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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

  Chili / Argentine – Copahue

L’essaim sismique est continu et en augmentation ce 29 mai, bien qu’aucune éruption n’ait eu lieu. La fréquence est élevée (130 séismes/heure) et les séismes qualifiés d’hybrides, en relation à la fois avec la fracturation de roches et les mouvements de fluides dans le volcan. (Sernageomin)

 

Copahue-05.2013---Alto-Valle-Valle-Medio.jpg                         Copahue - crater El Agrio début mai 2013 - photo Alto Valle Valle Medio.


Les évacuations côté chilien doivent faire face à de nombreuses difficultés en raison des chutes de neige, et aussi de la réticence des habitants à quitter leurs animaux, spécialement dans les localités de Butalelbùn au nord et El Barco, au sud-est. Côté argentin, l’arrivée de la neige rend l’évacuation difficile aussi , et des files de voitures particulières sont signalées le 28 dans la zone de Loncopué. Sur ce versant où les flancs du volcan abritent des pistes de ski, cette neige laisse espérer un départ de saison possible, malgré la zone d’exclusion de 15 km. (Caviahue-Copahue.gov)

 

2013.05.28---Copahue-evacuations-Loncopue.jpgCopahue - évacuation le 28.05.2013 - la file de voitures particulières arrivant à Loncupué, à 50 km de Caviahue -  photo Caviahue-Copahue.gov

 

Guatemala –

Au Pacaya, l’Insivumeh indique dans son rapport du 25 mai  que l’activité strombolienne se maintient et que le lac de lave sommital grandit … si la situation se maintient, on pourrait assister à un débordement dans un laps de temps non précisé. Le niveau d’alerte du volcan est au niveau jaune.

Au Santiaguito, l’abondance de matériaux volcaniques dans la partie supérieure de l’édifice jointe à une forte dépression tropicale ont généré un lahar dans la rivière Nima. Le 29 mai, le Santiaguito dégazait un panache blanc dérivant vers l’ouest.

2013.05.29---6h03-Santiaguito.jpg                  Santiaguito - 29.05.2013 / 6h03 loc. - photo Insivumeh

Mexique – Popocatépetl

Le volcan est relativement calme, et n’émet que de la vapeur à la cadence d’une émission horaire. Il faut cependant relever de l’incandescence au sommet, des explosions quelque fois plus fortes, comme le 28.05, vers 5 heures locale, avec un panache montant à 2.000 m et des impacts incandescents sur le sommet, jusqu’à 1500 mètres de la lèvre du cratère.

2013.05.28-5h04---popo-Tlamacas.jpg                            Popocatépetl - 28.05.2013 / 5h 04 loc. - webcam Cenapred / Tlamacas

En Alaska

Le niveau d’alerte du Pavlof a été réduit le 28 ( alerte volcanique : Advisory – alerte aviation : Yellow), suite au calme des trois derniers jours. Le trémor et les petites explosions ne sont plus détéctés par le réseau sismique, et les satellites ne montrent plus de températures élevées en surface, ni d’émissions. Les caméras et les rapports de pilotes ne signalent plus d’activité éruptive … ce qui ne signifie pas la fin de l’éruption.

 

2013.05.22-Ryan-Hazen---Brandon-Wilson.jpgPavlof - le 22.05.2013, seul un tout petit panache émane du volcan - Hazen, Ryan; Wilson, Brandon / in AVO


Le niveau d’alerte aviation du Cleveland reste à l’orange, et l’alerte volcanique à Watch.

(A.V.O. - Alaska Volcano Observatory)

 

R.D.C. – Nyiragongo

Les satellites du NOAA signalent ce 29 mai, un panache de SO2 significatif émis par le Nyiragongo, suggérant une activité continue au niveau de son lac de lave. Par mesures de sécurité, aucune visite n’est organisée pour le moment. ( Volcanodiscovery) 

 

Sources :

les différents observatoires et médias cités.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 Le volcan Copahue, situé dans le sud de la Cordillère des Andes, à la frontière entre le Chili et l’Argentine, est passé le 24 mai en alerte orange.

2012.10---Secretaria-Munucipal-de-turismo-Caviahue-Copahue.jpg       Copahue - photo 10.2012 Secretaria Municipal de turismo Caviahue-Copahue 

Le Lundi 27 mai, les autorités ont haussé le niveau d’alerte au maximum, niveau rouge … suite à une activité sismique accrue.

Le Sernageomin signale un enregistrement de 269 évènements en moyenne par heure, séparé seulement de 6 à 8 secondes, ressemblant à du trémor spasmodique. Une explosion a été détectée par les sismographes le 26 mai à 22h32 locale.

D’autre part, les données interférométrique InSAR de la Nasa et de l’Agence spatiale Canadienne, mises à jour le 30 avril 2013, révèlent une inflation du volcan de 10,5 cm/an, ralentie par l’éruption de décembre 2012, mais qui a repris pour atteindre 17,5 cm. Le centre de cette déformation est situé à 1,5 km. au NE du cratère actif.

img07-01.jpg

Situation du Copahue à la frontière Chili-Argentine, dans la zone volcanique sud des Andes.

L’OVDAS signale que le type et l’intensité de la sismicité observée, jointe à la déformation du volcan, suggèrent une intrusion magmatique dans les couches superficielles du Copahue, pouvant aboutir à la formation d’un dôme et déboucher à terme sur des éruptions de type phréatomagmatique ou vulcanienne à subpliniennes, accompagnées de coulées pyroclastiques et de lahars.


Le Ministre de l’Intérieur Chilien a annoncé en conséquence une évacuation préventive de la population vivant dans un rayon de 25 km. autour du volcan, et pour une durée minimale de deux jours … tout en précisant que le processus engagé pourrait ne déboucher sur aucune éruption, ou sur un évènement mineur.

A suivre donc ...

 

Sources :

- Sernageomin - reporte especial de actividad volcanica - Copahue

- Presse locale / Sociedad Chile : Alerta rojo por el volcan Copahue : evacuan a mas de 3.000 personas.

Bernama- NNN-Agencies Santiago de Chile : Chiule, Argentina issue red alert over Copahue volcano.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

La région du lac Kivu en R.D.C. est soumise à tous les malheurs.

Jeudi 2 mai, une " alerte au Mazuku " a été lancée dans le grand camp de réfugiés de Mugunga. C’est un membre du département de Géochimie et de l’Environnement de l’Observatoire Volcanologique de Goma, appelé sur place, qui relate cet évènement interpellant, qui n’a heureusement pas fait de victimes.


2013.05.02-Mugunga-camp---Mazuku-risk-CB.jpg

                         Kivu - le camp de Mugunga et sa multitude de réfugiés 


Le Mazuku :

Le mot Mazuku, littéralement "souffle du diable ", dérivé d’un dialecte Rwandais, indique des zones où les humains et les animaux meurent mystérieusement au cours de la nuit.

Le mystère a depuis été éclairci :  on trouve dans ces zones des dépressions où s’accumule du dioxyde de carbone, émis par des évents gazeux. Le gaz, plus lourd que l’air, s’accumule par gravité formant des poches où sa concentration devient létale pour les êtres vivants (de 15 jusqu’à plus de 80% en vol. de CO2).

Des analyses isotopiques montrent que ce CO2 est originaire du manteau terrestre supérieur.


Ce phénomène est connu de longue date dans la province volcanique des Virunga : entre Sake et Goma, ces zones sont localisées dans une bande de 3 kilomètres en bordure du lac Kivu, dans un endroit où se trouvent des cônes volcaniques d’origine phréatique ou phréatomagmatique, ce qui suggère un possible lien entre le mazuku et un système hydrothermal et /ou les eaux souterraines. (Capaccioni & al – Vaselli & al. – 2003)

Les dépressions qui caractérisent ces zones sont crées par de superpositions de coulées de lave, ou correspondent à des tunnels de lave dont le toit s’est effondré, ou encore à des fractures facilitant la migration des gaz vers la surface. Un lien peut être fait avec le système de fractures et de failles, souvent dissimulé sous les coulées de lave. (Smets & al. 2010)

 

Location-mazuku-Sake-Goma---GORISK-B.Smets-2010.jpgSituation des mazuku en bordure du lac Kivu entre Sake et Goma - localisation des failles et cônes phréatiques /phréatomagmatiques - (c) B. Smets, RMCA – 2010

 

La cause étant déterminée, on peut se demander pourquoi des humains s’installent encore dans de telles zones dangereuses ?


L’instabilité politique et les guerres engendrées sont liées à une croissance exponentielle de la démographie régionale, avec l’afflux de nouveaux habitants et réfugiés ; ceux-ci n’ont pas la connaissance du terrain sur lequel ils s’installent.

Mais les autorités locales et internationales qui ont, soit créé, soit laissé s’installer les camps de réfugiés dans de tels endroits, ou encore en assure avec difficulté une gestion minimale, étaient au courant du problème … ils ont laissé faire !

Dans un article du New York Times, le Dr. Tedesco dénonçait ce fait en 2009 : " près de 100 personnes meurent chaque année par les orifices de dioxyde de carbone le long de la rive nord du lac Kivu. (...) Au lendemain du génocide Rwandais en 1994, beaucoup sont morts de mazukus qui ont envoyé des nuages ​​de gaz dans les camps de réfugiés bondés le long du lac.


Seules de courageuses initiatives locales parviennent encore à informer les réfugiés, sans pouvoir cependant régler le problème d’une implantation de plusieurs centaines de milliers de personnes en un lieu plus sûr.

 

Mugunga I & II - United Nations photo FlickrRDC - les camps de réfugiés Mugunga I & II à l'avant-plan, Bulengo en bordure du lac - UN Photo/Marie Frechon / Flickr 

 

Sources :

-     GORISK Scientific networkMazuku

   Le réseau scientifique GORISK est composé d'un groupe de scientifiques étudiant et surveillnt l'activitévolcanque et tectonique dans la bassin du Kivu, né du projet belgo-luxembourgeois GORISK

- Science direct- Dry gas vents in goma region : formation and risk assessment. - By B.Smets & al.

- E.S.F. - An overvieuw of geohazards inside Goma city and surrounding villages, North Kivu / DRC

by Charles Balagizi, Mathieu Yalire, Marcellin Kasereka, Annie Kinja, Antoine Kies, Dario Tedesco.

- UCL Volcano CO2 group - Nyiragongo

- USGS - Volcano hazards program /Mazuku - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

misty-fjord-national-monument---wordpress.jpg

                         Alaska SE - Misty fjords National Monument - photo Wordpress


La zone de Behm Canal – Rudyerd Bay, située dans le Misty fjords national monument dans l’enclave du SE Alaska, compte de nombreux cinder cones basaltiques et des coulées de lave sur les deux côtés du canal de Behm, qui sépare l’île Revillagigedo du continent.

 

Misty-fjords---Behm-Canal-Rudyerd-Bay.jpgmisty-fiordsjpg-514e7ec9c3265c3c.jpgSituation du Behm Canal / Misty Fjords N.M.

A droite, portion du Behm canal et situation de New Eddystone Rock, près de Rudyerd Bay.

 

Les coulées de lave, qui présentent par place des colonnades basaltiques, surmontent des sédiments fluvio-glaciaires et des gneiss granitiques.

La surface des coulées de lave et les cônes de cendres, non perturbés, situés à Painted Peak, au sud-est de l’île Revillagigelo, indiquent que l’activité volcanique fut principalement post-glaciaire. Des ponces, des lapillis et des cendres couvrent des parties de crêtes glaciaires.

 

Painted-peak-columnar-basalt---Baichtal-JF.jpg                                Alaska SE - Painted peak : basalte prismé - photo Baichtal J.F.

 

Dans le Canal de Behm lui-même, près de l’entrée de Rudyerd Bay, un bouchon volcanique émerge des profondeurs pour former le New Eddystone Rock. Cette cheminée, emplie de lave basaltique, constitue les restes d’un évent volcanique. Le basalte a été émis de fractures dans le plancher de Behm Canal il y a quelques 10 millions d’années. Les coulées de lave répandues sur le plancher de Behm Canal ont été érodées par les glaciers, ne laissant qu’Eddystone Rock et quelques îles au nord-est.

L’endroit est connu pour ses sources chaudes. Il doit son nom au navigateur Britannique George Vancouver, qui nomma diverses structures et endroits des Misty Fjords.

 

7s_New_eddytone_Rock_Alaska--shltrip-Sing-Lin.JPGAlaska SE - New Eddystone Rock , un bouchon volcanique dans le Behm Canalphoto Sing Lin / shltrip

 

New_Eddystone_Rock_with_shoals_exposed---Alan-Wu-08.2010.jpg                                  Alaska SE - New Eddystone Rock - photo Alan Wu 08.2010


Un nouveau volcan découvert sous les eaux de Behm Canal :

Un nouveau volcan vient d’être découvert à proximité de New Eddystone Rock, lors de levées hydrographiques pratiquées par le NOAA. Les géologues Jim Baichtal et Sue Karl ont découvert le cratère d’un volcan  "contemporain du précédent" à 45 mètres sous la surface des eaux du Behm Canal.

 

New-Behm-Vent--near-Misty-fjord---Krbd.org.jpgAlaska SE - image bathymétrique du nouveau volcan découvert dans Behm Canal - doc. Jim Baichtal / U.S.Forest Service - in Krbd.org

Ce qui le rend particulier, c’est qu’il n’était pas sous eau lors de sa période active, il y  10.000 ans environ. Sa forme rappelle sa formation par dépôts de cendres, lors d’une éruption de type surtseyen, en une période de niveau marin plus bas, et de relèvement du niveau des terres après la fin de la période glaciaire et le retrait des glaces (effet de rebond).

 

Sources :

- AVO-USGS - Behm Canal et Rudyerd Bay- link

- Global Volcanism Program - Behm Canal-Rudyerd Bay

- KTOO - Geologist discover underwater volcano in Southeast Alaska - By Leila Kheiry / KRBD Ketchikan. - link

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Publié le par Bernard Duyck
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edgecombe---Nerkasalmon-wordpress.jpg

                    Alaska SE - le stratovolcan Edgecumbe - photo Nerkasalmon / Wordpress


Le sud-est de l’Alaska forme une bande côtière étroite qui s’avance en territoire Canadien ; elle contient quelques volcans, dont un édifice sous-marin récemment découvert.

 

Southeast-Alaska---AVO-map.gifSud-est Alaska - Les triangles noirs indiquent les volcans actifs à l'Holocène - carte AVO-USGS

 

La région possède une tectonique particulière :
Le long de la côte ouest, la plaque océanique du Pacifique glisse vers le nord, séparée de l’Amérique du Nord par une faille coulissante, ou faille de décrochement, connue sous le nom de " marge continentale transformante des îles de la Reine-Charlotte ".

La plupart des failles sont au large des côtes, mais certaines, comme la faille Fairweather (FF - qui passe près du mont Fairweather, à la pointe sud-ouest du nord-ouest de la Colombie-Britannique) poursuit sa trajectoire à l’intérieur des terres dans le sud-est de l’Alaska.

D’autres failles qui suivent un plan de fracture nord-ouest vers l’intérieur du Yukon et le nord de la Colombie-Britannique sont le reflet de temps révolus lorsque les continents, les îles et le fond des océans subissaient le brassage de la tectonique des plaques, résultant en la formation de terranes distincts.

 

Queen-carlotte---Fairweather--fault-system.jpgLe système de failles Queen Charlotte-Fairweather (et autres failles régionales) et le terrane Yakutat - les centres volcaniques sont signalés par une pointe orange.

A=Admiralty Island, AV=Alsek Valley, B=Baranof Island, C=Chichagof Island, CA=Cape Addington, CF=Cape Fairweather, CO=Cape Ommaney, CS=Cross Sound, CSF=Chatham Strait Fault, DE=Dixon Entrance, FF=Fairweather Fault, FG-eb=Fairweather Ground—eastern bank, FG-wb=Fairweather Ground—western bank, K=Kruzof Island, MEV=Mount Edgecumbe volcano, OEVF=Offshore Edgecumbe Volcanic Field, OCA=Offshore Cape Addington Volcanic Field, OCO=Offshore Cape Ommaney area, PSF=Peril Strait Fault, QC–FW=Queen Charlotte–Fairweather fault system, YB=Yakutat Bay.

 

Edgecumbe-gm.jpgAlaska SE - le champ volcanique Edgecumbe et ses principaux volcans alignés SO-NE - d'après une carte topographique en relief de l'AVO-USGS

 

Mt-Edgecumbe---Crater-ridge---Walteransdsara.pngAlaska SE - à gauche, le stratovolcan Edgecumbe - à droite, Crater Ridge - photo Walterandsara blog.


Le champ volcanique Edgecumbe se situe sur l’île Kruzof, et sur la plaque tectonique nord-américaine à 10-15 km à l’intérieur de la faille transformante Reine Charlotte – Fairweather, séparant les plaques nord-américaine et Pacifique. Il est daté du Pléistocène - Holocène.

Ce champ volcanique, basaltique à dacitique, couvre 260 km² ; il comprend le stratovolcan symétrique Edgecumbe, les dômes et cratère de Crater Ridge et Shell mountain.

 

Le Mt. Edgecumbe est un stratovolcan à dominante andésitique, d’un volume de 3,5 km³, qui culmine à 970 mètres, et possède un cratère bien défini.

Il a été nommé en 1778 par le capitaine James Cook. Bien que sa morphologie reflète une construction récente, aucune éruption historique n’est rapportée dans les traditions orales, ni dans les documents Russes.

 

Mt_Edgecumbe_in_Sitka---Medicaster.JPG                            Alaska SE - le Mt. Edgecumbe, vu de Sitka (au SE)  - photo Medicaster

 

Les autres structures sont alignées sur une ligne SO-NE, marquant une fissure régionale, qui a abrité une activité volcanique depuis 600.000 ans.

Les dômes de Crater ridge sont de nature rhyolitique et concernent un volume de 3,5 km³ de magma.

Crater Ridge est tronqué par une caldeira de 1600 mètres de large, profonde de 240 mètres.

 

Crater-Ridge-et-unnamed-volc.---Jim-Riehle-USGS.jpgAlaska SE -  à l'avant-plan, le sommet de l'Edgecumbe et les pentes colorées de ponces dacitiques de l'épisode pyroclastique post-glaciaire - en arrière-plan, les dômes de Crater ridge, arborés - photo Jim Riehle - 05.2002  (U.S. Geological Survey, Alaska Volcano Observatory).

 

Les dernières éruptions en date sont des explosions phréatomagmatiques qui ont eu lieu au milieu de l’holocène, la dernière activité étant datée par le GVP de 2.220 avant JC (datation radiocarbone non revue).

L’activité post-glaciaire a produit des dépôts pyroclastiques volumineux, équivalents à 7,6 km³ de roches denses, et retrouvés jusqu’à Juneau et Lituya Bay, 200 km. plus au nord. Une collecte de sédiments marins du bassin adjacent, e.a. dans le Sitka Sound, contient des dépôts de tephra et de coulées pyroclastiques, de composition principalement rhyolitique, et pour une moindre portion dacitique. On y a trouvé aussi des cryptotephra correspondant à la White river Ash (éruption datée des environs de l'an 800).

 

Sitka-sound-subaerial-pyroc.-flows-MEVF---Rhiele---al-1989.jpgAlaska SE - bathymétrie du Sitka Sound en relation avec les coulées pyroclastiques subaérienne du champ volcanique edgecumbe ( Riehle & al. 1989)

La ligne blanche, à 70 mètres de profondeur, indique le niveau marin eustatique au temps de la déposition des téphra du Mt. Edgecumbe (Fairbanks 1989) - doc. du "Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field" , réf. en sources.

 

Edgecumbe-2004---Duncan-Marriott.JPG                     Alaska SE - Mt. Edgecumbe 12.2004 - photo Marriott Duncan


  

 Sources :

- Global Volcanism Program - Edgecumbe

- AVO - USGS - Mt. Edgecumbe

- Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field, Southeast Alaska, USA - By Jason A. Addison, James E. Beget, Thomas A. Ager, Bruce P. Finney

 - Tectonic and glacial related seafloor geomorphology as possible demersal shelf rockfish habitat surrogates—Examples along the Alaskan convergent transform plate boundary – by H. Gary Greene, Victoria M. O’Connell, Cleo K. Brylinsky

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Publié le par Bernard Duyck
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Le cratère ouest du volcan Turrialba a connu le 21 mai 2013, entre 8h30 et 11h , une éruption de cendres ; elles émanaient des deux bouches fumerolliennes ouvertes en janvier 2010 et janvier 2012.

Le panache de cendres a dépassé les 500 mètres.

Les dépôts proches du bord du cratère ont atteint plus de 6 cm. et des retombées signalées sur quelques villages environnants : San Luis, Ipis et Moravia.

Les cours à l'Ecole Centrale de Santa Cruz ont été suspendues à 9h30 à cause des cendres e des gaz  volcaniques.

 

2013.04.21-07-h46-Turri---Ovsicori.png2013.05.21---9h59-Turri.jpg                          Turrialba - webcam OVSICORI du  21.05.2013 / 7h46 et 9h59


Cette éruption a été précédée par une augmentation de l’activité sismique depuis le 18 avril, et du trémor à partir de 4h52 le 21 mai. Les sismographes ont enregistré 190 séismes entre 4h52 et 18h le 21 mai.

L’ouverture de la bouche 2012 s’est augmentée de 1 mètre en direction Nord et Est.

 

2013.05.21-Turri-bocca-2012---2.jpg

Turrialba - évolution de la sismicité reflétant les différentes phases de l'activité du 21.05.2013 : ouverture des conduits, ascnesion des fluides, sortie des cendres et gaz, trémor continu de sorties de gaz en soirée. - doc. OVSICORI-UNA.

 

La caméra thermique a enregistré une émission vigoureuse de gaz enflammés et des pyroclastes projetés par celui-ci.

 

2013.05.21---1-therm.jpg        Turrialba - image thermique de la bouche 2012 - doc. 21.05.2013 en nuit / OVSICORI-UNA

 

Quelques photos de survol après l'éruption :

 

2013.05.21-Turri---F.Chavaria-Kopper-Ovsicori.jpgTurriaba - le panache est moins chargé en cendres après l'éruption - photo 21.05.2013 par F.Chavaria Kopper / Ovsicori

 

2013.05.21---Turri---Raul-Mora-Amador-RSN.jpg                      Turrialba - 21.05.2013 - photo R. Mora Amador / via Red Sismologica Nacional

 

 2013.05.22---Turri---Comision-Nacional-de-Emergencias.jpg     Turrilba - le sommet et le cratère ouest le 22.05.2013 - photo Comision Nacional de Emergencia

 

Sources :

- OVSICORI-UNA - rapprts des 21 & 22.05

- Red Sismologica Nacional - divers rapports

- La Nacion - quotidien


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Publié le par Bernard Duyck
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Depuis le 13 mai, le volcan Pavlof, situé dans la péninsule alaskienne, présente une anomalie thermique intense et une sismicité en hausse, signes d’une reprise de son activité nécessitant l’adaptation des codes d’alerte volcanique et aviation.

Suite à l’émission de panaches de cendres entre 4.500 et 7.000 mètres dans la semaine, le National Weather service a qualifié cette éruption  "d’évènement météorologique significatif ", susceptible de perturber le trafic aérien.

 

2013.05.17---Pavlif---Theo-Chesley.JPG          Alaska - le Pavlof en éruption le 17.05.2013 - photo Theo Chesley / in AVO-USGS


Les cendres devraient atteindre plus de 10.000 mètres pour perturber le couloir aérien concernant les nombreux vols internationaux entre l’Asie, le continent nord-américain et l’Europe. Selon CNN, 90% du fret aérien entre ces pays transite par ce couloir. Mais selon l’AVO, cette éruption pourrait durer de quelques semaines à plusieurs mois, et évoluer éventuellement dans un sens négatif pour les communications aériennes.


Ces évènements se passent au moment où les récentes coupes budgétaires fédérales obligent l’AVO à fermer 10% des stations de surveillance faute de matériels performants et de maintenance non assurée. Cinq volcans ne seront plus suivis au niveau sismologique en temps réel, sur les 52 édifices actifs … et ce nombre pourrait augmenter. Sur 200 instruments de mesure, 80 sont irréparables suite aux coupes de budget affectant l’USGS.

Cet équipement est particulièrement important pour permettre aux pilotes de recevoir les dernières informations sur les nuages de cendre susceptibles de causer des pannes de moteur et d’autres problèmes,et ceci inquiète fortement les responsables d’Alaska airlines.

Pour mémoire, en 1989, le Mt. Redoubt entrait en éruption et les émissions de cendres causèrent des dommages à plusieurs avions, dont un Boeing 747-400 transportant 231 passagers ; l’arrêt des quatre réacteurs causa une chute de 3.000 mètres en cinq minutes, avant que l’équipage ne parvienne à les faire redémarrer et éviter une catastrophe. (Anchorage Daily news – The Tennessean)

Le même genre de problème financier a affecté le KVERT, responsable de la surveillance des volcans du Kamchatka, il y a quelques années.

 


Le Pavlof est un grand stratovolcan d’un diamètre avoisinnant les 7 km. couvert de neiges éternelles ; les évents actifs sont localisés sur les flancs nord et est, à proximité du sommet. Il est situé sur le flanc nord-est de la Caldeira d’Emmons lake, le long d’un alignement qui incluse le Pavlof sister, le Little Pavlof, le Mt. Hague et différents cônes intra-caldeira.

 

Emmons-lake-volcanic-center---N.Forster---C.Waythomas-in-AV.jpgAlaska - Emmons lake volcanic center - alignement des centres volcaniques - Forster & Waythomas / AVO-USGS

 

Topo-Pavlof-Emmons-Hague---A.Andalkar-USGS.jpg                 Alaska - alignement Emmons lake - Pavlof - carte topographique AVO / A. Andalkar


La dernière éruption du Pavlof date d’août-septembre 2007.

 

Pavlof-30.08.2007-21.20----C.Waythomas-AVO.jpg                     Alaska - Pavlof - 30.08.2007 - photo C. Waythomas / AVO-USGS

     Le volcan fut appelé, en 1836, "volcan Pavloskoi" par le Capitaine Lutke, en l'honneur de St. Paul.

 

Pavlof flanc sud 09.2007 -Chris Waythomas AVO   Alaska - le flanc sud et le sommet du Pavlof en septembre 2007 - photo C. Waythomas - AVO-USGS

 

Sources:

- AVO-USGS - Pavlof volcano

- Presse : The Tennessean & Anchorage Daily news

- Global Volcanism Program - Pavlof

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A l’extrême est du champ volcanique Wrangell-St. Elias, près de la frontière entre les territoires de l’Alaska (U.S.A.) et du Yukon (Canada), deux grands volcans du Quaternaire forment le massif Bona- Churchill.

 

Mt._Bona-_Alaska--2013--Nwchica85.jpg                                              Alaska - le Mt Bona - photo Nwchica85


Le Mt. Churchill, haut de 4.766 mètres, est coiffé d’une caldeira de 2,7 sur 4,2 km. Un ensellement élevé le sépare du Mt. Bona, haut de 5.005 mètres. Ils sont tous deux couverts de champs de glaces et de glaciers ; le massif est la principale source de glace du glacier Klutlan, qui coule vers l’Est sur 64 km. et pénètre en territoire Canadien, et contribue aussi largement au système glaciaire Russell, qui s’écoule vers le nord.

 

BonaChurchill---skimountaineer.jpgLe Mt. Churchill à gauche et le Mt. Bona à droite, vu du glacier Russell au nord-ouest du massif - photo George Heben / Skimountaineer


Toponymie :

- Le Mt.Bona doit son nom au Prince Luigi Amedeo, duc des Abruzzes qui fit, en 1897, la première ascension du Mt St. Elias à 130 km vers le sud-est. Quand il le vit, il lui donna le nom de son yacht de course, le "Bona" . Le sommet du Bona ne fut vaincu qu’en 1930.

- Le Mt. Churchill fut escaladé pour la première fois en 1951 par Gates & Limberg. Considéré comme un satellite du Mt. Bona en ce temps, il ne portait pas de nom particulier. Il ne fut nommé qu’en 1965, en l’honneur du premier ministre Anglais Winston Churchill.


Les dépôts de cendres bilobés de la White river (White river ash) :

les tephra rhyodacitiques couvrent plus de 340.000 km² situés en Alaska, et surtout au Canada, sur les territoires du Yukon et du nord-ouest. Ces dépôts correspondent à deux éruptions pliniennes séparées, sous l’influence de vents forts unidirectionnels, et  identifiées comme étant produites par le Mt.Churchill dans les Wrangell-St. Elias Mountains (McGimsey & al. 1990).

 

Churchill-et-White-river-ash---nrcan.gc.ca.jpg

  White river ash eastern lobe - tectonique - doc. Natural Resources Canada / Blast from the past

 

white_river_ash---Mt-Churchill2.jpgSource et emplacements des dépôts de ponce de la "White river ash" - doc. Yukon Geological Survey

Encart du haut : les deux lobes correspondant aux deux éruptions pliniennes - encart du bas : emplacement des zones de ponces proximales et des terrasses en bordure du glacier Klutlan.


Elles sont datées par le GVP de l’an 60 +/- 200 ans, et de l’an 800+/- 100 ans. Les deux éruptions sont qualifiées de VEI 6, la dernière étant la plus importante au vu du volume de tephra émis : plus de 30km³ pour le lobe Est, émis en période hivernale, contre moins de 20 km³ pour le lobe nord, émis en période estivale. (in West, K.D. & Donaldson, J.D. -2000).


Le Mt. Churchill possède un cratère dont le pourtour est composé principalement de cendres, de pierre ponce à grain grossier et de fragments de roches exotiques. Les éclats de pierre ponce diminuent de grosseur et les roches exotiques disparaissent en s’éloignant du sommet du cratère. Les dépôts de la White River Ash et la pierre ponce du sommet du Mt. Churchill présentent des compositions chimique et minéralogique similaires.

 

Churchill-05.1990--Brigham---McGimsey-east-rim-caldera---Du.jpgUne équipe de l'USGS sur le bord Est de la caldeira sommitale du Mt. Churchill - ponces et fragments lithiques de l'éruption de l'an 800 (White river ash, Eastern lobe) - photo G. Dubois - AVO-USGS.

 
white_river_ash---Mt-Churchill1-copie-1.jpg

White-river-ash-10-cm---Yukon--.jpg

 

 

 

 

 

 

 

White river ash eastern lobe / Yukon :

à gauche, particule de poussière très vésiculée (gross. 1200 x) allongée par la violence des conditions au moment de l'éruption de l'an 800 - doc. Yukon Geological Survey - à droite, talus routier exposant une couche claire de 10 cm. d'épaisseur de la White river ash - photo P. Sinclair / Natural Resources Canada.


Outre ces dépôts proximaux, il a été retrouvé des traces de cendres ( White River Ash lobe oriental) de l’éruption en Irlande et en Allemagne (AGU meeting 12.2012).

Ces éruptions figurent parmi les plus importantes éruptions ayant frappé l’Amérique du nord au cours des deux derniers millénaires. Elles ont affecté la faune et la flore, modifié les activités humaines, et influencé le climat mondial … des anthropologues affirment que l’éruption de l’an 800 aurait forcé la migration de groupes d’indigènes vers le S.O. des Etats-Unis.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Churchill

- AVO-USGS - Mt. Churchill

- Mt. Churchill, Alaska : source of the late holocene white River Ash - by D.H. Richter & al.

- Evidence for winter eruption of the White River Ash (eastern lobe) Yukon territory Canada - by K.D. West & J.D. Donaldson

- Natural Resources Canada - Blast from the past 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mt-Blackburn---NPS-2.jpg

                                 Alaska - le mont Blackburn - photo National Park Service


Le Mt. Blackburn, le plus haut pic des Wrangell mountains, est en fait le vestige érosionnel d’un grand volcan. Il culmine actuellement à 4.996 mètres. Il est recouvert de glaciers et de neiges éternelles ; les glaciers principaux sont le Kennicott (photo ci-dessous), le Nabesna et le Kuskulana.


Il s’agit vraisemblablement d’un grand volcan-bouclier, contenant une vaste caldeira sommitale (estimée à environ 15 x 20 km). L’érosion de la structure originale ne laisse pas deviner son ancienne forme.


Les roches les plus anciennes du Mt. Blackburn sont des granites qui font intrusion dans les laves situées le long d’une fracture en arc, interprétée comme limite de la caldeira. Ces laves sont datées de plus de 5 millions d’années, et représentent probablement les premiers produits du volcan-bouclier. On retrouve dans le reste du massif Mt. Blackburn des intrusions granitiques plus jeunes, datées de 3,4 Ma, dans une couche faite de coulées andésitiques … ces formations suggèrent que la caldeira primitive doit s’être formée par effondrement entre 4,2 et 3,4 Ma. Il n’y a plus de traces d’activité volcanique suite au collapsus et au remplissage de la caldeira.

 

MtBlackburn-KennicottGlacier---NPS.jpg               Alaska - le mont Blackburn et le glacier Kennicott - photo National Park Service


Le Mt. Jarvis forme le point le plus élevé d’une dorsale de 10 km. de longueur et haute de 4.000 mètres, légèrement en courbe. Elle est composée d’une épaisse séquence de coulées de lave dacitique et andésitique, recouverte soit par une coulée de dacite, soit par de petit dômes de dacite. Une datation faite sur une coulée basale suggère une émission il y a 1,6 Ma. (Richter & Smith 1976)

 

Mt-Jarvis.jpgAlaska - le Mt. Jarvis - 4.091 mètres - en forme d'haltère, sur la gauche, et le glacier Jacksina serpentant vers le point d'observation - photo Wrangell-St.Elias Nat. park / R. McGimsey.


 

Le Mt. Gordon est le plus haut, avec 2.755 m, d’une série de cinder cones basaltique à basalto-andésitique, situés au nord des Wrangell mountains, entre le Mt. Drum et le glacier Nabesna. Beaucoup ont moins de 100 mètres de haut, mais le Mt. Gordon possède des mensurations différentes : 625 m. de hauteur pour un diamètre de 5 km. Il repose sur des laves du Wrangell ancestral. (Richter 1990). Son âge précis est inconnu.

 

Mount_Gordon---D.Richter-USGS.jpgAlaska - Le Mont Gordon recouvert de neige - photo Donald Richter, 1994 (U.S. Geological Survey, published in Richter et al., 1995).

 

Sources :

- AVO - USGS - Wrangell group

- Global Volcanism Program - Gordon

- USGS - Guidebook to the volcanoes of the western Wrangell mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St. Helias Nat. Park and Preserve - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Après le Mont Wrangell, qui a donné son nom au champ volcanique et a été le plus étudié, examinons deux volcans de l'ouest de ce massif : les Monts Drum et Sanford.

 

Wrangell-mountains---USGS.gif

                                 Alaska - les Wrangell mountains - carte simplifiée USGS.


Le Mt. Drum, 3.661 mètres, situé le plus à l’ouest du champ volcanique Wrangell, s’est édifié entre il y a  700.000 et 240.000 ans, au cours de deux cycles majeurs d’activité.

 

Mt-Drum---a-G-dome--a-D-Snider-peak---NPS.jpgAlaska - le Mont Drum et son flanc sud détruit - à gauche, un dôme et à droite, la silhouette pointue du Snider peak, un dôme rhyodacitique (voir coupe ci-dessous) - photo N.P.S.


Le premier cycle – 700.000 à 500.000 ans-, inclut la formation d’un premier cône, stratovolcan (ou possible volcan-bouclier), constitué de coulées d’andésite et dacite, de brèches, lahars et tuffs. La fin du cycle culmine avec la mise en place d’une série de dômes rhyolitiques.


Le second cycle – 500.000 à 240.000 ans -  suit, sans interruption apparente, avec la construction continue du cône, sur base de coulées plus dacitiques et de dépôts pyroclastiques et volcanoclastiques. Il est suivi de la mise en place d’au moins neuf dômes de dacite, le long de deux systèmes en arc entourant le volcan à 8 km. environ de l’évent central. Le dôme rhyodacitique de Snider peak et ses coulées massives de dacite marque la fin de la période de construction.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24.---coupe-Mt-Drum-.jpgMt Drum - Coupe géologique nord-sud, montrant l'hypothétique silhouette du volcan avant son explosion et diverses structures actuelles  -  doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


A la suite du second cycle d’activité, une activité explosive paroxysmale, liée au flanc sud vraisemblablement près de Snider peak, détruit, il y a 100.000 ans, la moitié sud du stratovolcan, générant une avalanche de débris chauds et froids, et des coulées de boues très fluides (provenant de fonte glaciaire), d’un volume de 7 km³, qui va recouvrir plus de 200km² et atteindre Chitina à 84 km..

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24---mt.Drum.jpgMt Drum - emplacement de la grande avalanche de débris et des lahars - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Mt-Drum---Shrub-mud-volcano---G.McGimsey-AVO.JPGAlaska - en fond, le Mt Drum - à l'avant-plan, le Shrub mud volcano dépassent de 100 mètres le bassin de la Cooper river- photo G.McGimsey / AVO-USGS

 

Deux volcans de boue sont localisés dans le bassin de la Cooper river, près des Wrangell Mountains : le Shrub et le Klawasi.

La première éruption du volcan de boue Shrub date de 1997 et était continue en 2009. La production est principalement composée de boue et gaz, surtout du CO2, avec de l'hélium, du méthane, de l'argon et de l'azote. L'analyse isotopique du carbone suggère un mix entre le CO2 d'origine magmatique et celui provenant de contact avec le calcaire métamorphique en profondeur. L'hélium dérive de sources magmatiques crustales.

Le dioxyde de carbone est responsable de la mort d'arbres, oiseaux et faune sauvage à proximité; sa concentration est dangereuse pour les visiteurs.

 

Le Mt Sanford, un grand volcan-bouclier disséqué, avec un impressionnant sommet bombé, est le plus haut du champ volcanique Wrangell ; il culmine à 4.949 mètres, couvert de neiges éternelles, ce qui rend les observations géologiques difficiles.

 

Mt-Sanford---NPS.jpg                                       Alaska - le Mt Sanford - photo N.P.S.

 

Mt-Sanford---Alaska-trekker.jpg           Alaska - Mt Sanford - le sommet arrondi, vu sous un angle différent - photo Alaska trekker.


La principale fenêtre dans cette couverture glaciaire est le grand amphithéâtre situé à la tête du glacier Sanford. Les dernières études indiquent que le Mt. Sanford est relativement jeune : il s’est développé sur une base d’au moins trois volcans-boucliers andésitiques coalescents, actifs à dater de 900.000 ans pendant quelques centaines de milliers d’années, et référencés comme Centres éruptifs Sanford nord, ouest et sud.


L’activité a ensuite migré vers un évent central, en surimposant une grande structure andésitique, un dôme épais ou une coulée de lave emplissant un cratère sommital ? Ces centres éruptifs comportent des intrusions de dacite et andésite, des complexes de dykes, des dépôts divers et des évents localisés sur un rift linéaire ; ces centres sont marqués par des hauteurs marquant la topographie.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK25---Sanford-flow.jpgMt Sanford - localisation des trois centres éruptifs et de la coulée rhyolitique - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


Une caractéristique qui rend le volcan Sanford unique au sein du champ Wrangell est la Grande coulée de rhyolite, probablement éruptée du centre éruptif nord, il y a 600.000 à 500.000 ans : 20 km³ de rhyolite se sont répandues sur le flanc nord-est du volcan sur plus de 18 km.,  et sur une épaisseur atteignant par place 305 m d’épaisseur.

 

Sources :

- Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

- Global Volcanism Program - Sanford

- AVO - USGS - Wrangell mountains

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