Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Tsurumi---Beppu---2---AVE.jpg

Le complexe de dômes Tsurumi - Région de Beppu / Préfecture d'Oita - île de Kyushu. - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Le mont Tsurumi, ou Tsurumi-dake (鶴見岳) est un complexe de dômes de lave culminant à 1.374 m. qui surmonte la ville de Beppu.

Le Tsurumi et le Yufu, deux importants dômes, andésitique à dacitique, sont localisés sur les côtés est et ouest du complexe ; trois dômes plus petits sont situés au nord du Tsurumi.

Les éruptions anciennes ont été marquées par des coulées pyroclastiques, tandis que les plus récentes sont caractérisées par des dômes et coulées de lave.

Une éruption du Yufu-dake, en 200 avant JC, qualifiée de VEI 4, a débuté par l’effondrement de son flanc nord et une avalanche de débris, avant que ne se construise un dôme de lave et des coulées pyroclastiques associées aux éboulements.

Le Tsurumi-dake n’a présenté qu’une seule éruption historique, en l’an 867, de VEI 3.

 

tsurumi_volcano---Yufu-dakedome.jpg   Le complexe de dômes Tsurumi- le dôme Yufu-dake - photo Yukio Hayakawa, 1994 (Gunma University).

 

La cité de Beppu, renommée pour sa source chaude "Chinoike Jigoku"(Blood Pond Hell) aux eaux sanguines, compte un total impressionnant de 670 sources chaudes réparties en 8 districts majeurs, appelés " Beppu Hatto ", qui représentent l’activité géothermale du complexe Tsurumi.

Chaque jour, 55.000 m³ d’eau sont éjectés au niveau des fumerolles et des sources chaudes. Ce lieu d’activité géothermale est renommé depuis le moyen-âge pour son action "miraculeuse" sur le corps et l’esprit. Ses pouvoirs légendaires attirent annuellement quelques 12 millions de visiteurs.

 

20120127_2042324854_FilePath0.jpg     La cité de Beppu et ses fumerolles ... une cocotte-minute sous le Tsurumi - photo Japan Guide.

 

beppu_onsen_map.gif       Beppu - carte des Onsen et des Beppu Hatto, les 8 districts  - doc. Infomap Japan / Beppu

 

Chinoike-jigoku---Blood-pond-hell---AE.jpg              Beppu - le Chinoike Jigoku, aux eaux sanguines - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Beppu Blood pond hell - Steve Bavister allpostersConifères taillés et enfer fumant sur des eaux couleur de sang ... un peu de l'âme de Kyushu - photo steve Bavister / allposters.


35565 10151101405916441 849334929 n  Un petit tour des enfers, le Jigoku Meguri :


L’Umi Jigoku, ou la mer de l’enfer (Sea Hell), compte plusieurs sources chaudes, dont une aux eaux bleues et bouillantes. Ce jardin tropical à la végétation luxuriante abrite aussi un bassin aux eaux de teinte ôcre foncé et un autre aux eaux claires, ponctuées de lotus et de nénuphars aux feuilles géantes capables de soutenir le poids d’un enfant jusqu’à 20 kg.


 

Beppu---Umi-Jigoku---3---AVE.jpg                Beppu - l'Umi Jigoku dans son cadre tropical - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Beppu---Umi-Jigoku---AVE.jpg                    Beppu - "la mer infernale" (Sea Hell) - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

178608_10151101349251441_828915516_o.jpg      Beppu - Umi Jigoku - le bassin aux lotus et nénuphars géants - photo © Antony Van Eeten 2012 

   

L’Onnishibozu Jigoku doit son nom aux bulles qui troublent les mares de boues, ressemblant à des têtes rasées des moines qui émergent. (Shaven Head Hell) . 

Jadis, selon la légende, un geyser s’est ouvert pour la première fois au cours d’un séisme et a projeté les moines du monastère, construit sur ce site, dans les airs.

 

Beppu---Yama-Jigoku---Mountain-hell---1-AVE.jpg

 

Beppu---Mountain-hell---2----AVE.jpg       Beppu - L'enfer des têtes rasées (L’Onnishibozu Jigoku) - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Beppu---Mountain-hell---3----AVE.jpg        Onctuosité de la boue bouillonnante - Onnishibozu Jigoku - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Parmi d’autres, citons encore le Kamado Jigoku (Mountain Hell), l'Oniyama Jigoku (Devil or Monster Mountain Hell), le Kinryu Jigoku (Golden Dragon Hell), le Shiraike Jigoku (White Pond hell)  et plus loin, dans le district Shibaseki, le Tatsumaki Jigoku (Waterpout Hell).

 

Shiraike-jigoku---white-pond-hell---Ave.jpg               Beppu - le shiraike Jigoku (White Pond Hell) - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Beppu---3--AVE.jpg      Beppu - ... entre les brûmes infernales et les mares de sang ! - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Beppu---2--AVE.jpg

                                                                                                                   photo © Antony Van Eeten 2012

Sources :

- Global Volcanism Program - Tsurumi

- Japan Guide - Hells / Kannawa district - link

- Infomapjapan - Onsen - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au sud-ouest du volcan, une zone de source chaude porte le doux nom "d’enfer de l’Unzen", l'Unzen Jigoku.


unzen-Jigoku-hpt-springs----5---AVE.jpg

Les eaux sont très chaudes, environ 90°C, sulfureuses et acides, d’un pH 2,0-2,2. Ses propriétés sont utilisées pour soigner les maladies de la peau, telles qu’eczéma, engelures, coupures, ou les rhumatismes chroniques, le diabète, les névralgies ou encore la fatigue. Toute la zone est parfumée aux odeurs de soufre.

Autour de ces sources chaudes, s’est développée une petite ville d’où s’échappent des fumées blanches, et où barbotent des mares de boues. Certaines sources sont capturées et dirigées vers les "bains ryokan ". Cet enfer est situé en bordure de pentes arborées, dont les couleurs automnales viennent contraster avec les roches dénudées et la vapeur des évents.

 

unzen-Jigoku-hpt-springs----2---AVE.jpg

 

unzen-Jigoku-hpt-springs----3---AVE.jpg

 

unzen-Jigoku-hpt-springs----4---AVE.jpg                       Unzen Jigoku -  l'enfer de l'Unzen - photos © Antony Van Eeten 2012

 

Une croix rappelle que cet endroit a été un lieu de supplice … au 17° siècle, au cours de l’ère Edo, des prêtres et des chrétiens japonais ne voulant pas abjurer leur foi furent jetés dans les eaux bouillantes de ces enfers, après l’épisode raté de "la Rébellion Shimabara".

 

Unzen-jigoku---croix---zoomingjapan.jpg                                   Unzen Jigoku - la croix des martyrs - photo Zoomingjapan


A cette époque, de nombreux missionnaires s’étaient installés dans la région de Kyushu, mais en 1614, le shogunat Tokugawa édita un décret ordonnant aux missionnaires de partir. De violentes persécutions envers les chrétiens de la région suivirent, sans compter les nouveaux impôts imposés sur le bétail, le foyer, les naissances.  Depuis 1634, les récoltes devinrent maigres et culmina lors des grandes famines de 1636-37. En décembre 1637, suite à de nouvelles exactions, les chefs de plusieurs villages se soulevèrent et se rassemblèrent dans la forteresse désaffectée de Hara. Ils y furent massacrés le 12 avril 1638.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le volcan Unzen  … une dénomination qui englobe un complexe de plusieurs structures volcaniques d’un volume total de 35 km³, et qui caractérise géologiquement la pénisule Shimabara, située à l’ouest de l’île de Kyushu. Un graben tectonique actif recoupe ces structures volcaniques. 


Unzen---UN.volcanic-geopark.jpg                              Le volcan Unzen - photo Unzen Volcanic Geopark

A l'avant-plan, le Mayu-yama arboré, avec sa cicatrice d'avalanche de 1792 - au second plan, le Fugen-dake et les traces plus claires des dépôts éruptifs de 1990-95.

 

unzen-fugendake-eruption-executive-summary-1990-199501.jpgL'Unzen  rarement vu sous cet angle -  d'avant en arrière-plan : le Fugen-dake, son sommet et le dôme Heisei, le Mayu-yama (vert foncé) et l'agglomération de Shimabara en bordure de la baie - sur la droite, le système SABO - photo IVSC.

Formation de ce complexe volcanique :

shimabara-peninsula-geology---Kyushu-univ.-museum.gif              Carte géologique simplifiée de la péninsule Shimabara - doc. Kyushu University museum

 

1-s2.0-S0377027398001188-gr2.gif                Les principales failles qui marquent la péninsule Shimabara - doc. Tokyo Univ.

 

 - Période Hayasaki : Il y a 4 Ma, l’activité volcanique débute avec des émissions basaltiques au sud de la péninsule Shimabara.

- Période Minami-Shimabara : 2 Ma – 0,5 Ma . Des sédiments marins – formation Kushinotsu - se déposent dans un bassin formé par la subsidence consécutive à l’action des failles sous une tension nord-sud.
- Période Unzen : 500.000 ans – actuellement.
Le volcan Unzen commence à se développer sur des andésites, du le période pré-Unzen (800.000 – 500.000 ans). La période Unzen se subdivise en trois épisodes : Unzen ancien stade précoce, Unzen ancien stade tardif, et Jeune Unzen.


Section-of-Unzen-volcano.jpgCoupe simplifiée du Volcan Unzen - L'orientation de la coupe et les couleurs sont indépendantes de celles de la carte ci-dessus - doc. H. Hoshizumi.

Le stade précoce Unzen ancien, de 500.000 à 300.000 ans, consiste en coulées pyroclastiques riches en ponces, en coulées de blocs et de cendres, associées à des coulées de débris volcanoclastiques et d’épaisses coulées de lave. Le volcan a eu une croissance rapide au cours des 200.000 premières années de son histoire et a formé un cône volcanique.
Le stade tardif  Unzen ancien , de 300.000 à 150.000 ans, est lié à une activité intra-graben, avec d’épaisses coulées de lave côté ouest interne du graben. Entre 300.000 et 200.000 ans, une subsidence rapide du graben a conduit à une interaction, entre le magma et les eaux souterraines, et à des explosions hydromagmatiques.
Le Jeune Unzen se compose de quatre édiices : Le No-dake, le Myoken-dake, Le Fugen-dake et le Mayu-yama, tous localisés côté Est du volcan. Ce flanc Est est marqué par des dépôts de cendres, de blocs et de débris.


vol_08c2.jpg                                   Les différentes composantes du Jeune Unzen - doc.GSJ.


Bien que le Mayu-yama soit le structure la plus récente, vieille de seulement 4.000 ans, c’est le Fugen-dake qui a été le centre de la plupart des épisodes volcaniques au cours des derniers 20.000 ans, y inclus les épisodes effusifs de 1663, l’avalanche de débris de 1792, et l’éruption de 1990-1995.  

 

 

Le graben de l’Unzen, compris entre la faille Chiujiwa au nord et la faille Futsu au sud, est toujours en subsidence de quelques millimètres par an.  

 

Unzen-1792-landslide-Mayu-yama---map-Shimabara-city-Honko-t.jpg  Carte ancienne de l'avalanche de débris du Mayu-yama de 1792 - doc. Shimabara city honko temple.

 

L’éruption Heisei de 1990-95 :

Dès mi-avril, l’activité se déplace de l’évent Byobu-iwa à l’évent Jigoku-ato, accompagnée d’une sismicité élevée à l’ouest du pic Fugen-dake.

Un dôme de lave s’est mis en place dans le cratère … de petites émissions de cendres en émanent et des fissures laissent entrevoir l’intérieur incandescent.

 

Unzen---03.06.91---N.Ozeki.JPG                Unzen - Fugen-dake -  coulée pyroclastique du 03.06.1991 - photo N. Oseki


Le 3 juin, une explosion audible et un trémor enregistré durant 6 minutes signale l’effondrement d’une partie du dôme … une importante coulée pyroclastique se forme près du sommet et dévale le flanc est du volcan à plus de 100 km/h., atteignant la périphérie de Kita-Kamikoba, à 3,2 km. du dôme du 20 mai. Elle détruit une cinquantaine de maisons et emporte au passage 43 personnes dans la zone interdite, dont de nombreux secouristes, des journalistes et trois volcanologues, Harry Glicken, Katia et Maurice Krafft. Un surge cendreux se détache de la nuée ardente et parcourt 800 m. de plus, renversant des arbres, brûlant des maisons et laissant un dépôt épais de plus de 30 cm. Le volume total des dépôts est estimé à 73.000 m³.

La lave continue à sortir, produisant une langue de 100 m de long sur 70-80 m de large le 5 juin. Des explosions produisent de petits panaches hauts d’une centaine de mètres. Le 7 juin, la zone d’évacuation est agrandie, portant le nombres d’évacués à un total de 7.200.

Une nouvelle nuée ardente se développe le 8 juin, détruisant 73 maisons de plus à Shimabara et Fukae, sans faire de victimes … l’extrusion du dôme et les coulées pyroclastiques se poursuivent ensuite.

(N.B.: les chiffres du GVP et de l'USGS diffèrent un peu, sans incidence sur l'explication du déroulement des évènements.)

 

1991--03---08.06.pngAire de distribution des coulées pyroclastiques des 3 et 8 juin 1991 - From Nakada and Kobayashi (1991).

 

Unzen-dome-10.1991---USGS-Tom-Casadevall.jpg                     Unzen - le dôme de lave en octobre 1991 -  photo Tom Casadevall / USGS


Unzen-23.06.1993---Setsuya-Nakaa-Kyushu-un-jpg

   Unzen - Fugen-dake :  la coulée pyroclastique du 23.06.1993  - photo Setsuya Nakaa / Université de Kyushu.

 

Unzen---Fugendake-lava-dome-du-NE---T.Soya-94.JPG                                               Unzen - le dôme de lave en 1994 - photo T. Soya

 

L’éruption se termine en février 1995.

Suite à cet épisode éruptif, le système d'avalanches SABO fut augmenté et parfait.

 

depots-coulees-pyro-11.09-92-Unzen----Takash-Yamada.jpg

 

 

 

L'Unzen et les zones de dépôts en septembre 1992 - photo Takash Yamada

 

 

Ci dessous, Les modifications apportées ultérieurement au système SABO et le rehaussement du Triangle Anaka, en bordure de mer - doc. IVSC - International Volcanic SABO center

 

unzen---IVSC-International-volcanicSABO-center.jpg

 

Une photo 2012, attestant du temps variable sur les sommets japonais ...

 

unzen - 2 - AVE

                   Unzen - le sommet du Heisei Shinzan dans les nuages - © Antony Van Eeten 2012

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- USGS / CVO - Unzen volcano

- The Smithsonian - Nasa Astrophysics data system : Growth history of Unzen volcano, Kyushu, Japan  - results of two flank drillings of Unzen scientific drilling project - by Hoshizumi & al.

- SABO international project / Unzen-Fugendake eruption executive summary 1990-1995 - published in 1997 - link

 

Remember :

 

 

Montage vidéo sur base d'un document du National Geographic / You Tube.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan Hakone est tronqué par deux caldeiras qui se recouvrent, la plus large mesure 10 km sur 11. Elles se sont formées lors de deux éruptions majeures, respectivement datées de 180.000 et 49.000 – 60.000 ans.

La première aux dépens d'un stratovolcan dans le genre du Fuji-san, d'une hauteur estimée à 2.700 m. qui a commencé à s'y établir voici 300.000 ans.

La seconde au départ d'un volcan-bouclier dont l'activité démarre il y a 130.000 ans, pour emplir la première caldeira érodée.

Une demi-douzaine de dômes de lave post-caldeira se sont construits selon un axe SO-NE  coupant le centre de la caldeira. Le plus grand et le plus jeune forme le point culminant d’Hakone, le Kami-yama.

La caldeira s’ouvre sur l’Est par le canyon Haya-kawa  … une explosion phréatique il y a 3.000 ans fut suivie par l’effondrement du côté NO du Kami-yama qui a créé un barrage sur la vallée Haya-kawa donnant naissance au lac Ashi. La dernière activité éruptive, il y a 2.900 ans, a produit une coulée pyroclastique et un dôme dans le cratère d’explosion.

 

Hakone.JPG

 

88679519.jpg

                       Carte géologique du volcan Hakone - doc. Kuno 1950.

 

Hakone---9----AVE.jpg               Hakone - le lac Ashi et le Fuji-san en arrière-plan - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Hakone----Kamiyama-aG--Komagatake-aD---S.Nakano-2002.JPGLe lac Ashi et les cônes centraux : de gauche à droite, le stratovolcan Kami-yama, les dômes de lave Komagatake - photo S.Nakano 2002.


Le lac Ashi et les zones thermales du complexe forment aujourd'hui une destination touristique appréciée pour ses paysages, le lac et les nombreux "onsen" gérés par les hôtels.

L’activité solfatarique est restreinte à quatre endroits sur les côtés N et NE du Kami-yama , et le côté NE du Komaga-take.

Le Mount Ashigara (足柄山), connu aussi comme Mount Kintoki (金時山) est un cône parasite croissant sur le flanc du volcan Hakone.


Hakone---Kanuurigatake-dome---fumerolles-Owaku-dani---S.Na.JPG        Le dôme de lave Kanmurigatake et la zone de fumerolles d'Owaku-dani - photo S.Nakano 2007

 

Hakone---AVE.jpg                        Les solfatares vues du téléphérique - photo © Antony Van Eeten 2012 

 

Hakone---2----AVE.jpg

                                        © Antony Van Eeten 2012 

 

Les oeufs noirs, Kuro-Tamago : Une curiosité à Hakone, les oeufs cuits dans ces sources d’eau chaudes deviennent noirs en surface et ce à cause du soufre contenu dans ces eaux naturelles. Leur goût reste conventionnel mais d'après les croyances populaires, chaque œuf apporte 7 ans de plus à la longévité de son mangeur ... votre durée de vie dépend donc de votre appétit !

 

Hakone---4----AVE.jpg         Hakone - la cuisson des "oeufs noirs" ... une véritable industrie - © Antony Van Eeten 2012 

 

Hakone---7----AVE.jpgLe lac Ashi et son bateau-pirate ... dysneyworld au pays du soleil levant - © Antony Van Eeten 2012

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hakone

- Hydrothermal System and Seismic Activity of Hakone Volcano - by
Yasue OKI and Tomio HIRANO

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

" Celui qui gravit le mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou ".  

– proverbe japonais

 

Ascension-du-Mt-Fuji---36-vues--.-Hokusai.jpg     " L'ascension du Mont Fuji " - estampe extraite des "Trente six vues du Mont Fuji " - par Hokusai.

 

Loin d’être une partie de plaisir, elle nécessite une bonne condition physique, un équipement adéquat, et une bonne préparation.

Il faut en général traverser une zone de nuages, nécessitant des équipements imperméables, tenir compte des températures basses et même négative au sommet, des vents forts, et de la diminution de l’oxygène disponible.

La montée est longue, et la descente éprouvante pour les articulations.

Elle doit se faire impérativement en juillet-août, à moins d’être un grimpeur expérimenté … hors saison, c’est un terrain difficile et dangereux, et des accidents mortels arrivent chaque année !

L’idéal est de la faire en semaine et hors vacances scolaires japonaises, ce qui restreint le créneau à la première quinzaine de juillet.

 

447-FujiTrails.gif                 Carte des Fuji trails - un clic permet d'agrandir la carte à mesure - doc. climber.org

 

Quatre routes principales permettent d’arriver au sommet :

kawaguchiko-trail- Kawaguchiko-guchi route : départ de la 5ème station à 2305 m. C’est la route la plus populaire, avec beaucoup de refuges sur le chemin et un accès facile depuis Shinjuku. C’est par ce chemin que la plupart des gens de Tokyo rejoignent le sommet du Fuji-san.

 

Kawaguchiko trail : dénivellés, temps de montée et de descente.


- Subashiri-guchi route : départ de la 5ème station à 2000 m. Moins fréquentée, cette route rejoint la précédente à la 8ème station.


- Fujinomiya-guchi route : départ de la 5ème station à 2400 m. La route la plus courte et donc la plus facile. A noter que l’on ne voit pas très bien le lever du soleil si l’on est pas au sommet…


- Gotenba-guchi route : départ de la 5ème station à 1440m. La route la plus longue… et la moins populaire, avec peu de facilités sur le chemin du sommet…


Fuji-crater-sommital---summitpost.jpg

                              Le cratère sommital du Fuji-san     -     photo simmitpost.

 

Si malgré tout, vous êtes tentés, il faut aimer marcher de nuit … bien souvent en files, étant donné le nombre de visiteurs qui le gravissent chaque année, et s’arranger avec les embouteillages à chaque station et au sommet.

 

fuji-night-climb---unmissible-Japan.jpg             Fuji-san : la montée de nuit  ... bruyante et encombrée - photo unmissible Japan.

 

fuji-vending-machine---unmissible-japan.jpg                        Fuji-san : une zone sommitale surexploitée  - photo unmissible Japan.

 

Mt_Fuji_Summit---Derk-Mawhinney-copie.jpg             Sommet du Fuji-san : "esprits solitaires" s'abstenir !  - photo Derk Manhwinney

 

Le panorama au sommet est magnifique, mais payant dans tous les sens du terme ... alors que la contemplation à distance magnifie les lignes pures et l'âme du volcan !

 

Fuji---liveanoptimisticlife.jpg                                                           Fuji-san ... le volcan parfait.

                                                             photo liveanoptimisticlife

 

Sources :

- Mont Fuji - climbing and sightseeing guide - link

- Live Fuji - frequently asked questions - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Fuji--1707---Ogata-Korin---Chip-Clark-Smithson-jpg

     Fuji-san : l'éruption Hoei de 1707 - doc. Kazuaki, Ito - Photo by Chip Clark, Smithsonian Institution

 

 L’éruption de flanc du Mont Fuji en 1707 est considérée comme ayant causé l’une des plus importante chute de cendres et tephra de l’histoire volcanique du Japon.

 

Fuji-et-Hoei-crat.du-SE---S.Suto-2005.JPG     Le Fuji-san vu du sud-est : on remarque le cratère Hoei sur le flanc du volcan - photo S.Suto 2005


La séquence de cette éruption a été reconstituée sur base des documents d’époque et de données géologiques ( Miyaji & Koyama 2002).


Première étape :

Après un fort séisme de magnitude 8,4 qui a frappé la côte de Honshu, le 28 octobre 1707, l’éruption débute le 16 décembre vers 10 heures, caractérisée par deux pulsions éruptives énergétiques avec panache plinien montant à au moins 20 km. de hauteur. La séquence éruptive témoigne de la rupture de chambres magmatiques superficielles, dacitique et andésitique, sur-pressurisées, suivie de la rétraction de magma basaltique au départ d’une volumineuse chambre magmatique en profondeur.

 

hauteur-colonne-er.-Hoei-1717.jpg Fuji-san éruption de 1707 : hauteur de la colonne éruptive et retombées de téphra en fonction du temps - doc. N. Miyaji


Seconde étape :

l’éruption se poursuit par intermittence jusqu’au 25 décembre, caractérisée par des pulsations sub-plinienne de magma basaltique relativement dégazé. Bien que le ratio éruptif soit dégressif, l’apport de magma depuis les profondeurs apparaît avoir été soutenu par une intrusion extensive proche de la surface, créant le cryptodôme du Mont Hoei à proximité de l’évent.

 

Hoei---magma-plumbing-system-copie.jpgEruption Hoei 1707 /1  :  modèle schématique du système de plomberie  et son évolution au cours de l'éruption -  des chambres magmatiques situées à 20 km de profondeur et d'autres plus petites, distinctes plus superficielles - les cercles blancs indiquent le contenu du magma en substances volatiles. - doc. N. Miyaji

Troisième étape :

Après une accalmie d’une demi-journée, les éruptions reprennent violemment le 25 décembre. Cette étape est caractérisée par une colonne éruptive soutenue et "constante" d’au moins 13 km. de hauteur, avec deux périodes d’activité plus forte marquées par des colonnes éruptives excédant 16 km. de hauteur. Les scories vésiculaires riches en cuivre émises de façon continue indiquent un apport stable de magma riche en volatiles depuis les profondeurs.

L’ éruption s’arrête le 30 décembre, plus par un processus d’effondrement du conduit que par décompression de la chambre magmatique. Quelques bombes sont émises du 31 décembre au 1° janvier, date à laquelle l’éruption prend officiellement fin.

 

Hoei---magma-plumbing-system-copie-2.jpg
 Eruption Hoei 1707 /2  :  modèle schématique du système de plomberie  et son évolution au cours de l'éruption - les cercles blancs indiquent le contenu du magma en substances volatiles. - doc. N. Miyaji

 

bombes-de-1707---Hoei-crater---Lee-Siebert.jpgFuji-san, cratère Hoei : des bombes volcaniques de l'éruption 1707 plantées dans les tephra qui ont subi l'érosion éolienne, ce qui justifie leur présentation sur un piedestal. - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Trois cratères se forment durant l’éruption , numérotés de 1 à 3 en fonction de leur situation en altitude . Les second et troisième cratères se sont formés le 16 et 17 décembre. Le cratère numéro un est daté d’entre le 17 décembre et le 1° janvier. Le mont Hoei s’est établi au cours des premiers stades de la formation du cratère n°1.

 

Hoei-crater---eri.u-tokyo.ac.jp.jpg                                     Mt Fuji : le cratère Hoei - photo eri.u-tokyo.ac.jp


La composition du magma a varié au cours de l’éruption : selon une classification des téphra en quatre groupes, les ponces Ho-1 (Hoei-1) émises au début varient de dacite à andésite. Les scories du Ho-2 sont de nature andésitique,  tandis que les scories Ho-3 et Ho-4 sont basaltiques. (Tsukui 1985) 

 

Changements-composition-materiaux-eruptes-Hoei.jpgEruption Hoei 1707 : Séquences des matériaux éruptés et leurs changements -  l'épaisseur relative des barres réprésente la masse de chaque unité différente.
 

Les dommages collatéraux de l’éruption :

Aucune victime directe des chutes de téphra ne fut dénombrée … mais beaucoup de personnes périrent de la famine, consécutive à l’impossibilité de travailler les terres agricoles couplée aux difficultés de déplacement des populations.

 

774px-Volcanic-ash-downfall_map_of_Mt.Fuji_Hoei-eruption---.jpgFuji-san, éruption Hoei 1707 - isopaques de retombées de cendres et tephra, dans le sens des vents dominants à l'époque, en direction générale de Tokyo. - doc. Japan Gov. Cabinet Office


De nombreuses habitations furent endommagées ; à Subashiri, située à 10 km. du cratère, 72 habitations et trois temples bouddhistes furent détruits dès le 1° jour de l’éruption. Dans la zone où la couche de téphra atteignait deux mètres, le nombre de maisons diminua de 1/3 au cours des quatorze années suivant l’éruption.

Des inondations consécutives à la remobilisation des téphra marquèrent de façon répétée le rivière Sakawa et d’autres cours d’eau plus petits.

Mais l’utilisation des téphra de l’éruption de 1707 comme matériaux de construction et amendement agricole eu finalement un impact positif sur le développement régional.

 

Sources :

- Gloval Volcanism Program - Fuji

- The 1707 eruption of Fuji and its tephra - by Naomichi Miyaji

- High resolution reconstruction of the Hoei eruption 1707 of Fuji volcano, Japan - by N. Miyaji & al.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Fuji---2---AVE-10.2012.jpg

 

Fuji---8---AVE-10.2012.jpg

                                       Contreforts du Mont Fuji - © Antony Van Eeten 2012 

 

Au départ du chemin Yoshida, le Kitaguchi Hongu Fuji Sengen Shrine est un lieu de pèlerinage historique niché dans un bosquet de cèdres, qui abrite des arbres millénaires (… qui doivent avoir vu quelques éruptions).

Il a été construit en 788 et, aujourd'hui, attire toujours de nombreux adorateurs. Il a été consacré à la princesse Konohanasakuya, déesse du Mont Fuji, sensée empêcher les éruptions du volcan. Le bâtiment principal, le Honden, a été construit en 1615.

 

Fuji---4---AVE-10.2012.jpg                             Fuji Sengen shrine - fontaine au dragon - © Antony Van Eeten 2012


Fuji---12---AVE-10.2012.jpg

                         Le bâtiment principal du sanctuaire Fuji Sengen  - © Antony Van Eeten 2012


La fontaine au dragon, destinée aux ablutions purificatrices, est située sur Fuji---13---AVE.jpgle chemin qui y mène.

Chaque année, le 30 juillet, un rituel shintô ouvre la voie du volcan : on coupe un shimenawa, une corde accrochée à un  torii, portail traditionnel marquant l’entrée d’un temple shintoiste et marquant symboliquement une frontière entre le monde physique et le monde spirituel.

 

Officiants au temple shintoïste - © Antony Van Eeten 2012  

 

Selon une légende, la déesse portait l’enfant de son dieu de mari ; celui-ci l’accusa d’infidélité avec un humain. Ces accusations rendirent la déesse très en colère et elle donna naissance à son fils au dessus d’un puit de feu, voulant prouver de cette façon qu’un dieu était le père de cet enfant tandis qu’un rejeton mi dieu-mi humain aurait péri dans le feu … ceci concorde avec les évènements géologiques violents à la base de la création du volcan.

 

Fuji---5---AVE-10.2012.jpg Fuji-san - vue sur le sommet et à gauche, sur un des chemins d'accès en lacets -  © Antony Van Eeten 2012

 

Fuji---10---AVE-10.2012.jpg                   Fuji-san ...un autre point de vue sur le sommet - © Antony Van Eeten 2012

 

A certaines heures de la journée, le soleil joue avec les neiges sommitales du Fuji nous rappelant l'estampe d'Hokusai, "le Fuji par temps clair", aussi appelée "le Fuji rouge" ...

 

Fuji---3---AVE-10.2012.jpg                      Lumières douces sur le Fuji - © Antony Van Eeten 2012

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fuji

- Religions au Japon, temple ou sanctuaire ? - Click Japan - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les estampes d’Andô Hiroshige et les excellentes photos de notre ami Antony Van Eeten vont nous servir d’alibi pour un retour vers les volcans de l’arc Japonais.

 

Hiroshige---les-53-vues-de-Tokaido---14_Hara.jpg

Andô Hirishoge - extrait des "Cinquante-trois relais du Tôkaidô", une série d'estampes réalisées entre 1833 et 1834 - 14. Hara

Deux femmes et un coolie, portant leurs paquets, passent le long de rizières, dominées par le Mont Fuji au sommet enneigé.- doc. hiroshige.org


 

Honshū ( 本州, littéralement « province principale ») est la plus grande île du Japon, autrefois appelée Hondo ( 本土), sur laquelle se trouvent entre autres les villes de Tokyo, Osaka, Kyoto, Hiroshima, Yokohama, Nara et Nagoya.

Avec une surface de 230.510 km², soit une taille approchant celle du Laos, ce qui représente environ 60 % de la surface totale du Japon, s'étirant en longueur sur plus de 1 290 km, sa largeur varie entre 50 et 240 km, c'est la septième plus grande île du monde. Peuplée de cent millions d'habitants, c'est-à-dire 4/5 des Japonais, elle est la deuxième île la plus peuplée au monde après celle de Java.

 

act_map_e.gif               Les volcans de l'île de HONSHU - doc. GSJ - Geological Survey of Japan


Montagneuse et volcanique, Honshū est souvent sujette à des tremblements de terre meurtriers. Selon l'Institut de géophysique américain USGS, Honshū semble avoir été déplacée de 2,4 mètres en raison du séisme tectonique historique du vendredi 11 mars 2011.


Parmi les nombreux volcans qui ponctuent l’île centrale, la vedette est tenue par le Fuji-san.

 

Avec ses 3.776 mètres, ce stratovolcan aux formes parfaites est le point culminant de l’île de Honshū et de l’archipel nippon.

Il domine la mégapole de Tokyo, située à 100 km. au NE du volcan. Considéré comme l’une des trois montagnes sacrées, avec les monts Tate et Haku, c’est aussi un site historique et un symbôle du Japon parmi les plus peints ou photographiés.

 

Tokyo-et-Fuji---AVE.jpg   Le Fuji-san se profile en arrière-plan de la capitale nippone, Tokyo. - photo Antony Van Eeten 2012.


Au niveau tectonique, le cas de l'archipel nippon est complexe du fait de la subduction de deux plaques océaniques, la Pacifique et la Philippine, sous une plaque continentale, l'Eurasienne; de ce fait, il y a création d'un arc perpendiculaire à l'île de Honshu, l'arc Izu-Bonin, qui se prolonge jusqu'à la fosse des Mariannes.

 

Arc Izu-bonin - Geology.um.maine.edugeodynjapon.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche : Les plaques tectoniques en présence et les fosses océaniques caractérisant les zones de limites de plaques www.geology.um.maine.edu

 

Ci-dessous : Vue 3D plus explicite de la subduction au niveau de l'archipel nippon et de la position du point triple. - Geodynjapan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mont Fuji y occupe une place particulière, au point de triple jonction des plaques tectoniques.


On distingue quatre grandes phases dans sa formation :

 


- Le Fuji moderne, ou jeune Fuji, a commencé à croître entre il y a 11.000 et 8.000 ans, période durant laquelle les 4/5 de son volume furent exprimés sous forme de coulées basaltiques volumineuses.

L’activité, entre il y a 8.000 et 4.500 ans, fut dominée par des éruptions explosives mineures, relayée entre 4.500 et 3.000 ans , par une nouvelle période de fortes émanations de laves.

Les éruptions sommitales dominèrent entre l’an 1000 et le début de notre ère ; elles furent suivies par des éruptions de flanc. Ces coulées basaltiques extensives, en provenance du sommet et de la centaine de cônes situés sur les flancs du volcan, ont bloqué les drainages côté nord, formant les cinq lacs du Fuji. La dernière éruption historique, et la plus grande, date de 1707.

- Le vieux Fuji s’est formé il y a 100.000 ans environ sur le sommet du Komitake Fuji.

- Le Komitake Fuji, un volcan basaltique, est daté de plusieurs centaines de milliers d’années.

 

screen-shot-2012-01-31-at-11-06-16-am.png

 

Fuji---Volcanical-society-of-Japan.gif                                 Les différentes étapes de formation du Fuji-san - doc. GSJ.

 

Toutes ces structures basaltiques surmontent un noyau andésitique plus ancien, le Sen-komitake, ou Pré-Komitake, découvert entre 2001 et 2004 lors d’une récente campagne de forages.

 

Mt-Fuji---Landsat-Nasa.jpg                               Le Mont Fuji, vu du satellite Landsat / Nasa.

Au nord du volcan, les cinq lacs du Fuji : de gauche à droite, le Motuso Ko, le shoji Ko, le Sai Ko, le Kawaguchi Ko et le Yamanaka Ko. - le volcan situé à droite en bas est l'Ashitaka.

 

Fuji-et-lac-Motosu-ko-du-NO---S.Nakano-03.2010.JPG                                           Le Fuji-san et le lac Motosu Ko  -  photo S. Nakano

 

Demain, les paysages du Fuji.

 

Fuji---6---AVE-10.2012.jpg

En route vers le Fuji dans le train décoré d'une multitude de volcans rigolos - photo Antony Van Eeten.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fuji

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

  Parmi la quarantaine d’autoportraits peints par Van Gogh, deux d’entre eux le représentent avec une auto-mutilation …

Habituellement sur un fond neutre, cette série comporte une exception : un " Autoportrait à l’oreille coupée ", où l’on aperçoit en arrière-plan une estampe japonaise et la silhouette conique parfaite du Mont Fuji.

 

van-gogh--autoportrai-avec-fuji.JPG Vincent Van Gogh - Autoportrait à l'oreille coupée -  huile sur toile 60 x 49 cm. - Conservé à la Galerie Courtauld à Londres.

 

 Cette œuvre date de sa période Arlésienne : en 1888, Vincent migre vers le sud de la France. Il y arrive au printemps : les couleurs fortes et la lumière qui baigne ces paysages lui redonnent un peu d’énergie. Il peint continuellement, mais sa santé, tant physique que mentale, se dégrade. Il s’est rasé la tête pour ressembler à un moine japonais.

C’est à ce moment qu’il écrit à sa sœur : "Théo (son frère) m'a écrit qu'il t'avait offert des estampes japonaises. C'est assurément le meilleur moyen pour réussir à comprendre la direction qu'a prise actuellement la peinture claire et colorée. Ici, je n'ai pas besoin d'estampes japonaises, car je me dis toujours que suis ici au Japon. Et c'est pourquoi je n'ai qu'a garder les yeux grand ouverts et peindre les impressions que je reçois. "

 

Essayons de décoder ce message … l’influence du japonisme sur l’œuvre de Van Gogh.


La folie du japonisme – terme inventé par le collectionneur Philippe Burty, dans un article de La Renaissance littéraire et artistique (1872) – s’empare de l’Occident dans les années 1880, lorsque le Japon a entamé sa marche forcée vers le modernisme et que les artistes japonais ont exporté leurs oeuvres à l’étranger.

Les plus connus sont alors Hokusai, Hiroshige et Utamaro. Les Expositions Universelles de Londres (1862) et de Paris (1867, 1878, 1889) permettent au public européen de découvrir les ukiyo-e (" images du monde flottant "), relayées sur le marché de l’art par les collectionneurs Siegfried Bing et Félix Bracquemond.

Le japonisme attire Van Gogh depuis qu’il est à Nuenen / NL. Il achète ses premières reproductions à Anvers et transmet son goût pour cet art asiatique à son frère Theo. Les deux réunissent plus de 400 œuvres qui sont aujourd'hui au Musée Van Gogh d'Amsterdam. En 1886, il arrive à Paris, où , avec son frère, il fréquente une petite galerie d’art proche de son appartement, appelée la Galerie Bing, d’après le nom du propriétaire Siegried Bing.

Dans une période où il s’interroge sur l’apport de l’art japonais, il exécute plusieurs copies d’œuvre du pays du soleil levant.  

"Le prunier en fleur", où il copie une œuvre d’Hiroshige, en est un exemple.

 

comparaison-hiroshige-van-gogh.png

A gauche : Ando Hiroshige - "Pruneraie à Kameido" de "Cent vues célèbres d' Edo" 1856 - estampe 33,7 x 21,9 cm. - The Brooklyn Museum               

A droite : Van Gogh - "Le prunier en fleur"  - huile sur toile 55 x 46 cm. 1887 - Musée Van Gogh Amsterdam

 

Un autre personnage va l’influencer à cette époque : Le Père Tanguy, un marchand de couleurs d’origine bretonne et qui tient boutique à Montmartre. D’abord ouvrier plâtrier, il devient ensuite broyeur de couleurs. Il accepte de céder du matériel en échange de peintures … c’est ainsi, que bien que quasi illettré, il devient marchand de tableaux et fréquente Pissaro, Monet, Renoir, Gauguin, Lautrec et Van Gogh.

Sa boutique devient un lieu essentiel du développement du courant impressionniste.

Vincent Van Gogh va faire un portrait du Père Tanguy (1887) en costume breton, devant sa collection d’estampes japonaises … où l'on retrouve la silhouette du Fuji en arrière-plan.

Ce portrait sera acheté par Rodin, et est actuellement conservée au Musée Rodin de Paris.

 

Van_Gogh---Portrait-du-Pere-Tanguy-1887-8---Musee-Rodin.JPG                          Vincent Van Gogh - Portrait du Père Tanguy - Musée Rodin.

 

C’est par le biais du japonisme que l’on peut voir des volcans sur certaines œuvres de Van Gogh, le Mont Fuji étant un thème récurrent des maîtres japonais.

Deux expositions sont présentées simultanément sur deux sites de la Pinacothèque de Paris – du 3 octobre 2012 au 17 mars 2013 – qui permettent de confronter l’œuvre de Van Gogh et d’Hiroshige.

 

exposition-pinacotheque-van-gogh-hiroshige.pngAffiche des deux expositions à la Pinacothèque -  Hiroshige, l'art du voyage - Van Gogh, rêves de Japon

 

Une visite virtuelle de l'expo est disponible en suivant ce lien sur Dailymotion.

 

Source :

- Pinacothèque de Paris - expositions - link

- L'estampe japonaise - l'avènement de l'estampe de paysage au 19°siècle, Andô Hiroshige  - link

- Van Gogh Museum Amsterdam - link 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Friedrich Wilhelm Heinrich Alexander von Humbolt (1769-1859), élève de AvHumboldt---1843---Joseph-Karl-Stieler.jpgWerner, va abandonner les idées du neptunisme pour une vision plus originale du volcanisme et nous faire découvrir les volcans du Nouveau Monde.

Ce Prussien " touche à tout de génie " est à la fois astronome, géophysicien, géologue, naturaliste, alpiniste, ethnographe, diplomate, et militant contre les injustices sociales, le racisme et le colonialisme.

 

Portrait de von Humbolt par Joseph Karl Stieler - 1843.

 

En 1799, il part pour les Amériques accompagné du botaniste français Aimé Bonpland, où en cinq ans, ils visiteront les forêts de l’Orénoque, les volcans du Mexique et des Andes.

Les plus hauts sommets ne lui résistent pas : le Puracé, 4590 mètres, le Chimborazo, 6267 m, le Pichincha, 4787 m … Il est accusé d’hérésie par la population de Quito, consternée par de fortes secousses sismiques … il aurait provoqué les ébranlements en jetant de la poudre à canon dans le cratère du Pichincha !

 

Humboldt-Bonpland_Chimborazo---Friedrich-georg-Weitsch.jpg                      A. von Humbolt et Bonpland au Chimborazo - par Friedrich Georg Weitsch


800px-Humboldt1805-chimborazo.jpg       Le Chimborazo - "Géographie des plantes des Tropiques" par A.von Humbolt et A. Bonpland.

 

Pichincha---von-Humbolt.jpg                                    Carte du "Volcan de Pichincha" établie par A. von Humbolt


Au large des côtes du Pérou, il découvre un courant marin, à qui il laissera son nom, et le mesure.

En 1803, il part pour le Mexique, où il décrit un nouveau volcan né en 1759, le Jorullo, et sa coulée constellée de multiples cônes encore fumants après tant d’années.

 

Jorullo---A.Bonplant.JPG                                      Le Jorullo au Mexique - dessin de A. Bonpland

 

voyage-de-H-B-dans-les-colonies-espagnoles-amer-jpg            Les voyages d'A. von Humbolt et A. Bonpland dans les colonies espagnoles d'Amérique


Au retour via les Etats-Unis, il rencontre Thomas Jefferson, puis il rentre researchesconcer01humb_0005.jpgen France, où il restera 23 ans, et y rencontre les intellectuels de l’époque.

Son retour à Berlin le propulse à un poste de conseiller du Roi de Prusse.

Le Tsar de toutes les Russies l’invite …  von Humbolt lui recommande d’installer des observatoires météorologiques sur tout le territoire, ce qui est fait en 1835. Il utilise les données recueillies pour définir le principe de continentalité : l’intérieur des continents posséde un climat plus extrême que les régions côtières, du à la perte d’influence modératrice de la part des océans. Il va développer la première carte isothermique, avec des lignes reliant les points de même température. Nous lui sommes aussi redevable de la découverte et la description du permafrost.

 

"Recherche sur les anciens habitants d'Amérique, avec description de certains paysages des cordillères" - écrit en français par von Humbolt, traduit en anglais par H.Williams. (avec dessin du Cotopaxi)

 

Arrivé à un âge mur, il se décide à coucher sur le papier ses diverses connaissances ; il appelle son œuvre " Kosmos ". Le premier volume sera publié en 1945, il a alors 76 ans.

Alexander von Humbolt décède en 1859 … le cinquième volume qui clôture son œuvre sera publié, sur base de ses notes, post mortem.

 

Son apport à la volcanologie et la tectonique:

Il énonce des concepts toujours en valeur aujourd’hui.

Se basant sur la distribution des volcans à la surface du globe, il constate qu’ils forment de longues chaînes installées sur de profondes failles géologiques, là où l’écorce terrestre est instable.

Selon lui, les volcans d’une même région communiquent entre eux … sur le haut plateau de Quito, le Pichincha, le Cotopaxi et le Tungurahua forment "un seul foyer magmatique " … " le feu souterrain fait irruption tantôt par l’une, tantôt par l’autre de ces ouvertures ".

Il différencie les gros séismes destructeurs des activités volcaniques, qui ne sont la cause que de petits tremblements de terre localisés …ceci correspond à la distinction actuelle entre séismes tectoniques, dévastateurs, et séismes volcaniques, mineurs.

Pour lui, et suivant des idées émises déjà à l’époque, les laves ne sont plus des produits de combustion, mais des " mélanges fluides de métaux, d’alcalis et de terre " qui montent vers la surface " grâce à l’expansion des vapeurs " … nature des laves et du moteur de propulsion vers la surface.

 

Christian Léopold Freiheer von Buch (1774-1853), ami de von Humbolt, Leopold_von_buch.jpgauscultera, avec celui-ci et Gay-Lussac, le Vésuve en éruption … il l’appelle " sa sublime montagne ".


Portrait de L.von Buch - doc.Photographische Gesellschaft, Berlin, 1910.


Le Baron von Buch séjournera en Auvergne, où il sera convaincu de la nature volcanique des basaltes. Il est séduit par le puy de Pariou, qu’il considère comme le modèle du volcan.

D’autres voyages en Ecosse, en Irlande du nord et aux Canaries lui prouvent que le volcanisme est un phénomène majeur sur notre planète, et qu’il a sa source dans les profondeurs de la croûte terrestre. Il introduira dans ses mémoires le terme "caldera " dans le vocabulaire géologique.

 

Atlas-des-iles-Canaries---La-Palma---von-Buch--.jpg                 Atlas des Iles Canaries - Carte physique de l'ile de Palma - par L. von Buch 1836.

 

Sources :

- Les Feux de la Terre, histoires de volcans - par M. Krafft - éd. Découvertes Gallimard.

Lire la suite

<< < 1 2 3 4 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog