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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Moins spectaculaires que les tunnels déjà évoqués, ceux de la Rogue river proche de Crater Lake sont intéressant par leur structure et l'histoire du volcan qu'ils racontent.

 

 

usa-2953-copie.jpg                     La Rogue River entaille le basalte pour y former une gorge - ©JM. Mestdagh

 

 La Rogue River prend sa source sur les pentes du Mt. Mazama, nom du volcan avant la formation de Crater Lake. Auparavant, le lit de l'ancienne Rogue river se trouvait 198 mètres plus bas ... la vallée fut remplie par des couches de lave superposée (intra-canyon basalt flows) il y a quelques 1,25 Ma., suivies de couches de ponces. Après avoir coupé la couche de ponce, la rivière a entamé le basalte; elle forme par endroit des gorges, aidée dans son travail érosif, par l'effondrement de tunnels de lave. On en voit des traces sur les parois.

 

 

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Panneau didactique explicatif du travail de la Rogue river sur les flancs du Mazama / Crater Lake - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-2949.jpg                              photo ©JM. Mestdagh

 

Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours ... voici les structures recoupées par l'érosion de la Rogue river : la paroi expose deux tunnels de lave superposés, l'un partiellement effondré laissant apparaître l'ouverture du tunnel, l'autre fermé par un bouchon de lave d'une coulée ultérieure; entre les deux, on aperçoit une coulée de lave.

Un petit exercice de reconnaissance sur la photo :


usa-2950.jpg               Les trois coulées de lave recoupées par la Rogue river - photo ©JM. Mestdagh 

 

 

Rivière de feu ... puis rivière d'eau :

Lorsque sur son passage, la rivière trouve une portion de tunnel de lave placé dans le sens de sa progression, pourquoi ne pas "jouer à cache-cache" ?

C'est ce qu'elle fait à "Natural bridge"... son passage souterrain peut en faire augmenter la pression lorsque les eaux sont hautes, et elle peut générer de "mini-geysers" (des souffleurs ou blow-holes) lorsqu'un trou se présente dans le toit du tunnel.

 

usa-3020.jpgLa Rogue river disparait dans un trou pour passer sous le basalte et ressortir un peu plus loin -  photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3003-copie---Rogue-river.jpg

 L'explication du phénomène : le torrent emprunte le chemin de la rivière de feu, un tunnel de lave placé heureusement dans le sens du courant - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3011-inlet.jpg                 Disparition de la Rogue river dans le tunnel de lave - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3028-copie.jpgLe "natural bridge", pont naturel formé par le toit du tunnel de lave qu'emprunte la rivière Rogue - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3035-outlet.jpg                          La sortie de la Rogue river - photo ©JM. Mestdagh


Tour de passe-passe ... le nom de la rivière évoque déjà la "filouterie" : la région était habitée par les indiens Takelma, qui durent employer la ruse pour défendre leur pays natal contre l'invasion des trappeurs Franco-Canadiens ... ceux-ci les appelaient "les coquins " - " the rogues ".

 

Sources:

- Récit et photos de voyage sur les volcans des Cascades de mon ami Jean-Michel Mestdagh

- Global volcanism Program - Crater Lake

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

La seconde partie de l'année commence ... sous le soleil !

Peut-être préparez-vous de nouvelles destinations ?

 

Pour vous mettre en conditions, un petit livre de Jérôme Bourgine, une des plumes baroudeuse de l'Echo Touristique :


 

couv-3d-okCorrigee-250.jpg

 

Des pages d'anecdotes et de conseils pratiques ... mais surtout un véritable "code du voyageur" !

 

Je vous souhaite une bonne lecture et des vacances enrichissantes, pleines de belles rencontres ... sur les volcans, ou avec les baleines !

 

Références :

"Yaka aller voir les baleines ... " de Jérôme Bourgine aux éditions Bréal

http://www.editions-breal.fr/fiche-yaka-aller-voir-les-baleines-5137.html

Réf. 426 0012 - ISBN 978 2 7495 3135 9
Edition 2012 - 192 pages - 15 x 15

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Newberry-lava-tube---pipct.net.jpg                        Skylight dans la "Lava river cave" - photo pipct.net

 

Comme l'indique la carte ci-dessous, les nombreuses coulées de lave hors caldeira des diverses éruptions du volcan Newberry se sont étendues préférentiellement en direction Nord et sur une cinquantaine de km.

Une éruption, datée de 80.000 ans, et dont la source est proche de Moslet Butte, a émis des coulées de lave importantes qui ont submergé la ville de Bend et atteint Redmond.

Au sein de cette épaisse coulée - jusqu'à 30,5 m. d'épaisseur - Leander Dillman, un trappeur, a découvert fortuitement en 1889 un grand tunnel de lave qu'il a utilisé comme frigo naturel ... on a appelé tout un temps cette structure "Dillman cave" avant de la rebaptiser, en 1921, "Lava river cave".

 

 

Newberry_Volcano_Map---USGS.png

 

Depuis l'entrée, le tunnel de lave s'étend dans deux directions : le tunnel principal, le plus long tunnel de lave non effondré d'Oregon, mesure 1.616 mètres pour un dénivellé de 150 mètres ; il est dirigé vers le nord-ouest. Une autre portion non accessible et orientée sud-est, est longue de 476m.

 

Divers points intéressants scandent la progression dans ce tunnel, où il faut être bien équipé : la température moyenne de l'air à 4°C nécessite pour le moins une polaire, et louer une lampe n'est pas superflu !

Dès l'entrée, l'attention se braque sur une large chambre encombrée d'éboulis alimentés par les périodes de gel hivernal, et décorée de stalactites de glace qui persistent jusqu'en juin.

 

usa-1562-copie.jpg                             Newberry - Lava river cave - ©JM. Mestdagh


La partie la plus large du tunnel, "Echo hall", atteint 15 m. de large et 18 m. de haut, est caractérisée par une acoustique particulière.

 

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                                                                                                                   ©JM. Mestdagh

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                                                                                                            ©JM. Mestdagh

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                                    Newberry - Lava river cave - ©JM. Mestdagh

 

Les proportions varient au gré de la progression entre des parois marquées par des "banquettes" plus ou moins prononcées qui reflètent les différents niveaux de la lave dans le tunnel en fonction de son alimentation.


Puis on arrive sur une large portion au sol couvert de sable, "Sand garden" : ce sable est entré ici par percolation avec les eaux de pluie et de fonte au travers des fissures du toit du tunnel. Ce sable révèle une histoire volcanique tourmentée: il provient en partie des éruptions volcaniques proches, e.a. celle du mont Mazama (Crater Lake) datée de 5.700 avant JC. Une autre part provient de l'érosion glaciaire des volcans, comme en témoigne la présence de diatomées, squelette siliceux d'algues présentes en milieu aquatique froid.

 

usa 1497 copie                       Newberry - Lava river cave, "Sand garden" - ©JM. Mestdagh


Sources :

- US Forest Service - Newberry national volcanic monument, Lava river cave trail

- Global volcanism Program - Newberry

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Crater of the Moon, champ lavique couvrant 1.600 km², est composé de formations typiques du volcanisme basaltique : cinder cones, spatter cones, tunnels de lave, champs de laves abritant des blocs de lave, de la lave a'a, de la lave Pahoehoe, des coulées uniques nommées "Blue Dragon lava", différents types de bombes.


En huit grandes périodes éruptives, datées entre 15.000 et 2.100 ans, et séparées de périodes de calme allant de quelques centaines d'années jusqu'à 3.000 ans, pas moins de soixante flots de lave se sont échappés de fissures et volcans, pour composer ce paysage, d'une désolation "lunaire". L’histoire volcanique de Crater of the Moon est liée à celle de la Snake river plain, et à celle du point chaud du Yellowstone.

 

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Crater-of-the-Moon_7539-copie.jpg                     Crater of the Moon - Indian tunnel - photo © Bernard Duyck   


Parmi les tunnels de lave les plus représentatifs, Indian tunnel, un des plus grand de la zone, ressemble à une grotte.
Mensurations : plus de 9 m. de hauteur, pour une largeur de 15 m. et une longueur de +/- 250 m., avec de nombreux bras latéraux.

Le système de tunnels, dont fait partie Indian tunnel, s’est formé au sein des laves produites par une éruption fissurale dans la région des Big craters/ Spatter cones.

 

Dossier-36-6444-copie.jpg             Crater of the Moon - Indian tunnel, stalactites de lave - photo © Bernard Duyck  


Des stalactites de lave se forment, provenant de roches du toit fondues par la chaleur de la lave qui parcourt le tunnel, ou des éclaboussures au plafond. Etant donné les mensurations des tunnels, ici aucun danger de s'y frotter le crâne, comme dans certains tunnels à Hawaï.

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  Crater of the Moon - Indian tunnel, détail sur la structure pavimenteuse du plafond - photo © Bernard Duyck

Des dépôts minéraux, surtout des sulfates, sont formés au plafond, soit par les émanations des gaz, soit par évaporation de matières provenant des roches surplombantes. Ils ourlent les bords de petites fissures.

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  Crater of the Moon - Indian tunnel, le skylight d'entrée laisse voir une belle banquette - photo © Bernard Duyck

 

 

 

A un endroit, une belle banquette (ou terrasse) s'est formée, le schéma ci-contre est explicatif.

 

Schéma P. Thomas / ENS Lyon.

 

 

 

 

 


Un autre tunnel de dimensions "accessibles" plus modestes, " Beauty cave "  , nécessite une lampe frontale.

 

 Le sol gelé de Beauty cave - photo © Bernard Duyck  


Il y fait si noir, que malgré l'équipement, on est forcé d'avancer pas à pas, en tatant du pied. Arrrivés très vite à une impasse - à cause des effondrements possibles, la plus grande partie du tunnel est fermée - , une surprise nous attend : une superbe plaque de verglas ! Il gèle à quelques dizaines de mètres de l'entrée, où la température frise les 40°C ! Autrement dit, on ne s'y attarde pas.

 

 

Le "Broken top Trail" permet de voir une autre caractéristique des tunnels de lave, les " Pressure ridge " , ce qu'on peut traduire par fissures de pression : elles  se forment par injection d'un nouveau flot de lave sous la croûte d'un ancien flot non encore entièrement consolidée.


  

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 Crater of the Moon - Broken top trail - "Pressure ridge" : le toit du tunnel a éclaté, sous la pression, en grande plaques  - photo © Bernard Duyck  

 


Sources :
- "Volcanoes of North America" - by Ch.A. Wood & J. Kienlechapitre de R.Greeley sur Crater of the moon
- Official National Park Handbook
- "Geology of Crater of the Moon" par D.E. Owen.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La formation de ce tunnel de lave marque une étape spéciale dans l'histoire éruptive du St Helens : la seule éruption basaltique du volcan.


Il y a environ 2.000 ans, de la lave basaltique fluide s'est écoulée sur le flanc sud formant un important tunnel de lave. La lave fut pulsée dans le tunnel durant une longue période, estimée à plusieurs mois si pas une année, créant ainsi une structure spectaculaire, longue de 3.976 m.

 

Ape-caves---5---MtStHelens-instit.jpg                                  Ape Cave - photo Mt. St. Helens institute

 

Ce tunnel est visitable par des personnes bien équipées : des vêtements chauds, de bonnes chaussures et plusieurs lampes sont nécessaires. Deux itinéraires existent, longs respectivement de 1.300 et 2.540 mètres, nécessitant de 1 à 3 heures pour les parcourir.


pancarte-ape-cave.jpg Ape Cave - pancarte informative, qui reprend une phrase bien utile : " Take only pictures, leave only footprints, kill nothing but time ... "

 
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Ijen---Kendeng-5661.jpg   Ape Cave - Le plancher n'est pas spécialement plat et carrossable, d'où la nécessité de porter de
                                       bonnes chaussures - photos J.F.Suzzarini.


Après la formation du tunnel de lave, un lahar sableux a inondé celui-ci, probablement daté de 1480-1482 avant JC car l'analyse des dépôts révèle la présence de granules de ponces ressemblant aux tephra "W".

(Pringle)


Ape Cave 01                                                     Ape cave - photos J.F. Suzzarini. 

 

Ape-caves---1---MtStHelens-instit.jpg Ape cave - Même dans les parties basses, on peut distinguer des éclaboussures sur les parois, une petite banquette et des stalactites - photo Mt. St. Helens institute.

 

Des boules de lave, formée de débris qui ont flotté sur la coulée de lave, ont pris peu à peu de la masse, à la façon d'une petite boule de neige qui grossit en roulant. Elles roulent jusqu'au moment de se faire coincer dans un retrécissement ou encore dans une encoche, où elles sont poussées par un "surge" du flux.

 

Ape-caves---3-the-meatball----MtStHelens-instit.jpg                             Ape Cave - "the meatball" - photo Mt. St. Helens institute.


Ape cave, la grotte ou "le tunnel du singe", d'où vient ce nom ?
Découvert par L.Johnson en 1947, ce tunnel ne fut exploré qu'à partir de 1950 par une troupe de scout, nommée "St Helens Apes", formée dans les premiers temps de forestiers qu'on appellait communément les "brush apes" - "les singes de brousse" -, à moins que ce terme ne fasse référence au bigfoot.
Le bigfoot, ou "sasquatch" nom dérivé de l'indien, est une créature légendaire, primate humanoïde proche du Yéti et vivant dans les chaînes montagneuses et boisées du Canada et des Etats-Unis.
  

 

Sources :

- USGS / CVO - Mount St. Helens Ape cave lava tube - link
- USGS St Helens - points of interest

- Swisseduc.ch - St Helens
- US Forest Service - Ape cave
 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Véhiculer la lave sur des kilomètres nécessite la présence de structures qui conservent à la lave sa chaleur et ses qualités rhéologiques : les tunnels de lave

Ce ne sont pas des objets rares, mais d'autre part tous les volcans n'en abritent pas non plus. Les plus connus se retrouvent principalement aux Etats-Unis, et notamment sur les volcans de l'ouest et à Hawaii, aux îles Canaries, à La Réunion, en Corée, à l'Etna, aux Açores, en Islande ... on en trouve également sur d'autres planètes de notre système solaire : sur la Lune, Io, Mars, Vénus Mercure e.a.

 

Crater-of-the-Moon_7527-copie.jpgUSA - "Crater of the Moon" - de grands tunnels de lave sont présents au sein des coulées basaltiques -   © Bernard Duyck.


En énumérant ces endroits, on s'aperçoit que leur présence est liée à celle de volcans effusifs, ou qui ont présenté une activité effusive au début de leur mise en place.

Ces tunnels se forment lors d'éruptions effusives, alors qu'une lave généralement basaltique, pauvre en silice, très chaude (1.100 -1.200°C) et très fluide, s'épanche à vitesse élevée (15 à 50 km./h.)

Lors des émissions importantes, tant en volume qu'en durée, ont lieu, la lave coule suivant la topographie, envahit l'espace, entraînée par son propre poids. Rapidement, la coulée commence à se solidifier en surface et sur ses bords, alors que le flot de lave continue à progresser. Ces rivières de lave sous-terraines s'organisent en réseau de complexité plus ou moins grande (monotubes, anastomoses, multi-étages ... ) qui s'isolent du reste de la coulée par des parois ignifugées naturelles qui permettent à la lave de minimiser ses déperditions énergétiques.

A la fin de l'éruption, la lave continue à progresser dans ces drains, parfois à des niveaux plus bas, constituant des banquettes. Puis le flot n'étant plus alimenté, le drain se vide laissant un tunnel (lava tube) accessible après refroidissement total.

 

 

234-tunnel-lave-lucarne-04.jpgLes étapes de formation d'un tunnel et d'une lucarne - Schémas de Pierre Thomas / Laboratoire des Sciences de la Terre - ENS Lyon.

 

197216_196187103755024_100000912069394_521205_6222832_n.jpg Hawaii - Big island - Tunnel de lave, présentant une seconde coulée interne et des stalactites au plafond - © Carole et Frédéric Hardy

 

Différentes structures peuvent marquer les systèmes de tunnels de lave. Le site "Virtual lava tube" propose une vue résumant celles-ci :

 

lava_features_map---Carlene-Allred.jpgSchéma de Carlene Allred  / Virtual lava tube, reprenant les différentes structures rencontrées lors sde l'exploration d'un tunnel de lave.

 

skylight_on_coastal_plain-_with_lava_stalactites_forming_on.jpgHawaii - Kilauea - un skylight dans un tunnel de lave sur la plaine costale - on peut y voir des stalactites en formation suite à une re-fusion du plafond - photo HVO / USGS.


Des lucarnes naturelles - skylights - se forment, suite à l'effondrement d'une partie du toit du tunnel, laissant apercevoir un flot de roche en fusion.

La chaleur qui rayonne de ce flot a une telle importance que les parois internes du tunnel peuvent refondre et laisser goutter des stalactites de lave. Des éclaboussures décorent les parois, suite à un dégazage de la lave entraînant ces projections.

 

Les parois des tunnels de lave présentent souvent des encoches ou des terrasses horizontales (banquettes), que l'on peut suivre sur des dizaines de mètres. Ces encoches ou terrasses sont dues au diverses variations de niveau de la lave dans le tunnel.


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 Usa - Newberry - Lava river cave : de belles grosses banquettes habillent le bas du tunnel de lave - 

© JM. Mestdagh

 

Valentine_Cave---Lava-beds-N.M.-Dave-Bunnell-007.JPGUSA - Lava Beds National Monument  - plancher plat du tunnel de lave de "Valentine cave" - © Dave Bunnell / Wikipedia.

 

 

lava_falls-copie.jpgChute de lave - le volcano-spéléologue donne l'échelle - photo © Dave Bunnell / The Virtual Lava Tube.


Comme pour de l’eau qui s’écoule, un flot de lave peut former en sous-terrain une chute … de lave sur un terrain soudainement accidenté ; elles se forment le plus souvent dans les niveaux bas du tube de lave. Au point de chute, il peut se former des stalagmites de lave.

 

lava_lake---Dave-bunnell-virtual-cave-jpgCascade (chute) de lave et lac de lave sous-terrain - notez l'élargissement du tunnel, érosion des parois au niveau proche du lac, la surface figée du lac un peu en contrebas des bords - © Dave Bunnell / The Virtual Lava tube.


De grandes chutes de lave peuvent donner naissance à leur base à un lac de lave sous-terrain, un bassin dont la profondeur peut atteindre deux fois sa taille en largeur. Les turbulences résultent en un élargissement du passage qui s’agrandit à la base de la chute, et par érosion sur les pourtours du lac.


Lorsqu’un flot de lave se meut sur le plancher d’un tunnel de lave préexistant, il peut d’encroûter et former un nouveau tunnel … un tunnel dans un tunnel. Ils sont communs à la surface d’une coulée pahoehoe.

 

Caves-of-fire.jpg"A tube in tube" - Couverture de l'ouvrage de Dave Bunnell sur les tunnels de lave américains (réf. en sources)

 

Parfois, on peut observer deux tunnels superposés l'un sur l'autre, qui peuvent se superposer sur des centaines de mètres de longueur. Dans ce cas, il y a baisse du niveau de la lave en deux temps, avec formation d'une croûte solide au sommet de la lave durant son écoulement à un niveau intermédiaire.

 

Equipement minimum : une polaire (dans un tunnel de lave, comme dans une grotte, la température peut être fraîche), une ou deux lampes (idéalement une frontale et une torche puissante) et éventuellement un casque ... la rencontre avec les stalactites de lave est cause de blessures.

Pour les tunnels plus difficiles, la combinaison et le matériel du spéléologue peut s'avérer nécessaire.

 

A suivre : quelques exemples de tunnels de lave, situés sur différents continents.

 

Sources :

- Good Earth graphics - the virtual lava tube - link

- Laboratoire de Sciences de la Terre / ENS Lyon : L'intérieur des tunnels de lave : terrasses, encoches et niveaux de retrait emboîtés, plancher, tunnels superposés ... - Pierre Thomas - link

- Caves of fire : inside America's lava tubes - par Dave Bunnell 2008. / ISBN 978-1-879961-31-9

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La zone sous-marine Est concerne le volcan le plus jeune de La Réunion : le piton de La Fournaise.

 

Les campagnes "Fournaise 1 et 2", ayant pour objectif l’obtention d’une couverture sonar complète des structures sous-marines à l’est de l’île, a permis une meilleure compréhension de l’organisation des structures sous-marines et de leurs relations avec le contexte sub-aérien.

Elles ont été respectivement effectuées en1984 à bord du Jean Charcot (Ifremer) et en 1989 à bord du Marion Dufresne.


 

Destabilisations-de-flanc-des-volcans-ile-de-la-Reunion--.jpg  Zones de Relief sous-marin - zones de déstabilisation de flanc des volcans réunionnais - doc. Oehler

 

Destabilisations-de-flanc-des-volcans-ile-de-la-R-copie-1.jpgZone de déstabilisation du Piton de La Fournaise - doc. Labazuy in « Les déstabilisations de flanc des volcans de l'île de la Réunion : mise en évidence, implications et origines » - par Jean-François Oehler, Nicolas Arnaud. 


 

Le Relief Sous-Marin Est est situé dans le prolongement des pentes orientales du Piton de la Fournaise. Il constitue, au premier ordre, une structure de forme triangulaire, de pente moyenne 3°, qui s’étend sur au moins 60 km jusqu’au plancher océanique à 4000 m de profondeur. Sa largeur est d’environ 10 km au niveau de la côte et d’au moins 80 km dans sa partie distale. La surface couverte est estimée à plus de 4.000 km², soit environ 1,6 fois la surface de l'ïle.


Philippe Labazuy, de l’Université de Clermont-Ferrand, avait mis en évidence trois types de structures sous-marines: les pronlogements sous-marins des zones de rift, le prolongement de la dépression du Grand Brulé et le plateau sous-marin est.

 Les méthodes de prospection ayant évolué, cet ensemble a été précisé par Oehler : l’organisation de l’excroissance topographique orientale est marquée par au moins quatre régions en relief, du nord au sud, le Râlé-Poussé, le massif de la Ride de la Drague, le Plateau Sous-Marin Est et les Formations Méridionales, délimitées voire disséquées par des dépressions, la Dépression Nord, la Vallée des Gorgones et la Dépression Sud.

 

Déstabilisations de flanc des volcans ile de la R-copie-2Destabilisations-de-flanc-des-volcans-ile-de-la-R-copie-3.jpgDéstabilisation du Piton de la Fournaise - Relief sous-marin est (en bleu) - doc. « Les déstabilisations de flanc des volcans de l'île de la Réunion : mise en évidence, implications et origines » - par Jean-François Oehler, Nicolas Arnaud.


Plus en détails, bien que ce ne soit qu'un résumé (précisions dans la thèse de JF. Oehler réf. en sources) :

 

- les prolongements sous-marins des zones de rift , dont les dimensions atteignent 10 km. de large et 5 km. de long, différents de ceux d’Hawaii plus étroits mais plus longs, de 2-4 km. sur plusieurs dizaines de km. du sommet.


- le prolongement de la dépression du Grand Brûlé, identifiée par Bachèlery et Montaggioni en 1983 ; le Chenal Vincent forme une dépression de 13 km. de long orientée est-ouest et incurvée au large vers le nord-est.

Dans cette zone, se sont accumulés les produits d’avalanche de débris, le Râlé-Poussé, à topographie en hummocks. L’épaisseur des dépôts est de 100 m. en moyenne, et ils s’étendent sur 200 km², pour un volume total estimé à 30 km³. On y distingue trois avalanches de débris successives.

L'unité I, distale, de 10 km. de large sur 15 km. de long à une profondeur de 2.000-3.000 m.

L'unité II : en deux lobes divergents de part et d'autre de l'unité I, entre moins 1.600 et moins 3.000 m. , le lobe ouest de 8 km. de large sur 20 km. de long, le lobe est de 3 à 5 km de large sur 14 de long.

L'unité III, proximale, en deux lobes qui se superposent à l'unité II. Le lobe ouest est le plus important avec 3 km. de large sur 14 km. de long, s'étendant jusqu'à une profondeur de 2.300-2.400 m.;

 

- le plateau  sous-marin Est, qui occupe la partie centrale de la zone, est une structure proéminente de forme triangulaire, d’un volume de 500 km³ environ. Sa largeur, de quelques kilomètres en zone proximale, atteint 60 km. à une profondeur de 3.000 mètres. La datation passe de 110.000 ans en zone distale à 10.000 ans en zone proximale, confirmant des glissements récurrents.

 

- Les Formations Méridionales constituent un relief marqué, délimité côté nord par le Plateau Sous-Marin Est, et côté ouest par la Dépression de Saint-Philippe. Ces formations, globalement allongées selon une direction N130-N140°, présentent une longueur estimée à plus de 90 km jusqu’au plancher océanique à 4000 m de profondeur, et une largeur de moins de 5 km à proximité de la côte, à près de 35 km à 3500 m de profondeur.  Les Formations Méridionales n’ont pas vraiment été identifiées en tant que telles par Labazuy, mais associées aux formations du plateau.


volcan-coulee-2007-RN2-grd.-brule--.jpgLa Réunion - Piton de La Fournaise, dépression du Grand Brulé : recouverte de coulées de lave des éruptions récentes qui coupent et recoupent la nationale 2- photo Ile de La Réunion - info RN2 Grand Brûlé.

 

 

Coulee-Grand-Brule.jpg                      Coulées affectant le Grand Brûlé - photo Outremer.info

 

L’étude des fonds sous-marins du flanc est du Piton de La Fournaise souligne l'importance des phénomènes de démantèlement à grande échelle du volcan au cours de son évolution, sous la forme d’avalanches de débris et de glissements en blocs.

La dépression du Grand Brûlé est reconnue comme la cicatrice d’une déstabilisation . Les calculs de volume montrent cependant qu’elle ne permet pas, à elle seule, d'expliquer les quelques 550 km³ de produits retrouvés en mer.

Dans ce contexte, Labazuy propose de réinterpréter les épisodes d'effondrements reconnus à terre comme des déstabilisations de flanc. Ainsi, les unités les plus récentes du Râlé-Poussé et du Plateau sous-Marin Est pourraient être liées à la formation de la dépression de l'Enclos (<5.000 ans). Les unités plus anciennes seraient respectivement associées aux effondrements de la Plaine des Sables (~40.000-60.000 ans) et de la caldeira du Morne Langevin (~150.000 ans.).

 

Sources :

- Les déstabilisations de flanc des volcans de l'île de la Réunion : mise en évidence, implications et origines - Jean-François Oehler, Nicolas Arnaud
Thèse de Géologie, Université de Clermont-Ferrand, 2005.

- Avalanches de débris sur le flanc occidental du volcan-bouclier Piton des Neiges (Réunion)  - P;Bachèlery & al.

- Au coeur de La Fournaise" par R. Bénard & M. Krafft - éd. Nourault & Bénard.

- Tableau récapitulatif des éruptions 1977-2010 - Fournaise.info

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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La Réunion - Le Cap Homard - dépôts d'avalanche de débris en bordure littorale du Piton des Neiges - photo St Paul La Réunion.

 

Le processus de déstabilisation de flanc a marqué de façon spectaculaire l’évolution des édifices formant l’île de La Réunion. Une cinquantaine d'événements multi-échelles, primaires ou secondaires, d'origine aérienne, côtière ou sous-marine, ont démantelé de façon récurrente les volcans du Piton des Neiges, des Alizés et du Piton de La Fournaise au cours des 2 derniers millions d'années au moins. La plupart correspondent à des phénomènes instantanés et catastrophiques de type avalanche de débris.

 

Fiches_Piton_Neiges01-BRGM-.jpg      Carte des quatre zones de dépôts d'avalanche de débris - doc. BRGM / P.Mairine & Labazuy.

 

Leurs dépôts sont principalement accumulés en mer, au sein de quatre gigantesques excroissances topographiques, les Reliefs Sous-Marins, localisés à l'est, au nord, à l'ouest et au sud de l'île.

Ces éperons triangulaires, de 20-30 km de large au niveau de la côte et 100-150 km à leur extrémité, à 70-80 km du littoral, se sont construits progressivement par la superposition et la juxtaposition des produits déplacés dans des épisodes de déstabilisation pouvant impliquer plusieurs centaines de km³ de matériaux.

Une très faible proportion est retrouvée à terre, au cœur et en bordure littorale du massif du Piton des Neiges et constitue le faciès proximal des dépôts immergés. ( J.F. Oehler – 2005 )

 

Fiches_Piton_Neiges-2-BRGM.jpg                                               Doc. BRGM / P.Bachelery & al. 2003

 

Les dépôts d’avalanche du Piton des Neiges :

Deux des trois dépôts d’avalanche de débris concernant le piton des Neiges se trouvent dans le prolongement des dépôts d’avalanche identifiables à terre.

Dans le secteur du Cap La Houssaye – Saint Gilles, dans un secteur au nord-ouest de l’île moins arrosé par les précipitations, ces dépôts sont bien conservés.  Les  "brèches de Saint-Gilles" affleurent sur la partie basse du flanc ouest du massif du Piton des Neiges, couvrant 16 km².

 

 

Cap-champagne---SDG-photographie.jpgLa Réunion - falaise côtière du Cap Lahoussaye / dépôts d'avalanche de débris "à terre" - photo Sebastien Del Grosso - S.D.G. Photographie / Facebook  - un clic sur la photo vous mène à son site Flickr en meilleure définition.


Elles s’expriment par une haute falaise côtière, à Petite Anse et Cap Champagne, ou en arrière d’une étroite plaine sableuse, comme à Cap Homard et Grand Fond. Elles restent observables jusqu’à une altitude moyenne de 250-300 m. en amont, avant d’être recouvertes par les coulées de trachy-andésite du Piton des Neiges.

Ces brèches montrent deux faciès étroitement associés :

- une matrice de teinte beige composée d'un mélange non classé, non stratifié et très hétérogène de matériaux avec une prédominance d'éléments fins ; Le "faciès Matrice" est très friable et peu cohérent ; il
résulte de la pulvérisation et de la dispersion d'éléments rocheux préexistants lors de l'avalanche de débris.

- des panneaux ou blocs plus massifs et cohérents de dimension métrique à décamétrique constitués de pans de coulées, de scories, de pyroclastites ou bien encore d'autres brèches. Ces panneaux ont eux-mêmes le plus

souvent un aspect bréchique ou simplement fracturé.

On peut observer que la disposition des éléments au sein de ces panneaux prend fréquemment un aspect fracturé en puzzle : les éléments sont étroitement imbriqués les uns dans les autres. (BRGM)

 

Fiches_Piton_Neiges--BRGM02.jpg                                               doc. BRGM

 

Sources :

- Les déstabilisations de flanc des volcans de l'île de la Réunion : mise en évidence, implications et origines - Jean-François Oehler, Nicolas Arnaud
Thèse de Géologie, Université Blais Pascal de Clermont-Ferrand, 2005.

- BRGM - Le volcanisme ancien du Piton des Neiges - Le Cap La Houssaye.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Shimabara_Mayuyama---Burt-Lum.jpg

                     Le Mont Mayu-yama, dominant la ville de Shimabara - photo Burt Lum.


Le groupe volcanique Unzen est formé de plusieurs stratovolcans actifs qui se recouvrent, le Kinugasa au nord, le Fugen-dake et le Mayu-yama au centre-est, le Kusenbu au sud, situés sur l’île de Kyushu au Japon.

Ce complexe basaltique à andésitique occupe une grande part de le péninsule de Shimabara , ses volcans étant alignés dans un graben E-O de 30-40 km. de long.

Les volcans Fugen-dake et Mayu-yama ont été actif durant l'holocène.

 

Unzen-map.JPGLe graben Unzen abritant le groupe volcanique du même nom  - carte Geological survey of Japan.

 

Unzen-map-2--K.Nakajima.JPGLe complexe Unzen - Au centre, le dôme Heisei Shinzan (1483m) mis en place durant l'éruption de  1991-95, avec les dépôts pyroclastiques (P) et dépôts de débris (D) - sur la droite, les dômes du Mayu-yama (en orange) et les dépôts de l'avalanche de débris de 1792 (M) - Carte Geological Survey of Japan / Nakajima.

 

ShimabaraPeninsulaJpLandsat---SRTM.jpgLa péninsule de Shimabara, avec le complexe Unzen (traces de l'éruption 1991-95 et de ses dépôts en rouille) et le Mt. Mayu-yama au NE - doc. Landsat / SRTM.

 

 

Le complexe de dôme de lave Mayu-yama s'est formé voici 4.000 ans et fut la cause de l'éruption de 1792. Le sommet du volcan fut secoué par une série d'explosions phréatiques, avec des coulées de lave dacitique de 3,5 km. sur les flancs. L’éruption, de VEI 2, rejettera au total 26 Mm³ de lave.


Un mois après la fin de l’éruption, l'écroulement du dôme de lave Tenguyama, lié à deux séismes de magnitude supérieure à 6, engendra une avalanche de débris qui engloutit 9.531 personnes sur son passage vers la mer; la majeure partie de l'avalanche déclencha, en entrant brutalement dans la mer, un tsunami qui tua 5.094 autres personnes ... un total de près de 15.000 morts !

La hauteur des vagues du tsunami a atteint 10-20 mètres, le classant parmi les méga-tsunami. La vague la plus haute est notée à 57 mètres, à Osaki-bana point près de Futsu, et est due à la topographie du fond marin.

 

MayuyamaSlide - 1792 - USGS                Le Mt. Mayu-yama et les traces de l'avalanche de 1792 - d'après une photo USGS.

 

Mayu-yama-tsunami-hauteur-vague---iahr.gif               Carte de hauteur ponctuelle des vagues du tsunami 1792 / Mayu-yama - doc. Iahr


L’avalanche de débris a laissé une cicatrice en amphithéâtre toujours visible, et sa terminaison en hummock dans la baie en face de Shimabara serait, selon une hypothèse, responsable de la formation de petites îles.


unzen---Takashi-Yamada-2-.jpg

Le Mt. Mayu-yama surplombe la ville de Shimabara - on distingue  au centre la cicatrice laissée par l'avalanche de débris et dans la baie, la terminaison en hummocks - les coulées grises derrière le Mt Mayu-yama sont dues à l'éruption de 1991-95 et témoigne de la protection de la ville par celui-ci - photo Takashi Yamada

 

Unzen---T.Soya-25.10.94.JPG

Photo plus récente - 25.10.1994 - avec au centre le dôme  Heisei Shinzan fumant, les dépôts pyroclastiques et de lahars de l'éruption 1991-95, les ouvrages d'art destinés à canaliser ceux-ci  - à droite, le Mt. Mayu-yama et la cicatrice de l'avalanche de 1792 - photo T.Soya.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- Geology and eruptive history of Unzen volcano, Shimabara peninsula, Kyushu, SW Japan - by H.Hoshizumi, K.Uto, K.Watanabe 1999.

- Study of the Mayu-yama tsunami disaster in 1792 - by MasanoriMichiue & al. / Tottori Univ. - link

- Photovolcanica - Unzen / Fugen-dake 90-95 - link

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Publié le par Bernard Duyck
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crateres-sommitaux-et-Valle-del-bove-copie-2.jpg                                Etna : cratères sommitaux et Valle del Bove - image ASTER.

 

La Valle del bove est une dépression volcano-tectonique qui marque le flanc Est de l’Etna ; la partie la plus haute en fer à cheval a un diamètre d’environ 5 km. et elle s’étire, entre 2800 et 1200 m. d’altitude sur 8 km. de longueur d’ouest en est. Ses parois possèdent une déclivité de 30 à 40° et ont des hauteurs de près de 1.000 m. du côté ouest.

Ces falaises sont composées d’une alternance de couches de cendres et de coulées de lave, recoupées par de nombreux dykes, véritables fenêtres permettant de reconstituer partiellement l’histoire éruptive du volcan et de ses centres éruptifs successifs.

 

Etna-Valle_del_Bove---dykes---Ji-Elle.jpg                Etna, Valle del Bove : de nombreux dykes recoupent la vallée - photo Ji Elle

 

Etna2011-VdB---photovolcanica.JPGLa Valle del Bove, dominée par le cratère Sud-est (à droite) - vue depuis Serra della Concazze - photovolcanica


La Valle del Bove s’ouvre vers l’Est vers la mer Ionienne ; sa pente se prolonge sans discontinuité en suivant l’inclinaison naturelle du flanc de l’Etna.

Son fond est recouvert en grande partie par des coulées de lave récentes, avec quelques cônes adventifs, tel que le Monte Centenari. Au nord-ouest, elle se prolonge par un effondrement similaire, la Valle de Leone. A l’Est, vers 1.200 m. d’altitude, la Valle di Calanna est aussi une dépression, plus petite, de 3 km. sur 2.

 

Monte-Centenari.jpg                            Etna, Valle del Bove : le Monte Centenari, un cône adventif

 

Etna---valle-del-bove---rift-zones.jpg

Etna et la Valle del Bove (VdB) - les cratères sommitaux actifs et les anciens centres d'activité :  Ellittico (E), Trifoglietto et centres associés (Tr) , Calanna (C), l'extension terrestre des dépôts Chiancone (Ch) et des lahars Milo (ML) - Les flèches noires indiquent la position et/ou les directions de la propagation des dykes sur les rift zones - Barre d'échelle : 10 km.

Doc. Tarquini & al. 2007

 

F2.large.jpg

Etna, la Valle del Bove  - AR, Acqua Rocca; AT, Acqua del Turco. - Barre d'échelle : 1 km.

Doc. Tarquini & al. 2007


Son origine est toujours sujette à débat, mais aucune hypothèse n’a apporté jusqu’à présent de solution entièrement satisfaisante. Un modèle récent le relie à l’effondrement de l’ancien Trifoglietto II, un autre à une activité explosive phréatomagmatique.

L’âge du collapsus est aussi fortement débattu, et situé entre il y a 5.000 et 25.000 ans.


Quelques arguments en vrac :


- une analyse morphologique suggère que la Valle del bove s’est formée après les centres post-Trifoglietto II (vers 60.000ans), Ellitico et Leone, qui sont donc considérablement plus jeune.


– Les dépôts pyroclastiques sur les flancs du volcan en relation spatiale avec la Valle del Bove  sont divisés sur base de leur âge en dépôts de tephra supérieur et inférieur ; la stratigraphie, la pétrologie et la datation au radiocarbone de la couche de dépôts inférieure indique un âge pour le Trifoglietto II d’au moins 20.000 ans antérieur à celui de la Valle del Bove. La couche supérieure a un fort caractère phréatomagmatique, proche au niveau datation de l’âge de la Valle del Bove … sans évidence de lien avec sa formation.


– des études morphologiques montrent que sa formation consiste en une série de structure "en coquille st Jacques" indiquant une formation par glissement de terrain ; les matériaux, remobilisés par rupture de pente et transport par les eaux et les lahars, ont suivi ensuite la vallée en direction du rivage marin où ils ont formé une accumulation en forme d’éventail, appelée " Chiancone ", et débordé en mer.

La Valle del bove se serait formée par une série d’effondrements causés par une rupture de pente gravitationnelle, et le Chiancone est considéré comme le produit du collapsus.


Quelle que soit l’hypothèse la plus plausible, la Valle del Bove a agi comme un bassin protecteur des bas flancs Est de l’Etna face aux coulées de lave et envahissements par des débris volcanoclastiques.

 

VdBove---coulee-99.pngDe nombreuses coulées de lave se sont écoulées dans la partie supérieure de la Valle del Bove - sur cette carte de l'INGV, les coulées de 1989 à 1999.

 

Un petit tour dans la Valle del Bove, avec Etna Walk :

 

 

 

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière / éd. Delachaux & Niestlé.

- Global Volcanism Program - Etna

- SVG - Bulletin 98 - Spécial Etna - par Th. Basset et P. Vetsch

- Italy's volcnoes : the cradle of volcanology  - the geological evolution of Etna - by Boris Behncke (archives)

- INGV Catania - Etna

- the Valle del Bove, Mt Etna : itsorigin and relation to the stratigraphy and structure of the volcano - Guest, Chester, Duncan

- Valle del Bove: a comprehensive model for the opening of the depression and implications for future hazards - INGV Catania

- Climate forcing of volcano lateral collapse: evidence for Mt Etna, Sicily - by Deeming, McGuire , Harrop.

- Photovolcanica - Etna

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