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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Kamchatka - Au Tolbachik, l’éruption explosive-effusive continue. Le cratère principal contient un petit lac de lave, et une fontaine de lave qui alimente les coulées.

La sismicité demeure à un niveau élevé avec une amplitude du trémor supérieure à 6,28 mcm/s.

 

2013.01.25 Tolba -Y.Demyanchuk            Tolbachik 25.01.2013 - Coulée s'élargissan en un petit "lac de lave" - photo Y. Demyanchuk

 

2013.01.23 - Y.Demyanchuk

2013.01.23-26 before and after - Toba - Y.Demyanchuk                    Tolbachik - 23 au 26.01.2013 - "avant et après" - photo Y. Demyanchuk / KVERT

 

Nouvelle-Zélande – White island

Les geysers de boue continuent dans le lac de cratère, le 25 janvier.

Des mesures par le GNS donnent des valeurs similaires à celles relevées le 19.12.2012 : Taux de dioxyde de carbone : 1800 tonnes/jour, taux de SO2 : 366 tonnes/jour et d’H2S : 15 tonnes/jour.

Le 29 janvier, un changement du trémor est enregistré ; passant de continu à intermittent, mais fort. Le lac de cratère est occupé à s’assécher, et les fréquentes émissions de gaz, vapeur et boue restent vigoureuses, et projettent boue et roches à plusieurs dizaines de mètres au dessus du niveau du lac. Le panache est visible depuis la baiede Plenty.

 

2013.01---GeoNet.jpg

2013.01.24-WI---GeoNet.jpg            White Island - manifestations et assèchement du lac de cratère - photos GeoNet / GNS


Le 30 janvier, le lac chaud est à sec et un petit cône de tuff commence à se former sur son plancher. L’évent actif continue de produire des émissions intermittentes, et vigoureuses de boue et gaz montant à 50-100 m. de hauteur.

D’après GNS, la situation reste dangereuse pour les visiteurs : le monitoring passé du lac montre en effet que cette activité de geysering est souvent suivi d’éruptions cendreuses, et d’explosions de boue, roches et parfois même de soufre fondu sans beaucoup de signes avant-coureurs.


Sicile – Etna

Le 28 janvier dans l’après-midi, l’activité strombolienne a repris dans le cratère de la Bocca Nuova, précédée par des émissions de cendres.

 

Simultanément, le NSEC a présenté lui aussi une activité strombolienne accompagnant durant deux heures et demi celle de la Bocca Nuova.

L'activité a été stable entre 19h30 et 21h00, puis à commencer à diminuer peu à peu en intensité. Les explosions ont cessé vers 23h00. L’amplitude du trémor a brièvement été multipliée par 4-5 pour revenir à son niveau précédent ensuite. 

 

2013.01.28-tremor-EBELZ.gif

Etna - pic du trémor des 22-23 et du 28.01.2013. - INGV Catania

 

2013.01.28-BC---NSEC---B.Behncke-INGV-copie-1.jpgEtna 28.01.2013 / 12h49 GMT - panache de gaz au NSEC - à gauche - et émission de cendres à la Bocca Nuova - au fond à droite - photo Boris Behncke / INGV Catania

 

2013.01.29-8h36-cam-therm.jpg

Etna - webcam thermique 29.01.2013 / 08h36 - tout le sommet est "chaud" et deux panaches s'élèvent de la Bocca Nuova et du nouveau cratère sud-est. - doc. INGV Catania

 

La Bocca nuova est toujours active le 30.01 en début de soirée.


2013.01.30 18h 33 BN

 Boris Behncke, volcanologue à l’INGV, fait remarquer que cette simultanéité de l’activité à deux cratères sommitaux ne s’est plus remarquée depuis 12 ans … par contre, durant la période  d’activité 1995-2001, il était normal de voir une activité simultanée de deux, voire trois, plus rarement quatre cratères sommitaux.

Le 4 septembre 1999, un épisode sub-plinien a marqué la Voragine, suivi par du fontaining à la Bocca Nuova, et finalement un épisode d’activité strombolienne à l’ancien cratère sud-est, culminant dans la fracture de haut en bas du cône de scories.

 

Mexique - Fuego de Colima

Le 29 janvier à 3h58, une explosion, semblable à celle du 6 janvier, a secoué le volcan, couplée à l'expulsion de matériaux incandescents et l'émission d'un panache montant à 3.000 mètres. Elle a été audible à Ciudad Guzman. Des cendres ont été emportées vers le nord-est.

Une zone d'exclusion de 7,5 km. est maintenue autour du cratère.(Proteccion Civil de Jalisco)

 

 

Indonésie :

On signale des anomalies thermiques au Karangetang et au Paluweh (Rokatenda) le 27.01.2013 - Activolcans / Modvolc

Le VAAC Darwin relève une émission de cendres au Batu Tara, qui garde son alerte aviation à l'orange.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique Cántaro-Colima, situé à l’extrémité sud du graben Colima, comporte trois volcans, dont un des plus actifs d’Amérique du nord.

 

1-s2.0-S0377027309004107-gr1.jpg                    Complexe Cántaro-Colima - image radar et ondes courtes de la Nasa 


Cadre tectonique : le TMVB – Tranversal Mexican Volcanic belt

Le TMVB est l’arc volcanique du néogène, construit sur la partie sud de la plaque nord-américaine ; sa partie nord-ouest est liée à la subduction de la micro-plaque Rivera (un des restes de la plaque fossile Farallon) sous la plaque nord-américaine, et au point de triple jonction formé par le rift Tepic-Zacoalco au NO, le rift Chapala à l’E et le graben Colima au S.

 

Environnement-tectonique-Colima---F.Nunez-Cornu.jpg                 Le TMVB ouest  - environnement tectonique du Colima (C 1 et 2) - F.Nunez-Cornu

 

Geology-and-erupive-history-of-active-volcanoes-of-Mexico--.jpg Tectonic setting of the western portion of the Trans-Mexican Volcanic Belt, after DeMets and Stein (1991), Lange and Carmichael (1991), and Luhr et al. (1989).

Les stratovolcans sont : 1—San Juan; 2—Sangangúey; 3—Tepetiltic ; 4—Ceboruco; 5—Tequila; 6—La Primavera caldera. Colima Volcanic Complex: 7—Cántaro; 8—Nevado de Colima; 9—Colima volcano. ChG—Chapala Graben; CiG—Citala Graben; MAT—Middle America Trench (discontinuous line);
TZR—Tepic-Zacoalco Rift. Les lignes représentant les fractures


Les volcans du graben Colima :

L’activité volcanique au Quaternaire a commencé vers 1,6 Ma dans le graben Colima avec la formation du stratovolcan Cántaro, caractérisé par des coulées de lave andésitique suivies de dômes dacitiques. Cette activité a cessé il y a 1 Ma.

Le Cántaro est entouré à l’ouest et à l’est d’un groupe de cônes de cendres, datés de la fin du Pléistocène.

 

JF.Luhr---Colima-andesite--03.jpg Carte simplifiée du graben Colima : les failles, le Cántaro, les cinder cones ( étiquettés CAB - calc-alkaline basalt, BA - basaltic andésite, B - Basanite et M - minette)  et le complexe Colima - doc. the Colima volcanic complex / James F. Luhr and Ian S.E. Carmichael

 

Au sud du Cántaro, le complexe Colima forme une structure, grossièrement circulaire de 12 km. de diamètre, composée de deux volcans qui se recouvrent : le Nevado de Colima et le Fuego de Colima.


Le Nevado de Colima :

Il forme le point culminant du complexe avec ses 4320 mètres.


Nevado_de_Colima---Jrobertiko-Skyscrapercity.JPG                      Le Nevado de Colima - photo Jrobertiko / Skyscrapercity

 

Son histoire éruptive est complexe, influencée par l’activité de la faille Tamazula. Elle se décompose en 6 périodes distinctes selon les dernières études (Cortés & al . 2005), dont trois sont marquées par des avalanches de débris.

1.      Il y a 53 Ma, un stratovolcan composé de laves andésitiques, de dépôts pyroclastiques, et de dépôts de retombées s’est formé : un géant de 25 km. de diamètre et un volume de plus de 300km³.

2.    Un second édifice lui succède, plus petit, d’âge inconnu

3.    Un troisième est associé à la formation d’une caldeira semi-circulaire de 4 km. de large, ouverte vers le sud-est, produite par un un effondrement de flanc qui a causé une avalanche de débris visible près du village d’El Platanar.

4.    L’activité se poursuit avec la construction d’un quatrième édifice et l’émission de coulées andésitiques, de coulées pyroclatiques et retombées. Une de ces coulées est datée de 350.000 ans (Robin & Boudal) . Elle s’est terminée avec l’effondrement latéral du volcan vers le SE et une nouvelle avalanche de débris, exposée à 25 km. du cratère dans la ravine Beltrán et Tuxpan-Naranjo.

5.    Un cinquième édifice s’est construit, avec une activité finissant sur un évènement explosif qui a produit une coulée de blocs et cendres sur 17 km. vers l’ESE , et laissé une caldeira ouverte vers l’ENE, datée de 16.500 ans avant JC.

6.    Une période de repos a suivi. Des éruptions explosives ont formé des coulées de ponces et cendres jaunes datées de 16.000 ans environs avant JC. Une série d’éruptions pliniennes s’est produite entre il y a 8.000 et 2.000 ans, avec des retombées de cendres et de surges pyroclastiques dans la caldeira. L’activité éruptive du Nevado de Colima s’est terminée avec des coulées andésitiques intra-caldeira et la mise en place du dôme El Picacho, actuel sommet du volcan.


Fuego---nevado-de-colima---Protection-civile.jpg

Le complexe Colima: à l'avant-plan, le Fuego de Colima et au fond, le Nevado de Colima - photo Proteccion civil de Jalisco

 

Le Fuego de Colima :

Contemporain de la dernière période d’activité du Nevado de Colima, le Paleofuego a commencé à s’édifier à 5 km. au sud de celui-ci, il y a 38.400 ans (Komorovski 1993).

Ce volcan laisse actuellement une caldeira large de 5 km. ouverte vers le sud. La projection des parois de cette caldeira suggère que ce paléovolcan devait atteindre jadis une hauteur de 4.100 m. asl.

Le Paléofuego s’est effondré au moins cinq fois au cours de son histoire, et les dépôts associés ont couvert une surface de 5.000 km². La dernière avalanche de débris est datée d’il y a 2.500 ans.

 

fuego-de-Colima-DEM---2011.jpg                   Le Fuego de Colima et le bord restant de la caldeira du Paléofuego - DEM 2011


L’activité a migré ensuite vers le sud de la caldeira du Paléofuego, pour former le stratovolcan Fuego de Colima, aussi appelé volcan de Colima.

Il est composé de couches de laves andésitiques et de dépôts pyroclastiques ( retombées, surges et coulées pyroclastiques).

Ce jeune volcan est très actif, et a expérimenté quelques 43 éruptions dans les 400 années passées.

Les premiers rapports détaillés débute le 15 février 1818, date à laquelle une éruption explosive détruit le dôme de lave, disperse cendres et scories de Guadalajara à Mexico, et laisse un cratère de 500 mètres de large.

Le 12 juillet 1869, un évent parasite commence à se former. El Volcancito sera actif jusqu’en 1872, caractérisé par deux épisodes importants de VEI 3.

 

Colima---Tapiro-fotografia.jpg Le Fuego de Colima , flanqué d'El Volcancito, domine la Valle de la Luz- photo Tapiro Fotografia 2010


L’installation d’observatoires à Colima et Jalisco entre 1893 et 1903 va permettre des observations systématiques … avant l’éruption de VEI 5 de janvier 1913.


Sources :

- Global Volcanism Program - Colima

- The Colima Volcanic Complex, Mexico - by James F. Luhr and Ian S.E. Carmichael

- Geology and eruptive history of some active volcanoes of México

José Luis Macías - Departamento de Vulcanología, Instituto de Geofísica, Universidad Nacional Autónoma de México,

- Tapiro fotografia - volcan de Colima - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Au cours de la seconde décade du 20° siècle, deux éruptions importantes secouèrent le Mexique, dans la zone du TMVB - le Trans Mexican Volcanic Belt.

L’éruption de 1913 au Colima et l’éruption 1913-1927 au Popocatépetl, malgré leur déroulement en pleine révolution mexicaine, ont attiré l’attention des volcanologues du monde entier.

Elles furent suivies de deux décades de calme relatif, avant la naissance du Paricutin en 1943.

 

L’éruption du Fuego de Colima en 1913 :

Le 17 janvier 1913, une série d’explosions génère un panache de cendres et gaz ; l’éruption se poursuit le 20 janvier et entre dans sa phase plinienne, avec la formation d’une colonne haute de 21 km. , dispersée vers le NE par les courants stratosphériques.

 

1913-colima---Saucedo---al.jpg                              Fuego de Colima - l'éruption de 1913 - doc. archices Saucedo & al.

 

colima-1909---1913---Waitz-1915-Zeitschrift-vulkanologie.jpg

Le profil du Colima avant l'éruption en 1909 (fig.3) et après l'éruption de 1913 (fig.4) - doc Waitz (1915) - in Zeitschrift Vulkanologie.

 

Les journaux locaux rapportent des dépôts de ponces de 15 cm. d’épaisseur à Zapotitlan, Jalisco et de 4 cm. à La Barca, Jalisco. Des cendres retombent sur la ville de Saltillo, à 700 km au NE du volcan.

 

Colima-1913---ciudad-Guzman--GV-P.jpgFuego de Colima - Après l'éruption plinienne de 1913, les dépôts de cendres s'ammoncèlent dans les rues de Ciudad Guzmán, à 25 km. au NE du volcan - auteur de la photo anonyme / GVP

 

L’effondrement de la colonne plinienne provoque une coulée pyroclastique descendant sur 15 km. sur le flanc sud du Fuego de Colima.

L’éruption laisse un sommet qui a perdu 100 mètres, et un nouveau cratère cahotique de 400 mètres de large et d’une profondeur alternant entre 50 et 100 m..

Entre le 17 et le 24 janvier 1913, 1.700 Mm³ de tephra sont expulsés pour une éruption qualifiée de VEI 5.

 

Colima-crater-rim-1913---Julian-flores-1936.jpg                Le cratère dévasté du Colima après l'éruption de 1913 - photo Julian Florès.

 

Evolution ultérieure du volcan :

Après cette phase plinienne, un nouveau dôme se réinstalle pour occuper tout le cratère en 1958, puis déborder en 1961-62 en formant une coulée de lave sur le flanc nord qui atteint El Playon.

Le Colima va construire ensuite des dômes de lave et émettre des coulées de lave et différents types de nuées ardentes.

En 1982 et 1991, les coulées pyroclastiques sont produites par un effondrement gravitationnel des parties externes du dôme sommital ;

En 1998, elles sont dues à l’effondrement du front de coulée et elles accompagnent des explosions dans le cratère en 2005.

 

1991.04.16 - pyroclastic flow 2 - Alfredo Ramirez

              Fuego de Colima - coulée pyroclastique du 16.04.1991 - photo Alfredo Ramirez

 

1998.11.22-pyrocl.-flow---Abel-cortes-Colima-volc.-observ-jpgFuego de Colima - coulée pyroclastique du 22.11.1998 - photo Abel Cortes / Colima Volcano Observatory

 

Colima----Coulee-pyroclastique-13.03.2005---Tapiro-foto.jpgFuego de Colima - développement de la coulée pyroclastique du 13.03.2005 - photo Tapiro fotografia

 

Demain, nous évoquerons la tectonique, la formation et la géologie du complexe Colima ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Colima

- Geology and eruptive history of some active volcanoes of México
José Luis Macías - Departamento de Vulcanología, Instituto de Geofísica, Universidad Nacional Autónoma de México

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Hindukush-mt-in-chitral---Ali-Jaffri-Mountain-project.jpg

                      Afghanistan - montagnes de l'Hindukush - photo Ali Jaffri / Mountain project


L’Afghanistan est marqué géologiquement et tectoniquement par la zone de collision entre les plaques Indienne et eurasienne; elle se traduit par la présence de la chaîne de montagne de l’Hindukush, qui culmine au Nowshak à 7.485 mètres, et deux sites volcaniques jeunes. Les forces tectoniques s’y expriment surtout au travers de fréquents et forts séismes.

 

quake1935PakistanQuetta1.jpgLes plaques tectoniques incriminées : Eurasienne, Indienne et Arabique (carte établie au moment du séisme de Quetta 1935) - les blocs et failles régionales


Le champ volcanique Vakak est situé à 115 km. à l’OSO de Kabul. Il se compose de 18 petits volcans dacitique à trachytique. Ce champ volcanique est considéré comme le plus au nord  d’un groupe de petits champs volcaniques de la région de Ghanzi. L’activité de ces dômes endogènes est relativement récente, moins de 10.000 ans.

 

Dacht-i-Navar-group---Nasa-copie.jpg            Les champs et groupes volcaniques afghans - doc. Nasa JPL / Aster Volcano archives


Le groupe volcanique Dacht-i-Navar se compose de 15 dômes de lave trachyandésitique, localisés au cenre-ouest de l’Afghanistan. Relativement jeunes, ils sont considérés comme potentiellement actifs.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vakak group

- Global Volcanism Program - Dacht-i-Navar group

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La zone de subduction Makran caractérisée par du volcanisme et des volcans de boue en Iran se poursuit aussi au Pakistan voisin où on dénombre 18 volcans de boue, en deux groupes : le complexe Chandragup (7 volcans de boue au NE d’Aghor / Hungol river) et le Jabl-ul-Ghurab ( 11 volcans de boue entre Kutch et Gwadar).

 

chandragup_ali_2010042.jpgLe complexe Chandragup - photo Nasa earth Observatory / EO-1 Ali 02.2010

 

Le complexe Chandragup est composé de deux structures : le Chandragup I, haut de 100 mètres, possède un cratère de 15 mètres de large ; il déborde régulièrement et ses coulées boueuses ont noirci les flancs nord-ouest. Le flanc sud est ponctué par un cratère inactif aujourd’hui.

Le Chandragup II a un cratère empli par un lac de boue en forme de huit, probablement le résultat de volcans jumeaux dont les cratères se sont effondrés pour n’en former qu’un seul.

Près du groupe Chandragup, se trouve un temple hindouiste appelé Hinhlaj temple ou Nani temple.

 

chandragup-2005---Offroaders-club-karachi.jpg

     Le complexe Chandragup - les véhicules 4x4 donnent l'échelle - photo OffroadersClub Karachi

 

Pakistan---Chandragup-volc.jayshah27.jpg                                             Le Chandragup I - photo Jayash

 

Pakistan---Rani-mud-volcano---jayshah28.jpg            Le Chandragup II (Rani volcano) - dégazage actif dans ce volcan de boue - photo Jayash


En novembre 1945, un séisme de magnitude 7,8 en mer Arabique au large de la côte de Makran a provoque un tsunami tuant 4.000 personnes  et détruisant villages et infrastructures pétrolières. Il secoua les volcans de boues d’Hungol faisant ressortir les gaz de ces structures ... ils s’enflammèrent, laissant croire à une éruption.

 

Le “volcan Tor Zawar” : différent des volcans de boue communs au Pakistan.

Plus au nord, dans un contexte géologique tout à fait différent, une petite éruption basaltique (moins de 5 m³) se produit, le 27 janvier 2010, à 75 km. au NE de Quetta sur le site de Tor Zawar.

D’après des témoignages locaux, de la vapeur s’est échappée en continu de six fissures. Le matériel émis, ressemblant à de la lave, des scories et du verre volcanique, fut retrouvé froid et solidifié en surface, mais toujours chaud en subsurface. La coulée couvre une surface de 15 m²et une épaisseur de 15 à 60 cm., solidifiée en couches concentriques en atteignant la surface.

 

Tor-Zawar-eruption-2010.jpgSite de Tor Zawar - A. le cône d'éjecta sur site - B. le même déplacé au Musée des sciences de la Terre, et montrant quelques zone de déplacements / cassures - photos : A. Rana & Akhtar 2010 - B. Kahar 2010 / in GVP

 

Deux échantillons furent analysés par le Geoscience advance research laboratories, l’un décrit comme spongieux, l’autre comme vitreux. La composition révélée donne un taux de SiO2 de 48,02 – 48,27 wt% et  5,18 – 5,23 wt% de Na2O+K2O , qualifiant du basalte alcalin.

 

Tor-Zawar-eruption-site2010.jpgLocalisation du site de Tor Zawar - compris entre les failles Gogai et Bibai, dans la zone de collision entre la plaque indienne et la plaque eurasienne. - From Kerr, Khan, and McDonald (2010), modified from Khan, Kassi, and Khan (2000).

 

Les volcanologues considère la tectonique régionale et l’origine de ce volcan comme "spéciale ".

Le site est localisé dans la formation volcanique Bibai, datée du Crétacé; la chimie a indiqué que des basaltes alcalins similaires ont été trouvé dans les roches volcaniques Bibai. Ces roches sont très anciennes et proviennent d'éruption sous-marine il y a 72 Ma, au sud de l'équateur, et ont dérivé ensuite vers le nord avec le sous-continent indien qui est venu emboutir la plaque eurasienne. Divers séismes dans la zone pourraient avoir développé de nouvelles fissures, ou modifié des fissures pré-existantes, facilitant la remontée de matériaux fondus.

 

Une explication est proposée : une fusion asthénosphérique localisée entrainerait un mélange appauvri, contaminé par des matériaux fusibles du manteau, durant le trajet vers la surface.

 

 

Alternativement, il a été proposé que cette lave a été produite de la même manière que de la fulgurite.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tor Zawar - Peculiar, unprecedented eruption emitted <5 m3 of frothy basalt

- Mud volcanoes of Balochistan

- Panic in Ziarat - by Asif Nazeer Rana, Deputy Director in Geolabs, Geological Survey of Pakistan, Islamabad.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La plupart des volcans de boue du sud-est iranien sont situés le long de la plaine costale de la mer d’Oman, sauf le volcan Pirgel situé à 300 km. à l’intérieur des terres.

 

Makran-accretionary-prism---dorostian---drgeorgepc.gifSud-est iranien - Zone de subduction Makran et position des volcans ( A en violet) et des volcans de boue - différentes zones de failles et d'accrétion - doc. Dorostian / drgeorgepc.

 

Gel-Afshan-mud-volcano----2----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg               Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Ils sont de deux types :

- Les volcans de boue chaude sont associés aux volcans Taftan et Bazman, et sont la conséquence de l’activité volcanique. Ils sont caractérisés par une température des eaux et boues extrudées de 70 à 90°C, plus élevée que la température ambiante ; les gaz émis sont sulfureux et ils présentent des incrustations de soufre dans leur cratère.

- Les volcans de boue froide sont d’origine sédimento-tectonique, et complètement déconnecté de l’activité ignée. Leurs eaux et boues sont à température ambiante ou inférieure. Les gaz émis sont principalement du dioxyde de carbone ou des gaz d’origine biologique. Les volcans Borborok et Pirgel sont de ce type.

 

Leur morphologie peut différer fortement: formé de un ou plusieurs cônes, ou d’un simple réservoir à fleur de sol.

 

Mud-volcanoes-Makran-coast2.jpgA -Location map of SE Iran with the position of a north-facing subduction zone off the Makran coast (adapted from Hosseini-Barzi & Talbot, 2003).

B– Location of mud volcanoes in Sistan-Balochistan Province, SE Iran. Prigel mud volcano is in the central part of the province.

C– Location of Boborok and nearby mud volcanoes in the coastal region, SE Iran.

Doc. Negaresh

 

Le volcan de boue Napag est particulier à divers titres : il a la forme d’une colline en cône haute de 36 mètres. Son émission de gaz méthane et la formation de grosses bulles le rendent uniques parmi les volcans de boue iraniens. Son activité peut être douce, ou occasionnellement éruptive avec émission de grandes quantités d’une boue visqueuse.

 

Gel-Afshan-mud-volcano----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg              Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Gel-Afshan-mud-volcano----3----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg               Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Le volcan de boue froide Borborok a été actif depuis 1989 jusqu’en début 2004, date à laquelle il est devenu dormant, sans explication aucune. C’est un volcan multi-cônes : le cône principal est flanqué de plusieurs cônes périphériques. Sa morphologie indique qu’il n’y a pas eu qu’un seul cratère actif dans le passé … la boue a été émise de différents sites , chaque cratère crachant une boue épaisse qui a formé des cônes … érodés ensuite, pour laisser des cratères de 100 à 150 m de diamètre, alors que les cratères actifs sont de plus petites dimensions, leur cratère mesurant entre 20 et 70 mètres.

La hauteur actuelle du plus haut cône est de 32 m., laissant estimer une hauteur avant érosion de 90 à 100 mètres.

 

Le volcan de boue froide Pirgel est situé à l’intérieur des terres à l’est du Bazman. Il est localisé sur un anticlinal étroit de marnes, entre deux synclinaux allongés, sur une colline de 1 km. sur 500 m. Plusieurs cônes le forment, le plus grand de 127 m. de hauteur au dessus des terrains environnants et culminant à 1667 m. au dessus du niveau marin. Sept cratères sont actifs ou semi-actifs, cohabitants avec quatre autres dormants.

La boue du Pirgel est plus saline que celle des autres volcans de boue du Balouchistan, et les gaz émis sont composés exclusivement de dioxyde de carbone.

Le mécanisme de formation est une haute pression d’eau interstitielle : l’eau est prisonnière des sédiments ce qui mène à une intrusion de boue liquide le long de failles ou fractures. Si la pression est suffisante, l’argile liquide est poussée, avec les gaz, vers la surface. Des facteurs sismiques peuvent aussi contribuer à l’éjection de boue et d’eau.

Peu étudié, il n’est pas repris sur la carte géologique de l’Iran.

 

Sources :

- Mud volcanoes in Sistan and Baluchestan Provinces, Makran Coast, Southeast Iran - by Osséine Negaresh / Geography and Environmental Planning Faculty, University of Sistan and Baluchestan, Zahedan, Iran

- The Geomorphic and Morphometrics of Napag Mud Volcano
In the South Eastern Area of Iran - by H.Negaresh and M. Khosravi -
Geography Department, University of Sistan and Baluchestan

- Mud volcanoes : indicators of stress orientation and tectonic controls - by Marco Bonini.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                     Les Monts Taftan, dans le sud-est Iranien - photo treklens / Yogesh Mazurian

Bien que dans le cadre général du déplacement de la plaque arabique, la zone de subduction de Makran , au sud-est de l'Iran, est caractérisée par la subduction de la croûte océanique d’Oman sous la plaque eurasienne. Cette zone est comprise entre la zone de collision entre les plaques Arabique et Eurasienne, le long des monts Zagros, à l’ouest et la zone de collision entre la plaque Indienne et la plaque Eurasienne à l’est. L’angle de la dalle plongeante est faible, environ 20°, et possède un faible ratio d’activité sismique.

La zone de subduction de Makran, de direction est-ouest, est longue de plus de 800 km. Le fossé, associé au front d’accrétion actuel, ne présente pas le relief typique des autres fosses océaniques de par le monde. L’érosion extensive de la chaîne himalayenne et les nombreuses rivières coulant dans la partie nord de la Mer arabique  ont empli le fossé de sédiments d’une épaisseur atteignant plus de 7 km. Cette zone est sous surveillance active, en raison d’un risque potentiel de tsunami.

PakistanPBmap.jpgGrandes lignes tectoniques : zones de collision et la Makran subduction zone (en violet) - image google annotée / Wired science.

 

WATER_11069_2008_9259_Fig2_HTML.jpg          Séismes et tsunamis avec dates - Tectonique locale de la Makran Subduction Zone - MSZ -

                                                                    doc. Springer

Plusieurs volcans parsèment la zone : le Bazman le Taftan, et différents champs volcaniques.

Volcans-SE-Iran---GVP.jpg Situation des volcans et champs volcaniques du SE Iranien et du Pakistan - map produced by S. Purcell / GVP

 

Volcans-SE-iran----G.Mc-Call.gif             Alignement des centres éruptifs calco-alcalins du SE de l'Iran - doc . G. McCall

Le volcan Bazman est un stratovolcan à dominance andésitique culminant à 3.490 mètres, coiffé d’un cratère de 500 mètres de large. Des cônes satellites sont responsables de coulées de lave de composition "basalte à olivine", dont certaines proéminentes et marquées par des levées. Aucune éruption historique n’a été enregistrée mais une activité fumerollienne mineure persiste.

 

Bazman---Aster-copie-2.pngLe volcan Bazman, au centre de l'image - imposante coulées de lave avec "levées" d'un cône satellite, en bas à gauche - image ASTER - Nasa

Le volcan Taftan est un stratovolcan andésitique dominé par deux sommets proéminents, établi sur une zone volcanique à cheval sur le Bélouchistan (SE Iran) et le Pakistan. Le sommet sud-est bien préservé culmine à 3.940 mètres ; il a été la source de coulées de lave à l’aspect récent. Le sommet du cône sud-est abrite une zone fumerollienne active. Le cône nord-ouest profondément découpé est daté du Pléistocène.

Taftan-volc.-google.jpg                                                Le Taftan en hiver - photo Google

 

Taftan---Naser-Ramezani.JPG             La zone fumerollienne sommitale du Taftan - photo Naser Ramezani

Taftan en Perse signifie " l’endroit de la chaleur ".

Un champ volcanique "sans nom" est situé entre les volcans Bazman et Taftan . Ce champ est composé de cônes et cratère parfaitement conservés qui se sont mis en place entre un groupe de pics calcaires datés du Crétacé. Il a produit des coulées de lave basaltique au quaternaire.

Unnamed-volc.-Makran-SE-Iran---Nasa-Landsat7.jpgChamp volcanique entre le Bazman et le Taftan - coulées de lave basaltique - image Nasa Landsat 7

Plus à l’ouest, le champ volcanique Qal’eh Hasan Ali se compose de 14 maars datés de la fin du Quaternaire.

Ces maars ont un diamètre variant entre 150 et 1200 mètres ; le plus grand, qualifié de Grand cratère, a un diamètre de 1.200 mètre pour une profondeur de 200 à 300 mètres. Leur âge est estimé, sur base de leur degré d’érosion, entre 5.000 à 50.000 ans ; ils se sont formés en perçant un désert alluvial, un socle granodioritique et des roches volcaniques dans une zone située à plusieurs centaines de kilomètres des plus proches volcans du quaternaire.

Qual-eh-Hasan-ali---SE-Iran----Nasa-Landsat7.jpgLe champ de maars Qal'eh Hasan Ali / SE Iran -  au centre, le "Great crater" - image Nasa Landsat 7

 (worldwind.arc.nasa.gov)

 

Sources :

- Global volcanism Program - Volcanoes of the Middle-east - Iran and Afghanistan.

- Structure of the Makran subduction zone from wide-angle and reflection seismic data - by C. Kopp & al. 

- Subduction in the Western Makran: The historian’s contribution - by R.M.W. Musson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 Sicile – Etna :

Après un bref évènement strombolien le 20 janvier, remarqué sur les webcams, l’activité a repris le 23 janvier 2013 vers 19h30 GMT au cône de scories du nouveau cratère sud-est.

L’activité strombolienne a perduré toute la nuit, avec de belles explosions, et l’émission de bombes et autres tephra sur les bords du cratère pour s’arrêter le 23, vers 6h30, en laissant le flanc Est du cône libre de neige, suite aux retombées de matériaux incandescent.

  Webcam Radiostudio7 de 19h44 et 21h13 :

2013.01.22-19h44.jpg2013.01.22 21h13 

2013.10.-22---NCSE---M.-Restivo-Flickr.jpg

Une excellente photo de l'activité strombolienne du 22 janvier au NSEC Etna - à voir en bonne définition sur la page Flickr de Marco Restivo

 

2013.01.22-23-tremor-EBELZ.gif    Montée et chute du trémor les 22 et 23.01.2013 en partie droite du diagramme - doc. INGV Catania


Rappellons qu’entre le 10 et le 18 janvier, l’activité strombolienne a marqué par trois fois la Bocca Nuova avant de se déplacer vers le cratère sud-est, calme depuis le 24 avril 2012 après une série de 25 épisodes paroxystiques accompagnés de fontaines et coulées de lave.

 

Chili – Villarica :

Des images thermiques nocturnes prises par le satellite Terra / Aster révèlent une augmentation légère de température au fond du cratère du Villarica à partir du 7 janvier 2013. Une reconnaissance de terrain le 15 janvier a permis d’entendre des explosions au fond du cratère. Le POVI signale que l’activité a repris à un niveau bas après six mois de calme, et précise que le 16 et 17 janvier, les observateurs ont vu une condensation de vapeur sur les parois supérieures internes du cratère : la fonte saisonnière de la glace et de la neige, qui a débuté il y a deux semaines, a drainé de grandes quantités d’eau dans et à la base des glaciers. La chaleur interne évapore l’eau du système hydrothermal dans la zone proche de la cheminée du volcan, et celle-ci se condense sur les parois internes supérieures.

A surveiller dans les jours suivants.

   

Nouvelle-Zélande – White Island

Selon Brad  Scott, volcanologue du GNS, l’activité hydrothermale du petit lac chaud de White island a fortement augmenté depuis fin 2012 ; elle est la plus forte activité de ce type depuis plusieurs années et pourrait mener vers une activité volcanique à terme imprévisible.

La surface du lac se soulève sous l’action combinée de la vapeur et des gaz, qui y amène des quantités importantes de sédiments.

Le niveau du trémor est élevé et en rapport avec l’activité hydrothermale vigoureuse.

Source : GeoNet

 

2013.01.21-GeoNet.JPG                         White Island - activité hydrothermale - photo GeoNet / Brad Scott

 

 

 Papouasie Nouvelle-Guinée 

Le Tavurvur a débuté une nouvelle phase éruptive le 19 janvier en fin de journée, précédée par une hausse importante des émissions de SO2 depuis quelques jours, se soldant par une défoliation rapide de la végétation aux alentours. L'aéroport local a été fermé et le niveau aviation est à l’orange. Des cendres ont été repérées le 22 à faible altitude par le VAAC Darwin.

 

 

 

2013.01.19---d-apres-You-tube.jpg

                              Tavurvur - panache éruptif d'après la vidéo You Tube

 

Mexique – Fuego de Colima

Volcanodiscovery rapporte trois nouvelles explosions cendreuses au Colima : deux samedi 19 et une le 20 janvier, ne produisant que de petits panaches de cendres montant à quelques centaines de mètres. La zone d’exclusion de 5 km. demeure effective.

C’est aussi en janvier le centième anniversaire de l’éruption de 1913 … comme les anniversaires se bousculent en ce moment, nous y reviendrons plus tard !

 

Colima-1913-2013.jpg                                                Photo  Proteccion Civil Jalisco Uepcbj

 

Kamchatka – Tolbachik

L’éruption explosive-effusive se poursuit au Tolbachik , avec un trémor en hausse  depuis le 14.01, et une amplitude à plus de 8,2 mcm/s le 22 janvier. Les coulées de lave continuent à être émises au départ de la fissure sud sur le Tolbachinsky Dol.

Trois cônes de scories sont actifs sur la photo ci-dessous.

 

2013.01---Sergey-Semenov---Olga-Girina.jpg                           Tolbachik - photo Sergey Semenov / via Olga Girina - 16.12.2012

 

Sources :

Global volcanism Program - Activolcans - Volcanodiscovery - GNS - KVERT - POVI - VSI


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une petite pause dans notre série sur les volcans Iraniens, pour commémorer une éruption spéciale ...


Heimaey - islandadventures.is                  L'éruption de l'Eldfell en 1973 - photo archives islandadventures.is.

 

Il y a 40 ans, dans les îles Vestmann, une éruption sur le flanc Est de l’Helgafell  donnait naissance au volcan Eldfell et détruisait une partie de la ville de Vestmannaeyjar.

 

 

 

Les 21 et 22 janvier 1973, des séismes ont lieu sous l’île de Heimaey, trop faibles pour être ressenti par la population, mais enregistrés sur les sismographes.

Le 23, à 1h.55, une fissure de 300 mètres s’ouvre sur le flancs est de l’Helgafell ; elle passe rapidement à 1800 m. ; une vingtaine de fontaines de lave jaillissent de celle-ci, à plusieurs centaines de mètres de hauteur … le vent entraîne cendres et scories vers la ville de Vestmannaeyjar. Les 5.300 habitants sont évacués en sept heures, les moins valides par les airs, les autres embarquent sur les bateaux de pêche en direction de la grande île.

 

eldfjellerupting 73 - Geostudy            Heimaey 1973 - Fontaines de lave sur le ville de Vestmannaeyjar - photo Geostudy


Le 24, seules trois fontaines sont très actives sur la partie NE de la fissure, qui émet des coulées de lave en direction est. Les coulées atteignent la mer, et le 25, le panache de vapeur et de cendres atteint 9.000 m. de haut. … la ville est recouverte de 10 cm. de poussières.

 

Heimaey-day-3---Digo.jpg  Heimaey 1973 -  vie aérienne au 3° jour de l'éruption - de droite à gauche, le cône de l'Helgafell,  le cône en formation de l'Eldfell et le panache blanc des laves entrant en mer - photo Digo.            


Le 26, la fissure atteint 3 km. de long se prolongeant en mer des deux côtés ; un cône de scories s’est formé, qu’on appellera plus tard Eldfell, d’où jaillissent des fontaines de lave hautes de 150 m. et des coulées qui s’avancent de 500 m. en mer.

Le 30 janvier, le nouveau volcan a atteint 115 mètres de hauteur, les épanchements de lave ont agrandi l’île de 1 km² et l’on estime que le volume de cendres retombées sur la ville est de 2 millions de m³.

Quinze jours plus tard, la surface couverte par la lave est de 3 km² ; les coulées menacent de fermer le port, et de condamner par la même occasion l’industrie locale axée sur la pêche.


hmap.gifEn mars, les coulées de lave avancent lentement mais inexorablement dans la ville, engloutissant une soixantaine de maisons et détruisant trois des cinq batiments de congélation.

 


Carte détaillant la progression des coulées en fonction du temps - doc. USGS


Mais le courage et l’obstination des quelques 150 volontaires restés sur place, permettront de limiter les dégâts de l’éruption : dès le début de février, ils décident de verser de l’eau de mer sur le front de lave pour le figer.

Des aides extérieures amènent des pompes de 03.-1973-pompes-en-action---Sigurgeir-Jonasson----USGS.jpggrande puissance et c’est maintenant 4.500 tonnes d’eau de mer qui sont déversées chaque heure sur le front de coulée, ce qui amène sa température à 200°C. Vingt mille m³ de roches en fusion sont ainsi refroidi chaque heure, et aussitôt attaqués par les bulldozers et nivelés pour créer un barrage naturel.

 


Les bateaux Sandey and Lóðsinn pompant l'eau de mer pour la rejeter sur le front de lave -  Photograph courtesy of Sigurgeir Jónasson, March 1973 / USGS

 

vestman-Heimaey-1973--.jpgLa ville de Vestmannaeyjar, le cône de l'Eldfell et la nappe de lave de 220 hectares, qui a failli condamner l'entrée du port en 1973 - photo centrum.is

 

En mai, l’activité explosive devient intermittente puis elle s’arrête.

En juillet, quelques familles reviennent sur Heimaey et remettent en route une usine de traitement du poisson. Dans l’année qui suit, la totalité des habitants a regagné la ville, nettoyé et évacué les cendres ; La ville bénéficie maintenant du chauffage assuré par le volcan, et seuls les anciens se souviennent de cet épisode dramatique.

(d'après un récit détaillé de M. Krafft)

 

Iceland-1975-Heimaey-volcano-eruption-stamp.jpg                                   Timbre commémoratif islandais de l'éruption (1975)

 

Heimaey-1-AVE.jpg Des décennies après l'éruption, on peut encore apercevoir des ruines sous la couche de cendres durcie - © Antony Van Eeten

 

800px-Vestmannaeyjar041---H.Krapf.JPG        L'Eldfell et les coulées qui ont failli condamner le port de Vestmannaeyjar. - photo H. Krapf

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Damavand, l’un des volcans les plus hauts au monde, est situé au sud de la Caspienne, au NE de la capitale iranienne, Téhéran.

Ce volcan massif, de plus de 400 km³, repose sur le lit plissé des monts Elbrouz.  Son activité à dominante trachyandésitique fut principalement originaire de l’évent sommital, avec une série de coulées radiales de nature effusive, ce qui lui vaut ce beau profil !

 

Damavand-Peak-by-Hamid-Yaghoubi.jpg

       Le cône parfait du Damavand en hiver, et sa fumerolle sommitale - photo Habid Yaghoubi


Geology of Damavand volcano13Le volcanisme y a débuté il y a au moins 1,8 Ma ; trois périodes d’activité significatives sont relevées, sur base d’analyses d’échantillons de terrain : de 1,2 Ma à 800.000 ans – de 280.000 ans à 150.000 ans – 60.000 ans à 7.000 ans.

 

Schéma évolutif du Damavand - by Jon Davidson & al / Geology of Damavand volcano.

 

Les stratovolcans montrent en général des évolutions majeures de leur système magmatique dans le temps, qui s’accompagne de changements dans la composition des produits éruptifs … le Damavand présente au contraire une composition homogène des ses matériaux éruptés sur plus d’un million d’années.

Une longue période de dormance a suivi la première phase active, permettant une érosion importante du vieux Damavand, aide par une forte altération hydrothermale et des effondrements sectoriels.

L’activité du jeune Damavand a probablement débuté entre 600.000 et 500.000 ans. Un jeune cône s’est installé sur l’ ancien édifice,  dont il ne subsiste qu’une portion en demi-lune, la dorsale de Sardobitch.

Son activité effusive a dominé avec des émissions pyroclastiques limitées, et un seul évènement explosif majeur  qui a produit une ignimbrite soudée il y a 280.000 ans (Ask ignimbrite).

 

Damavand_from_space.jpg         Le cône symétrique du Jeune Damavand et son petit cratère sommital - photo Nasa / JPL

 

Damavand_Volcanic_Crater-08.2009-M.Samadi.JPG                        Damavand - cratère et lac sommitaux - photo M. Samadi août 2009

 

Son cratère, bien préservé, a un diamètre de 150 mètres et contient un petit lac gelé de 40 m. de diamètre. Malgré l’altitude, la région est trop aride pour supporter des glaciers permanents ; seuls de petits "penitentes " témoignent, comme sur les sommets des Andes, de ces conditions d’altitude.

En 1993, une visite du sommet a révélé la présence d’un petit mais puissant évent fumerollien sur le bord sud du cratère, émettant des gaz riches en SO2 à une température de 50°C environ, et de dépôts de soufre (sulphuric hill). Une autre visite par des équipes de la SVG en 1999 a confirmé cette situation … signe de sa potentielle activité future.

 

Damavand---hkiaee-Summitpost.JPG

Damavand - l'évent fumerollien proche du sommet (des personnages sur la gauche donnent l'échelle) - photo Summitpost / hkiaee.


 L’activité plus récente a consisté en une série de coulées de lave couvrant le côté ouest du volcan. La dernière éruption est datée (U/Th) de 5.350 avant JC. Toutefois, des sources chaudes ponctuent ses flancs.

 

Damavand---04.2004---Iran-Skiing---summitpost.jpg                    Le Damavand vu du premier refuge - photo Summitpost / Iran skiing 2004

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Damavand

- The geology of Damavand volcano, Alborz Mountains, northern Iran – by Jon Davidson & al / GSA 2004

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