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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Sortie du 6° numéro du webzine " Le Monde des volcans "

 

Au sommaire du numéro,

- un article sur les îles Eoliennes

- les volcans du Massif Central, en photos aériennes

- un dossier sur les différents types d’éruptions et leurs caractéristiques.

 

Le-Monde-des-volcans-n-6.jpg                              Un clic sur la page de couverture vous mène au magazine.                       

                         Photo de couverture : Fontaine de lave au Pu’u O’o en 1984 / HVO - USGS

 

Bonne lecture !

 

Source : Webzine Le Monde des Volcans - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                              Cordillera de la Sal -   photo © Carole et Frédéric Hardy


Au nord-ouest de San Pedro de Atacama, on retrouve une surprenante formation géologique, remaniée il y a des millions d’années par les forces tectoniques … le fond d’un lac asséché soulevé lors de la surrection des Andes qui a fait surgir la Cordillera de la Sal.


Cette zone fait partie de la dépression pré-andine, une structure basse entre la pré-cordillère chilienne (cordillère costale) et la  cordillère des Andes ouest.

Actuellement, la cordillère des andes ouest est considérée comme la partie ouest de l’arc magmatique moderne. Bien que la dépression pré-andine occupe une position inhabituelle entre un arc magmatique et une région de pré-arc, elle est considérée comme un bassin intra-arc. (Reutter 1988)

 

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Carte de l'Atacama avec les failles primaires et secondaires responsables de la structure régionale - d'après Aron & al. 2008 / Magnetotelluric study of the Western cordillera - D.D. Alvarado 2011.

 

L’érosion a depuis sculpté le relief dessinant des structures de sel, de gypse et de calcaire.

Une partie de cette cordillière est nommée Valle de La Muerte. Découverte par Le Paige, un prêtre belge, elle portait originellement le nom de Valle de la Marte, Vallée de Mars … une mauvaise traduction par l’abbé qui ne maitrisait pas bien l’espagnol, a été interprétée par les Atacaméniens comme Valle de la Muerte, Vallée de la mort.

 

P1030772.JPG                          Cordillera de la Sal - "sécheresse" - photo © Carole et Frédéric Hardy


Jadis, le site doit avoir servi de lieu de sépulture, ce qui a facilité la confusion. Il est vrai que son extrême aridité et salinité y rendent impossible toute forme de vie. C’est le domaine réservé du minéral !

 

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P1030900.JPG                                Cordillera de la Sal - photos © Carole et Frédéric Hardy


Des roches découpées et d’immenses dunes de sable gris rosé, alternent avec des zones blanchies par le sel. Les roches rosées deviennent rouges au coucher du soleil et contrastent avec le ciel plus ou moins bleu selon l’heure de la journée. Un petit cayon étroit, sinueux possède des parois incrustées de cristaux de sel qui reflètent le soleil comme un miroir. On y entend vivre la roche, qui se dilate ou se contracte en fonction de son exposition.

 

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P1030752.JPGCordillera de la Sal - Quelques gros-plans sur des faciès intéressants par leurs couleurs et leur forme - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Sources :

- Evolution of the Cordillera de la Sal, northern Chile -  by Eberhard Wilkes and Konrad Gorier

- Magnetotelluric study of the Western Cordillera (Northern Chile), by Daniel Díaz Alvarado 2011

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les sources chaudes et les geysers renferment des formes de vie qui leur donnent leurs belles couleurs. Ce sont des bactéries extrêmophiles, des bactéries ayant la capacité de résister à des conditions physico-chimiques extrêmes, ou à la présence d’éléments toxiques.

 

P1030459.JPG                     El Tatio - geysers et leurs drainages - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

On les qualifie aussi de thermophiles (qui aiment la chaleur), ou d’hyperthermophiles en fonction de la température des eaux ambiantes, d’acidophiles (aimant les milieux à pH faible, acide), ou de thermoacidophiles, pour celles qui cumulent les adaptations.

 

Les concrétions de silice du champ El Tatio consistent en dépôts de silice amorphe autour des sources chaudes et bouches de geyser au départ d’eau pratiquement neutre, chlorée et sodée, saturée en silice. Le refroidissement de l’eau et son évaporation à sec sont les principaux processus qui contrôlent la déposition d’opale, en relation spatiale avec les communautés microbiennes en milieu subaqueux et subaérien.


Le paramètre écologique principal est le gradient de température :

- Paramètres des geysers : température de l’eau comprise entre 70 et 86°C (86,3°C étant le point d’ébullition à l’altitude de 4200 m.), macrostructure des dépôts grossièrement laminée avec des variations locales rapides, présence de bactéries hyperthermophiles et non-photosynthétiques.

 

P1030398.JPG                   El Tatio - nodules et terracettes (à gauche) - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1030563                          El Tatio - concrétions siliceuses -  photo © Carole et Frédéric Hardy


- Paramètres des zones d’éclaboussures autour des geysers : température de l’eau entre 60 et 75°C, spicules laminés et macrostucture en colonne, avec formation locale de cupules de moins de 30 cm., prédominance de cyanobactéries de type Synechococcus

 

P1030462.JPGEl Tatio - les biofaciès passant du vert à l'orange témoignent d'un gradient de température - photo © Carole et Frédéric Hardy


- Paramètres des sources chaudes : température des eaux : 40 à 60°C, spicules laminés et colonnes, nodules subsphériques caractérisant la macrostructure, présence de cyanobactéries filamenteuses Phormidium et de diatomées (e.a. Synedra sp.)

 

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El Tatio - les biofacès orange caractérisent les eaux de température entre 65 et 40°C, et le développement de bactéries filamenteuses alignés dans le courant - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Ces pigments ont une fonction de protection des cellules; par exemple, les caroténoïdes apportent une protection aux protéines, à l'ADN et aux membranes cellulaires contre certains dommages chimiques, comme ceux produits par les intenses radiations à ces altitudes.


- Paramètres des zones de décharge : eaux à 20-40°C, macrostructure avec spicules laminés et nodules de formes variés, abondance de cyanobactéries type Phormidium et Calothrix, ainsi que de diatomées.

 

P1030513.JPG             El Tatio : un arc-en-ciel d'origine microbactérienne - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Importance de ces extrêmophiles :

La découverte en 1966 par Thomas Brock de microorganismes vivants dans les sources chaudes du parc national du Yellowstone en a initié l’étude. Depuis, ils ont été découverts dans les structures géothermales partout dans le monde, en Islande, au Kamchatka, en Nouvelle-zélande, en Italie, etc. Tandis que ces sources chaudes ne constituent pas un milieu favorable à la vie animale, des organismes vivants ont été capables de s’adapter à cet environnement.

La découverte des archéobactéries a bouleversé les modèles scientifiques existant et suscité de nouvelles théories concernant l’appariton de la vie terrestre. De nombreux scientifiques croient que la vie pourrait avoir connu ses débuts, il y a 3 milliards d’années, dans un environnement de hautes températures et que les premiers organismes vivants pourraient être des thermophiles. Ils ouvrent deplus de réelles possibilités concernant les conditions d'une vie extra-terrestre.

Des astrobiologistes, dont ceux de la Nasa, suggèrent de considérer les sources chaudes commes " des portes d’entrée dans la Terre primitive ".

 

La capacité d’adaptation des extrêmophiles aux environnements très chauds est liée à la présence d’enzymes pouvant prospérér à ces températures, qualifiés d’extrêmozymes. Ces enzymes stables à la chaleur ont trouvé un champ d’application dans les biotechnologies, en tant que source de DNA polymérase.

 

Sources :

- GOSA - The Extraordinary Thermal Activity of El Tatio Geyser Field,
Antofagasta Region, Chile - by J.A. Glennon & Rh.M. Pfaff / 2003 - link

- 3D Electron Tomography of extreme environment fossil microbes (Rio Salado, Chile): the problem of biogenicity and its detection - by Barbara Cavalazzi, PhD/Centre de Biophysique Moleculaire, CNRS-Orléans/2008

- SERC - Microbial life in extremely hot environments- link

- Science Daily - New Research Challenges Prevailing Theory Of Microbial Biodiversity July 29, 2003

- Global volcanism Program - El Tatio

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Nous débutons par les dernières nouvelles de volcans d’Océanie :


En Nouvelle-Zélande, GeoNET signale l’édification d’un dôme de morphologie inhabituelle dans le cratère de White Island.

Le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 2, et le niveau aviation à orange. L’extrusion du dôme est postérieure à août et sa croissance se fait dans le dernier cratère d’explosion. Son diamètre est de 20-30 mètres, avec des aiguilles de lave en surface. Brad Scott, volcanologue au GNS, affirme n’avoir jamais vu pareille structure et la commente : " si vous imaginez un volcan comme un tube de dentifrice … alors un dôme de lave apparaît comme un bouchon desséché sortant du tube. Il ne peut bouger comme une coulée de lave, mais grandit de l’intérieur lorsque du nouveau magma monte et pousse la partie refroidie vers le haut et l’extérieur ".

 

vab domephotos White Island / N.Z. :  intérieur du cratère et encart sur le Spiny dome, le 12.12.2012 - photo GNS Science.

 

12.2012---White-isl.---Geonet.jpgWhite island -  gros-plan sur le dôme et ses aiguilles de lave ... un monstre naissant ? - photo GNS Science.


Le Ruapehu demeure à un niveau d’instabilité élevé : il semble que les gaz soient bloqués sous le lac, ce qui pourrait générer une future explosion par surpression ; la température reste depuis mars aux environs de 20-25°C.

Au Tongariro, les gaz continuent de s’échapper depuis la dernière explosion du 21.11.12 . Aucune mesure étant donné le mauvais temps, mais une perception olfactive irritante.

 

Heard island : une nouvelle anomalie thermique a été repérée par le Modvolc le 11.11.12 au Mawson Peak, succédant à diverses anomalies relevées depuis septembre, et indiquant la poursuite d’une phase éruptive mineure.

 

En Indonésie,

Le Lokon a présenté le 8 décembre à 23h01 local une explosion accompagnée d’un panache à 2500 m.

Il a récidivé le 11 décembre avec une série d’explosions : la première à 12h10 locale, violente, a produit un panache de cendres de 3.000 mètres. Elle a été suivie d’autres explosions mineures à 12h41, 13h16, 13h42, 14h10, 15h03 locale. Du trémor est enregistré de manière quasi-continue. (VSI)

 

11.12.12-Lokon---F.Digonnet-activ.jpg                      Lokon - 11.12.2012 première explosion à 12h11 - photo PVMBG


L’activité se poursuit au Paluweh (Petites îles de la Sonde) avec un dôme en croissance et une anomalie thermique persistante. (Volcanodiscovery)

              Batu-Tara--28.11.2012---Aris.jpg   Batu Tara - explosion strombolienne et panache de cendres - Ndeso adventure - via Aris - 28.11.2012

 
Au Kamchatka, trois volcans sont en alerte aviation niveau orange (Sheveluch, Tolbachik et Karymsky) et cinq en alerte aviation niveau jaune (Klyuchvskoy, Bezymianny, Kizimen, Gorely et Alaid)


Au Tolbachik : l’éruption explosive-effusive continue, avec des coulées de lave sur la fissure sud du Tolbachinsky Dol, accompagnée le 11.12 par un panache de gaz et vapeur montant à plus de 4.000 mètres, avant de dériver vers l’ouest. Les satellites repèrent toujours une anomalie thermique très forte sur la zone nord du Tolbachinsky Dol.

 

08.12.12-Tolba----Cinder-cone-fissure-S---O.Evdokimova.jpg           Tolbachik - le cinder cone sur la fissure sud - 08.12.2012 - photo O. Evdokimova / KVERT

 

10.12.12---Tolba---coulees-16-km.---Sergey-Gorshkov.jpgTolbachik - la fissure sud et ses cinder cones, le panache de gaz et vapeur et les coulées actives, photographiées à 16 km. des évents par Sergey Gorshkov le 10.12.2012.

 

10.12.12-Tolba-laves---Sergey-Gorshkov.jpg              Gros-plan sur les laves du Tolbachik  - photo Sergey Gorshkov le 10.12.2012.

 

10.12.2012---Tolba---photokamchatka.jpgUne vue d'ensemble du site éruptif : fontaines de lave, cinder cones, émanations, coulée de lave - doc. photokamchatka 10.112.2012 ( la pause longue fausse un peu les couleurs)

 

 A noter : des fumerolles ont été vues au pied interne du cratère du Plosky Tolbachik pour la première fois depuis 30 ans.

 

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Plosky Tolbachik - premières fumerolles à l'intérieur du cratère depuis 30 ans - photo 08.12.2012 O. Evdokimova / KVERT


Tanzanie – Des nouvelles du Lengai, où en septembre 2012, de l’activité de spattering et des coulées noires de carbonatite sont remarquées par Franck Moeckel et sa compagne Wendy Blank/ via le site de Fred Belton, au fond du cratère nord actif. Ils signalent de plus une forte odeur généralisée d’H2S.

 

15.09.2012---Lengai-N---Fmoeckel-IMG_1072a.jpg  Ol Doynio Lengai -  le sommet nord et le pit crater - 15.09.2012 photo Frank Moeckel / Wendy Blank

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Située entre 4200 et 4600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde, après celle du Yellowstone / USA et Dolina Geiserov / Russie.

 

P1030475.JPG                             Les geysers d'El Tatio - photo © Carole et Frédéric Hardy


Le champ géothermal Hoyada de los géisers del Tatio abrite plusieurs dizaines de fumerolles et de solfatares, des terrasses de geysérite, plus d'une centaine de sources chaudes, dont probablement 80 ont toutes les caractéristiques d'un geyser, et quelques volcans de boue. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre, au lever du jour quand les contrastes de température sont maxima, les vapeurs s'élèvent, et le spectacle est fascinant.

 

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P1030577.JPG          El Tatio :  Des geysers peu élevés, mais bien fumants - photo © Carole et Frédéric Hardy


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi.

Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50.000 1-s2.0-S0037073805002435-gr1.jpgkm² !

Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie. Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio.

 

Localisation d'El Tatio et carte géologique simplifiée des trois bassins - doc.Fernandez-Turiel et al., 2005. - (APVC: Altiplano–Puna Volcanic Complex.)

 

Le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

De multiples et puissantes éruptions ignimbritiques se sont succédées depuis environ 10,4 millions d'années formant notamment les caldeiras de Pastos Grandes, au nord de El Tatio, et de Cerro Guacha, à l'est.

La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques.

 

P1030589.JPG                El Tatio : gros plan sur un geyser "moussu"  -  photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Le nom " El Tatio " provient du mot " El tata " qui signifie grand frère dans l'Atacama. D'après une légende locale, le volcan El Tatio, " le grand frère", qui se trouve à environ 10 km au sud-est de la zone géothermale d'El Tatio protège les peuples de l'Atacama. Il leur a donné la force des geysers pour plusieurs siècles.

 

Un cycle hydrologique lent :

L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. A une vitesse d'environ un kilomètre par an, l'eau passe à travers différents dépôts, dont celui de l'ignimbrite de Puripica (daté à 4,2 millions d'années), et sous des dépôts ignimbritiques imperméables plus récents, notamment ignimbrite de El Tatio (1,7 milions d'années). Là, entre 800 et 1000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio.

Ces eaux chaudes forment la rivière du Rio Salado dont le débit varie de 250 à 500 litres par seconde suivant la saison. La plupart des sources atteignent 86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées.

 

Malgré les conditions climatiques rudes, ces plateaux sont habités par une faune andine riche.

 

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  Des vigognes, et ...

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Ci-contre, à gauche, un flamant des andes - Phoenicoparrus andinus ;

à droite, une mouette de Patagonie - Larus maculipennis.

 photos © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

 

Demain, d'autres habitants ... les extrêmophiles.

 

Sources :

- GOSA - The Extraordinary Thermal Activity of El Tatio Geyser Field,
Antofagasta Region, Chile - by J.A. Glennon & Rh.M. Pfaff / 2003

- 3D Electron Tomography of extreme environment fossil microbes (Rio Salado, Chile): the problem of biogenicity and its detection - by Barbara Cavalazzi, PhD/Centre de Biophysique Moleculaire, CNRS-Orléans/2008

- Global volcanism Program - El Tatio

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le désert d'Atacama occupe 105.000 km² dans le nord du Chili. Une bande longue de 1.000 km. borde la côte Pacifique, à l'ouest de la Cordillère des Andes. Ce désert n'est pas plat ou parsemé de petites dunes, c'est au contraire une succession de hauts-plateaux rocailleux, de lacs asséchés, de roches érodées, de dunes ... le tout à une altitude comprise entre 1.000 et 3.500 mètres.


C'est le désert le plus sec et le plus stérile de la planète ! La raison est double : coincé entre les Andes et la chaîne côtière chilienne, elle voit son climat influencé par l'inversion créée par le courant froid de Humboldt et l'anticyclone du Pacifique ... c'est ainsi que la région d'Antofagasta ne reçoit qu'un millimètre de pluie par an, et que certaines stations météo situées dans l'Atacama n'ont jamais reçu une goutte d'eau. Des scientifiques britanniques affirment que certains lits de rivière sont restés "secs" depuis 120.000 ans.

Certains endroits de l'Atacama bénéficient d'un "fog marin", connu localement sous le nom de Camanchaca, qui apporte suffisamment d'humidité pour permettre la vie d'algues, de lichens ... et de cactus.

 

P1030346.JPG                                        Atacama - photo © Carole et Frédéric Hardy


Cette région se compose de différents biotopes : bassins endoréïques salés,  salars, étendues de sable et de lave.

 

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P1030312-copie.jpg     Les volcans San Pedro et San Pablo forment un complexe élevé - photos © Carole et Frédéric Hardy


Situé dans le désert de l’Atacama, le volcan composite San Pedro est en fait formé par des jumeaux : le volcan San Pedro, haut de 6.145 mètres, de nature andésitique à dacitique et plus jeune, s’est installé dans dans un escarpement en fer-à-cheval laissé par un effondrement du San Pablo, plus ancien et haut de 6.092 mètres.

D’épaisses coulées de dacite couvrent la partie supérieure du plus jeune cône.

 

San-Pedro---google.jpg                  Chili - Volcan San Pedro et la coulée du cône de scories La Poruña - image Google 


Sur son flanc ouest, le cône de scories La Poruña a produit une coulée de lave longue de 8 km.. La datation d’un bloc de la coulée nous donne un âge de 103.000 ans, surprenant par rapport à l’aspect juvénile du cône.

La dernière éruption historique du San Pedro est datée de 1960 par le GVP.

 

L'oasis de San Pedro (le village) :

 

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                     Une oasis dans le désert : le village de San Pedro de Atacama - photo Pierre cb

 

Les premiers habitants de la région sont arrivés il y a environ 11 000 ans. Au cours des millénaires, ils ont d'abord domestiqué le guanaco pour donner le lama. Ils pratiquaient la transhumance entre les Andes et le plateau. Puis ils se sont sédentarisés grâce au développement d'une agriculture utilisant les plantes qui pouvaient résister dans ce climat désertique. Des villes et villages furent fondés, certains sur des buttes stratégiques avec fortifications : les Pucarás.

San Pedro de Atacama a commencé à être fréquenté par les humains entre 500 av. J-C et 300 ap. J-C alors que plusieurs communautés de potiers se sont établies à l'embouchure du Rio San Pedro dans le Salar de Atacama.

 

P1030351.JPG                      Habitat local - Région de San Pedro - photo © Carole et Frédéric Hardy


Craneo_deformado_atacameno-260-300-AD--Musee-des-Ameriq.jpgCes populations pratiquaient la déformation de leurs crânes, utilisant dès l'enfance des petites planches bandées par les lanières de laines autour de la tête, pour leur donner un front plat. Cette civilisation était dirigée par des chefs de villages, les Atacameños, et s'étendait de la dépression de Chiu-Chiu au pied des Andes jusqu'au salar.

                         Musée des Amériques - crâne Atacameño déformé - photo Luis Garcia


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Museo Arqueologico Gustavo Le Paige - Miss Chile


C'est dans cette région que fut découverte une série de momies. L'une d'entre elles, vieille de trois mille ans est appelée Miss Chile et sa réplique était visible jusqu'en 2008 dans le Museo Arqueologico R.P. Gustavo Le Paige, situé près de la place centrale du village.

(Wikipédia)


-Tulor_Settlement---S.Pedro-de-Atacama---800BC--1100---Owen.jpg                    San Pedro de Atacama - peuplement "Tulor" - 800BC-1100 - photo Owen Cliffe.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Pedro

- Patrimonio cultural immaterial de San Pedro de Atacama - link

- San Pedro - musée archéologique - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après les volcans du Japon, nous passons de l'autre côté de la planète-volcan avec les photos et vidéos de nos amis Carole et Frédéric Hardy.

 

Ils viennent de revenir du nord Chili et de Bolivie après un trek "Nomade aventure", et nous proposent de voir ou revoir l'Atacama, le salar d'Uyuni, les laguna Colorada, Verde et Blanca, le volcan Toco, à 5.600 mètres, pour un panoramique à couper le souffle.

 

Voyage-Nomade-Aventure.jpg                       Itinéraire du voyage "Désert d'Atacama et Salar d'Uyuni" - doc. Nomade Aventure

 

Pour se mettre en appétit, rien ne vaut une vidéo :

 

 

 

En route donc vers ces terres salées et les hauts-plateaux gelés ...

 

Source :

- Vidéo you tube / theFREDCAROLE - link

- Nomade Aventure - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Une dernière querelle va succéder à celle entre les Neptunistes et les Plutonistes … celle des " cratères de soulèvement " , élaborée par von Buch, et soutenue par von Humbolt.


Ces égarements vont être battu en brèche par divers volcanologues, dont George Poulett Scrope (1797-1876). Suite à de nombreuses visites de volcans européens, il publie son ouvrage " Considérations sur les volcans " en 1825.

Il établit que les cônes volcaniques s’édifient par accumulation de couches de cendres et de lave, et prouve que des coulées épaisses s’épanchent sur les pentes de plus de 30°. Il met en lumière le rôle important de l’eau et des gaz dans les éruptions : lorsque la pression baisse, les gaz sortent du magma, l’eau se transforme en vapeur, … tout ceci provoque une montée des matières en fusion, et déclenche l’éruption. Pour Scrope, toute éruption se fait par une fissure.

Il constate que si un même volcan émet différents types de lave, c’est en raison des processus chimiques qui modifient la composition de son réservoir magmatique. Quant à la fluidité de la lave, elle dépend de sa composition minéralogique, de sa teneur en gaz et de sa température  … ses "considérations" sont un cours de volcanologie moderne !

 

Vesuvius1822-G.-Poulett-Scrope.jpg"The Eruption of Vesuvius as seen from Naples, October 1822" from V. Day & Son. In G. Julius Poullet Scrope, Masson, 1864. Historical Draw from George Julius Poulett Scrope (1797-1876)

 

Scrope trouve un allié en la personne de Charles Lyell (1797-1875), avec qui il correspond. Ce géologue écossais, auteur des " Principes de le géologie " visite le Massif Central, l’Etna dont il dresse une carte volcanologique et décrit son activité entre 1803 et 1865. Ce sera ensuite le tour des îles Canaries, où il comprend que les grandes caldeiras de La Palma et de la Grande Canarie sont dues à un effondrement et à l’érosion, constatation qui met un terme à la théorie des cratères de soulèvement.

 

Ferdinandea---nuees-cypressoides-juillet-1831.jpgFerdinandea juillet 1831 - Nuées cypressoïdes liées aux explosions de la lave au contact de l'eau de mer.

La naissance d’une île volcanique entre la Sicile et l’Afrique vient sonner le glas de la théorie des cratères de soulèvement. Appelée Ferdinandea, Julia ou encore Graham, selon les gouvernements qui en revendiquent le territoire, cette île éphémère se forme par accumulation de matériaux éruptifs. Constant Prévost (1787-1856), un des fondateur de la Société géologique de France, va l’affirmer dans son mémoire. Lorsqu’il arrive Ferdinandea 1831 Gemmellarodevant l’île en éruption, elle est haute de 70 m. pour 700 mètres de diamètre ; il y constate que les couches de cendres ont une structure entrecroisée , en raison de souffles horizontaux, les déferlantes basales. Carlo Gemmellaro, professeur à l’université de Catane, a laisssé un dessin de l’éruption.  
L'éruption de Ferdinandea en 1831 selon un croquis de Gemmellaro - d'après Allotta 2002.  
  

L’étude des différentes branches de la volcanologie moderne va ensuite progresser rapidement.   

 

Le minéralogiste Charles Sainte-Claire Deville (1814-1876) est le fondateur de l'analyse des gaz sur les volcans. Il les étudie aux Antilles, dans les Canaries et au Cap Vert.

En 1885, lors de l'éruption du Vésuve, il prélève au péril de sa vie des émanations gazeuses de toutes les phases d'activité, du paroxysme à son déclin. Il en fait l'analyse dans son laboratoire, et montre, contrairement à ce que l'on croyait alors, que chaque volcan n'est pas caractérisé par un seul type de gaz, mais que les mêmes variétés de gaz existent sur chaque volcan actif, leur proportion variant au cours des différentes phases de leur activité.


Le microscope fait progresser la pétrographie : William Nicol (1768-1851) invente la technique des lames minces. Il est ainsi possible, par référence à des études sur des échantillons, assez gros pour avoir été isolés et analysés, de déterminer non seulement la nature des minéraux, mais aussi leur composition à partir de leur propriétés optiques. Ferdinand Zirkel (1838-1912), Harry Rosenbusch (1836-1914), Ferdinand André Fouqué (1828-1904), Albert Michel-Lévy  ont été les promoteurs de cette technique, bientôt complétée par l’invention, par Ievgraf S. Fedorov (1853-1919), d’une platine orientable sur trois axes perpendiculaires.

Ferdinand Fouqué publie une étude géologique et pétrographique de Santorin, suite à son voyage d'étude de l'éruption de 1866. Outre la viscosité des magmas, il décrit deux sortes de cristaux de feldspath dans la lave, concluant à un mélange de magmas en profondeur ... idée qui sera reprise 100 ans après.

 

the-eruption-of-santorini-volcano---Schmidt-Julius.jpg                        Santorin - éruption de 1866 - doc. Schmidt Julius


La progression se fera au gré de nouvelles techniques appliquées à l’étude des volcans actifs. En 1880, les anglais James Ewing et Thomas Gray invente le sismographe.

 

Osservatorio_vesuviano---R.V.Matteucci-14.06.1905.jpgL'Osservatorio Vésuviano - carte postale de juin 1905, avec la signature de R.V. Matteucci - doc. Funicolare Vesuviana.

Puis ce sera la création des premiers observatoires volcanologiques : le tout premier, celui du Vésuve, est créé en 1841 par Ferdinand II de Bourbon.

Son premier directeur, Macedonio Melloni, est un spécialiste du magnétisme des roches volcaniques.

Raffaele  Matteucci lui succède ; c’est l’initiateur des mesures de déformation de flancs des volcans.

Puis ce sera Giuseppe Mercalli, le père de l’échelle d’intensité des séismes qui porte son nom.

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Onze jours après le début de l'éruption, c'est le moment de faire le point sur cet évènement qui vient animer la fin de l'année.

 

29.11.12-tolba-front-lava-flow-from-S.fissure.jpg        Eruption du Tolbachik - le front de coulée de la fissure sud, le 29.11.2012 - photo D. Melnikov

 

Petit rappel :

le massif du Tolbachik se compose de deux volcans qui se recouvrent, mais tolb-space.jpgtotalement différents au niveau de leur morphologie. Le plus ancien et le plus élevé, l’Ostry Tolbachik est un stratovolcan ; sur son flanc est, vient se greffer le Plosky Tolbachik, un volcan-bouclier au toit plat, percé d’une caldeira de type hawaiien de 3 km. de diamètre.

Cette caldeira s’est formée en association avec une effusion massive de lave, il y a 6.500 ans, et un effondrement sectoriel majeur de l’Ostry Tolbachik. Les zones de rift allongées NE et SSO sont à l’origine de  coulées basaltiques volumineuses au cours de l’holocène.

 

Tolbachik - les volcans imbriqués et les cônes de

1975-76 sur le rift SSO - doc. KVERT

 

L’éruption fissurale de juillet 1975 à décembre 1976 est la plus importante éruption basaltique historique relevée pour la péninsule du Kamchatka.

 

00-vadim-gippenreiter-tolbachik-volcano-1975.jpg        Tolbachik - panache sub-plinien de l'éruption 1975 - photo Vadim Gippenreiter

 

P1110756.JPG         Plosky Tolbachik - un des cônes de l'éruption 1975-76 - photo Carole et Frédéric Hardy 2010.


L’éruption fissurale 2012 :

Après des épisodes de trémor volcnique les 7-10, 18 et 26 novembre 2012, le nombre de séismes volcaniques superficiels a augmenté, passant à 250 épisodes le 26.11. Le code aviation passe au jaune le 27.11, jour où des observateurs situés à 40-50 km du volcan, rapportent des explosions cendreuses et des coulées de lave sur le Tolbachinsky Dol.

Des retombées de cendres de 4 cm. d’épaisseur sont signalées à Krasny Yar, à 60 km au nord-nord-ouest du Tolbachik … le code aviation passe à l’orange, suite au signalement par le VAAC Tokyo d’un panache de cendres s’élevant à 6.100-10.100 mètres d’altitude.

Le 28.11, la lave s’écoule de deux fissures situées sur le côté ouest du Tolbachinsky Dol, et une importante anomalie thermique est détectée sur la partie nord.

 

29.11.2012-Tolba-Modis---O.-Girina.jpgL'éruption du Tolbachik vue le 29.11.2012 par Modis - dépôts de cendres des 27 et 29.11 de part et d'autre du volcan - doc. KVERT / Olga Girina.

 

29.11.12-tolba-lava-flow-Southern-fissure.jpg    Tolbachik - fontaines et coulées de lave de la fissure sud - photo 29.11.2012 - Y. Demyanchuk / KVERT


Le 29.11, le code aviation est fixé au maximum d’alerte, rouge !  Durant le paroxysme des 28-29.11, les fissures s’étendent sur une dizaine de kilomètres, et le bruit de l’éruption est audible à 60 km. une fissure longue de 5 km. s'est ouverte sur le flanc sud du Plosky Tolbachik , dans la même zone qu’il y a 36 années, mais à une altitude plus haute, approximativement 2.000 m. Du 29.11 au 01.12, une activité strombolienne et des effusions de lave marquent deux centres actifs sur les fissures.

Le 30 novembre, les coulées de lave détruisent deux bases scientifiques à 10 km. du volcan, la station Leningradkaya et la station de monitoring dans la vallée Vodopadny, ainsi qu’une base du parc naturel des volcans du Kamchatka. Les 29-30 novembre et le 3 décembre, le VAAC Tokyo rapporte des panaches de cendres montant entre 4.000 et 6.100 mètres au dessus du niveau de la mer, avant de se disperser vers le nord et le nord-ouest.

 

tolbachik_ali-01.12.2012-fausses-couleurs.JPGPanache et coulées du Tolbachik en fausses couleurs (visible & IR) le 01.12.2012 - à remarquer : les nombreux cônes des éruptions précédentes en bas de la photo sous la coulée -
NASA Earth Observatory images by Jesse Allen, using EO-1 ALI data provided courtesy of the NASA EO-1 team and the U.S. Geological Survey. Caption by Michon Scott.

 

01.12.12-Tolba---I.Poluektov.jpg Tolbachik - coulée de lave du 01.12.2012 - la hauteur de la coulée est donnée par les véhicules 4x4 à droite - photo I. Poluektov

 

02.12.2012-Tolba-lava-2.jpg            Tolbachik - Epaisse coulée du 02.12.2012 - Photo I. Poluektov


Puis la sismicité baisse et les panaches de cendres ne montent plus qu’à 500 mètres, avant de dériver direction ESE sur 300 km., et seule la fissure située à une altitude moins élevée continue de se montrer active, ce qui permet de rabattre le code aviation à l’orange.

Du 5 au 7 décembre, l’activité en phase de décroissance progressive est toujours visible sur les webcams . L’amplitude du trémor baisse et la surface de la coulée est en cours de refroidissement … l’éruption s’épuise progressivement, bien que le VAAC Tokyo signale le panache à une "altitude de croisière" de 4.000 m, signe qu’il est toujours bien alimenté.

 

06.12.12-Tolba---volkstat.jpgTolbachik 05.12.2012 - on distingue les cinder cones formés par l'éruption, et les coulées de lave canalisées par leurs propres côtés en refroidissement - photo Volkstat.ru

 

Cinder cone 05.12.12 - 4x4 kam.ru  Tolbachik - tout près du cinder cone formé par l'éruption fissurale - 05.12.2012 - photo 4x4 club

 

05.12.12-Tolba-lava-front-flow-4x4club-O.Girina.jpg   Front d'une coulée du Tolbachik ... haute d'environ 7-7,5 m.- 05.12.2012 - photo 4x4 club / via Olga Girina

 

06.12.12 explosive act. & flows Sern fissure - Gorshkov ser

Tolbachik - activité explosive et coulées de lave sur la zone de fissure sud - 06.12.2012 - photo Sergey Gorshkov

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tolbachik

- KVERT - Plosky Tolbachik

- Activolcans - rapport journaliers - news volcaniques

- Nasa Earth Observatory - photos satellites.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Vénus possède de nombreux volcans, mais sont-ils encore actifs ?

 

Venus-photo-radar-Magellan.jpg                                                      Vénus - photo radar Mission Magellan


Que savons-nous avec certitude ? Vénus est une planète tellurique, avec une surface solide composée à 85% de roches volcaniques.

 

structures-planetes-telluriques.jpg             Les quatre planètes telluriques (plus notre satellite) et leur structure interne


La sonde vénusienne Magellan, restée en orbite de 1990 à 1994, a révélé la topographie de la planète, grâce à ses images radar. Une caractéristique étonnante de la surface de Vénus est son très faible taux de cratérisation, ce qui implique qu’elle est très jeune. En outre, d’impressionnantes formations d’origine volcanique, comme des volcans boucliers, des pancakes en forme de crêpes et d’autres structures nommées corona et nova, indiquent une forte activité volcanique ayant récemment remodelé la surface de Vénus.

 

venus_pancakes.jpgnova.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


A gauche, structures en pancakes

  A doite, Structure dite Nova

  La sonde Vénus express de l’ESA, lancée en avril 2006 et dont la mission est toujours en cours,  a montré récemment des changements importants dans la concentration de dioxyde de soufre à la surface de la planète. Ceci confirme les relevés de la mission de Pioneer (1978-1992).

 

havevenusian---physorg----E.Marcq-ESAnewman.jpgAbondance, hausses et baisses des concentrations de SO2 dans l'atmosphère vénusienne (70 km) repérés lors des missions spatiales Pioneer, Magellan et Vénus express -  doc ESA / AOES - E.Marcq & al.

L’épaisse atmosphère de Vénus contient plus d’un million de fois la quantité de dioxyde de soufre que ne contient l’atmosphère terrestre. La plus grande partie du SO2 est caché sous un couvercle de nuages denses, et la chimie de ce gaz, faisant qu’il est rapidement détruit par la lumière solaire, permet de déduire que le SO2 détécté dans la haute atmosphère vénusienne, au dessus de cette couche nuageuse, doit avoir été approvisionné récemment par le dessous … peut-être à partir d’éruptions volcaniques.

 

Green_house-effect-on-Venus---ESA.jpg            Gaz à effets de serre et couches de l'atmosphère de Vénus - doc ESA / AOES - E.Marcq & al.


Mais un écueil de taille vient compliquer ce raisonnement : s’agit-il d’une éruption importante ou de plusieurs éruptions ?

Difficile d’identifier de plus l’origine du SO2 suite à une circulation atmosphérique extrêmement rapide (4 jours contre 243 jours pour une rotation complète autour de son axe) qui provoque une diffusion du gaz à la surface de sorte que les points de sortie sont difficiles à localiser.

D’après les scientifique en charge, "une éruption volcanique peut agir comme un piston qui pousse le dioxyde de soufre vers les niveaux plus élevés, mais la particularité de la circulation dans cette atmosphère, non encore comprise totalement, peut mixer les gaz et reproduire un résultat identique " (Dr Emmanuel Marcq of Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales, France, et J-L. Bertaux) .

 

Venus---Iduun-mons---46S-214-5E-sonde-Magellan.jpg            Planète Vénus - Iduun Mons - image radar Mission Magellan / doc. Nasa JPL photojournal

 

Ces observations complètent celles faites à l’aide du VIRTIS – Visible and Infrared Thermal Imaging spectrometer) équipant la sonde, et qui permettent d’étudier la composition des roches de surface.

Au sommet d’Idunn Mons (46°S, 214,5°E), localisé dans la région de Vénus appelée Imdr Regio, la composition des roches ne ressemble pas à celles environnantes, exactement comme ce serait le cas sur Terre à proximité d’une coulée de lave récente. Les roches fraîches provenant de la cristallisation d’un magma ayant rejoint la surface de la planète n’auraient pas encore eu le temps de voir leur composition altérée par le contact avec l’atmosphère de Vénus. D’après les chercheurs,  la fraîcheur des structures géologiques, comme celles montrant des flots de lave, laisse supposer un âge inférieur à 100 millions d’années pour plusieurs régions, certaines coulées datées seulement de 2,5 Ma.

Les volcans vénusiens seraient donc toujours actifs !

 

 De prochaines missions révèleront peut-être le site d’éruptions volcaniques récentes ou en cours.

 

Sources :

- ESA - Have Venusian volcanos been caught in the act ? - link

- Nature Geosciences 02.12.2012- Variations of sulphur dioxyde at the cloud top of Venu's dynamic atmosphere - By E. Marcq, J-L. Bertaux & al. - link

- Newscientist - Mysterious bright spot found on Venus - R. Courtland - 07.2009 - link

- Nasa JPL - photojournal - images of Venus - link

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