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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Un rappel de l’avalanche de débris qui a donnée naissance au Coldwater Lake près du Mt. St Helens m’amène à parler de ce phénomène destructeur.

 

08.1980-USGS.jpgMt. St Helens , une avalanche de débris, générée par l'éruption de 1980, est ponctuée de petits lacs colorés différemment selon la composition chimique des eaux - photo Lyn Topinka /USGS - 08.08.1981


Une avalanche de débris est un phénomène catastrophique qui affecte un volcan, qu’il soit en éruption ou non. Il s'agit de l'effondrement d'un flanc entier d'un édifice volcanique qui peut avoir plusieurs origines distinctes :

- l'effondrement d'une partie de l'édifice est peut être liée à la remontée d'un volume de magma qui, une fois à l'intérieur du volcan, se stocke et forme une poche qui déforme et déstabilise l'édifice. Lorsque l'instabilité est trop grande, le morceau de volcan déformé se détache et glisse, libérant la poche qui "explose". Le souffle de cette explosion, chargé de cendres, est nommé "blast ". Il peut détruire des surfaces assez vastes (600 km² environ pour le Mont St Helens en 1980, et environ 500 km² pour le Bezymianny en 1956).

 

Bezymianny---Olga-Girina-KVERT2008.jpg

Kamchatka - le cratère en fer à cheval du Bezymianny, dominé par le dôme de lave Novy  - le cratère a été éventré lors de l'éruption de 1956, qui a provoqué l'effondrement du sommet et un blast / une avalanche de débris.  - photo Olga Girina / KVERT 2008.

 

- l'effondrement peut se faire de manière passive, sans la moindre intrusion de magma et sans la moindre activité volcanique.

Il s'agit alors d'un phénomène qui peut être lié : 

1. à la position de l'édifice sur son substratum :si celui-ci est en pente l'édifice aura tendance à glisser sur un côté.

2. à la qualité du substratum du volcan : si le volcan recouvre en partie un bassin rempli de sédiments mous ces derniers vont se déformer avec le temps sous le poids de l'édifice et le volcan sera alors instable. C'est l'une des hypothèses invoquées pour expliquer la répartition des dépôts d'avalanches de débris sur le volcan Cantal / France par exemple.

3. à la présence au sein même du volcan d'une "couche-savon", généralement une zone fortement abîmée par les fumerolles et qui sera argilisée. L'argile étant assez déformable, le flanc du volcan qui repose sur cette zone argileuse finira par s'effondrer.

L'avalanche de débris du Mombacho, au Nicaragua, pourrait avoir cette origine, tout comme certaines des avalanches de débris de la Montagne Pelée.

(Geowiki)

 

Mombacho---nasa.jpgMombacho---collapsus.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, photo Landsat 7 /2000 en fausses couleurs  du volcan Mombacho au Nicaragua - une éruption de l'Holocène a provoqué des avalanches de débris qui ont laissé deux grandes cicatrices au sud et au nord-est du sommet - voir carte de droite / B. van Wyk de Vries and P. Hernandez in GVP.

 

L'avalanche côté NE a créé la péninsule Aseses dans le lac Nicaragua (en noir sur la photo) et les quelques 500 petites îles qui la flanquent : las Isletas de Granada, qui sont en fait les sommets du terrain en hummock laissé par l'avalanche de débris qui a parcouru 12 km. depuis le volcan.


 

De nombreux volcans dissymétriques présentent une instabilité sectorielle et des marques de glissements de terrain : La Valle del Bove sur l’Etna, la Sciarra del Fuoco sur l’île de Stromboli, le Piton de La Fournaise et le Kilauea sur Hawaii.

 

 

crateres-sommitaux-et-Valle-del-bove-copie-2.jpg                                Etna : cratères sommitaux et Valle del Bove - image ASTER.


Toutes choses étant égales, un volcan présente une instabilité supérieure à une montagne de même gabarit ; différentes fractures et des niveaux hydrothermalisés constituent des niveaux de glissements privilégiés, favorisés par les micro-séismes.

L’établissement des cartes de risques nécessite de prendre en compte différents facteurs : la pente et le dénivelé, l’orientation, la lithologie et les discontinuités, le climat, la végétation.

 

Pour suivre, dans la semaine, quelques grands exemples d'avalanches de débris.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bezymianny

- Global Volcanism Program - Mombacho

- Geowiki - las avalanches de débris.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

MSH84_debris_avalanche_coldwater_lake_01-13-84_med.jpg

St Helens - avalanche de débris en hummocks (*), créatrice du Coldwater Lake - photo Lyn Topinka / USGS Cascades Volcano Observatory.

 

Le volcan St Helens est victime cette année d’une éruption  … de chenilles de Bombyx ou Livrée de Californie - Malacosoma Californicum . Elle a commencé l'été dernier, pour exploser en 2012 au cœur de la zone d'explosion près de Coldwater Lake, sur l’Hummock Trail (*).


(*) : Les hummocks sont des monticules arrondis ou coniques situés au sein d'un glissement de terrain volcanique ou un dépôt d'avalanche de débris. Les hummocks contiennent un large éventail de débris de roche, ce qui reflète la variation des dépôts qui ont formés auparavant les flancs du volcan. Certains monticules contiennent d'énormes blocs intacts des dizaines à des centaines de mètres de diamètre. Certains composants des coulées de lave formatrice du volcan et d'autres dépôts peuvent être vu dans ces buttes de grande taille, mais la plupart des gros fragments de roches sont complètement brisés.

 

MSH81_coldwater_lake_outlet_channel_10-17-81.jpgMt St Helens - Coldwater Lake - travaux de creusement d'un canal de sortie 4 ans après l'éruption - la taille du site est donnée par un bulldozer (tache jaune à gauche) -   Photo taken in March1984 by Robert L. Schuster / USGS Cascades Volcano Observatory 


map_may18_affected_lakes.gif

  Situation du Coldwater Lake au nord-ouest du volcan - carte USGS Cascades Volcano Observatory 

 

Coldwater Lake est un lac de 4.050 m², formé par un barrage de débris lors de la dernière grande éruption du volcan, en 1980. Après celle-ci, des travaux furent entrepris aux lacs de barrage Castle Lake et Coldwater Lake ; des canaux de sortie furent creusés  pour stabiliser le niveau des eaux et empêcher un débordement du lac, ce qui causerait des lahars dommageables.

 

800px-Western_tent_caterpillars_Malacosoma_californicum_in_.jpgUn arbre dénudé par une agglomération de chenilles Malacosoma Californicum / Western tent caterpillar - photo Brocken Inaglory

 

C’est dans cette zone, où les plantes pionnières effectuent leur colonisation, que se sont installées ces chenilles. C’est assez flippant de voir des milliards de chenilles qui grouillent, tissent des " tentes " qui habillent la cime des arbres, ou retombent sur le promeneur qui se sera arrêté juste un moment  pour écouter leurs bruits de mastication.

 

Western-tent-caterpillar---Field-guide-ton-insects-and-dise.jpg       Femelle de bombyx de californie et sa ponte - photo Field guide to insects and disease ...

 

Elles décapent de façon presque exclusive des aulnes rouges qui dominent dans la région. Cet arbre pionnier pousse sur les débris volcaniques stériles qui ont enseveli la vallée.

L’aulne est remarquable pour sa relation symbiotique avec une bactérie qui fixe l’azote, un actinomycète Frankia Alni, qui se retrouve dans des nodules sur ses racines. Elles absorbent l’azote de l’air et le rende assimilable par l’arbre … qui en retour, approvisionnent les bactéries en sucres, produits par la photosynthèse. Cette relation arbre-bactérie améliore la fertilité des sols volcaniques et procure un apport azoté aux espèces qui vont succéder.

 

An alder root nodule
Whole root nodule
A sectioned alder root nodule
Sectioned root nodule
  Alder root nodules

 

 

La vie de ces insectes est rythmée par des cycles d’expansion et de récession, qui dépendent de la météo, des disponibilités alimentaires, de prédateurs, et divers autres facteurs. Les cycles durent trois à cinq ans, avec une croissance exponentielle jusqu’à ce que leur approvisionnement alimentaire ne soit plus assuré, ou qu’une maladie, souvent parasitaire, ne provoquent un effondrement des populations.

 

L’attaque préférentielle d’une espèce végétale pionnière va modifier le paysage en reconstruction : en tuant les arbres en difficulté, les chenilles vont donner plus de lumière à d’autres espèces ; leurs déjections, et cadavres, vont agi comme engrais pour des sapins de Douglas, et d’autres espèces de conifères … cette chenille va jouer un rôle déterminant dans la nature de la forêt émergente, et influer sur son peuplement aviaire, prédateur friants de cette abondante manne.

 

 

 

Sources :

- The Examiner / science and technology : Caterpillar eruption near Mt St Helens - link

- CVO / USGS - Mount St Helens Coldwater lake.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sulphur_Bank_Mercury_Mine---Marcia-Wright.jpg

Sulphur Bank Mercury Mine et en arrière-fond, un cinder cone - en bordure de Clear Lake - photo Marcia Wright.

 

La mine de mercure Sulphur Bank est localisée en bordure du Clear Lake. Malgré une relativement faible extension, 0,61 km², elle compte parmi les plus grands producteurs mondiaux de mercure.


A ses débuts en 1856, elle a d’abord exploité le borax ; quelques années plus tard, en 1865, débute celle du soufre, qui lui a valu son nom : 909 kg. furent produits en 4 ans.

 

Borax_Lake-_California---Marcia-Wright.jpgSulphur Bank Mercury Mine - Borax lake, un site néolithique (environ 9.500 avant JC) - photo Marcia Wright 2009.


Le cinabre, minerai mercuriel, fut d’abord exploité en sous-sol, puis par la méthode des puits ouverts depuis 1873 jusqu’en 1957. Environ 4.500 tonnes de mercure en sortirent, ce qui la classe parmi les plus grands dépôts de mercure exploités … elle fut d’ailleurs un important producteur durant les deux guerres mondiales.

Elle ferma en 1957, avant de devenir un " superfund site " (*) de l’Environmental Protection Agency en 1990.

 

Sulphur Bank doit son origine à une coulée d’andésite pyroxène, datée d’il y a  44.000 ans. (datation au C14), la plus jeune unité du Clear Lake volcanic field.

Cette coulée s’étouffa en se déversant au sein d’un système de sources chaudes en activité, qui plus tard commença à l’infiltrer. Le sulfure d’hydrogène et l’eau des sources chaudes formèrent de l’acide sulfurique … ces vapeurs solfatariques réduisirent l’andésite en opaline et alunite. Ces gaz réagirent dans les fractures avec le soufre élément pour former du cinabre (sulfure de mercure), du métacinabre, de la stibnite et du sulfure de fer, sous la nappe phréatique.

Différentes études isotopiques indiquent que les fluides minéralisés sont dérivés de façon métamorphique du socle Franciscan sous-jacent, considéré comme la source du mercure et du soufre (Donnally-Nolan / USGS); d'autres y voient un système hydrothermal plus magmatique que métamorphique (F.Goff) .

 

Sulphur-bank-mine----Goff-F2.jpgCarte géologique des environs de Clear Lake - avec les différentes failles, la position de Sulphur Bank Mine (*)  et Borax Lake, du complexe Franciscan. - Doc. F.Goff

  Clear-Lake---Sulfur-bank-mercury-mine-J.Donnelly-Nolan---US.jpg

            Sulphur Bank Mine en bordure du Clear Lake - phot aérienne J. Donnally-Nolan / USGS.

 

Herman_pit_Clear_Lake---Marcia-Wright.jpg

 Sulphur Bank Mercury Mine : l'Herman pit à l'avant-plan, séparé de Clear Lake par un septum - photo Marcia Wright.


Après sa fermeture et la noyade des puits ouverts, les sédiments furent contaminés dans ceux-ci et les portions du Clear Lake adjacentes par du méthyl mercure, raison de son classement par l’EPA en "superfund site" (*).

Le niveau d’eau du puit noyé est 4,5 mètres plus haut que le niveau du lac, dont il n’est séparé que par un septum de roches et débris.

Le méthyl mercure entre dans la chaîne alimentaire pour finir dans les poissons … ce qui fait limiter leur consommation à deux poissons pêchés dans le lac par mois et la fait interdire aux femmes enceintes.

Les eaux acides ont lessivé les roches volcaniques andésitiques et un aluminosilicate amorphe transporte le mercure au travers de la mince barrière … sa flottabilité lui permet de le transporter ainsi au gré des courants, ce qui agrandit l’aire de pollution.

L’EPA a pris des mesures pour s’assurer que les eaux de ruissellement ne pénètrent ni le lac ni le puit ; elle a des plans pour assainir la réserve indienne Elem Pomo adjacente, construite sur des débris , et recouvrir les résidus miniers existants (chargés en mercure et arsenic) par une barrière imperméable. L’étape suivante sera de faire baisser le niveau d’eau dans le puit d’extraction et de la maintenir plus bas que le niveau du lac, mais ceci requiert un pompage permanent et un traitement conjoint des rejets.

 

Rock_piles_Sulphur_Bank--.jpg                                       Sulphur Bank Mercury Mine - photo Marcia Wright.

 

(*) : Superfund site : le superfund est un programme gouvernemental des USA destiné à nettoyer les sites pollués de façon incontrôlée. L'EPA assure ainsi qu'il seront maintenu sur une liste d'objectif prioritaire de réhabilitation pour protéger l'environnement et la santé des américains.


 Sources :

- CalVo / USGS - Mining and mineralization of the Clear Lake region - link

- Sulphur Bank Mine, California : an example of a magmatic rather than metamorphique hydrothermal system - By F.Goff & al. - link

- Elem Pomo tribe / Sulphur Bank Mercury Mine , Clear Lake, California - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

McLaughlin-gold-mine---J.Donnelly-Nolan.jpg

               Clear Lake volcanic field - la mine d'or McLaughlin - photo J. Donnally-Nolan

 

La région de Geysers-Clear Lake est aussi l’une des plus productive des Etats-Unis en ce qui concerne le mercure et l’or, qui y furent exploités dès la fin du 19° siècle.


La plupart des dépôts sont directement associés à l’affleurement des premières roches volcaniques de Clear Lake.  Environ entre il y a 2 Ma et 10.000 ans, l’activité volcanique a marqué le champ volcanique Clear Lake. Ce volcanisme quaternaire a suivi le mouvement en direction du nord-ouest de la triple jonction Mendico, et peut être mis en relation avec le changement entre les mécanismes de convergence de plaques tectoniques  et l’activité de faille de transformation.

Le volcanisme résulterait de matériaux du manteau fondu se déplaçant dans des portions de croûte terrestre ouvertes – « slab windows » - occupées par la plaque Farallon précédemment en subduction.


plates_3.2.jpg

Subduction de la plaque fossile Farallon et déplacement du point triple jonction Mendico, entre 40 Ma et aujourd'hui - doc. University of Canlifornia - McLaughlin Natural Reserve.

 

Une autre conséquence du changement de mécanisme le long de la faille Stony Creek a été la création du système hydrothermal. Les évents volcaniques et les dykes qui se sont ouverts la long de la faille ont livré passage aux roches en fusion et aux eaux thermales, entraînant les dépôts minéraux.

Le climat très humide au Pléistocène , il y a un million d’années, a pu favoriser la mise en place de l’activité hydrothermale. La plupart des eaux qui ont déposé l’or étaient des eaux de mer du Crétacé emprisonnées dans les sédiments de Great Valley ; ces eaux sont chargées en isotopes, et contiennent de hautes concentrations en pétrole, dioxyde de carbone, or, mercure, antimoine et arsenic.

 

Gold-06---D.Enderlin.jpgUne carotte qui présente des dendrites d'or, près de la cassure - McLaughlin gold mine, North pit drill hole - largeur 6,5 cm. - photo D. Enderlin

 

Gold-dendrite---Zodiac-drift-McLaughlin-gold-mine-copie---D.jpg                       Dendrite d'or - McLaughlin gold mine, Zodiac drift - photo D. Enderlin


Les eaux hydrothermales ont déposé l’or dans des veines d’opale, de calcédoine et de quartz , créées au cours du processus d’altération silice-carbonate serpentine. Les plus hautes concentrations en or se sont retrouvées dans des veines d’opale colorées en ambre (car chargées en pétrole) , parfois sous la forme de très fines veines dendritiques, ou sous forme de grains microscopiques.


Gold-dendrites---California-state-univ.-Sacramento-geology-.jpgLa forme dendritique est une réponse au ratio rapide de cristallisation de l’or … un dendrite nécessite un nucleus, ou un  cristal-semence pour se former, qui n'est pas nécessairement de l’or.

La pyrite, l’arsénopyrite et d’autres minéraux ont souvent servi de site à partir duquel les dendrites ont commencé à développer leurs branches. Des sels sulfatés d’argent, tels que Pyrargyrite et miargyrite, accompagnent souvent les dendrites d’or.

 

Agrandissement d'une dendrite d'or / McLaughlin gold mine - photo California State University Sacramento geology dpt.


La mine Mc Laughlin demeurait la seule à exploiter les basses concentrations en or hydrothermal de la chaîne côtière, jusqu’à sa fermeture en 1996.

La cessation d’activité de cette mine a créé deux puits qui se sont transformés en lacs permanents.

Le pit-lake sud s’est développé au dépens d’eaux d’infiltration et avait un pH initial de 7,2, pour une composition affichant de hautes concentrations de bore, et chlorures. Le dioxyde de carbone, émis au début par des évents, est resté piégé en profondeur dans un lac aux eaux stratifiées.

Le pit-lake nord s’est empli par les précipitations hivernales ; l’eau initialement acide a été tamponnée par contact avec les parois pour arriver à un pH de 7,6. La concentration élevée des eaux en cobalt, mercure, et nickel  a progressivement diminué par dilution continue par les eaux de surface et assainissement des parois par des remblais.

 

Source :

- Geology of the McLaughlin deposit - by Dean Enderlin 2002 - link

- McLaughlin gold - Homestake mining company - link

- CalVO / USGS - Clear Lake Volcanic Feld , mining - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Clear lake - geyser geothermal field - J.Donelly-Nolan

The Geysers geothermal field - vue partielle sur des tours de refroidissement - photo J.Donnelly-Nolan

 

 

La vaste chambre magmatique, d'environ 14 km. de diamètre située à 7 km. de profondeur et plus sous le champ volcanique de Clear Lake, révélée par des études télésismiques et de gravité, constitue une source de chaleur pour le champ géothermal situé au sud-ouest du champ volcanique :

"The Geysers Geothermal field" est le plus grand champ géothermal productif au monde !


Découvert en 1847 au cours d’une expédition de reconnaissance dans les Sierra mountains et le Great Basin par William B. Elliot, son usage sous forme de spa enchanta les personnalités de l’époque. Une première exploitation en 1924 servi à alimenter en électricité un resort local.

 

Geysers_Map.jpgCarte des implantations industrielles de "The Geysers"  ... un monde sous haute surveillance (notez les portes fermant les routes d'accès et le poste de gardiennage)  - Des visites mensuelles sont organisées.

 

Son développement industriel a débuté dans les années 50 … pour arriver aujourd’hui à un ensemble de 26 centrales, nourries par plus de 350 puits, et produisant suffisamment d’énergie " propre et renouvelable " pour alimenter 850.000 familles. Quatre sociétés se partagent le gâteau, dont la part substantielle, 19 centrales, est aux mains de Calpine Corporation.

La production géothermale provient aujourd’hui de vapeurs du Geysers field, localisé à la frontière sud-ouest  du champ volcanique.


L’aire géothermale « The Geysers-Clear Lake » avait une capacité initiale de 2.100 mégawatts, déclinant ensuite à 1.500 MW environ (chiffres 1988).  Malgré cette baisse de production de vapeur et donc de puissance, le total des puits creusés est monté à plus de 600 dans les années 90, certains atteignant la profondeur de 3,2 kilomètres … pour un investissement de plus de 4 milliards de dollars. Pour résoudre le problème, on a développé un plan de réinjection des eaux usées et traitées par des puits.

 

Injection - Santa-rosa.ca.usCes eaux sont transportées sur 41 miles par pipe-line depuis Santa Rosa, pompées vers une hauteur avant d’être distribuées dans le champ géothermal et injecté à 10.000   pieds de profondeur.

 

Schéma du cycle de production d'électricité et d'injection des eaux usées avec puit de vapeur et puit d'injection - doc. Santa-Rosa.ca.us


En 1997, environ 30 millions de litres d’eaux usées ont été injectés chaque jour dans la partie sud du champ The Geysers … la vaporisation des eaux a permis de récupérer 75 MW qui avaient disparus avec la baisse de pression. L’adjonction de ces eaux devrait remplacer une grande part de fluides géothermaux perdus lors de la production électrique, et permettre de maintenir celle-ci aux environs de 1000 MW durant au moins deux décades, si possible plus.

 

Age---thermal-history-of-the-Geysers-plutonic-comp-copie-1.jpg 

Situation et limites du Geysers Geothermal field au sein de Claer Lake Volcanic field - avec contours du flux de chaleur en surface exprimé en hfu.

  

Age---thermal-history-of-the-Geysers-plutonic-complex---Dal.jpg

 

                                     Carte et coupe en subsurface du Geyser plutonic complex

Map and cross sections show subsurface occurrence of Geysers plutonic complex (GPC) , well locations for analyzed samples (open squares), and volcanic rocks of the Clear Lake Volcanic Field 

 

doc. from "Age and thermal history of the Geysersplutonic complex (felsite unit) - the Geysers geothermal field"  - by G.B. Dalrymple & al.

 

Les forages destinés à déterminer son potentiel géothermique ont révélé la présence d’un grand corps intrusif silicique, appelé " the Felsite ", situé au sud de Cobb Mountain ; ce corps intrusif, de plus de 100 km³, est composé de granite, porphyre microgranitique, et granodiorite environ 1.000 m en sub-surface. La datation indique une solidification il y a 1,3-1,4 Ma, en correspondance avec la répartition par âge des roches du champ volcanique de Clear Lake.

 

En dépit de son nom, The Geysers field, aucun geyser naturel n’existe sur zone. Son nom lui a été attribué par les premiers explorateurs en raison de l’activité fumerollienne et des vapeurs émises par les sources chaudes et les mudpots dans ce qui allait devenir la première partie exploitée du champ de vapeur.

Ce champ géothermal est complété de sources thermales, situées le long de failles subparallèle à la faille de San Andreas.

 

Cette zone est sujette à de nombreux séismes et à subsidence.

Une polémique est née des pratiques industrielles récentes de réinjection et de constatation du nombre de séismes en hausse.

Entre 1949 et 1975, aucun séisme de magnitude supérieure ou égale à 2,5 n’a été observé dans la région des champs géothermaux. Depuis 1976, des séismes de cette grandeur ont commencé à être observés et le ratio est passé à au moins 12 séismes de Magnitude supérieure ou égale à 2,5 par an, jusqu’en 1984. Le maximum fut atteint en 1988 avec 26 séismes de cette magnitude, ce qui constitue 40% du taux annuel pour l’ensemble de la chaîne côtière centrale.

Selon un rapport du Berkeley seismological laboratory de 1992, le profil spatio-temporel de la sismicité indique que la sismicité à The Geysers est induite par les activités de production géothermique.

Mais rien n’est clair :

- nous sommes sur une zone de failles

- avec l’augmentation de la production électrique de 70% en 79-80, l’activité sismique s’est développée à proximité des nouveaux sites

- la sismicité s’est aussi propagée en direction du nord-ouest de la présente zone de production, bien qu’il n’y ait là aucun puit de vapeur actif.

- il n’existe pas de corrélation statistique entre l’extraction de vapeur et la sismicité pour des puits de vapeur en production depuis plus de sept ans.


Deux mécanismes restent plausibles pour une induction de la sismicité à The Geysers.

La contraction volumétrique due au retrait massif peut perturber la champ de contrainte et causer des failles dans le réservoir de roches par ailleurs proche de la rupture à cause du champ de contrainte régional.

Ou bien, la déformation asismique due au stress tectonique régional se convertit en en déformation sismique (stick-slip deformation) à cause d’une augmentation du coefficient de friction le long des surfaces en contact au niveau de la faille.

 

123-39

Localisation et magnitude des séismes toujours présent dans la zone, le 5 juillet 2012 - carte ANSS - USGS

 

Quant à la subsidence, la déformation verticale  a été mesurée dans les années 70 et 90. La diminution verticale relative maximale par rapport à un pont fixe situé à 20 km. du réservoir était de 19 cm entre 1973 et 77,  et centrée sur la zone d’extraction la plus active durant cette période. Le taux de subsidence moyenne entre 1977 et 1996 est de 4,7 cm /an, ce qui confirme la fiabilité de la première étude. Ces chiffres impliquent la mise en cause d’un volume égal à 2.000 millions de m³.

 

Sources :

- Geysers geothermal association  - link 

 - Induced Seismicity in The Geysers Geothermal Area, California - link

- Extensional tectonics at the Geysers geothermal area, California - by D.H. Oppenheimer / Jornal of Geophysical research 10.1986

- Subsidence – Mossop- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Konocti---Steve-Nakatani.jpg

                             Clear lake et le Mont Konocti - photo Steve Nakatani.

 

Le champ volcanique de Clear Lake est localisé dans la chaîne côtière CalVO-CA-NV-map-copie.pngnord-Californienne, à 50 km. à l’est de la faille San Andrea et 150 km. au nord de San Francisco, région qui est traversée par des failles orientées NO à N, faisant partie  du système de failles qui sépare les plaques Pacifique et Nord-Américaine.

 

Carte de situation - doc. CalVO / USGS


La subduction s’est arrêtée à la latitude de Clear lake, il y a 3 Ma, lorsque la faille transformante San Andreas s’est propagée vers le nord sous le point de triple jonction Mendocino, laissant une fenêtre qui a permis la remontée de matériaux du manteau  et les éruptions 1 Ma après l’arrêt de la subduction, et la création du bassin de " pull-apart " à Clear Lake.

Le champ volcanique est daté entre 2,1 Ma et 10.000 ans, intervalle au cours duquel on estime le volume érupté à 100 km³, composé principalement de rhyodacite, en quatre périodes séparées par des laps de temps de 150.000 à 200.000 ans.

 

Clear-lake-VF---Hearn-Jr-B.Carter.jpgCarte de Clear Lake Volcanic field  et âges de formation - position de "The Geysers Field" au sud de Clear Lake - doc. USGS / Hearn, Jr, B. Carter


Le volcanisme s’est déplacé progressivement vers le nord au sein du champ volcanique suivant une première phase à prédominance basalto-andésitique. Depuis 1 Ma, il est localisé au sud et à l’est de Clear Lake, qui occupe un bassin volcano-tectonique.

 

Clear-lake.gifSituation de Clear Lake volcanc field par rapport à la zone de subduction des Cascades et la faille de San Andreas. -  doc. from : Tectonic and heat flow map of the Western U. S. A. (modified after ,  and  showing location of the Clear Lake volcanic field and age range of Coast Range volcanic centers. Note northward decrease in ages. Cascade volcanic arc volcanoes (triangles) shown for comparison (after Borg and Clynne, 1998).

 

Le champ volcanique se compose d’un champ géothermal et de différents maars, cinder cones et dômes : Cobb Mountain – 1439 m. , Round Mountain  et Roundtop Mountain sont des cônes ; les monts Hanah et Konocti sont des dômes.

Clear lake lui même, est le plus grand lac d'eau douce californien; il a une forme allongée irrégulière, et est long de plus de 30 km.

 

Mt-Konocti-et-Buckingham-peak---Lee-Siebert.jpgLe Mont Konocti : complexe de dômes, avec à gauche Wright peak et à droite, Buckingham peak, arborant une cicatrice de glissement de terrain liée à l'effondrement d'une partie du dôme - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.


Le Mont Konocti, 1312 mètres, domine la rive est de Clear Lake ; il date de la phase la plus récente du volcanisme et a commencé à construire sa principale structure entre 480.000 et 350.000 ans, constituée de dacite.

Wright peak est un dôme rhyodacitique à dacitique, associé à des coulées de lave ; Buckingham peak est composé de laves dacitique, chapeutée d'un cinder cone érodé, de nature basalto- andésitique.

 

Le sol du Konocti est extrêmement poreux, si bien que les pluies sont absorbée par le dôme, sans formation de ruisseau. Ce phénomène alimente la légende : selon les natifs, un vaste réseau de cavernes parcourt la montagne, complété par un lac souterrain. Une période de sécheresse a fait baisser le niveau du lac à un point tel que l’entrée d’une grotte fut accessible, permettant de découvrir un lac géant, dans les eaux duquel vivait un poisson sans système oculaire. Des plongées récentes n’ont pas permis de découvrir d’entrée de grotte, mais des images satellite sonar confirment l’existence d’un espace vide sous la montagne, sans vérification de présence d’un réservoir d’eau … le secret de la montagne demeure intact !

 

Rattlesnake island estune île allongée située au NE de Clear lake, constituée des restes d'un cinder cone et de ses coulées scoriacées, basalto-andésitiques, datés de la fin du Pléistocène; l'éruption des laves aa s'est faite en sub-aérien, au dessus du niveau du lac.

 

 

 

clear-lake---rattlesnake-island---Lee-Siebert.jpg

Rattlesnake islands dans le Clear Lake - les restes érodés du cinder cone d'origine forme une bosse arrondie à gauche de l'île - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Round Mountain est un cinder cone, constituant l'extrémité nord d'une chaine de cônes de cendres orientée nord-sud et dominant le plancher de High Valley, à l'est du champ volcanique de Clear Lake.

 

Clear-lake-VF---Round-Mountain---Paul-Kimberly.jpg                     Clear lake volcanic field - Round Mountain - photo Paul Kimberly


Les coulées de lave andésitique à basalto-andésitique du champ de lave sont pour la plupart contaminée par des matériaux de la croûte; elles contiennent des xénocristaux de quartz, de plusieurs centimètres, connus localement sous la dénomination de "diamants de Lake County ". Leur Lake-County-diamonds---findingrocks.JPGdureté est de 7,8-8 sur l'échelle de dureté de Mohs, par rapport à celle du diamant qui est de 10.

 

Lake County diamonds - Findingrocks picture.


  Une légende locale les appelle "larmes de la Lune" : elles sont supposées être les larmes versées par la Lune, qui était tombée amoureuse d'un jeune chef Pomo, lorsque son frère, le Soleil, la força à regagner le ciel.

Ces cristaux étaient placés sur les tertres funéraires de Lake County par certaines tribus, qui voulaient protéger les défunts des mauvais esprits et des démons ... ces créatures de ténèbres croyaient en voyant les "larmes de Lune" que celle-ci brillait et quittaient les lieux.

 

Le système magmatique de Clear Lake n’est pas éteint : la longue période d’activité et un grand volume de la chambre magmatique ( environ 1400 km³) suggèrent que le système de Clear Lake en est au stade évolutif pré-caldeira. Des éruptions importantes concernant de grands volumes de cendres et téphra restent possibles, avec formation de coulée pyroclastiques.

Les éruptions à venir pourraient se localiser à proximité ou sous le lac, surtout au niveau du bras Est, résultant en éruptions phréatomagmatiques et chutes importantes de cendres, ou à distance du lac, produisant des cinder cones et des coulées de lave.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Clear Lake

- USGS - The Clear Lake volcanic field - link

- CalVO / USGS - Clear Lake volcanic field - link

- ScienceDirect - The Geysers-Cobb Mountain magma system, California - A.Schmitt & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Les Etats-Unis possèdent le plus grand nombre de jeunes volcans capables d’entrer en éruption, principalement sur la Ceinture de feu du Pacifique.

 Au cours du quart de siècle passé, 47 éruptions et au moins 17 épisodes d’instabilité significative ont marqué 34 volcans différents.

 

Augustine 2006 - Cyrus Read AVO       Iles aléoutiennes - éruption en 2006 du volcan Augustine - photo Cyrus Read / AVO-USGS


Outre les cinq principaux observatoires volcaniques de l’ USGS, Alaska, Cascades, Hawaii, Long Valley et Yellowstone, le NVEWS – National Volcano Early Warning System – est un plan à échelle nationale qui vise à s’assurer que les volcans soient surveillés à la mesure de leur danger.

Ce programme est développé en collaboration avec l’USGS – U.S. Geological Survey - , le VHP – Volcano Hazards Program -, et le CUSVO – Consortium of U.S.Volcano Observatories.

 

Près de la moitié des 169 volcans jeunes sont dangereux, à cause de leur façon d’entrer en éruption d’une part, et d’autre part des communautés humaines qu’ils concernent.

Ils ont soit un système de surveillance insuffisant, ou un équipement devenu obsolète. Le plan NVEWS s’assure que les volcans les plus dangereux soient sous surveillance correcte bien avant la reprise d’activité, de façon à permettre aux scientifiques une prévision rapide et précise et une prise de mesures de réduction de risques appropriée et en temps opportun.

 

nvewsmapfsU.S. Volcanoes and NVEWS Targets: red – 35 highest priority volcanoes, orange – 22 high-priority volcanoes, small green – the other U.S. volcanoes.

 

Une liste des priorités a été établie en 2005, avec différents niveaux :

- hautement prioritaires : 35 volcans – triangles rouges sur la carte

- prioritaires : 22 volcans – triangles oranges sur la carte

- suivants : les autres – triangles verts sur la carte.

Liste détaillée ci-dessous :

 

Region Highest Priority High Priority
Alaska Akutan, Amak, Amukta, Augustine, Bogoslof, Cleveland, Fourpeaked, Kasatochi, Kiska, Makushin, Recheshnoi, Redoubt, Seguam, Vsevidof, Yantarni, Yunaska Black Peak, Chiginagak, Churchill, Dana, Douglas, Dutton, Edgecumbe, Hayes, Kaguyak, Kupreanof, Spurr, Wrangell
Washington Glacier Peak, Mount Baker, Mount Rainier, Mount St. Helens Mount Adams
Oregon Crater Lake, Mount Hood, Newberry, Three Sisters  
California Lassen Volcanic Center, Mount Shasta Clear Lake, Mono-Inyo Craters, Mono Lake Volcanic Field, Medicine Lake
Wyoming   Yellowstone
Hawaii Kilauea, Mauna Loa Hualalai
Commonwealth of N. Mariana Islands Agrigan, Alamagan, Anatahan, Asuncion, Farallon de Pajaros, Guguan, Pagan Sarigan

 

 

26.05.2009 redoubt copie

                          Alaska - éruption du Redoubt, le 26.03.2009 - photo Dennis Josefczik


Pagan - 06.03.2012 - ISS030 E 122047

             Archipel des Mariannes - éruption du Pagan - 06.03.2012 - Nasa / ISS030- E- 122047

 

Le plan vise à améliorer les capacités de la communauté volcanologique des Etats-Unis au travers :

- d’une augmentation de la collaboration avec les gouvernements locaux et les responsables des urgences

- de subventions aux universités et groupes de recherche coopérative, pour promouvoir les connaissances volcaniques, les techniques de surveillance  et les stratégies d’atténuation des risques,

- d’une augmentation de la dotation en personnel, et l’automatisation de la surveillance volcanique,

- du développement des systèmes informatiques et l’uniformisation des systèmes de surveillance volcanique.

 

Sources :

- USGS - Volcano Hazards Program

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Guatemala – Fuego :

L’Insivumeh et le Conred ont tous deux signalé le 2 juillet une hausse de l’activité du Fuego, avec des explosions entendues jusqu’à 10 km. du volcan et une coulée de lave de 700 mètres de long dans la ravine Taniluya.

Cette activité, ensuite effusive pour l’essentiel, va alimenter une coulée allant jusqu’à 1700 m.

Le 3 juillet, un petit panache blanc d’une centaine de mètres de haut accompagne quelques faibles explosions qui le font monter sporadiquement à 400 m. La coulée de lave en direction de la ravine Tanilya mesure 400 m.


02.07.12-5h23---Fuego--Insivumeh.jpg                               Fuego - 02.07.2012 / 5h23 - photo Insivumeh

 

Colombie – Nevado del Ruiz :

Après une élévation du niveau passagère au rouge le 1° juillet, suite à une forte explosion accompagnée d’un panache montant à 8.000 m., l’activité du Nevado del Ruiz a ensuite diminué .

Le niveau d’alerte a été ramené à orange et les webcams laissent observer un panache d’environ 400 mètres le 3 juillet. Le 4 juillet, Ingeominas Manizales rapporte un signal sismique associé à l’émission de gaz et cendres, avec un panache à 600 m..

 

02.07.2012---NdR-cratere-Arenas---ingeominas.jpgNevado del Ruiz - 02.07.2012 - émission de gaz et cendres - couverture du sommet en direction de l'ouest - photo Ingeominas Manizales.

 

Kamchatka – cinq volcans en alerte aviation :

Le Shiveluch et le Karymsky sont en alerte orange ; les Bezymianny, Kizimen et Gorely en alerte jaune.

Activolcans signale, au 1 juillet, qu’un petit dôme se développe sur le bord du cratère du Kizimen … son instabilité pourrait générer des phases d’effondrements avec coulées pyroclastiques

 

Erythrée – Nabro

Un séisme de Magnitude 4,8 a été enregistré au SE du Nabro ce 1° juillet à 16h18 UTC, et une profondeur de 8 km.

Selon le satellite Modis, il n'y a pas eu d'éruption ... à suivre.


Canaries – El Hierro :

La crise sismique se poursuit , en diminution progressive depuis le 25 juin.

Lors d’une conférence de presse, le 3 juillet, l’IGN révèle qu’il s’attend à de nouveaux forts séismes ( de magnitude allant jusqu’à 4,5-4,6) dans les sept prochains jours. Maria José Blanco affirme qu’une éruption éventuelle au centre des présents séismes – en mer de Las Calmas au sud du phare de l’Orchila) peut être exclue pour le moment.

Le Pevolca demande à la population de se préparer et de rester vigilante à une éventuelle communication urgente, tandis que le GES – Grupo de Emergencias y Salvamento – renforce ses groupes locaux, pour se préparer à une crise future quelconque.

 

04.07.12-mer-deLas-Calmas---Canarias7.jpg              El Hierro - "anomalies" sur la mer de Las Calmas le 03.07.2012 - photo Canarias7


Le 3 juillet, un survol en hélicoptère par le GES a permis de photographier des bulles et une tache blanchâtre sur la mer de Las Calmas, à environ 180 mètres de la côte sud-ouest, aux coordonnées 27º 4.573” N et 18º03.761” O … son origine n’est pas encore expliquée (Diario El Hierro / Canarias7) et devrait être analysée lors d’un nouveau survol le 4 juillet.


Ce 4 juillet, les relevés GPS de l’IGN montre une composante verticale importante.

Le survol du 04.07 par l'hélico GES, avec des scientifiques d'Involcan équipés de caméra thermique, n'a révélé aucun paramètre anormal ... ce qui confirme qu'il n'y a pas de changements significatifs du processus magmatique en cours. (communiqué du Pevolca 15h23).

 

 

04.07.12---3J---Eventos_HIERRO_2D.jpgLocalisation et profondeur des séismes des dernières 36 heures - au 04.07.12 / 12h30 - doc. IGN

 

Sicile et Eoliennes : Etna et Stromboli.

Des images nocturnes prises par les webcams les plus sensibles révèlent de l’incandescence intermittente à la Bocca Nuova comme annoncé le 3 juillet.

 

L’activité strombolienne intracratérique, débutée dans la nuit du 1 au 2 07.2012 - Moon et Bocca nuova - BBehnckejuillet, se poursuit aujourd’hui, confirmée par une visite de scientifiques de l’INGV Catania le 3 juillet : Boris Behncke signale de petites mais bruyantes explosions stromboliennes ( voir sa photo "la lune et la Bocca Nuova" sur Flickr en cliquant sur la vignette).

Le trémor et la sismicité connaissent un certain déclin.

 

04.07.12-tremorEBELZ.gif                          Etna - trémor entre le 27.06 et le 04.07.12 14h - doc. INGV Catania

 

04.07.12-9h36-Bocca-nuova.jpg                                Etna - webcam sommets 04.07.12 9h36 locale - INGV Catania

 

Au Stromboli, l’activité se maintien, comme en témoignent les images de la webcam ci-dessous : 

 

03.07.12-stromboli.jpgJapon - Sakura-jima :

 

 

Sakura-jima : Une belle vidéo datée de juin 2012 du volcan toujours actif - merci à Shérine France pour la communication.

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Le classement récent au Patrimoine Mondial par l’Unesco du bassin minier du Nord-Pas de Calais et de quatre sites Wallons, Le Grand Hornu, le Bois-du-Luc, le Bois du Cazier et Blegny-Mine, m’amène à relever certaines similitudes entre les terrils et les volcans.

 

800px-Rouvroy_-_Terril_n-_84-_2_Sud_de_Drocourt_-05-.JPG                  Terril n°84 - Rouvroy (F) - sud de Drocourt - photo Jérémy Jännick

 

Laacher-See-066.jpg          Quelques volcans de l'Eifel, vus du sommet du Nastberg - photo Bernard duyck

 

Le bassin houiller Franco-Belge s’étend du Pas-de Calais en direction de celui de la Ruhr, en Allemagne, en passant par le sillon Sambre-Meuse ; il est parsemé de formations coniques typiques, ressemblant à s’y méprendre aux cônes volcaniques de l’Eifel tout proche.

 

bassin_houiller2.jpgSituation du bassin houiller Franco-Belge parmi ceux d'Europe occidentale - carte Fossilraptor.be / Carbonifère : exploitation minière.

 

Similitudes avec les volcans :

 

Les sous-produits de l’exploitation minière, composés principalement de schistes et de grès carbonifères sont entassés jusqu’à former des cônes plus ou moins hauts, les terrils, ressemblant aux cônes de scories volcaniques les plus parfaits.

 

Terril_Loos-en-Gohelle_2006-01-14---Sylvain-Beucher.jpg       Un des deux plus grands terrils du Pas de Calais, à Loos-en-Gohelle (F) - photo Sylvain Beucher.


Les terrils sont le résultat de l'accumulation des "stériles". L'origine du mot "terril" n'est pas clairement établie, mais la proximité entre "stérile" et "terril" fait partie des explications parfois entendues.

Dans les galeries minières, schistes et grès étaient associés au charbon, et une fois extrait et triés, ces résidus encombrants trouvaient places à proximité immédiate de la fosse. Et au fil du temps, de véritables collines ont vu le jour. Les terrils plats, ou "tabulaires", sont en général plus anciens, puisque au début de l'exploitation minière, les berlines étaient tirées par les chevaux, et il fallait prendre garde à ne pas faire de pente trop rude. Mais avec l'amélioration des techniques, l'apparition des systèmes de treuils et/ou du chemin de fer, ainsi que le développement de l'urbanisation autour des fosses, les terrils sont devenus de plus en plus haut, et ont prit une forme plus conique. On posait alors directement des rails sur la pente des terrils, que l'on prolongeait à mesure que la hauteur augmentait.

 

Les sols peuvent y rester très chaud suite à un phénomène de combustion interne, qui marque surtout les plus anciens qui contiennent encore beaucoup de houille. Ce phénomène produit du CO2, constituant un problème écologique.

Le CO2, le CO, et le méthane sont aussi des gaz présents dans les galeries minières ... on les retrouve dans ceux émis par les volcans.

Le fameux grisou est en fait du méthane à 99,5%, plus léger que l'air, inodore et incolore.  Il s'accumule au toit de la galerie et, à pression et température ordinaires, les teneurs limites d'inflammabilité sont de 5,6 et 14 %. La combustion a une allure explosive entre 6 et 12 %.

L'inflammation d'un volume gazeux constitué d'un mélange d'air et de grisou, par une étincelle ou une flamme de lampe, entraîne dans les galeries : la production d'une flamme dont l'expansion est assez limitée ;

la formation d'une onde de pression élevée qui se propage très loin à des vitesses de l'ordre de 250 m/s ; le dégagement de gaz brûlés (CO2 et CO) ; de plus, la combustion du méthane peut mettre le feu à des matières aisément inflammables, en particulier à des poussières de charbon soulevées par le souffle de la flamme.

 

Le "coup de grisou" est une explosion accidentelle de gaz dans une mine, liée à son exploitation. Il s'agit d'un accident souvent mortel, et très redouté des mineurs ; ses effets désastreux sont véhiculés par les galeries de mines, comme la lave est véhiculée à l’intérieur de tunnels.

 

Blegnymine1---LVB.jpg                            Galerie "moderne " à Blegny-Mine (B) - photo fossilraptor

 

800px-Boussu-Bois_le_terril_de_Saint_Antoine---Agrillo-Mari.JPG                      Le terril St Antoine à Boussu-Bois (B) - photo Mario Agrillo.


Terrils et nature :

 

Les terrils abritent également un écosystème unique dans ces régions du nord de la France et de la Belgique. Cet écosystème s'explique par la chaleur légèrement supérieure sur la surface d'un terril à celle de la terre environnante. La raison la plus évidente est la couleur très sombre des terrils, qui agit comme "un corps noir" , accumulant la chaleur pour la diffuser ensuite. Mais la chaleur qui résulte de la lente combustion interne joue également un rôle primordial.

On trouve sur la surface des terrils des espèces végétales inhabituelles sous ces latitudes et provenant pour certaines de régions du bassin méditerranéen. Ces espèces sont arrivées via un processus de propagation naturel, grâce aux vents, mais aussi par l'action des hommes. L'immigration, provenant au fil du temps d'Italie, de Pologne puis d'Afrique du Nord, a vu les humains apporter des fruits, tels que les pommes, et quelques trognons ont fini leurs périples dans les berlines en partance pour les terrils. Certaines graines ont trouvé là un terrain à leur goût et ont donné naissance à des arbres pionniers.

Grâce à ce micro-climat, on peut y cultiver maintenant de la vigne.

 

La qualité biologique d’un grand nombre de terrils est un élément essentiel du patrimoine qui justifie leur préservation. D’autres atouts tels que les qualités paysagères et les potentialités récréatives militent également en faveur d’une valorisation et d’une protection.
Cette éventuelle protection peut conduire à l’intégration des terrils au sein d’un réseau particulier d’espaces protégés et à la définition de mesures de sauvegarde particulières telles que la réglementation de certaines activités ainsi que la mise en place de suivis biologiques.

 

Ce classement est un hommage aux mineurs :

 

thumb.jpg


marcinelleboisducasier - 08.08.1956Dernière catastrophe minière en Belgique, le 8 août 1956, au Bois du Cazier à Marcinelle (B) - 262 victimes sur 274 hommes présents dans la mine - Archives collection IHOES.


Cette mise à l’honneur constitue un hommage à tous ceux, nés ici ou venus d’ailleurs, qui ont œuvré pour le développement de l’économie régionale, souvent en y laissant leur santé et leur vie ; elle peut aussi constituer un tremplin pour l’économie actuelle, avec le développement d'un tourisme industriel … qui fera connaître aussi nos villes et paysages.

 

 

Sources :

- Le Carbonifère – exploitation minière - link

- Geopedia - l'exploitation des mines de charbon - link

- Interreg IV : une mutualisation des compétences pour le bassin minier Franco-Wallon. - link 

- Unesco - sites miniers majeurs de Wallonie - link

- Les terrils du bassin minier Nord-Pas de Calais - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

etna_ali_2012178.jpg

Les sommets de l'Etna, avec trois panaches distincts ( NE, SE et Bocca Nuova) vus le 26.06.2012 par le satellite EO-1 de la Nasa - NASA image By Jesse Allen and Robert Simmon using EO-1 ALI data. Caption by Robert Simmon.

 

03.07.12-tremor-EBELZ.gifDiagramme de trémor entre le 26.06 et le 03.07 12 - on voit le pic en "M" des 28 et 29.06 et une montée graduelle anvec un petit saut le 03.07 - doc. INGV Catania.

 

Les diagrammes de trémor de l'INGV Catania ont enregistrés deux pics les 28 et 29 juin 2012, perçus également par les sismographes.

Il s'agirait d'une phase de "recharge énergétique" qui a provoqué une quarantaine de secousses, dont six étaient de magnitude supérieure à 2 , avec des hypocentres situés entre 5 et 6,2 km. et des épicentres dans les secteurs de Giarre, Milo, Sant’Alfio, Santa Venerina et Zafferana Etnea.

Cette nouvelle phase d'activité pourrait se différencier des précédentes selon l'INGV.

 

Ce 3 juillet, une activité strombolienne aurait débuté dans le cratère de la Bocca Nuova (webcam IR de Bronte, versant ouest - via Etna Walk)

 

Sources:

- INGV Catania

- Etna Walk

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