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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

MtWarning_9108_cr-NickRains-australian-geographic.jpg

Queensland / New South Wales - la caldeira du Tweed volcano/Mt Warning - photo Nick Rains / Australian Geographic


Parmi les volcans de la province New South Wales, on examinera deux grands volcans-boucliers, structures typiques du volcanisme de point chaud :

Le Tweet volcano / Mt Warning (point sans numéro à la limite de provinces) et le Warrumbungle (n°6 sur la carte)

 

volcanic-centers-of-New-south-wales---Victoria---oregonstat.jpg                   Volcanic centers of New South Wales and Victoria - doc. Oregonstate Univ.

Leucite suite : 1.Byrock – 2.El Capitan – 3.Cargelligo – 4.Cosgrove  //  Central volcanoes : 5.Nadewar – 6.Warrumbungle – 7. Canobolas – 8. Macedon – 9.Ebor – 10.Comboyne // Lava fields :  11.Central – 12.Doughboy – 13.Walcha – 14.Barrington – 15.Liverpool Range – 16.Dubbo – 17.Kandos – 18.Sydney – 19.Abercrombie – 20.Graben Gullen – 21.Southern Highlands – 22.Monaro – 23.Snowy Mountains  - 24.South coast – 25.Older Volcanics – 26.Newer Volcanics

 

Le Tweed volcano / Mount Warning :

Sur un bassin sédimentaire mis en place il y a 135 à 200 Ma, dont on retrouve traces dans la Tweed valley et sur les pentes basses du Mt Warning, le passage de la plaque indo-australienne au dessus du point chaud est-australien a édifié entre 23 et 20 Ma un gigantesque volcan-bouclier, de Tweed-volcano-copie.jpgplus de 100 km. de diamètre et d’une hauteur supposée de deux fois celle de l’actuel Mt Warning (1156 m) .


Tweed volcano - image 3D - Credit: NASA/JPL/NGA


" Un monde perdu ", dont ne restent après des millions d’années d’érosion, que la plateau de Lamington, le Mt Warning et la chaîne frontière entre les états du Queensland et New South Wales. La grande caldeira qui s’est formée autour du bouchon volcanique (plug ou neck) du Mt Warning est considérée comme la plus grande caldeira d’érosion de l’hémisphère sud.

 

MtWarning_Nick-Rains---Australlian-geographic.jpgQueensland / New South Wales - la caldeira du Tweed volcano/Mt Warning - photo Nick Rains / Australian Geographic

 

Tweed-volcano-A----geocaching.jpg

Tweed volcano B - geocaching

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tweed-volcano-C----geocaching.jpg

Erosion progressive du volcan-bouclier Tweed volcano - croquis de WF. Wilmott / Geological Survey of Queesland.


La stratigraphie du volcan révèle que les plus anciennes unités sont des basaltes tholéiitiques à calco-alcalins, nommées basaltes Lismore/ Beechmont. Ces coulées sont visibles au niveau de la mer e.a. à Fingal Head et Burleigh head.

 

Fingal-head---M.Flinders.jpgBurleigh-head---M.Flinders.jpg

A gauche, les orgues de Fingal Head.

à droite, ceux de Burleigh Head

photo C.Grant /Villanova College, Qld, AU

 

Ils furent suivis par des éruptions rhyolitiques sous forme de lave ou de pyroclastes. Elles sont connus sous les noms de Nimbin rhyolite ou Binna Bura rhyolite. Une dernière période de volcanisme basaltique a clôturé le cycle d’activité, formant le basalte Blue Knob/Hobwee.

 

fig9.gif        Coupe géologique simplifiée de la Tweed Valley d'ouest en est - doc. bigvolcano.com

L’érosion a exposé le Neck central, le Mt Warning, et une série de dykes circulaires l’entourant : ils forment une chaîne montagneuse basse, incluant le Mt Uki, les Sisters et Brummies lookout.

 

Le volcan des Warrumbungles :

  

 

 

 Dans un contexte de sable et boues érodées de régions plus élevées, déposés dans un système de lacs d’eau douce, formés il y a 180 Ma , et ensuite comprimés pour former des grès et schistes argileux, une activité volcanique mineure débute il y a 17 Ma. Elle est caractérisée par des éruptions explosives de trachytes pyroclastiques et quelques coulées basaltiques au nord et au sud de l’actuel parc.

Des épais dépôts de brèches pyroclastiques et de tufs se sont déposés dans la partie centrale du volcan ainsi que sur les environs formant une couverture de roches pyroclastiques (tufs et brèches). Les nombreux conduits par lesquels les roches pyroclastiques trachytiques furent dispersées se trouvèrent bloqués par un magma visqueux, mais de nouveaux conduits se créèrent et continuèrent de rejeter cendres et tufs.

Au cours du temps, le magma trachytique atteignant la surface dans les Warrumbungles est devenu moins visqueux ainsi, au lieu de s'accumuler autour ou dans le conduit, il a commencé à se répandre en coulées épaisses de lave. A cette étape, beaucoup des premiers dômes et des roches pyroclastiques auraient été enterrés au fur et à mesure de la mise en place Mt-Exmounth---kevinswilderness.jpgdu volcan bouclier. Les coulées épaisses de trachyte, que l'on rencontre par exemple sur le Mont Exmouth (photo kevinwilderness)

 et à Siding Spring Mountain, appartiennent à cette période éruptive.

Le magma a continué à devenir de moins en moins visqueux, raréfiant les éruptions de trachyte dans les étapes finales (il y a environ 14 millions d'années). La plupart des laves de cette période étaient plus de composition basaltique (formant des roches de type hawaiite et mugéarite) et les coulées beaucoup moins épaisses mais plus longues. Les minces coulées et leurs roches pyroclastiques associées, que l'on observe maintenant au sommet du mont Exmouth, auraient achevé le développement du large dôme, et auraient aussi coulé sur les plaines environnantes, où beaucoup de restes sont maintenant préservés.

 

coupe-du-volcan-des-Warrumbungles.jpg

Coupe schématique du volcan des Warrumbungles, montrant comment l'érosion a éliminé une bonne partie du bouclier originel.- doc. le volcan des Warumbungles par Olivier Pingot.

 

Les éruptions volcaniques ont cessé, il y a environ 13 millions d'années. Depuis cette époque, l'érosion a creusé à travers l'édifice volcanique, qui avait un diamètre originel de 50 km., enlevant la plupart des dépôts postérieurs et exposant les produits volcaniques des phases d'éruption précédentes. ( d'après Olivier Pingot)

 

-Warrumbungle-N.P.----the-breadknife---Mgillaus.jpg              Warrumbungle Natioanl Park - " the Breadknife " - photo Mgillaus.

 

Sources :

- Bigvolcano - The National Parks of the Tweed Volcano region - link

- Le volcan des Warrumbungle - Olivier Pingot - link

- Warrumbungle National Park - Kevin Wilderness - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Queenvo.jpg

Volcanisme de la Province du Queensland / Australia : les champs de lave sont localisés par les croix, les volcans centraux par des points ronds. - doc. Oregonstate Univ.

 

Le nord-est du Queensland est marqué par des volcans à champs de lave. Parmi ceux-ci, la province volcanique Mc Bride qui couvre une zone de 80 km undara-map.jpgde diamètre, caractérisée par de nombreux cônes et des plaines de lave. Le volcanisme y est daté de 3 millions d’années environ.

Dans ce champ, Undara est constitué presqu’entièrement de coulées de lave, où des tunnels de lave une fois drainés, ont laissé un réseau de grandes cavités, s’étendant sur 30 km.


undara-lava-tubes.--2--atlas-obscura.jpg 

 

 Mc Bride / Undara lava tubes - photosAtlas Obscura. 

 

Il y a 190.000 ans, l'activité volcanique expulsa 23 milliards de mètres cubes de laves fluides, qui recouvrirent 55 km² de l'Atherton tableland.

Parmi ces tunnels, Bayliss cave, 1.300 mètres de long, sur 22 de large et 11 de haut, est  le reste d'un tunnel qui courait sur plus de 100 km. Cette structure est réputée pour son air vicié qui contient 5,9 % de dioxyde de carbone.

Ces tunnels sont habités par des grenouilles et des chauves-souris, ainsi que leurs prédateurs, des serpents.

Undara est un mot aborigène signifiant "un long chemin". 

 

undara-lava-tubes----atlas-obscura.jpg

                                             Mc Bride / Undara lava tubes - photosAtlas Obscura. 

 

Undara_Lava_Tubes---Jane-Farquhar.JPG

                                     Mc Bride / Undara lava tubes - photo Jane Farquhar.

 

Le centre et le sud-est de la province abritent plutôt des volcans centraux. Les volcans centraux, comme leur nom le suggère, diffèrent des champs de lave par le fait qu'ils sont généralement centrés sur un secteur plus petit, autour d'un centre d'éruption bien défini, mais pas forcément autour d'un unique cratère. Ils diffèrent aussi par le fait qu'ils ont une plus grande gamme de roches, y compris de la trachyte en abondance et/ou de la rhyolite et présentent généralement des preuves d'une activité explosive aboutissant à une abondance de roches pyroclastiques. Les volcans centraux sont responsables de certains paysages volcaniques parmi les plus spectaculaires de l'est de l'Australie.


Le Cap Hillsborough est formé de laves interstratifiées de cendres volcaniques, principalement rhyolitiques. Leur érosion à donné des sables fin à mica, qui miroitent sous le soleil et la mouvance des déferlantes.

A proximité, Pinacle rock est un plug trachytique. La datation révèle une activité vieille de 33-32 Ma, corroborée par celle des fossiles de crocodiles et tortues retrouvés dans des lits calcaires.

 

cape-hillsborough--mica---Claire-Raborar.jpg     Cape Hillsborough - sables noirs micacés - photo Claire Raborar /  lakwatseradeprimera 


Plus au sud, le Glass Houses Mountains National Park, établi en 1994, est constitué d’une plaine plate ponctuée d’une douzaine de bouchons de trachyte et rhyolite, en fait le cœur de volcans éteints et érodés, formés il y a 27-26 Ma, dont il ne subsiste que les cheminées emplies de ces laves solidifiées.

 

-Glass_House_Mountains---Bidgee.jpgPanorama sur les Glass Houses Mountains - de gauche à droite, le Mt Tibrogargan, le Mt Beerwah, le plug du Mt Coonowrin, le Mt Ngungan,  etc - photo Bidgee


Parmi ces structures, le Mont Beerwah est constitué de deux pics, dont le plus élevé atteint 556 m. Le Mont Tibrogargan est un bouchon volcanique de rhyolite ; sa forme faisait penser à celle d’un gorille … jusqu’en 2004, où une partie de la face rocheuse ressemblant aux yeux s’est écroulée.

 

MtBeerwah_overhanging-Cliff---Mathieumcguire.jpgGlass Houses Mountains - le sommet du Mt. Beerwah et sa falaise en surplomb - photo Mathieumcguire.

 

Glasshouse_mountain---Boticario.jpg                        Glass Houses Mountains - le plug du Mt. Coonowrin - photo Boticario


La région a été nommée par le capitaine Cook, lors de son passage en 1770 à bord du HMB Endeavour, car la forme des montagnes lui rappelait celle des énormes fours verriers de son Yorkshire natal. Il nota dans son journal de bord : These hills lie but a little way inland, and not far from each other: they are remarkable for the singular form of their elevation, which very much resembles a glass house, and for this reason I called them the Glass Houses: the northern most of the three is the highest and largest; there are several other peaked hills inland to the northward of these, but these are not nearly so remarkable…”.


Dans la mythologie Aborigène, Tibrogargan est le père des toutes les autres Glass Houses Mountains, à l’exception de Beerwah, son épouse. On y raconte aussi que Tibrogargan voyant une montée des eaux de la mer aurait demandé à son fils Coonowrin d’emmener sa mère en sûreté … celui-ci omit de le faire, et Tibrogargan, en grande colère, l’aurait frappé lui cassant le cou.

Divers biotopes, des ravines couvertes de forêt tropicale à la lande qui couvre les sommets, constituent un habitat pour toute une variété d’animaux : on y retrouve des koalas, des échidnés, des kangourous gris et près de 170 espèces d’oiseaux.

 

Sources:

- Undara experience - link

- Origin of north Queensland Cenozoic volcanism: Relationships to long lava flow basaltic fields, Australia  - by F. L. Sutherland

- le blog de Claire Raborar - link

- OZ Volcanoes -a web-based activity exploring recent volcanic activity in Australia - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le continent Australien ne comporte pas de volcans actifs, mais dans l’est, le long de la chaîne de montagnes " Great Dividing Range ", on trouve des volcans éteints ou endormis, des champs de lave et des tunnels de lave. En parallèle, on trouve des chaînes de volcans océaniques.

 

The_great_dividing_range---ph.-fir0002-flagstaffotos.jpg     The Great dividing Range - photo fir0002 / Flagstaffotos.com.au (Non commercial users)


La situation tectonique de l’Australie n’explique pas la possibilité de volcanisme dans cette partie du continent … et ses volcans ne sont pas reliés aux zones de subduction qui ont induit le volcanisme de la Nouvelle-Zélande, de la Papouasie-Nouvelle Guinée, des îles Kermadec, Tonga, Samoa … il faut se référer à l’hypothèse d’un point chaud.

 

Plaque indoaustralienne - oregonstate         Plaque indo-australienne - tectonique -  Carte de Johnson & al. 1989 / Oregonstate univ.

 

Le point chaud est-Australien n’a pas été la cause d’éruptions au cours des temps historiques. Elles s’échelonnent entre il y a 23 millions d’années, comme en New South Wales au Tweed volcano, un grand volcan-bouclier et l’une des plus grande caldeira d’érosion au monde, et 5.000 ans avec les éruptions du Mt Schank, du Mt Gambier et Mt Napier, dans les Newer volcanics Province.

Au contraire de la plupart des points chauds, le point chaud Est-Australien est caractérisé par des éruptions phréatomagmatiques explosives, dues à l’interaction entre le magma basaltique et l’aquifère.

 

pvolcans-australie.JPGHotspot-ageen-Ma---oregonstate.jpgCarte de gauche :

Localisation des volcans centraux (points rouges) et des champs de lave (croix noires) dans lest de l'Australie. Remarquez comme les centres volcaniques sont localisés dans une zone très proche de la limite du Great Dividing Range.

(Olivier Pingot)

 

Carte de droite :

Age progressivement plus jeunes des volcans - en Ma - et position sur différentes chaînes  (Oregonstate Univ.)

 

Les volcans australiens sont localisés sur différentes chaînes, marquées par des volcans de plus en plus jeunes vers le sud, confirmant l’hypothèse de point chaud. La largeur du point chaud tire avantage des faiblesses locales de la plaque pour alimenter les volcans en surface en magma.

 

Depuis les îles Maer, à 500 km. au nord du Queensland, les volcans s’étendent sur 4.400 km. jusqu’à la Tasmanie au sud.

Trois types de centres volcaniques sont retrouvés :

- des volcans-centraux, recouverts de trachyte et rhyolite

- des champs de lave , formés par effusion

- des laves et tephra contenant de la leucite, pauvre en silice et riche en potasse par rapport à la plupart des basaltes.

 

Nous examinerons successivement quelques structures de chaque province ; depuis le Queensland (QLD) au nord, le New South Wales (NSW), Victoria (VIC), une pointe de South Australia (SA) jusqu'à la Tasmanie.

 

Source:

- Geoscience Australia - link

- Volcanoes of Australia - oregonstate Univ. - link

- Romsey Australia - volcanoes and earthquakes

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

L'Argentine sera-t-elle une nouvelle étape des grands prix de formule 1 en 2013 ?

 

Le dernier grand prix d'Argentine a eu lieu sur le circuit de Buenos Aires en 1998. Dans les années 50, Juan Manuel Fangio y remporta une victoire.

On parle d'un circuit en bord de mer à Mar de Plata, proche du lieu de naissance de Fangio, en décembre 2013.


Mais un autre site pose sa candidature : Potrero de los Funes.

Ce circuit paysager de la trempe de ceux de Spa-Francorchamps (Belgique), ou de la Sarthe au Mans (France), appréciés des pilotes automobiles, est situé au sein de la caldeira d'un volcan éteint.

 

Ce circuit semi-permanent, long de 6,270 km., combine des virages aveugles, des changements brusques d'altitudes, des courbes à grande vitesse. On y court déjà des épreuves en FIA GT, TC 2000, Formule Renault, et de grand tourisme. Ses infrastructures sont à la hauteur : voitures, transports en commun et ambulances peuvent emprunter les routes autour du lac qui occupe une partie de la caldeira.

 

potrero-de-los-Funes-circuit-2.jpg

Le circuit automobile de Potrero de los Funes est construit autour d'un lac dans la caldeira d'un volcan - photo San Luis24. noticias.

 

Potrero-de-los-funes-cicuit.jpg                           Potrero de los Funes - une course de FIA GT - photo site FIA

 

 

 

Seul bémol ... le tout puissant Bernie Ecclestone penchera-t-il en faveur d'une combinaison plus glamour "Plage- port de plaisance- soleil", ou se laissera-t-il séduire par un circuit naturel, non dessiné par ordinateur, mais plus difficilement accessible et situé dans la chaîne des Sierras de Córdoba.

 

Cette chaîne est plus ancienne que la cordillère des Andes; Formée au Paléozoïque et fortement érodée, elle atteint encore 2880 mètres au point culminant, le Mont Chapaqui. A son édification, elle formait la limite entre le Gondwana et l'océan Pacifique, qui s'est agrandi ultérieurement. elle se compose de roches métamorphiques, formées par des sédiments marins soumis à la chaleur et une énorme pression.

A l'Ordovicien, un volcanisme intense a marqué la région. La quasi totalité des structures est maintenant érodée ... seuls témoins, de nombreux lacs salés côté ouest de la chaîne.

 

Salinas-grandes---Sierras-de-Cordoba.jpg                                 Sierras de Cordoba - Salinas grandes - photo vtveen

 

Sources :

- Presse locale

- FIA GT

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

En rapport avec le séisme de San Francisco de 1906, voici une huile du peintre de marine W.A. Coulter, intitulée " San Francisco fire, 1906 ".

 

Ce journaliste et peintre, reconnu pour ses interprétations authentiques de voiliers et de la vie journalière portuaire de la Baie de San Francisco autour des années 1900.

Sa représentation vivante de l’incendie qui ravagea la ville durant trois jours a été esquissée lors de déplacements répétés sur le Ferry de Sausalito, lors de l’évacuation de la ville. Coulter compléta ensuite sa peinture sur une toile de store d’un mètre cinquante sur trois mètres, sauvée durant l’incendie.

L'oeil coulisse des grands voiliers qui se détachent sur la fumée sombre qui occulte le ciel, pour passer vers le centre du tableau et le Hall of Justice, et Chinatown, puis le Call Building, avant d'arriver, sur la droite, aux incendies qui marquent Nob Hill.

Cette toile orna les murs du Club de commerce de San Fransico durant de nombreuses années, avant d'être vendue par les galeries Maxwell, Ltd.

 

 

San-Francisco-fire---W.A.Coulter---Kahn-foundation.jpg               "San Francisco fire, 1906" - huile sur toile de W.A. Coulter (1849-1936)

                               photo  Paul and Linda Kahn Foundation.

 

San-Francisco-fire---W.A.jpgZoom sur le partie cetral du tableau - "San Francisco fire, 1906" - huile sur toile de W.A. Coulter (1849-1936)


Call-buildinf-in-fire-1906---PD-US--Magnus-Manske.jpg

Le Call building en flammes - San Francisco 1906 - Doc. PD-US / Magnus Manske - on aperçoit cette tour au centre du zoom sur le tableau, ci-dessus.

 

Willian coulter est né en Irlande en mars 1849, à Glenariff, où son père officiait en temps que capitaine des Coast guards. A 13 ans, il est devenu apprenti-marin, et après sept ans de navigation, s’est installé à San Francisco.

Fin des années 1870, il parcourt l’Europe pour y étudier en compagnie d’artistes de marine dont Wilhelm Melbye, François Etienne Musin et J.C. Jacobsen. Il rejoint en 1896 le staff artistique du San Francisco Call newspaper, où il publie des dessins à la plume journaliers.


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                                    "With all sails set",  Une marine, signée W.A. Coulter


Entre 1909 et 1920, il effectue de grandes peintures murales pour la salle de l’assemblée des Merchants Exchange Building, le centre commercial maritime de la côte ouest.

Coulter résida dans sa maison de Sausalito jusqu’à son décès, à l’âge de 87 ans. Tout au long de sa vie, ses peintures retracent la navigation et son histoire dans les baies de San Francisco et San Pablo.

 

frameimage.jpg20-cent-postage-stamp-of-golden-gate--d-apres-peinture-de-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, la Station de Ferry de Sausalito

à droite, un timbre-poste de 20 cents, du Golden Gate, d'après un tableau de W.A. Coulter. ( 1923 - United states Postage)

 

Bien que nombre de ses œuvres soient présentes dans des institutions et foyers à travers le monde, beaucoup d’entre elles furent détruites par le séisme et le grand incendie de 1906 .

Le San Francisco Maritime National historical Park recherche toutes les œuvres de Coulter dispersées dans le monde.

 

Sources :

- The virtual museum of the city of San Francisco

- The maritime heritage project - William A. Coulter  

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

  Un drame en trois actes ...

 

Avant le drame :


San Francisco, en 1906, était une des villes les plus importantes de la côte Pacifique, le centre financier de l’ouest et la neuvième plus grande cité des Etats-Unis.  

La ruée vers l'or de 1849 y avait attiré des milliers d’émigrants et la famine en Asie avait poussé de nombreux Chinois à s’y installer.

Elle accueillait le plus gros port de la côte occidentale et était considérée comme la "porte du Pacifique", par laquelle transitait la grandissante puissance économique et militaire américaine vers l'Asie et l'océan Pacifique. L’entrée d’Hawaï dans l’union et la guerre contre l’Espagne en 1898 donnent à San Francisco un rôle important. Pas moins de 42 banques étaient installées dans la ville.

La vie culturelle était dynamique grâce aux cinq quotidiens, aux restaurants français, aux théâtres et à l’opéra situé sur Mission Street. L’Orpheum O’Farrell pouvait accueillir 3.500 personnes. D’un point de vue architectural, la ville était la plus belle de l’ouest américain. Les magnats du chemin de fer et des mines s’y firent construire de magnifiques demeures.

Même si la sismologie en était à ses débuts, les experts savaient que San Francisco était située sur une ligne de faille : les séismes les plus importants dans la baie de San Francisco furent relevés en 1836, 1868, 1892 et en 1905. Certains secteurs de la faille de San Andreas furent identifiés et reconnus comme potentiellement dangereux dès 1893.

 

Le séisme du 18 avril 1906 :

 

Un séisme de magnitude 8,2 toucha San Francisco le 18 avril 1906, à 5h12 ; son épicentre se situait à 12 km. à l’ouest de San Francisco, le long de la faille San Andreas. La zone de rupture s'étendit sur 477 km.

Les secousses furent ressenties de l’Oregon à Los Angeles sur la côte, et à l’intérieur des terres, jusqu’au Nevada.

 

San_Francisco_in_ruin---Library-of-congress.jpg                     San Francisco en ruines ... archives Library of Congress.


Les bâtiments en briques, tels que l'hôtel de ville, ne résistèrent pas aux secousses. Le tremblement de terre réduisit à néant le réseau téléphonique, le cable-car et les systèmes de communication. Dans la région de la baie, l'université Stanford fut en partie endommagée. Les villes de San Jose, Hollister, Bolinas et Santa Rosa furent également touchées.

 

SF-earthq.---AP-Bancroft-library.jpg                          San Francisco séisme de 1906 - photo archives AP / Bancroft Library

 

san-francisco-earthquake - old picture of the daySan Francisco - le gigantesque incendie consécutif au séisme de 1906 - photo "Old picture of the day"


Outre les énormes dégâts causé aux immeubles et infrastructures, le pire restait à venir : la rupture des canalisations de gaz a provoqué de gigantesques incendies dans le centre-ville, où 25.000 immeubles s’embrasent. Les incendies durent trois jours, encore aggravés par d’autres feux intentionnels, causés par des propriétaires informés que leur police d’assurance ne couvrirait pas les seuls dégâts du séisme.

Incendies et pillages réduisent à néant, en quelques heures, le quartier commercial de la cité de l’or.

 

san francisco 1906 usgs

 

 

 

 

 

San Francisco séisme de 1906 - carte de ressenti reconstituée par l'USGS.

(échelle de Mercali)

 

CalNeva_big-copie.jpg

 

san fran earthquake                                       La Une du jour du Oakland Tribune - 18.04.1906


On dénombre au moins 3.000 morts, la plupart dans la ville elle-même. Entre 225.000 et 300.000 personnes (sur les 400.000 habitants de la ville) se retrouvent sans toit, et doivent se réfugier de l’autre côté de la baie d’Oakland, qui se couvre de villages de tentes.


Le tremblement de terre de 1906 provoqua une prise de conscience du danger sismique en Californie. Un programme de recherche sur les séismes fut lancé, et une équipe de scientifiques, dirigée par le géologue Andrew C. Lawson, de l’université de Berkeley, étudia et cartographia la faille de San Andreas.


Malgré une reconstruction rapide, la vie économique se délocalisa vers le sud, à Los Angeles.

Ce désastre et les déplacements de capitaux vers l’ouest précipitèrent la crise financière de 1907.

SF - Lloyd's insuranceLes rues des collines de San Francisco après le séisme de 1906 - photo archives Lloydd Insurances.

 

Le futur attendu : « le big one »

 

Depuis le séisme de 1906, d’autres secousses importantes se sont passées en Californie:

17 octobre 1989 : Le séisme de Loma Prieta de M 6,9, proche de Santa Cruz a causé 63 morts

le 28 septembre 2004, le séisme de Parkfield de M 6,0 fut ressenti dans tout l’état.

 

WS Fig 3-lrg                   Séismes de la région de San Francisco - historique et prévisions - doc. USGS


Pour l'Institut de géophysique américain, la probabilité de voir un tremblement de terre de magnitude supérieure à 7,5 dans les 30 prochaines années a été établie à 46%, et " un tel séisme est davantage susceptible de se produire dans la partie sud de l'Etat de Californie ", où se trouvent Los Angeles et son agglomération, plus de 16 millions d'habitants. " La probabilité de voir un tremblement de terre de magnitude 6.7 ou plus frapper la région de Los Angeles dans les 30 ans est de 67%, et dans la région de la Baie de San Francisco de 63% ", précise l'USGS qui conclue : " De tels tremblements de terre peuvent être meurtriers, comme l'a prouvé le séisme de 1989 de Loma Prieta, près de San Francisco, de magnitude 6.9 ou celui de 1994 à Northridge, proche de Los Angeles, de magnitude 6,7. "

 

NASA_Radar_3-D_View_of_San_Andreas_Fault.jpgImage radar 3D en fausses couleurs de la faille San Andreas au niveau du Crystal springs Reservoir - les zones urbanisées sont en rose et vert : San Mateo et Burlingam aux rues en angles, et Foster City, en haut à droite, aux rues en courbes. - doc. Nasa

 

1906map---USGS-tsunami.gifRéinterprétation du tracé de la faille san andreas au large du Golden Gate / San Francisco par Zoback & al. (1999) - Elle se serait déplacée d'un km. au sud de Bolinas et de 3 km. au nord du lac Merced (ligne rouge) - doc. USGS Pacific coastal and marine science center / Tsunami

  En parallèle à toutes ces prévisions, des chercheurs de l'université de l'Oregon indiquent dans le journal " Geology " que trois plaques tectoniques, - Explorer, San Juan de Fuca et Gorda - situées près de la côte nord-ouest américaine sont actuellement en train de se réordonner, et que leur triple jonction se déplace en direction du sud-est. Aussi selon le directeur d'étude, le séisme tant redouté " Big One ", pourrait être bien moins cataclysmique que prévu. Cette réorganisation de plaques aurait pour effets que la subduction de la plaque Juan de Fuca, sous la plaque Nord-Américaine pourrait ralentir.

 

Mais ... en sismologie, comme en volcanologie, prévisions ne sont pas réalité ... il nous faut donc attendre le " Big One ", puis en faire l'histoire à rebours.

 

Sources :

- USGS Earthquake hazard Program

    - the great 1906 San Frnacisco earthquake - link

    - the Parkfield, california, earthquake experiment - link

- National Archives - San Francisco earthquake 1906

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

La faille de San Andreas, située en Californie, est une faille géologique transformante dont les mouvements de coulissage, entre les plaques tectoniques Pacifique et Nord-Américaine, provoquent régulièrement d'importants séismes sur la côte Ouest des États-Unis. Lorsque les deux plaques glissent l'une contre l'autre, la rugosité de leurs surfaces freine leurs déplacements jusqu'à ce que les fortes contraintes accumulées rompent brusquement les aspérités, ce qui provoque un séisme.

 

SAF---carrizo-plain---wapaper-YABertrand.jpg      La faille de San Andreas, dans la Carrizo plain - photo Wallpaper Yann-arthus Bertrand.


Son évolution historique :

 

Démarrant son mouvement vers le nord il y a 30 millions d’années, la plaque américaine commence à chevaucher la dorsale située entre la plaque Farallon et la plaque Pacifique. Cette activité divise la plaque Farallon en deux morceaux plus petits, la plaque Juan de Fuca (JdFP) au nord, et la plaque Cocos (CP) au sud.

 

figure1_07.jpg                       Tectonique de la zone Californienne de 30 Ma à aujourd'hui -  doc. USGS.


Il y a 20 millions d’années, deux points de triple jonction, intersection entre 3 plaques tectoniques, commencent à migrer respectivement vers le nord et le sud le long du bord ouest de la côte. Cette rencontre entre la plaque Pacifique et la plaque nord-américaine va former la faille de San Andreas.

Le point de triple jonction Mendicino (M) a migré au travers de la région de la Baie de San Francisco depuis 12 Ma jusu’à 5 Ma, pour se localiser aujourd’hui au nord de la Californie, entre San Francisco (SF) et Seattle (S). Le point de triple jonction Rivera est localisé aujourd’hui entre la Basse Californie (BC) et le Mexique, Manzanillo (MZ).

La preuve de la migration du point triple Mendocino vers le nord est fournie par une série de centres volcaniques progressivement plus jeunes vers le nord : les roches volcaniques de la région de Hollister sont datées de 12 Ma tandis que celle de la région Sonoma-Clear Lake au nord de San Francisco le sont de quelques Ma à 10.000 ans.

 

SAF_JuanDF.gif     Situation tectonique actuelle de la faille san Andreas / ouest des Etats-Unis - doc. USGS

 

Une simulation du déplacement de la péninsule Californienne dans les prochains 10 millions d'années fait remonter la situation actuelle de Los Angeles au niveau de celle de San Francisco ... mais dans quel état seront ces cités ?

 

1.26a.gif

 

Sismologie :

 

La Faille de San Andreas, ou plutôt le système de failles dont elle fait partie, est sous surveillance étroite ; plusieurs programmes de forages et de surveillance sismologique renseignent sur les mécanismes mis en jeu pendant et à la suite des séismes de forte magnitude qui marquent la Californie.

 

Failles-decrochantes--plis-et-chevauchements--SF-bay-regio.jpg                  Failles de décrochement, plis et chevauchements de la région de San Francisco

 

landsat_san_andreas_seismes---Landsatseismes-en-jaune.gifImage Landsatde la région de San Francisco et localistion des séismes en jaune marquent le trajet de différentes failles.

 

Les principaux séismes du système de failles San Andreas :


Ville

Date

Magnitude

Comté d'Orange

28 juillet 1769

6

San Diego

22 novembre 1800

6,5

San Francisco

21 juin 1808

6

Fort Tejon

9 janvier 1857

8,3

Monts Santa Cruz

8 octobre 1865

6,5

Hayward

21 octobre 1868

 

San Francisco

18 avril 1906

8,2

Santa Barbara

29 juin 1925

6,3

Santa Barbara

4 novembre 1927

7,3

Long Beach

11 mars 1933

6,3

Comté de Kern

21 juillet 1952

7,7

San Francisco

22 mars 1957

5,3

San Fernando

9 février 1971

6,6

Loma Prieta (San Francisco)

17 octobre 1989

7,1

Parkfield

28 septembre 2004

6,0

Los Angeles

29 juillet 2008

5,5

Los Angeles

16 mars 2010

4,4

Mexicali

4 avril 2010

7,2

 

San-Andreas-fault-in-the-Carrizo-Plain---ph.-Ikluft.jpg

                     La faille de San Andreas, au niveau de la Corrizo Plain - photo Ikluft

 

A suivre : le séisme de San Francisco, le 18 avril 1906 - M 8,2.

 

Sources :

- USGS - Earthquake hazard program

- Failles transformantes intra-continentales : Rôle de l'hétérogénéité des propriétés physiques dans leur évolution - La Faille de San Andreas - link

- ENS Lyon - la faille de San Andreas vue d'avion au dessus du Carrizo Plain N.M.

- SAFOD - San Andreas Fault observatory at Depth - drilling in the Parkfield region.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Pompéï, cité figée dans le temps lors de l’éruption du Vésuve en l’an 79, exerce une fascination sur le public, et pas seulement sur les volcanophiles, depuis sa découverte en 1748.


L’an dernier, le musée Maillol à Paris accueillait une  exposition magnifiant le vie privée des romains dans cette cité du premier siècle : " Pompéï, un art de vivre ". Une " domus pompeiana " y était évoquée, avec ses pièces traditionnelles : atrium, triclinium, culina, péristyle entourant un jardin, balneum et venereum … chaque pièce étant ornée de fresques et objets d’époque.


pompei-sensualite-liberte-no-limit-L-p6NpEc.jpeg

Affiche de l'exposition "Pompéi, un art de vivre" - OEnochoé en forme de tête de jeune femme. Ces vases en bronze, perpétuent une mode déjà en vogue dans les milieux grecs et étrusques. La polychromie des bandeaux de cuivre et des yeux en pâte de verre accentue le raffinement de l’objet.

 

Pompei_Casa_Dei_Vettii_Hercules_Child---AlMare.jpg                  Pompéï - Casa dei Vettii - fresques :  l'enfance d'Hercule - photo AlMare


En 2013, du 28 mars au 29 septembre, c’est au tour du British Museum de Londres de mettre à l’honneur les cités romaines, dans " Life and death in Pompeii and Herculaneum ".

 

Britain-Pompeii.JPEG-0f13f.jpg    Portrait de Terentius Neo et son épouse - Pompéi - 55-79 - photo © DeAgostini/SuperStock.

 

L’accent sera mis cette fois aussi sur la vie domestique des habitants de l’époque, en montrant les différences entre une Pompéï industrieuse et sa voisine Herculanum, cité plus calme.

Ces deux cités provinciales ne sont en fait exceptionnelles que par leur fin tragique  … caractéristique grâce à laquelle elles nous livrent aujourd’hui un aperçu incomparable sur la vie des romains, à une époque de " révolution sociale " où les anciens esclaves pouvaient devenir riches et puissants, et où les femmes jouaient un rôle important dans la société.

 

Herculanum---decoration-maison-AVE.jpg            Herculanum - Maison de Neptune et Amphitrite, détail - photo Antony Van Eeten


Les autorités Italiennes vont prêter pour l’occasion quelques 250 objets, y compris des mosaïques et peintures, des moulages de corps emboîtés dans les cendres et des restes carbonisés par les nuées ardentes.

 

Pompeji_getoteter_Hund.jpg    Pompéï - moulage d'un chien, témoignant des conditions de sa mort - photo Musée de Naples.

 

Pompéï et Herculanum ont déjà été évoqués sur ce blog dans " Pompéï et Herculanum ... plusieurs façons de mourir dans une éruption plinienne " et

" Un volcan préserve le parfum des romains du 1°siècle ".

 

A vos agendas !


Sources :

- The British Museum - Life and deathin Pompeii and Herculaneum - link

- Associeted Press / Washington Post

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

On ne peut résumer en quelques mots mille ans d'histoire, ni une période troublée par les rivalités locales, les guerres en Occident, les diverses épidémies, dont les pestes, ... mais en raccourci :

 

 " Le Moyen-âge néglige les volcans " !

 

Traditionnellement, on fait débuter la période moyen-âgeuse à la déposition du dernier empereur romain d’Occident en 476, et on la fait se terminer vers 1500 , date autour de laquelle on relève les débuts de l’imprimerie et les grandes découvertes.

 

En Europe, le savoir se cantonne auprès de quelques érudits et dans les monastères.


Maurice Krafft relève quelques descriptions et remarques :

L’historien byzantin Procope de Césarée indique, vers 580, " qu’après que le Vésuve eut craché ses cendres, les récoltes des campagnes avoisinantes furent abondantes ".


Toujours au 6°siècle, dans un poème relatant le voyage de St. Bredan en islande, le moine Benedeit décrit une éruption, probablement de l’Hekla :  " Une terre brumeuse toute enfumée et plus puante que charogne (…) jette feu et flamme, poutres ardentes et ferrailles, poix et soufre jusqu’aux nues, puis tout retombe dans le gouffre ".

 

Historia-de-gentibus-septettronalibus---Olus-Magnus-1555---.jpgPour illustrer cette description, un document extrait de Histora de gentibus septentrionalibus, par Olus Magnus / 1555.   "On strange properties of some mountains"  : Hekla, Kreusberg (?) and Helgafjell. Below three hot sources.

 

 

 

Au 12° siècle, le naturaliste anglais Alexander Neckam (1157-1227) utilise le terme volcan pour décrire les endroits où brûle le feu de la Terre.

 

A la fin du Moyen-âge, des universités et académies sont créées ; on y redécouvre les théories des anciens. L’invention de l’imprimerie au 15° siècle va permettre la diffusion des connaissances au travers de l’Europe … mais l’église impose sa censure à toute œuvre publiée. Les écrits doivent être conformes aux Saintes Ecritures et respecter les notions d’enfer et de déluge ...

 

Le 28 septembre 1538, un volcan surgit sous les maisons de Tripergole, dans les camps phlégréens en Italie. Pietro Giacomo de Toledo y assiste et le relate dans un écrit : " Ragionamento del terremoto, del Nvovo monte, del aprimento di terra in Pozvolo nel anno 1538 : e dela significatione d'essi (1539) ".

Les érudits s’en émeuvent et citeront la création du Monte Nuovo comme preuve de la formation rapide des montagnes et des couches géologiques de la terre.

 

ragionamentodelt-----Monte-Nuovo-1538.jpg      Naissance du Monte Nuovo dans les Champs Phlégréens en 1538 - Pietro giacomo de Toledo.

 

Monte.Nuovo--PN-dei-Campi-flegrei.jpg                       Champs phlégréens  - le Monte Nuovo - photo Parc National Campi Flegrei.

 

Avec les premières découvertes, des volcans sont décrits aux Antilles, dans le Pacifique et l'océan indien. Mais ces écrits, pourtant relatés avec minutie, sont passés inaperçus des scientifiques de l'époque.

On y parle du lac de lave du Masaya, qui bouillonna au fond du cratère durant une décennie. Aux Açores, en 1580, des témoins parlent pour la première fois de "ardente nuvem", des nuées ardentes émise lors d'une éruption fissurale sur São Jorge.

 

_ilha_de_Sao_Jorge-_Acores---Jose-Luis-Avila-Silveira---.jpg         Ilha de São Jorge, Açores, Portugal - photo José Luis Avila Silveira / Pedro Noronha e Costa.

 

Rares sont aussi les scientifiques qui s'attellent à des recherches de terrain  ... Pierre Severinus (Peder Sørensen), un physicien Danois, s'insurgera contre cette situation en 1571 : " Brûlez vos livres, prenez vos souliers, gravissez des montagnes, explorez des déserts pour vous faire une idée sur les choses de la nature par vous-mêmes. Achetez du charbon, faites des fours, observez et tentez des expériences sans jamais vous lasser. " ... Tazieff et Krafft prônaient toujours le terrain au 20° siècle ?!

 

Un allemand, Georg Pawer  - 1494-1555 - (ou Bauer), mieux connu sous le nom de Georgius Agricola, "le père de la minéralogie", remet au goût du jour le terme de basalte, "inventé" par Pline l'ancien pour décrire une roche d'Ethiopie.

 

A suivre : le combat des Neptunistes et des Plutonistes.


 

Sources :

- Les feux de la Terre, Histoire de volcans - par Maurice Krafft. - éd. Découvertes Gallimard / sciences et Techniques.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Indonésie :

 

Le Lokon a produit un panache de cendres haut de 1500 mètres le 15.09 vers 11h., repéré par des observateurs au sol. L’explosion a projeté des matériaux incandescents jusqu’à 600 m. de hauteur, et fait trembler les vitres dans un rayon de 5 km.

Le niveau d’activité est maintenu à l’orange depuis juillet 2011.

Le 17.09, de petites explosions phréatiques ont eu lieu , accompagnées d’un dégazage important.

 

Le VSI a relevé le niveau du Gamalama à l’orange- Siaga, suite à une hausse de l’activité sismique et de deux explosions le 16.09 à 13h22 et 14h15 locale. Ternate a subi des chutes de cendres, rendant les conditions de circulation difficiles et obligeant au port du masque.

 

16.09.12-Gamalama---regional-kompas.jpg                       Gamalama - 16.09.2012 - photo regional kompas

 

 

 

Une nouvelle éruption a secoué le Soputan le 18.09 vers 17h30, moins d’un mois après la précédente. L’activité éruptive s’est poursuivie durant une heure, avec émission d’un panache haut de 1500 mètres. Le VSI a maintenu le niveau d’activité à l’orange, tandis que le VAAC Darwin ajustait le niveau d’alerte aviation au rouge.

 17.18.09.12-Soputan.jpg

             Soputan - éruption du 17-18.09.2012 - photo aimablement confiée par Judhie Bogar .

 

Toujours en Indonésie, le Mérapi, le Karangetang et le Krakatau présentent des signes d’activité.

Bien qu’aucune alerte ne soit décrétée pour le Mérapi, celui-ci présente depuis une semaine des grondements (Jakarta post 18.09).

Le Krakatau présente de belles coulées arrivant en mer, après le paroxysme de début de mois, comme le montre cette photo postée cette semaine par ndesoadventure, mais datée du 05.09

 

05.09.12-coulee-de-lave-en-mer---Aris.jpg  Anak Krakatau - coulée de lave arrivant en mer 05.09.2012 - Photo Aris at volcanoes / ndesoadventure.

 

Le Batu Tara, dans la mer de Flores / Petites îles de La Sonde, est 16.09.12-Batu-Tara.jpgtoujours en éruption strombolienne ce 16 septembre ... ce qui pose des problèmes pour les avions qui transitent entre Sydney et Jakarta ou le continent sid-asiatique, et qui doivent modifier leur route en fonction des émissions.

Batu Tara - 16.09.2012 - une coulée de lave en direction de la mer - photo Ndesoadventure / Aris.

 

Sous l’île d’ El Hierro, dans l’archipel des Canaries, la sismicité, en hausse depuis le 14 septembre, est localisée dans deux zones de profondeur distinctes : la plus active, entre 17 et 25km. de profondeur, l’autre plus superficielle, entre 7 et 12 km. La sismicité s’est brutalement calmée le 18.09 .

Bien qu’une petite inflation ait été repérée (le 16.09 : la station GPS Frontera a bougé vers le N de 1,5 cm et s’est soulevé de 2 cm. ; même mouvement pour la station El Pinar ; celle de La Restingua a montré plus d’inflation, avec un léger mouvement vers l’E), celle-ci s’est stabilisée, et comme il n’y a pas eu de changements des niveaux atmosphériques de CO2 , Pevolca et IGN ont laissé le niveau d’alerte au vert, considérant la crise comme normale dans le processus d’évolution post-éruptif. (Gobierno de Canarias 18.09)

 

14.09--au-19.09-histograma_HIERRO_ultimos_10.jpgEl Hierro - date et nombre de séismes de la dernière crise entre le 14.09 et le 18.09.2012 - graphique IGN

 

12.09-au-19.09.12-Eventos_HIERRO_us.jpg              El Hierro - localisation et profondeur des séismes entre le 12 et le 19.09.2012 - doc. IGN

 

Costa Rica -Turrialba et Poas.

Le Turrialba mérite toujours son nom avec trois panaches blancs riches en vapeur et gaz. Le grand panache de gauche provient de la bouche ouverte en janvier 2010; le panache central vient de la bouche ouverte en janvier 2012 : c'est elle qui émet les gaz les plus chauds, environ 800°C; et le petit panache blanc à droite est en relation avec la bouche éruptive ouverte en 2011. (MariaMartinez / Ovsicori)

 

19.09.12-Turri-7h53.jpgTurrialba -  webcam 19.09.2012 / 7h53 -  panache originaire de trois bouches fumerolliennes - Ovsicori

 

Une visite de l'école de géologie de l'UCR à la Laguna Caliente du Poas nous donne des chiffres récents concernant le lac acide : le 12 septembre 2012, la température superficielle était de 49°C et le pH de zéro ... c'est bien l'un des lacs les plus acides de la planète. La température des fumerolles du dôme étaient inférieures à 200°C. (Red sismologica nacional)

 

12.09.2012-Poas-T-moins-de-200----RSN.jpg                       Poas - prises de mesure sur la Laguna Caliente le 12.09.2012 - photo RSN

 

En Azerbaidjan,le volcan de boue Lokbatan est entré brièvement en éruption ce 20 septembre. Vers 5h, un rugissement est entendu et une flamme vers 9h.  Selon l'académie des sciences, les premières observations relatent une explosion plus puisante que la dernière, en 2010, qui avait recouvert de boues à l'époque une surface de 2 hectares. 

La région est inhabitée, mais des puits de pétrol y sont présents.

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