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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

                          Happy Halloween !

 

 

 

Puoo-happy-halloween--from-HVO.jpg

 

 

Source : HVO/USGS - Hawaian volcano observatory - laves du Pu'u'O'o

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’éruption du Havre seamount de juillet 2012 a produit un nouveau cône sous-marin, tout nouvellement cartographié par les équipes du NIWA, GNS, et les Universités de Victoria et d’Auckland.


Aqua-2012-July18-L-Havre-seamount---Nasa-EO.jpg

Eruption du Havre seamount - le panache subaérien, le radeau de ponce du 18 juillet et les zones d'eaux décolorées. - photo Nasa Aqua Modis.

 

 

Petit flash-back sur les évènements :

Un important radeau de ponces avait été aperçu tout d’abord par un pilote de ligne début août 2012, mis en connection, par le scientifiques de GNS Science et d’Hawaii, avec une série de séismes sur les îles Kermadec les 17 captain-S.Stewat---chief-H.Matangi---Helen-Bostock.jpget 18 juillet 2012 et une éruption sous-marine, attribuée dans un premier temps au groupe Monowai.

Le navire HMNZS Canterbury avait procédé à une prise d’échantillons de ponces à des fins d’analyse.

 

Des membres de l'équipage du Canterbury montrant un échantillon de ponce récupéré - photo Helen Bostock


Différentes sources autorisées – Robert Simmon de la Nasa, les volcanologues Eric Klemetti (Denison University) et Alain Bernard (Université Libre de Bruxelles) – ont analysé les images satellites et attribué l’émission du radeau de ponce à une éruption du Havre seamount. L’éruption du volcan sous-marin Havre avait été suffisamment forte pour crever la surface des océans depuis une profondeur de 1.100 mètres et produire un nuage de cendres visible par satellite, et un radeau de ponce qui a couvert une surface de 22.000 km².

 

kermadec-map-untitled-copie.jpg

Situation des îles kermadec au NE de la Nouvelle Zélande - Les volcans sous-marins sont signalés par des cônes rouges - Le seamount Havre se situe au milieu de la chaîne sous-marine des Kermadec (*)

 

 

L’exploration récente du NIWA / GNS :

Un groupe de géologues Néo-Zélandais sous la conduite du volcanologue Richard Wysoczanski, à bord du navire de recherche Tangaroa équipé d’un sonar multi-faisceaux, vient de cartographier le Havre seamount.

Par comparaison avec des images prises sur zone en 2002, où l’on voyait un volcan sous-marin culminant à moins 1.000 mètres et possédant un cratère central de 5 km. de large, profond de 800 mètres, on aperçoit aujourd’hui un nouveau cône volcanique, haut de 240 mètres, établi sur le bord de la caldeira.

De plus, la paroi interne de la caldeira présente un gonflement latéral haut de 180 mètres, indiquant selon le géologue marin Joshu Mountjoy, l’emplacement d’un futur effondrement de la paroi … ou le lieu d’une éruption à venir.

 

Havre-Volcano.jpgImage sonar multi-faisceaux du volcan sous-marin Havre / Iles Kermadec / récente campagne Tangaroa - à remarquer : les nouveaux cônes et le renflement intra-cratérique - doc. NIWA - image exagérée 2,5 x verticalement.


L’analyse suggère l’implication de deux magmas de types différents, un premier explosif de type rhyolitique, responsable des émissions de ponces en surface, un second, moins volatile et qui a construit le nouveau cône. Selon Wysoczanski, les séismes régionaux du 17 juillet ont secoué la chambre magmatique, causant des déplacements du magma basaltique sous le volcan. En chemin vers la surface, il aurait rencontré du magma rhyolitique.

Le contact entre les deux magmas aurait engendrer l’éruption explosive ponçeuse depuis le plancher de la caldeira et l’émission basaltique sur le bord de la caldeira, formant le cône.(voir l'article sur le déclencheur des éruptions Las Canadas)

L’éruption s’est calmée le 21 juillet, après seulement quelques jours, laissant un radeau de ponce dispersé par vents et courants en une « série de filaments entortillés ». Le 13 août, la ponce couvrait une surface de 450 sur 258 km. Ce radeau flotte toujours à proximité des Kermadec … avant de sombrer quelque part.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Havre seamount eruption

- Nasa Earth Observatory - Nasa satellipes pinpoint volcanic eruption - link

- Blog eruptions - New volcanic cone confirms the Havre seamount eruption - link

- Bay of Plenty times - First sighting responsible for undersea eruption - 27.10.2012 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Il y a dix ans, le 26 octobre 2002, l’Etna était le siège d’une des plus grandes éruptions explosives des 100 dernières années en Europe.

 

etna-14.12.2002--Space-shuttle-Nasa.jpg                   L'Etna en éruption vu du Space Shuttle en 2002 - photo Nasa Space Shuttle


Un essaim sismique, débuté le 26 octobre à 22h25, est enregistré sur les sismographes de l’INGV Catania. Trois heures après son début, une éruption débute sur le flanc sud, sur le Piano del Lago. Le 27 octobre, deux fissures éruptives se sont ouvertes, respectivement sur les flancs nord et sud …. Deux fontaines de lave sont aperçues, accompagnées de fortes détonations et de grondements. 


Coulees-d-eruptions-laterales-10.2002-01.2003jpg.jpg

 Carte des coulées des éruptions latérales 2002-2003 sur le rift NE et les fissures sud - doc. INGV Catania


Sur le flanc nord, la fissure éruptive court sur trois kilomètres, avec les évents supérieurs situés à l’altitude 2500. Des coulées de lave en provenance des évents les plus au nord envahissent la zone touristique de Piano Provenzana. La station de ski et les magasins de touristes, construit fin 60-début 70, sont détruits. 

La lave progresse en deux branches au travers des pins en direction de Linguaglossa, village situé à 10 km. au NE. Elle cause des incendies en pénétrant dans les bois. La coulée NE s’arrête le 31 octobre après avoir parcouru 2 km. La coulée E continue de progresser jusqu’au 1° novembre, mais continue à être alimenté en portion médiane jusqu’au 5 novembre.

 

Etna-2002--ISS----11.000-feet--feux-forets-.jpgEtna - éruption vue de la Sation spatiale internationale, le 30.10.2002 d'une altitude de 400 km. - Image ISS005-E-19024 -  Courtesy of Earth Sciences and Image Analysis, NASA-Johnson Space Center

(Le nord est en bas, dans le coin gauche de la photo)

Le panache foncé au centre provient du flanc supérieur sud; devant lui, le petit panache clair correspond à la décharge des cratères sommitaux -- les deux panaches au centre-gauche sont issus du rift NE -- Les fumées les plus à gauche correspondent aux feux de forêt.

 

Au sud, une chaîne de quatre nouveaux évents s’est formée juste à l’est du Monte Frumento Supino. Les projections de lave, en provenance de fontaines de lave hautes de 100-300 m.,  forment deux cinder cones hauts d’environ 200 m, à 2700 et 2750 m. d’altitude. Les coulées de lave s’arrêtent le 3 novembre, tandis que le fontaining continue.

Les 9-10 décembre, les évents à la base du cône situé à 2750 m émettent des coulées, qui coupent la route à proximité du Refuge Sapienza le 17.12. La station de téléphérique est à nouveau détruite, et 32 personnes sont blessées lors d’une explosion causée par une inondation de la lave par l’eau d’un réservoir. De l’activité strombolienne et de petites coulées sont enregistrées jusqu’au 28 janvier 2003.


11.2002-TdF---8---T.B-jpg

"Le matin à Tore del Filisofo" - 03.11.2002 - photo Thorsten Boeckel - un clic sur la photo vous mène sur son site "From Etna to Stromboli".

 

16.12.2002-refuge-Sapienzad08.jpg       Etna - les coulées de lave à proximité du refuge Sapienza le 16.12.2002 - photo Stromboli on line


De fortes chutes de cendres – en trois jours, Catane reçoit 2,5 kg de cendres par mètre carré -  marquent le sud du volcan, causant la fermeture de l’aéroport de Catane le 27 après-midi.

Le 29 octobre, plusieurs séismes de magnitude 4,4 à 4,0 causent des dommages sur le bas flanc est de l’Etna, particulièrement à Santa Venerina, où 1.000 personnes sont sans abris.

 

-Etna-cratere-lateral-2002-2003-pres-Torre-del-Filosofo-.jpg         Etna - les cratères 2002-2003, quelques mois après l'éruption - photo Tim Bekaert 08.2003

 

Sicile-08-726-copie.jpgEtna - Cinq ans plus tard, des fumerolles garnissent toujours le fond des cratères 2002-2003 - photo Bernard Duyck 09.2008


Une quantité importante de magma a fait une intrusion dans la rift zone sud, ce qui expliquerait le fort dégazage sans effusion significative de lave, entre les 2 et 13 novembre.


Flux-SO2-entre-09-12.2002---GVP.png           Etna - Flux de SO2 de septembre à fin décembre 2002 - graphique INGV Catania / GVP

 

A la fin de l’éruption, on estime que 70 Mm³ de matériels ont été émis , dont 47 Mm³ sous forme de pyroclastes. L'éruption est qualifiée de VEI 3.

 

 

Ce type d’éruption est inhabituel sur l’Etna ... et à plus d’un titre :

- L’éruption a été une des plus explosives, avec l’expulsion de plus de la moitié du volume de produits éruptés sous forme de matériaux pyroclastiques

- Elle met en jeu deux types de magma différents : des fissures NE est sorti un magma de composition conforme aux productions du volcan ces derniers siècles, tandis que les évents du flanc sud produisaient un magma riche en amphibole, plus rare.

- Une corrélation est notée entre le glissement de flanc est et la sortie magmatique. Le 22 septembre 2002, le flanc est de l’Etna commence à glisser vers la mer ionienne, les mouvements se produisant principalement au niveau du système Pernicana (Ner & al. 2003)

- C’est la première fois que les coulées de lave du flanc nord envahissent un complexe touristique, à Piano Provenzana, et la forêt adjacent.

(B. Behncke & Neri 2003)

 

Sources :

- Global volcanism Program - Mounthly report

* 12-2002 : Late october 2002 earthquake swarm signals start of new flank eruption

 * 01-2004 : Additional details and interpretation of the 2002-03 eruption


- Mount Etna 2002-2003 - by Thorsten Boeckel - link

- Stromboli on line - 2002: the great flank eruption - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Colombie :

Belles photos du Nevado del Ruiz toujours en alerte jaune, comme le Cerro Machin.

L’Ingeominas a mis en ligne des photos des émissions chargées en cendres du Galeras – toujours en alerte jaune - les 21 et 25.10, sans toutefois les commenter.

 

25.10.12-8h19-NdRuiz---Ingeominas.jpg                              Nevado del Ruiz - 25.10.2012 - photo  webcam Ingeominas Manizales

 

2012-10-21-08h19m42-Galeras.jpg                       Galeras - 21.10.2012 - photo Ingeominas

 

Equateur : Reventador et Tungurahua.

 

Selon l’IGEPN, la sismicité du volcan Reventador demeure à un niveau élevé ( trémor, secousses liées à des effondrements de blocs et mouvements de fluides internes) en relation avec un dôme intracaldérique en croissance. Dans son rapport du 22.10, des coulées de lave sont signalées sur le flanc nord supérieur, recouvrant celles émises les mois antérieurs, et accompagnées de chute de blocs et d’un panache de vapeur.

 

23.10.12---Reventador-coulee-de-lave---IGEPN.jpg                     Reventador - Coulée de lave en provenance du dôme le 23.10.2012 - photos IGEPN

 

Le 24.10, suite aux fortes pluies, le flanc ouest du Tungurahua a été marqué par des lahars, qui ont coupé la route Baños – Penipe. – IGEPN et El Universo.

 

25.10.12-Tungu---Lahar--route-Banos--Penipe.jpg         Tungurahua - un lahar coupe la route Baños – Penipe - photo W.Pinto / El Universo 25.10.2012

 

Indonésie- Java

Le Jakarta Post rapporte une augmentation d’activité et un relèvement du niveau d’alerte du Raung à III-Siaga, le 23 octobre. Le trémor est en forte augmentation et des cendres émises à fable hauteur ; une zone d’interdiction de 3 km. de rayon a été décrétée.

 

Sicile – Etna

Le 19.10, la Bocca nuova a été le siège d’un peu d’activité strombolienne, visible sur les webcams.

Un fort dégazage a marqué le sommet de l’Etna ce 25 octobre.

 

25.10.12 Dégazége sommital Etna                                    Etna - 25.10.2012 - webcam INGV Catania

 

Islande – Essaim sismique sur la TFZ

Après un séisme de magnitude 5,6 le 21 octobre, un essaim sismique a marqué la TFZ dans le courant de la semaine. Ces séismes sont qualifiés de tectonique par le Met Office.

Son analyse révèle un mécanisme lié à l’extension du système de graben Eyjafjarðaráll, qui présente des mouvements horizontaux de décrochements. Un risque de séismes plus important reste à craindre.

 

TFZ-22.10.12-9-16h30.png
                                                        

 

TFZ-essaim-sismique-Eyjafdarall-20-23.10.12.jpgLocalisation des séismes sur la TFZ - Tjörnes Fracture Zone - en haut, le 22.10.2012 - en bas, évolution entre le 20 et le 23.10.12 - doc. IMO.

 

TFZ-22.10.12-9-16h30-2-.png                       Nombre et magnitude des séismes sur le TFZ le 22-23.10.2012 - doc. IMO

                                                          

 

Californie - Salton Buttes.

Les Salton Buttes, cinq volcans situés au sud de Salton sea, viennent de subir une "cure de rajeunissement" ... qui les classe aujourd'hui parmi les volcans potentiellement actifs et les plus jeunes de Californie.

Une nouvelle étude leur attribue une nouvelle fourchette pour les dernières éruptions: il y a 2950 à 2010 ans au lieu d'il y a 30.000 ans !

Des géochronologues ont daté des cristaux de zircon contenus dans la lave des Buttes par une technique récente. - in Geology reports 15.10.12 / Our amazing planet.

 

Salton-buttes--Peter-Eimon-Flickr.jpeg                               Salton Buttes - photo Peter Eimon / Flickr Cc



Sources : les différents observatoires cités - d'autres news sur le GVP weekly report et Activolcans

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les recherches de l’USGS au cours des dernières décades montrent que le Mt Baker est un des plus jeunes volcans de la chaîne des Cascades … cependant l’activité volcanique a débuté dans la région depuis des millions d’années, mais la plupart des laves et dépôts de tephra ont été enlevés par l’érosion glaciaire.

Au nord-est du Mt Baker, des roches de couleurs pâles marquent l’emplacement d’une ancienne caldeira, qui s’est effondrée suite à une éruption ignimbritique, il y a 1,15 Ma. : la caldeira Kulshan.

 

2010_NWGS_Fall_Trip_Baker_Guide34.jpgBord sud de la caldeira Kulshan, vu de Artist Point - Le dôme Ptarmigan, un dôme rhyodacitique post-caldeira, au centre droit, domine les ignimbrites claires intracaldériques  - photo Northwest Geological Society.

 

La caldeira Kulshan :

c’est une caldeira cylindroïde à parois abruptes de 4,5 km. sur 8, emplie d’ignimbrite rhyodacitique et de laves émises post-caldeira, située au pied nord-est du Mt Baker.

Une faille circulaire quasi-verticale dans le sous-basement rocheux des Cascades renferme 30 km² d’ignimbrites, mélangées à des brèches d’effondrement, d’une épaisseur de plus de 1.000 mètres.

lipman 97 bv06Au stade actuel, il est impossible de définir si l’effondrement s’est fait "au coup par coup" ou par "effet piston".

 

Schéma de formation de caldeira - doc. P.W. Lipman


Tout effondrement formateur de caldeira est lié à une dispersion de poussières volcaniques ordinairement correspondant à 20% du volume total érupté (> 50 km³).

On n’en trouve aucune trace dans le nord des Cascades, suite à l’érosion glaciaire ; seule trace au sud, à 200 km. de la source, une couche de cendres épaisse de 30 cm., nommée Lake Tapps tephra, dans le Puget lowland.

L’examen des dépôts cendreux distaux et du tuff intracaldeira suggère un épisode phréatomagmatique important durant une éruption qui pourrait avoir démarré sous la glace.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr3.jpg            Carte géologique simplifiée de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.

en rose : les ignimbrites intra-caldeira - en rouge : coulées et dykes rhyodacitiques - en orange : les sédiments stratifiés et riches en cendres post-caldeira - en bleu, vert et pourpre : les laves andésito-dacitiques post-caldeira -en jaune :  les dépôts d'avalanches de l'holocène. - - AP : Artist Point - CP : Coleman Pinacle - HM : Heather Meadows - KR : Kulshan ridge - PR : Ptarmigan ridge.

 

 

Kulshan-caldera-coupe-SO-NE.gif                            Coupe SO-NE de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al.

 

Bien que la caldeira ne soit pas structurellement résurgente, plusieurs intrusions de laves rhyodacitiques intracaldériques reposent directement sur la couche d’ignimbrite ou sur les sédiments lacustres remaniés par les produits éruptifs. Principalement présentes plus au sud, les laves rhyodacitiques couvrent plus de 12 km².

 

Kulshan

  

 

Caldeira Kulshan - laves rhyodacitique en intrusion ou couverture de l'ignimbrite intra-caldérique. - photos Wes Hildreth & al. 2003.

 

(A) :  trois dômes de lave érodés surmontent les ignimbrites claires de la caldeira Oreamnos (rod), Corax (rcx), and Ptarmigan (rpd).

Coleman Pinnacle (acp) et  Lasiocarpa Ridge (alr)sont des restes andésitiques datés du milieu du Pléistocène.

 

 

(B) : Oreamnos lava dome, face SE :

A l'avant-plan, des sédiments stratifiés riches en cendres.

Une intrusion par un sill d'andésite foncé à gauche et à droite, un dyke d'andésite pratiquement vertical

 

 

(C) Le dôme Ptarmigan  - à droite, la silhouette de Coleman Pinacle se détache sur les neiges du Mt Baker.

 

 

Des laves andésitiques post-caldeira, andésite à olivine, pyroxène et hornblende, forment plus d’une cinquantaine de dykes, qui recoupent les ignimbrites, les sédiments et les laves rhyodacitiques.

 

Kulshan cald. - Table Mountain - Lee Siebert

La caldeira Kulshan - Table Mountain, au centre gauche, formée de coulées andésitiques - en fond, à gauche, Icy Peak dominant North fork Nooksack drainage - à droite, le Mt Shuksan couvert de glaciers. - photo Lee Siebert / Smithsonian Inst.

 

Une coulée dacitique particulièrement épaisse est présente à Table Mountains ; les géologues pensent qu’elle a été émise dans un canyon, qui a restreint son écoulement latéral, et où la coulée pourrait avoir formé un lac de lave. Après remplissage de la vallée par les coulées de lave, et solidification, l’œuvre des glaciers a forgé un toit plat, en inversion topographique.


Les caldeiras du quaternaire :

les caldeiras datées du quaternaire sont rares dans la Chaîne des Cascades, où on n’en retrouve que trois pour plus de 1.800 volcans : La caldeira de Crater Lake (éruption du Mazama), de Rockland, et la caldeira Kulshan.

Pourquoi sont-elles si rares ? Diverses hypothèses tentent de l’expliquer : - une croûte plus épaisse au niveau des Cascades - une convergence plus lente des plaques.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr1Localisation du champ volcanique Mont Baker (MBVF) - les villes sont symbolysées par des lettres :
 Bellingham (B), Vancouver (V), et Victoria (VC). Dans  southern Puget Lowland, sont situés Seattle (S), Tacoma (T), Olympia (O), et Hoodsport (H).

Dans l'insert, les principaux foyers magmatiques : Hannegan caldera (HC), Lake Ann stock (LA), Kulshan caldera (KC), Chowder Ridge focus (CR),  et les volcans récents Black Buttes and Mount Baker  (Hildreth et al., 2003) - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.


Migration du magmatisme :

Au cours des derniers quatre millions d’années, on constate la migration du magmatisme vers le sud-ouest, avec un ratio de 5-6 mm./an.: depuis la caldeira Hannegan (HC) à 4 Ma, vers Lake Ann (LA) à 2,7 Ma, puis vers la caldeira Kulshan (KC) à 1,15 Ma et pour finit à Black Buttes/MtBaker il y a 500.000 ans. (voir insert ci-dessus).


Sources :

- GSA - Kulshan caldera: A Quaternary subglacial caldera in the North Cascades, Washington - By Wes Hildreth  

- Rhyodacites of Kulshan caldera, North Cascades of Washington: Postcaldera lavas that span the JaramilloWes Hildreth, Marvin A. Lanphere, Duane E. Champion, Judy Fierstein

-  Geology of the North Cascades: A mountain mosaic - by R. Tabor and R. Haugerud / USGS.

- Subsidence of ash-flow calderas: relation to caldera size and
magma-chamber geometry - P.W. Lipman

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La situation actuelle du Mt Baker est caractérisée par une activité thermale importante suite à une réactivation en 1975 et la présence d'une couverture par de multiples glaciers... le feu couve sous la glace!

 

Mt-Baker-fumeolles-09.01.2011-scurlock--mark.jpg                 Fumerolles et Glaciers ... le sommet du Mt Baker - photo John Scurlock / MBVRC

 

La réactivation thermale de 1975 :

 

En mars 1975,  un grand jet de vapeur sous pression, inhabituellement foncé, est subitement monté à 760 m. de haut, de nouvelles fumerolles se sont activées, développant des crevasses dans la glace, concentriques aux parois du cratère, et provoquant l’effondrement d’un bouchon de glace de 70 mètres de large. Il en a résulté la formation d’un lac d’eau chaude, et la dispersion de tephra non juvéniles autour du cratère Sherman.

La chimie, le ratio isotopique et les émissions gazeuses se sont modifiées en 75 : les ratios respectifs de CO2 et H2S furent de 950 et 112 tonnes/jour, pour décroître en 2007 à 150 et 1 tonnes/jour.

 

Mt-Baker-08.74---08.75---USGS.jpgMt-Baker-08.74---08.75---USGS-2.jpg

 

Photos prises de Lahar Lookout :

à gauche, en août 1974 - à droite, en août 1975.

Le flux de chaleur a fait se crevasser la couverture glaciaire du Sherman crater  -  Archives USGS

 

En dépit d’un décuplement du dégagement de chaleur par le volcan au cours des 12 mois qui suivirent, aucune éruption ne s’est produite. Seules mesures prises, la fermeture de la zone récréative de Baker Lake et une baisse du niveau de l’eau dans le réservoir, pour éviter une vague causée par une éventuelle avalanche de débris.

 

fumarole-fields-per-park-thesis.jpgMt Baker  - Sherman crater - les aires fumerolliennes sommitales -doc. MBVRC / Melissa Park thesis.

 

MT_Baker---Dragon-hole---Cascade-climbers.jpgMt Baker - Sherman crater : Dragon hole, "le trou du dragon" laissé dans la couverture glaciaire par une fumerolle - photo Cascade Climbers.

 

Baker81_gas_sampling_fumarole_mount_baker_1981_med.jpg     Mt Baker - échantillonnage gazeux dans les fumerolles du Sherman crater en 1981 - photo USGS / W.Chadwyck.


Les scientifiques ont conclu à une intrusion magmatique dans la croûte superficielle ou moyenne sous le Mt Baker, durant ce réveil thermal. Les émissions continues de CO2 et la présence d’un système hydrothermal sur le long terme laisse supposer une connection continue entre la surface et le magma en profondeur.

 

Les glaciers du Mt Baker :

Le Mt Baker est, avec le Mt Rainier, l'un des volcans actifs les plus recouvert de glace de la chaîne des Cascades. Le volume de neige et glace est estimé à 1,79 km³; le Mt Baker est aussi un des endroits où il neige le plus, avec des pointes à 29 m. tombés au cours d'une seule saison !

 

Boulder_Glacier_3737.JPGMt Baker - le Boulder Glacier coule du sommet entre les pics Sherman et Grant, situés à 3.091 et 3.286 m., juqu'à une altitude environnant 1500 mètres. - photo W. Siegmund 2004.


map_baker_glaciers.gifDouze glaciers entourent le sommet du Mt Baker. Le plus grand, le Coleman glacier, occupe une surface de 5,2 km².

Parmi ceux qui couvrent une surface supérieure à 2,5 km², on note les Roosevelt glacier, Mazama glacier, Park glacier, Boulder glacier, Easton glacier, Deming glacier.

Tous ces glaciers se sont "retirés" durant la première moitié du 20° siècle, avant d'avancer de nouveau entre 1950 et 1975 ... un retrait rapide s'est installé depuis 1980.

 

Ces glaciers alimentent de  nombreux fluxs qui coulent au nord dans la North Fork Nooksack River, à l'ouest dans la Middle Fork Nooksack river, au sud-est et à l'est dans la Baker river, barrée par deux barrages qui ont créé les lacs Shannon et Baker.

 

Baker---Moraine-glaciaire-Railroad-grade---Lee-Siebert-81.jpgMt Baker - le cône Schreibers Meadow végétalisé au centre gauche et "Railroad Grade", à l'avant-plan droit, une moraine glaciaire - photo Lee Siebert / Smithsonian Institute.

 

Sources :

- CVO - Mount Baker volcano - link

- Mount Baker volcano Research Center - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Après le Lassen Peak vu la semaine dernière, nous passons à l’autre extrémité de la Chaîne des Cascades avec le Mont Baker.

 

Mount_Baker_22181.JPG

Ce stratovolcan andésitique, haut de 3285 mètres et recouvert d’une douzaine de glaciers, s’est construit sur le flanc Est du volcan Black Buttes (400.000 ans), et au sud ouest de la caldeira Kulshan (4,5 km. sur 8), un volcan rhyodacitique daté du début du Pleistocène (1,15Ma).

 

Toponymie :

Il doit son nom au troisième lieutenant de l’expédition Vancouver, le lieutenant Joseph Baker . L’explorateur George Vancouver consigna son observation en 1792 dans son journal :

"About this time a very high conspicuous craggy mountain ... presented itself, towering above the clouds: as low down as they allowed it to be visible it was covered with snow; and south of it, was a long ridge of very rugged snowy mountains, much less elevated, which seemed to stretch to a considerable distance ... the high distant land formed, as already observed, like detached islands, amongst which the lofty mountain, discovered in the afternoon by the third lieutenant, and in compliment to him called by me Mount Baker, rose a very conspicuous object ... apparently at a very remote distance."

Le nom local, donné par les indiens Nooksack, kw’eq sámit, signifie "montagne blanche" … c’est en effet un des volcans le plus recouvert de glaciers des Cascades.

 

Mount_Baker_from_Boulder_Creek-SE---Lhb1239.jpg                "La montagne blanche" ... le Mt Baker, vu de boulder Creek  - photo Lhb1239

 

Formation :

Les connaissances sur ce volcan sont limitées aux parties non recouvertes par des glaciers ou d’autres roches volcaniques émises … et les différents centres d’activité volcanique reconnus n’en représentent pas nécessairement les phases les plus significatives.

 

map-Baker.gifCarte de situation générale - carte des zones à risques de lahar, de coulées pyroclastiques et d'effondrement - doc. USGS.

 

timeline-large-Mt-Baker---USGS.gif                              Mt Baker - ligne du temps éruptive - doc. USGS

 

Les coulées de lave les plus anciennes sont attribuées à Black Buttes, restes érodés du volcan primordial, et datées d’il y a 400.000 ans.

Bien que la composition des roches soit principalement andésitique, on retrouve aussi du basalte hypersthène. (L'hypersthène est un inosilicate commun dans les roches appartenant au groupe des pyroxènes orthorhombiques)

 

Les premières éruptions qui ont marqué le présent volcan ont produit des coulées de laves fluides qui ont descendus les canyons érodés formés dans l’ancien sous-bassement rocheux. L’existence sur les flancs nord de cirques formés par les glaciers démontre que la construction du volcan était largement avancée au temps de la grande glaciation du Pléistocène, entre il y a 25.000 et 10.000 ans.

 

Les derniers 10.000 ans furent marqués, d’après les dépôts cartographiés, par une coulée pyroclastique, au moins quatre petites unités de tephra, deux coulées de lave au moins, et plus de huit coulées de boues, ce dernier phénomène étant considéré comme la risque majeur présenté par le Mt Baker.

L’activité volcanique à l’Holocène concerne le conduit central, à l’exception de la formation du cône de cendres satellite Schreibers Meadow, formé il y a 9800 ans. Ce cinder cone, haut de 100 mètres et large de 760 m., est responsable d’une coulée de lave longue de 11 km.

 

lahar-deposit---Nooksack-river.jpg                      Mt Baker - dépôts de lahar dans la Nooksack river - photo GVP


Une éruption magmatique majeure, datée d’il y a 6.600-6.500 ans, s’est accompagnée d’effondrement et de lahars consécutifs dans le drainage Nooksack. Elle concerne le cratère historiquement actif, situé juste au sud du sommet, le Sherman crater.

 

Mt-baker---Sherman-crater-D---John-Scurlock-MBVRC.jpg   Le sommet du Mt Baker, avec sur la droite, le cratère Sherman - photo John Schurlock / MBVRC

 

Le cratère Sherman, large de 450 mètres, a été le siège de "changements drastiques dans l’aire sommitale" au 18° et début du 19° siècle, d’après les légendes indiennes.

En 1843, une éruption a provoqué un grand feu de forêt, la mort massive de poissons dans la rivière Baker et couvert la région proche de cendres. D’autres éruptions sont enregistrées en 1852-53, 1854, 1859-60, 1863, 1870, 1880, 1884.

Depuis, une activité fumerollienne marque les zones sommitales de Sherman crater et le champ fumerollien Dorr, jusque dans les années 1950.

La reprise de cette activité est signalée comme modérée dans les années 60 au Sherman crater, ponctuée d’un épisode majeur de mars 1975 à début 1976.

 

Baker-from-artist-point---Bbigbbobb---Summitpost.jpg                Le Mt Baker, depuis "Artist point" - photo Summitpost / bbigbbobb.

 

sources :

- Global Volcanism Program - Baker

- CVO - Mt Baker volcano - link

- Mount Baker Volcano Research Center - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

  18.10.12 - Halema 42 m Hvo copie

Kilauea - lac de lave de l'Halema'uma'u -  niveau à 42 mètres sous le plancher du cratère - photo HVO 18.10.2012.

 

Le Kilauea est soumis depuis début août à une inflation, phénomène qui s’est accru depuis début octobre. Cela se traduit pour le moment par une série de montée/descente du niveau du lac de lave sommital, mis en place en 2008.

 

17.10.2012-lac-a-50-m.jpgKilauea - lac de lave de l'Halema'uma'u -  niveau à 50 mètres sous le plancher du cratère - photo HVO le 17.10.2012.

 

19.10.12-Halema-50-m---HVO.jpg

Kilauea - lac de lave de l'Halema'uma'u -  niveau à 38 mètres sous le plancher du cratère - photo HVO le 19.10.2012.


Le 18 octobre, le niveau du lac de lave est mesuré à 42 mètres sous le niveau du plancher du cratère de l’Halama’uma’u.

Dans l’après-midi du 21 octobre, son niveau atteint un niveau de 33 mètres sous le plancher du pit crater. Un petit effondrement rocheux dans la partie nord du lac de lave a accompagné une petite explosion de spatter. De petites quantités de cendres et tephra, principalement de petits lambeaux de projections (spatter) et des cheveux de Pelé, ont été charriées par le panache gazeux et déposées à proximité.

Les émissions de dioxyde de soufre, mesurée à 700 tonnes/jour le 18.10.12, sont tombées aux environs de 400 tonnes/jour le 19 ; cette diminution du ratio des émissions gazeuses caractérise typiquement les épisodes de montée/descente de niveau du lac de lave.

 

10.2012---emissions-gazeuses---Geologically.jpg  Kilauea - émanations gazeuses du lac de lave de l'Halema'uma'u en octobe 2012 - photo Geologically.

 

Ces montées de niveau du lac de lave pourraient déboucher sur un débordement de celui-ci sur le plancher du cratère. Il faut en effet distinguer différents niveaux , depuis le sommet du volcan-bouclier Kilauea qui présente une caldeira, avec un cratère interne, l’Halema’uma’u, percé d’un évent qui abrite le lac de lave.

 

kilaueacaldera_geo---HVO.gif

  Carte de la caldeira du Kilauea et des coulées intracaldériques, avec date - carte HVO / USGS.


Kilauea-caldeira---Ikonos-14.01.2003.jpgLa caldeira du Kilauea, vue le 14 janvier 2003 par le satellite comercial Ikonos / via Nasa Earth Observatory.


Les débordements peuvent marquer le cratère lui-même et/ou le plancher de la caldeira, comme on peut le voir sur les photos de la Nasa, et la carte des coulées du HVO … tout dépend de l’intensité du flux magmatique émis par le volcan.

Le niveau du lac de lave du Pu’u O’o pourrait aussi être affecté, via les communications complexes de la plomberie.

 

Petit rappel :


L'Halema'uma'u, "la maison permanente de Pélé ", a abrité de 1823 jusqu'à l'éruption explosive de 1924, un lac de lave très actif. En mai 1924, une série d'explosions violentes d'origine phréatique accompagnent l'effondrement du lac de lave, avec projection de vieux matériel à plus de 6.000 m. de hauteur. Les parois de l'Halema'uma'u s'écroulent sur elles-mêmes pour former l'actuel pit crater : 900 mètres de diamètre et 390 mètres de profondeur.
Puis la lave revient par intermittence et le lac voit son niveau varier ... profondeur de 237 mètres en 1934. En 1952, la lave revient pour quelques mois d'activité effusive.

 

2010Mar19_Halemaumau_L.jpgHalema'uma'u - Situation du lac de lave, le 19 mars 2010 : le lac se trouve à 200 mètres sous le plancher - image thermique HVO / USGS

 

17.10.12-5h24.jpgHalema'uma'u - Situation du lac de lave, le 17 octobre 2012 : le lac se trouve à 50 mètres sous le plancher - image thermique HVO / USGS

 

Sources : HVO - Hawaiian Vocano Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Kernsplitting - Dr N.Nowaczyk GFZ

  Mesures du magnétisme sur des carottes de forage au GFZ par le Dr.Nowaczyk - Doc. GFZ Postdam

 

 D’après des études sur le paléomagnétisme du GFZ Postdam – le Centre de recherche pour les géo-sciences Allemand –, les carottes de forages réalisés en Mer Noire montrent un retournement complet et rapide du champ géomagnétique, il y a 41.000 ans. Ce renversement de polarité a été un évènement global, comme le montrent d’autres données d’études effectuées dans l’Atlantique Nord, et la Pacifique Sud.

 

20121017-161740                            Polarité normale et inverse du Champ magnétique terrestre - doc. GFZ


Selon le Dr. Norbert Nowaczyk, la caractéristique marquante de ce renversement est sa vitesse … " la géométrie du champ de polarité inverse, avec des lignes de champ pointant en direction opposée à la configuration actuelle, n’a duré que 440 ans, et fut associée à une intensité du champ correspondante à seulement 25% de sa valeur actuelle ".

A l’échelle géologique, ce laps de temps est très court. Durant cette période, l’affaiblissement considérable de l’intensité du champ magnétique a eu pour conséquence une perte quasi-totale de protection contre les rayons cosmiques, et une augmentation significative de l’exposition aux radiations.

Ceci est prouvé par des pics de Beryllium-10 radioactif dans les carottes glaciaires du Groenland … le Beryllium-10 est produit par la collision entre des atomes de l’atmosphère terrestre et des protons hautement énergétique provenant de l’espace.

 

 Renversement du champ magnétique et éruption volcanique :

Pour la première fois, cette étude a permis de mettre en corrélation trois scénarios :

- le renversement de champ magnétique court, il y a 41.000 ans.

Outre la découverte réalisée avec la magnétisation des sédiments de Mer Noire, ce changement de polarité avait été repéré depuis 45 ans par l’analyse de la magnétisation de diverses coulées de lave dans le Massif central Français, près du village de Laschamp (1967 - Bonhommet et Babkine).

Cette configuration magnétique différente est connue sous le nom d’évènement de Laschamp.

 

ib4211,courbe-paleointensite-champ-magnetique-cours-tempsCourbe de variations de la paléointensité du champ magnétique en fonction de l'âge  -  Vallet & Valledas 2010.

 

laschamp_18.jpgFrance, Auvergne, Puy-de-Dôme (63), Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne, Saint-Gènes-Champanelle, Laschamp, Puy de Laschamp, la chaine du Mont Dore en arrière plan - photo para-moteurs.com

 

– des variations brèves de climat au cours du dernier âge glaciaire. L’analyse des carottes de forage en Mer Noire a aussi montré de nombreux changements brutaux de climat à la même période, déjà répertoriés dans les carottes glaciaires prélevées au Groenland.


- une éruption volcanique en Italie.

La plus grande éruption volcanique répertoriée au cours des derniers 100.000 ans dans l’hémisphère nord correspond à la super-éruption des Champs Phlégréens, proches de Naples, et datée d’il y a  39.400 ans ; Les cendres émises par l’éruption, au cours de laquelle près de 350 km³ de roches et laves furent éjectés, et distribués sur l’ensemble de l’est de la Méditerranée et la Russie centrale, sont également répertoriées dans les sédiments étudiés par forages en Mer Noire.

 

image_thumb-5--copie.png

                             Aire de répartition de l'ignimbrite Campanienne / Champs Phlégréens   

 

Glossaire :

- Une excursion géomagnétique est un changement significatif et brutal du champ magnétique terrestre, caractérisé par une période courte de perte d’intensité de celui-ci, et une variation de plus de 45° de l’orientation des pôles par rapport à la précédente position. Passé cette période, les pôles magnétiques retrouvent leurs positions initiales.

- Une inversion du champ magnétique est provoquée par une perturbation frappant le noyau terrestre, induisant un affolement du champ magnétique sur une période de 1.000 à 10.000 ans pendant laquelle les pôles se déplacent sur toute la surface du globe avant de permuter. Le champ terrestre s’est inversé environ 300 fois ces derniers 200 millions d’années, la dernière inversion étant survenue il y a 780.000 ans.

54559main_comparison1_strip.gifModèles informatiques du champ magnétique terrestre - à gauche, bipolarité normale du champ magnétique terrestre - à droite, boulversement des lignes de force au cours d'un évènement de renversement du champ magnétique. -  Doc. Nasa / the Geodynamo by Gary Glatzmaier


Sources : 

- An extremely brief reversal of the geomagnetic field, climate variability and a super volcano - GFZ Postdam - link  

- Nasa  Earth's inconstant magnetic field - link   

- L'événement Laschamp dans les laves de la Chaîne des Puys - G. Guérin, J.P. Valet - link  

 - The Laschamps-Mono lake geomagnetic events and the extinction of Neanderthal :  a causal link or a coincidence ? - Valet, J.-P., Valladas, H.,Quaternary Science Reviews (2010) 

- Geomagnetic excursions in the past 60 ka: Ephemeral secular variation features - N. Thouveny and K. M. Creer 

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Publié le par Bernard Duyck
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Jean-Baptiste Geneviève Marcellin Bory de Saint-Vincent (1778 – 1846) est un officier Français, naturaliste et géographe, qui s'est notamment Bory_Saint-Vincent_1778-1846.jpgintéressé à la volcanologie, à la botanique et à la systématique.

Il aurait suivi des cours de chirurgie et de médecine de 1791 à 1793. Pendant la Terreur (1793-1794), il se réfugie dans les Landes. Ses premières publications savantes remontent à 1796-1798. Il entre alors en contact avec de nombreux naturalistes. Il fut l'élève du géologue et minéralogiste Déodat Gratet de Dolomieu à l'École des mines de Paris. Après le décès de son père, il s'engage dans l'armée en 1799.

Il apprend le départ d'une expédition scientifique organisée par le gouvernement et obtient la place de zoologiste en chef à bord de l'une des corvettes participantes.  

 

Scaler.jpgC'est ainsi qu'après avoir quitté l'armée de l'ouest fin août puis obtenu du ministère de la guerre un congé indéfini, Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent quitte Le Havre le 19 octobre à bord du navire Le Naturaliste.


Il s’arrêtera aux îles Fortunées, les Canaries, où il relate l’éruption du volcan de Chahorra, dans son livre : " Essais sur les Isles Fortunées et l’Antique Atlantide. " (texte complet sur : Max Planck institute for the history of Science)

 

volcan-de-Chahorra-Teneriffe---B-St-Vincent.jpgDocuments extraits de "Essais sur les Isles Fortunées et l'Antique Atlantide" par Bory de Saint-Vincent - Bibliothèque Nationale De France.

Il fera escale à l'île Maurice en mars 1801. De là, il rejoint le 23 mai 1801 la Réunion voisine, où il effectue en octobre et novembre 1801 l'ascension et la première description scientifique générale du Piton de la Fournaise. On lui doit la première approche scientifique du Piton de la Fournaise.


Son objectif est d'explorer "l'une des îles les plus curieuses qui existent sous les rapports géologiques, selon ses propres termes. Dans aucune on ne rencontre de traces aussi marquées de puissantes éruptions volcaniques et d'indices aussi fréquents de l'action des feux souterrains".

"J'avais fait part, depuis longtemps, à plusieurs personnes du dessein de monter au volcan par le côté de la mer" écrit Bory de Saint-Vincent dans sa relation de voyage. "J'avais prié M. Deschasseurs de me procurer un guide. Tout le monde cependant s'accordait à me dire que la tentative était téméraire, que personne ne voudrait me suivre, et que jamais on n'avait osé entreprendre ce que je voulais exécuter."

 

La-Fournaise---Bory-st-Vincent---Bibli-departementale-de-l.jpgCarte du Piton de La Fournaise - Bory de Saint-Vincent 1802 - doc. Bibliothèque Départementale de La Réunion.


Mais, Bory de Saint-Vincent est du genre têtu :

"J'avais une grande envie de bien voir la montagne ignivome, et mon désir redoubla dès qu'on m'assura que personne n'avait réussi dans ce que je projetais. Je regardais comme exagérées les craintes qu'on cherchait à me donner. Jouvancourt partageait mes sentiments, mais les Noirs, découragés par tout ce que les esclaves du canton leur racontaient, témoignaient la plus grande terreur. Ils nous firent des remontrances et pour nous décider à ne pas les conduire à la Fournaise par une route inusitée, l'un d'eux nous raconta plusieurs traditions du pays. Il avait, disait-il, appris par d'anciens habitants que le volcan était le patrimoine du diable, que c'était la bouche de l'enfer, qu'il était d'autant plus dangereux pour nous d'y monter que les Blancs n'en revenaient plus, les réduisant en esclavage, les employant à creuser la montagne, à diriger les courants de laves et à attiser le feu sous les ordres de commandeurs noirs ".

 

page2-543px-Jean-Baptiste_Bory_de_Saint-Vincent_-_Voyage_da.jpgDans son "Voyage dans les quatre principales îles des mers d’Afrique"(texte sur : Gallica ) , paru en 1804, il décrit en détail le cratère sommital du Piton de La Fournaise alors rempli de lave en fusion :

"A nos pieds du fond d'un abîme elliptique, immense, qui s'enfonce comme dans un entonnoir et dont les parois formées de laves brûlées qu'entrecoupent des brisures fumantes menacent d'une ruine prochaine, jaillissent deux gerbes contiguës de matières ignées dont les vagues tumultueuses lancées à plus de vingt toises d'élévation, s'entrechoquent et brillent d'une lumière sanglante, malgré l'éclat du soleil que ne tempérait aucun nuage ..."

 

cratere-dolomieu---B-St-Vincent.jpg"Vue du cratère Dolomieu ..." - extrait de "Voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique" par Bory de Saint-Vincent - Bibliothèque Nationale de France.


Dans son analyse, tout y passe : les sortes différentes de coulées, les roches avec ou sans olivine, les tunnels de lave et même les fils de verre volcanique (on ne les nommera "cheveux de Pelé" que bien plus tard).

Il donne le nom d’illustres savants aux principaux cratères du Piton de La Fournaise : Dolomieu, dont il vient d’apprendre la mort, Haüy, Ramond … et il ne s’oublie pas, avec le cratère sommital Bory.

 

Mamelon-central-et-cratere-Bory---Voyage-ds-les-4-principa.png"Le Mamelon central" et "Le Cratère Bory" - planche extraite de "Voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique" par Bory de Saint-Vincent - Bibliothèque Nationale de France.

 

cratere-Bory-Christophe-Andre-29.04.08.jpgPiton de La Fournaise - les vestiges du cratère Bory, à gauche et le cratère Dolomieu - photo Christophe André / Flickr 29.04.2008

 

Certa-de-la-Reunion---JB-Bory-de-St-Vincent---Librairie-du.jpgCarte de l'île de La Réunion, dessinée par Bory de Saint-Vincent au début du 19° siècle - doc. Librairie du Congrès Américain.

 

A partir de 1805, sa carrière militaire le monopolise et il participe à diverses campagnes Napoléoniennes. A la Restauration, il doit s'exiler avant de revenir en France en 1820.

 

A suivre : Lord Hamilton, l'ambassadeur volcanologue.

 

Sources :

- Les feux de la Terre, Histoires de volcans - par Maurice Krafft - Ed. Découvertes Gallimard.

- Le Journal de l'île - Bory de Saint-Vincent, un curieux de la nature - link

- Essais sur les Isles Fortunées et l'Antique Atlantide - Bory de Saint-Vincent -texte link

- Voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique - Bory de Saint-Vincent - texte link

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