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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Kamchatka – Plosky Tolbachik

L’effusion de lave se poursuit au niveau des cinq cinder cones situés sur la fissure dominant le cône Krasny, accompagnée de panaches de gaz et vapeur montant à 3.000 – 4.000 mètres et dérivant durant la semaine écoulée dans toutes les directions. Les satellites remarquent toujours une gigantesque anomalie thermique dans la zone nord du Tolbachinsky Dol.

Le KVERT a relevé une forte augmentation du trémor volcanique entre le 16 et le 19 décembre, passant de 9 mcm/s à 28mcm/s, probablement liée à l’activité explosive du nouveau cône de cendres.

 

2012.12.15---Sergey-Gorshkov-1.jpg                             Tolbachik - 15.12.2012, fontaine de lave - photo Sergey Gorshkov

 

2012.12-Tolba-2----Air-Pano-D.Moiseenko-S.Sedov.jpg                               Tolbachik - photo D. Moissenko / S.Sedov / Air Pano

 

2012.12.15---Sergey-Gorshkov-5.jpgTolbachik - 15.12.2012 - " tout est rouge" / conditions atmosphériques dantesques selon le photographe qui a cassé du matériel - photo Sergey Gorshkov.

 

2012.12.18---Tolba---Demyanchuk.jpg              Tolbachik - 18.12.2012 - étendue des coulées de lave - photo Volkstat / Yu. Demyanchuk

 

 

Colombie – Galeras

 

La sismicité du volcan reste à un niveau préoccupant , tant celle liée à des mouvements de fluides, que celle liée à la fracturation de roches, cette dernière située à moins de 2 km. du sommet et concentrée dans la région du cratère.

Le dégazage se poursuit, caractérisé par des fumerolles à l’O et au N du cratère principal, et des pulsions de gaz et cendres observées les 12, 15, 16 et 17 décembre. L’émission de cendres du 17 a soulévé un panache qui est monté à 1300 m. au dessus du cratère.

(Ingeominas Pasto / 18.12.2012)

 

2012.12.17-Galeras---ingeominas-Pasto.jpg             Galeras - 17.12.2012 panache de cendres  - photo Ingeominas Pasto

 

 

Equateur – Tungurahua

 

L’activité du volcan reste intense depuis le débourrage du 14 décembre, avec un panache de gaz et cendres montant entre 2 et 3.000 m. alimenté en permanence, avec des explosions intermittentes.

 

2012.12.16---JLEN.jpg              Tungurahua - 16.12.2012 - superbe cliché N/B de José luis Espinosa Naranjo


2012.12.17-OVT-Tungu.jpg

Tungurahua - 17.12.2012 - image thermique des projections incandescentes sur le dessus du cône et des coulées pyroclastiques - doc. OVT/IGEPN

 

Le 18.12, trois coulées pyroclatiques ont été émises, à 7h, 7h47 et 15h30 locale, dont une atteignant 4 km. de longueur.

Le 20.12, 78 explosions mineures à modérées ont été recensées, accompagnées d’un petit panache montant à 1.000 m, ainsi qu’une coulée pyroclastique à 2h32 dans la quebrada Achupashal, à deux km. sous le cratère.

 

2012.12.20-Tungu---IG-X.M.Cifuentes.jpg La base du panache du Tungurahua se distingue à peine le 20.12.2012, étant donné la couverture nuageuse  - photo X.M. Cifuentes / IGEPN


Dans la nuit du 20-21.12, des blocs incandescents et des fontaines de lave ont été repérés jusqu’à 200 m. au dessus du cratère, suivis d’impacts sur la partie supérieure du cône. Des bruits d’explosion sont signalés, les plus forts vers 3 et 5h. Le secteur est couvert par les nuages et de fortes pluies sont signalées sur la zone de Runtun, avec risques de formation de lahars.

L’analyse des premiers échantillons montre que l’éruption se fait au départ d’un magma juvénile, peu différencié.

(IGEPN)

 

Dernière minute : webcam OVT 21.12.2012 /23h11 UTC


2012.12.21 23h11Tungu

Guatemala – Pacaya


Selon l’Insivumeh, l’activité du Pacaya a changé : le 18.12 au matin, il a présenté une série de trois petites explosions , les premières recensées depuis octobre 2010 (fin de la phase explosive au cône MacKenney ) Le CONRED a été mis en alerte.

(Insivumeh - Ticotimes)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Au printemps 2012, une expedition de recherche du MBARI – Monterey Bay Aquarium Research Institute – dans les eaux séparant la basse Californie du territoire Mexicain a permis la découverte d’un nouveau volcan sous-marin.

A une profondeur de 2.375 mètres, un petit dôme de 50 m. de hauteur  et de 1.200 m. sur 500, est situé sur la crête Alarcón, un centre d’accrétion du plancher marin.

 

AlarconMap-600.jpgLocalisation de la crête Alarcón près de la bouche du Golfe de Californie - et sur le système de failles / centres d'accrétion  - CREDIT: (c) 2012 MBARI

 

map-Alarcon-rise-spreading-ridge.jpgCarte de la crête Alarcón et position des sites de plongée des robots sous-marins -  Bathymetry data after Castillo et al. (2002)./ MBARI.

 

alarcon-dome-wide-box.jpgImage bathymétrique du MBARI's mapping AUV - et position du dôme rhyolitique dans le cadre rouge -
CREDIT: (c) 2012 MBARI


Les prélèvements effectués par un ROV, un robot sous-marin, révèlent la présence surprenante de rhyolite au niveau de la dorsale océanique.

" Nous avons immédiatement remarqué que les roches prélevées étaient de faible densité, très légères, à l’aspect vitreux et grise. Elle n’avaient pas l’aspect foncé, noir et brillant du basalte " commente la géologue Jennifer Paduan.

Les images montrent des blocs de roche de la grandeur d’une voiture ou d’une petite maison recouvrant le dôme, et des graviers de l’aspect de la lave a’a, probablement âgés de plusieurs milliers d’années.

 

alarcon-dome-talus1.jpgAspect des laves rhyolitiques sur la crête Alarcón : larges blocs angulaires dont certains couvrent les côtés du dôme - CREDIT: (c) 2012 MBARI
 

Il s’agit à l’évidence de volcanisme explosif : les magmas rhyolitiques et dacitiques contiennent plus de gaz et de substances volatiles que le basalte, et lorsqu’ils sont au contact de l’eau, il y a une vaporisation instantanée accompagnant l’éruption explosive. Des " limu o pelé ", ou algues de Pelé ont été découvert à environ 50 km. du dôme ; ce sont de petits fragments de lave formés par explosion de bulles de gaz magmatique au contact de l’eau de mer froide.


Des rhyolites ont bien été trouvées sur des centres d’accrétion, mais seulement au dessus de points chauds, tels qu’en Islande ou aux Galapagos … ce qui n’est pas le cas de la crête Alarcón.

Une possible explication est donnée par l’intrusion de la croûte continentale dans une zone de roches en fusion, ce qui n’a pas été confirmé par l’analyse isotopique des échantillons, qui se révèlent ne pas être contaminés par le croûte continentale.

 

Pillows-lava---alarcon---Mbari.jpg                                 Alarcón rise : pillow lavas photographiés par le MBARI

   

Les recherches du MBARI ont révélé la présence de failles et fissures déplaçant des reliefs néovolcaniques tels que des dômes de lave, de petits cônes, des pillow lava et des coulées tout le long de la dorsale.

Ces ruptures sont d’âges différents, par place d’âge relativement récent, à d’autres endroits, recouvertes partiellement ou totalement par des coulées de lave.

Les failles et fissures parallèles à la dorsale changent brutalement d’orientation au niveau de la crête, de plus la présence d’un système de fissures en échelon près de la terminaison sud de la dorsale, orienté en oblique par rapport à l’axe principal, suggèrent que le stress tectonique pourrait avoir récemment changé.

Le volcanisme serait associé à une remontée dans le manteau subocéanique le long de zones de faiblesse en relation avec des failles actives le long de la marge continentale.

La crête Alarcón fait actuellement mouvement relativement lentement, à une vitesse de 5 cm. par an.

 

Sources :

- Live science - Weird underwater volcano discovered near Baja - link

- MBARI 2012 Gulf of California expedition / volcanoes and seamounts - link

- MBARI research presentations at the 2012 fall meeting og the AGU

- AGU Fall meeting - The Alarcon rise : detail mapping and preliminary results of the geometry, distribution and kinematics of faults and fissures on a ridge-transform system.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

volcan - le havre patrimonial

            "Le Grand volcan" du Havre - réalisation Oscar Niemeyer - photo Le Havre patrimonial.


La mort, le 5 décembre, à l’âge respectable de 104 ans, du "poète des courbes ", l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, nous invite à revisiter son œuvre.

Né en 1907 dans une famille bourgeoise d'origine allemande, portugaise et arabe, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares étudie l'architecture aux Beaux Arts à Rio, un enseignement qu'il juge trop classique. Il s'intéresse à l'architecture moderne internationale de Walter Gropius à Frank Lloyd Wright en passant par Ludwig Mies van der Rohe ou Le Corbusier. Il fait un stage dans l'agence de l'architecte Carioca.

En 1952, il travaille avec Le Corbusier sur le projet du siège de l'ONU à New York.

Niemeyer-cathedrale-Brasilia.jpgEn 1956, Niemeyer participe à la création de la nouvelle capitale administrative du Brésil. Il conçoit les principaux équipements publics de Brasilia, dont la cathédrale (photo), le Congrès National du Brésil, les ministères, où il allie la légèreté du verre et la brutalité du béton. Brasilia, inaugurée le 21 avril 1960, lui assure une notoriété internationale.

Cet homme engagé choisit l'exil en France lorsque le Brésil bascule dans la dictature militaire en 1964. Proche du PC, il construit le siège du parti communiste à Paris, et celui du journal "L'Humanité" à Saint-Denis. Il donne à sa terre d'accueil près de vingt édifices, comme la Bourse du travail à Bobigny, ou le centre culturel Le Volcan du Havre.

Oscar Niemeyer obtient en 1988 le Pritzker, le Nobel d'architecture.

Il a acquis sa gloire en mariant la fonctionnalité épurée du modernisme et la suavité des courbes tropicales.
Il avait écrit dans ses mémoires, "Les courbes du temps", : "Je n'aime pas les angles droits. Ni les lignes droites, inflexibles et dures créées par l'Homme. Je suis attiré par les courbes qui se répandent librement et sensuellement. Ces courbes, on les retrouve dans les montagnes de mon pays, dans les méandres de ses fleuves, dans les vagues de l'océan et dans les courbes de la femme que j'aime. "

Il a conçu en septante ans de carrière plus de 600 œuvres, dont une vingtaine sont encore en cours de réalisation.

 

Le volcan du Havre

 

Après sa destruction à la fin de la seconde guerre mondiale, la réédification de la ville du Havre a été confiée à l’architecte Auguste Perret. Sa volonté était de recréer une zone culturelle et commerciale autour de la place Gambetta, autrefois lieu de la vie intellectuelle et artistique de la ville.


le-volcan - LE Havre - O.Niemeyer

   "Le Grand volcan" du Havre, côté fontaine - réalisation Oscar Niemeyer - photo Le Havre patrimonial.

 

Cette mission particulière fut confiée à Oscar Niemeyer, qui y implanta un forum en contrebas des rues, avec des boutiques abritées sous des marquises en béton, et deux bâtiments circulaires, le théâtre et la salle polyvalente, reliés par une grande dalle comprenant l'accueil, les expositions, les restaurants, la garderie et les bureaux de renseignements.

 

volcan001.jpgvolcan002.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Un croquis tout en courbes, et le plan des aménagements intérieurs du Grand volcan - doc. Le Havre patrimonial.

 

Surnommé familièrement le " pot de yaourt" par les Havrais, le bâtiment phare, où fut transféré la première maison de la culture de France, fut renommée en 1990 " le volcan " par son directeur … il est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2005.

 

le-volcan---le-Havre---creafrance.jpg                    "Le Petit volcan" du Havre - - réalisation Oscar Niemeyer - photo créafrance

 

Sur un espace de 11.000 m², l’œuvre se compose de deux volumes en béton blanc aux lignes courbes : le Grand volcan, haut et massif, abrite un volcan-fontaine.jpgthéâtre et un cinéma, le Petit volcan, plus discret et ouvert, contient une salle polyvalente, un auditorium, des salles de réunion et de répétition. Les espaces intermédiaires se composent d’un hall d’exposition, d’ateliers et bureaux, de parkings. La sculpture-fontaine fixée sur le Grand Volcan a été effectuée d'après un moulage de la main de Niemeyer. L'inscription reprend une citation manuscrite de l'architecte en légende d'un croquis de la Maison de la Culture.

Les édifices, aux volumes affinés vers le haut, semblent surgir de façon dynamique du sous-sol, impression renforcée par une dalle en cantilever qui prolonge le sol de la place. Cette architecture inédite prend en compte le climat du Havre ; à 3,70 mètres sous le niveau de la place, les piétons sont ainsi protégés des vents marins.

 

volcan---projection---le-Havre-patrimonial.jpgLa dynamique du volcan est renforcée par une projection nocturne - réalisation Oscar Niemeyer - photo Le Havre patrimonial.

 

 

Un volcan en mutation :

La dégradation des bâtiments et une inadaptation aux contraintes artistiques modernes ont nécessité un programme de rénovation et de restructuration, en cours et qui s’achèvera en fin 2013.

 

Avant-apres-mutation.jpg

               Le forum et les volcans, avant et après rénovation - photo Le Havre patrimonial.


Au Grand volcan, la salle de spectacle sera modernisée pour répondre aux exigences acoustiques et scéniques des futures représentations. Le Petit volcan voit sa fonction changer, pour abriter une grande bibliothèque municipale. Le forum Niemeyer deviendra ainsi un pôle complet et cohérent, dédié à la culture et au spectacle, ouvert sur la ville et vivant tant la journée qu’en soirée.

 

volcan-le-havre---projection--Canalblog-copie-1.jpg          Mariage des formes et des lumières ... une fleur à Niemeyer - photo Le Havre patrimonial.

 

Sources :

- Le Havre : Maison de la culture “le Volcan”- link

- Le Havre patrimonial - archives le Volcan - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Laguna_Verde_et_Licancabur---altitude-rando.jpg

                       Le Licancabur et la laguna Verde - photo altitude rando.


Le symétrique cône du Licancabur, d’un diamètre de 10 km. environ, semble avoir été construit largement à la période post-glaciaire, au contraire du Juriques voisin.

Des coulées de lave à l’aspect juvénile bien développées sur les flancs ouest attestent d’une activité récente ; elles s’étendent, en plusieurs bras, pour la plus longue sur 6 km.  et présentent des levées bien préservées sur des coulées en blocs épaisses de 5 à 100 mètres. Les coulées plus anciennes se développent jusqu’à 15 km. du cratère et sont recouvertes de dépôts pyroclastiques.

 

aster_licancabura_24mar03_15m-copie.jpgLe Licancabur et ses coulées, en bas à gauche - à sa droite, le Juriques - à leur pieds, les laguna Verde (gauche) et Blanca (droite) en fausses couleurs - doc. Nasa satellite Terra / Aster novembre 2003.

Une analyse des laves par Marinovic et Lahsen (84) montre qu’il s’agit d’andésite à pyroxène, typique également des volcans Escalante et Sairecabur localisé au nord. Vingt à quarante pour cent de la lave sont constitués de plagioclase, d’augite-Ca, biotite, quartz, brinzite …

 

Licancabur-summit-crater---summitpost.jpg                      Le cratère et le lac sommital du Licancabur - photo Summitpost

 

Un petit lac sommital de 90 sur 70 m., souvent pris par les glaces, est contenu dans le cratère sommital d’un diamètre de 400 m. C’est un des lacs les plus élevé au monde. Une expédition en 1984 a relevé une température de 6°C au fond de ce lac, à une profondeur de moins de 4 mètres, mais elle peut chuter jusqu’à moins 30°C. Il contient malgré tout une faune planctonique extrêmophile, notamment des diatomées, intéressante pour les biologistes.

   

Ils ont découvert dans un lac au pied du Licancabur, actuellement d’une profondeur de seulement 50 cm., des diatomées ayant dix fois plus de déformations que les algues similaires présentes dans d’autres lacs. Ce petit lac s’est en partie évaporé, et permet une forte pénétration des rayons UV … la question est de savoir si les mutations déformantes constituent une adaptation à cette situation, une évolution, ou au contraire sont un signe que la vie n’est pas possible dans un tel environnement, un signe d’extinction. A-t-on atteint une réelle limite à la vie sur terre ?

 

4828146-Inca_Ruins_on_the_peakcrater_rim_of_Licancabur_Boli.jpgRuines pré-colombiennes sur le bord du cratère du Licancabr - sur la droite, les pentes du Juriques et en contrebas, la laguna Blanca - photo Tremendopunto / Virtualtourist

 

Des ruines d’intérêt archéologiques ont été trouvées sur les bords du cratère, venant compléter celles présentes au pied du volcan. Elles sont une preuve de l’occupation pré-colombienne des lieux et de l’absence d’éruption au cours du dernier millénaire.

 

800px-Ruinas_Incas_a_los_pies_del_volcan_Licancabur_Bolivi.jpg                   Ruines incas sur le pied bolivien du Licancabur - photo Christian Ordenes.


Une légende rapporte les relations entre les Atacamenos et le volcan : Il y a très longtemps, les chasseurs-cueilleurs avaient coutume de faire un sacrifice annuel au volcan. Ils livraient une jeune femme au dieu capricieux et puissant. Ces sacrifices féminins prirent fin grâce à la bravoure d’un jeune homme, qui escalada le volcan malgré les tremblements et de violentes tempêtes. Il atteignit le sommet à 5.916 m. après plusieurs jours et nuits d’efforts. Ce succès fut couronné par la formation d’un lac au sommet … le volcan ne fut plus actif après ce jour. La légende ajoute qu’à dater de ce jour, les chasseurs-cueilleurs enterrèrent leurs morts dans le lac. Il y aurait donc des trésors dans le lac, puisque ces inhumations s’accompagnaient d’offrandes au dieu-volcan, et des objets de valeur accompagnant la dépouille mortelle.  (Gómez Parra, Domingo, Cuentos de nuestra tierra, Instituto de Investigaciones Antropológicas, Universidad de Antofagasta, 1994.)


Au pied du Licancabur, deux lacs différents et contigus : les laguna Verde et Blanca.

La pluviométrie intervient peu dans le régime hydrologique des lacs d’altitude, alimentés par des nappes d’ eaux souterraines ; l’évaporation joue un rôle important vis-à-vis de la salinité.

 

P1030586---PG.jpgA gauche, la Laguna Verde et à droite, la Laguna Blanca vues du sommet du Licancabur - photo © Pierre Gondolff.


La laguna Verde : ce lac, situé à 4.400 mètres d'altitude, doit sa couleur vert jade aux carbonates de soufre, de plomb et d'arsenic présents dans ses eaux; le vent le rend encore plus magique en le parant d'une fine écume blanche. Un pH de 8,72 a été mesuré (A. Iltis)

 

P1040948.JPGLa Laguna Verde et la chaîne volcanique Sairecabur - Escalante - photo © Carole et Frédéric Hardy


Un mince couloir le sépare de la Laguna Blanca, aux eaux plus pâles et opalescentes, couleur causée par la haute charge en minéraux. Ses caractéristiques : 5,6 km. sur 3,5 - 10,9 km² - 4.350 mètres d'altitude.

 

P1070729---LB.jpg                                      La Laguna Blanca - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1070759-LB.jpg  La Laguna Blanca et la chaîne volcanique Sairecabur - Escalante - photo © Carole et Frédéric Hardy


 La salinité globale des eaux des lacs de l'altiplano varie de 7 à 10 g./l. pour les lacs les moins concentrés jusqu’à plus de 100 grammes par litre. D’aprés la nature des sels dissous, on distingue des milieux chlorurés sodiques (c’est le cas le plus fréquent), des milieux carbonatés sodiques et des milieux sulfatés sodiques. Le pH des eaux est toujours élevé et varie entre 8,15 et 10,8.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Global Volcanism Program - Sairecabur

- Contribution à l’étude hydrobiologique des lacs salés du sud de l’altiplano  bolivien – par A. Iltis, F. Risacher et S. Servant-Vildary

- Diatomées et milieux aquatiques de bolivie - par M. Roux & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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Tungurahua - 16.12.2012 - une explosion accompagnée d'émission de bombes ( à droite du panache de cendres) - photo © José Luis Espinosa Naranjo.


Au cours de la nuit du 16 décembre, plusieurs explosions bruyantes ont été signalées au Tungurahua, tandis que du trémor était enregistré. Les explosions étaient accompagnées de bombes incandescentes montant à environ 200 mètres au dessus du cratère, impactant ensuite la partie supérieure du cône.

 

2012.12.16-20h30-Tungu---JLEN.jpgTungurahua - émission de bombes incandescentes avec impacts sur les flancs supérieurs et explosion à 20h 30, le 16.12.2012 - photo © José Luis Espinosa Naranjo.

 

2012.12.16-20h45-Tungu---JLEN.jpgTungurahua - activité strombolienne le 16.12.2012 vers 20h45. - photo © José Luis Espinosa Naranjo.


Depuis les premières heures de la matinée, le 17 décembre, un panache constant de cendres est émis, montant à environ 2.000 m. se dispersant vers le nord-est. Les dépôts de cendres sont de couleur gris clair à crème ; les cendres adhèrent facilement à la végétation dans les zones affectées (principalement Cusua, Ulba et Guadalupe) et causent des problèmes d’alimentation pour le bétail.

A partir de 7h. locale, on enregistre une diminution du nombre et de l’énergie des explosions, et de la durée des épisodes de trémor harmonique. L’inflation du volcan se maintient par contre à un niveau constant. L’IGEPN considère être dans un scénario d’intrusion magmatique lente, avec un volume modéré … ce qui pourrait être associé à des explosions, des chutes de cendres et la possibilité de coulées pyroclastiques pouvant affecter des zones habitées.

 

2012.12.17-OVT-Tungu.jpg                   Tungurahua - photo thermique du 17.12.2012 / 08h locale - doc. IGEPN S.Vallejo.

 

Photos de la journée du 17 décembre, par notre ami équatorien José Luis.

 

2012.12.-JLEN.jpg

           Un Equatorien fasciné par l'éruption du Tungurahua - photo © José Luis Espinosa Naranjo.

 

2012.12.17---Tungu-HDR.jpgTungurahua - cette photo HDR (procédé permettant l'extension de la plage dynamique d'une photo, sur base de plusieurs clichés) permet de visualiser clairement les flancs du volcan et la dispersion du panache - photo © José Luis Espinosa Naranjo.


Sources :

IGEPN - derniers rapports

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique Altiplano-Puna (AVPC) contient deux champs géothermaux majeurs, en plus de nombreuses sources chaudes mineures : El Tatio, déjà examiné et Sol de Mañana.


Sol de Mañana -  22º23'S; 67º4'W – est un champ solfatarien situé sur le territoire bolivien à une vingtaine de kilometres au sud de la Laguna Colorada.

 

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                 Le champ solfatarien Sol de Mañana -  photo © Carole et Frédéric Hardy


Les manifestations géothermales couvrent une surface de 120 km² entre 4800 et 5000 m. d’altitude. Le champ principal couvre 10 km² en deux entités : une petite au SO. de Cerro Apacheta, et une autre à 12 km. au NO. à Huayllajara.

 

AVPC---Tatio-et-sol-de-Manana.jpgPartie du complexe volcanique Altiplano-Puna, avec la localisation de Sol de Mañana (SM) et El Tatio (T) - d'autres petites zones d'activité géothermale : Cerro Apacheta (A) et Huayllajara (H)  et les failles (F) sont renseignées. Les centres volcaniques régionaux sont le volcan Putana (P), le volcan Escalante (E) et le Cerro Tocopuri (CT). - Doc. Volcanoworld.

 

 Les manifestations thermales diffèrent de celle d’El Tatio … ce sont ici des mares de boue vigoureusement agitée, quelques sources chaudes et un petit drainage. De nombreuses marmites ont été creusées sous l’action érosive de la vapeur et des émissions sulfureuses et emplies de boue brûlante à environ 200°C.

 

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                                Sol de Mañana - mudpots -  photo © Carole et Frédéric Hardy


Sol-de-Manana--Radial-star-shape-of-a-boiling-mud-pot---Ore.JPG            Sol de Mañana - structure radiale sur une mare de boue bouillonnante - Volcanoworld

 

Bien qu’El Tatio et Sol de Mañana soient proches, on ne peut, pour des raisons de divergence politique entre la Bolivie et le Chili, s’attendre à une analyse d’interrelation entre les deux champs géothermaux.

Ils sont situés à 30 km. de distance sur une série de failles récentes NO.-SE., et en bordure du système de caldeiras Pastos Grandes / Cerro Guacha. Le volcan Putana, un des rares volcans à forte activité fumerollienne, est localisé à seulement 18 km. au sud de Sol de Mañana.

 

800px-Solfarata_fumarolas_putana_volcano---Ger.-Prins.jpg      Volcan Putana -  fumerolles au sommet et solfatare dans le cratère du volcan - photo Gérard Prins.


Des études de 73-76 ont établi que les eaux chaudes coulent horizontalement en direction du nord-ouestau travers de l’ignimbrite Puripicar (datée de 4,2 Ma) qui soutend le champ El Tatio et Sol de Mañana … l’aquifère pourrait être le même (les eaux thermales ont la même composition – H.Rosales 1989). Sol de Mañana serait plus proche de la source thermale et el Tatio représenterait le drainage distal à une altitude plus basse, les fluides chauds étant véhiculés le long du système de failles en suivant la pente naturelle.


Sol de Manana - Oregonstate.edu      Ensemble de marmites bouillantes du champ solfatarien de  Sol de Mañana - photo Volcanoworld

 

P1040798.JPG                                                     photo © Carole et Frédéric Hardy


 Ce champ géothermal actif ne possède aucune infrastructure, et s’y déplacer requiert la plus extrême prudence … la croûte est fine et la boue bouillante est sous celle-ci ! Les champs solfatariens sont dangereux, en raison de l’altération des sols par l’action hydrothermale, qui peuvent facilement céder sous le poids d’un homme. A El Tatio, des cercles de pierre délimitent les zones de sécurité, ici au contraire rien ne protège d’éventuelles éclaboussures, et un vertige, lié au manque d’oxygène en altitude, peut y faire tomber un photographe qui s’est trop approché.

On est bien loin de la sécurité et du confort des boardwalk du Yellowstone.

Des bassins d’eau chaude ont été aménagés, où l’on peut se plonger dans une eau à 40°C.

 

De belles bulles de boues sur le site de Viajeros 4x4 - Géiseres de Sol de Mañana ... à voir !

 

Sources :

- Volcanoworld - a virtual altiplano Bolivia - link

- Volcano / Oregonstate - Altiplano-Puna volcanic complex - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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                     La Laguna Colorada aux eaux rouges - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Le volcan-bouclier Laguna Colorada doit son nom à la lagune éponyme située sur son rebord ouest. Il se localise entre les caldeiras Pastos Grandes et Guacha.

 

Laguna-Colorada-shield---oregonstate.jpg                          Panoramique sur le Laguna Colorada shield - photo Volcano World

 

La caldeira Pastos Grandes, de 60 km N-S sur 30 km E-O, a été la source de deux éruptions ignimbritiques (*) importantes.

La première se situe il y a 5,45 Ma et a donné l’ignimbrite Chuhuilla. La seconde est datée de 2,9 Ma et est responsable de la mise en place de l’ignimbrite Pastos Grandes. Elles ont respectivement un volume total de 1200 km³ et 1500 km³.

L’ignimbrite Alota a été produite par le bouclier Cerro Juvina situé au NE. Ces grandes éruptions ignimbritiques coïncident avec un effondrement générateur de caldeiras.

 

Cenozoïc volcanism in tne south-central andes07 copieGrandes caldeiras des andes centre-sud - The Altiplano-Puna Volcanic Complex of de Silva (1989) / Cenozoïc volcanism in South-central Andes

Caldera names: O: Oxaya (inferred location from Schröder 1999), LP: Lauca-Perez, M: Morococola, F: Frailes, KK: Kari-Kari, Po: Porcera, PG: Pastos Grandes, Pz: Panizos, C: Corutu, LC: Laguna Colorado,
G: Guacha, V: Villama, Pq: Pairique, Pu: Purico, LP: LaPacana, Cz: Coranzuli, AC: Aguas Calientes, NM: Negra Muerta, R: Ramadas, G: Galán, LA: Laguna Amarga, W: Wheelwright, VP: Vicuna Pampa, B: Bonete.

 

Laguna Colorada ignimbrite shield Google Earth MapLaguna Colorada ignimbrite shield - le bouclier (gris-bleu) et extension de l'ignimbrite Laguna Colorada (rosé) - position au NO de la Laguna Colorada - doc. Google maps / Oregonstate.edu


L’ignimbrite Laguna Colorada, datée de 1,98 Ma, ne semble pas associée par contre à une caldeira d’effondrement. Elle a pris la morphologie d’un volcan-bouclier, avec des dômes de lave à activité effusive mis en place après l’épisode ignimbritique ; les plus jeunes, situés au centre du bouclier, présentent une forte altération hydrothermale. Ces éruptions de dômes post-ignimbrite recouvrent toutes traces éventuelles d’effondrement à proximité de l’évent.

 

L’ignimbrite Laguna Colorada est une ignimbrite typique du complexe volcanique Puna. La minéralogie dominante est constituée de plagioclase, quartz, biotite et amphibole, avec présence variable de petits fragments lithiques et de ponces.

 

La Laguna Colorada, ou lagon rouge, est un petit lac salé, contenant de petites îles de borax, dont la couleur blanche contraste avec la teinte rouge des eaux, causée par des sédiments rouges et la pigmentation de certaines algues.

 

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                                        Laguna Colorada - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1040769.JPGDes îlots de borax blanc séparés par les eaux rouges de la Laguna Colorada - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Elle fait partie de la réserve nationale de la faune andine Eduardo Avaroa, est un des sites Ramsar d’importance internationale (la convention Ramsar vise à conserver les zones humides importantes comme habitats des oiseaux d'eau), et est située à la frontière Bolivo-Chilienne.

On y retrouve les trois sortes de flamants andins : le flamant des Andes, le flamant du Chili et une abondante population du flamant de James. Ces lagunes d'altitude servent d'aire de repos et de nidification à nombre d'oiseaux des Andes et aux migrateurs de passage.

 

P1070518.JPG     Vol de flamants sur le volcan - nuage lenticulaire en formation - photo © Carole et Frédéric Hardy


P1070609.JPGLa danse du Flamant de James (Phoenicoparrus jamesi) ... en spectateur, une foulque géante (Fulica gigantea) et un petit limicole - photo © Carole et Frédéric Hardy 

 

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    Laguna Colorada  :  Ouette des Andes - Chloephaga melanoptera - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

(*) ignimbrite : roche volcanique constituée par les débris de lave acide (rhyolite) généralement soudés entre eux à chaud. Les ignimbrites se forment principalement dans les éruptions explosives libérant des nuées ardentes.

Les gigantesque éruptions ignimbritiques n'ont jamais été observées de visu historiquement, et sont qualifiées par leur dépôts importants.

 

 

Sources :

- The Time-Space Distribution of Cenozoic Volcanism in the South-Central Andes: a New Data Compilation and Some Tectonic Implications - by Robert B. Trumbull & al.

- Volcano World - Laguna Colorada ignimbrite shield - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après une augmentation de la pression interne ces derniers mois se traduisant par une inflation au niveau des flancs supérieurs, le Tungurahua est marqué depuis le 8 décembre par un phénomène déflatoire. Le 12 décembre, l’IGEPN enregistre une augmentation de la sismicité associée à des mouvements de fluides et de la fracturation.

2012.12.14-12h23----Tungu--IGEPN.jpg                   Colonne éruptive de l'explosion au Tungurahua le 14.12.2012 - webcam IGEPN

Le 14 décembre, à 14h15 locale, une explosion qualifiée de modérée à forte s’accompagne d’un panache chargé en cendres montant à 6.000 –7.000 m d’altitude. Des coulées pyroclastiques sont signalées sur le flanc sud-ouest, descendant jusqu’à mi-hauteur du cône.

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                        Tungurahua - 16.12.2012 - photos © José Luis Espinosa Naranjo, d'Ambato.

 

Le 16 décembre, à 5h48 locale, une explosion modérée s’est produite, suivie d’explosions plus importantes à 5h54 et 6h03, accompagnées de bruits en coup de canon et de vibrations ressenties à plus de 30 km., d’un panache montant à plus de 7.000 m. au dessus du cratère et de coulées pyroclastiques sur les flancs ouest du volcan, spécialement dans les quebradas Achupashal, Mapayacu Choglontus et La Hacienda. Des chutes de cendres grossières sont signalées dans les secteurs de Baños, Runtún, Pondoa, Ulba, Pelileo et Cevallos.

 

2012.12.16-6am-Tungu---Marcelo-Vasconez.jpg Tungurahua - 16.12.2012 6h00 locale - la colonne éruptive et les coulées pyroclastiques sur le sommet - photo © Marcello Vasconez / Twitter.

 

2012.12.16-Tungu-coulees-pyro-jpgTungurahua 16.12.2012 - la progression des coulées pyroclastiques sur les flancs ouest et sud-ouest du volcan - webcam OVT / IGEPN

 

Sources : IGEPN /Instituto Geofísico  Escuela Politécnica Nacional

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                                  Le salar d'Uyuni -   photo © Carole et Frédéric Hardy


Un décor surnaturel : une mer de sel blanche, aveuglante, plus grande que la Corse : le salar d'Uyuni.  

Ce salar couvre 12.100 km² , soit le double du grand lac salé des Etats-Unis (le Great Salt Lake, près de Salt Lake City). Il est inondé périodiquement, ce qui explique sa planéité.

 

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P1040556.JPG            Uyuni - halite et saumures ... du sel à perte de vue ! - photos © Carole et Frédéric Hardy


Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Ce lac fut pris au piège par le soulèvement andin et s'est élevé à 3.760 m. Ce lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources).

La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans. En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni. Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars.

 


5fig1.gif                    Localisation des salars boliviens  et du lac Poopo, entre les deux cordillères


P1040381.JPG                             Salar d'Uyuni et le Tunupa - photo © Carole et Frédéric Hardy


Au centre du salar, se dressent quelques "îles", en réalité des vestiges du sommet d'anciens volcans submergés durant la période de vie du lac Minchin.

L'île d'Incahuasi (maison de l'Inca), appelée aussi isla de pescado (île du poisson, en raison de sa forme) est une pseudo-île : la colline entourée par le salar, qui se transforme en île lorsque l'eau recouvre le désert salé, empêchant son accès pédestre. L'île est couverte de stromatolites, colonies bactériennes fossilisées, premières traces de vie sur terre.

Preuve que la vie est tenace, dans cet univers salé et soumis à un climat rigoureux, dès qu'un substrat le permet, elle s'installe ... des centaines de cactus habillent les pentes de l'île et certains atteignent quatre mètres de haut , et l'âge respectable de plusieurs centaines d'années. Ils sont richement fleuris au printemps austral.

 

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P1040438.JPG    Les cactus de l'île Incahuasi et leur superbe floraison printanière - photo © Carole et Frédéric Hardy


Sous la surface du salar, on détecte la présence d'un lac de saumure profond de 2 à 20 mètres; la composition de la saumure est une solution sursaturée de chlorure de soude, de chlorure de lithium et de magnésium. La croûte solide qui le recouvre varie entre une dizaine de centimètres et quelques mètres; elle est caractérisée par de multiples hexagones, dont les côtés sont formés de cristaux d'halite de 3 à 5 cm. d'épaisseur. L’exploitation manuelle du sel se fait en bordure du Salar, à Colchani, avec comme seules aides, des pics et des brouettes; les ouvriers les mieux équipés possèdent des lunettes de soleil avec flasques pour se protéger de l'intense réverbération.

 

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          Les cumulus répondent aux tas de sel récolté - Uyuni - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

Le volcan Tunupa est peu documenté; il possède une caldeira compliquée et richement colorée. L'accès au belvédère situé à 4.600 mètres est possible pour des randonneurs acclimatés, mais son sommet déchiqueté, qui culmine à 5.432 m., reste réservé aux alpinistes chevronnés.

La modélisation des paléoglaciers du Tunupa a permis de reconstituer les conditions paléoclimatiques régnant sur l'altiplano entre 17.000 et 15.000 avant JC. Elle a été réalisée par mesure de l'He3 cosmogénique contenu dans les pyroxènes prélevés sur les moraines glaciaires.

On a conclu que les glaciers de l'altiplano ont persisté dans leur position maximale en même temps que la lac Tauca atteignait son maximum d'extension, 50.000 km². Les glaciers ont brutalement reculé , en phase avec la disparition du lac Tauca (étude et doc. du CNRS).


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                        Le volcan Tunupa et sa caldeira colorée - photos © Carole et Frédéric Hardy

 

Petit clin d'oeil :

 

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         Le seul camélidé que je trouve "sympathique" ... le lama -  photo © Carole et Frédéric Hardy


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                                 Lama bicéphale ?  - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Un dernier regard sur le salar avant de pouvoir admirer le Licancabur entouré de lacs colorés.


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Sources :

- Le Salar d'Uyuni - M@ppemonde - link

- Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - CNRS 01.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Direction la vallée Arcoiris, ou vallée de l’arc-en-ciel, à quelques cent kilomètres de San Pedro de Atacama, peu fréquentée par les touristes.

La pyrite, la calcite, et les oxydes de fer et de cuivre se sont alliés pour offrir des formations géologiques aux couleurs surprenantes : un camaïeu d’ocre, de jaune, d’orange, virant sur le rouge, avec quelques notes de vert.

 

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Vallée de l'arc-en-ciel - un assortiment de couleurs surprenant - photo © Carole et Frédéric Hardy


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Vallée de l'arc-en-ciel -  cet endroit aride a été peuplé et cultivé à une époque où les conditions climatiques étaient plus favorables - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

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P1040008.JPG                           photos © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

C’est aussi dans cette région qu’on trouve une grande concentration de pétroglyphes, dessins gravés dans la pierre par le peuple originel du désert de l’Atacama, les Atacameños. L’eau a disparue de cette zone, autrefois travaillée et irriguée par l’homme ; on y retrouve des champs de cultures en terrasses et des parcs à bestiaux qui en témoignent. Les pétroglyphes abondent sur les rochers d’éboulis et à la base des tajos, ces falaises abruptes qui dominent les torrents aujourd’hui à sec. On peut les retrouver aussi sur les parois des grottes habitées par les indiens.

 

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Pétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel - figure humaine assise - photo © Carole et Frédéric Hardy


P1030943.JPGPétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel :  un lama, autrefois présent - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Les deux-tiers se présentent sous forme de gravures. Cinquante pour cent des figures sont faites d’une ligne de 1 à 8 mm. de profondeur dessinant une silhouette humaine ou animale dans un même plan, sans notion de perspective. Trente pour cent sont des gravures obtenues par piquetage ou grattage de la surface, atteignant jusqu’à 3 cm. de profondeur, et mettant en avant de façon sommaire les mouvements. Le reste est constitué de figures très schématiques.

 

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P1030940-copie.jpgPersonnages schématisés - tête emplumée, mains esquissées, sexe hypertrophié (à gauche)P1030940-copie-2.jpg Pétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel : Sur ce panneau, 7 à 8 personnages de différentes grandeurs sont tous assis "en tailleur", certains les bras levés, d'autres les bras pendants -à gauche, un animal peu identifiable - photos © Carole et Frédéric Hardy


Les différents styles peuvent participer à le même scène, pas toujours facilement lisible. Les représentations humaines sont peu esthétiques et caricaturales. La main, simplifiée, ne compte que deux doigts ; beaucoup de personnages sont nus, et affublés d’un sexe volumineux. La tête est surmontée d’une ou plusieurs plumes.

Des animaux, principalement des camélidés et des félidés, accompagnent les représentations humaines.

 

P1030922.JPGPétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel : Un seul plan sans perspective pour cette figure animale piquetée (un puma ?) - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Sources :

Gravures et peintures rupestres du désert d'Atacama - par Jean-Christian Spahni.

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