimé Jimenez / GVP


Le Llullaillaco s'est formé en deux grandes étapes :

- le vieux volcan - Llullaillaco I - est formé d'un large cône, fait de différentes coulées dacitiques épaisses. Sa partie supérieure s'est effondrée, il y a 150.000 ans, en produisant une avalanche de débris majeure vers l'est, s'étendant jusqu'en Argentine et entourant le cône du Cerro Rosado distant de 17 km.

Ces dépôts d'avalanche couvrent 165 km²; en raison d'un climat extrêmement aride et la quasi absence d'érosion, ils sont bien préservés.

- l'actuel volcan - le Llullaillaco II - commence à s'établir, il y a 10.000 ans au sommet de l'ancien édifice, constitué principalement de dômes de dacite et de coulées de lave.

Son activité historique se résume en petites éruptions explosives et une petite coulée de lave courant 19° siècle.

 

Llullaillacp-09.12.20009-Nasa-ISS022-E-008285.jpg

Deux coulées de lave proéminentes, sur les flancs nord et sud, à l'aspect récent  ... datent d'après des analyses Ar/Ar dela fin du Pléistocène  (Richards and Villeneuve, 2001). 

Astronaut photograph ISS022-E-8285 was acquired on December 9, 2009 - NASA/JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov, NASA-JSC.

 

Une photo, prise par l'équipage 22 de la station spatiale internationale en 2009, permet d'analyser ces importantes coulées :

- on trouve d'une part des structures en soufflet d'accordéon : les laves fortement visqueuses se sont écoulées lentement, et  le dessus de la coulée s'est refroidi en formant une série de crêtes parallèles, orientées à 90° par rapport à la direction de la coulée.

- D'autre part, on retrouve des "digues de flux" (flow levees) formées lorsque les côtés de la coulée sont plus rapides que le centre de celle-ci, formant une structure avec des parois.

 

Llullaillaco---ruines-argentine-15-16s-JPG Llullaillaco côté argentin - Ces ruines incas du 15-16° siècle constituent le plus haut site archéologique mondial - photo Summitpost.

 

L'autre centre d'intérêt du Llullaillaco vient des momies retrouvées à proximité du sommet, à 6.730 mètres !

  

En 1983-85, l'archéologue américain J.Reinhard découvre des restes incas sur les pentes supérieures du volcan; en 1999,  une équipe internationale financée par le National Geographic, composée de quatorze chercheurs, aguerris aux techniques d'escalade et de résistance à l'altitude, se déploie sur les flancs et découvre trois momies et une centaine d'objets, textiles, statues d'or et d'argent, poteries. Les "enfants du Llullaillaco", un garçon et deux fillettes, âgés entre 6 et 14 ans, sont retrouvés dans un état exceptionnel de conservation du au froid extrême, conjugué à l'hypoxie et un environnement aride. On les a appelés la Doncella, La Niña del Rayo et El Niño (la demoiselle, la fille de la foudre et le petit garçon) 

Ces momies constituent un témoignage unique au monde d'un empire disparu il y a moins de cinq siècles. Entourées de glace, les corps sont transportés dans la proche ville argentine de Salta.

 

mummy-and-man-extracting-hair.jpeg                           Nettoyage et prélèvements sur la momie de "La Doncella" - doc. MAAM

Sa robe brune est sanglée à la taille par une ceinture avec des dessins géométriques qui combinent des couleurs claires et sombres avec des bords rouges. Elle porte sur ses épaules un manteau ou lliclla gris, soutenu par une broche d'argent au niveau du haut du thorax. Sur sa poitrine près de l'épaule droite, on remarque un ensemble ornemental fait d'os et de métal. Ses longs cheveux sont peignés avec petites tresses, comme c'était la coutume dans certains villages de la Cordillère des Andes. Les coiffures et ornements sur la tête ont été utilisés pour identifier les personnes culturellement et géographiquement.
Son visage a été peint avec des pigments rouges, et au-dessus de la bouche, des morceaux de feuilles de coca ont été retrouvés.


"Victimes" du rite de la Capacocha, qui s'accomplissait de façon cyclique, pour obtenir les faveurs des dieux, en leur offrant la vie d'enfants. Sélectionnés pour leur perfection physique parmi les classes dominantes, ceux-ci étaient amenés jusqu'à Cuzco et reçus par l'Inca, puis acheminés jusqu'au lieu du sacrifice. L'anthropologue G. Recagno explique : " Dans les régions assujetties se déplaçait un représentant de l'Inca avec un enfant qui allait se transformer en un dieu : il ne mourrait pas et allait pouvoir surveiller tout ce territoire du haut de la montagne. Il devenait un gardien du territoire, un être divinisé. Un système très bien rodé pour, à travers la religion, et la peur, exercer une politique de domination à travers les sacrifices . Au sommet, on endormait les enfants, par ailleurs épuisés par une marche de 1.600 kilomètres, avec de “la chicha”, un alcool de maïs et sous l'effet du froid, de la basse pression, ils s'endormaient jusqu'à mourir d'hypothermie."

Les corps seront préservés au MAAM - le musée d'archéologie de haute montagne - par un système avancé de cryogénie , en étant maintenus dans des capsules de verre avec un contrôle permanent de l'atmosphère qui les entoure : température, humidité, pression, composition de l'air.

 

burial-artifacts.jpg          Sandales et poteries retrouvées à proximité des momies du Llullaillaco - doc. MAAM

 

 Sources :

- Global Volcanism Program - Llullaillaco

- MAAM - Museo de Arqueología de Alta Montaña -Los Niños del Llullaillaco


- Summitpost - Llullaillaco - comment y aller et s'équiper.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Ojos-Salado---Summitpost.jpg

                       L'Ojos del Salado en hiver - photo Summitpost


Le complexe du Nevado Ojos del Salado est LE plus haut volcan au monde, avec 6.887 mètres.

Daté vraisemblablement de la fin du Pléistocène, il a une forme ovale, allongée dans la sens est-ouest et couvre environ 70 km².

Il est situé à la frontière Chili-Argentine près du désert de l’Atacama, un des lieux les plus secs sur terre. Le volcan est aussi extrêmement sec pour une telle altitude ; il ne possède pas de glacier, et la neige qui le recouvre en hiver fond totalement en été.

 

ojos---Gimpilator-01.2011-Summitpost.JPG  Ojos del Salado -  Le sommet quasi libre de neige et glace en janvier 2011 - photo Gimpilator / Summitpost.


Des dépôts épais de ponces couvrent les pentes basses du complexe, en relation avec la phase primordiale de formation d’une somma ancestrale (Gonzales-Ferran 1985) . Des dépôts pyroclastiques plus jeunes doivent être étudiés pour en fixer la source. La zone sommitale allongée NE-SO recouvre une caldeira largement enterrée ; elle contient de nombreux cratères, des cônes pyroclastiques et des dômes de lave andésitiques à rhyolitiques, sources de coulées de lave datées de l’Holocène.


Le sommet possède deux pics de relativement même hauteur ; le pic Chilien mesure 54 cm. de plus que l’Argentin, mais à 6.887 mètres, on ne mégote pas sur quelques centimètres. L’ascension de ces sommets est dangereuse en raison de la roche pourrie et traîtresse.

 

Ojos_del_Salado_summit---Janne-Corax.jpg    Ojos del Salado - le sommet "chilien" vu du sommet "argentin", avec la borne géodésique - photo Summitpost

 

ojos-sommet-chilien01.2011---Gimpilator-summitpost.jpg                  Ojos del Salado - le sommet Chilien vu du cratère - photo Gimplilator / Summitpost.


La dernière éruption est datée de l’an 700 : de nature rhyodacitique, elle a produit des coulées pyroclastiques ponceuses. La plus récente activité semble originaire d’un rift orienté NNE, englobant la formation d’une coulée de lave épaisse et visqueuse, et la formation de petits cônes, dômes de lave et cratères d’explosion.

Son activité fumerollienne est persistante et une forte odeur de soufre noie parfois le sommet. En 1993, une colonne grise de vapeur et gaz a été observée durant trois heures le 14 novembre, et le 16 avec moins d’intensité. (observateurs du Servicio Agricola Ganadero et de la station de police à Maricunga, à 30 km. du volcan.)

 

L’accès au sommet peut se faire de deux côtés :

- depuis l’Argentine, pas de frais, ni de permis, de simples renseignements à l’office de police de Fiambala. Ce versant n’est pas équipé et le camping est libre.

- depuis le Chili, un permis est demandé au préalable auprès du DIFROL - Dirección Nacional de Fronteras y Límites del Estado - est nécessaire et un droit d’admission est perçu. Le début du trek est équipé par le refuge Caudio Lucero pour une douzaine de personnes. Les refuges Atacama/Rojas et Tejos comptent aussi quelques places.


 

La meilleure période est de décembre à mars, la plus chaude mais aussi la plus sèche et venteuse. Certains grimpeurs préfèrent tenter l’escalade plus tard dans l’année, pour trouver plus aisément de l'eau (à partir de neige ou glace fondue). Quelle que soit la période, il faut s’attendre à des températures très basses, un vent extrêmement fort, et un temps changeant rapidement.

Des "penitentes " ou "nieves penitentes" sont rencontrés en altitude ; ce terme espagnol désigne des formations neigeuses ou glaciaires de haute altitude - plus de 4.000 m. - dans les Andes sèches. Elles prennent la forme d'un chapeau de pénitent, et forment des champs de pinnacles rapprochés p ouvant atteindre hauteur d'homme et orientés dans la direction générale du soleil.

 

 

penitentes-ojos-salado---gimpilator---Summitpost.jpg         Ojos del Salado - un alpiniste parmi les "penitentes" - photo Gimpilator / Summitpost.


Ojos---21.04.2007-Gonzalo-Bravo-Eduardo-canales-Moya.JPGLe 24 avril 2007, deux chiliens, Gonzalo Bravo et Eduardo Canales Moya ont atteint en jeep 4x4 l’altitude de 6.688 mètres, ce qui constitue un record ! - photo Summitpost.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Ojos del Salado

- Summitpost - Ojos del Salado

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

800px-VolcanicSevenSummits--Skieur-Seattle.jpg                          Les plus hauts volcans ... un par continent ! - doc. wikipedia /skieur seattle

 

A l'instar des alpinistes qui classent les sept plus hauts sommets de la planète, voici une carte des sept plus hauts volcans.

Certains vont vouloir polémiquer sur la répartition par continent, mais cela n'a qu'une importance relative tant la géo-politique est mouvante ... nous nous attarderons à des entités bien précises.

 

Volcaniques Seven Summits (triés par l'élévation)
Volcan Élévation Proéminence Continent Gamme Pays
Ojos del Salado 6893 m (22 615 pi) 3688 m (12.100 ft) Amérique du Sud Andes Chili / Argentine
Kilimandjaro 5895 m (19 341 pi) 5882 m (19 298 pi) Afrique Kilimandjaro Tanzanie
Elbrus 5642 m (18 510 pi) 4741 m (15 554 pi) Europe Caucase Russie
Pico de Orizaba 5636 m (18 491 pi) 4922 m (16 148 pi) Amérique du Nord Trans-mexicaine ceinture volcanique Mexique
Damavand 5610 m (18 406 pi) 4667 m (15 312 pi) Asie Alborz Iran
Mont Giluwe 4368 m (14 331 pi) 2488 m (8163 pi) Australie Southern Highlands Papouasie-Nouvelle-Guinée
Mont Sidley 4285 m (14 058 pi) 2517 m (8258 pi) Antarctique Gamme Comité exécutif -

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Amérique du Nord.

1. Pico de Orizaba - 5611m - Mexique
2. Popocatepetl - 5465m - Mexique
3. Iztaccihuatl - 5230m - Mexique
4. Monter Bona - 5005m - USA
5. Mont Blackburn - 4996m - USA

 

 

Les cinq plus hauts volcans d'Amérique du Sud.

1. Ojos del Salado - 6893m - Argentine / Chili
2. Pissis - 6785m - Argentine
3. Bonete Chico - 6759m - Argentine
4. Tres Cruces Sur - 6748m - Argentine / Chili
5. Llullaillaco - 6739m - Argentine / Chili

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Asie.



1. Vulkan / Ka-er-Daxi - 5810m - Chine
2. Damavand - 5610m - Iran
3. Ararat - 5137m - Turquie
4. Sabalaan - 4811m - Iran

5. Klyuchevskaya-Sopka - 4750m - Russie

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Afrique.

1. Kilimandjaro - 5895m - Tanzanie
2. Mont Kenya - 5199m - Kenya
3. Mawenzi - 5149m - Tanzanie
4. le mont Meru - 4566m - Tanzanie
5. Karisimbi - 4507m - Congo / Rwanda

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Europe.

1. Elbrus - 5643m - Russie
2. Kazbek - 5033m - Géorgie
3 Aragats - 4090m - Arménie
4. Teide - 3718m - Espagne

5. Etna - 3344m - Italie

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Océanie.

1. Giluwe - 4368m - Papouasie-Nouvelle-Guinée
2. Mauna Kea - 4205m - USA
3. Mauna Loa - 4169m - USA
4. Mt Hagen - 3795m - Papouasie-Nouvelle-Guinée
5. Doma - 3568m - Papouasie-Nouvelle-Guinée

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Antarctique.

1. Sidley - 4181m - Mary Byrd Terre
2. Erebrus - 3794m - île de Ross
. 3 Frakes - 3654m - Mary Byrd terrestres
4. Toney - 3595m - Mary Byrd Terre
5. Steere - 3558m - Mary Byrd Terre

 

 

selon la classification du site Summitpost.

 

Nous ne suivrons pas nécessairement cette classification, nous intéressant aux volcans les plus représentatifs et actifs.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Mexique - Popocatéptl :

Dans la journée du 14.06, une cinquantaine d'exhalaisons ont été comptabilisées, avec projection de matériaux incandescents sur le haut du cône. On peut voir la forte incandescence nocturne du dôme sur la webcam

 

14.06.12---Popo-01h-55.jpg14.06.12---Popo-tlamacas-8h15.jpg

 

Webcam Popo

du 14.06.2012 - à gauche, 01h55 - à droite, 08h 15

 

 

 

Guatemala : Fuego et Santiaguito.
Au Fuego, l'activité éruptive reste relativement intense, le 9 juin. Elle alimente à nouveau deux coulées, toutes deux longues d'environ 600m, dans les ravines Las Lajas et Taniluya. Au sommet, l'activité maintient ce qui est décrit comme un "dégazage cendreux" peu important (hauteur d'environ 200 mètres), entrecoupé d'explosions stromboliennes.

 

alerta-anaranjada.jpgLe CONRED vient d'élever le niveau d'"alerte institutionnelle" (niveau d'alerte associé à la gestion d'une crise; différent du niveau d'alerte volcanique, qui n'est attaché qu'à l'activité éruptive) à l'orange suite à une hausse de l'activité au Fuego le 10 juin au matin.

Les explosions sommitales sont accompagnées d’ondes de chocs ressenties jusqu’à 10 km. du volcan. Une fontaine de lave génère un panache de cendres important et des coulées pyroclastiques sont signalées dans la ravine Las Lajas.

La composante effusive de l'éruption a fortement augmenté aussi et alimente des coulées très longues: 1000m dans la ravine Cenizas; 1600m dans la ravine Taniluya; 1500m dans la ravine Las Lajas.


 Le 12 juin, l’activité paroxysmale est en baisse avec une diminution de la longueur des coulées, oscillant entre 700 et 800 m. et un panache de cendres montant à 1 km. au dessus du cratère. Les cendres en suspension dans l’air font maintenir le niveau d’alerte à orange et des recommandations de prudence pour la circulation aérienne.

Sources : Conred - Insivumeh - Activolcans.


13.06.12-Santiaguito.jpg                                    Santiaguito - le 13.06.2012 5h 54 - photo Insivumeh

 
Au Santiaguito, l'activité reste actuellement essentiellement effusive le 11 juin. Elle maintient en mouvement les épaisses coulées qui progressent sur les flancs nord-est et sud-est. L’activité explosive est minime - Source : INSIVUMEH.

 

Colombie : Galeras et Nevado del Ruiz

  Ingeominas signale des émissions de cendres au Nevado del Ruiz, confirmées par les relevés sismiques.

 

14.06.12-NdR-6h30.jpg             Nevado del Ruiz - 14.06.2012 / 6h30 - photo Ingeominas Manizales

 

Au Galeras, l’intrusion magmatique débutée en avril 2012 se poursuit ; des émissions de gaz et cendres se sont produites le 12 juin, montant ver 13h50 à 1400 mètres au dessus du sommet, avant de se disperser vers le NO. Des chutes de cendres ont été signalées dans les municipalités de Samaniego (à 32 km. à vol d’oiseau du volcan) et Sandona. Le flux de SO2 est considéré comme modéré à élevé.

 

12.06.12-Galeras---ingeominas-pasto.jpg                                      Galeras - 12.06.2012 - photo Ingeominas Pasto

 

En Equateur, le Tungurahua a présenté le 13.06 au matin une phase explosive modérée, accompagnée d’un panache de cendres qui a atteint 2000 mètres au dessus du cratère et de chutes de cendres sur Bilbao et Cusua. Les émissions de gaz et es phases de trémor sont signalées – Source : IGEPN

 

 


Moluques – Halmahera :

Le quotidien Okezone.news signale une éruption le 13.06 à 11h 55 au Gamkorona, avec production d’un panache de cendres montant à 3000 mètres au dessus du cratère. Le niveau d’alerte a été relevé à 3.

 

Le Gunung Dukono a connu des émissions de cendres, mardi 12.06, atteignant Tobelo, la capitale du district nord d'Halmahera. Le gouvernement a mis en oeuvre des mesures pour limiter les effets de ces cendres irritantes. (Indahnesia)

 

Japon – Sakura-jima

Le JMA confirme la poursuite d’activité explosive au cône Minami-Dake, avec les traditionnelles émissions de cendres.

Martin Rietze a posté sur son site de superbes clichés pris entre le 3 et le 11 avril.

 

04.2012---Sakurajima---M.Rietze.jpg                              Activité du sakura-jima en avril 2012 - par Martin Rietze / A.L.P.E.

              Un clic sur la photo vous mène à son siteet de superbes photos ... comme toujours !

 

Iles Eoliennes - Stromboli

Du 7 au 11 juin, le Stromboli a présenté quelques turbulences remarquées sur les webcams et commentées par l'INGV comme étant produites à partir de deux évents du cratère nord et deux évents du cratère sud, tous placés dans la dépression de la terrasse. Des projections diverses ont atteint entre 80 et 200 mètres.

 

08.06.12 8h27 stromboli plume

                         Stromboli - beau panache du 08.06.2012 / 8h27 locale - doc. INGV

 

07.06.12 Stromboli webcams

08.06.2012-INGV.jpg                                    Webcams des 07 et 08.06.2012 - doc. INGV

 

 

sismo-stromboli-08.06.12.jpg                     Activité sismique du Stromboli le 08.06.2012 / 20-24 h - doc INGV

 

Kamchatka - Shiveluch

Le Shiveluch a produit un panache de cendres s'élevant à 8.000 m au dessus du niveau de la mer, accompagné de secousses qui se sont terminées au bout de 3,5 minutes.

Sans danger pour les communautés locales, cet évènement a fait changer le niveau d'alerte aviation au maximum - rouge. (agence ITAR - TASS)

 

 

D'autres éruptions sur le Global volcanism Program et sur Activolcans

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Je vous annonce la parution du Webzine n°4 d'Eric Reiter, avec au sommaire:

- le lac Pavin - éruption limnique ou phréatomagmatique ?

- un dossier sur les différents types de lacs volcaniques

- de jolies photos sur l'Islande.

 

webzine-06.2012.jpg                   Un clic sur la page de couverture vous donne un accès direct au magazine d'Eric.

 

Pour ceux qui auraient raté la série, je vous mets le lien vers une série d'articles qui s'échelonnent du 20.04 au 18.05 sur ce blog et sur le thème des lacs de cratère - link

 

Lac Pavin par temps couvert - Institut de Physique du Glob             Vue du "Lac Pavin par temps couvert" - photo Institut de Physique du Globe

 

  

Source :

Webzine "Le monde des volcans" - sur le site d'Eric Reiter.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

De nouvelles études, basées sur les données des satellites de la Nasa Voyager et Galileo (*) et celles de télescopes infra-rouge terrestres, ont permis de cartographier la chaleur provenant du volcanisme à la surface du satellite deJupiter, Io. (paru dans Icarus du mois de Juin)

 

(*) : La sonde Galileo fut lancée en 1989 pour analyser l’atmosphère gazeuse de Jupiter ; elle fut délibérément détruite en 2003 en la faisant s’écraser sur Jupiter, pour éviter une collision avec Europe, un autre satellite porteur de vie potentielle dans les océans sous sa surface.

 

Petit rappel historique  :

Io fut découverte le 7 janvier 1610 par Galileo Galilei, à l’aide d’une petit télescope. Depuis, 32 lunes ont été remarquées, orbitant autour de Jupiter. Les quatre plus grandes, appelées satellites galiléens, orbitent dans un plan équatorial, et sont nommées : Io, Europa, Ganymède et Callisto.

 

jupitersatellite1.jpg                                  Les satellites de Jupiter - vue d'artiste de la Nasa


Les quatre grandes lunes de Jupiter ont reçu les noms des maîtresses de Zeus, dans la complexe mythologie grecque.


Io était une prêtresse au temple d'Héra. Zeus la remarqua un jour et elle devint rapidement une de ses nombreuses maîtresses. Zeus lui donnait de fréquents rendez-vous en se changeant en nuage. 

     Jupiter et Io - peinture d'Antonio da Corregio - © Kunsthistorisches Museum, Vienna 

 

Leur relation continua antonio-da-Correggio---Io---kunsthistorische-museum-wien.jpgjusqu'à ce que Héra, l'épouse de Zeus, les eût presque surpris. Zeus parvint à échapper à cette situation en transformant Io en une belle génisse blanche. Cependant, Héra ne fut pas dupe et exigea de Zeus qu'il lui donnât la génisse comme présent. Une fois que Io fut donnée à Héra, Zeus continua tout de même à la rencontrer en cachette, de temps en temps, en se changeant en taureau. Alors Héra la confia à la garde d'Argos (Argos Panoptes, « celui qui voit tout ») pour qu'il la maintienne à l'écart de Zeus. Argos était un géant doté de cent yeux, dont cinquante dormaient à tour de rôle pendant que les autres veillaient. Zeus demanda alors à son fils Hermès de tuer Argos. Hermès alla trouver Argos et parvint à l'endormir en lui racontant une histoire très longue accompagnée du son de sa harpe. Quand Argos finit par s'endormir, Hermès lui coupa la tête. Pour honorer sa mémoire, Héra récupéra ses yeux et s'en servit pour garnir la queue de son animal favori, un paon. Et pour se venger, elle envoya sur Io un taon chargé de la piquer sans cesse. Celle-ci, affolée et rendue furieuse, s'enfuit et parcourut de nombreux pays. Elle traversa à la nage plusieurs mers d’Europe et d’Asie pour arriver finalement en Égypte aux rives du Nil où, dit-on, elle retrouva sa forme humaine. C’est elle que les Égyptiens ont vénérée sous le nom d’Isis. Dans sa fuite, elle rencontra Prométhée enchaîné sur le mont Caucase, qui lui révéla qu'un jour elle retrouverait sa forme humaine et deviendrait l'ancêtre d'un grand héros (Héraclès) auquel lui-même devrait plus tard sa propre libération. Elle laissa aussi son nom à la mer Ionienne et au détroit du Bosphore (le gué de la vache), et finit par atteindre l'Égypte où Zeus lui rendit sa forme première de jeune femme et où elle donna naissance à leur fils Épaphos. Ce fut elle qui propagea dans sa nouvelle patrie le culte de Déméter, qu'elle appelait Isis ; aussi, en Égypte, Io est-elle identifiée à Isis ou à Hathor et Épaphos à Apis.

(Mythologie.fr)

 

 

Le volcanisme d’Io :


Io est le troisième plus grand satellite de Jupiter et a une taille un peu plus grande que notre Lune. C’est aussi, avec la Terre, le seul corps céleste de notre système solaire a avoir une telle activité volcanique.

 

Iosurface_gal.jpg

               La surface d'Io colorée par le volcanisme - Doc. Nasa JPL / sonde Galiléo.


Le volcanisme de ce satellite de Jupiter est sans commune mesure avec celui de notre planète. Ses volcans principaux, Pelé, Loki , Promethée et  Haemus, nous le démontrent :

- le volcan Pelé, le plus haut d’Io, est un point très chaud, en raison de le présence probable d’un lac de lave. Ce volcan est actif avec des coulées épaisses de 50 m. s’étendant sur 10 km. de longueur.

 

Io---2ruption-de-Pele----Galileo.jpg            Eruption du volcan Pelé enregistré en 1979 par la sonde Voyager - doc. Nasa


le Loki, un des plus puissant volcan du système solaire, produit à lui seul autant que tous les volcans terrestres ensemble. Il présente une grande caldeira, souvent noyée par la lave ; une tâche sombre, en son centre, pourrait être un lac de soufre avec un radeau de soufre solide.

 

Io---caldera-du-Loki---Voyager.jpg                           Io - caldeira du volcan Loki - doc. Nasa / sonde Voyager


- le Mt. Haemus, situé près de son pôle sud, mesure 100 km. sur 200, pour une hauteur de 10 km.

 

haemus---Paul-M.-Schenk-Lunar-and-planetary-institute-Houst.gif            Le Mt. Haemus sur Io - doc. Paul M. Schenck / Lunar and  Planetary institute, Houston


- le panache de Prometheus, composé de dioxyde de soufre, a été observé par Voyager en 1979, s’étendant dans l’espace sur plus de 70 km. avant de retomber sur la surface d’Io à plus de 125 km. de l’évent.


Une carte des points chauds, classé par la quantité de chaleur émise, montre une distribution globale et une large  répartition de l’activité volcanique sur Io.

 

jupiter-moon-io-volcano-map Thermal emission from erupting volcanoes on the Jupiter's moon Io. A logarithmic scale is used to classify volcanoes on the basis of thermal emission; the larger the spot, the larger the thermal emission.
CREDIT: NASA/JPL-Caltech/Bear Fight Institute 

Des membres du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa précisent : " C’est fascinant de voir que la distribution du flux de chaleur sur Io n’est pas conforme avec le modèle admis de marées de réchauffement à faible profondeur… ce modèle de distribution de la chaleur suggère des processus complexe de réchauffement en profondeur. Ce que nous voyons indique un mélange de réchauffement profond et superficiel. "


De plus, une autre bizarrerie qui a émergé de l'étude est que l'activité volcanique ne représente que 60 pour cent de la chaleur qui émane de Io … les 40% restants demeurent un mystère et on envisage la possibilité d’impliquer de nombreux petits volcans pratiquement impossible à détecter à ce jour.

Pouvoir mettre en connection les zones de production interne de chaleur et celles d’émission thermique pourra aider à comprendre la structure du satellite Io, mais aussi celle d’Europe.

 

Sources :

- Science Daily - mapping volcanic heat of Jupiter's moon Io

- Space.com - Jupiter moon Io's volcanoes revelead in new map.

- Nasa Jet Propulsion Laboratory - Galileo data reveal magma ocean under Jupiter moon

- European Southern observatory - Io

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