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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Sicile - Etna :

Après le cinquième paroxysme marquent le nouveau cratère Sud-est du 23 février, plus intense que ses prédécesseurs, et caractérisé par des fontaines de lave de 600 à 800 m. de haut, des scories de taille impressionnantes ont été retrouvées à proximité du refuge de Monte Baracca (Etna nord). Les 24 et 25 février, l’effusion de lave au départ de la fissure située à la base du NSEC (qualifiée de FES2) s’est poursuivie. Le front de coulée a atteint la quote 2500. La lave est émise avec un faible ratio et  se déplace lentement dans un étroit chenal, sa surface devenant vite scoriacée.

 

2013.02.23---Messina-cenere-etna---meteo-web.jpgEtna - les cendres consécutives à l'éruption du 23.02.2013 sur la ville de Messine - photo sascha di bartolo / meteo web

 

Rifugio-di-Monte-Baracca---meteoweb.jpg

 Le refuge de Monte Baracca577264---fragment-de-lave-Monte-Baracca-2013.02.25--BBehnck.jpg

cerné de scories

photo Meteoweb

 

Scorie de grande taille découverte lors de la visite du 25.02 par Boris Behncke / INGV

(24 cm. de large)

2013.02.27--BN-5h04.jpg

       Etna - activité strombolienne à la Bocca Nuova - 27.02.2013 / 5h04 - webcam Radiostudio7

 

Dans la nuit du 27 février vers 5h, la Bocca Nuova a présenté un épisode de forte activité strombolienne suivi de petites fontaines de lave. Le sommet est couvert ensuite par les nuages.

Vers 10h30, le trémor monte en flèche. Des émissions intermittentes de cendres sont signalées sur Santa Venerina, émanant vraisemblablement, selon Boris Behncke, de glissement de matériaux dans le cratère .

Cet épisode est similaires à ceux qui ont marqué la Bocca Nuova entre mi-janvier et début février.

 

2013.02.27-tremor-BN-en-baisse-ECPNZ.gif

                        Etna - à droite courbe du trémor de l'épisode du 27.02.13 à la Bocca Nuova


2013.02.27-12h15-BN.jpg     Etna - quand le sommet se découvre, l'épisode du jour à la Bocca Nuova - webcam INGV Catania

 

L'activité s'est poursuivie en soirée ... et semble migrer, ou inclure la Voragine 

 

2013.02.27-18h30.jpg                       Etna Nord-ouest - webcam Bronte - 27.02.2013 / 18h30

 

2013.02.27-19h30.jpg                Etna - l'activité strombolienne perdure - webcam RadioStudio7 27.02.2013 / 19h30

 

Nouvelle-Zélande – White island

Le niveau d’alerte volcanique a été reporté à 2, et le niveau d’alerte aviation à l’orange le 23.02.13, suite à un changement de style d’activité : l’évent actif  produit des cendres ; cette activité s’est poursuivie par des explosions de gaz et vapeur.

 

2013.02.24---WI---niv.2---Geonet-twitter.jpg  White Island - émissions de gaz et vapeur au niveau de l'évent - 24.02.2013 - photo GeoNet / Twitter


Cet épisode actif a débuté en août 2012 avec des explosions et émissions de cendres, suivies en novembre 2012 par l’extrusion d’un dôme de lave. L’instabilité a augmenté mi-janvier 2013 et se poursuit, avec une activité hydrothermale au niveau du lac.

 

Indonésie

Paluweh (Rokatenda)

James Reynolds, présent sur l’île ce week-end (23.02 -…) a mis en ligne une vidéo du dôme qui s’effrite et se désagrège sous l’effet de séismes volcaniques à répétition (toutes les 20 minutes), ainsi qu’une photo de la zone de coulées pyroclastiques et du petit delta qu’elles ont formé sur la mer, au sud de l’île.

 

Paluweh-dead-zone-2013.02---James-Reynolds.jpgPaluweh - le goulet canalisant les coulées pyroclatiques et le delta formé par celles-ci en mer - 23.02.2013. photo James Reynolds.

 

 

 

Java ouest – Tangkubanparahu

Le VSI a élevé le niveau d’alerte à 2 / Waspada suite à une hausse de trémor et de fins dépôts de cendres sur les bords du cratère actif Kawah Ratu.

Ce volcan est un stratovolcan bas proche de la ville de Bandung ; son activité depuis le 19° siècle a été dominée par les épisodes phréatiques au départ de cratères nichés dans la caldeira elliptique de 1 km sur 1,5.

 

Tangkuban-Perahu---Isna--Flickr-Involcan.jpg                    Cratère du Tangkubaparahu - photo Isna / Flickr / Involcan

 

Papouasie- Nouvelle Guinée – Karkar

Le VAAC Darwin signale dans son rapport du 25.02 à 22h46 une éruption sur l’île de Karkar, accompagnée d’un panache de cendre montant à 9.000 mètres. L’alerte aviation a été portée au rouge, puis abaissée au jaune le 26.02.


Karkar-79-W.Johnson-ABMR.jpg                     PNG - L'île de Karkar - en 1979 - photo Wally Johnson / ABMR

Cette île recouverte de forêts posséde deux caldeira sommitales - elle est située à 64 km. au nord de Madang.

 

 

Equateur – Sangay

Ce volcan, éloigné et difficile à atteindre, présente depuis le 22 février des émissions de cendres, d’après le VAAC Washington … faibles et non repérables par les satellites. Aucun bulletin de l’IGEPN pour le moment.


Pérou – Sabancaya

Depuis le 15 février, une augmentation de l’activité est signalée, avec des émissions de panaches de cendres intermittents, s’élevant jusqu’à 1.000 mètres.

Plus de 500 secousses ont été enregistrée les 22 et 23.02, accompagnées d'une augmentation des fumerolles (vapeurs et gaz volcaniques) au sommet. Le volcan a été placé en alerte "jaune".

L’activité sismique actuelle ressemble à celle précédant l’éruption de 1986.

Sources : Reuters – RPP Noticias - Ingemmet.

 

Sabancaya--AVE-3----2010.jpg                            Le Sabancaya - photo Antony Van Eeten / 2010


sabancaya-02.2013---jaune---Ingemmet.jpg                            Sabancaya - fumerolles sommitales le 25.02.2013 - photo Ingemmet

 

Kamchatka - Tolbachik

L'éruption explosive-effusive se poursuit, avec effusion de lave au niveau de la fissure sud sur le Tolbachinsky Dol et un fort dégazage. La sismicité reste à un niveau élevé, avec une amplitude de trémor supérieure à 4,1mcm/s. (KVERT)


2013.02.25-Tolba---Y.Demyanchuk.jpg                Tolbachik - coulée de lave canalisée - photo Y. Demyanchuk 25.02.2013

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

 

P1070019---CHB-copie-2.jpg

Le volcan Ardoukôba dans son contexte, à proximité du lac Assal - 11.2009 © Carole et Frédéric Hardy


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           Ardoukôba - les laves et le cône Gira-le-Koma - photo © Carole et Frédéric Hardy / 11.2009


L'Ardoukôba, baptisé par Haroun Tazieff du nom du secteur où il est apparu, est le dernier-né des volcans de la planète, et il est celui qui a eu la vie la plus brève : son éruption a duré du 7 au 14 novembre 1978, libérant plus de 43 mégatonnes de basalte à phénocristaux et 6 milliards de mètres cubes de gaz constitués de 80 % d'eau.


Situé sur le rift d'Asal, situé entre le lac Asal et le Ghoubbet al Kharâb, à l'ouest de la ville de Djibouti, le volcan Ardoukôba est un volcan de type fissural à éruption basaltique.
Son altitude est d'environ moins 100 mètres. Notez que le lac Asal, proche dépression, a une altitude de moins 157 m. 

 

Rift-Asal---Nasa-ISS004-E-11422-space-shuttle.jpg A gauche, le lac Asal et la banquise de sel - à droite, le Ghoubbet al Khârab - entre les deux, le rift d'Asal -  photo Nasa ISS004-E-11422 / 1992


Le 7 novembre, après une brève période de dégazage, une fissure de 500 m. de long s’ouvre, caractérisée par des fontaines de lave. L’extrusion est massive au cours des 2-4 premières heures, avec 500.000 m³ de lave par heure (Needham & al.) et la formation de 3 spatter cones. Ce débit va décliner rapidement.

 

Ardoukoba----Al--Cros.jpg

               Ardoukôba - Vue aérienne du lac et des flots de lave de 1978 - photo A.Cros.

 

Le 9 novembre, seul l’évent principal reste actif, formant un cône, nommé Gira-le-Koma, de 30 m. de haut, 200 m. de long et 25 de large, avec une pente externe à 60°. Son cratère contient un petit lac de lave, dont le niveau va baisser rapidement à partir du 13 novembre, puis disparaître. La fin de l’éruption, le 14 novembre, est précédée d’une brève éjection de scories et de bombes.

Le volume total de lave émis est estimé à 12 millions de mètres cubes, recouvrant une surface d’un peu plus de 3 km². L’épaisseur des coulées varie entre 1 et 2 m. en moyenne, mais atteint 25 m. par endroits. Près de 25 fissures parallèles au rift, de direction NO-SE, se sont ouvertes durant la période d’activité ; la plupart mesure entre 1-2 mm et 1 mètre de large, avec un court segment large de 3 mètres, et un déplacement vertical de plus de 50 cm.

 

cgeolrif            De nombreuses failles parcourent l'espace entre le lac Assal et le Ghoubet al Kharâb.
                       L'Ardoukôba est en "violet foncé sur la carte géologique. - doc. JP.Berger


La fissure éruptive d’Ardoukôba, longue d’une douzaine de kilomètres, est située entre le Lac Assal et le golfe de Ghoubbet Al Khârab en Mer Rouge, dans une zone tectonique en extension permanente.

Elle est constituée d’un grand nombre de spatter cones et de cônes de cendres, tous basaltiques. Certaines phases éruptives ont permis la formation de cônes de tuff par interaction entre le magma et de l’eau d’origine marine. De nombreux épanchements de lave s’y sont produits dans les 3000 dernières années.

 

Ardoukoba-Spalte.jpg                                       Fracture dans le rift Djiboutien - photo Spalte.


Son éruption a clos une période d'intense activité sismique (80 séismes de magnitude 4 par heure au maximum) et a libéré d'importantes contraintes. Mais sa signification est essentielle : c'est la preuve concrète de l'écartement incessant des continents …les fissures, sur lesquelles il se trouve, s’ouvrent à la vitesse moyenne de 2-3 cm par an … l’écartement est passé brusquement à 1,20 mètre lorsqu'est apparu l'Ardoukôba.


Haroun Tazieff avait pressenti que toute cette zone appartient à un futur océan, l'océan "érythréen", qui sera ... dans quelques années, aussi important que l'Atlantique. C’est en 1969 au colloque organisé par la Royal society que la théorie des plaques a émergé comme concept reconnu, sur base de travaux d’océanographie géophysique menés en Mer Rouge, dans le Golfe d’Aden et en Afar.

 

Timbre-1-ardoukoba.jpg

La république de Djibouti a commémoré l'éruption du plus jeune volcan de la planète en éditant des timbres-poste.

(in  http://www.delcampe.fr/page/list/language,F,cat,87,var,Timbres-Afrique-Djibouti.html)

 

Timbre-2-ardoukoba.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ardoukôba

- Demange, J., and Tazieff, H., 1978, The "tectonic" eruption of the Ardoukoba (Djibouti): C.R. Acad. Sci. Paris, Ser. D, v. 287, p. 1269-1272.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Surtsey, protégée depuis sa naissance de toute intervention humaine, constitue un laboratoire naturel.

Elle produit une information sur les processus de colonisation d’une terre nouvelle par les plantes et les animaux, sur le long terme.

 

Surtsey---Unesco-world-heritage.jpg                   Surtsey, un univers minéral neuf ... à peupler ! - photo Unesco World's heritage.


Les pionniers :

Dès le début de 1964, les scientifiques, seuls humains autorisés à y poser le pied, ont pu observer l’apparition de pionniers.

Les premiers colonisateurs sont des diatomées, retrouvées sur les plages de sable en août 1964, suivies par les moisissures, les bactéries et les champignons. Les organismes marins ont usé de nombreux moyens pour atteindre l’île.

 Les courants marins ont dispersé les spores des algues, et les larves du plancton. Les animaux qui avaient un stade larvaire sessiles et a vécu sur le fond de la mer à proximité lorsque l'éruption a commencé ont eu un avantage par rapport à d'autres espèces benthiques … ils furent capables de coloniser cette terre dès que les phénomènes éruptifs se sont apaiser et que la cendre ne la recouvrait plus.

Des  oiseaux marins, vivant dans les zones littorales proches, ont pu apporter dans leur plumage spores et larves animales.


L’arrivée des premiers organismes : Leurs mécanismes de débarquement sont variés : dispersion par la mer, par le vent, par les oiseaux.


Au printemps 1965, des graines et des parties de plantes furent dropés par les flots sur le nouveau rivage. La première espèce fut Cakile artica, Caquillier arctique, une crucifère de la famille des moutardes, suivie de Honckenya peploides, le pourpier de mer – Leymus arenarius, le seigle de mer – Martensia maritima, la mertensie maritime. Ces graines, supportant les eaux de mer, sont vraisemblablement originaires d’Heimaey ou de la côte sud de l’Islande, respectivement à 18 et 32 km.

Des matériaux dérivants ont pu contribuer à l’apport de graines, de petites plantes ou d’animaux.

 

Cakile-arctica.jpg                    Cakile artica, Caquillier arctique, une moutarde pionnière - photo Dick Vuijk

 

pourpier-de-mer--Honckenya-peploides---Ivan-Bilek.jpg                  Honckenya peploides, le pourpier de mer- Photo Ivan Bilek / naturfoto.cz


Outre cette dispersion marine, on relève la dispersion éolienne des graines et fruits. Les premieres plantes utilisant ce moyen furent le séneçon vulgaire – Senecio vulgaris et la linaigrette – Eriophorum species, divers saules – Salix herbacea, lanata,et phylicifolia, les pissenlits – Taraxacum sp.

Les mousses, les lichens, les champignons et les algues ont également profiter des vents …

 

Surtsey-vegetation-pionniere-2012---Olafsson-E-jpg             Surtsey - végétation pionnière sur les champs de lave - 2012 - photo E. Olafsson


La dispersion par les oiseaux migrateurs ou pélagiques, transportés sur leurs pattes ou dans leur plumage, ou par l’entremise de leurs fientes se fait dans un premier temps lors de leur passage, dans un second lors des premières installations.

 

Black_Guillemot_Cepphus_grylle---Boaworm.jpg                                Guillemot à miroir sur une falaise - photo Boaworm


Les premiers oiseaux ont commencé à nicher sur Surtsey trois ans après la cessation de l’activité volcanique. En 1970, les nids de deux guillemots à miroir – Cepphus grylle et d’un pétrel fulmar – Fulmarus glacialis sont découverts. Puis c’est au tour d’autres espèces pélagiques et/ou nordiques. Le premier passereau à nicher est le bruant des neiges – Plectrophenax nivalis (maintenant appelé Plectrophane des neiges) en 1996.


Bruant-des-neiges-juv.-1--ois.-nicheur-1996---D.Bergman-20.jpg

                    Bruant des neiges juvéniles en 1996 - photo Surtsey research center


Depuis, 89 espèces d’oiseaux y ont été dénombrées, dont 57 espèces nicheuses en Islande. Surtsey abrite 60 espèces de plantes, 75 de bryophytes, 71 de lichens et 24 de champignons ; 335 espèces d’invertébrés ont été relevées.

 

Sources :

- The Surtsey Research society - link

- Surtsey - Unesco World's Heritage center - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

L'unique éruption connue de Surtsey, qui fait ainsi de lui un volcan monogénique, a servi à définir le type surtseyen qui est caractérisée par trois phases : une sous-marine, une hydromagmatique et une aérienne.


 

Surt4.jpg                         Types éruptifs, énergie dégagée et rapport de masse eau/magma.

Les blasts Surtseyen se produisent pour un ratio eau/magma de 0,3 - schéma Wohletz & McQueen 1984.

 

Phase 1 – sous-marine : la lave sort d’une fissure sous-marine au fond de l’océan pour produire un tuya, un volcan en table, fait de pillow-lavas et de hyaloclastites ; la pression de la colonne d’eau empêche toute activité de type explosif, et le volcan sous-marin grandit jusqu’à atteindre un niveau proche de la surface.


Formazione Surtsey - phPhase 2 - hydromagmatique : Lorsque cette pression devient suffisamment faible pour ne plus pouvoir contrecarrer la pression engendrée par la lave qui se fragmente, l'éruption passe dans sa phase hydromagmatique. Sous l'effet du choc thermique engendré par la rencontre entre de l'eau à quelques degrés Celsius et de la lave chauffée à plus de 1 000 °C, cette dernière se fragmente sous le coup d'explosions et l'eau se vaporise. De la surface de l'eau s'élève alors un panache volcanique essentiellement composé de vapeur d'eau mais aussi de gaz et de cendres volcaniques qui peut s'élever à des milliers de mètres d'altitude. Les gerbes de lave fragmentée peuvent, elles aussi, percer la surface de l'eau, donnant alors naissance à des panaches dits " cypressoïdes ". Par accumulation de téphras, le volcan grandit au point d'émerger peu à peu puis complètement au point que la cheminée volcanique débouche au-dessus du niveau de l'eau.  Photos Chicco3

 

600px-Surtseyan Eruption-fr.svg - Sémhur                                      Schéma de l'éruption de type Surtseyen - doc. Semhur


Phase 3 – aérienne : avec l’édification d’un cône, l’eau ne pénètre plus dans le cratère et l’activité, devenue effusive, va former un volcan-bouclier. On a affaire à des fontaines et des coulées de lave. Cette dernière, plus résistante à l’érosion que les matériaux pyroclastiques va assurer la pérennité de l’île ; les coulées pourront former à leur tour, en atteignant la mer, de nouvelles laves en coussins et des hyaloclastites.

 

20.04.1964---Solarfilma.jpgSurtsey - coulées de lave atteignant la mer le 20.04.1964 - doc. Solarfilma /the Surtsey research society.

 

-Surstey_Island---09.2007---ph.CanonS2.jpg                                Surtsey en septembre 2007 - photo CanonS2

 


Les roches de la surface de Surtsey se présentent sous deux formes principales : les téphra et la lave, basalte à olivine, une des roches les plus basiques de toute l’Islande. D’autres formations rocheuses  sont présentes, par transformation des matériaux originels : du tuff palagonitisé, formé à partir de téphra et de loess déposé par les vents ; divers roches allochtones (fossiles, granites, gneiss, dolomites, schistes et quartzites) se trouvant sur les fonds marins, ont été projetées et mélangées aux téphra lors des explosions du volcan.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vestmannaeyjar

- Oregonstate un. - Surtsey - link

- Surtsey - the Surtsey research society - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après un quatrième épisode le 21 février, avec fontaines de lave etnuage de poussières en direction du nord du volcan, l'activité strombolienne a repris à l'est-sud-est du cône vers 15h30 le 23 février.

 

2013.02.23 MDM Etna WalkLe début de la phase de fountaining - photo Marco di Marco / via Etna Walk - le site est accessible en cliquant sur la photo.


Vers 17h30, l'activité effusive a repris au niveau de la fissure FES2 avec une coulée qui s'est avancée d'une centaine de mètres en 30 minutes.

Peu après 18 heures, une faible lueur provient de la fissure FEPV, puis le temps se couvre.

 

2013.02.23-18h27.jpg2013.02.23-18h31-webcam2_24.jpg

23.02.2013 -

18h31  webcam LAVE

18h27 (19h27)

webcam INGV

 

 

 

 

A 18h45, des fontaines de lave qui vont en s'intensifiant sont suivies d'un débordement de lave, vers 19h15, en direction de la Valle del bove.

 

2013.02.23-EBELZ.gif

Le climax est atteint : des fontaines de lave s'élèvent à 800-900 mètres, accompagnées d'un panache de cendres et scories, poussé ensuite vers le nord-est du volcan.

Le fountaining s'est produit principalement au départ de deux bouches alignées est-ouest, sur la pertie supérieure du cône, et s'est maintenue de 19h35 à 20h05 avant de diminuer d'intensité.

La dernière fontaine est aperçue vers 20h20, suivie d'explosion strombolienne occasionnelle jusque vers 20h50.

Le front de lave s'est avancé jusqu'à le cote 2500.

L'activité effusive à la fissure FES2 s'est poursuivie lentement puis en déclin régulier.

 

mappa-fessure---Etna-walk.jpg            Carte du SEC - cratère sud-est et des fissures éruptives actives - doc. etna Walk


Des chutes de matériaux pyroclastiques de plusieurs centimètres sont remarquées sur le flanc nord-est de l'Etna. La chute de scories et de bombes de plusieurs décimètres, encore incandescentes, sont signalées sur le versant médiant nord- est au niveau de la cote 1700, avec des dommages à la végétation.

Des cendres et des lapilli centimétriques sont retrouvés jusqu'à Messine.

 

2013.02.24-7h22.jpg

               Modifications au NSEC au moment d'écrire l'article - 24.02.2013 7h22 - webcam LAVE

 

Sources :

Photos et commentaires : Etna Walk & Boris Behncke

Webcams LAVE et INGV Catania

 

Vidéo Turri Caggegi : 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Surtsey_eruption-1963---Doc.-NOAA.jpg

              Surtsey , île-volcan née de la rencontre entre le magma et l'océan - photo NOAA 1963

 

Après les 70 ans du début de l'éruption du Paricutin, 2013 célèbre les 50 ans du début de celle de Surtsey .

 

Surtsey, une éruption sans beaucoup de signes avant-coureurs :

A partir du 11 novembre 1963, seule une odeur de soufre est perceptible par les habitants de Vik, au sud de l’Islande. Le 14 novembre au matin, le cuisinier d’un bateau de pêche remarque une odeur de soufre et de la fumée à l’horizon … il est 7h.30 et aucun S.O.S. n’est capté ! C’est bien une éruption volcanique qui débute. Vers 15 h., une fissure s’ouvre  et l’éruption, phréatomagmatique dans sa phase débutante, propulse cendres, vapeur et eau en jets cypressoïdes pulsatiles … un panache s’élève variant entre 6.000 et 10.000 mètres. Surtsey, une nouvelle île, nait.

 

Un anneau de tuff se constitue grâce au dépôts de tephra palagonitisés issus de " base surges " ou de retombées. Le 16 novembre, le volcan a 45 mètres de haut et 600 m. de large, et l’île présente un facies de ride allongée et coupée d’un bord à l’autre par une fissure active en 3-4 endroits. Le 23 novembre, la nouvelle structure atteint une altitude de 100 mètres, et de 140 mètres en fin d’année.

 

Surstsey-21.11.1963---geology.ohio-state.edu.jpg

                              Surtsey - 21.11.1963 - photo geology Ohio sate un.

                

Le 29 décembre, un panache est signalé entre Surtsey et Geirfuglasker … c’est une nouvelle éruption sous-marine, et les volcanologues, certains de la naissance d’une nouvelle île, la nomme Surtla. Mais le niveau du volcan n’atteindra pas la surface et le 6 janvier 1964, son activité s’arrête.

 Durant les premiers mois de l’éruption, le volcan développe deux types d’activité distincts, fonction de la pénétration on non du cratère par la mer : les panaches cypressoïdes de produits pyroclastiques et d’eau alternent avec des explosions et l’éjection de lave, cendres et lapilli.

 

Sur Surtsey, l’activité du cratère Surtur diminue en fin d’année 1963 pour cesser en fin janvier : l’île mesure alors 1.500 mètres de long pour une hauteur de 180 m.

Le 1° février 1964, des séismes sont ressentis aux Vestmann et vers minuit, des blocs incandescents sont projétés à une cinquantaine de mètres de hauteur ; un nouveau cratère s’est formé, Surtungur (Surtur junior) qui crache des fontaines de lave. Le 4 avril, une activité effusive démarre sur Surtur et un lac de lave de 120 mètres de diamètre se forme. Des coulées sont émises qui consolideront la masse de téphra instables … l’activité effusive va se poursuivre jusqu’en fin mai 1965 : l’île de Surtsey a alors une surface de 1,5 km², couverts pour un quart de laves, dont le volume , à cette date, est estimé à 270 millions de mètres cubes. Une activité fumerollienne persistante s’installe alors.

 

section-des-cones-de-tuff---Moore-1985---oregonstate.jpgSurtsey - coupe est-ouest des deux cônes de tuff formant le relief de l'île - pas d'exagération verticale - doc. Oregonstate un.

Surtsey_Island---ph.CanonS2.jpgSurtsey - le plateau de lave se termine par une falaise littorale et est bordé, au nord, par le cratère Surtur en tuff palagonitisé (surmonté actuellement par la station météo de l'île) - photo CanonS2.

 

 

Le 23 mai 1965, une tache sombre est aperçue par l’équipage d’un avion au NE de Surtsey et le lendemain, vers 7 h., la mer entre en ébullition. Vers 14h.30, les vitres des maisons de Heimaey tremblent, signe concomittant à une explosion qui fera naître un nouveau volcan : Syrtlingur.

Surt2---oregonstate.jpgFin mai, on distingue un cratère sous-marin, qui émet par intermittence des colonnes de cendres et vapeur …le 5 juin, le sommet du volcan émerge.


Surtsey et les îles-fantommes Jolnir, Syrtlingur et Surtla - en pointillé, trace de la fissure éruptive en échelon - doc. Oregonstate un. / Kokelaar and Durant, 1983 / From Moore 1985.

 

Le 6 juin, l’île a 10 mètres de haut, pour un diamètre de 35 mètres. Le 12 juin, la structure s’effondre et l’île va commencer à "faire le yoyo". Elle réapparait le 14 juin, elle atteint sa plus grande taille le 15 septembre : 65 m. de haut et un diamètre de 600 m. Elle est aperçue pour la dernière fois le 17 octobre.

 

Jolnir-22.08.1966-R.Williams-USGS.jpg

                          L'éphémère Jolnir le 22.08.1966 - photo R. Williams / USGS


La région demeure calme jusqu’au 26 décembre 1965, date du début d’une nouvelle éruption, cette fois au SO de Surtsey : Jolnir apparaît le 28 décembre. Cette île va suivre la même évolution que Syrtlingur : le 3 janvier 1966, elle mesure 90 mètres sur 45, pour quelques mètres de hauteur. Elle disparaît le 5 pour refaire surface le 15 janvier, avant de sombrer le 27. Février est marqué par sa présence du 7 au 16, puis du 28 au 3 mars. Elle sera définitivement engloutie le 20 septembre.

 

Tous ces centres éruptifs, principaux sur Surtsey, adventifs pour les autres, sont situés sur une même et unique fissure en échelons de 4,5 km. de longueur. Elle sera marquée, le 19 août 1966, par une dernière reprise de l’activité : une fissure s’ouvre dans le cratère Surtur, et trois hornitos émettent de la lave qui atteint la mer le 20.08. Toute activité s’arrêtera trois mois plus tard.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vestmannaeyjar

- Oregonstate un. - Surtsey - link

- Surtsey - the Surtsey research society - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Volcan-Paricutin-desde-mirador-de-Angahuan---J.Valencia-F.jpg

               Le volcan Paricutin depuis le belvédère de Angahua - photo J. Valencia Farias


Le Paricutin a été souvent cité dans la littérature locale comme l’une des sept merveilles naturelles du monde, pour ces diverses raisons :

Il fait partie d’un champ volcanique comptant plus de 1400 évents différents, le champ Michoacán-Guanajuato, qui couvre une vaste région de 200 km. sur 250 au centre-ouest du Mexique. Il comporte, outre les cinder cones prédominants, de petits volcans-bouclier, des dômes de lave, des maars et tuff rings (concentrés dans la vallée de Santiago) et des coulées de lave. Les dernières structures formées sont le Jorullo au 18° siècle, et le Paricutin.

 

le-Champ-volcanique-Michoacan.gif

Carte géologique du  champ volcanique Michoacán et localisation des structures et coulées de lave  - 

Carta geológica (Después de Demant, 1976) que muestra la distribución final de los derrames de lava y el contexto regional de conos cineríticos de un típico vulcanismo monogenético similar al Volcán Parícutin. / Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo.


Comme beaucoup de cônes de cendres, le Paricutin est un volcan monogénique … c'est-à-dire qu’après son éruption, plus ou moins longue, un volcan monogénique n’entrera plus jamais en éruption à la même place ; toute nouvelle éruption dans un champ volcanique monogénique se fera à un endroit nouveau.

 

San-Juan-Parangricutiro----YAB.jpgDu village de San Juan Parangaricutiro, il ne reste que des ruines de l'église, dont le clocher, le fronton et le coeur ressortent des coulées de lave du Paricutin - photo Yann Arthus Bertrand


C’est l’un des rares volcan observé depuis sa conception, et non seulement par les scientifiques.

Parmi ces derniers : Teodoro Flores del Instituto Geológico de México dans son "Estudio del Paricutin " et Foshag et Gonzalez-Reyna dl’USGS avec le "Birth and development of Paricutin volcano ".

En 1993, les volcanologues du Smithsonian Institute, James Luhr et Tom Simkin, préparent un ultime livre sur le sujet " Paricutin, le volcan né dans un champ de céréales Mexicain ".

 

 

Docteur-Atl-Volcan-Paricutin-01---Nat-Geo.jpg                        Le Paricutin par José Murillo / Dr Atl -


José Gerardo Francisco Murillo ... connu sous le pseudonyme de docteur Atl, signifiant "eau" en Nahuatl, la langue des aztèques,  eau ... la source de vie, a passé sept ans à décrire et peindre le volcan. Il fera de nombreuses œuvres, ErupcionDelParicutinDoctorAtl-GerardoMurillo.pngsur des surfaces rigides (bois ou isorel) en utilisant les " couleurs Atl ", de simples crayons de cire, résine et pigments, qui lui permettent d’obtenir des textures impossibles à rendre avec une peinture à l’huile.

 

Paricutin / Dr Atl


Il écrit aussi une monographie sur le volcan : "Cómo nace y crece un volcán, el Paricutín " - "Comment naît et croît un volcan, le Paricutin".

L’inhalation des gaz du volcan va lui causer des problèmes de santé et en 1949, il devra être amputé de la jambe droite. 


Durant sa phase d’activité, le volcan fait partie du décor vivant dans le film "Captain from Castile " réalisé en 1947, avec Tyrone Power ; il relate l’invasion du Mexique par les troupes de Cortez, vue par un jeune officier espagnol fuyant l’inquisition. Ce film fut l’un des plus coûteux produit à cette date par Hollywood : la production a passé 83 jours sur le terrain, souvent importuné par la faible qualité de l’air et les cendres du volcan.

 

-Captain-From-Castile.jpg8-12-2011-7-49-40-PM.jpg

  Cassette et image tirée du film "Captain from Castile" - 1947 -

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a également été le centre d’intérêt de livres tels que " Hill of fire " et "Violent volcanoes ".

 

Divers retables peints reprennent le thème de l'éruption ...

 

Paricutin_retablo_painting-MNH.si.edu.jpgSan Juan Parangaricutiro - une peinture votive dans la cathédrale montre une phase préliminaire de l'éruption avec des champs et pâturages toujours verts, et non recouverts par les cendres - oeuvre anonyme achetée en 43 par le volcanologue Foshag / photo Leslie Hale / NMNH Volcanological Reference Collection

 

paricutin---roadtrip-on-line.jpg                        San Juan Parangaricutiro - le clocher des laves  -photo roadtrip on line

 

Sources :

- Global volcanism Program - Michoacán-Guanajuato

- Smithsonian National museum - Paricutin : the birth of a volcano - link

- UNAM - the experience at Nuevo San Juan Parangaricutiro , Michoacan - by Alejandro Velázquez, Alejandra Larrazabal and Gerardo Bocco


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Publié le par Bernard Duyck
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Le 20 février 1943, la terre tremble au lieu-dit " Cuitzyutziro ", au Mexique, et libère de grandes flammes, une épaisse fumée et une odeur de soufre … un des plus jeunes volcans de la planète naît sous les yeux de Dioniso Pulido et de sa femme travaillant sur leur champ de maïs : il sera actif durant neuf ans et va former un cône aux pentes escarpées : le Paricutin.

 

Paricutin-1943--2----archives-NOAA.jpg                                            Le volcan Paricutin en 1943 - archives NOAA


L’éruption de 1943 – 1952

Pedro Corona Chávez, de l’Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo, distingue quatre périodes :

 

1. la période Quitzocho : du 20 février au 18 octobre 1943.

Après une série de séismes et un soulèvement du sol de plusieurs mètres, une fissure s’ouvre le 20 février 43 vers 16heures ; elle mesure un peu plus de cinquante mètres de long, cinquante centimètres de profondeur et cinq centimètres de largeur. Paricutin---Dionisio-Pulido--.jpgVers 17 heures, de la fissure, fusent des vapeurs, du soufre et des cendres, puis ce sont des scories incandescentes : une phase d’activité strombolienne vient de débuter. Les matériaux éjectés s’accumulent vite sur un demi-mètre de diamètre. Les campesinos, terrifiés, regagnent leur village de San Juan Parangaricutiro pour raconter leur mésaventure. Les faits sont consignés le lendemain au cours d’une session extraordinaire du Conseil municipal qui en informe le gouverneur de la province et le Président de la République.                       Dioniso Pulido - US.National archives

Le 21, à 8 heures, le cône de scories atteint déjà 10 m. de hauteur. L’activité s’intensifie et une coulée de lave progresse à 5 km/h. engloutissant les restes du champ et la ferme voisine. Quatre jours après l’éruption, le cône mesure 60 mètres de haut et des téphras sont projetés à 500 mètres de haut.

 

Paricutin-1943---US-Nat.-archives-Arno-Brehme.jpg                       Paricutin 1943 - photo Arno Brehme / US.National archives

 

Paricutin-1943---archives-NOAA.jpg                               Paricutin 1943, éruption strombolienne - photo archives NOAA


La phase la plus violente se déroule de juin à août 1943. Les habitants des villages de Paricutin (733) et de San Juan Parangaricutiro (1895), situés respectivement à 2 et 5 km. du cratère, sont contraints à l’exode.

 

ParangaricutiroParicutin.jpg     L'église de San Juan Parangaricutiro, avant son ensevelissement par les laves du Paricutin - 1943

 

1943.03.05-Quittzocho-lava-flow---E.Ordonez-UNnat-arch-jpg                   Paricutin 1943 - la coulée Quitzocho  - photo E. Ordonez - US.National archives


2. la Période Sapichu : du 18 octobre 1943 au 8 janvier 1944

En octobre, une bouche secondaire s’ouvre sur le flanc nord-est : le Sapichu.  

Son activité est caractérisée par l’extrusion abondante de laves et l’apparition d’une série de conduits volcaniques de petites dimensions. Son comportement est similaire à celui du cône principal, de type strombolien, mais de plus petite amplitude. Une période d’alternance éruptive avec le cône principal s’installe et va durer. 

 

Paricutin---Rafael-Estevez-1943.jpg                                                Paricutin 1943 - photo Rafaël Estevez


3. La période Taqui : du 8 janvier 1944 au 12 janvier 1945.

Elle est marquée par une réactivation du cône principal et de grandes coulées de lave, e.a. la coulée Taqui, de 60 mètres d’épaisseur sur 10 km. de long, recouvrant une superficie de 17 km² de terres cultivables. C’est à cette période qu’apparaît le petit volcan Mesa los Hornitos, au sud du cône principal.

 

1944.07.07-San-Juan-Parangaricutiro---W.Foshag.jpgParicutin - 07.07.1944 - L'église de San Juan Parangaricutiro menacée par les coulées de lave - photo W. Foshag

 

1944.11.half---paricutin-Ahuan-flow---Franz-Zierer.jpg                  Paricutin - mi novembre 1944 - coulée  de lave Ahuan - photo Franz Zierer

 

Paricutin---Taqui-lava-flow-44-45---Ken-Segerstrom-USGS.jpg                  Paricutin 1944 - la coulée de lave Taqui - photo Ken Segestrom / USSGS


4. La période Finale : de janvier 1945 à février 1952.

L’activité se poursuit en déclinant, interrompue par des périodes de calme de plusieurs semaines. Les périodes éruptives débutent toujours par une expulsion de matériaux pyroclastiques , suivie de coulées de lave. En janvier 1948, l’activité cesse durant trois ans … début 1952, la lave refait son apparition jusqu’au 25 février, date de fin d’éruption.

 

Progression du Paricutin - Luhr et Simkin

Profil du cône - distribution verticale des coulées de lave / celles de 1943 : en rouge foncé - in GVP / Luhr & Simkin

 

Paricu22-2--11.jpgParicutin et ses coulées - les villages engloutis - Pedro Corona Chávez  - Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalg.

 

Au total, le Paricutin rejette, au cours de cette éruption strombolienne type, un volume de lave de 700 Mm³qui recouvre 18,5 à 25 km² ; les tephra, d’un volume estimé à 1300 Mm³, s’éparpillent sur 300km² et détruisant la végétation. Le cône de scories principal mesure alors 424 m. de hauteur. Cette éruption de VEI 4 qui a duré 9 ans n’aura causé la mort que de 3 personnes, frappées par les éclairs émanant du panache de cendres.

 

La suite ... dès demain !


Sources :

EL PARÍCUTIN  - Una de las Doce Maravillas Naturales del Mundo

Pedro Corona Chávez  - Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo -  Instituto de Investigaciones Metalúrgicas, Departamento de Geología.

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Publié le par Bernard Duyck
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Sicile – Etna / NSEC :

 

Après le bref mais intense paroxysme du 19 février en nuit, le nouveau cratère sud-est de l’Etna a présenté dans la soirée du même jour une reprise de l’activité strombolienne, avec des expulsions de matériaux incandescents à quelques dizaines de mètres au dessus du rebord du cratère.

Celle-ci a débouché, avec une montée du trémor à cheval sur le 19 et le 20, sur de nouvelles fontaines de lave dans le premier quart d’heure du 20 février. Les fontaines, atteignant par moment 600 mètres de hauteur, ont alimenté une coulée de lave qui s’est répandue sur les versants ouest de la Valle del Bove, accompagnée d’un panache de cendres montant à plusieurs kilomètres au dessus du volcan.

 

2013.02.20-0h17.jpg2013.02.20-01h06-cam-therm.jpg

 

Débuts du 2°paroxysme du 20.02.2013 - webcam LAVE à gauche -

 A droite, fontaines de lave - Cam. thermique INGV 20.02.2013 / 01h06 locale

2013.02.20----A.Ercolani.jpg

                Ouverture d'une nouvelle bouche  - webcam Radiostudio7 / via A. Ercolani

 

L’activité explosive a cessé à 2h40, alors que l’activité effusive se poursuivait, jusqu’aux environs de 6 heures, au départ d’une nouvelle bouche située à la base sud-ouest du cône de scories du NSEC, ouverte au cours du climax de l’actuel paroxysme … une coulée généreuse s’est écoulée tout près de la station de surveillance du " Belvédère ".

 

2013.02.20-6h01.jpg                                      Etna - 20.02.2013 / 6h01 - webcam LAVE


Ces deux paroxysmes à moins de 24 heures d’intervalle marquent le retour aux affaires du NSEC après 10 mois d’activité mineure ou nulle.

Boris Behncke relève que la dernière fois où deux paroxysmes se sont produit en 24 heures remonte au 1° juin 2000, et au niveau de l’ancien cratère sud-est, débouchant sur une phase d’activité frénétique.

                             

 

Le 20, en fin de matinée, le trémor est reparti à la hausse, annonce d'un troisième évènement.

Vers 12h20, les webcams laissent voir du spattering au pied do cône.

A 14 h 16, un débourage est suivi de fountaining et d'activité de spattering au niveau de deux évents sur ce qui semble être une fracture.

 

2013.02.20-12h-20-copie-1.jpg2013.02.20-12h-56.jpg

 

Etna 20.02.2013

Spattering au pied du cône -

webcam Radiostudio7

 

2013.02.20-14h16.jpg

                                       Etna - débourage au NSEC - 20.02.2013 / 14h16

 

2013.02.20-14h28-copie2.jpg

 Etna - 20.02.2013 / 14h28 - Fontaine de lave et spattering au départ d'au moins deux évents situés probablement sur une fracure. - webcam Radiostudio7

 

2013.02.20-14h27.jpg

 

2013.02.20-14h20.jpg

                     Diagramme de trémor - 3 épisodes en moins de 48 heures - doc. INGV Catania

 

2013.02.20-15h28.jpg

              Etna - 20.02.2013 / 15h28 - tout semble "terminé" - photo webcam Radiostudio7


Désolé pour l'imprécision concernant le timming ... difficile à suivre sur les webcams .


Donc à suivre avec attention !

Dernière minute: quatrième paroxysme débutant ... mais mauvaise visibilité !

 

Une analyse par l’INGV des images prises par la caméra thermique, le 19.02, est intéressante et montre d’une part la mise en place d’une coulée pyroclastique à 4h19 GMT, et d’autre part les petits lahars  générés par le contact de la coulée de lave avec la couverture neigeuse dans la Valle del Bove.

 

2013.02.19_emct_frames_900-INGV.jpg                     Etna - webcam thermique 19.02.2013 / 4h19-4h59 - doc. INGV Catania

 

Une excellente photo de Turri Caggegi illustre ce phénomène en couleurs sur Flickr

 

Source : INGV Catania

 

Iles Eoliennes – Stromboli


La phase d’activité effusive intermittente, par débordement et coulées dans la Sciara del Fuoco, qui a marqué le Stromboli depuis le 8 février 2013 a cessé le 17 au matin.

Durant cette période, la longueur des coulées de lave a varié entre quelques dizaines de mètres et plusieurs centaines de mètres.

 

2013.02.13-6h18-stromboli.jpg                                Stromboli - 13.02.2013 / 6h18 - webcam INGV Catania

 

Colombie – Le Cerro Negro en alerte amarillo


Durant la semaine du 11 au 17 février 2013, l’Ingeominas a enregistré des séismes mineurs en relation avec la fracturation de roches à l’intérieur du volcan, à une profondeur situé entre 9 et 10 km. dans le secteur entre Moral et Moralito.

 

Indonésie – Paluweh


Une photo prise par le satellite EO-1 de la Nasa / ALI de l’île volcanique Paluh montre, qu’après l’eruption explosive des 2-3 février, le sud de l’île est recouverte des traces d’une coulée pyroclastique. Un nouveau delta s’avance en mer de Flores, au pied de la coulée. Le volcanologue Erik Klemetti  suggère que l’éruption a provoqué l’effondrement du dôme de lave instable ; des émissions de cendres et du trémor entre octobre 2012 et février 2013 indiquent la croissance de ce dôme.

Les cultures sur l’île auraient été détruites par les chutes de cendres, selon le Jakarta Globe.

 

 

paluweh_ali_2013.02.12_lrg.jpg                      Paluweh - 12.02.2013 - photo Nasa EO-1 / Ali - cendres et delta au sud de l'île.

 

Kamchatka - Tolbachik

 

Poursuite de l'activité explosive-effusive trois mois après son début,  avec un changement de direction des coulées ... et toujours des photos impressionnantes.

 

2013.02.18-Tolba---Ivan-Smelov.jpgTolbachik - activité strombolienne sur la fissure éruptive - photo Ivan Smelov / livejournal - 18.02.2013

 

tolbachik_ali_2013045.jpgTolbachynsky Dol - image composite infrarouge / couleurs naturelles par le satellite de la Nasa Earth Observatory-1 / ALI 14.02.2013 - avec position de l'évent actif, des coulées de début du mois et des  coulées actives.

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
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Chanelled-scablands---Drumheller_Channels---Ed.Stockard.png                 Channeled scablands - Drumheller channel - photo Ed. Stockard


Il y a environ un million d’années, débute un âge glaciaire et la constitution d’une calotte glaciaire continentale sur le nord de l’Amérique, épaisse jusqu’à 1200 mètres par endroits.

Les mouvements de cette calotte vers le sud, du Canada vers les Etats-Unis, ont créé des barrages sur les rivières et des lacs dans les actuels états de Washington, d’Idaho et du Montana. Ces lacs ont régulièrement brisé leur barrage de glace provoquant des inondations catastrophiques, dont le Missoula flood, et formant le paysage typique des Channeled scablands.

 

Columbia---Missoula-lakes---USGS.png  La calotte glaciaire, les lacs Missoula et Columbia  et les zones touchées par le Missoula flood - carte USGS

 

BasaltColumns_PortoSanto---Channeled-scablands---Nasa-LPSA.jpg            Channeled scablands - orgues basaltiques en gerbes à Porto Santo - photo Nasa LPSA

 

La succession stratigraphique à certains endroits du Montana, de Washington et de l’Oregon, expose environ 40 lits rythmés (60 à certaines places) … laissant supposer qu’au moins 40 grands jökulhlaups (débacle glaciaire comme en Islande) se sont échappés du lac glaciaire Missoula, avec des vidanges toutes les trois à sept décades.

 

Scablands-near-clarkston----Nasa-andrew-Ryan.JPG          Channeled scablands - orgues basaltiques près de Clarkston - photo Andrew Ryan / Nasa

   

La débâcle des eaux en direction du sud donne naissance à deux grandes cascades : la cataracte de l’Upper Coulee, la plus grande, fait chuter l’eau de 243 mètres ; le pouvoir érosif des eaux a fait reculer les chutes de 32 km. par auto-destruction, pour donner le site de Grand Coulee dam.

L’autre cataracte s’est formée près du Soap lake, à un endroit où des couches basaltiques moins résistantes se sont fait grignoté … Dry falls en résulte, le squelette de l’une des plus grandes chutes d’eau de l’histoire de la géologie : 5,6 km. de large pour un dénivellé de plus de 120 mètres (en comparaison, les chutes du Niagara présentent un dénivellé de 51 mètres).

 

-Dry_Falls---Jina-Lee.jpg                          Channeled scablands - le site de Dry falls - photo Jina Lee

 

Topo-Map.jpg                   Sun lakes state park - Dry falls lake et Green lake / Grande Coulee

 

Au sud des Channeled Scablands, la Palouse river s’écoulait, avant les grandes inondations, de la Washtucna Coulee pour rejoindre la Columbia river et le bassin de Pasco.

La débâcle déborda de la Washtucna Coulee pour passer dans la Snake river valley adjacente ; cet énorme débordement a détourné la Palouse river vers la Snake river, creusant la fracture à Palouse falls, haute de 61 mètres.

 

4098826485_b96cbbf1a6-flickriver.jpg                      Channeled scablands - Palouse falls et river - photo Flickriver

 

Channeled-scablands---Palouse-fallss---thebotvilleshopper.jpg Channeled scablands - Palouse falls en hiver -  détails sur les couches de basalte superposées - photo thebotvilleshopper

 

Tous ces endroits, marqués par des chutes d’eau ou leur squelette, témoignent de l’importance des débâcles du lac Missoula.

 

Sources :

- USGS / CVO -  Glacial Missoula lake and the Missoula floods - link

- University of wisconcin - Channeled scablands overview - link

- Hugefloods - link

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